Chers lecteurs, je suis désolée de ne pas m'être manifestée plus tôt pour expliquer le fait qu'il n'y a pas eu de chapitre il y a quinze jours. Pour cause de séjour prolongé l'étranger, j'ai préféré repousser la date de mise en ligne du chapitre. J'ose espérer que malgré le grand mécontentement (), la déception, le désespoir… (bref, ce que vous voudrez), vous excuserez ce choix. Voilà donc pour me faire pardonner le chapitre 6 en bon et due forme !
Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.
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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.
Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.
Auteur : Elizabeth.
Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.
Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.
Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).
Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.
Résumé du chapitre précédent : James qui a été nommé capitaine de Gryffondor s'efforce de trouver des joueurs potables. Alors qu'il pense y être parvenu, Daniel Payne lui apprend qu'il quitte Poudlard car sa mère souhaite qu'il retourne chez lui en Irlande : elle craint les menaces des mangemorts. Quelques jours plus tard, une étrange effervescence se répercute dans le château : Roland Yaltes qui est en réalité professeur de combat attend avec impatience son apprenti. Cet apprenti n'est autre que Line Darcey qui revient donc à Poudlard. Les maraudeurs organisent en son honneur une grande fête où de nombreux élèves sont invités. Pourtant, James passe une soirée mitigée, ayant vu que Lily Evans porte plus d'attention au nouveau et jeune préfet en chef, Joshua Brooks, qu'à lui-même. Alors que Remus raccompagne Line à ses appartements, il apprend que la jeune fille n'est pas venue sans motivations, bien qu'elle ne puisse lui révéler les raisons de sa venue. La voyant armée, le jeune homme se sent un peu déstabilisé mais se décide à la soutenir, sans savoir ce pourquoi elle et Roland Yaltes ont été mandatés. Mais les deux amoureux surprennent une étrange conversation entre Roland Yaltes et un dénommé Wace. Ils apprennent les doutes qui rodent dans le château et la venue d'un nouveau professeur.
Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :
De Saint-Armand Rose : Gryffondor, 6° année, préfète. D'origine française, se croit supérieure à tous.
Darcey Line : Ancienne Gryffondor venant de France et retournée dans son pays d'origine. Ses parents étaient impliqués dans l'Opération Pégasus. Grand amour de Remus, c'est une fille douée et déterminée malgré les doutes qu'elle dissimule au fond d'elle. Elle revient cependant à Poudlard en tant qu'apprentie de son tuteur, Roland Yaltes.
Bletchey Cassandre : Serdaigle, 7° année. Se pense intellectuellement supérieure aux autres et affiche toujours un certain dédain.
Johnson Andrew : Serdaigle, 7° année, poursuiveur et capitaine.
Rosier Evan : Serpentard, 7° année, préfet. Frère de Clara et petit ami de Lisa. Aspirant mangemort Un esprit pervers, retord et vicieux, avide d'imposer son ordre et sa force à tous ceux qui l'entourent. Sa haine envers Lily l'a déjà opposé à la préfète.
Lazitch Magdalene : Dite 'Maggy'. Elle se trouve à Poudlard par ordre de Dumbledore et dirige en temps normal une escadrille de flèches (l'élite des sorciers volant sur balais). Très sympathique sorcière avec beaucoup d'humour.
Lupin Armand : Père de Remus. Moldu français, médecin de sa profession qui est mort pour sauver son fils des griffes d'un loup-garou.
Mandrake Delwin : Nouveau ministre de la magie qui occupait auparavant le haut poste de ministre des accidents et catastrophes magiques.
Prenzweller Kathia : Ancien professeur de combat qui est sous une malédiction. C'est la mère de Line qui aurait d'ailleurs été chargée par Dumbledore d'établir une liste de certains élèves : l'opération Pégasus.
Quirke Julius : Ancien professeur de défense contre les forces du mal et père de Line.
Yaltes Roland : Professeur de combat venant de France et tuteur de Line
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LE REQUIEM DE L'ESPOIR
3 Le réveil des légendes.
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Chapitre 6 : FACE CACHÉE.
James regretta péniblement le goût amer qui envahit sa bouche dès son réveil et bien qu'il ait pris soin de consacrer quelques bonnes minutes à ses ablutions matinales, la désagréable sensation ne l'abandonna pas. Pourtant, cela n'avait rien à voir avec le désastre que présentait Sirius au réveil. Si le jeune Potter avait l'habitude d'écouter, sans pouvoir s'empêcher d'ajouter un soupir blasé et un vague soulèvement d'épaules, les commentaires mesquins de son reflet dans le miroir, ce matin, en découvrant Sirius, James eut une pensée compatissante pour son meilleur ami.
Le jeune Black avait ses cheveux mi-longs qui rebiquaient affreusement dans son cou et ses traits tirés attestaient principalement de la courte nuit qu'il avait dégustée. Chacun avait au gré de sa fatigue abandonné ses affaires à travers la chambre et Sirius ayant dormi sur les vêtements qu'il avait jetés sur son lit, se réveilla en baillant, les plis de sa chemise marqués sur ses joues. Peter le lui fit impitoyablement remarquer mais le jeune homme pour toute réponse, grogna puis disparut dans la salle de bains. James enfilait son pull quand son regard se porta sur le lit impeccablement fait dans le coin de la petite pièce. Les couvertures n'étaient même pas chiffonnées et la rectitude du drap plié sur la courte-pointe attesta que Remus n'avait pas dû dormir dans son lit. James eut un petit sourire narquois, enfila ses lunettes et sortit de la chambre rejoindre Peter qui s'impatientait.
Dans la grande salle, les élèves comblaient déjà rapidement les tables et en apercevant une partie du groupe des maraudeurs arriver, quelques jeunes étudiants se serrèrent un peu plus sur le banc sans que James n'y prête vraiment attention. Le courrier arriva au moment où il s'appliquait à étaler du beurre sur son toast ; son hibou replia ses ailes sous lui et vint se placer aux abords de son assiette avec une attention toute particulière pour son bacon encore luisant de graisse. Un rapide de coup d'œil de Peter mesura les ambitions de l'oiseau qui lui offrit en retour un clignement de ses yeux ambrés. James Potter déplia avec une petite appréhension nouant sa gorge les fines feuilles couvertes d'encres. La délicate tâche de lire le journal revenait plutôt à Remus qui, avec son flegme, savait parfois limiter le dégât des mauvaises nouvelles sur son auditoire. Mais même si Sirius venait de se joindre à eux avec un grand sourire découvrant ses dents, pas l'ombre du loup-garou à l'horizon.
« Alors, quoi de neuf, demanda son meilleur ami à James en dévorant à pleine dents une saucisse. »
« Rien d'exceptionnel, marmonna le gryffondor en survolant un article qui encensait la victoire du club de Flaquemare. »
Puis son regard contourna le rebord de ses lunettes pour voir en double page, un long article rédigé par un éminent journaliste que le jeune homme savait parfaitement acquis à la cause du ministère. Ses écrits se faisaient l'illustration des nouvelles doctrines de Mandrake et sa prose alléchante attirait plus d'un lecteur à acquiescer du nez devant des propos qui portaient pourtant à réfléchir par leur implication. Le ministère lançait un appel à témoin aux malheureux qui avaient assisté au désastre du chemin de Traverse pour retrouver une jeune personne ayant fait la démonstration de ses talents et ayant sauvé la vie d'un homme. L'éloge de l'article camouflait avec malice les attentions des agents ministériels qui déclaraient vouloir récompenser par une marque de reconnaissance tout particulière un tel acte de courage.
James haussa les épaules en se disant que le mage de guerre qui avait réussi à ordonner quelques sorciers valait certainement mieux que cette inconnue…Puis tout à coup, un doute l'envahit, ses pensées se percutèrent pour former un étrange chaos d'où ressortit une idée quelque peu angoissante qui lui procura un long frisson glacé dans le dos. Et si cette jeune femme qu'on cherchait n'était autre que…Non, c'était impossible ! Et pourtant…
D'un geste malhabile, il abandonna la Gazette du Sorcier, plaqua sa main sur sa bouche puis ôta ses lunettes pour blottir ses orbites dans ses mains tremblotantes. James lui-même n'avait pas assisté à la scène mais tout portait à croire, d'après le témoignage de Sirius, que la jeune fille recherchée par le ministère n'était autre que Lily Evans.
« James, ça va ? Tu n'as pas l'air d'être en forme, murmura une voix douce à son oreille. »
Le maraudeur releva la tête et porta son regard embrumé, ses lunettes toujours recroquevillées dans sa main droite, sur le visage pâle mais souriant de Remus Lupin. Le nouveau venu paraissait tout à fait frais et dispos, et surtout de bonne humeur.
« Et bien, il y en a qui ne perde pas leur temps, déclara Sirius, le menton appuyé sur ses mains jointes en arcs de cercle. Bien dormi, Monsieur Lupin ? »
« Parfaitement bien, rétorqua le jeune amoureux en plissant des yeux. »
Le trouble de James disparut et ce dernier fut rassuré que l'arrivée de Remus ait diverti son malaise devant les autres.
Alors qu'ils arpentaient les couloirs, James se fustigea mentalement en se rendant compte qu'il cherchait la préfète en chef du regard, ne prêtant pas attention aux élèves qui venaient à contre-sens. Les maraudeurs se pressèrent dans le grand hall pour sortir et se rendre auprès des serres où avait lieu leur cours de botanique. Dans l'escalier, le sac de James lui échappa d'ailleurs des bras et ses affaires dévalèrent les marches, parsemant les pierres disjointes et moussues de plumes, parchemins et même d'un flacon d'encre qui explosa et macula le sol de taches sombres. James s'arrêta et déclara à Sirius et Peter de ne pas l'attendre. Les deux septièmes années s'exécutèrent et disparurent en compagnie de quelques serdaigles.
Remus s'accroupit aux côtés de James et l'aida à enfourner rapidement dans son sac un livre écorné que la bibliothécaire se ferait une joie sans borne de pénaliser et réprimander. Le nouveau préfet de Gryffondor fit glisser sa courte baguette entre ses doigts et une pluie d'étincelles apparut. Le flacon d'encre bouché d'un petit cachet de cire brune vint retrouver sa main gauche et James s'apprêtait à s'en saisir quand les doigts fins de son camarade se refermèrent sur la bouteille en verre. Etonné, James leva un sourcil et découvrit avec étonnement que le souriant et paisible visage de Remus s'était barré d'un méchant pli sur son front.
« Qu'est-ce qu'il y… »
« James, j'ai bien peur de m'être fait des illusions, souffla Remus avec discrétion en passant son bras au coude de James pour l'inviter à se relever et le suivre. »
« Comment ça ? »
« Line… Elle n'est pas revenue pour rien, James, si tu veux mon avis. Mais elle a refusé de m'en dire plus. »
Ils se dépêchèrent le long du petit chemin herbeux qui zigzaguait entre quelques bosquets d'arbustes et des buissons qui abandonnaient leurs feuilles au gré du vent mordant. James parut surpris en écoutant les révélations de Remus qui l'abandonna devant le regard réprobateur du professeur Chourave.
James lorgna vers Sirius et le découvrit assis à la table de Lily Evans. Il bougonna puis finalement, se détourna pour se diriger vers le mur vitré de la serre. S'asseyant en compagnie de Remus aux côtés de deux Serdaigles, ils enfilèrent leurs gants et entreprirent avec labeur d'effectuer le travail demandé. A leur table, Andrew Johnson semblait plus intéressé pour parler Quidditch avec James (même s'ils étaient tous les deux sévèrement concurrents, chacun nouveau capitaine de sa maison respective). Cassandre Bletchey n'adressa la parole à aucun d'entre eux et se contenta, avec un soin appliqué et méticuleux, de faire une bouture du Cynorhodon qui agitait ses branches devant ses lunettes. James, déconcentré par les questions du Serdaigle qui voulait connaître son opinion sur les nouveaux joueurs de Poufssouffle, perdit son flegme et une branche aux épines effilées vint lui lacérer furtivement le visage. Il poussa un grognement sourd et administra un coup de sécateur vengeur à la plante dont les rameux se rétractèrent aussitôt. Il n'allait quand même pas non plus laisser un vulgaire arbrisseau dicter sa loi. Un nouveau coup de sécateur vint à bout de l'ennuyeux.
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Lily passa distraitement ses mains un peu terreuses sur le rebord de la manche de sa cape et pénétra enfin avec son habituel plaisir dans la salle de cours d'enchantements. Elle s'y sentait si bien, parfaitement à l'aise dans ce chambard sympathique qui donnait tout son charme à la grande et quelconque salle de cours du petit professeur Flitwick. Un gros tas de coussins en soie, brodés et pourvus de pompons, trônait en pile désordonnée dans le fond de la pièce. Lily sourit en se souvenant des cours de quatrième année où ils avaient étudié le sortilège d'attraction. Une guirlande en papier ouvragé voletait à travers les rangs et avec malice, la jeune fille la renvoya sur le bureau se lover autour du pied de la lampe.
Pourtant, au grand étonnement des élèves, ce fut la directrice adjointe suivie de Line qui traversa la salle pour monter sur l'estrade, les pans de sa robe écossaise effleurant le sol. La jeune française avait les mains dans le dos et observait avec minutie les gryffondors. Quand les chuchotements interrogateurs eurent cessé, Minerva McGonngal toussota et expliqua, avec une certaine gêne dans sa voix d'habitude si ferme, l'absence du petit professeur d'enchantements.
« Voyez-vous, le professeur Fitwick s'est vu offert par l'Institut de Salem de participer à quelques conférences. Ce sont des choses qu'on ne refuse pas. C'est pourquoi notre directeur s'est empressé de trouver un remplaçant qui, je le souhaite, saura parfaitement vous préparer à vos examens. Je tiens aussi à vous faire part d'une nouvelle qui devrait réjouir nombre d'entre vous, je l'espère. Miss Darcey, qui était parmi nous il y a deux ans, m'a demandé à pouvoir poursuivre sa septième et dernière année d'étude ici même à Poudlard. Ce que j'ai évidemment accepté. Voilà ! »
Lily sentit que la directrice de Gryffondor n'était pas très à l'aise avec toutes ces étranges nouvelles. La femme avait les lèvres pincées et ses yeux fuyaient derrière la monture en écailles de ses lunettes. Elle invita Line à se joindre aux élèves et la jeune fille choisit de s'asseoir à côté de Lily qui en fut agréablement surprise. A ce moment, un inconnu franchit le seuil de la salle et toussota pour faire remarquer sa présence. La directrice adjointe se retourna et l'avisant, le salua poliment avant de disparaître dans le couloir. L'homme franchit avec une agilité surprenante les quelques mètres qui le séparaient du bureau encombré de paperasses et d'objets divers.
Aux paroles de la directrice, Lily avait eu un petit pincement au cœur. Les enchantements étaient sa matière préférée, dans laquelle elle excellait, et depuis sa toute première année, la jeune fille vouait une attention et une admiration sans bornes au petit professeur Flitwick qui lui avait tant fait aimer la magie. C'est donc avec une moue déçue mais curieuse qu'elle lorgna le nouveau venu, gardant une position immobile, les bras croisés sur le livre posé sur sa table.
Le regard de l'homme était perdu dans une longue frange de cheveux châtains qui mangeait à moitié son front et ses yeux invisibles. Les bras croisés sur la poitrine, il s'était assis négligemment contre le bureau et un sourire tordu parcourut ses fines lèvres. La préfète en chef sentit un vague malaise poindre de tous côtés et posa doucement ses mains sur ses genoux, la tête baissée. Ses pensées s'envolèrent, se croisant en tout sens, sans vraiment de raison. La voix grave et chaude de l'homme retentit et la jeune fille ferma les yeux pour rester concentrée.
« Bien, comme vous l'a expliqué votre directrice, je vais vous dispenser mon savoir en enchantements. Je vous préviens que la plupart d'entre vous risque de trouver quelque peu difficile ce que j'attends de septièmes années mais pour vous rassurer, je vais tout de suite vous expliquer que ce n'est qu'un strict minimum bien ridicule. Je m'appelle Owen Greylake et autant vous le dire tout de suite, je serai impitoyable… »
A ces moments, il passa rapidement derrière le bureau, fit disparaître d'un geste léger les affaires du professeur Flitwick. Lily mâchouilla méchamment sa lèvre inférieure de rancœur en voyant cet inconnu prendre ainsi possession de la pièce. Il déroula un parchemin et commença à appeler les élèves qui levaient ainsi, mal à l'aise, la main en l'air. Le ton du nouveau professeur était un peu badin et parfois moqueur, Lily fronça les sourcils à chaque fois qu'il écorchait un nom.
« Bien, ai-je appelé tout le monde ? »
« Monsieur, je ne suis pas sur la liste, expliqua simplement Line en regardant l'homme droit dans les yeux qui étaient voilés par sa chevelure. »
« Tiens donc… Et comment se fait-il, Miss ? »
« Line Darcey, monsieur. Je suis l'apprentie du professeur Yaltes. »
« Je vois, déclara le professeur qui regarda attentivement l'uniforme assez sobre, noir et rouge à la boutonnière dorée, de la jeune fille. Je verrais cela avec lui, marmonna l'homme qui abandonna avec négligence le bureau pour se placer devant le tableau noir. »
Le trouble de Lily continuait de monter et elle se demandait bien à quoi cela pouvait être dû. La haute et fine silhouette de l'homme trahissait un sentiment de malaise dans la salle et pourtant, quand la préfète regarda ses camarades, aucun d'entre eux ne semblait ainsi bouleversé. Ravalant sa salive, elle se rendit compte que Line la scrutait d'un regard interrogateur, comme si son malaise était visible dans ses grands yeux verts.
« Pouvez-vous me dire quel est le contre-sort du sortilège de dissimulation ? »
Une poignée de mains se leva et les questions continuèrent ainsi à fuser tandis que peu à peu, les élèves commençaient à comprendre la stratégie du professeur. Les questions devenaient de plus en plus difficiles, piégeant d'abord les inattentifs puis les incertains. Sirius Black, qui était pourtant un sévère concurrent de Lily en cette matière, échoua sur le sortilège de confusion. Enfin, Lily resta la seule à lever désespérément la main. L'homme fit un geste de la tête et ses cheveux châtains se mouvèrent souplement pour révéler enfin un regard vert, perçant et décidé. Lily déglutit en entendant le professeur l'interroger mais elle ne perdit pas sa concentration.
« L'enchantement de projection spectrale permet de projeter l'essence d'un objet ou d'une personne de façon temporaire. Cette technique nécessite une grande domination de sa magie car il est souvent tentant de s'oublier et de prodiguer au spectre plus d'énergie et de magie qu'il en sollicite. Toutefois, le spectre n'a pas d'existence matérielle. »
« En êtes-vous si sûre, Miss… Evans ? »
La question d'Owen Greylake déboussola Lily qui n'était pas habituée à se voir ainsi réfuté dans ses réponses. Sa voix trembla alors qu'elle allait continuer une phrase puis finalement, son souffle mourut. L'homme fit un sourire narquois et après s'être redressé, fit quelques pas sur l'estrade d'un air satisfait.
« Mais, Professeur, si l'on considère les études de Gregorovitch,… »
« Laissez Gregorovitch en paix, Miss. »
« Pourtant, il a exposé à plusieurs reprises que l'implication d'une trop grande quantité de magie avait des conséquences… »
« Avez-vous lu les travaux de Sir Léopold Gayed ? Non ? Comme c'est dommage ! Sinon, vous sauriez que cette thèse a été réfutée depuis longtemps ! »
Un petit rire de gorge se fit entendre et Lily qui était restée de marbre jusqu'alors, se mit à frissonner en se rendant compte que le professeur lui-même se permettait de se moquer ainsi ouvertement d'elle. Mortifiée, la jeune rousse sentit les regards entrecroisés que lui jetaient ses camarades, lourds d'interrogations et d'étonnement. Pourtant, ce qui l'avait le plus dérangé, c'était le ton de l'homme ! Il avait voulu la piéger et y était parvenu sans grande difficulté. Cette voix masculine chaude mais subtile de nuances marquait parfaitement ses pensées.
« Bien, maintenant que je vois à peu près ce que vous savez… Sachez que c'est malheureusement bien peu pour quelqu'un de dix-sept ans ! Non vraiment, je suppose qu'aucun de vous n'est apte à me présenter un sortilège majeur de première catégorie ? »
Lily détourna alors la tête et découvrit que Line avait dressé avec raideur sa main en l'air.
« Professeur, vous ne nous considérez comme incapable d'un sort majeur de première catégorie mais pourtant, les élèves de cette classe ont appris le sortilège du patronus en cinquième année. »
Lily eut un petit sourire en réalisant que Line parlait en réalité de l'enseignement que leur avait dispensé son père il y avait deux ans. Owen Greylake quant à lui, poussa un soupir qui souleva sa frange qui voilait comme à son habitude ses yeux puis d'un geste distrait, il rabattit ses cheveux trop longs en arrière et découvrit ses yeux verts plissées par l'hypocrisie tandis qu'un sourire perfide et moqueur arquait ses lèvres blêmes.
« Et bien, puisque vous prétendez si bien y parvenir, je demande à deux volontaires de venir faire la démonstration de leurs extraordinaires talents ! »
Line n'avait pas attendu la fin de la phrase et se redressa, sa baguette déjà à la main qu'elle avait dégagé de l'attache de tissu qui la suspendait à sa taille. Puis finalement, un léger brouhaha au fond de la salle chuinta quand Sirius Black se dirigea lui aussi vers le tableau, remontant ses manches avec décision. Il haussa les épaules en voyant le regard interrogateur de Remus puis fit un clin d'œil malicieux certainement destinée à James Potter. Sirius était bien décidé à montrer à l'autorité professorale combien elle se trompait. Le professeur s'écarta pour le laisser passer et s'adossa nonchalamment contre un pilier mural, les bras croisés sur sa poitrine, regardant la scène d'un regard ennuyé, presque prêt à bayer.
« J'espère voir autre chose d'un vulgaire nuage de poussière, lança Greylake avec un sourire amusé vers Line qui en guise de réponse plissa le nez de dédain. »
Sirius commença par faire apparaître un léger nuage de paillettes argentées et Lily retint sous son souffle. Elle savait que le maraudeur était parfaitement capable de former un patronus, elle en avait fait la douloureuse découverte l'année passée. Après tout, Black était parvenu à repousser dans les limites du raisonnable un troupeau assoiffé de mort-en-plis, la préfète ne voyait pas ce qui pourrait venir troubler sa démonstration. Quant à Line, la jeune française avait déjà démontré en cinquième année son incroyable capacité à former un patronus corporel. Les doigts de Lily s'entortillèrent dans les plis de sa jupe et elle se concentra sur les deux gryffondors. Alors que le nuage du jeune homme prenait forme, Lily vit le professeur lever sa baguette et prononcer quelques mots d'une formule à moitié bredouillée en latin. Rien ne se passa d'abord puis tout d'un coup, un courant d'air froid envahit la salle et la lumière devint plus sombre. Quelques bougies accrochées au grand lustre suspendu au plafond s'éteignirent pour laisser s'échapper mollement quelques rubans de fumée nacrée. Il y eut un gémissement et le patronus de Sirius qui commençait à prendre forme disparut, comme emporté par le vent. Le visage du jeune homme devint livide, ses yeux brillèrent dans l'obscurité d'une lueur inquiète et quelques mèches de cheveux noirs vinrent se plaquer de sueur sur son front alors qu'il reculait d'un pas malhabile, la baguette pourtant fermement serrée dans le poing.
C'est alors que Line se décida à intervenir : la française fit un geste ample du bras droit et pointa sa baguette en l'air. Une fine raie de lumière apparut, scintillant dans la pénombre qui nimbait d'ombres inquiétantes les murs. Puis, la poussière argentée devint aveuglante et une fine épée parcourue de flammes tremblotantes se discerna devant la sorcière. L'air décidé de la jeune fille finit par agacer le professeur qui était resté parfaitement calme pendant toute la démonstration. Il claqua des doigts et l'étrange phénomène disparut aussi vite qu'il était apparu. Le patronus de Line flottait toujours devant elle et tournoyait comme si des mains invisibles avaient manié l'épée à la recherche d'un ennemi jusqu'alors introuvable. Le succès de Line lui avait pourtant coûté cher car Lily s'aperçut que la française conjurait rapidement son sort et s'appuyait au rebord du bureau tandis que de la sueur dégoulinait le long de ses tempes. Sirius qui s'était plaqué contre le tableau, apparemment incapable de contrôler son patronus, se redressa en tremblant et le professeur lui ordonna de regagner sa place.
« Voici une démonstration de vos hypothétiques talents, Monsieur Black. Si vous aviez été face à un démentor par exemple, je n'aurai pas donné cher de vous. »
Le maraudeur s'apprêtait à protester mais James Potter lui décocha un sec coup de coude dans les côtés qui fit pousser un petit grognement sourd au jeune homme. Sirius Black replaça une mèche de cheveux trempée derrière ses oreilles puis finit par hausser les épaules. Owen Greylake se tourna ensuite vers Line qui avait rejoint sa place en chancelant et prit la parole après avoir lancé un regard satisfait à l'assemblée.
« Par contre, Darcey, je suis surpris de vos capacités… Former un patronus corporel est en effet assez impressionnant pour une jeune fille comme vous mais je pense que vous avez compris les limites de votre détermination, il me semble. »
Line lança un regard sombre au professeur et se détourna quand Lily posa avec douceur sa main dans le creux de la manche de la jeune fille. La fin du cours sonna quelques minutes plus tard et alors qu'ils attenndaient silencieusement dans le couloir, les serpentards de troisième année furent tout de même surpris de voir les gryffondors déguerpir aussi rapidement de la salle de cours. Lily resta aux côtés de Line qui reprenait son souffle alors que Julia et Mary se frayaient un chemin à travers la foule mouvante. L'apprentie se mit à tousser violemment et la main qu'elle porta à sa bouche se macula d'un crachat de sang vermillon. Lily agrippa à nouveau l'uniforme noir et rouge de Line qui fit un petit sourire.
« Tu es sûre que ça va, Line, demanda Lily avec empressement. »
« Oui, je t'assure… Ca devrait passer… C'est juste que tout ça m'a demandée pas mal d'énergie… »
Lily vit Julia froncer les sourcils devant la réponse de la française et Mary s'écarta quand Remus Lupin, après avoir bousculé quelques premières années, se faufila près d'elle. Ses yeux gris scrutèrent le visage de Line avec attention et il tendit sa main vers elle. Voyant les maraudeurs se porter vers leur camarade, Lily préféra disparaître rapidement dans la foule.
Le cours l'avait brutalement plongé dans le doute. Cet Owen Greylake paraissait tout avoir de l'être agaçant qu'il semblait être : sarcastique et moqueur, ses remarques perfides avaient blessé Lily dans son amour propre. Mais surtout, ce qui l'étonnait le plus était d'avoir été mal à l'aise dès le début de leur confrontation, avant même que l'homme ne fasse illustration de ces étranges talents. En revoyant la quasi panique de Sirius et le visage aux traits tirés de Line sous la concentration sans compter ce sang qu'elle avait craché, la préfète frissonna et se demanda ce que cet homme pouvait trouver de si amusant à les ridiculiser. Sans se l'avouer, la jeune fille était resté paralysée de peur quand ce souffle ténébreux avait envahi la pièce et soufflé toute lueur d'espoir de retourner un jour à la lumière.
La jeune fille espérait retrouver un peu de calme et de gaieté dans la salle commune des gryffondors. Pourtant, les conversations allaient bon train entre les petits groupes postés aux abords de la cheminée où brûlaient déjà quelques bûches dans le foyer. Les hautes tapisseries aux couleurs écarlates faisaient resplendir leurs motifs brodés lorsque les flammes s'élevaient dans l'âtre et éclairaient ainsi la pièce circulaire. Lily s'abandonna sur un banc et se saisit d'un livre dans son sac pour en prendre quelques notes. La fin de la journée aurait très bien pu se terminer dans cette atmosphère bonne enfant que seuls les crépitements des braises et les bruissements de conversation troublaient. Pourtant, un petit groupe plus bruyants que les autres passa par le portrait de la grosse dame et se mit à papoter fermement. La préfète en chef s'abstint d'abord d'y prêter attention et se contenta de tourner ses pages parcheminées avec concentration, sa plume grattant doucement son manuscrit.
« Non franchement, je ne sais pas pour qui il se prend ! Vous vous rendez compte qu'il a osé me demander de sortir avec lui ! »
La voix était haute perchée et détachait les mots avec une âpreté peu commune. Lily finit par abandonner sa plume qui répandit d'ailleurs une grosse tache sombre sur ses notes mais elle n'y prêta plus attention quand la voix féminine reprit son discours.
« Qui voudrait d'un garçon pareil ? Après tout, il a beau être mignon, ses parents sont des moldus… »
La préfète en chef se détourna de son siège et se redressa avec raideur pour découvrir une jeune fille de sixième année au visage pâle, ses cheveux châtains parfaitement lisses et tandis qu'elle continuait de parler, Lily fit quelques pas en serrant les dents.
« Excuse-moi, je pourrais savoir de qui tu parles ? »
La jeune fille à qui s'était adressée Lily lui adressa une moue boudeuse en découvrant les immenses yeux verts de la préfète en chef devant elle. Rose de Saint-Armand fit un petit pas souple en arrière comme pour ne pas être trop proche de la rouquine et le sourire suffisant qu'elle offrit à ses camarades de sixième année déclencha l'irritation de Lily.
« Saint-Armand, je ne sais pas de qui tu parles mais je te prierais d'éviter d'avoir de telles considérations… ou tout du moins de garder ce genre de remarques pour toi. »
« Pourquoi, rétorqua la jeune fille. Je ne fais qu'exprimer la vérité ! »
« Ce n'est pas la vérité, grogna Lily, mais un simple point de vue… »
« Et cela te dérange ? Je ne suis après tout pas la seule à penser ainsi. Oh… mais j'oubliais, c'est vrai que tes parents sont … des moldus, eux aussi. Comme je suis désolée ! »
Et Rose de Saint-Armand ricana discrètement tandis que certaines personnes commençaient à s'attrouper pour voir ce qui se passait. Lily serra les poings mais elle garda un calme relativement apparent.
« Je crois que dix points de moins pour Gryffondor permettrait à chacun ici de se remettre les idées en place ! »
Rose de Saint-Armand s'offusqua et commença à crier au scandale. Autour des deux jeunes filles, les chuchotements se faisaient sonores et certaines remarques mesquines commencèrent à voler. Rose de Saint-Armand était en effet préfète de Gryffondor mais la jeune Evans, qui était préfète en chef, était bien décidée à ne pas se laisser marcher ainsi sur les pieds par une petite arrogante.
« Tu n'as pas le droit, Evans ! Même si tu es préfète en chef… D'ailleurs, on se demande comment tu as fait pour parvenir jusqu'à ça ! »
« Silence, cria Lily avec une dureté inhabituelle. »
La jeune fille sentait qu'elle perdait le contrôle et qu'au fond d'elle, recommençaient à pointer ses douloureux souvenirs : les remarques déplaisantes, les violences et les blâmes d'Evan Rosier. La verve de Rose ne faisait qu'attiser le brasier qui dormait sournoisement dans la poitrine de la préfète en chef.
« Dix points de moins pour Gryffondor, Saint-Armand, et une retenue ! »
Parmi les voix, des spectateurs commencèrent à fuser des sifflets et des récriminations contre la préfète en chef qui ôtait des points à sa propre maison. Le visage de Rose avait perdu son calme et voyant que la situation allait lui échapper, elle apostropha quelqu'un que la conversation pourtant bruyante avait laissé de marbre, assis dans le contre-fort près de la fenêtre.
« Hé, Lupin ! Toi qui est préfet, dis à cette idiote qu'elle ne peut pas me mettre une retenue ! »
Remus se redressa et son visage prit alors un air songeur. Il se leva et s'avança jusqu'au milieu du petit cercle, les mains glissées dans ses poches, plus par inattention que par négligence ou style.
« Ecoute, Rose, les préfets en chef sont autorisés à ôter des points, je n'y peux rien. »
« Mais… cette sale sang de bourbe ne veut pas admettre que les enfants de moldus sont… »
A ce moment là, les yeux de Remus se voilèrent et Lily remarqua qu'il grandissait sa stature avec raideur. Il saisit d'une main ferme le poignet de Rose qui se débattit et cria qu'il était entrain de le lui tordre. Les mâchoires serrés, le garçon relâcha son étreinte et ses mots amers résonnèrent dans la salle alors qu'il forçait sa congénère à le regarder dans les yeux.
« Ecoute-moi bien… Tu es libre de penser ce que tu veux mais ne t'avise pas de reparler des enfants de moldus sur ce ton devant moi… »
Puis dans un souffle court, il cracha une dernière phrase et disparut d'un pas vif, abandonnant Lily aux élèves anxieux qui observaient la dispute depuis quelques minutes. Elle entendit juste la grosse dame pousser quelques exclamations véxées alors que le maraudeur sortait de la tour de Gryffondor. Puis les mots résonnèrent dans sa tête :
« Mon père était un moldu… »
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James fit basculer son télescope d'un geste adroit et glissa avec soupir ses lunettes dans ses cheveux avant de pouvoir scruter le ciel obscur. L'œil gauche fermé, son visage marquait sa concentration tandis que la voix sonore du professeur d'astronomie retentissait en haut de la tour. Il abandonna quelques instants son observation pour noter la position d'une étoile et reprit rapidement son travail. Alors que sa paupière papillonnait devant l'objectif, il vit une pluie d'étoiles multicolores apparaître dans sa longue-vue et rebondir en couleurs chatoyantes. Agacé, il se redressa sur le tabouret, fit un quart de tour et appuya avec un rictus d'une main ferme sur la tête de Sirius qui était occupé à projeter des étincelles multicolores devant le télescope de son meilleur ami. Black grogna et la pointe de sa baguette se dirigea méchamment vers le visage stupéfait de James.
« Hypnoticus occis ! »
Un bruit retentit et lorsque James ôta ses lunettes de son front, il découvrit avec accablement qu'un de ses verres présentait une spirale noire et blanche qui tournait sur elle-même.
« Magnifique, grogna t'il à l'adresse de Sirius qui ricanait tandis que le professeur Sinitra exposait l'angle d'incidence de la troisième lune de Jupiter. Arrange donc ça au lieu de rire ! »
Reprenant son travail, il tenta de calculer la rotation de Saturne face à la trajectoire d'une astéroïde mais finit par abandonner. Il avait du faire une erreur quelque part, le résultat était totalement aberrant. Son regard finit par se diriger vers Lily Evans qui se trouvait sur la façade Nord, une de ses mains posée légèrement sur la lunette métallique tandis qu'elle prenait des notes furtives de l'autre. Malheureusement pour lui, le professeur vint se planter devant lui et lui demanda pourquoi il restait ainsi le nez en l'air.
« Je sais que nous sommes en cours d'Astronomie, monsieur Potter, mais ce n'est pas une raison pour être dans la lune ! »
Sur ce jeu de mot que James aurait qualifié de ridicule, le cours se termina et les gryffondors repartirent dans les couloirs du château d'un pas vif, pressés de retrouver leurs dortoir. Les maraudeurs traînaient l'allure comme à leur habitude, adeptes des coups fourrés mais Remus était plus occupé par les yeux de Line. La jeune fille se pencha à l'oreille du maraudeur avec un sourire complice.
« Yaltes n'est pas là ce soir, il devrait revenir tard. Tu veux venir ? »
Le regard pétillant de la française eut raison de l'hésitation de Remus qui d'un acquiescement discret accompagné d'un sourire, accepta l'invitation. Ils abandonnèrent donc discrètement le petit groupe et Sirius en profita pour se récriminer d'un ton théâtral sur la cohésion de leur petit groupe qui partait à l'eau.
« C'est vrai, quoi ! Ha, si en plus de cet hurluberlu, Peter se mettait à avoir une petite amie, ça serait la fin de notre belle amitié, soupira Sirius les épaules voûtées. »
« Qu'est ce que tu veux dire, demanda Peter, d'un ton circonspect. »
« Aucune importance, Peter, s'exclama le jeune Black avec un rire de gorge. »
Quelques mètre devant le trio, les filles avançaient d'un pas alerte et discutaient assez vivement. James contempla Lily Evans qui tenait ses livres sur sa poitrine et finit par détourner le regard en haussant les épaules. Pourtant, les maraudeurs manquèrent bien de bousculer les trois filles qui s'étaient arrêtées au croisement du couloir. James fit signe à Peter de cesser de protester et il tendit l'oreille alors que Mary Bones s'adossait fermement contre le mur, les bras le long du corps. Une conversation à moitié étouffée leur parvint aux oreilles.
« Ecoutez…Vous savez que ce n'est pas possible ! Vous avez bien remarqué ce que certains d'entre eux pensent de moi, comment pourrais-je m'y joindre ? »
« Voyons, je suis sûr que votre talent pourrait nous être grandement utile. »
James reconnut une voix féminine un peu voilée et l'agaçant accent français du professeur de combat.
« Regardez, même vous !…Si vous ne me considérez pas comme une incapable, vous ne pensez même pas à moi en temps qu'être humain ! »
« Absolument pas ! Ce n'était pas ce que je voulais dire… »
« Prenez ce Greylake par exemple. Lui aussi ne fait pas parti de vos petites manigances, si je ne me trompe. Alors pourquoi m'acculer ainsi à une décision ? Je suis libre de ne pas m'impliquer, il me semble, répondit froidement la femme. »
Le jeune Potter était suspendu à la conversation et eut un sursaut en entendant des pas lourds résonner dans le couloir. Il se retourna brutalement et bouscula Julia qui se rattrapa à Peter qui poussa un glapissement et tomba au sol. Alors que Sirius l'aidait à se relever, James qui ramassait un des ses livres tombés à terre, découvrit devant ses yeux une paire de lourde botte crottée. Avalant sa salive avec difficulté, il se redressa rapidement pour découvrir un homme de haute taille, l'air sévère et presque furieux le fustiger du regard. Son regard perçant le fixa et James en profita pour se mémoriser ce faciès si particulier. Il aurait juré avoir déjà croisé cet homme : ses cheveux roux et épais, son air renfrogné ainsi que la cassure de son nez étaient des éléments assez inhabituels pour qu'on puisse aisément se souvenir de lui. L'inconnu observa le petit groupe avec dépit avant de prendre la parole. Mais alors qu'il s'apprêtait très certainement à les réprimander sévèrement, Sirius poussa un petit cri en voyant la seconde personne qui accompagnait l'homme sortir de l'ombre.
« Ho, Maggy ! C'est vous ? »
« En effet, Black, ajouta avec un sourire la jeune femme en entortillant distraitement une mèche de cheveux noirs sur son front. »
« Qu'est ce que vous faites là, demanda Sirius avec curiosité ?
« Le boulot pour lequel on me paye…Non, en fait, on ne me paye même pas pour ça, s'amusa à ajouter Maggy un doigt posé sur le menton. »
« Ca suffit, Latzich, s'exclama l'homme avec humeur. Nous ne sommes pas là pour faire de la conversation mondaine ou des traits d'esprits. Quant à vous, qu'est ce que vous faites hors de vos dortoirs à cette heure ? »
« On revient de notre cours d'astronomie, répondit candidement Mary avec un petit sourire timide. »
L'homme poussa un grognement et parut insatisfait de la réponse.
« Je crois qu'un tour chez la directrice adjointe s'impose. »
« Euh… je doute qu'elle soit disponible à cette heure, lança Magdalene avec un regard appuyé vers son partenaire, regard lourd de connivences. »
James remarqua les épais sourcils de l'homme se plisser nerveusement puis le vit serrer ses mains dans son dos avec agacement.
« Ne vous inquiétez pas, Wace, je m'assurerai d'en parler demain au professeur McGonnagal, s'empressa de déclarer Maggy avec fixant le petit groupe qui attendait que le jugement soit rendu. »
« D'accord mais je vous préviens, Latizch, pas d'entourloupes….»
La jeune femme hocha la tête et déclara enfin aux maraudeurs qu'ils pouvaient disposer. Les gryffondors ne se firent pas prier pour disparaître dans les couloirs et James poussa un soupir de soulagement en retrouvant l'air boudeur de la grosse Dame.
« Vous avez de la chance, j'allais partir ! C'est que je n'ai pas que ça à faire, moi, d'écouter vos balivernes ! »
« Moi non plus à vrai dire, riposta avec moquerie James au tableau. »
Le portrait s'offusqua et se rabattit violemment sur Peter dont la manche manqua bien de rester coincé dans la rainure du mur et du tableau.
Une fois allongé sur son lit, James abandonna rapidement Peter et Sirius à leur imperturbable discussion sur le prix des chocoballes. La mollesse de son lit l'incitait au sommeil mais les évènements de ce soir faisait déjà pressentir que Poudlard cachait cette année encore de nombreux secrets. Si seulement ce vieux rouquin d'imbécile et Maggy n'étaient pas intervenus, il aurait pu en entendre plus sur cette étrange conversation… En déposant ses lunettes sur sa table de nuit, James porta son attention sur le lit vide de Remus. Que faisaient donc toutes ces étranges personnes à Poudlard ? Etait-ce réellement Dumbledore qui les avait mandaté ? Sa réflexion fut interrompue par la porte de la chambre qui claqua. Remus traversa la pièce d'un pas souple et fluide avant de venir s'asseoir que le bord de son lit. Sirius, allongé sur ventre, eut un petit rire moqueur en voyant le maraudeur revenir de si bonne heure.
« Alors… Déjà de retour ? »
« Sirius, tais-toi, répondit sourdement Remus en soupirant. »
Le loup-garou se laissa tomber sur son lit et abattit une main lasse sur son front.
« Non, sérieusement, pourquoi es-tu revenu, Remus, demanda James en se levant pour tirer les rideaux qui encadraient la fenêtre. »
« Et bien, changement de programme à la dernière minute… Yaltes est revenu et a demandé à Line de finalement l'accompagner… »
James resta sans parler et enregistra logiquement les informations pour les mettre en rapport avec les étrangetés de ce soir. Décidément, Yaltes ne semblait pas se contenter de son poste de professeur.
« Peut-être qu'il voulait donner un cours à Line, répondit candidement Peter engobant un bonbon. Après tout, si Line est son apprenti, il doit bien avoir des choses à lui apprendre. »
« Un cours à presque passé minuit ! Peter, réfléchis un peu avant de parler ! »
La réflexion acerbe de Sirius clôt la conversation. Mais pour une fois, James s'endormit en se demandant si Peter n'avait pas tout simplement raison.
fin du chapitre 6
