Ha, un chapitre que j'adore ! Je ne dirais pas pourquoi mais je sais que ça va faire plaisir à certains lecteurs !
Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.
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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.
Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.
Auteur : Elizabeth.
Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.
Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.
Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).
Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.
Résumé du chapitre précédent : Une grande chevauchée ramène les quatre gryffondors en compagnie de Magdalene Latzich et Roland Yaltes à Poudlard. Pourtant, James est persuadé que ce n'est pas pour prendre l'air mais plutôt passer inaperçus. Arrivés au château, le professeur Dumbledore convoque les deux adultes dans son bureau tandis que les élèves reprennent leurs cours. C'est avec grand étonnement qu'ils assistent à leur premier cours de défense contre les forces du mal avec leur nouveau professeur : Aliénor Smith, apparemment aveugle, les yeux bandés qui semblent toutefois très adroite malgré son appréhension visible face à l'insolence de certains élèves. Lily fait la connaissance de Joshua Brooks, jeune élève de sixième année à Poufsouffle, qui se présente à elle comme nouveau préfet en chef. Plutôt gentil et très attentionné, leur petite discussion est interrompue par Evan Rosier, qui s'empresse de rappeler à Lily quelques menaces de mort bien senties après avoir pris la peine de s'offusquer de la nomination de deux sangs de bourbe aux postes de préfets en chef.
Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :
Payne Daniel : Gryffondor, 7° année, gardien et préfet. Petit ami de Mary. Il est reparti de Poudlard car sa mère préfère savoir ses enfants près d'elle en Irlande étant donné les attentats.
Tolstoï Dimitri : Serdaigle, 6° année, batteur. Jumeau de Natacha.
Tolstoï Natacha : Serdaigle, 6° année, batteuse. Jumelle de Dimitri.
Davies Edward : Serdaigle, 7° année, petit ami de Julia.
Johnson Andrew : Serdaigle, 7° année, poursuiveur et capitaine. Petit ami d'Agatha Penwood.
McKinnon Helen : Serdaigle, 7° année, préfète.
Brook Joshua : Poufsouffle, 6° année, préfet en chef. Simple et gentil, il est issu d'une famille moldue.
Abbot Agnès : Poufsouffle, 7° année. Une petite curieuse.
O'Connor Ralph : Poufsouffle, 7° année, batteur.
Penwood Agatha : Poufsouffle, 7° année, petite amie d'Andrew Johnson.
Vinterberg Sara : Poufsouffle, 7° année, poursuiveuse et capitaine.
Darcey Line : Ancienne Gryffondor venant de France et retournée dans son pays d'origine. Ses parents étaient impliqués dans l'Opération Pégasus. Grand amour de Remus, c'est une fille douée et déterminée malgré ses doutes qu'elle dissimule au fond d'elle
Smith Aliénor : Professeur de défense contre les forces du mal. Bien qu'aveugle, elle est très qualifiée mais se laisse facilement déséquilibrer
Yaltes Roland : Professeur de combat venant de France.
Lupin Armand : Père de Remus. Médecin moldu français de sa profession qui est mort pour sauver son fils des griffes d'un loup-garou.
Prenzweller Kathia : Ancien professeur de combat qui est sous une malédiction. C'est la mère de Line qui aurait d'ailleurs été chargée par Dumbledore de faire une liste de certains élèves : l'opération Pégasus.
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LE REQUIEM DE L'ESPOIR
3 Le réveil des légendes.
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Chapitre 5 : L'APPRENTI DU PROFESSEUR.
Lorsque les maraudeurs arrivèrent devant le stade de Quidditch, ils eurent la surprise de découvrir que l'équipe de Serdaigle terminait son premier entraînement. Derrière James et Sirius, un nombre assez important d'élèves étaient venus, autant pour se présenter pour la sélection de Gryffondor que pour assister au spectacle et voir qui aurait la chance d'être sélectionné par le prestigieux James Potter, nommé nouveau capitaine. James, dont la nomination l'avait tout d'abord enorgueilli, commençait à se demander si ses responsabilités n'étaient pas plus lourdes que prévues. En effet, il lui faudrait trouver deux nouveaux poursuiveurs et cela risquait fort de modifier totalement le style de jeu de l'équipe. Pourtant, le jeune homme faisait confiance à son jugement et avait demandé aux autres joueurs d'être présents pour participer à la sélection.
James poussa un profond soupir en s'asseyant sur le strapontin instable des gradins, croisa ses bras et regarda à nouveau les performances des joueurs vêtus de bleu. Vraisemblablement, Andrew Johnson n'avait pas eu trop de mal à renouveler son équipe dont tout de même quatre joueurs à la base manquaient. Les joueurs redescendirent au sol et James vint saluer son adversaire avec un petit sourire en coin, observant par-dessus ses lunettes deux nouveaux batteurs qui étaient restés en l'air à s'envoyer des cognards à la figure.
« Ha, salut Potter ! Tu fais tes sélections, c'est ça ? »
« Exact, répondit le Gryffondor, les mains dans ses poches. Dis donc, tu as l'air d'avoir déniché de sacrés numéros ! »
« Tu m'étonnes, soupira le Serdaigle en s'épongeant le front. »
Derrière eux, un bruit sourd retentit mais ce n'était qu'un cognard qui avait défoncé une des palissades de bois tandis que la jeune fille visée faisait une pirouette narquoise à son adversaire.
« Je commence à me demander si j'ai bien fait de les prendre, ces deux là ! »
« Qui c'est, demanda le Gryffondor qui n'avait pas réussi à placer un nom sur le visage fort ressemblant des deux batteurs. »
« Les jumeaux Tolstoï. Vraiment efficaces quand ils ne font pas les idiots ou qu'ils ne distraient pas le reste de l'équipe. D'ailleurs, je vais leur dire de te laisser la place. »
« Merci, Johnson ! J'aimerai bien en finir rapidement de ses sélections ! »
Le capitaine de Gryffondor retourna s'asseoir dans les gradins et entendit la voix grésillante du Serdaigle rappeler ses deux batteurs.
« Bon, Dimitri et Natacha, redescendez de là haut ! Dépêchez- vous ou je vous vire ! »
« Essaye donc, déclara en riant le garçon aux cheveux blonds qui encadraient son visage pointu, sa batte à la main. »
Pourtant, les deux frères et sœurs mirent pieds à terre, sans néanmoins qu'un de leurs deux cognards n'ait manqué de s'en prendre à une groupe de jeunes filles qui papotaient et gloussaient en admirant les joueurs qui se présentaient. Alors que le premier groupe d'une dizaine d'élèves évoluait tant bien que mal sur le terrain, Sirius poussa un sifflement désespéré alors qu'un jeune élève de première manquait de passer lui-même au travers des anneaux. James dont les yeux balayaient le triste et pitoyable spectacle commençait à se demander s'il aurait la chance de trouver des joueurs qui sachent déjà tout simplement voler sur un balai sans pousser de cris stridents. Une main ferme s'abattit sur son épaule et il vit Magdalene Latzich s'asseoir à ses côtés. La femme avait revêtu une tenue bleue avec une courte cape et des gants en cuir bardés de protections en métal.
« Alors, Potter, c'est ça, je me trompe pas ? Où ça en est, votre sélection. »
« Bof, pas terrible, répondit James qui fit signe de commencer la seconde partie de la sélection avec des tirs au but. »
Daniel Payne se plaça devant les anneaux et commença à voler doucement en faisant de grandes boucles, se penchant parfois pour réceptionner une balle.
« De mon temps, je me souviens avoir passé des heures et des heures à désespérer trouver un gardien qui ne soit pas une véritable passoire. »
« Vous étiez dans quelle équipe à Poudlard, demanda Sirius, intéressé, qui se pencha et croisa ses bras sur le siège devant lui. »
« Poufssouffle, déclara t'elle en regardant avec un plissement de paupières une jeune fille manquer de peu son tir. »
La balle ricocha contre le poteau puis deux autres garçons manquèrent à leur tour leurs essais. James vit que Daphné Marlowe, son unique poursuiveuse actuelle, contemplait le désastre d'un air mortifié, mâchouillant un doigt avec anxiété.
« Bof, ils sont pas super bons, rétorqua Sirius. »
« A mon époque, nous avons gagné la coupe quatre année de suite, dont trois années où j'étais capitaine. »
« Vous avez été nommée capitaine… en quatrième année ? »
« Exact ! »
« C'est pas un peu jeune, non, demanda Sirius sceptique. »
« Le vol a toujours été ma passion. Je n'ai été admise que lors de ma seconde année alors que je m'étais présentée lors de ma première mais le capitaine actuel m'avait envoyé voir ailleurs. Il s'en est mordu les doigts quand on m'a remis son poste de capitaine. »
« Et vous faites quoi, maintenant ? Parce que… vous comptez rester à Poudlard ? Je pensais que vous n'étiez que du voyage, répondit James sans détourner la tête. »
« Ho non ! Je vais rester à Poudlard un bon petit bout de temps, jeune homme. Mais sinon, je suis habituellement une flèche. »
La jeune femme se tut et James entendit Sirius déglutir bruyamment, se racler la gorge puis reprendre la parole.
« Non ! Vous rigolez ! Vous êtes vraiment une flèche… »
Le garçon ne put s'empêcher de laisser échapper une ou deux exclamations un peu vulgaires, illustrant son étonnement. La femme sourit de toutes ses dents, ses cheveux courts soulevés par la brise qui se levaient. Une bonne demi-heure s'était écoulée et James jugea qu'en ne gardant que cinq candidats, il ne lui resterait plus qu'à tenir compte de l'avis de ses coéquipiers. Peut-être pas trop de celui de Sirius qui était plus occupée à discuter avec la nouvelle venue.
« Je viens même d'être nommée à la tête d'un escadron, au grand damne de mes collègues. »
« Vous devez vraiment assurer alors, s'exclama Sirius. Vous pourrez me faire une démonstration, Miss Latzich ? »
« Seulement si vous m'appelez Maggy ! Je commence à en avoir assez de me répéter. »
Un garçon de cinquième année parvint à marquer quatre de ses cinq essais et James hocha la tête en pensant que ce serait peut-être un bon choix. Le capitaine de gryffondor se leva et alla exposer son point de vue à la jeune poursuiveuse et à l'autre batteur. Daphné Marlowe acquiesça et laissa envisager qu'il serait possible que Terence Fleet soit sélectionné. Le cinquième année était dans sa classe et la jeune fille pensait qu'il serait un bon élément pour soutenir l'évolution des poursuiveurs. James leva la tête et vit le dénommé Fleet marquer un nouveau but sans qu'apparemment Daniel Payne ne se soit retenu de laisser passer le souaffle. Debout sur le terrain, il rappela donc les concurrents et exposa son choix qui provoqua quelques remarques déplacées ainsi que des grognements de mécontentement.
« C'est une décision de toute l'équipe et le choix est irrévocable, c'est tout ! »
En se retournant vers les gradins pour faire signe à Sirius de le rejoindre, James en vint à se demander pourquoi une flèche restait à Poudlard. Tout le monde savait que les flèches étaient des gens particulièrement doués qui avaient pour mission la sécurité des périmètres sensibles qu'ils surveillaient sur leurs balais. Certains joueurs de Quidditch, devenus trop vieux pour continuer la compétition, tentaient parfois de se présenter mais ce n'était pas de pirouettes (si impressionnantes soit-elles) mais de vraies compétences qui étaient attendues. De plus, cette Magdalene Latzich était bien jeune, malgré qu'on ait pu aisément lui donner trente ans, pour recevoir le commandement d'un escadron. Sirius répondit à son capitaine par un signe de la main et abandonna la femme aux allures de garçon manqué pour dévaler les escaliers branlants du stade.
C'est deux jours plus tard, après le repas que James se mordit les doigts d'avoir été nommé au poste de capitaine. Les Gryffondors espéraient bien laver l'affront qu'ils avaient subi l'an passé en perdant le championnat et la coupe des quatre maisons. C'était en autre par la faute de James, se souvint ce dernier, qui avait passé deux bonnes semaines inconscient à l'infirmerie, ainsi que Sirius. Il ne pouvait donc se permettre de décevoir ses camarades.
Alors que les maraudeurs étaient assis au coin du feu, discutant joyeusement de la blague qu'ils avaient fait l'après-midi même sur un groupe de Poufssouffle, James vit Daniel, qui paraissait inquiet et plein d'appréhension. Le garçon se tordait les mains et alors qu'il lui jetait des petits coups d'œil furtifs, le jeune homme finit par se lever pour abandonner Mary Bones avec qui il était apparemment entrain de rédiger un devoir.
« James, je peux te parler, s'il te plait ? »
« Bien sûr ! »
Les deux garçons se retrouvèrent dans le couloir qui menait aux dortoirs où régnait encore un calme acceptable. James remarqua que les yeux du garçon étaient bordés de cernes sombres et Daniel lui adressa un sourire timide et tendu avant de commencer son exposé.
« Voilà… J'ai bien peur que tu sois obligé de trouver un nouveau gardien. »
« Comment ça… Attends ! Qu'est ce que ça veut dire ! Tu abandonnes le poste, Daniel ? »
James se sentit trahi, lui qui avait déjà eu tant de mal à trouver des poursuiveurs. Le cadre d'un tableau grinça et un élève de première année passa entre eux sans les bousculer.
« Crois-moi, je préfèrerais pouvoir garder le poste mais… je quitte Poudlard ! »
« Tu quittes Poudlard ? »
« Oui, ma mère a écrit à Dumbledore pour que ma sœur et moi, on rentre immédiatement en Irlande à la maison. »
« Mais… pourquoi enfin ? »
«Avec tout ce qui a lieu en Grande-Bretagne avec … tu sais qui, elle pense qu'on sera plus en sûreté avec elle. »
« Mais enfin, c'est stupide ! On se trouve très certainement dans un des endroits les plus sûrs de Grande-Bretagne. Et avec Dumbledore… »
Daniel poussa un profond soupir et James comprit alors que la décision était irrévocable et que très certainement, le jeune homme n'avait pas eu son mot à dire. James pencha la tête en se demandant si le départ de quelques élèves n'allait pas entraîner un mouvement de panique chez les adultes qui retireraient alors leurs enfants de l'école.
« Ha oui, je laisse aussi mon poste de préfet. McGonngal m'a convoqué dans son bureau et je lui ai demandé à ce que ça soit Remus qui ait le poste. Tu pourras lui dire ? »
« Ouais, bien sûr, marmonna le garçon. »
James abandonna son camarade dans les escaliers et le laissa remonter d'un pas lourd dans leur dortoir. Il rejoignit les trois autres qui papotaient devant le feu qui flambait avec vigueur dans la cheminée. Alors que James s'assit vivement dans le large fauteuil en cuir, Sirius qui était appuyé maladroitement sur l'accoudoir, chancela et se rattrapa au mur. James tendit la main et prit du sachet de Peter quelques boules baveuses qu'il goba aussitôt.
« Je pensais que tu n'aimais pas ces friandises, James, fit remarquer Remus. »
Peter de son côté, replia le rabat en papier du sachet et le glissa précautionneusement dans la poche de son pantalon pour s'assurer qu'il ne serait plus victime de la gourmandise de ses amis.
« Non, je n'ai jamais aimé ça, répondit le maraudeur, mâchant distraitement mais fermement les bonbons. »
« Qu'est ce qu'il voulait, Daniel, demanda Sirius avec curiosité. »
« M'annoncer que je vais devoir me trouver un nouveau gardien, grogna James de mauvaise humeur. »
Le jeune homme exposa donc à ses camarades ce que Daniel Payne lui avait expliqué. Sirius paraissait outré qu'on puisse penser à retirer les élèves de Poudlard. Remus plissa les yeux et ne parut pas très fier de recevoir le nouveau rôle de préfet de Gryffondor.
« Ben quoi, Remus, ce n'est pas ton rêve de devenir un bourreau de la loi ! »
« Pas tellement, je vais être obligé de vous empêcher de faire des bêtises, fit remarquer le jeune homme en abandonnant sans le remarquer la page de son livre. »
« Au contraire, tu pourras nous couvrir, rétorqua Sirius en éclatant de rire. »
La petite discussion avait pris de l'ampleur sonore et James vit Lily Evans qui pénétrait dans la salle commune, tournait un regard désapprobateur vers eux, et s'avançait d'un pas farouche.
« Je peux savoir ce qui vous fait tant rire ? »
« Simplement que tu changes de collègues, Lily, lança Sirius avec amusement. »
Il désigna Remus qui ne put s'empêcher de faire une petite moue, sans doute à cause d'un sentiment désagréable d'être l'attention de tous ceux qui s'étaient détourné de leurs activités pour contempler Lily Evans, qui tapait du pied face aux maraudeurs.
« Qu'est ce que c'est encore que cette histoire, lança t'elle entre ses dents, l'air mauvais. »
« Payne rentre chez lui en Irlande. »
« Comment ça ? »
« Sa mère le fait rentrer chez lui. »
Lily avait lancé ses mots d'interrogations mais Mary qui s'était levée pour se porter aux côtés de la préfète, blêmit, porta ses mains à sa bouche et s'enfuit en courant vers les chambres à l'étage. Les murmures chatoyants se mirent à bruisser dans la salle aux tentures rouges et or et Lily fit taire tout le monde. Julia qui était intervenue lança une remarque cinglante à Sirius et tout le monde parut en vouloir alors au maraudeur qui ne voyait pas ce qu'il avait fait de mal.
« Tu es fier de toi, Black ! C'est très amusant de faire pleurer les autres ! »
« Mais… ce n'était pas… du tout ce que… je voulais faire, lança le garçon en bredouillant. »
Julia partit furieuse et Lily après avoir survolé d'un regard méprisant le petit groupe se joignit à elle.
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Lorsqu'ils descendirent le lendemain pour prendre leur petit déjeuner, les maraudeurs s'aperçurent qu'une étrange atmosphère régnait dans la grande salle. Et cela dura toute la journée sans qu'ils aient le temps d'en apprendre plus. Dans les couloirs, les petits groupes d'élèves papotaient à voix haute mais James eut beau tendre l'oreille, il n'eut que le temps de saisir quelques mots. Toutefois, la nouvelle devait avoir fait grand bruit car le professeur d'histoire de la magie fut obligé de hausser la voix (lui qui l'avait d'habitude si monocorde) pour demander le silence. James demanda aux trois autres s'ils étaient au courant de quelque chose, redressant son grimoire devant sa figure pour ne pas se faire surprendre en plein bavardage. Le reste des maraudeurs répondit à la négative.
Arriva midi. A toutes les tables, on discutait fermement et agacé, le jeune homme finit par héler un cinquième année à sa table pour lui demander ce qui intéressait donc tant de monde. Le garçon aux dents qui avançaient parut un peu étonné que James lui pose la question, lança un regard alentour (comme s'il eut craint qu'on surprenne leur conversation) puis finit par tout avouer.
« Il paraît que le nouveau prof de duel a dit qu'il attendait que son apprenti arrive, expliqua le garçon. »
« Qui est ce prof d'abord, demanda James avec aigreur. »
« Tu vois le grand blond qui est vêtu d'un uniforme noir et rouge. C'est Roland Yaltes, il ne lâche jamais son épée et je peux te dire qu'il assure, je l'ai vu à l'œuvre. Il paraîtrait même que c'est lui qui s'est occupé du problème avec le Black Hawk. »
James haussa les épaules et ne lâcha pas trois mots de plus au garçon dont le ton suffisant et l'arrogance eurent tôt fait de le rendre de mauvaise humeur. Le maraudeur eut un petit sourire perfide en pensant qu'il en savait bien plus que ce prétentieux sur les capacités de cet homme. Ainsi, il était professeur. Et bien, il verrait bien ce que ça donnerait après le repas étant donné que c'était le seul cours qu'ils avaient cette après-midi.
« Il paraît que Yaltes, qui est au passage professeur de duel, attend l'arrivée de son apprenti, lança t'il à Sirius et Peter qui le regardèrent avec les yeux grands ouverts. »
« Un prof qui ramène son apprenti, mais ça ne s'est jamais vu, rétorqua Peter en avalant goulûment sa tranche de gâteau. »
« S'il a un apprenti, ça sous-entend surtout que ce mec n'est pas plus professeur que moi, déclara Sirius. »
« A vrai dire, on s'en serait un peu douté, laissa échapper Remus. »
« Douté de quoi, marmonna Peter en manquant de s'étouffer. »
Sirius lui envoya une grande claque dans le dos alors que le petit gros prenait une jolie couleur pourpre, comme le fit remarquer Remus, à moitié désespéré de la sottise de son camarade.
« Si vous aviez vu le cran qu'il avait lors de l'attaque du Black Hawk, vous ne douteriez pas que cet homme est là pour une bonne raison, conclut James. »
« D'ailleurs, il ne quitte jamais son uniforme et son épée, fit remarquer Sirius, en contemplant la table des professeurs. »
James jeta à son tour un coup d'œil et fut un peu étonné de ne pas voir Aliénor Smith. Sa place était désespérément vide entre le professeur Chourave, de nombreuses brindilles coincées dans ses cheveux touffus, et McGonnagal qui contemplait l'assemblée avec austérité mais bienveillance. Roland Yaltes était installé en bout de table mais abandonna rapidement ses collègues après avoir jeté un regard attentif à sa montre à gousset. D'ailleurs, Hagrid était lui aussi absent. Mais certainement pas pour les mêmes raisons que le professeur de défense contre les forces du mal.
Une relative effervescence se ressentait dans la salle de cours aux arcades voûtées. James se demanda si le professeur comptait arriver un jour puis finalement, il franchit à pas silencieux le seuil de la porte. Aussitôt, les regards des Gryffondors et des Serdaigles se portèrent vers lui. Il monta sur l'estrade, ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit, à la grande angoisse des élèves qui furent déçus, un épais paquet de parchemin. Certains s'étaient sans doute attendu à quelque chose de plus extraordinaire mais d'autres voyait surtout dans ses feuilles l'arrière-goût d'une interrogation.
« Bien, Mesdemoiselles et Messieurs, je vais d'abord me présenter avec de vous distribuer ses quelques questions. »
Il eut quelques regards échangés, deux ou trois grognements puis le calme revint.
« Certains se demandent certainement qui je suis, déclara le jeune homme en contemplant la classe. »
Il ne s'était pas trompé et devait sans doute savoir que les bruits de couloir avaient déjà été assez nombreux sur sa personne. James espérait secrètement que ce nouveau professeur n'allait pas leur faire un discours sur sa remarquable carrière, ses exploits et faire remarquer que ce qui s'était passé à bord du Black Hawk était le plus pur exemple de ses illustres aptitudes.
« Je m'appelle Roland Yaltes et on m'a fait l'honneur de me proposer ce poste… »
Aussitôt, James se dit que l'on ne l'avait très certainement pas prévenu que le poste de professeur de défense contre les forces du mal était ensorcelé.
« Voyez-vous, je ne suis pas anglais et je considère donc cette chance comme un privilège. C'est aussi l'occasion de vous enseigner ce que je sais avec certainement, des méthodes qui vous étonneront. Mais pour l'instant, si vous voulez vous donner la peine de répondre à ceci. »
En recevant la feuille, James poussa un profond soupir et s'attela donc à la tâche. Certains paraissaient franchement déçus de se retrouver à faire de la paperasse dès le premier cours. A leur niveau, rentrée en dernière année d'études à Poudlard, ils espéraient enfin pouvoir appréhender des choses intéressantes et palpitantes. Tandis que James se demandait en se passant une main dans les cheveux ce que pouvaient être les trois règles de la connaissance de l'ennemi et encore les différents grands courants qui luttaient contre les forces du mal, il s'aperçut que Roland Yaltes s'était approché d'une des grandes fenêtres aux jointures plombées pour contempler le parc. Il avait les mains croisées dans le dos et alors que James le regardait, ses yeux chutèrent sur la garde de son épée.
Glissée ainsi dans son fourreau, elle n'avait peut-être l'air de rien mais en regardant la finesse du travail du métal du pommeau, le Gryffondor comprit que ce n'était très certainement pas un simple accessoire de parade. James Potter avait eu l'habitude de contempler des épées (magiques ou non, il ne faisait pas vraiment la différence) car le manoir familial regorgeait d'armes en tout genre. La plupart étaient entreposées dans le grenier ou la cave mais certaines d'entre elles avaient été suspendues aux murs du temps de son arrière-grand-père. Kathleeen Potter n'avait jamais vraiment approuvé de laisser traîner ainsi à la porté de tous (mais surtout de son fils et du meilleur ami de ce dernier quand ils étaient enfants) des armes si dangereuses. Monsieur Potter père avait pour sa part pas vraiment de considérations envers ses reliques familiales qui dataient parfois de plusieurs centaines d'années.
Simplement, cela aurait été dérogé à la tradition que de s'en débarrasser et c'est pourquoi James avait toujours l'habitude de voir des épées chez lui. D'ailleurs, même son blason portait une épée. A ces pensées, le jeune homme lâcha sa plume, glissa sa main droite autour de son cou et sentit du bout de ses doigts la fine chaîne en or de sa médaille. Savoir que Lily Evans l'avait portée durant de longs mois l'année passé, lui avait d'abord paru bizarre (un peu stupide même) puis il s'y était habitué et accordait maintenant une toute autre valeur au petit médaillon doré.
A ce moment là, le professeur se retourna vivement, abandonnant d'un air guilleret sa contemplation languissante puis avisant James Potter, le nez en l'air, il décida qu'il était temps de ramasser les copies. Au grand étonnement du Gryffondor, son meilleur ami avait entièrement rempli sa copie et la rendit avec une lueur de fierté qu'il lança à Lily Evans, appliquée à rédiger une note dans la marge de sa copie abondamment remplie de réponses.
« Bien, je crois que je vais vous laisser sortir. »
Dans sa voix résonnait un peu d'impatience et James se demanda si Yaltes n'avait pas vu arriver son apprenti et qu'il souhaitait l'accueillir à Poudlard. Les élèves commencèrent à ranger leurs affaires et James ne traîna pas lui non plus. Il venait à peine de retrouver ses camarades dehors qu'une petite silhouette vêtue d'un long manteau noir apparut dans le couloir, une capuche encadrant son visage nimbé par les ombres. James comprenant qu'ils dérangeaient, allait s'en aller quand l'inconnu s'approcha d'eux. Le maraudeur remarqua que sous la cape, l'individu était vêtu de noir et qu'une veste rouge retombait sur ses épaules, d'une jolie découpure en biais. James ne put distinguer le nouveau mais l'autre s'approcha de Remus, saisit de son poignet au passage et se penchant sur lui, laissa échapper un soupir d'aise. Il ne prêta aucune attention à son capuchon qui retomba sur ses épaules, révélant une blonde chevelure alors que ses mains tenaient les joues de Remus. Il l'embrassa, les mains encadrant le visage de Remus. A ce moment là, apparut à la porte Roland Yaltes, un petit sourire en coin sur les lèvres.
Enfin, l'inconnu s'engouffra dans la salle de cours et la porte se referma lourdement derrière eux. Tous contemplaient Remus avec des yeux ronds, la mâchoire dans le vide. Certains commencèrent à se faire des messes basses, une main au creux de l'oreille de leur voisin. Puis les trois autres maraudeurs reportèrent leur attention sur leur compagnon qui avait les yeux dans le vague, un sourire nimbant son visage d'une joie presque un peu inquiétante.
« Remus, tu es sûr que ça va, murmura Sirius en le prenant par l'épaule d'un air inquiet. »
« Oui, oui, je t'assure, laissa entendre le nouveau préfet en chef de Gryffondor. Je crois juste que l'on va devoir un peu s'amuser ce soir. »
Sous le regard plein d'incompréhension de James, Remus Lupin offrit à toute l'assemblée presque un cri de joie, lui qui était pourtant d'habitude si calme et peu démonstratif. Puis il se reprit et lança un clin d'œil.
« Line est de retour ! »
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La nouvelle circula rapidement et bientôt même les tableaux se mirent à en discuter. Presque aussitôt, les maraudeurs avaient décidé de s'installer dans une des salles inoccupées pour permettre à de nombreuses personnes de se joindre aux réjouissances. James choisit une des vieilles chambres d'invités vides depuis certainement de longues décennies et d'un geste de sa baguette en repoussa les murs avec satisfaction. Un canapé apparut, des tréteaux se montèrent en un éclair. Peter que l'on avait chargé de diffuser la nouvelle aux personnes qu'il jugerait concernées, disparut rapidement. Sirius s'en alla aux cuisines et passa une longue commande aux elfes de maisons qui s'empressèrent de préparer gâteaux et boissons avec application. Deux bonnes heures étaient passées et Remus agrémenta la salle de guirlande en papier brillantes ainsi que d'une douce lumière tamisée. Puis Remus disparut à son tour pour aller s'enquérir de Line. James ne resta toutefois pas longtemps seul dans la salle car vingt minutes plus tard, on frappa à la porte.
Sirius revenait en compagnie de quelques Poufssouffles qu'il avait croisés dans les sous-sols. Un lourd cageot d'abondantes bouteilles de bierraubeure vint rejoindre les gâteaux et même quelques bouteilles de Firewhisky. James soupçonna Sirius de s'être discrètement rendu à Pré-au-lard pour se procurer cela mais ne fit aucun commentaire. Bien au contraire, la joie régnait déjà dans la petite pièce où Ralph O'Connor, Agnès Abbot (et son petit air mutin) ainsi que Sara Vinterberg, une joueuse de Quidditch s'affairaient. Puis arrivèrent quelques Serdaigles : Andrew Johnson, le capitaine de Quidditch, au bras de sa petite amie, Agatha Penwood (un ancien amour hélas non partagé de Sirius). Edward Davies riait déjà d'avance en compagnie de Julia Hindle et même Mary Bones qui avait été abattue par le départ prématuré et précipité de Daniel Payne seulement quelques jours auparavant, eut un sourire un peu triste.
Le niveau sonore commençait à monter un peu mais James avait formellement et férocement interdit de commencer les réjouissances sans Line et Remus, à l'aide d'un bon sort d'oreilles poilues au premier qui s'opposerait à ses directives.
Helen McKinnon vint demander ce qui se passait pour faire autant de raffut (on vous entend depuis la tour d'astronomie, rétorqua t'elle en brandissant son badge de préfète). Mais elle ne fit pas de commentaires quand Sirius lui demanda ce qu'elle faisait en haut de la tour d'astronomie en pleine journée, lui lança un regard offusqué pour blaguer et se joignit à eux.
Enfin, James se précipita sur la porte en entendant toquer mais eut la déception de juste voir Peter Pettigrow qui avait du faire le tour des couloirs et des galeries en compagnie de Lily Evans et deux autres jeunes hommes de Poufsouffle.
« Bonsoir, Potter, alors, il paraît que vous organisez une petite fête sans autorisation ? »
James, la main englobant fermement la poignet de la porte, parut hésiter entre la colère, la moquerie ou tout simplement oser accueillir la préfète en chef alors qu'il était persuadé qu'elle allait leur demander de bien vouloir gentiment tout remballer et leur administrer des points en moins.
« Exact, Evans, mais tu peux entrer… »
« C'est très aimable à toi, Potter. Disons que je ferme les yeux pour cette fois. »
Et à la surprise du maraudeur, Lily Evans le dépassa et alla se joindre aux autres élèves qui attendaient avec impatience Line et Remus.
« Très bonne initiative d'avoir ramené Lily, souffla Sirius à Peter. »
Ce dernier haussa les épaules et tourna plutôt son regard intéressé vers le buffet regorgeant de sucreries.
« Bof, tu sais, je passais juste dans le couloir alors qu'elle discutait avec Joshua Brooks. Elle m'a interrogé car elle pensait que je préparais un mauvais coup, c'est tout. »
« Dis donc, c'est qui ce Brooks dont tu parles, s'étonna Sirius. »
« Le nouveau préfet en chef, laissa échapper Peter, les yeux presque larmoyants devant tant de bonnes choses à grignoter. »
Son nez s'agita fébrilement et pour peu, Sirius aurait cru voir apparaître des moustaches frémissantes sur le visage de son camarade. Il lui administra une petite tape sur le plat de sa tête et l'autre pesta.
« Qu'est ce qui te prend ! »
« Ne t'avise pas de te métamorphoser pour aller gentiment grignoter des gâteaux, Peter ! Indique-moi plutôt ce Joshua Brooks. J'aimerai bien voir ce qu'il a de plus pour que Lily s'intéresse plus à lui qu'à James. »
« Tu ne crois pas qu'ils discutaient ensemble plutôt à cause de leur poste, non ? »
Une voix s'élança dans le brouhaha sonore et interrompit la conversation des deux garçons.
« Qu'est ce qu'ils fabriquent les deux tourtereaux ? »
« Ils se sont peut-être perdus dans les couloirs… »
Quelques ricanements résonnèrent mais James fit un signe magistral pour faire taire tout le monde. On porta enfin attention au couple qui s'encadrait dans l'embrasure de la porte.
« Alors, comme ça, vous pensez que je ne suis pas capable de me retrouver dans Poudlard…. »
La voix de Line résonna dans le silence de surprise qui avait envahi la petite pièce puis enfin, tout le monde explosa d'un grand rire et James fit exploser un massif jet de confettis scintillants.
Au bout de deux bonnes heures, certains avaient encore quelques confettis enchantés dans leurs chevelures et Remus avait fini par jeter un sort d'insonorité en déclarant qu'il était hors de questions de se faire surprendre pour vacarme et de gâcher la petite fête de retrouvailles. Line rayonnait de joie et de bonheur dans les bras de Remus qui plongeait avec plaisir son visage dans ses cheveux parfumés. Sirius avait commencé au grand déplaisir de la plupart de gens à chanter à tue-tête. James avisa Lily Evans qui était restée un peu seule dans son coin, adossée près d'un vieux miroir au teint mat. Alors qu'il allait s'approcher d'elle pour lui proposer un verre, le maraudeur eut la mauvaise surprise de voir le visage de la jeune fille s'illuminer devant l'apparition aussi subite qu'inattendue d'un garçon aux cheveux bruns et à la peau un peu halée.
Ses yeux pétillaient de bonne humeur et Lily se mit à rire en écoutant quelque chose qu'il lui chuchota à l'oreille. Frustré, James repartit presque à l'autre bout de la pièce, jetant un furtif coup d'œil à l'impressionnante quantité de bierraubeure qui avait disparu ainsi qu'aux quelques bouteilles de Firewhisky. S'installant dans un fauteuil défoncé aux ressorts couinant, le jeune homme ôta ses lunettes avant de remarquer que les jumeaux Tolstoï qu'il avait déjà vus à l'action sur le terrain de Quidditch, envisageait sérieusement de jeter un sort à Ralph O' Connor qui se vantait depuis le début de la soirée d'appartenir à la meilleure équipe de Quidditch de Poudlard, c'est à dire Poufsouffle.
A sa montre, il était déjà minuit moins le quart et James jugea qu'il était plus que temps de plier bagages étant donné que les professeurs pourraient très bien passer dans le couloir. Et en effet, Remus se pencha par-dessus son épaule (étant donné que James s'était étalé de tout son long dans le fauteuil) et murmura à son oreille qu'il raccompagnait Line à sa chambre. Les deux amoureux s'éclipsèrent rapidement avant d'avoir à se justifier auprès des autres élèves et virent juste avant de partir que Sirius, maintenant monté debout sur une table, braillait aussi fort qu'il le pouvait (malgré sa voix totalement éraillée), un verre de Firewhisky à la main, une chanson parlant d'elfes, de trolls et pommes 1 .
xxx
La nuit était déjà fort avancée alors que les deux petites silhouettes progressaient à pas lents dans les allées dominées par des voûtes de pierre du château. Le froid du dehors commençait à se faire sentir et quand ils longèrent les allées du patio que la lune argentée inondait de ses rayons laiteux, Line s'arrêta lentement puis se retourna pour se blottir contre la poitrine de Remus qui la serra dans ses bras. Ils restèrent ainsi de longs instants sans prononcer un mot, seuls les mains de Remus longèrent le dos courbé de son amie, glissant au travers des lourds plis de sa cape qu'elle n'avait pas ôtée. Alors que le jeune homme passait ses bras autour de la fine taille de la Française, il eut un petit hoquet de surprise. Tous deux se redressèrent et Remus écarta d'un geste plein d'appréhension le manteau noir pour découvrir avec une surprise non feinte, un fourreau qui pendait à la ceinture de cuir de la jeune fille. Aussitôt, Line plaqua avec rapidité sa main sur le pommeau de métal avant que celle de Remus puisse s'y poser et elle eut un petit sourire contrit.
« Je t'avais dit que ça ne te plairait pas trop… »
« A vrai dire, je m'en doutais un peu, murmura Remus en soupirant. »
Le Gryffondor se recula et s'assit sur le petit muret en appuyant ses paumes sur la pierre froide où un léger liseré de gel brillait déjà. Un nuage de buée opaque s'échappa d'entre ses lèvres et le couple resta quelques instants à s'observer, remarquant les milles et un petits détails qui avaient changé l'image de leur amour depuis deux longues années. Remus observa l'uniforme de Line dont la veste en redingote cintrait sa silhouette fine et élancée. Les cheveux blonds cendrés de la jeune fille voletaient doucement autour de son visage et ses grands yeux verts papillonnèrent avant qu'elle ne se détourne de son regard et se dissimule derrière un pilier.
Le jeune homme se pencha en arrière et d'un geste souple et rapide, cueillit une petite fleur. S'avançant lentement jusqu'à la cachette de Line, il fut étonné de voir à nouveau ce visage, dévoré par l'anxiété à peine voilée tandis que le calme apparent qu'affichaient ses traits lisses et immobiles tentaient vainement et sans grande satisfaction de cacher ses craintes.
Remus embrassa la jeune fille et glissa la fleur à la boutonnière de la veste, entre la petite fente et le bouton doré. Puis ils continuèrent leur chemin, à moitié entrelacés, autant par plaisir que pour sentir l'autre frémir tout contre soi du froid.
« Où dors-tu ? »
« On m'a attribuait une chambre à part, juste à côté des appartements de mon mentor. »
« Ton ? »
« Oui, maintenant, je suis son apprenti et il a même accepté la demande de ma mère, c'est à dire devenir pour les années de ma formation, mon tuteur. »
« Tant mieux ! »
« Allez, ne sois pas jaloux, Remus, ça ne te va pas du tout ! »
« Je ne suis pas jaloux, rétorqua le garçon en lui volant un baiser alors qu'ils arrivaient dans le couloir tapissés de tentures représentant des paons. »
« A peine ! »
Line s'approcha lentement de sa porte et après avoir attendu quelques instants sans bouger, elle saisit la main de Remus qui ouvrit à sa grande surprise la porte d'un geste précipité en l'attirant contre lui.
« Mais puisque tu as une chambre à toi toute seule, autant apprécier à leurs justes valeurs les avantages de la situation. »
Line d'un geste machinal, referma la porte tandis que les mains de son ami courraient avec précipitation dans ses cheveux, son cou et que ses lèvres dévoraient avec une avidité ferme sa bouche. Son dos claqua la porte en s'appuyant tout contre et les deux jeunes gens se laissèrent tomber étendus sur le vaste lit dans la demi-pénombre. Remus sentait renaître en lui la flamme qui brillait aujourd'hui tel un brasier ardent alors que pendant de longs mois, il n'avait eu que l'impression de sentir en lui un tas de cendres fumantes. Le garçon laissa libre court à son désir et se plaça derrière le petit corps de Line pour l'éteindre vigoureusement. Son léger parfum effleura ses narines et il le respira avec délice, une petite ivresse balançant mollement sa tête. Mais alors qu'il glissait ses bras autour de la taille de la jeune fille, il eut à nouveau la désagréable sensation du lourd fourreau. S'arrêtant, il fut aussitôt stoppé dans son mouvement mais admira Line qui se redressa à genoux pour détacher l'épée qui ceignait sa taille. Elle se releva et la déposa au pied de son lit. Remus préféra alors s'allonger sur le lit, les bras derrière la tête, tandis que la douceur et la mollesse de l'oreiller commençaient déjà à le tirer vers le pays des songes. Son regard effleura Line qui de dos, détachait sa lourde veste.
« Dis-moi, Line, pourquoi et comment as-tu pu revenir à Poudlard ? Parce que je me doute que ton mentor n'est pas seulement nommé comme professeur… je me trompe ? »
« Ecoute, Remus, je n'ai pas le droit d'en parler. Je voudrais pouvoir tout te dire, ça soulagerait mon âme d'un poids bien lourd mais j'ai juré sur le secret…. Tu comprends…. »
« J'étais content de te revoir, Line. Mais quand je remarque le poids qui semble voûter tes épaules, je me demande si tu as fait le bon choix. »
« C'est mon choix, Remus, et … »
« Et je le respecte, ne t'inquiètes pas ! Je veux juste que tu saches que je serai toujours à tes côtés pour te soutenir… et pour t'aimer…. »
Les derniers mots de la déclaration un peu enflammée de Remus s'évanouirent dans un souffle et Line vint placer sa tête dans le creux de sa poitrine, juste en appui sur son épaule, et elle se blottit tout contre lui.
« Nous reparlerons de ça plus tard, tu veux bien… »
Pour toute réponse, il l'embrassa tendrement sur le front juste entre les deux fines lignes pâles de ses sourcils.
Ils seraient très certainement restés blottis ainsi toute la nuit sombrant dans un sommeil sans rêves, juste enchantés de sentir la chaude et douce étreinte de l'autre mais un bruit de pas étouffé parvint aux oreilles de Remus qui se redressa doucement pour ne pas déranger Line qui semblait dormir. D'un pas léger et souple, il abandonna le petit corps sur la couverture qu'ils n'avaient pas défait. Son ouie était affûtée telle une lame aiguë et il plaqua sa joue contre la porte qui se camouflait à moitié derrière une commode sur laquelle reposaient déjà une pile de livres et de parchemins ainsi qu'un petit sac de cuir.
Retenant son souffle, Remus sentit la main de Line s'appuyer sur ses épaules et la jeune fille se joignit à lui pour écouter attentivement les éclats de voix étouffées qui parvenaient de l'autre pièce.
« Yaltes, vous savez parfaitement qu'on ne vous a pas fait venir ici pour donner des cours ! Je ne vois pas pourquoi vous avez fait venir cette jeune fille…. »
« Il se trouve que Mademoiselle Darcey est mon apprentie et je suis aussi son tuteur légal. De toutes façons, je n'ai de compte à rendre à personne sauf à Dumbledore. »
« Justement, parlons en de ses bonnes idées de recrutements ! Si je peux comprendre qu'il ait fait appel à vous, étant donné vos capacités et la réputation qui vous suit, je suis bien plus sceptique pour cette…. »
« Dis qui voulez-vous parler ? »
A cet instant, ils n'entendirent qu'une personne se mouvoir rapidement dans la pièce et se laisser tomber apparemment dans ce qui devait être un fauteuil. La voix de l'inconnu qui discutait avec Yaltes était emportée et sourde, assénant chaque mot avec une relative brutalité.
« Cette femme… Je me demande déjà comment elle peut se débrouiller ainsi avec un tel handicap ! »
« Je ne connais pas personnellement le directeur mais je pense que s'il a fait appel à elle, c'est qu'il la considère comme compétente, déclara doucement la voix de Roland Yaltes. »
« En tout cas, elle n'est d'aucune façon au courant et elle ne doit pas être mise dans le secret. C'est ce qui a été décidé, conclut la lourde voix qui avait retrouvé un peu de calme. »
« Très bien, il en sera donc ainsi. »
« Avant que je ne vous quitte, j'ai entendu dire qu'un des professeurs permanents de Poudlard allait être remplacé. »
« Comment cela ? »
« Il semblerait qu'on lui ait offert de présider des conférences à l'institut de magie de Salem. »
« Je n'étais pas au courant. »
« Mais un remplaçant a déjà été trouvé. »
« Tiens donc… »
La voix du français se noya dans les ténèbres et Remus n'entendit bientôt plus que le souffle court de Line à son oreille. Une porte claqua et les pas qui foulaient le tapis se fondirent dans le silence nocturne. Tout à coup, Remus eut un doute et après avoir regardé furtivement Line, lui abandonna un baiser furtif à moitié déposé sur le coin de sa bouche puis se précipita aussi vite qu'il put vers la porte de la chambre. Alors qu'il disparaissait sans mot dire, il entendit quelqu'un pénétrer dans la chambre de Line qui ne pouvait être personne d'autre que Roland Yaltes. Remus reconnut d'ailleurs la voix qui s'exprima en français. Le Gryffondor se concentra pour tenter de comprendre les mots qui étaient échangés mais eut bien du mal, n'ayant plus utilisé cette langue depuis la disparition de son père 2 .
« Et bien, Line, je vois que tu t'es installée convenablement. »
« Oui, d'ailleurs, j'allais aller me coucher. »
Quelques instants de silence puis entendant la suite de la conversation, Remus pesta de n'avoir pas pris plus de précautions.
« Dis-moi, depuis quand possèdes-tu deux baguettes ? »
« Euh… C'est une de mes vieilles baguettes que ma mère m'a confiées quand j'étais petite avant d'en avoir une bien à moi. Je ne l'utilise plus que comme souvenir, en réalité. »
« Je te fais confiance, il ne serait donc d'aucune utilité de voir quel a été le dernier sort que cette baguette a lancé, n'est-ce pas ? »
Remus frissonna mais se rendit compte que la voix du professeur était plutôt amusée que fâchée. Il respira profondément, passa une main fébrile sur son front.
« Bonsoir, Line. »
« Bonsoir, chuchota doucement la voix fluttée de la jeune française. »
Quand elle se risqua à ouvrir à nouveau la lourde porte de sa chambre qui donnait sur le couloir obscur, elle ne découvrit rien mais aurait juré avoir entendu les pas légers et feutrés de Remus s'éloigner pour retrouver la tour de Gryfffondor.
fin du chapitre 5
(27 janv. 06)
Note de lecture :
1 : Petite référence à une chanson follement appréciée par les connaisseurs du Donjon de Naheulbeuk.
2 : Tout le dialogue qui suit entre Line et le professeur est censé être en françaix.
