Un petit chapitre de transition où l'on retourne enfin à Poudlard et l'on retrouve de 'sympathiques' personnages et l'on fait la découverte d'un nouveau professeur de défense contre les forces du mal un peu particulier (comme tout bon mais surtout mauvais professeur de défense contre les forces du mal qui se respecte). Il ne faut pas transiger sur la tradition !

Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.

Un petit mot pour Ookami qui m'a accordé une galerie sur son site pour illustrer cette histoire. Allez lui mettre un petit mot, ça lui fera très plaisir :

http/dreamcatcher.ookami.free.fr/tinuviel/frames

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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.

Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.

Auteur : Elizabeth.

Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.

Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.

Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).

Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.

Résumé du chapitre précédent : Kathleen Potter, la mère de James, apprend que son poste de représentante de la confédération internationale magique va lui être retiré. C'est donc Monsieur Potter qui pour une fois se charge d'emmener James et Sirius à King's Cross. Pourtant à la gare, on leur demande de passer non pas sur le quai 9 ¾ mais sur le quai 11 et demi. C'est avec étonnement qu'ils découvrent le Black Hawk prêt à partir, train habituellement réservé aux personnalités du monde magique. La brigade d'élite des tireurs de baguette est présente et installe dans le train un étrange chargement. Mais à la grande déception de Sirius, ce n'est pas son père qui est en charge de la mission (Orion Black étant en dépression depuis la mort de sa femme). Une fois à bord, James et Remus sont surpris par Lily et Mary entrain de forcer le passage du dernier wagon gardé par des agents ministériels. Pourtant, la protection magique a disparu et alors qu'ils pénètrent dans le wagon, ils assistent à l'attaque du Black Hawk. Secourus par deux adultes, Roland Yaltes et Magdalene Latzich, ils sont forcés de sauter du wagon en marche qui a été détaché du convoi par les mangemorts. Perdus dans la forêt, il s'avère que Mary reconnaît les environs de Glasgow et après quelques heures de marches, ils parviennent à la demeure des Bones où les attend la mère de Mary. Judith Bones, moldue de son état, est totalement ignorante des événements qui bouleversent le monde des sorciers mais leur propose gentiment l'hospitalité. Lily avant de monter se coucher surprend une étrange conversation entre leurs deux sauveurs tandis que James de son côté, expose au grand damne de Remus ses soupçons.

Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :
Bones Judith : Mère moldue de Mary.

Bones Malcom : Père de Mary qui travaille pour Gringotts. Un homme sévère qui refuse que sa fille et sa femme se mêlent des problèmes actuels du monde magique.

Lazitch Magdalene : Une des deux adultes qui ont sauvé les gryffondors du Black Hawk.

Yaltes Roland : Un des deux adultes qui ont sauvé les gryffondors du Black Hawk.

Rosier Evan : Serpentard, 7° année, préfet. Aspirant mangemort Un esprit pervers, retord et vicieux, avide d'imposer son ordre et sa force à tous ceux qui l'entourent. Sa haine envers Lily l'a déjà opposé à la préfète.

Zabini Michael : Serpentard, 7° année. Capitaine et gardien. Aspirant mangemort. L'intellectuel qui malgré ses airs calmes et froids suit avec plaisir les idées de ses camarades. Bien plus dangereux qu'on ne pourrait le penser.

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LE REQUIEM DE L'ESPOIR

3 Le réveil des légendes.

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Chapitre 4 : RETOUR AUX BONNES HABITUDES.

Lily se réveilla en sursaut, presque à la verticale dans son lit. Elle repoussa les draps de lin et tenta de se lever, prise de panique. Se débattant avec les longs pans de sa chemise de nuit et tâtonnant avec d'un geste effréné tout ce qui s'offrait à la surface veloutée de ses petits doigts, elle espérait trouver quelque chose à quoi se rattacher fermement. Enfin, alors que ses pieds effleuraient le sol avec une rapidité fugace, l'obscurité disparut remplacée par le visage mangé par les ombres de Mary, le regard brumeux, une bougie à la main. Son amie avait claqué des doigts et une furtive étincelle s'en était échappée pour rebondir jusqu'à la mèche tordue de la chandelle et l'embraser avec promptitude. La jeune fille bailla puis observa son amie, le visage pâle et les yeux tirés, son front perlé de gouttes de sueur comme prise de panique. Aussitôt, Mary se leva et prit les mains de Lily dans les siennes tandis qu'elle s'agitait.

« Lily, Lily ! Ca va ? »

La jeune fille jeta un regard écarquillé à la pièce dans laquelle elle se trouvait avant de parvenir à retrouver une respiration un peu moins enrouée. Lily reprit un peu ses esprits, son regard inquiet virevoltant sur les objets qui encombraient la pièce, flacons de verres, miroirs et une grande armoire. Puis enfin, elle se calma, son souffle redevint paisible et ses grands yeux verts effleurèrent le visage de Mary avec sympathie.

« Je… Ce n'est rien…. Je crois que j'ai fait un cauchemar… Rien de plus ! »

« Très bien, rétorqua Mary qui se rassit sur son lit après avoir ouvert la fenêtre. »

Il faisait encore un peu nuit dehors mais on sentait les prémices de l'aurore près à surgir à l'horizon. Des oiseaux s'étaient mis à chanter et l'air frais de la nuit s'adoucissait. Dans à peine quelques heures, le soleil se lèverait, rond et mordoré, annonçant une nouvelle journée. Lily s'assit sur ses genoux et frissonna dans la chemise de nuit que lui avait prêtée son amie. Ses cheveux roux sombres frottèrent contre ses épaules et elle les remit en place d'un geste désabusé.

« J'avais oublié qu'on était chez toi, confessa Lily dans un murmure. »

« Moi aussi à vrai dire, ça me fait bizarre d'être à la maison alors que nous devrions être bien au chaud dans notre dortoir à Poudlard. »

La jeune fille tenta pendant quelques instants de se souvenir de ce qui l'avait effrayé à ce point mais il lui restait juste de son rêve nocturne un vague goût âpre sur la langue et une langueur qui envahissait lentement ses jambes. Prenant sa tête entre ses mains, elle se pencha un peu sur le côté et tandis que ses dents de devant trituraient sa lèvre exsangue, Lily chercha dans les quelques fugitifs souvenirs brumeux qui s'accrochaient encore à sa mémoire, quelque chose d'abominable et de terrifiant. La jeune Evans avait toujours eu pour habitude d'affronter ses pires terreurs : ce n'était pas vraiment une preuve de courage, simplement de détermination intangible qui collait à ses réflexes. La preuve même était qu'elle avait refusé de se laisser happer par la spirale angoissante imposée peu à peu, avec une application perverse et soucieuse de minutie, par Evan Rosier depuis plusieurs années.

Si les remarques blessantes l'avaient d'abord faite pleurer puis l'avaient rudement abattue jusqu'à la plonger dans un état léthargique intense, la jeune fille avait retrouvé au fond d'elle cette petite voix qui l'avait fustigée de se battre, de ne pas s'abandonner à la douleur lancinante en espérant l'oublier (ou tout du moins que celle-ci ne deviendrait qu'un élément normal et quotidien de sa vie) mais faire face. Et par un curieux agencements de circonstances et de hasards, Lily Evans était rentrée en possession de pouvoirs qui surpassaient de loin ce qu'elle avait imaginé.

La rouquine prit sa baguette, éternua doucement et fit glisser le bout de bois entre ses doigts, ce qui eut pour étrange conséquence de l'apaiser un peu. Elle avait, depuis le premier jour, un attachement tout particulier à sa baguette, depuis qu'Ollivander la lui avait remise dans un bel étui doublé de velours avec un regard lourd de complicité. Et elle avait appris il y avait déjà deux ans ce que sa baguette avait de si particulier, et par qui elle avait été faite. Dumbledore le lui avait confié pour l'obliger à affronter ses peurs et ses craintes.

Lily acquiesça et s'adossa contre le mur de la chambre en prenant soin de ne pas effleurer le cadre du tableau accroché au-dessus de son lit. Mary avait ses grands cheveux pâles dans la lumière palpitante qui tombaient dans son dos et Lily reconnut avec admiration les traits de Judith Bones. Pourtant, la préfète savait que son amie pouvait avoir un air absolument froid envers certaines personnes tandis que sa mère semblait n'être que gentillesse et bonté. Mary avait hérité de sa douceur mais aussi d'une relative rigidité.

« Dis, Mary, comment tes parents se sont rencontrés, demanda Lily avec curiosité. »

« Hum… Ma mère tenait un petit magasin dans le centre de Glasgow et un jour, mon père y est entré par curiosité. Ils se sont un peu fréquentés puis ils se sont mariés. »

« Et ta mère, elle tient toujours sa boutique ? »

« Ho non ! Papa a déclaré qu'il gagnait largement assez pour nous trois. Ce qui est vrai mais je suis sûre que maman aurait préféré retourner à sa boutique, ne serait-ce que de temps en temps. Mais mon père lui demande de rester à la maison et on ne reçoit personne, ni moldu, ni sorcier. »

Lily fronça un sourcil en écoutant le récit de sa camarde et ne prêta pas attention au mobile enchanté qui tournait sur lui-même au plafond. Composé d'étoiles filantes qui scintillaient dans la pénombre de la chambre, les petits firmaments renvoyaient sur les murs blancs et les draps clairs de minuscules petites lueurs multicolores. Un reflet bleu effleura le visage de Lily qui sans s'en rendre compte le chassa d'un geste affecté de la main.

« Tu sais, Lily, mon père est un peu austère. Il a fait ses études à Serdaigle et je sais qu'il a été un peu déçu que je n'y aille pas. Mais comme il est assez souvent en déplacements, j'en profite pour me promener avec ma mère. »

Lily comprit que le caractère glacial et strict du père de Mary était peut-être dû au fait que cet homme se sentait un peu entre deux mondes, celui des sorciers et des moldus. C'était pour cela qu'il tenait sa femme dans l'ignorance des évènements magiques et qu'il recevait très peu chez lui.

« Moi, je me suis toujours demandé depuis que je sais que je suis une sorcière si mon mari serait un moldu ou un sorcier, pas toi ? »

« Je ne sais pas. A vrai dire, je n'y ai jamais vraiment pensé, répondit Mary dubitative à la question de la rouquine. »

Un silence paisible s'installa entre elles deux puis Lily dont le cauchemar lui était totalement sorti de la tête, laissa son corps retomber dans la douceur des draps et ferma les yeux pour profiter encore un peu du sommeil. Mary de son côté, souffla doucement sur la flamme tremblotante de la bougie à moitié fondue et cette dernière dégagea un ruban de fumée nacrée dans la pénombre.

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James grogna en entendant les coups répétés contre la trappe du grenier mais la voix claire de Remus répondit qu'ils arrivaient. Le vacarme cessa enfin et le garçon plissa son front avant d'enfoncer avec délice la tête dans le polochon. Remus vint le tirer de son lit avec malice, lui étant déjà habillé et coiffé.

« Allez, fainéant ! Dépêche-toi si tu ne veux pas repartir le ventre vide ! »

« Repartir, déclara vaguement James en émergeant sa tête aux cheveux désordonnés de sous les couvertures. Mais repartir où ? »

« A Poudlard, Monsieur Potter ! Vous savez, Poudlard, la plus grande école de sorcellerie de Grande-Bretagne ! »

James s'extirpa enfin avec déplaisir du lit et enfila ses lunettes sur le bout de son nez. Remus l'abandonna en laissant lourdement retomber la trappe du grenier et James finit tout de même par revêtir son uniforme qu'il rafraîchit d'un geste de sa baguette. Après avoir jeté un regard un peu curieux sur les objets recouvert de draps blancs ou empilés sur des cartons parfois grignotés par les souris, James considéra que c'était une perte de temps de se coiffer.

Il descendit donc à son tour jusqu'à la salle à manger pour découvrir que les trois autres gryffondors étaient attablés. Une douce odeur de café régnait dans la cuisine où Madame Bones s'affairait. James se demanda comment elle pouvait réussir de si bons toasts sans magie mais ne réfléchit pas trop en mangeant de bon appétit. Lily Evans, de l'autre côté de la table, se leva et alla aider la mère de Mary. James lui lança au passage un regard suspicieux. Toujours à faire son intéressante, pensa t'il avec mépris. Remus le poussa du coude et James répondit par un grognement sourd au sous-entendu du garçon. Le jeune Potter observa les mouvements de la préfète de gryffondor qui apportait à nouveau une lourde théière dont s'échappait un ruban de fumée. Derrière elle, sur le fronton de la cheminée, reposait un petit cadre. La photo sépia montrait Madame Bones, un grand sourire tordant son visage avec dans les bras une toute petite fille à qui elle avait visiblement fait des couettes. L'homme qui se tenait à ses côtés paraissait aussi joyeux qu'un détraqueur. Il devait s'agir de Monsieur Bones, avec cet sévère. Son regard austère semblait chercher à dépasser ses lunettes et ses cheveux déjà un peu argentés, peignés en arrière, ne faisaient qu'ajouter à son apparente animosité face à James qui osait perturber la tranquillité des petits personnages de la photo. Le garçon détourna donc son regard avec précipitation.

C'est alors qu'apparut Roland Yaltes d'un pas décidé. La porte de derrière se referma sur lui et il ne dégrafa pas sa cape noire sous laquelle brillaient les insignes de son uniforme. L'homme venait probablement du petit jardin qui entourait l'arrière ombragé de la maison comme en attestaient ses bottes un peu maculées de boue. Un coup de vent l'avait un peu décoiffé et il lissa sans grande attention quelques mèches de cheveux blonds qui s'échappaient de son catogan. Ses yeux bleus passèrent rapidement en revue les jeunes gens puis s'attardèrent sur James qui buvait sa tasse de café. Tout deux échangèrent un regard puis le gryffondor fit une mimique intéressée avant de reposer son mug. La jeune femme qui les accompagnait apparut à son tour avec un grand sourire et échangea quelques mots polis avec Judith Bones avant de regarder son partenaire.

« Et bien, tu as trouvé quelque chose ? »

« Oui mais j'espère que tu es bonne cavalière ! »

« Aucun problème, ajouta Magdalene dans un rire de gorge cristallin. Bien que je sois plus adepte des balais, je ne refuserais tout de même pas de monter sur le dos d'un cheval. »

James vit que Remus échangeait un regard plein de questions avec Mary qui fit signe qu'elle n'en savait pas plus qu'eux.

Une grosse horloge sonna et tous la regardèrent avec étonnement.

« Madame Bones, nous allons devoir partir, expliqua Roland Yaltes avec délicatesse. »

La femme parut presque déçue que ses visiteurs impromptus s'en aillent si vite mais Mary lui expliqua qu'ils devaient rapidement retourner à Poudlard car ils avaient déjà raté le début de la matinée. Chacun abandonna le petit déjeuner sans que les deux adultes n'en aient pris un morceau et Mary aida sa mère à tout remettre en ordre d'un coup de baguette magique.

Au dehors, les attendaient trois chevaux harnachés de selles en cuir un peu usagées mais chacun d'entre eux piaffait d'impatience à l'idée de quitter le calme cottage. Remus finit de nouer son écharpe autour de son cou et exposa à haute voix ses doutes.

« On part à cheval ? »

« Effectivement, c'est le moyen le plus rapide étant donné que nous ne pouvons transplanez, répondit Roland Yaltes en enfilant une paire de gant en cuir. »

Madame Bones les regardait sur le pas de la porte, son tablier noué à la taille, un air un peu inquiet et désappointé passa furtivement dans son regard puis elle finit par sourire. Mary embrassa sa mère et parcourut les quelques mètres de hautes herbes pour rejoindre le petit groupe qui était planté avec hésitation devant les trois chevaux.

« Nous ne pourrons aller trop vite mais c'est une façon de voyager tout à fait agréable ! »

James considéra que c'était surtout une façon de disparaître bien sagement sans que personne ne suive leurs déplacements. Ca ne le dérangeait pas, lui-même étant un cavalier accompli. Il s'approcha du cheval à la robe baie et flatta doucement l'encolure de l'animal qui hocha d'approbation sa longue tête avant d'arracher une touffe d'herbes et de la mastiquer. Il s'apprêtait à monter à l'étrier quand Lily Evans toussota avec gêne. Le gryffondor se retourna pour découvrir la jeune fille un peu pâle, les joues rosissant de gêne.

« Excusez-moi, Monsieur, mais je ne suis jamais montée à cheval… »

« Ce n'est pas un problème, vous monterez derrière moi, rétorqua l'homme en souriant gentiment à la jeune fille. »

James haussa les épaules devant la posture ridicule de la préfète mais bientôt, la jeune fille fut en croupe derrière Roland Yaltes qui tenait avec fermeté ses rênes tandis que son cheval renâclait quelque peu. Magdalene Latzich monta à sou tour sur une jument de couleur blanche et la femme rabattit derrière elle sa cape. Remus fit un pas en avant mais le petit cheval baie de James se mit à hennir bruyamment. Tous jetèrent un coup d'œil intrigué. James crut être le seul à comprendre la vraie raison qui poussait le cheval à reculer ainsi devant le garçon mais il se rendit compte que les deux jeunes filles échangeaient un signe de tête.

« J'ai un peu de mal avec les animaux, expliqua Remus mal à l'aise. »

« Ce n'est pas grave, tu vas monter avec moi. Je suis sûre que si je le dirige, il ne dira rien, répondit vivement Mary. »

Avant qu'un des deux adultes aient eu le temps de riposter, la jeune fille aux longs cheveux blonds tendit une main secourable à Remus qui s'assit derrière elle avec un peu d'appréhension. James vit son ami passer un bras à la taille de Mary qui prit les rênes en mains. Puis il se rendit compte qu'il était le seul à être encore à terre et comprit qu'il devrait se contenter de monter derrière Magdalene Latzich. Son air boudeur ne passa pas inaperçu mais il ne fit aucune remarque. L'étalon noir de Roland Yaltes piétina l'herbe qui était à ses sabots d'un geste sec et se cabra. L'homme lança quelques mots à Judith Bones puis sa monture bondit par-dessus le buisson qui bordait le jardin et partit au galop sur le petit chemin de campagne poussiéreux.

James s'accrocha avec surprise au bras de la femme et manqua de recevoir le pan virevoltant de sa cape dans la figure. Il saisit ses lunettes pour ne pas les perdre dans la confusion et vit seulement s'éloigner rapidement la silhouette élancée de la maison des Bones. Le cheval sur lequel étaient Remus et Mary les doubla rapidement et James se sentit vexé d'être ainsi à la traîne. Mais la jument qu'il montait était bien moins robuste que les deux autres montures et il se doutait que le chemin qui leur restait à parcourir demanderait de l'endurance. Pourtant, il était doublement furieux à l'idée que Lily soit en tête, montée sur une superbe bête et surtout en compagnie d'un inconnu. C'est vrai, après tout, qui attestait de la bonne foi de cet homme ? A vrai dire, James le trouvait un peu étrange avec sa voix plaisante, un peu chantante, son altitude altière et son air candide. Puis finalement, le garçon laissa donc le vent souffler dans ses cheveux en épis et contempla distraitement le paysage vallonné gorgé de rivières tumultueuses et de forêts verdoyantes. Les champs n'étaient plus que de vastes étendues sauvages sans blés dorés et seuls les cahots de pierre granitiques rompaient parfois la monotonie du panorama.

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Enfin, la haute silhouette de Poudlard apparut avec ses tours élancées agrippant les nuages et sa massive allure. Du haut de leur promontoire, ils pouvaient deviner le lac à la surface argentée et en contre-bas, les petites maisons aux toitures d'ardoises de Pré-au-lard. Lily desserra son étreinte de l'homme et soupira avec aise. La chevauchée lui avait paru extraordinaire. D'abord, perdue par les cahots de la route et le rythme lassant du cheval qui galopait, elle avait ensuite apprécié de contempler les futaies profondes s'échapper de son regard et les collines se dévorer sous les sabots hardis du grand cheval noir.

« Nous voilà à Poudlard, il me semble, déclara le jeune homme avec un ton incrédule et presque époustouflé dans la voix. »

A leurs côtés, apparurent Remus et Mary puis bon dernier James et la femme aux courts cheveux noirs. Le gryffondor sembla de mauvaise humeur et Lily rit sous cape en voyant son air contrarié. Ils dévalèrent le coteau rocheux du promontoire et firent place à la grande allée qui menait devant les hautes grilles ouvragées de Poudlard. Les piliers de pierre claire pourvus d'horribles statues de sangliers ailés rappelèrent cependant à Lily de bons souvenirs. Roland Yaltes descendit avec prestance du cheval et laissa la préfète en croupe. Il prit les rênes de la monture entre ses doigts et la fit avancer lentement sur le chemin.

Derrière les grilles de fer forgé, on distinguait le parc bordé de buissons et l'aile Ouest de Poudlard. Quelques minuscules silhouettes devaient se rendre en cours de botanique car ils longeaient une des terrasses avant de disparaître derrière une avancée du château. Lily un peu mal à l'aise se demandait comment ils allaient pouvoir franchir les grilles mais au bout de quelques minutes, la large silhouettes à la démarche chaloupée du garde-chasse arriva. Hagrid toujours vêtu d'un long manteau qu'il avait du confectionner lui-même à l'aide de peaux de bêtes, avait accrochées à sa taille les lourdes clefs d'argent de Poudlard. La préfète lui fit un petit geste de la main et il lui répondit à travers sa barbe touffue avec bonne humeur.

« Bonjours, miss Evans! Content de vous voir! »

« Moi aussi Hagrid ! »

Le garde-chasse fit grincer sur leurs gongs les lourdes grilles et les cavaliers pénétrèrent dans le parc. Au loin, la forêt interdite avait toujours son aspect si intrigant et un peu terrible mais le château était toujours aussi beau alors que les vitraux lançaient des reflets aveuglants avec le soleil automnal.

« Vous êtes… monsieur Yaltes, c'est cela, demanda Hagrid à l'homme qui ne faisait que la moitié de sa grande taille de demi-géant. »

« Roland Yaltes et je suis accompagné de … »

« Miss Latzich. Oui, rassurez-vous, je la connais. Je l'ai vue alors qu'elle apprenait à peine à voler sur un balai, vous savez. »

« Hagrid, vous ne devriez pas raconter ce genre de choses, répondit avec humour la jeune femme aux allures de garçon. »

« En effet ! Mais quand je pense à ce que vous êtes parvenue à faire ! »

Ils arrivèrent devant les marches de l'entrée et Hagrid prit soin des chevaux qu'il emmena près de sa petite chaumière. Les quatre gryffondors pénétrèrent enfin dans le hall et Lily soupira en se sentant enfin un peu chez elle. Le grand hall impressionna Roland Yaltes et Peeves, l'esprit frappeur, vint les narguer avec sarcasmes.

« Je te préviens, Peeves. Je suis maintenant préfète en chef alors déguerpis si tu ne veux pas que je signale tes âneries au baron sanglant ! »

Le poltergeist ricana puis finalement disparut sans toutefois caqueter qu'il allait s'occuper des couloirs du troisième étage. Quelques élèves passèrent devant eux et leur jetèrent un coup d'œil intrigué. Le professeur McGonnagal arriva enfin, toujours avec son air sévère mais elle parut contente de les voir. Elle serra avec un peu de cérémonie la main de Yaltes et de Latzich qui lança un clin d'œil malicieux à Lily.

« Si vous voulez bien me suivre, Dumbledore va vous recevoir ! »

« Excusez-moi, mais… et nous, professeur, demanda James qui était content qu'on s'intéresse enfin un peu à eux. »

« Et bien, Potter, répondit la femme en le fixant par-dessus la monture en écailles de ses lunettes. Je pense que Miss Evans va vous conduire au cours du professeur Flitwick. »

Les trois adultes quittèrent les élèves et Lily s'avança à travers les couloirs, contente de retrouver les armures enchantées ou les tableaux dans lesquelles les sorciers et nymphes papotaient avec véhémence. Un groupe de première année frôla les murs en voyant arriver les gryffondors. Remus se pencha sur James et murmura en plissant les yeux quelques mots :

« Je ne me souvenais pas qu'on était craintifs comme ça en première année ! »

« Non, on faisait déjà régner la terreur, rétorqua avec arrogance James. »

Quand le petit professeur Flitwick vit les quatre gryffondors sur le pas de la salle de cours, il les invita à se joindre à eux avec bonne humeur. Sa petite voix haute perchée reprit le cours de sa leçon mais les murmures foisonnants des septièmes années intriguées par l'absence de leurs camarades l'obligèrent à couiner un peu plus fort. L'heure passa rapidement et la cloche sonna au bout de vingt minutes.

« Très bien ! Vous jetterez un coup d'œil au prochain chapitre qui se trouve dans votre manuel, s'il vous plait ! »

Lily fut un peu frustrée d'avoir raté un de ses cours préférés qu'étaient les enchantements et dans lesquels elle excellait. Toutefois, elle dut reconnaître que retrouver Julia allait être une véritable partie de plaisir.

Dix minutes plus tard, les gryffondors allèrent déjeuner avec joie. Autour des quatre revenants se pressaient de nombreux élèves, curieux de savoir ce qui leur était arrivé. Lily vit bien que Julia mourrait d'envie de l'interroger mais elle savait pertinemment qu'il lui faudrait attendre d'être un peu plus au calme pour apprécier le récit palpitant de la préfète en chef. A table, le rosbeef était toujours parfaitement cuit et après avoir savouré leur dessert, les trois jeunes filles se levèrent pour découvrir un serdaigle sortir en courant de la grande salle, le visage bleu et la main plaqué sur la bouche. La préfète fixa avec humeur les maraudeurs qui ricanaient déjà, bien qu'ils ne fussent au complet que depuis quelques minutes à peine.

« Il a eu ce qu'il méritait, déclara Sirius avec un large sourire. »

« Pourquoi, demanda James tandis que Peter pouffait de rire. »

« Bah, il a déclaré que comme tu était porté disparu, il faudrait que Gryffondor se trouve un nouveau capitaine. »

« Et on a un peu assaisonné son assiette, expliqua Pettigrow avec malice. »

« Mais… »

James reste immobile dans le couloir et Sirius lui envoya une grande claque dans le dos.

« Et oui, mon vieux, Mc' t'a nommé capitaine de Gryffondor ! Tu t'en doutais un peu, non ? »

« Félicitations, ajouta Remus avec calme tandis que James bredouillait quelque chose entre ses dents. »

« Pas mal de monde est déjà venu me voir pour les sélections ! »

« Et qu'est ce que tu leurs as répondu, demanda James avec curiosité. »

« Qu'en l'absence du capitaine, je me nommais vice-capitaine et que les épreuves de sélections consistaient à voler, les yeux bandés et à éviter des cognards énervés sur un parcours d'obstacles…. »

« Et avec ça, ne me dit pas qu'il y a toujours des volontaires ? »

« Malheureusement, j'ai bien peur d'en avoir découragé très peu, soupira Sirius, en passant théâtralement une main sur son front d'un geste effondré. »

Les couloirs regorgeaient déjà d'élèves qui se rendaient en cours et les maraudeurs n'eurent même pas le temps de saluer les serdaigles qui courraient vers la tour où se tenaient les cours de divination, déjà en retard.

« Ha, si ! Il y a deux premières années qui sont repartis totalement abattus de mes exigences, se souvint le jeune homme en riant ouvertement de la naïveté des nouveaux élèves. »

« Qu'est ce qu'on a comme cours, demanda Remus pour changer de conversation. »

« Juste défense contre les forces du mal, ajouta Peter en agitant son nez. »

« Dumbledore a trouvé un nouveau prof ? »

« Il ressemble à quoi ? »

« Ho, vous verrez bien par vous-même mais j'ai l'impression que ce n'est pas encore quelqu'un de très normal, si tu veux mon avis, déclara Sirius en laissant passer deux serpentards qui se couraient après. »

« Du moment qu'il est compétant, soupira Remus en pénétrant dans la salle. »

James constata avec mauvaise humeur que les serpentards étaient eux aussi installés dans la salle de cours. Une jeune femme s'affairait sur l'estrade à tracer quelque chose à l'aide de sa baguette sur le tableau noir. La silhouette était féminine et James sourit en remarquant que la robe bleu ciel de la jeune femme découvrait ses épaules. Une cascade de cheveux châtains retombait sur les épaules menues de la jeune femme et un ruban de couleur crème complétait apparemment sa coiffure. Enfin le professeur se retourna et James découvrit avec surprise que ce qu'il avait pris pour un accessoire, marque de la coquetterie féminine, n'en était pas un. Il s'accouda à son bureau et remarqua que Sirius, assis à côté de lui, avait cessé de se balancer. Un silence angoissant planait dans la petite salle de classe et chacun contemplait avec ébahissement le visage de la jeune femme.

« Bonjour. Je m'appelle Aliénor Smith et je serai cette année votre professeur de défense contre les forces du mal. »

Un chuchotement parcourut l'assemblée mais la jeune femme n'y prêta pas garde. Elle s'assit avec délicatesse sur le coin de son bureau et contempla les élèves.

« Je sais que vous avez eu plusieurs professeurs de suite au cours de ses dernières années mais nous tenterons de rattraper votre retard pour que chacun d'entre vous puisse avoir sans aucunes excuses possibles ses ASPICS. »

James se sentit un peu mal à l'aise et déglutit bruyamment. Dans la rangée de droite, le groupe de garçons de Serpentard paraissait en pleine conversation. Le visage du professeur resta impassible pour la bonne raison qu'aucun des septièmes années présents dans la salle ne pouvait saisir son regard. Le bandeau crème passait en effet sur la face de la femme et bandait ses yeux. Pourtant, elle se rendit compte au bout d'un moment qu'Evan Rosier discutait, s'avança dans le rang et s'arrêta devant sa table.

« Monsieur, puis-je savoir votre nom ? »

« Rosier, pourquoi, répondit sèchement le serpentard en se retournant à moitié vers la femme dont le visage impassible le fixait. »

« Monsieur Rosier, je vous demanderai de bien vouloir vous taire, s'il vous plait. »

Evan Rosier eut un sourire cynique, s'assit correctement sur sa chaise pour faire face à l'estrade et appuya son menton sur ses mains jointes. Aliénor Smith reprit position derrière son bureau et continua à exposer les objectifs qu'ils devraient atteindre cette année pour valider leurs examens. Pourtant, Rosier continua de discuter avec Michael Zabini sans tenir compte de la remarque du professeur. James était encore étonné d'avoir vu la femme se mouvoir avec aisance, sans présenter d'hésitations, alors que ses yeux étaient bandés. Au bout d'un moment, il y eu un éclat de voix et mais le maraudeur n'eut le temps de ne rien voir car tout alla trop vite. Dans son dos, un profond murmure parcourait déjà la salle. Il se retourna et vit Evan Rosier, cramponné à sa table, le buste tendu en arrière tandis que le tampon de feutre qui servait habituellement à effacer le tableau flottait à quelques centimètres de son visage.

Alinéor Smith avait encore sa baguette tendue et tous remarquèrent que sa main tremblait un petit peu. Ses doigts s'agitèrent sur le bois et d'un mouvement sec, le tampon repartit en voletant à travers la classe jusqu'au tableau. Le regard gris du Serpentard perça le visage vide de sentiments du professeur dont la voix démontrait pourtant son malaise. Ses lèvres frémirent et James discerna que ses doigts entremêlés autour de sa baguette s'agrippaient maladroitement au rebord de son bureau.

« Il me semble vous avoir déjà dit quelque chose ! »

La voix féminine avait perdu sa confiance et James se rendit compte que ce simple incident démontrait l'appréhension que la jeune femme devait avoir face aux septièmes années. Le préfet des serpentards parcourut l'assemblée d'un air de défi mais n'intervint plus pendant le cours.

De son côté, Aliénor Smith commença réellement la leçon et James fut bien obligé de concentrer en se rendant compte que le sujet n'était vraiment pas aisé.

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A la fin de l'heure, Lily rangea ses livres dans sa besace et sortit assez rapidement en souhaitant une bonne après-midi à son professeur qui lui répondit poliment mais froidement sans se retourner. La femme resta face au tableau sur lequel elle dessinait des symboles cabalistiques tandis que ses élèves sortaient l'un après l'autre. Si la préfète avait trouvé le cours intéressant bien qu'un peu complexe (il lui faudrait vérifier cette dernière notion abordée à la fin de l'heure), elle avait réalisé sans aucun doute possible le malaise de la femme face à la réaction hautaine et sans-gêne d'Evan Rosier. Lily demanda à ses deux amies comment Aliénor Smith pouvait voir quelque chose en se bandant ainsi les yeux mais Julia lui exposa que la femme était tout simplement aveugle. Lily, surprise, bouscula un poufssoufle qui commença à se plaindre puis avisant son insigne de préfète en chef, déguerpit rapidement vers les salles d'études de runes.

« Quand Dumbledore l'a présentée lors du dîner, il nous a exposé cette petite particularité mais nous a assuré que cela n'altérait en rien la qualité d'enseignement du professeur Smith. »

« C'est dommage qu'on soit encore avec les serpentards pour la défense contre les forces du mal, fit remarquer Mary en soupirant. »

« A croire qu'ils n'ont pas compris que c'est la meilleure façon pour que tout ce petit monde s'étripe bien sagement, rétorqua Lily mitigée. »

« C'est peut-être ce qu'ils souhaitent, après tout, ajouta Mary en riant joyeusement. »

En regardant son amie, Lily eut l'impression que leur aventure à bord du Black Hawk et leur chevauchée pour revenir à Poudlard n'avaient été qu'un rêve. Le fantôme de Gryffondor, Nick quasi-sans-tête, flotta près d'elle et décolla avec amabilité sa tête pour la saluer. Il la félicita de sa nomination et elle le remercia, bien que la vision de la tête retenue seulement par quelques lambeaux de chair lui soit toujours aussi insupportable que lors de sa première année. Alors que les trois jeunes filles arpentaient le couloir, une voix interpella Lily en l'appelant par son nom de famille.

« Evans, Lily Evans ! »

La jeune fille se retourna et découvrit qu'un jeune homme se frayait un chemin malaisé à travers la foule. Enfin, il parvint devant elle, un peu essoufflé et parut étonné en étudiant son visage avec minutie. Lily pencha la tête et le jeune homme fut soudain gêné, ses joues rosirent aussitôt.

« Excusez-moi, vous êtes Lily Evans ? »

« En effet, c'est moi, répondit doucement la gryffondor en se demandant ce que cet étrange garçon lui voulait. »

Il était vêtu d'un uniforme jaune et noir de Poufssoufle, le nœud de sa cravate était impeccablement fait. Ses yeux noisettes continuaient toujours de l'observer, remarqua t'elle, tandis que la raie de ses cheveux bruns étaient rectiligne. Il avait le nez en trompette, la peau un peu hâlée et la jeune fille observa que le nouveau venu tordait ses mains d'appréhension. Enfin, il lui présenta sa main droite avec un gentil sourire découvrant ses dents blanches.

« Je suis Joshua Brooks, élève de sixième année à Poufssoufle. C'est moi qui est été nommé préfet en chef avec vous. »

Lily eut un sursaut et serra maladroitement la main du garçon qui était extrêmement poli dans sa façon de s'exprimer.

« Mais… »

« Oui, je sais, murmura t'il comme pour se confesser. Je ne suis qu'en sixième année mais William Jordan, le préfet de ma maison, a décliné la proposition du professeur Chourave. »

« Ha d'accord, très bien ! Enchantée de faire ta connaissance, Joshua. Et tu sais, tu peux me tutoyer et m'appeler par mon prénom, ça ne me dérange absolument pas. »

Les échanges de politesses qui suivirent firent à nouveau rougir Lily et elle trouva que le jeune homme était une très bonne surprise, étant donnée l'angoisse que l'inconnu qui occuperait le même poste qu'elle avait provoqué depuis que la jeune fille avait appris sa nomination. Ils échangèrent quelques paroles et Lily rit doucement avec plaisir à une remarque amusante que lança le garçon. Mary et Julia qui s'étaient placées un peu en arrière du couple observaient les deux jeunes gens avec grands mouvements de sourcils pour l'une et regard dubitatif pour l'autre. Lily trouvait le jeune homme très intéressant et découvrit qu'il était lui-même totalement novice par rapport aux exigences du poste de préfet en chef, n'ayant même pas été nommé préfet au préalable.

Pourtant, un petit groupe vint refroidir la bonne ambiance qui régnait entre eux. Lily vit un uniforme vert et argent se montrer dans le coin du couloir. Evan Rosier contemplait le spectacle de bonne entente qu'offraient les deux nouveaux préfets en chef aux élèves qui passaient dans le couloir, avec une parfaite imitation d'un air conquis et d'un regard enjôleur. Lily se pencha par dessus l'épaule de Joshua et découvrit le préfet de Serpentard dont le sourire sympathique retrouva brusquement ses habituels mimiques acerbes. Sa bouche se tordit avec déplaisir, on aurait presque cru qu'adresser la parole à Lily Evans, ne serait-ce que pour des insultes ou des remarques offensantes, le blessait.

« Décidément, on arrête pas la déchéance dans cette école ! Dire que tu as été nommée préfète en chef, Evans ! Il est plus que temps de s'inquiéter de la santé mentale de cette vieille chouette de McGonnagal. Une sang de bourbe… que dis-je ! Deux sangs de bourbe comme préfets en chef, quelle honte ! »

Il laissa échapper un petit ricanement sournois qui offusqua Lily qui ne tenait pas à commencer l'année par croiser la baguette avec le serpentard. Se souvenir qu'il avait tenté de la noyer l'année passée lui suffisait largement mais elle sentit son sang ne faire qu'un tour en entendant l'insulte.

« Rosier, je te conseille de déguerpir rapidement… »

« Sinon quoi, Evans ? Tu sais que tu me fais très peur quand tu te mets en colère, déclara le jeune homme en lui coupant la parole. »

Un groupe de Serdaigle passa dans le couloir et jeta un regard curieux à l'affrontement qui avait lieu entre les deux préfets. Evan Rosier pesta, se drapa d'un geste théâtral de sa cape puis lança en plissant les yeux quelques dernières paroles pourtant lourdes de menaces.

« Si tu ne tiens pas à terminer comme certaines personnes qui se trouvaient sur le chemin de Traverse, il y a peu, Evans, tu ferais mieux de faire attention à tes arrières. Les profs comme Prenzweller ou les crétins comme Black ne seront pas toujours là pour te sauver la mise. »

Puis il disparut rapidement, certainement un peu déçu d'avoir mis fin à la joute verbale si hâtivement. Lily sentit alors que Joshua avait saisi sa main qui pendant toute la conversation avait désiré lancer à la figure du serpentard quelques flammes. Elle parut surprise et il la regarda très calmement tandis qu'elle s'apaisait à son tour.

« Tu sais, tu ne devrais pas faire attention à lui. »

« Au contraire, laissa échapper Lily en observant avec une minutie attentive le couloir par lequel le serpentard les avait quittés. Ce genre de personnes, il vaut mieux toujours savoir où elles se trouvent pour ne pas les retrouver dans son dos. »

« Qu'est ce qu'il voulait dire, demanda candidement Joshua en regardant Lily avec malaise. »

« J'aimerai pouvoir dire qu'il ne s'agit que de paroles en l'air …, répondit Lily un peu pâle, en soupirant. »

fin du chapitre 4

25 janv. 06