Hum, ça fait vraiment longtemps que je n'ai plus posté de mises à jour. ! La faute à qui me direz-vous. Mais l'essentiel est que je m'y remette avec l'arrivée des vacances. Profitez en bien !
Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.
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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.
Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.
Auteur : Elizabeth.
Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.
Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.
Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).
Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.
Résumé du chapitre précédent : C'est avec surprise que les gryffondors apprennent le départ du professeur Flitwick pour l'institut de Salem. Le jeune homme qui le remplace, Owen Greylake, est plus que déroutant : à la fois ironique, il rabaisse les élèves et s'amuse à contredire Lily. Alors que Sirius et Line font la démonstration de leur capacité sur le sortilège du patronus, le nouveau professeur provoque un sort qui plonge la salle et ses occupants dans une sourde angoisse. Lily, contrariée par sa journée, se met en colère quand elle surprend les propos désagréables que tient Rose de Saint-Armand, la préfète de Gryffondor, envers les moldus. Le soir, tandis qu'ils retournent dans leurs dortoirs après un cours d'astronomie, les gryffondors surprennent une étrange conversation entre Roland Yaltes et une jeune femme qu'il tente de rallier à sa cause. Cependant, surpris par Maggy Latzich et un homme plus que patibulaire, le petit groupe ne se fait pas prier pour rejoindre ses quartiers.
Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :
Black Beltégueuse : Mère de Sirius et Cassiopée. Elle est morte dans de mystérieuses circonstances mais en réalité assassinée par les mangemorts.
Black Cassiopée : Sœur de Sirius. Elle semble un peu perdue depuis la mort de sa mère et refuse d'accepter qu'il s'agisse d'un assassinat.
Black Orion : Père de Sirius et Cassiopée. Autrefois charmant et rieur, après avoir tenté de travailler de plus en plus pour oublier la mort de sa femme, il semble plonger dans la dépression.
Brûlepot Hugh : Professeur de soin aux créatures magiques.
Lazitch Magdalene : Dite 'Maggy'. Elle se trouve à Poudlard par ordre de Dumbledore et dirige en temps normal une escadrille de flèches (l'élite des sorciers volant sur balais). Très sympathique sorcière avec beaucoup d'humour (ce qui ne plait pas forcément à tous ses collègues).
Mandrake Delwin : Nouveau ministre de la magie qui occupait auparavant le haut poste de ministre des accidents et catastrophes magiques.
Wace Aléichem : Mage de guerre au caractère irascible et sévère. Il a été mandaté par Dumbledore à Poudlard.
Yaltes Roland : Professeur de combat venant de France et tuteur de Line.
Martha : Gouvernante des Potter.
Potter John : Cousin de James. Il joue au poste d'attrapeur dans l'équipe d'Angleterre de Quidditch. Plein de désinvolture.
Potter Kathleen : Mère de James. Représentante permanente anglaise à la Confédération Internationale Magique. C'est une femme très gentille qui sait se faire obéir.
Nott Avery : Ancien Serdaigle et jumeau d'Adela. Autrefois petit ami de Lily dont elle est sans nouvelles.
Fleet Terence : Gryffondor, 6° année, gardien.
Marlowe Daphné : Gryffondor, 6° année, poursuiveuse
Patil Mandy : Gryffondor, 6° année.
Darcey Line : Ancienne Gryffondor venant de France et retournée dans son pays d'origine. Ses parents étaient impliqués dans l'Opération Pégasus. Grand amour de Remus, c'est une fille douée et déterminée malgré ses doutes qu'elle dissimule au fond d'elle. Elle revient cependant en tant qu'apprentie de son tuteur, Roland Yaltes et demande à pouvoir poursuivre ses études et accepte même le poste vacant de poursuiveuse.
Funestar Jack : Gryffondor, 7° année.
Payne Daniel : Gryffondor, 7° année, gardien et préfet. Petit ami de Mary. Il est reparti de Poudlard car sa mère préfère savoir ses enfants près d'elle en Irlande étant donné les attentats.
Fiske Régis : Serdaigle, 6° année, préfet.
Davies Edward : Serdaigle, 7° année. Petit ami de Julia.
Brook Joshua : Poufsouffle, 6° année, préfet en chef. Simple et gentil, il est issu d'une famille moldue.
Abbot Agnès, Penwood Agatha, Ritz Thomas : Poufsouffle, 7° année.
Rogue Severus : Serpentard, 7° année. Discret mais non sans efficacité, toujours un peu en retrait par rapport à ses camarades, il ne se prive cependant d'éprouver une vive haine envers les maraudeurs. Aspirant mangemort.
Rosier Evan : Serpentard, 7° année, préfet. Frère de Clara et petit ami de Lisa. Aspirant mangemort Un esprit pervers, retord et vicieux, avide d'imposer son ordre et sa force à tous ceux qui l'entourent. Sa haine envers Lily l'a déjà opposé à la préfète.
Zabini Michael : Serpentard, 7° année. Capitaine et gardien. Aspirant mangemort. L'intellectuel qui malgré ses airs calmes et froids suit avec plaisir les idées de ses camarades. Bien plus dangereux qu'on ne pourrait le penser.
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LE REQUIEM DE L'ESPOIR
3 Le réveil des légendes.
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Chapitre 7 : TU NE VOLERAS PLUS JAMAIS.
Dehors, l'air commençait à se refroidir en ce mois de novembre et les traînées de brume gardaient maintenant leurs attaches aux cimes des montagnes environnantes. Le lac ne tarderait pas à geler, tout du moins, dès que les premiers flocons des rigoureux hivers écossais tomberaient. James cessa de contempler le ciel et resserra d'un geste sec son écharpe autour de son cou. Il pesta en tirant sur ses manches : son uniforme d'hiver était vraiment trop étriqué. Sirius à ses côtés, croisait patiemment les bras et un léger nuage de buée s'échappait du coin de ses lèvres tandis que sa nuque frissonnait.
Seul le professeur de soins aux créatures magiques semblait ne pas remarquer le froid, toujours autant enjoué par son travail et les choses qu'il faisait étudier à ses élèves. Hugh Brûlepot avait commencé la leçon par un discours sur l'importance des animaux magiques dans le monde des sorciers et comme à son habitude, ses paroles se désespéraient qu'on n'autorise pas l'étude de créatures telles que les griffons et autres monstres, au goût de James. Le jeune Potter n'avait jamais vraiment aimé ce cours, et cela depuis ses plus tendres années. Le souvenir du veracrasse aux mâchoires férocement accrochées à son index gauche y était très certainement pour quelque chose. Les hauts cris qu'il avait poussés lui avaient valu les moqueries des serpentards et c'était à chaudes larmes qu'il avait pleuré lorsque l'infirmière avait désinfecté la morsure, sans état d'âme.
James Potter n'avait jamais eu d'animaux de compagnie si ce n'était sa chouette qui portait son courrier mais l'animal paraissait bien plus intéressé par ce que son maître concédait à lui céder à manger dans son assiette que par James lui-même. Il avait passé de longues saisons à s'ennuyer dans le grand manoir familial jusqu'à ses sept ans. Les journées, monotones et mornes, s'enfilaient comme les perles d'un collier et le petit garçon passait le plus clair de son temps à contempler par la fenêtre le paysage verdoyant et venteux du pays de Galles. Il aurait aimé aller au bord de la mer, ramasser des coquillages et courir dans les ajoncs qui bordaient les dunes de sables clairs. Mais ses parents ne rentraient jamais avant le soir et c'était bien souvent qu'il avait dîné en compagnie de Martha, la gouvernante.
Et puis un jour que ses parents donnaient une réception, il avait rencontré Sirius. Le petit Black avait alors les cheveux qui cachaient ses yeux et un grand sourire mesquin sur les lèvres. Kathleen Potter avait demandé à James d'emmener le garçon pour jouer sagement dans sa chambre. Mais aussitôt ensemble, ils avaient déclenché une véritable catastrophe en cassant un miroir dans lequel logeait un esprit. C'était la grosse voix presque rugueuse d'Orion Black qui les avait saisis sur le fait. Et depuis cette mémorable peur que James avait mis plusieurs jours à oublier, lui et Sirius Black étaient devenus inséparables.
« Sur ce, je vous invite à me suivre, jeunes gens ! Nous allons dans la forêt interdite… »
A ses mots, les regards se croisèrent, les voix murmurèrent quelques bredouillements inaudibles avant qu'un ou deux étudiants poussent des récriminations.
« Mais professeur, c'est interdit de se rendre dans la forêt inter… »
« Ttt, ttt, ttt ! Vous croyez franchement que les élèves respectent les règles de cette école ! Déjà de mon temps… »
« Mais il y a pleins de bestioles dans ces bois, professeur, s'exclama une jeune fille de Poufsouffle. »
Le professeur caressa sa moustache qui tombait sur sa lèvre et cligna des yeux.
« Allons, Miss Penwood ! Je vous assure qu'il ne se passera rien ! Et puis, vous êtes en cours de soins aux créatures magiques, non ? Autant aller voir ces charmantes créatures dans leur milieu ! »
Lily poussa un profond soupir en voyant la jeune fille presque morte de peur. La poufssouffle avait beau être gentille, elle ne brillait pas par son intelligence.
Une large silhouette apparut derrière quelques élèves et la préfète en chef reconnut le visage broussailleux et barbu d'Hagrid, le garde-chasse. Il gardait à sa main une vieille arbalète et tenait sur son épaule un sac en toile apparemment vide. Le professeur Brûlepot se retourna et serra avec vigueur la main du demi-géant.
« Bien, nous pouvons y aller, maintenant. Tous derrière moi s'il vous plait ! »
James s'avança donc à pas lents, une moue boudeuse sur le visage tandis que Peter remettait en place l'immonde bonnet à pompons que sa mère lui avait offert. Remus, quant à lui, contemplait la forêt avec un soupçon d'inquiétude. Sa démarche souple et légère ralentissait étrangement au fil des sentes herbeuses que les étudiants empruntaient. Pourtant, considéra James, la plein lune était passée depuis dix bons jours. Si le petit groupe des maraudeurs avait gardé ses agréables habitudes de sorties nocturnes, la fatigue de Remus pointait maintenant en permanence sur son visage aux traits tirés. De discrètes cernes bleutés étaient apparues sous les yeux au regard triste et James avait surpris plusieurs fois son ami, la tête dans les mains, à moitié endormi devant ses devoirs. D'ailleurs, la dernière fois qu'ils avaient organisé une farce, le nouveau préfet avait paru réticent, bien plus qu'à son habitude. James sentit une branche dénudée effleurer son visage et il retint le rameau pour la personne qui venait derrière lui.
Lily apparut alors, avec ses grands yeux verts qui vous dévisageaient sans gêne. James s'écarta du chemin et monta rapidement sur le coteau du talus pour la laisser passer. Il vit le doute envahir le visage de la préfète et sa bouche s'ouvrir méchamment.
« Potter, si jamais tu… »
« Si jamais je quoi, Evans ? »
James poussa un profond soupir à se fendre la poitrine et il se mit à suivre les pas précautionneux de la jeune fille, tout en restant sur l'arrête du talus.
L'hiver avait rendu la forêt encore plus inhospitalière qu'à son habitude, les feuilles mortes avaient perdues leurs couleurs d'ambre et de cuivre et seul en restait un tapis spongieux qui recouvrait sol et racines. De rares oiseaux s'agitaient dans les branches et leurs piaillements stridents s'envolaient vers le ciel inaccessible, crevassé par les rameaux noirâtre de la cime des arbres. James fourra ses mains dans ses poches et s'amusa à marcher, les pieds en biais, comme si on avait tendu un fil imaginaire sur le sol. L'équilibre lui manqua lorsqu'il se retrouva face à un amas de pierres moussues qui le firent dégringoler maladroitement jusque sur le sentier. Lily s'écarta et serra vigoureusement son sac dans ses bras.
« Potter ! »
« Quoi, répondit avec férocité le gryffondor. Arrête de penser que je te persécute, Evans ! »
Un silence gêné s'installa entre eux quand James se rendit compte qu'il avait élevé la voix. Deux poufssoufles qui arrivaient derrière eux les doublèrent et Lily baissa la tête de honte. James passa une main maladroite dans ses cheveux et soupira, ce qui lui valut d'embuer ses lunettes. Un peu plus loin, ils entendirent les exclamations du professeur et la grosse voix bourrue d'Hagrid résonner parmi les branchages agités par le vent.
« Je n'aime pas cette forêt, déclara Lily en continuant sur le chemin martelé de traces de pas. »
« Pourtant, ça ne te dérange pas de t'y promener la nuit, non ? »
La remarque de James rendit la jeune fille furieuse. Elle se serait retournée avec plaisir pour lui lancer une réponse cinglante puis finalement s'en abstint. Agnès Abbot apparut et fit signe à Lily de la rejoindre. La préfète secoua ses cheveux roux et s'avança d'un pas rapide pour rejoindre la poufssoufle. James resta donc seul à la traîne alors que les silhouettes des deux jeunes filles s'éloignaient déjà. James redressa la tête et découvrit qu'un oiseau planait au-dessus de lui dans le ciel gris. Il le contempla d'abord sans méfiance puis entendant le volatile croasser, il fit quelques pas parmi les buissons et suivi le corbeau. Ce fut d'abord l'odeur qui se lança sur lui. Le cœur retourné par ses relents de pourriture immonde qui envahissaient son nez, James manqua bien de vomir, il se reprit à temps et plaça sur son nez son écharpe fortement serrée. Quelques pas le conduisirent maladroitement à travers les taillis pour découvrir les restes à moitié dévoré d'un cheval. Il s'accroupit et contempla avec un profond dégoût le corps mutilé et démembré de la pauvre bête. Son pelage argenté avait perdu sa brillance et les traînées de sang séché avaient pris une sourde couleur brune. C'est alors que le jeune remarqua parmi les crins entremêlés la longue corne torsadé de l'animal.
« Une licorne, souffla t'il dans un spasme. »
Il fallait vraiment être abominable pour s'attaquer à une telle créature, si pure et si parfaite. Se redressant lentement, il manqua bien de tomber et se rattrapa à une branche morte qui céda sous son poids et l'entraîna dans un tourbillon de feuilles mortes dans la tourbe.
Maugréant, James entendit alors la voix puissante de Sirius qui l'appelait. Il se releva et frotta sa cape du mieux qu'il put tout en continuant d'avancer parmi la sombre futaie d'arbres gigantesques. Enfin, il parvint dans une petite clairière où étaient attroupés gryfffondors et poufssoufles. Le professeur Brûlepot lui adressa un petit regard mécontent puis se détourna de lui pour reprendre son cours. Sirius et Remus lui lancèrent un regard interrogateur mais le gryffondor esquiva leur interrogation d'un geste de la tête. Une fois à leur côté, il ne peut rien dire car Hagrid se trouvait juste derrière, son arbalète enclenchée et le noir de ses yeux brillant avec une attention toute particulière pour les alentours ombragés.
« Voilà, je crois entendre le sujet de notre leçon, claironna le professeur en tendant l'oreille. »
Un léger caquètement retentit dans le silence des bois. Les élèves se mirent sur leurs gardes mais ce fut le cri rageur de Thomas Ritz qui mit fin au suspense.
« Qu'est ce que c'est que cette horreur, demanda quelqu'un. »
« Et bien… avant que votre camarade ne le… euh… disons…. »
« Je ne sais pas ce qu'est cette chose mais un bon shoot de footballeur est parfois bien efficace, grogna Thomas Ritz d'un air mécontent. »
Au sol, James distingua une petite forme qui reprit son caquètement agaçant avant de se redresser. L'animal avait une face pointue et ses yeux brillaient d'une lueur malsaine. Il disparut dans les buissons au grand mécontentement d'Hugh Brûlepot.
« Qu'est ce que c'est que le football, demanda Julia à Lily. Un truc de moldu ? »
« Malheureusement, répondit la préfète en soupirant. C'est un sport pratiqué par les moldus, presque aussi idiot que le Quidditch ! »
« N'importe quoi, lança James avec mauvaise humeur. Rien ne peut égaler le Quidditch ! D'ailleurs, je suis certain que tu n'as jamais assisté à un match de Quidditch en entier de toute ta vie ! »
« Je ne vois pas l'intérêt de regarder des idiots se casser la figure et virevolter comme des mouches sur leurs balais ! C'est d'un ennui. »
La réponse sèche et furieuse de Lily rendit James perplexe. Il avait réagi aussitôt en entendant la jeune fille dénigrer une de ses grandes passions. Le jeune homme fronça les sourcils et eut un petit rire.
« Et bien, Evans, tu n'as qu'à venir cette après-midi admirer notre prouesse à moi et à Sirius ! Je te jure que tu ne seras pas déçue ! »
Au grand étonnement de Julia et Mary, Lily eut un sourire mesquin et répondit sans attendre à la demande du capitaine de Gryffondor.
« Très bien, Potter ! Je viendrais mais seulement pour rire quand tu te prendras une bonne raclée ! »
« Dites donc, là-bas, dites le tout de suite si je ne vous intéresse pas, s'exclama le professeur en avançant rapidement vers le petit groupe d'où provenait le bruit. »
Lily s'excusa profondément envers le professeur qui lissa une fois de plus sa moustache, menaça la classe d'un devoir supplémentaire et reprit le fil de sa leçon.
« Donc, qui peut me dire ce qu'est cette créature que nous venons de voir ? »
« Un Erkling, s'empressa de répondre la préfète pour faire oublier son rappel à l'ordre. »
James détourna la tête et vit Sirius qui lui adressait un magnifique sourire en plissant les yeux. Le jeune homme se glissa discrètement à ses côtés et murmura quelques mots à son oreille tout en reprenant un air plus calme. Parler Quidditch demandait un minium de sérieux.
« Dis, James, tu as trouvé une technique pour cette aprèm' ? »
« Etant donné que l'équipe n'est absolument pas synchronisée, je crois qu'il nous faudra surtout minimiser les dégâts. J'ai du mal à l'accepter mais j'ai bien peur que les serpentards soient plus au point que nous ! »
« Peut-être, grogna Sirius avec dédain, mais tu oublies qu'on a pas eu de chance ! Le départ de Daniel a laissé le poste de gardien vaquant… »
James fit une moue peu satisfaite en repensant aux deux dernières semaines pendant lesquelles il s'était escrimé à trouver quelqu'un pour le poste. Ce n'est pas tant que personne ne s'était présenté, mais chaque candidat présentait des lacunes énormes et une grande majorité n'avait jamais quitté le sol ferme de leur vie. C'était principalement les déçus, recalés aux premières sélections par James, qui s'étaient représenté. Et cette fois ci, ils s'étaient armés de bien plus de morgue face au capitaine qui, d'après eux, n'avait pas reconnu leur talent. James avait d'ailleurs nécessité l'aide de Sirius pour empêcher un élève de cinquième année de se porter pour la quatrième volontaire. Désespéré par ces sélections, James ne s'était même pas rendu compte qu'il tenait peut-être tout simplement la solution sous son nez sans l'avoir remarqué. Un soir, alors qu'il s'était affalé, fourbu de fatigue par l'entraînement, il avait vu Remus en compagnie de Line se porter à sa hauteur. Sirius qui voulait absolument reparler des échecs de l'entraînement irritait profondément James.
« Alors, toujours pas de gardien, demanda Remus en secouant la tête devant l'air morose du capitaine. »
Pour toute réponse, James grogna et appuya son menton dans l'accoudoir défoncé du fauteuil. Line avait glissé sa main dans les cheveux de Remus et elle contemplait les flammes hautes et claires.
« Dommage que mon frère ne soit pas là, commenta t'elle. Il aurait pu vous rendre service. »
« Mais il jouait comme batteur, il me semble, ajouta Sirius. Et puis, il était à Serdaigle. »
« Il se débrouillait pas trop mal comme gardien non plus, je n'ai jamais été fichue de marquer des points quand on était enfant. Il bloquait toujours tout, comme si le souaffle lui sautait dans les bras… »
Un léger silence s'installa et James poussa un soupir avant de réaliser les paroles de Line. Il se redressa brutalement et bouscula Sirius qui se rattrapa à la manche de Remus. Son regard sombre s'était réveillé, semblait-il, enflammé par l'espoir de trouver enfin un joueur alors que leur premier match avait lieu dans dix jours. Le capitaine de gryffondor agrippa le bras de Line avec fougue et détermination.
« Line… Tu sais voler, n'est ce pas ! »
Interloquée, la jeune fille l'observa, un peu inquiète de voir James tellement perturbé par cette histoire de joueur. Elle acquiesça doucement comme si elle hésitait à répondre.
« Euh… ben oui, comme tout le monde… »
« Et tu dis que tu jouais avec ton frère ? »
« Oui, mais … enfin, quand on était petit en France… »
« Tu serais capable de réceptionner des tirs ? »
Sirius, Remus et Line contemplèrent l'espoir ardent qui faisait trembler la voix du jeune homme. Line semblait un peu gênée de la proposition tandis que Sirius espérait très certainement qu'elle accepte. Seul Remus était encore un peu sceptique.
« … Je ne voudrais pas te décevoir, James… Je ne pense pas être assez bonne pour jouer dans ton équipe… »
« Pff, ça ne sera jamais pire que tout ce qu'on a vu jusqu'à maintenant, lança Sirius en gémissant. »
Ainsi s'était conclu l'accord. Line acceptait de jouer au moins pour le premier match étant donné que Gryffondor ne pouvait se présenter sans gardien. James avait donc, au grand mécontentement des membres de son équipe, ajouté des entraînements presque tous les soirs. Ils avaient d'ailleurs passé le week-end dernier à s'exercer malgré la pluie froide et fine qui avait détrempé le terrain.
Pourtant, la découverte macabre de James resta dans son esprit et lorsque les élèves suivirent un petit chemin pour retourner aux abords de la petite maison d'Hagrid, le jeune homme scruta une dernière fois l'ombrage noir et blanc de la forêt interdite avant de se tourner vers le château en compagnie des maraudeurs.
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Lily Evans sentit qu'elle allait bientôt ne plus supporter ça ! La jeune fille prit une grande inspiration, une dernière grimace sur son visage mécontent, et elle lança avec fatigue le sort de tête-en-bulle avant de s'avancer dans le couloir. L'immense couloir émit un bruit de succion aquatique lorsque la grande paroi constituée d'eau se referma sur la préfète et un groupe d'élèves de Serdaigle. Les vêtements de la préfète flottaient dans l'eau et elle prenait grand soin de ne pas frôler de trop prêt les poissons multicolores qui zigzaguaient entre leurs jambes. Si Lily détestait irrémédiablement les blagues stupides et preuves d'immature, selon elle, des maraudeurs, elle était toutefois bien obligée de reconnaître pour cette fois au moins le talent sans faille et l'imagination sans limites des quatre jeunes hommes. Mais son admiration ne dura pas plus que quelques brèves secondes quand elle jaillit, dégoulinante à l'autre bout du couloir, de l'aquarium magique. A ses côtés, des secondes années de Serpentard s'ébrouaient et leurs lourdes capes trempées d'eau laissaient derrière eux de longs rubans mouillés et glissants sur les dalles. La préfète s'empara de sa baguette et d'un geste rapide, sécha ses vêtements et fit disparaître l'eau du sol.
Mary venait elle aussi de sortir de l'eau et sécha ses longs cheveux d'un air blasé. Les deux jeunes filles continuèrent leur déambulation dans les couloirs et Lily en profita pour se demander si elle ne ferait pas bien de se rendre dans le bureau du professeur McGonnagal pour lui exhorter de punir une fois de plus les maraudeurs. Elle allongea donc son pas et ses talons se mirent à claquer, annonçant aux petits groupes qui traînaient dans les couloirs, que la préfète en chef arrivait d'une humeur massacrante.
« Tiens Lily ! Bonjour Mary. Qu'est ce que vous faites dans le couloir, c'est bientôt l'heure de déjeuner, non ? »
Line avait bousculé deux premières années pour rejoindre les deux jeunes filles. La Française était vêtue de l'uniforme qu'elle portait le premier jour, même si ce dernier démontrait que ses dorures n'avaient pas un simple rôle d'apparat. Un fin pantalon noir enserrait ses jambes et elle portait une chemise aux manches dégrafées. Sa veste rouge et noir, jetée à la hâte sur ses épaules, témoignait du peu d'application qu'elle avait pris pour se couvrir. Line avait quelques mèches de cheveux blonds qui se balançaient devant ses yeux et Lily remarqua que les joues de la jeune fille étaient empourprées.
« Salut Line. Comment vas-tu ? Tu as l'air un peu essoufflée ! »
La jeune fille poussa un profond soupir et s'accouda contre le mur, malgré le grognement du tableau qui se trouvait juste à côté d'elle.
« En effet, je sors de mon entraînement. »
« Ton entraînement, interrogea Mary avec curiosité. »
« Oui, avec Roland… Enfin, le professeur Yaltes, je veux dire ! »
Line eut un petit sourire gêné en répondant que Lily trouva étrange. Après tout, si Line était l'apprenti du professeur Yaltes, il était normal qu'elle le côtoie souvent et qu'une intimité s'installe entre eux.
« Et donc, où allez-vous toutes les deux, demanda à nouveau Line, détournant ainsi la conversation. »
« Je me rends au bureau de McGonnagal, lâcha Lily avec une légère crispation dans son sourire. Des problèmes de discipline à régler… »
« Encore une farce des maraudeurs, demanda la Française en plissant les yeux avec malice. »
La préfète fit une moue désapprobatrice en constatant que même Mary semblait prendre avec humour la farce des maraudeurs. Il n'y avait donc qu'elle pour désapprouver cette conduite puérile ? Les trois jeunes filles se remirent en marche le long du couloir.
« Tu as l'air de trouver très drôle de se retrouver mouillée, rétorqua Lily avec aigreur en regardant droit devant elle pour ne pas bousculer les autres élèves qui se pressaient dans les couloirs. »
« Disons que j'étais au courant… Mais pour une fois, je trouve que c'est plutôt une preuve de bon goût de la part des garçons. Ils ont déjà fait bien pire, me semble t'il. »
« J'oubliais que tu étais amie avec Remus… enfin bref ! »
« Et sinon, est ce que vous allez venir assister au match de cette après-midi, demanda Line. »
Lily monta les marches qui menaient au troisième étage, ses talons résonnant sur les murailles de pierre alentour. Une porte grinça dans le lointain, un rire étouffé éclata puis l'austère silence plana à nouveau.
« Je ne sais pas, déclara Lily. »
« Pourtant, tu as promis à James Potter que tu viendrais admirer ses prouesses, fit remarquer Mary avec une légère pointe de narquois. »
Lily sentit ses joues s'empourprer mais n'ajouta pas un mot.
« Puis, je ne vous l'ai pas dit… mais James m'a choisi pour occuper le poste de gardien. »
« C'est fantastique, s'exclama Mary. Félicitations. »
« Ne t'emballe pas si vite, rétorqua Line. Le match est contre les serpentards et franchement, je doute qu'on arrive à faire mieux qu'égaliser. L'équipe n'est pas tellement au point. Et je crois que James va vite regretter de m'avoir embaucher. »
Line avait dans ses yeux une petite pointe de déception et Lily l'observa remonter le menton, plisser sa bouche avec indétermination puis soupirer. Tout en parlant, les trois jeunes filles étaient arrivées devant le bureau de la directrice adjointe. Lily s'avança pour toquer mais à cet instant, la porte s'ouvrit en grand pour laisser passer la haute silhouette de Dumbledore. Ses longs cheveux argentés glissaient dans son dos avec souplesse mais la préfète remarqua tout de suite qu'il était pressé. Elle s'écarta et baissa la tête. Pourtant, le directeur s'arrêta quelques instants et Lily rencontra le regard bleuté du directeur.
« Professeur Dumbledore… »
« Ha, bonjour Miss Evans… Miss Darcey, bonne chance pour votre première, cette après-midi. »
« Merci monsieur. J'espère bien ne pas décevoir les espoirs de Gryffondor. Mais vous pourrez en juger par vous-même, professeur. »
« C'est gentil de votre part, Miss mais j'ai bien peur de ne pouvoir y assister. Je dois d'ailleurs y aller. »
L'homme les salua et Lily contempla la silhouette disparaître rapidement à travers les dédales sombres et humides. Une voix toussota derrière les filles qui se retournèrent pour découvrir Minerva McGonnagal, les yeux froids rivés sur leurs visages.
« Et bien, que puis-je pour vous, Mesdemoiselles ? »
« Professeur, je voulais vous signaler que certaines personnes ont encore trouvé le moyens d'enchanter le couloir inférieur de l'aile Est. »
« Ecoutez, miss Evans, je pense qu'il y a en ce moment des choses plus importantes à régler que les petits puérilités des maraudeurs. D'ailleurs, je dois aller présider le déjeuner. Vous feriez bien de descendre, vous aussi. »
« Le professeur Dumbledore ne sera pas là, cette après-midi, demanda naïvement Mary. »
« Non, Miss Bones. Il a… disons certaines obligations… certaines choses à justifier auprès du ministère. Mais cela ne vous regarde pas ! Quant à vous, Darcey, je compte sur votre détermination dans le match de cette après-midi. J'ai fait confiance à Potter pour former une équipe mais je n'apprécierais pas de voir Gryffondor ridiculisé par Serpentard. »
Lily soupira et se demanda pourquoi tant de personnes trouvaient un tel attrait en ce sport de brute qu'était le Quidditch. Si elle avait assisté à quelques matchs, c'était surtout pour Mary qui avait toujours soutenu avec admiration Daniel mais depuis que ce dernier avait quitté l'école, elle aurait espéré éviter cette corvée. Quant à Julia, c'était toujours pour elle un moment agréable de passer l'après-midi en compagnie d'Edward Davies, même si ce dernier semblait toujours prêter plus d'attention au jeu qu'à sa petite amie. Mais après tout, elle aussi avait bien assisté avec un certain plaisir aux entraînements et matchs alors qu'elle sortait avec Avery Nott.
La préfète ne fit que trop peu attention à Julia qui les avait rejointes à travers la foule. Ce fut une question de Mary qui la sortit de ses pensées un peu brumeuses.
« Dis, Lily, tu ne penses pas que Dumbledore a des problèmes avec le ministère ? »
« De quoi parles-tu, demanda Lily avec interrogation. »
« Et bien, si ça trouve, toutes les personnes qui sont à Poudlard cette année n'ont peut-être pas été mandaté par le ministère… En tout cas, j'en ai bien l'impression. »
« Tu crois sincèrement que Dumbledore pourrait se permettre de débaucher des agents ministériels pour son plaisir, rétorqua Julia ? Je doute fort que Mandrake autorise ses meilleurs éléments à partir prendre des vacances à Poudlard. »
« Comment ça ? »
Julia se mit à compter avec application sur ses doigts, ce qui fit tout de même sourire de voir un léger pli de concentration se former sur son front.
« Ben, apparemment, Latzich est d'après les rumeurs une flèche et il me semble que Wace est mage de guerre. Alors comment expliquer la présence de deux sorciers de haut grade au sein de l'école ? »
« A moins que Dumbledore ait fait appel à eux, ajouta Mary. Il devrait donc ainsi aller s'expliquer avec le ministre. »
« C'est possible ! Surtout que Mandrake déteste se faire doubler sur son propre terrain, j'en ai assez entendu parlé par ma mère, conclut Julia. »
« Vous croyez que tout ça a un rapport avec ce qui s'est passé dans le train, demanda Lily. »
Ses deux camarades la fixèrent avec attention, attendant qu'un bruyant groupe de poufssouffle dévale les escaliers devant elle.
« Tu veux parler de… de cette chose qui était à bord du Poudlard Express, demanda Mary ? »
Lily acquiesça avec insistance. Pour elle, l'intervention miraculeuse de Magdalene Latzich et son apparente entente avec le professeur de combat, Yaltes, était assez douteuse pour soupçonner que tous deux semblaient être au courant. Après tout, peut-être Line était-elle au courant de quelque chose ? Lily contempla les alentours et découvrit la jeune fille assise aux côtés de Black et Potter, apparemment, fort occupée à discuter de stratégies de dernière minutes. La rouquine poussa un soupir et reporta son attention sur les plats croulant sous la nourriture qui venaient d'apparaître sur la table.
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Lily fit une moue en détaillant les gens qui l'entouraient. Tous étaient vêtus de rouge et or, les visages maquillés, la plupart agitaient de lourds drapeaux enchantés par les bons soins des plus âgés. La préfète n'avait pas osé pester contre ces mètres de draps bariolés qui avaient envahi les tables et les fauteuils de la salle commune de Gryffondor. A ses côtés, Mary avait pris soin de mettre un bonnet blanc pour se protéger de la brise qui ne découragerait pourtant pas les supporters vaillants et forcenés. Des pieds saccadaient déjà les escaliers de Poudlard.
Pourtant, alors que les élèves allaient passer la porte du grand hall, il y eut un mouvement de masse contraire. Une voix braya des ordres sans que personne n'y prête attention. Aussitôt, Lily lâcha le bras de Mary et fendit la foule à la rechercher d'un responsable pour tenter de ramener le calme parmi les élèves surexcités qui lançaient déjà des chansons clamant la victoire de leur maison.
« Jeunes gens, s'il vous plait ! S'il vous plait ! »
La préfète en chef reconnut les couinements aigus si caractéristiques de la petite voix frêle du professeur Flitwick. Elle évita un coup de coude et se rendit auprès du professeur d'enchantements.
« Professeur, qu'est ce qui se passe ? Vous voulez que je fasse quelque chose ? »
« Ha, miss Evans ! Décidément, vous tombez bien. Encadrez vos camarades et … invitez les à se rendre dans la grande salle au plus vite. »
En entendant les paroles angoissées du petit homme, Lily eut un frisson puis se reprit. Elle se redressa et glissa une longue mèche de cheveux qui balayait son visage derrière son oreille. Elle avisa Régis Fiske, le préfet de Serdaigle, à qui elle fit de grands signes pour tenter de se faire comprendre. Des cris de récriminations retentissaient sous les voûtes gothiques mais enfin, quelques groupes d'élèves un peu plus décidés que les autres pénétrèrent dans le hall, encadrée par la silhouette de quelques professeurs.
Mary rejoignit Lily et la préfète poussa un soupir de soulagement en voyant quelqu'un sur qui s'appuyer.
« Mary, s'il te plait, aide-moi à les discipliner un peu, lança Lily vers son amie. »
« Remus n'est pas dans les parages ? »
« J'ai bien peur que non… »
Lily pesta et enjoignit à des gryffondors de rejoindre les autres. Mais les gens de sa maison ne semblent que peu disposés à suivre les ordres : elle entendit quelques insultes bien senties à travers les grommellements massifs mais parvint à décider les plus jeunes à grand renfort de menaces. Une main secourable se posa sur son épaule et ses grands yeux verts furent enfin heureux de croiser le regard apaisant de Joshua Brooks. Le préfet en chef hocha la tête et se déplaça de quelques pas pour encourager des premières années à se déplacer.
« Ha, ça me soulage que tu sois là, lança la jeune fille. »
« J'ai ordonné aux serpentards d'arrêter de bloquer le mouvement… »
« Bonne initiative ! Mais tu sais ce qui se passe, demanda Lily en jetant alternativement des coups d'œil par-dessus son épaule. »
La jeune fille parut soulagée en voyant la grande et trapue silhouette d'Hagrid se profiler auprès d'un groupe de serdaigles tapageurs.
« Personnellement, j'aurai préféré l'ignorer, laissa échapper Joshua. »
Ces quelques mots glacèrent l'échine de Lily qui frémit. Jusqu'à maintenant, elle avait pensé que ce soudain retard dans le match de Quidditch ne devait pas avoir une importance si grande. Puis, l'absence de Dumbledore lui revint en tête. Se pouvait-il qu'il se soit produit quelque chose de très grave ? Quelque chose d'une telle ampleur qu'elle nécessite tout ce chambardement ?
« Le match de Quidditch est annulé, articula difficilement le poufssouffle. »
Les gens qui se trouvaient à leurs abords s'arrêtèrent et détournèrent la tête. Joshua et son air calme ne la rassurèrent pourtant pas. Le calme finit par revenir et la plupart des élèves s'assirent sur les bancs de leurs tables respectives.
Une fois réuni avec les autres dans la grande salle sous la pression des professeurs, les joueurs de Gryffondor qui n'avaient même pas eu le temps d'abandonner leur balai, s'assirent maladroitement sur les places encore libres du banc. Un va-et-vient de professeurs faisait valser les grandes portes et les adultes échangeaient de lourds regards pleins de sous-entendus. James s'accouda face à la table et plaça sa tête dans ses mains alors que Sirius s'appuyait sur son épaule pour observer et tenter de comprendre quelque chose au remue-ménage qui régnait.
« Vous croyez qu'il s'est passé un truc de grave, demanda quelqu'un dans le bruit. »
« Vraiment, tu voudrais qu'il se soit passé quoi ? Une invasion de dragons cracheurs de feu ? »
Les hypothèses les plus extravagantes continuèrent pendant un bout de temps de parcourir les rangs mais James n'y prêtait pas attention. Il avait bien peur que ces craintes et ses suppositions antérieures ne soient fondées. Se pouvait-il que les partisans de Voldemort soient une nouvelle fois intervenus pour faire régner le chaos et la terreur ? Un autre attentat ? Pourtant, les suppositions du jeune gryffondor en restèrent là car il sentit un objet cogner sa tête. James entendit Sirius grogner sévèrement et vit les lèvres de Peter s'agiter en une petite moue typique de la stupeur et de l'inquiétude. Alors qu'il se retournait, un rire narquois retentit à ses oreilles et James se retrouva aussitôt debout sur ses pieds. Evan Rosier lui faisait face, accompagné d'une grande partie des joueurs de l'équipe de Quidditch de Serpentard.
« Alors, Potter, je suppose que tu dois être rassuré que la rencontre soit annulée. Parce que lorsqu'on admire les spécimens que tu as recrutés pour être à tes côtés, je m'étonne que tes petits camarades de Gryffondor n'aient pas encore compris que tu voulais plomber les chances de ta maison… Pitoyable ! »
La main ferme de Sirius vint appuyer l'épaule de James qui se sentit quelque peu soulagé mais n'appréciait que peu de devoir se frotter aux serpentards alors qu'une certaine angoisse régnait déjà parmi les étudiants.
« Franchement, Rosier, avant de faire des critiques sur le Quidditch, tu devrais peut-être apprendre à y jouer, lâcha James en contemplant son adversaire, les bras croisés. »
« Ou tout simplement apprendre à voler sur un balai, ajouta Sirius. »
Quelques gloussements sarcastiques se firent entendre et des élèves alentour se relevèrent pour pouvoir assister à l'affrontement. Mandy Patil bouscula Peter qui ne se fit pas prier pour rejoindre des rangs moins exposés au courroux des serpentards.
« Rosier, tu trouves le moyen de pointer ta sale figure dans un moment pareil… »
Line s'avança à côté de Sirius qui lui jeta un coup d'œil surpris. James, sans détourner la tête, vit que le visage de la jeune française, arborait une pâle couleur. Le blême de ses joues n'était pourtant pas dû au stress du match de Quidditch.
« Ha, de quoi parle donc la chouchoute du prof de combat ? »
« Ne fais pas le malin avec nous, Rosier. »
« Moi, je serai à votre place, sale Gryffondors, je n'aurai pas tant d'arrogance… »
La silhouette plus menue de Rogue venait de se glisser entre deux joueurs de Serpentard, aussi massifs que des armoires à glace. De nouveaux chuchotements s'échappèrent des rangs qui s'étaient formés derrière l'équipe de James et un certain malaise parcourut les visages.
« J'espère pour vous que vous n'aimez pas le Quidditch… sinon vous risquez bien de le détester pendant un bon bout de temps. »
« De toute façon, on aura la revanche sur vous, cracha Daphné Marlowe dont le visage était plus rouge que sa tenue. »
« Ho, je ne crois pas que Sev' ne veuille parler de ça, lança nonchalamment Michael Zabini. »
Il fit un petit effet en repliant sa cape verte immaculée d'un geste ample. Son visage fin laissa échapper un petit rictus moqueur puis reprit son impassibilité.
Si chacun avait su s'en tenir aux mots jusqu'à maintenant, c'était très certainement que le contexte n'avait rappelé à aucun que serpentards et gryffondors n'hésitaient pas à se battre à l'aide des poings et des pieds. Pourtant, le calme de Sirius ne dura pas plus et son tempérament emporté eut raison de lui. Il s'approcha d'un pas rapide et tenta de saisir le capitaine de Serpentard par le col. Aussitôt, deux élèves de sixième année se dressèrent face à lui.
« Dégagez de là, bande de gargouilles. »
« Ha, Black, sois content. Pour une fois, ce n'est pas toi que ça concerne, déclama Evan Rosier en souriant. »
Son visage prit aussitôt un air contrit et sa voix une intonation désolée en poursuivant sa phrase.
« En même, temps, il ne reste déjà plus grand chose de ta pitoyable famille, n'est ce pas ! Entre ton ramassis de père et ta crétine de sœur… »
Le poing de Sirius se leva mais Terence Fleet et Jack Funestar le retinrent et le tirèrent aux côtés de James qui était resté impassible pendant tout l'échange.
« Non, en fait, ces petites recommandations s'adressent plutôt à Potter. »
« Rosier, dis-moi immédiatement ce que tu sous-entends, sinon je te jure de te faire cracher tes aveux après avoir bien imprimé les motif du carrelage sur ton joli profil . »
A cet instant, Lily apparut sur le côté et voyant l'attroupement, n'hésita pas à bousculer ses condisciples. Ces cheveux flottaient sur ses épaules et ses grands yeux verts possédaient une étrange fixité, presque inquiétante. Certains la dévisagèrent avec la crainte de recevoir une punition mais ils auraient du se douter que quelque chose avait profondément perturbé la jeune fille.
« Potter, Rosier, retournez à vos places ! C'est valable aussi pour les autres… Je doute que l'instant soit bien choisi pour un règlement de compte. »
La préfète renifla et Sirius détourna la tête pour découvrir des paillettes mordorés dans le regard presque lourd de larmes de Lily.
« Lily, qu'est ce qui s'est passé ? Tu sais quelque chose, articula t'il avec difficulté. »
« Si vous ne vous séparez pas immédiatement, j'appelle un professeur, argua Lily en déglutissant. »
« Ta gueule, la sang de bourbe, cracha Rosier sans même dévisager la petite préfète. »
Lily s'enfuit entre un vague espace laissé par deux serpentards, très certainement pour aller chercher un professeur, tel qu'elle l'avait menacé.
« Lily a raison. Reviens t'asseoir. Ca ne sert à rien, déclara froidement Line. »
« Rien à foutre, Darcey, de tes conseils ! Je ne vais tout de … »
Line s'avança vers lui et se planta en face du gryffondor. Bien qu'elle soit plus petite, elle se saisit des deux mains gantées de cuir un peu usé du capitaine.
« James ! Je suis désolée de te le dire… mais ton cousin, John Potter, il faisait parti de l'équipe d'Angleterre ? »
Une certaine incompréhension voila le regard noisette du jeune homme. Il eut un mouvement de recul puis dévisagea avec effroi le regard sévère de Line.
« Qu'est ce que John vient faire là dedans, demanda Sirius. »
« Line… Pourquoi as-tu dit… 'faisait parti'… Ne me dis pas que… »
La Française baissa lentement la tête mais tous entendirent distinctement sa voix légèrement marquée par son accent.
« Il y a eu un problème lors du match qui avait lieu près de Birmingham. Je suis désolée, James, mais ton cousin n'a pas survécu. »
Les poings du garçon se refermèrent brutalement sur les petites mains de Line et il les serra de toutes ses forces.
« Ha, voir Darcey faire le sale boulot, ça fait tellement plaisir, n'est ce pas, Sev', déclara Evan Rosier, les mains dans les poches. »
James n'eut pas le temps de sentir les larmes couler d'entre ses paupières car il se jeta férocement sur Evan Rosier, dont le sourire s'était agrandi pendant tout le petit dialogue. Aussitôt, la situation dégénéra. L'affrontement ne fut plus qu'un chaos monstrueux. James, ivre de rage, voulut frapper Rosier mais il ne parvint qu'à le plaquer brutalement à terre avant que l'autre ne lui échappe. La bagarre ne dura pourtant que quelques minutes avant qu'une détonation ait lieu et que la plupart des participants se retrouvent avec une baguette face à eux.
James releva la tête alors que Sirius le soutenait par le bras et découvrit aux côtés de la timide Lily Evans, la puissante silhouette et le regard outragé d'Aléïchem Wace. L'homme avait beau être déjà âgé d'une quarantaine d'année, on sentait émaner de lui une aura puissante et nerveuse qui s'illustrait parfaitement dans la tension des muscles de son visage.
« Vous, je vous conseille de ne plus bouger, déclara t'il froidement à Rosier qui tentait de se reculer. »
« C'est aussi valable pour vous, Potter et Black. »
James eut la surprise de voir Magdalene Latzich, ses cheveux courts rebiquant dans sa nuque mais le visage bien décidé. Toute gentillesse et condescendance avaient quitté son regard noir habituellement si rieur.
« Je ne suis pas là pour faire une morale et je n'ai pas la possibilité de vous faire regretter vos actes, jeunes gens, mais soyez certains que cela aura des répercutions, déclara la flèche en rengainant sa baguette. »
« En un tel moment, vous devriez avoir honte de vous ! Regagnez vos places, je vous le conseille. Et au prochain incident du genre, je ne me retiendrai pas d'intervenir. »
James avala avec difficulté sa salive et Sirius le tira presque pour s'asseoir sur le banc le plus proche. Il appuya son front sur son poignet et sa bouche s'ouvrit pour laisser s'écouler un long gémissement de désespoir. Autour d'eux, un calme relatif revint, dû au fait que McGonnagal venait de monter sur l'estrade des professeurs.
James, les yeux fermés, les paupières crispées et en feu, n'entendit qu'avec une oreille distraite les vaines paroles d'explication de la directrice adjointe à propos de l'attentat. Puis après un bref silence et un froissement de parchemin, une longue liste de noms s'égrena aux oreilles des élèves. Assez souvent, on entendait un hoquet de douleur ou de lourds sanglots pour accompagner les noms des victimes qui avaient eu la mauvaise idée d'assister à une des rencontres amicales de l'équipe d'Angleterre contre les Hollandais. Et parmi ces disparus, le nom de John Potter vint tardivement s'ajouter, un des jeunes espoirs de l'Angleterre qui n'aurait plus jamais la chance de voler.
fin du chapitre 7
12 juillet 06
