Il est temps de reprendre le chemin des écoliers pour les maraudeurs. Car de nombreuses surprises les attendent encore ! D'ailleurs, je tiens à remercier ookami pour la sympathique galerie qu'elle m'a dédiée et que je vous invite à aller voir :

http/dreamcatcher.ookami.free.fr/tinuviel/frames.htm

Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.

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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.

Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.

Auteur : Elizabeth.

Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.

Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.

Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).

Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.

Résumé du chapitre précédent : Alors que Sirius et James sont conciliés à résidence, ils s'enfuient pour le chemin de traverseTraverse sur la moto volante de Sirius. Tandis que Lily, Mary et Julia poursuivent leurs emplettes, la panique saisit la foule : un groupe de mangemorts est apparu, attaquant férocement et sans pitié sur son passage. La folie qui s'ensuit force Lily à se protéger avec la magie élémentaire. Quant à James et Sirius, ils échappent de peu à la catastrophe et se dépêchent de retourner chez les Potter. Là, Kahtleen, la mère de James, les accueille furieuse et hystérique. Pourtant, les deux garçons ont tout autant assisté à la démonstration des talents de la jeune Evans qu'aux secours apportés par des sorciers non dépêchés par le ministère.

Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :
Black Beltégueuse : Mère de Sirius et Cassiopée. Autrefois Oubliator, elle a mis en place l'Opération Pégasus avec l'aide de Dumbledore. Elle est toutefois morte dans de mystérieuses circonstances mais en réalité assassinée par les mangemorts, ce dont Sirius ne doute pas.

Black Orion : Père de Sirius et Cassiopée. Directeur de la brigade d'élite des tireurs de baguette. Autrefois charmant et rieur, il a tenté de travailler de plus en plus pour oublier la mort de sa femme.

Mandrake Delwin : Nouveau ministre de la magie qui occupait auparavant le haut poste de ministre des accidents et catastrophes magiques.

Potter Alexander : Père de James. Premier conseiller du cabinet du ministre, c'est un père assez souvent absent absorbé par les lourdes responsabilités de son travail.

Potter Kathleen : Mère de James. Représentante permanente anglaise à la Confédération Internationale Magique. C'est une femme très gentille qui sait se faire obéir.

Payne Daniel : Gryffondor, 7° année, gardien et préfet. Petit ami de Mary.

Rosier Evan : Serpentard, 7° année, préfet. Aspirant mangemort Un esprit pervers, retord et vicieux, avide d'imposer son ordre et sa force à tous ceux qui l'entourent. Sa haine envers Lily l'a déjà opposé à la préfète.

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LE REQUIEM DE L'ESPOIR

3 Le réveil des légendes.

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Chapitre 3 : A BORD DU BLACK HAWK.

Les matins de départ pour Poudlard s'avéraient toujours un peu perturbés par divers phénomènes qui ne manquaient jamais de mettre les Potter et les Black en retard. Entre horloge capricieuse qui retardait d'une heure, valise faite à la dernière minute, les heures précédant le départ de James et Sirius avaient souvent eu des goûts de cavalcades effrénées ou de panique subite. Pourtant, ce matin là, rien ne marquait la précipitation. Les deux garçons déjeunaient dans la cuisine, face à face sans mots dire, le nez dans leur bol. Martha apporta un plat recouvert de crêpes toutes chaudes et sucrées comme les adoraient les deux jeunes hommes mais le regard vide qu'ils leur lancèrent finit de désespérer la cuisinière qui s'en retourna à ses fourneaux en grommellent.

James plongea sa fourchette sans être vraiment convaincu dans ses œufs au plat et avala, petite bouchée par petite bouchée, les morceaux qu'il avait découpés. Alexander Potter leur faisait face, attablé avec son journal déplié entre confiture et beurrier. Son visage était tiré et ses joues marqués par la fatigue qui rendait ses traits plus anguleux. Pour l'instant, rien n'avait donc encore bousculé ce petit monde qui se contentait de déjeuner en silence.

Après la sévère réprimande de Kathleen Potter, les deux garçons avaient préféré prendre profil bas et au grand étonnement de James, son père ne l'avait pas pris à part pour lui faire ses remontrances. C'est vrai qu'il était souvent débordé par son travail ses derniers temps, rentrant alors que le dîner avait été servi depuis plusieurs heures.

La bouche de Monsieur Potter se tordit lorsqu'il lut un article et referma la gazette du sorcier d'un geste sec. Il saisit sa baguette et le journal s'envola pour finir dans les flammes brillantes de la cheminée.

« Qu'est ce qu'il y avait, demanda James d'un ton innocent. »

« Des inepties, rien de bien extraordinaire ! La gazette qui a accusé le gouvernement d'incompétences a gentiment reçu l'ordre d'écrire des louanges sur le travail du nouveau ministre. Pour l'instant, il se contente de partir en voyage. »

« D'ailleurs, tu ne travailles pas aujourd'hui ? »

« Non, c'est plutôt incroyable ! J'ai réussi à échapper à tous ses blablas diplomatiques verbeux. »

Pourtant, le pas sec et pressé de sa femme interrompit Alexander Potter et la mère de James déboula dans la cuisine, une lettre à moitié froissée dans son poing. Elle paraissait furieuse et n'avait d'ailleurs pas fini d'attacher ses cheveux en partie relevés dont certaines mèches s'étaient échappées et dégoulinaient en cascade sur ses épaules. Monsieur Potter recula sa chaise et arqua les sourcils en voyant la colère qui régnait dans le regard de Kathleen.

« C'est vraiment inacceptable, clama-t-elle en frappant du poing contre la table. Vois donc par toi mêmetoi-même ! »

A ses mots, elle jeta le morceau de parchemin qui avait subi sa fureur en lui apportant très certainement de fort mauvaises nouvelles. James déglutit et se dépêcha de fourrer un bout de gâteau dans sa bouche pour ne rien dire. Il vit que Sirius louchait discrètement vers les deux adultes. Le père de James s'empara de la missive et la lut rapidement, plusieurs fois avant de glisser le papier dans la poche de sa cape. Il paraissait tout aussi calme qu'avant mais son fils remarqua facilement que la veine de sa tempe se contractait, signe de contrariété. Il se redressa et abandonna son petit déjeuner.

« Très bien, je ne sais pas à quoi Mandrake veut jouer mais s'il croit faire le ménage aussi facilement… Je vais me rendre au ministère et demander des explications ! »

« Non, Alex' ! Je vais y aller moi-même. Si tu interviens, on pensera que tu uses de ta position de secrétaire du cabinet ministériel en ma faveur et le ministre pourrait très bien voir ça d'un mauvais œil. »

« Mais… et eux ? »

James fronça ses sourcils en comprenant que le 'eux' les désignaitdésignaient lui et Sirius, presque comme quantité plus qu'embêtante. Il aurait bien boudé mais reporta son attention en comprenant que sa mère avait quelques ennuis avec son travail.

« Tu vas t'en occuper, Alexander ! Moi, je vais de ce pas au ministère. »

Aussitôt, elle s'approcha de la table, fit disparaître d'un coup de baguette vif la marmelade, le jus de fruit et les tartines de la table au grand mécontentement de Sirius. Puis elle fixa le visage de son fils avec une pointe d'hésitation et finit par le serrer dans ses bras. James parut d'abord un peu gêné puis se laissa aller dans les bras de sa mère, comme pour se faire pardonner. La femme était un peu plus petite que lui et il fixa son regard lumineux. Le garçon voulut parler mais sa mère l'en empêcha, l'embrassa sur le front et détourna la tête. Sirius qui s'était redressé, un peu maladroit devant tant de sentiments, ne savait où se mettre et lançait quelques coups d'œil au père de James. Katheen Potter embrassa Sirius qui parut encore plus confus que James puis elle leur ordonna de ne pas faire de bêtises cette année et leur souhaita une bonne rentrée. Aussitôt, elle disparut, abandonnant les trois hommes dans la cuisine.

Monsieur Potter soupira et se laissa tomber sur une chaise tandis que Martha apparaissait et faisait disparaître les restes du petit-déjeuner, tout en secouant la tête avec résignation. James et Sirius étaient l'un à côté de l'autre, se dandinant en attendant les ordres d'Alexander Potter.

« Bien, les garçons, j'espère que vos malles sont bouclés. On ne va tarder à y aller, il est déjà dix heures ! »

Tous se précipitèrent dans la chambre du premier étage et chacun tenta de mettre la main sur quelques affaires encore manquantes. Une cravate, un pull et quelques parchemins vinrent rejoindre le tout et bientôt, ils furent tous les trois réunis dans le salon tandis que Monsieur Potter paraissait bien ennuyé devant tant de fatras. Il caressa d'un air soucieux son menton puis finit par se décider pour la poudre de cheminette.

Le voyage fut un peu désagréable pour James qui éternua en arrivant dans une petite rue non loin de la gare. Ses cheveux se dressaient sur sa tête avec mépris pour le temps qu'il avait passé ce matin à les discipliner et la suie maculait son front. Ils traversèrent avec maladresse le boulevard et une grande artère sous le ciel de Londres. De gros nuages gris roulaient dans les cieux mais James était trop occupé à crisper sa main sur la poignée en cuir de sa valise tant elle était lourde. Sirius semblait éprouver un peu moins de mal et ne se privait pas d'admirer encore une fois les toits de la capitale et ses passants qui ne leur prêtaient heureusement pas la moindre attention. L'arcade massive de la gare apparut enfin et James en profita pour charger ses bagages sur un chariot et le pousser maladroitement. A sa grande horreur, le chariot avançait en crabe et c'est avec moult grimaces qu'il tenta plusieurs fois d'éviter les moldus qui venaient à contre-sens.

La grosse horloge sonna la demi et Monsieur Potter parut un peu soulagé de ne pas être en retard. On sentait qu'il n'était pas très à l'aise, lui habitué à rester enfermé dans son bureau sous des tas de paperasses. James ne l'aurait pas avoué mais il était content de pouvoir être un peu avec son père. Ce dernier leur offrit un soda à une petite buvette et ils s'assirent sur un banc en attendant que le passage pour le quai 9 ¾ s'ouvre. Autour d'eux, les voyageurs se pressaient, courant sur les quais pour attraper un train au grand damne des agents ferroviaires qui poussaient assez souvent de grands bruits stridents à l'aide de leur sifflet. James avala avec contentement une gorgée de son gobelet en carton.

« Dis, Papa, c'était quoi cette lettre que maman a reçue tout à l'heure ? »

« Et bien… Je ne sais pas si je devrais te le dire… Il semble que le mandat de ta mère ne va pas tarder à s'arrêter. Le ministre a demandé de nouvelles élections pour le représentant britannique à la confédération magique. »

« Quoi, s'exclama Sirius avec fougue. Mais c'est impossible ! »

« Il n'a pas le droit, rétorqua James qui dans sa rage avait crispé son poing sur son gobelet. »

Il eut un sursaut pour éviter de tacher sa veste et pesta sourdement. Un homme d'affaire, un chapeau sur la tête et un imperméable couleur mastic au bras, traversa le grand hall en courant et repoussa d'un geste sec un vendeur sans s'excuser. En face d'eux, sur les bancs se trouvaient une petite dizaine de personnes dont certaines dormaient d'un sommeil profond sans que la cohue alentour ne les importune.

« Les garçons, j'ai bien peur que par les temps qui arrivent, nous n'ayons pas grand chose à dire dans la politique du ministre. »

« Mais enfin…C'est n'importe quoi ! »

« Je suis d'accord avec toi, James, mais je n'y peux rien. »

On sentait une pointe d'amertume dans la voix de l'homme qui se redressa, plissa les sourcils pour regarder l'heure puis il fit signe aux garçons de le suivre. Alors qu'ils s'avançaient vers le quai 9 ¾, un homme se porta à leurs côtés. Sa grande moustache dévorait son sourire un peu crispé et ses joues tressautèrent lorsqu'il commença à parler.

« Ha, Monsieur Potter ! Enchanté de vous voir ! »

« Bonjour, Balmer. Et bien, pourquoi êtes-vous là ? »

« Il se trouve qu'il y a un petit changement, marmonna l'homme que l'on sentait mal à l'aise. Le train partira du quai 11 et demi. »

Monsieur Potter leva un sourcil intrigué puis mordilla sa lèvre.

« Une mesure d'urgences, demanda t'il tandis que James et Sirius, à son grand agacement, tentaient d'écouter la conversation. »

« Non… Non, pas du tout ! C'était prévu mais on a préféré assurer cela à la dernière minute. Avec ce qui s'est produit, c'est plus prudent de n'avoir pas averti les gens ! »

« Qui a fait ce changement ? »

« Ça a été ordonné par les hautes sphères, c'est tout ce que je sais. Vous savez, je ne suis chargé que de prévenir les gens. On ne m'a pas mis dans la confidence. Mais je peux vous dire qu'il y a du monde qui a été dépêché. D'ailleurs la brigade d'élite des tireurs de baguette est là. »

« Mon père est là, s'exclama Sirius en coupant presque la parole à Balmer. »

L'homme se retourna vers lui et parut étonné de voir James et mais surtout Sirius qui le dévoraient des yeux. Il bredouilla quelque chose puis serrant ses mains, s'excusa auprès du père de James. Il fit signe à un petit groupe de jeunes gens qui se dirigeait vers eux et les abandonna. Alexander Potter tira sur les pans de sa veste et parut assez alerté par ce qu'on venait de lui apprendre. Quant à Sirius, la nouvelle avait l'air de l'avoir excité.

« Moi qui croyaitcroyais que Papa n'avait pas repris le boulot, s'exclama le garçon avec bonne humeur. Avec un peu de chance, je pourrais le voir avant le départ. »

James ne voulut pas gâcher la joie de son meilleur ami et s'abstint de penser qu'Orion Black était actuellement plongé dans une profonde dépression, le rendant plus morose de jours en jours. Sirius aussi le savait mais cet espoir de retrouver son père, dynamique et joyeux, tel qu'il était il y avait encore quelques années, l'empêchait de voir la réalité en face. Le jeune Black préférait se voiler la face à la douloureuse réalité : son père avait été complètement détruit par la mort de sa femme. Les Potter qui connaissaient relativement bien les Black avaient donc déchargé Orion de la charge de son fils. James se doutait donc un peu qu'il serait surprenant de revoir Monsieur Black à la tête de la brigade d'élite mais lui aussi aurait aimé revoir la grande silhouette barbue de l'homme.

Ce n'est pas un mur de briques rouges qu'ils traversèrent mais les premières marches d'un vilain escalier en marbre pour apparaître sur un quai bien plus vaste que celui qui était normalement attribué au Poudlard Express. Et surtout, ce n'était pas le Poudlard Express qui y stationnait !

James lâcha sa valise de surprise, Sirius ouvrit la bouche mais ne trouva pas ses mots et Monsieur Potter appuya ses mains sur sa taille pour contempler le massif train noir qui leur faisait face. Sa forme plus allongée était impressionnante, tout comme ses portes de métal et la couleur noir mate qu'il offrait aux timides rayons de soleil qui traversaient la grande verrière.

« Papa, qu'est ce que c'est que ce train ? »

« Et bien… Il me semble que ça faisait un bout de temps qu'il n'avait pas été sorti, celui-là ! »

« Piouf, en tout cas, plutôt impressionnant, ajouta Sirius en reprenant un peu de contenance. »

« C'est le Black Hawk, un train réservé au ministère. On ne l'utilise d'habitude que pour la venue de personnalité ou en cas de …. Tiens, il y a un groupe de sorciers là-bas, on va se renseigner un peu ! »

Le trio s'approcha donc mais fut rapidement arrêté par une barrière d'hommes vêtus de capes sombres, deux baguettes d'argent cousues sur leur veste, d'un geste sévère et martial. Monsieur Potter commença à parlementer mais Sirius sautillant par dessuspar-dessus les silhouettes massives, finit par attirer l'attention d'un jeune homme qui vint voir ce qu'il se passait.

« Hé… Hé ho ! Harlow ! C'est moi, Sirius ! Youyou ! »

L'homme s'avança avec surprise vers les intrus et fit signe à ses hommes de relâcher leur surveillance. Il était plutôt jeune, son menton assez long lui donnait un air nonchalant mais il avait un regard décidé et ses cheveux blonds étaient rabattus sur son front.

« Sirius… Ha, bonjour, vous êtes monsieur Potter, si je ne me trompe ! »

« Oui. »

« Enchanté de vous rencontrer, répondit le jeune homme. Je suis Caspian Harlow, de la brigade d'élite. Et vous, vous êtes le secrétaire du cabinet ? »

« Effectivement, mais je ne suis pas là par mon poste. J'accompagne mon fils et son meilleur ami. »

Le père de James paraissait un peu fatigué qu'on le rattache toujours à ses lourdes responsabilités et il poussa un petit soupir vain en répondant. Monsieur Potter désigna James qui fixait Caspian Harlow avec minutie et Sirius adressa un sourire au nouveau venu.

« Je suis peut-être curieux mais pourquoi vous a t'on dépêché ici, demanda Alexander Potter. Parce que, je doute qu'on n'ait fait sortir le Black Hawk de son hangar pour rien… »

« A vrai dire, je ne suis pas autorisé à vous en dire plus, déclara un peu embarrassé le tireur d'élite. »

« Au fait, vous savez où est mon père, demanda avec empressement Sirius. »

« Votre père, Orion Black ? »

Caspian Harlow pâlit et remit ses cheveux en arrière avec hésitation. Le sourire confiant fut voilé par une gêne certaine que l'homme tenta d'abord de masquer en détournant la tête puis finalement, il eut une petite mimique décidée malgré son hésitation apparente.

« Oui, c'est lui qui doit être chargé de tout cela, n'est ce pas ? »

« En fait, Sirius, je ne voudrais pas te décevoir mais ton père n'est pas ici. C'est moi qu'on a chargé de cette mission… et aussi de la direction de la brigade. »

Le visage de Sirius devint livide, ses lèvres tremblotèrent et James remarqua que le regard blême de son meilleur parut bien plus que déçu.

« De façon temporaire… évidemment, s'empressa d'ajouter Harlow en voyant le malaise de Sirius. Tout le monde sait que Black est le mieux placé pour ce poste. »

Finalement, James et Sirius abandonnèrent monsieur Potter sur le quai pour aller mettre leurs affaires dans le train. A leur grande surprise, la cuirasse métallique des wagons était épaisse et l'intérieur très spacieux. Une légère odeur de naphtaline flottait dans le couloir recouvert de tentures bordeaux et ils trouvèrent enfin un compartiment à leur convenance. Revenus sur le marche-pied, touttous deux s'aperçurent que de nombreux élèves se pressaient pour monter en voiture. Le moteur du train ronflait sourdement, bourdonnant par dessuspar-dessus toute conversation. James fit remarquer à Sirius que le dernier wagon était renforcé d'un blindage et un contingent de sorciers arriva rapidement avec un coffre apparemment blindé. On n'aurait pas voulu faire voyager les joyaux de la couronne qu'on n'aurait pas prêtée tant d'attention à ce coffre. Quelques instants passèrent et une partie des hommes en redescendirent d'un petit saut souple. La lourde porte fut refermée par deux hommes qui se trouvaient encore à l'intérieur, apparemment eux aussi embarqués pour Poudlard. Perplexes, les deux garçons qui s'étaient accrochés à la barre de métal manquèrent bien de ne pas voir Monsieur Potter qui s'était approché dans la foule et leur faisait un signe de la main.

« James, tu me promets que tu ne feras pas de bêtises, cette année, s'il te plait ? »

« Houla, je ne sais pas si ça va être faisable, répondit le garçon avec amusement. »

« James, tu sais ce que je veux dire ! Tu t'es rendu compte combien ta mère est inquiète, non ? Alors, fais un effort ! »

« C'est promis, papa, répondit le jeune homme sur un ton plus sérieux. »

Un sifflement strident retentit à leurs oreilles et voilà les derniers mots d'adieux que les parents lançaient à leurs enfants. L'énorme train s'ébranla lourdement et dans un crissement métallique des roues, lâcha un puissant jet de vapeur et la locomotive entraîna sur les rails le Black Hawk.

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Lily découvrait toujours avec saisissement les couloirs larges et somptueux du train qui les menaient à Poudlard. Si rapide et si silencieux, elle paraissait sceptique qu'on leur permette de voyager dans un tel train. Plusieurs personnes avaient murmurésmurmuré que c'était pour palier à ce qui s'était déroulé sur le chemin de traverseTraverse d'un ton rassurée mais Mary rompit rapidement les espoirs de Lily.

« Tout le monde sait que les mangemorts ne feraient pas sauter le train qui va à Poudlard ! Tu imagines bien que certains d'entre eux ont des enfants dans ce train. A mon avis, le gouvernement fait ça par pure démagogie. »

Lily surprit deux garçons entrain de trafiquer des yo-yo hurleurs et les confisqua, sans tenir compte des récriminations de leurs propriétaires qui rétorquaient avec véhémence qu'ils n'étaient interdits qu'à Poudlard et non pas à bord du train. Agacé, Lily prit un visage furieux et se pencha sur le poufsouffle avec hauteur.

« Tu ne vas pas me faire croire que tu vas gentiment l'échanger avec ton copain pour le laisser à bord du train, non ? »

L'autre haussa les épaules et préféra filer avant que la préfète ne lui mette une retenue. Lily fit une moue de déception puis continua d'arpenter le couloir dans la lumière tamisée des petites lampes suspendues au plafond en compagnie de Mary. La préfète en chef avait abandonné avec déception Julia en compagnie d'Edward Davies et de Daniel Payne. Mary avait compris que Lily avait un petit pincement au cœur à l'idée de passer la plus grande partie du voyage à jouer son rôle de garde-chiourme (comme s'amusait à lui lancer le serdaigle avec un clin d'œil qu'il trouvait très effronté et amusant). La jeune fille avait donc accompagné Lily qui l'avait remercié d'un chaleureux sourire.

A sa grande déception, Lily n'avait pas encore réussi à trouver son homologue masculin et se sentait de plus en plus mal à l'aise en repensant au sourire vengeur d'Evan Rosier. Elle déglutit et s'arrêta devant une des vitres, contemplant la nuit qui tombait déjà que les alentours, nimbant les premières collines des Highlands de brume laiteuse. Aucune étoile ne scintillait, cachée derrière de grosses volutes de nuages couleur encre.

« J'ai hâte d'être arrivée à Poudlard, murmura Lily en se retournant vers son amie qui s'était adossée à une paroi. »

« Si tu veux mon avis, tu vas avoir droit à une petite réunion avec le préfet en chef. En tout cas, ce n'est pas Daniel qui a été nommé. De toutes façons, il est déjà assez débordé comme ça entre son poste de préfet et le Quidditch ! »

« J'imagine, déclara la préfète en chef qui tripota sa nouvelle insigne. »

« Il m'a dit de te féliciter, au fait ! »

« C'est gentil de sa part ! »

Lily reprit sa ronde dans le train et changea de wagon. Dans les compartiments aux banquettes rembourrés, se groupaient de nombreux élèves qui papotaient bruyamment. Le train fut parcouru d'une brusque mais rapide secousse à laquelle personne ne prêta attention, d'habitude si secoué par le Poudlard Express. Mary lui affirma qu'elle avait entendu certains sorciers sur le quai parler du Black Hawk avec respect et soulagement. Apparemment, le train n'était pas seulement imposant par son épais blindage métallique mais possédait un certain nombre de protections magiques relativement efficaces. Elles parvinrent au bout du couloir un peu plus sombre et s'apprêtait à faire coulisser la paroi du wagon quand un chuchotement retentit sourdement derrière eux. Lily se retourna pour surprendre les comploteurs et ne fut pas surprise de trouver James Potter, ses lunettes posées sur son nez et Remus Lupin, son regard brumeux essuyant tour à tour son visage et celui de Mary. La pénombre les entourait et Lily fit donc apparaître un rai de lumière du bout de sa baguette.

« Tiens, Potter et Lupin, quelle bonne surprise ! Ca faisait longtemps ! »

« En effet, Evans ! Au fait, félicitations pour la promotion ! »

Lily allait répliquer une méchanceté mais observa furtivement Mary et s'aperçut qu'en réalité, les paroles du gryffondor n'avaient été ni odieuses ni narquoises comme à leur habitude.

« Merci Potter ! Je peux vous demander ce que vous maniganciez dans ce recoin, tous les deux ? »

« On tentait discrètement de voir ce que la brigade des tireurs d'élite a chargé dans le dernier wagon mais apparemment, c'est sacrément confidentiel. La porte est fermée et on a eu beau toqué, ils ont refusé de nous répondre. »

« Ha ? »

La voix de James était calme et paisible. Lily resta bêtement sans savoir comment réagir. Il était nettement plus facile de tenir tête à Potter quand il se moquait ouvertement de vous. Pourtant, il explosa d'un rire discret.

« Non mais Evans, tu nous prends vraiment pour des crétins ? Tu crois vraiment qu'on aurait gentiment frappé contre la cloison ? »

Lily, furieuse que James se paye sa tête, brandit sa baguette et allait la lui glisser sous le menton quand la discrète voix de Mary refroidit l'ambiance.

« Mais, Potter, elle est ouverte, cette porte. »

« N'importe quoi, rétorqua James en lançant un regard fulminant à la préfète. »

« En tout cas, elle était encore fermée il y a quelques minutes, ajouta calmement Remus. »

A leur grande stupeur, ils virent Mary poser sa fine main sur la paroi et faire glisser d'un geste lent la cloison. De l'autre côté régnaient d'épaisses ténèbres. Lily renifla et James plissa les sourcils.

« Il y a quelque chose d'anormal, murmura t'il comme pour lui-même. Harlow a placé certains de ses hommes dans ce wagon et ça m'étonnerait qu'ils permettent à n'importe qui d'entrer si impunément. »

Pourtant, il fit un pas en avant et pénétra à son tour dans le couloir qui se dressait devant eux. Le roulis du train se fit un peu plus bruyant tandis que la cloison se refermait lentement en glissant sur elle-même derrière Remus. Chacun saisit sa baguette, peu sûrs de ce qu'ils risquaient de trouver. Lily éclaira successivement l'aménagement de wagon composé de longues banquettes de quelques tables tandis qu'un bar tenait place contre la paroi entre deux hublots. Tout à coup, un nouveau cahot manqua de les faire tomber sur le sol et James se raccrocha à un porte-manteau qui se trouvait à ses côtés. Des cris étouffés leur parvinrent enfin et ils virent une trappe s'ouvrir du plafond et deux hommes se laisser tomber au sol. La porte qui était à quelques mètres d'eux explosa dans une puissante déflagration. La poussière les aveugla et les fit tousser. Mary fit signe à Lily de se rabattre derrière une des banquettes et elles virent seulement quelques sorciers qui furent surpris par les deux intrus qui venaient de pénétrer dans le train.

Tous deux vêtus de noir, l'un braqua sa baguette et lança un 'experlliamus' à un homme qui se portait devant eux. Des détonations et des cris féroces retentirent à leurs oreilles. Apparemment, les agents ministériels de la brigade d'élite n'étaient pas du genre à lâcher leur mission. Pourtant l'un d'eux s'étala par terre et ne bougea plus. James et Remus voulurent avancer mais Mary leur fit signe de rester en retrait. Tout à coup, derrière eux, apparurent deux personnes qui leur étaient inconnues. L'une d'elle voyant les élèves prostrés dans l'obscurité se dirigea rapidement vers eux et attrapa James par le bras pour le faire reculer.

« Vous, venez avec moi, vous ne craindrez rien à l'arrière ! »

Lily, incertaine, évita un sort maladroit qui ricochait depuis la pièce du bout et suivit la petite silhouette. Avant qu'elle ne les oblige à venir, Lily vit une grande lumière embrasser l'extrémité du wagon. Un des intrus se redressa sur une table branlante et d'un bond, passa à travers la trappe du plafond pour s'enfuir sur le toit. Lily remarqua que c'était une jeune femme qui les avait forcése à se retirer de l'attaque. D'un geste de la baguette, l'adulte alluma une des lampes du couloir et la préfète put contempler une femme assez petite mais fine, un regard sombre alors que des cheveux noirs tombant dans son cou lui offrait un air sévère mais Lily n'aurait pour rien au monde désobéi à l'inconnue.

Elle ne savait pas si elle pouvait vraiment lui faire confiance mais après tout, elle n'avait pas vraiment le choix. Dans le capharnaüm de la pièce où les meubles avaient été renversés et déchirés par les sorts, Lily vit un homme vêtu d'une longue cape noire suivre d'un geste rapide le fuyard. A sa taille, un long fourreau battait sa cuisse et il était vêtu d'un uniforme noir et rouge à boutons dorés.

Le wagon fut à nouveau parcouru d'une secousse et la femme qui les accompagnait poussa un juron. Elle avança jusqu'à là où avait eu le combat et Lily ne vit que deux silhouettes étendues au sol. Depuis le toit, retentissaient de sévères bruits de luttes, des crissements métalliques et des cris. Puis quelques minutes plus tard, l'homme à l'épée se laissa à nouveau tomber par l'ouverture de la trappe avec souplesse et interpella la femme qui se trouvaitent avec les élèves. Sa voix un peu étrange écorchait les mots.

« Latzich, il faut sortit d'ici impérativement. Ils ont réussi à détacher le wagon ! »

« D'accord, il va me falloir un peu de concentration. »

La dénommée Latzich inspecta rapidement les parois avant de reconnaître une porte bloquée par une lourde barre de métal. Sa baguette fit aisément sauter la protection magique et la porte fut arrachée par la vitesse au-dehors. Elle s'approcha du rebord, jeta un coup d'œil aux taillis qui défilaient rapidement sous leurs yeux et puis, fit un signe de tête résigné à l'homme qui avait rengainé son épée.

« On y va, lança t'elle. »

Lily fit un pas en arrière en comprenant qu'on lui intimait de sauter d'un train en marche. Pourtant elle bascula dans le vide sans avoir le temps de s'effrayer. Elle crut bien qu'elle s'était cassée tous les os du corps quand Latzich la redressa brutalement et l'entraîna à l'abris derrière un talus de terre et de mauvaises herbes. A quelques mètres de là, elle vit Mary, James et Remus rouler à terre avec violence. L'homme s'était déjà redressé lui aussi et demanda aux gryffondors de le rejoindre. Tous plaqués au sol, ils n'entendirent que les grincements métalliques puis le souffle brûlant qui leur balaya le visage. Un bruit assourdissant de ferrailles retentit et lorsqu'ils se redressèrent, Lily découvrit avec stupeur que le wagon dans lequel ils se trouvaient, il y avait encore quelques minutes, avait basculé dans le vide, ayant parcouru à toute vitesses les quelques premiers mètres sur le viaduc qui enjambait la vallée avant de dérailler et de plonger dans le vide.

Les deux adultes leur ordonnèrent de se mettre à marcher à travers les taillis et les buissons, ce qui n'était pas facile car aucun d'eux ne distinguait grand chose (la nuit étant tombée) et ne connaissant pas le bois. Lily serra la main de Mary pour retrouver un peu de calme et continua d'avancer ainsi pendant de longues minutes.

« Yaltes, comment va t'on retrouver notre chemin, demanda la jeune femme avec un sourire navré. »

« J'ai bien peur que…, commença par répondre l'homme qui fermait la marche. »

« Moi, je sais où l'on est, déclara à haute voix Mary. Tout près de Glasgow. »

« Bien renseignée, dis-moi, discerna la jeune femme avec une pointe d'humour. »

« J'habite là-bas, fit remarquer Mary en haussant les épaules. »

L'homme parut hésiter quelques instants puis ils finirent par tomber sur une grande route qu'ils longèrent pendant une bonne demi-heure. Lily jeta un coup d'œil inquiet vers le ciel en espérant qu'il ne pleuvrait pas. Enfin, quelques maisons apparurent dans l'obscurité, petits points lumineux orangés dans la nuit.

« On les ramène à Poudlard, demanda la jeune femme à son collègue. »

« Je crois qu'il est plus sûr de trouver un endroit tranquille pour cette nuit. De toutes façons, on ne pourra pas transplaner jusque là-bas. Mademoiselle, vous avez dit que vous habitiez près d'ici ? »

L'homme se tourna vers Mary qui l'observa attentivement avant de répondre à sa demande.

« Je vais vous guider ! »

Ils continuèrent donc dans quelques rues sans toutefois pénétrer dans le centre ville. Mary les dirigea vers une petite banlieue et Lily sentait pour sa part, ses pieds buter contre les pavés et ses jambes la lanciner douloureusement. Cela faisait au moins deux bonnes heures qu'ils avançaient sans but. Enfin, au détour d'une ruelle, ils bifurquèrent pour longer une rue bordée d'un côté de maisons et de l'autre, de l'obscurité des champs puis de la forêt. La dernière maison était un haut bâtiment assez étroit et de facture étrange. Le lierre mangeait la façade pâle et Mary s'avança sur le parvis de sa maison. Elle s'apprêtait à toquer quand l'homme la dépassa et frappa sèchement contre la porte.

« Vous permettez ? Je pense que vos parents voudront entendre quelques explications. »

On vint leur ouvrir la porte assez rapidement et Lily découvrit une femme assez mince, au visage émacié, vêtu d'un pantalon crème et d'un pull bleu. Elle ressemblait à Mary bien qu'étant plus âgée. Ses longs cheveux blonds pâles étaient vaguement noués dans son cou mais son regard pétillait de bonne humeur.

Pourtant, elle parut surprise et fut paniquée en voyant l'homme devant elle.

« Bonsoir, madame. Excusez-moi de vous déranger mais … »

« Maman, c'est moi, lança Mary à sa mère dont les joues reprirent des couleurs. »

Madame Bones fit rapidement rentrer tout le monde et invita les jeunes gens à venir se réchauffer dans le grand salon. James se mit dos contre la cheminée après que la mère de Mary y ait ajouté une bûche. Puis la femme se tourna vers les deux adultes, attendant quelques explications. James aurait cru qu'elle se mettrait en colère ou paraîtrait folle d'inquiétude mais elle resta au contraire très calme en écoutant les paroles mal à l'aise de l'homme. Lily, quant à elle, crut s'apercevoir qu'il butait sur quelques mots.

« Je vois, murmura la mère de Mary avec douceur. Et bien, monsieur… »

« Excusez-moi, je ne me suis pas présenté. Roland Yaltes et voici Magdalene Latzich, répondit-il en désignant la femme aux cheveux noirs. »

« Vous pouvez m'appeler Judith, ça ne me dérange pas. Il est déjà tard et je vais me dépêcher de vous servir quelque chose à manger. »

Roland Yaltes parut vraiment gêné de déranger ainsi la femme qui secoua la tête.

« Allons, ne vous inquiétez pas ! Je ne vais tout de même pas vous laisser mourir de faim. De toutes façons, mon mari est absent. Mary, veux-tu préparer des lits pour tout le monde, s'il te plait ! »

« Tu ne veux pas que je t'aide à la cuisine, demanda la jeune fille d'un air sceptique. »

« Je me débrouillerais avec ses deux jeunes hommes, répondit Judith Bones en souriant. Je suis sûr qu'ils disposent d'une baguette aussi dégourdie que la tienne. »

James et Remus s'exécutèrent en silence et les deux jeunes filles montèrent à l'étage pour préparer les lits. Mary introduit son amie dans sa chambre et dressa un lit rapidement. Puis une pile de draps dans les bras, Lily suivit Mary et pénétra dans le grenier où se trouvait un grand lit. La jeune fille aux cheveux blonds déplia le tissu puis à l'aide de sa baguette, fit voler rapidement les draps entre les couvertures et le lit fut fait. Mary s'assit doucement sur le rebord et Lily, fourbue de fatigue, fit de même.

« Dis, tu crois que ce sont qui, ces deux là ? »

« Je n'en sais trop rien ! En tout cas, ils nous ont sauvé la vie ! »

« Hum… »

Lily bascula en arrière et ferma les yeux. La petite lucarne laissait passer un peu de clarté mais la grande mansarde était surtout éclairée par une petite lampe à pétrole dont Mary alluma la mèche. Lorsqu'elles redescendirent pour le dîner, elles virent avec amusement que les deux garçons avaient dressé la table. Judith invita tout le monde à s'asseoir et on commença rapidement à manger. Lily se rendit compte qu'elle était trop fatiguée pour apprécier le délicieux plat qui trônait sur la table. Elle se contenta donc d'observer leurs deux anges gardiens et à sa grande surprise s'aperçut que l'homme dont elle distinguait maintenant clairement le visage dans la lumière chaude et tamisée de la cheminée, était bien plus jeune qu'elle ne l'avait d'abord cru. Son nez, fin et busqué, sa peau pâle et crémeuse ainsi que ses yeux clairs et opalescents lui conférait certainement quelques années de moins, supposa t'elle. Les cheveux de l'homme étaient longs et il les avait attachés avec un ruban noir. Quant à son uniforme sombre, la jeune fille eut beau l'observer, elle ne le reconnut pas (de toutes façons, elle ne s'y connaissait pas beaucoup en uniformes, réalisa t'elle en avalant de travers une bouchée).

« Désolé de vous poser la question mais… votre mari est absent ? »

« Oui, il est actuellement sur le continent pour quelques semaines. Il travaille pour une banque… Grin… »

« Gringott, maman. »

« C'est cela. On lui a demandé de rapatrier des placements vers la Grande-Bretagne et à vrai dire, il est plutôt occupé par son travail. Ca n'arrive pas souvent que je reçoive des sorciers à la maison, vous savez. Mon mari ne souhaite pas trop que je les côtoie. Pourtant, je suis très contente d'être avec vous ce soir.. »

Lily comprit au fil de la conversation que Judith Bones paraissait totalement ignorante de tous les problèmes que rencontraientrencontrait depuis plusieurs mois le monde des sorciers. La jeune fille aurait pensé que bien que moldue, elle connaîtrait un certain nombre de choses grâce à son mari mais ce n'était apparemment pas le cas.

Lorsque le repas fut fini, la jeune fille s'apprêtait à monter quand elle entendit Judith Bones demander à Roland Yaltes s'il ne désirait pas dormir. Il lui assura qu'il n'était pas fatigué et qu'il ne fallait pas s'inquiéter pour lui. Pourtant, Lily comprit qu'il passerait la nuit assis, face à la cheminée à s'assurer que personne ne viendrait. Appuyée contre le linteau en bois de l' âtrel'âtre, la jeune femme aux cheveux noirs eut un sourire lorsque la mère de Mary les eut quittés. La préfète s'accroupit dans les marches de l'escalier et tendit l'oreille.

« Dis, tu crois que… , commença la jeune femme en détournant son regard des flammes.. »

« Je pense surtout qu'on a bienfait de changer les plans. Si le chargement s'était réellement trouvé à l'arrière, il n'y aurait plus grand chose à faire maintenant. Heureusement, les mangemorts n'ont pas pu mettre la main dessus. »

« Tu n'as pas rattrapé celui qui s'est enfui par le toit. »

« Juste croisé le fer avec lui, rétorqua l'homme dont la langue semblait ne plus faire d'efforts avec certains mots qu'il écorchait d'un déplaisant accent. Je ne sais pas où ce Voldemort recrute mais ses partisans sont allés à la bonne école. »

Magdalene Latzich frémit en entendant le nom du mage noir et ne put le cacher.

« Je t'ai déjà dit que personne ne prononce plus son nom en Grande-Bretagne, bon sang, rétorqua t'elle avec agacement. »

« C'est étrange, ça ! Même toi qui est une tête de mule qui n'a peur de rien, tu frémis pour un nom ! Il me semble que Dumbledore le prononce, lui. »

« Bien sûr, mais quand on s'appelle Dumbledore, on peut gentiment se coucher sans avoir peur de se faire tuer par un de ses partisans pendant la nuit ! Et fais donc un effort quant tu parles, ton anglais est abominable. »

« On me le répète assez souvent. Même mon apprenti en profite sur ce sujet ! »

« Il a bien raison, franchement ! Tu crois que tu te feras obéir si tu fais de telles fautes ? »

« Ok ! So come on! I'm listening to you speaking french as you're so cunning, Magdalene ! » (1)

« Très drôle ! Et puis, je t'ai déjà dit de m'appeler Maggy ! Tu sais que je déteste ce prénom. Bien trop long à mon goût ! »

Lily remonta en silence les marches en s'appliquant pour qu'elles ne grincent pas sur son passage. Tout ce qu'elle avait entendu ne lui avait pas remis les idées au clair mais elle comprenait seulement que ses deux là n'étaient pas n'importe qui.

xxx

James grogna en se laissant tomber sur le lit tandis que Remus paraissait déjà dormir. Il renifla péniblement et délaça ses chaussures. Il finit par s'asseoir sur le lit en tailleur mais son humeur si désagréable força Remus à se retourner pour jeter un coup d'œil au jeune homme à lunettes.

« James, tu es obligé d'être aussi énervé, demanda la voix ensommeillée de Remus. »

« Je ne suis pas énervé, juste désagréablement curieux de savoir qui sont ces deux là et ce que le Black Hawk transportait de si intéressant. »

« Tu n'as qu'à aller leur demander ! »

« Très drôle, Remus ! Sincèrement, je suis sûr que ceux qui nous ont attaqués… »

« Etaient des mangemorts, je m'en doute, déclara Remus de sous les couvertures. Si maintenant, tu pouvais arrêter d'être si énervé. »

« Je ne suis pas énervé. Je suis immobile et … »

« Peut-être mais je sens qu'au fond de toi, ça s'agite furieusement ! »

« Ton sixième sens, rétorqua James en ôtant ses lunettes. »

« Exact et si tu ne dors pas immédiatement, je te mords ! »

« Arrête, Rem' ! »

« Bon, je sais, la pleine lune, c'était il y a dix jours mais là, je suis crevé, James. »

« Très bien, très bien. »

James se faufila entre les draps et éteignit la petite lampe à pétrole qui dégageait une odeur douceâtre. Malgré le calme et le silence, il ne parvint pas à trouver le sommeil et continua à s'agiter dans son lit.

fin du chapitre 3

Notes de lecture :

(1) : Quand on écrit en français, c'est dur de rendre compte que c'est aussi une langue étrangère pour les élèves de Poudlard. Je ne peux pas vous mettre une petite note 'en français dans le texte' comme ils font dans les bouquins, je l'ai donc mis en anglais. C'était ça ou tout le chapitre en anglais et la phrase en français !

« Et bien, va s'y, je t'écoute en français, si tu es si maligne, Magadalene ! »