Un peu de romance dans l'air ! Se pourrait-il que nos deux héros se rendent compte qu'ils ont intérêt à sortir ensembles pour avoir dans quelques années un petit binoclard ? Hum hum, pas encore sûr. Mais allez vérifier par vous-même !

Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.

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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.

Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.

Auteur : Elizabeth.

Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.

Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.

Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).

Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.

Résumé du chapitre précédent :

La vie reprend son cours à Poudlard après les tragiques évènements. Lily est convoqué par Owen Greylake devant la directrice adjointe. Ce dernier paraît avoir découvert les particularités du flux magique de Lily mais McGonnagal en reste peu convaincue. Alors qu'elle organise une réunion des préfets pour préparer la fête de Noël, Lily craque devant les sous-entendus mesquins que lui adressent certains sur le fait qu'elle soit d'origine moldue.

Affligée, la jeune fille reçoit une étrange lettre d'Avery Nott qu'elle retrouve dans un pub miteux à Pré-au-lard. Le jeune homme a cependant un étrange discours : il lui propose de le rejoindre dans ses actions et semble ne pas avoir oublié l'amour qu'il portait à la jeune fille. Les menues catastrophes s'ensuivent et Lily finit la soirée, déprimée, dans un bon bain où elle manque de se noyer. Heureusement, James Potter intervient à temps.

Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :

Darcey Line : Gryffondor, 7° année, poursuiveuse. Grand amour de Remus, cette française revient cependant en tant qu'apprentie de son tuteur, Roland Yaltes.

Tolstoï Dimitri : Serdaigle, 6° année, batteur. Jumeau de Natacha.

Tolstoï Natacha : Serdaigle, 6° année, batteuse. Jumelle de Dimitri.

Johnson Andrew : Serdaigle, 7° année, poursuiveur.

Spencer Fran : Poufsouffle, 4° année, poursuiveuse.

Crivey Henry : Poufsouffle, 5° année.

Miyoka Natsu : Poufsouffle, 5° année, poursuiveuse.

Brook Joshua : Poufsouffle, 6° année, préfet en chef. Simple et gentil, il est issu d'une famille moldue.

Penwood Agatha : Poufsouffle, 7° année.

Vinterberg Sara : Poufsouffle, 7° année, poursuiveuse

Korn Janet : Serpentard, 7° année. Aspirante mangemort qui tient souvent tête à Evan Rosier.

Pasternack Tatiana : Serpentard, 7° année. Aspirante mangemort au sale caractère. Même ses camarades n'apprécient pas toujours son humour et son manque de finesse.

Rosier Evan : Serpentard, 7° année, préfet. Aspirant mangemort Un esprit pervers, retord et vicieux, avide d'imposer son ordre et sa force à tous ceux qui l'entourent. Sa haine envers Lily l'a déjà opposé à la préfète.

Zabini Michael : Serpentard, 7° année. Aspirant mangemort. L'intellectuel qui malgré ses airs calmes et froids suit avec plaisir les idées de ses camarades. Bien plus dangereux qu'on ne pourrait le penser.

Brocklehurst Ignatus : Professeur de potions et directeur de Serpentard. Méchant, autoritaire et pas beau : tout pour le poste !

Greylake Owen : Remplaçant de Flitwick qui reste cependant bien mystérieux. Il est peu sympathique et personne ne sait rien de ses intentions alors que d'étranges phénomènes se produisent autour de lui.

Lazitch Magdalene : Dite 'Maggy'. Elle se trouve à Poudlard par ordre de Dumbledore et dirige en temps normal une escadrille de flèches (l'élite des sorciers volant sur balais). Très sympathique sorcière avec beaucoup d'humour (ce qui ne plait pas forcément à tous ses collègues).

Parkinson Susan : Ancienne Serpentard et mangemort. Sûre d'elle, elle a une âme de chef et remet à sa place quiconque ne respecte pas les hiérarchies (aussi stupides soient elles).

Travers Luke : Ancien Serpentard et mangemort. A eu des démêlés avec Lily et ses camarades.

Yaltes Roland : Professeur de combat venant de France et tuteur de Line

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LE REQUIEM DE L'ESPOIR

3 Le réveil des légendes.

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Chapitre 9 : LE CŒUR QUI BAT.

Evan Rosier prit une mine très concentrée, ses sourcils froncés et il leva son pied droit qui passa au travers du miroir. En un instant, il s'engouffra entièrement à travers le miroir et disparut de la vue de ses camarades. A leur tour, les autres Serpentards disparurent. Parmi eux, les septièmes années paraissaient les plus assurés, même s'ils préféraient rester silencieux. Le seul qui aurait osé être détendu était très certainement le préfet de Serpentard.

Cela faisait assez longtemps qu'ils n'avaient eu de rendez-vous discrets avec les agents du seigneur noir. Voilà deux ans déjà qu'ils avaient juré un serment d'allégeances et sentaient depuis la marque encore douloureuse du fer qui avait servi à les marquer. Il était maintenant venu d'amener à leur tour de nouvelles recrues. Etant encore étudiants à Poudlard, ils restaient des agents dormants, se contentant d'observer les nouvelles dans les journaux pour découvrir avec une satisfaction à peine voilée les attentats perpétrés par les mangemorts.

La pièce dans laquelle ils se retrouvèrent était légèrement enfumée et un bruit de fond, composé de grognements et de paroles vagues, planait.

Il n'y avait aucune source de lumière et ils restèrent ainsi blottis dans le noir pendant quelques instants avant qu'une voix féminine assez sèche retentisse de l'autre bout de la pièce.

« Annoncez-vous ! »

Evan Rosier, à qui était échu le rôle de direction des opérations dans le cadre de Poudlard, s'avança avec raideur.

« Je ne suis rien que poussière entre les mains de mon maître… »

« Excellent. »

Quelqu'un prononça le sortilège 'Lumos' et une douce lumière laissa apparaître un décor assez minable. Dans un coin, un canapé défoncé semblait invité les nouveaux venus à s'asseoir tandis que deux adultes se tenaient face à eux. La jeune femme avait des cheveux frisés bruns qui lui arrivaient aux épaules. Evan Rosier remarqua qu'elle avait sensiblement minci depuis qu'il l'avait vu alors qu'elle n'était encore qu'élève à Poudlard. Susan Parkinson semblait avoir mûri : ses joues avaient perdu leur trop plein et son regard s'était affûté. Elle scruta les visages des nouveaux venus avec attention, s'arrêta en découvrant quelques nouveaux visages inquiets et fébriles.

« Tiens, je ne savais que tu allais être là, Travers…, lança entendre Rosier avec malice. »

Le mangemort était debout, le dos collé contre un des piliers de pierre qui encadraient l'âtre d'une ancienne cheminée qui n'avait pas du être utilisée depuis des siècles.

« Je serai ton nouvel intermédiaire, Rosier, que tu le veuilles ou non, grogna Luke Travers. »

Le jeune homme était assez massif, très grand et penchait la tête pour pouvoir se tenir droit. Ses épaisses mains craquèrent et il s'approcha à son tour du petit groupe de nouveaux venus.

« On va d'abord voir ces nouvelles recrues puis on parlera un peu plus sérieusement de ce que le maître attend de vous… »

« Pourquoi est-ce que ce n'est plus Flint qui prend contact avec nous, demanda Janet Korn sans même daigner redresser la tête alors qu'elle contemplait une araignée. »

Les cheveux roux de la jeune fille se baladaient sur son visage et lui donnaient un air un peu sauvage que ne démentait pas son caractère renfermé et peu sociable. Son unique but semblait les questions qui dérangeaient mais elle prenait soin de le faire d'un air totalement désintéressé, juste pour mettre le doigt là où ça fait mal.

« Vous n'avez pas à poser de questions, rétorqua Susan Parkinson en s'installant dans un vieux fauteuil au dossier crevé. »

« Si je suis sur cette mission, c'est que le maître me l'a demandé et que je suis le mieux placé pour cela. Mais si vous avez des réclamations, vous pouvez toujours aller les lui faire directement, ajouta Travers avec un rire de gorge enroué. »

Un lourd silence envahit la pièce poussiéreuse qui fut bientôt interrompit par un léger toussotement. Evan Rosier s'était assis dans un fauteuil aux accoudoirs pelucheux et au dossier plus qu'avachi. Il installa ses bras avec aise et pencha la tête en arrière, quelques mèches de cheveux glissant sur son visage.

« Au fait, je croyais que le sujet de cette réunion concernait ce que tu avais demandé la dernière fois… Cette personne est là, comme convenue… Et elle est venue de son plein gré ! Etonnant de sa part, non ? »

Quelques chuchotements parcoururent les rangs et enfin une silhouette voûtée s'avança de quelques pas. Son visage était pâle et la personne se tordait les mains avec angoisse.

« Hum, grogna Travers. Alors, je crois qu'on va s'entendre tous les deux, n'est ce pas ? »

Le mangemort fit un pas en avant et prit un air mauvais qui faillit ébranler le peu de courage qui avait persisté dans l'apparence de l'autre.

« Tu sais pourquoi tu es ici…. »

« Non, bredouilla l'inconnu en baissant la tête. »

« Il se trouve que notre maître envisage de passer un accord avec toi… Tu sais quel en est l'enjeu, il me semble. »

Un nouveau hochement de tête. Les aspirants mangemorts regardaient avec attention la silhouette malingre se tordre d'appréhension devant la carrure impressionnante de Luke Travers. Il n'y avait parmi eux non seulement des serpentards mais aussi quelques poufsouffles, un couple de Serdaigle et deux nouveaux appartenant à Gryffondor. Car contrairement aux idées reçues, les serpentards n'étaient pas forcément les premiers à se précipiter dans les rangs du fameux mage noir. Quelques récalcitrants avaient boudé les propositions aguichantes

d'un air méprisant ou désobligeants.

« Pff, c'est pas beau de trahir ses convictions, marmonna un sixième année en ricanant. »

« En même temps, on ne lui laisse pas trop le choix, ajouta Michael Zabini qui semblait prendre un certain plaisir à voir l'individu torturé ainsi, acceptant de servir les mangemorts sous le chantage. »

Evan Rosier contemplait avec satisfaction la jeune personne qu'il avait gentiment amenée à se rendre à cette réunion. Il se souvenait parfaitement du regard perplexe puis inquiet qu'avait pris l'autre.

« Nous allons parler plus amplement des modalités un peu plus tard. Vous autre, vous pouvez disposer, répliqua Travers en tournant le dos aux élèves. »

« Et on a droit à aucunes informations, cria Tatiana Pasternack avec humeur. C'est pour quand la prochaine opération ? »

« Pasternack, quant tu seras sur le terrain, tu pourras te permettre de faire des commentaires. Mais pour l'instant, tu continues gentiment à chauffer tes fesses dans ce vieux château ! »

Susan Parkinson avait toujours l'autre jeune fille en grippe, son ton était incisif et la serpentard battit en retraite, suivant ses camarades pour retourner à Poudlard.

Pendant ce temps, la personne non rassurée de se retrouvait seule avec les deux mangemorts et acquiesçait de la tête à ce que lui chuchotait Luke Travers, un sourire mauvais sur les lèvres.

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James était d'humeur plutôt maussade. Il avança encore sur quelques mètres avant de descendre un escalier de pierres humides pour pénétrer dans les cachots. Les cours de potions n'étaient pas son fort et voir le visage repoussant de Brocklehurst et subir sa mauvaise humeur le rendait d'avance bougon.

Depuis qu'il avait appris la mort de son cousin, James avait eu quelques mauvaises passes. Les deux premières semaines, il les avait passées seul dans son coin, les genoux regroupés contre sa poitrine et les bras croisés, quelques larmes au coin des yeux dès qu'il le pouvait. Sirius, compréhensif, l'avait laissé face à lui-même mais le jeune homme savait que le temps ne rendrait la douleur que plus supportable et ne la guérirait pas.

Le week-end à Pré-au-lard n'avait même pas diverti le garçon mais rencontrer ainsi Lily Evans, surtout le soir où il l'avait surpris dans la salle de bain, l'avait distrait de ses pensées moroses.

Le lendemain de l'incident, la préfète en chef n'avait pas semblé différente des autres jours. Elle travaillait, le nez à quelques centimètres de ses grimoires, sortant de son état studieux pour réclamer le calme lorsque quelques premières années faisaient trop de bruit. Lily paraissait toujours autant l'ignorer mais à présent, James lui prêtait une attention grandissante.

Car s'il l'avait observée d'abord par curiosité, le gryffondor avait découvert chez la jeune fille ce qu'il n'avait tout d'abord aperçu qu'à l'état de prémices. Ses yeux verts pétillaient lorsqu'elle discutait avec ses amies et James adorait la voir tourner entre ses doigts une mèche de cheveux roux.

Sirius vint coller une grande claque dans le dos de James, qui sortit aussitôt de sa torpeur. Le jeune homme à lunettes répliqua par un léger coup de poings dans l'abdomen de son meilleur ami.

« En forme à ce que je vois, déclara Remus d'un ton neutre. »

« Plutôt, j'ai hâte d'avoir cours de combat, répondit Sirius avec sa bonne humeur habituelle. »

James retrouva son air maussade pour déclarer qu'il leur faudrait d'abord passer entre les griffes de Brocklehurst.

« Et qu'est ce qui te met de si bonne humeur, Sirius, demanda Peter. Je ne vois pas l'intérêt de se faire taper dessus, personnellement. »

Sirius recoiffa une mèche de cheveux qui lui barrait le front et poussa un soupir théâtral.

« Tu ne peux pas comprendre, Peter. Il faut travailler avec le bon partenaire… »

Il était en effet indubitable que le combat était une matière qui correspondait parfaitement aux capacités de Sirius. Ce dernier était fin, rusé, rapide et imaginatif : aucunes de ses attaques ne se ressemblaient et James regardait parfois avec une pointe d'admiration les prouesses de son ami. Pourtant, certains étaient encore capables de réfréner les affres de la réussite de Sirius Black.

« En tout cas, pour une fois, je trouve dommage qu'on ne partage pas ce cours avec les serpentards. Je suis certain que je serai encore plus motivé pour leur lancer quelques sorts de troisième catégorie. »

« Ose répéter ça, grogna Remus. »

Le jeune Lupin avait accepté d'être le partenaire de Sirius lors du dernier cours et bien mal lui en avait pris car Sirius n'avait pas résisté à l'envie d'une parade défensive qui avait mis le jeune homme KO pour un bon moment.

Le petit groupe arriva devant la porte du cachot qui était déjà grande ouverte. Les élèves de l'heure précédente se dépêchaient de sortir, accompagnés d'une forte odeur nauséabonde. Les septièmes années reculèrent, écœurés, la manche devant le visage. La voix grinçante de Brocklehurst les appela de l'intérieur de la pièce et c'est avec réticence que les maraudeurs s'y glissèrent.

L'homme était debout, sa baguette à la main, l'air nerveux comme à son habitude. Ses longs doigts tordus s'accrochaient sur ses manches mais il gardait un œil perçant face aux élèves qui s'asseyaient rapidement dans le cachot.

« Aujourd'hui, vous me réaliserez un élixir hallucinatoire puis un filtre de désabusions. J'ose espérer que ce sera moins horrible que ce qu'ont osé me rendre la plupart de vos camarades de Serdaigle. Bien qu'avec certains, on sache déjà à quoi s'attendre… »

Le professeur accompagna la fin de sa tirade d'un grognement bougon et loucha étrangement sur Peter qui se tassa sur son siège. James se retrouva avec Agatha Penwood, une jeune fille de Poufsouffle. Il récupéra les ingrédients qui lui semblaient primordiaux à la première potion et se mit aussitôt à écouter les conseils avisés de la jeune fille.

« Tu vois, si on prend en compte la loi d'équivalence de… »

James hocha la tête, il était agréable pour une fois de ne pas avoir à se torturer l'esprit. Habitué à faire équipe avec Sirius et ce dernier ayant décrété abhorrer pour cette matière, l'autre était obligé de feuilleter fébrilement les pages de son manuel en espérant trouver une solution au gros bouillonnement de son chaudron. L'application de sa coéquipière permit à James de se contenter des taches ingrates mais qui le satisfaisait largement : éplucher sa noix vomique, peser avec précision la quantité de poudre de colchique…

Cela lui permit d'observer les autres élèves. Le matin-même avaient été annoncées les réjouissances de Noël et James s'était rendu compte que le bal ne serait que dans à peine deux semaines. Jusqu'à maintenant, il avait trouvé lassant de devoir refuser les demandes de troisième année et il s'arrangeait toujours pour être accompagnée par une jeune fille qui ne passerait pas la soirée à le submerger de paroles futiles.

Mais cette année, James était décidé à choisir lui-même celle qui l'accompagnerait au bal et après quelques hésitations, il s'était décidé à demander à la préfète en chef de l'accompagner. Il savait bien au fond de lui que la jeune fille ne le laissait pas indifférent et cela depuis très certainement longtemps. L'an passé, déjà, il s'était presque fâché avec Sirius, croyant que ce dernier avait les faveurs de la rouquine.

« Il vous reste une demi-heure, lança la voix sordide du professeur. »

James regarda Agatha prendre une cuillerée de d'élixir et en placer le contenu dans une fiole qu'elle lui tendit.

« Occupe-toi de ça pendant que je termine l'élixir, souffla t'elle. »

James opina du chef et se mit à calculer le nombre d'ingrédients qu'il devrait ajouter à la base bleutée pour obtenir un antidote.

A quelques rangs de là, Sirius s'était levé pour la quatrième fois de la séance et demanda à Line une rectification sur un dosage sans grande importance. La jeune française affairée, prit tout de même le temps de le regarder de travers, offrit un sourire moqueur au jeune homme avant de lui répondre.

« Dis donc, Sirius, je te manque tellement que tu te sens obligé de venir m'importuner toutes les cinq minutes ? Ca ne te suffit pas que j'accepte de m'entraîner avec toi. »

« Mais non, qu'est ce que tu vas t'imaginer, Line, répondit Sirius sur un ton mielleux. »

« J'espère bien car sinon, je suis sûre que Remus sera ravi de savoir l'intérêt que tu me portes, non ? »

Les deux continuèrent ainsi à palabrer pendant quelques minutes mais aucun n'était dupe. James avait remarqué que le regard noir de son ami se posait surtout sur la voisine de Line. Sarah Vinterberg était appliquée au-dessus de son chaudron et n'avait même pas remarqué les manœuvres malhabiles de ce charmeur de Sirius. Il pouffa discrètement et reprit la lecture de son paragraphe.

Brocklehurst annonça la fin de l'heure et passa dans les rangs pour relever les échantillons de potions. Remus paraissait assez satisfait de lui tandis Peter tendit le flacon au professeur d'une main tremblante.

Dans le couloir, James s'apprêtait à se diriger vers les escaliers quand il entendit que deux élèves s'interpellaient. Le second répondit qu'il avait entraînement de Quidditch et le jeune homme sentit à nouveau en lui quelque chose de douloureux.

Au cours de Combat, James eut à nouveau l'esprit troublé et il s'aperçut plusieurs fois que le regard suspicieux de Roland Yaltes se posait sur lui. Heureusement, le cours était théorique et le garçon se perdit rapidement dans la contemplation du paysage venteux du dehors.

La fin de l'heure arriva finalement rapidement mais les élèves grognèrent en entendant les devoirs que leur rajouta le nouveau professeur.

« Tu viens, James, on passe à la bibliothèque pour Remus, demanda Peter. »

« Non, j'ai à faire… je vous retrouverai tout à l'heure. »

Un silence malaisé s'installa mais Sirius reprit rapidement la parole. Son air réjoui ne présageait rien de bon.

« Quant à moi, j'ai rendez-vous, minauda Sirius en se frottant les mains. »

« On peut savoir avec qui, demanda Peter avec curiosité. »

« Une certaine jeune fille très douée en combat… qui accepte de me donner des cours particuliers…. »

Remus eut un soulèvement de sourcils puis reprit son air blasé.

« Pas trop particuliers, j'espère… Je vous retrouverai d'ici une heure devant la salle d'entraînement. Soyez ponctuels. »

Ainsi, Sirius partit d'un pas rapide en suivant Line, que James regarda s'éloigner d'un air morne. La silhouette frêle de Remus accompagnée de celle courte et trapue de Peter sortirent de son champ de vision et le gryffondor ôta ses lunettes en poussant un soupir. Le couloir était à nouveau désert, tout le monde était parti profiter de quelques heures de libres avant le souper.

« Et bien, Potter, encore tout seul ! Décidément, à force de prendre goût à la solitude, vous finirez hermite. »

La voix joyeuse et aiguë de Magdalene Latzich s'accompagna d'une amicale main sur l'épaule. James était bien plus grand que la jeune femme mais la flèche ne se laissait jamais déstabilisée par qui que ce soit.

« Venez avec moi, Potter. Je crois que ça vous fera du bien de vous changer les idées et de parler. »

« J'ai mes amis pour cela, répondit un peu sèchement James en faisant un pas pour se dégager de la jeune femme. »

« Mais pour l'instant, vous êtes tout seul. Et puis, je ne crois pas qu'on ait forcément envie de tout dire à ses amis. »

Vaincu par tant de certitudes, James finit par emboîter le pas à la jeune femme et tous deux sortirent dehors malgré le temps presque hivernal. Un vent froid soufflait depuis les sommets gelés qui entouraient la vallée de Pré-au-lard et les nuages gris acier qui stagnaient au-dessus de Poudlard paraissaient éternels.

James rétrécit sa foulée pour permettre à la jeune femme de rester à ses côtés mais celle-ci s'en aperçut.

« Pas de condescendances avec moi, Potter. Vous savez pertinemment que sur un balai, vous ne valez rien face à moi… »

Son ton mordant et moqueur finit par arracher un sourire mitigé au garçon.

« Vous êtes bien prétentieuse… »

« Et vous taciturne, jeune homme… »

Un instant de silence s'installa entre eux tandis qu'ils poursuivaient leur promenade vers le stade de Quidditch. James se figea d'abord en apercevant la stature massive de l'enceinte de bois mais Maggy le prit par le bras et l'encouragea à pénétrer à l'intérieur pour s'asseoir sur les gradins.

« Je sais que vous êtes mal à l'aise, Potter, mais il ne faut pas que vous attachiez la mort de votre cousin à tout ce qui se rapporte au Quiddtich. »

« C'est facile pour vous de dire ça, grogna James en détournant la tête, le menton emmitouflé dans son écharpe. »

« Vous savez, j'ai déjà perdu des collègues et des amis dans mon travail. Et j'ai dut surmonter ça, moi aussi. »

« Sauf qu'eux avaient choisi de s'engager et savaient les risques qu'ils encouraient… Pas mon cousin ! »

« C'est exact, Potter. Mais consciente ou non, la mort d'un individu reste quelque chose de tragique. Surtout que votre cousin était promis à une brillante carrière… »

« Vous l'avez vu volé, demanda James avec curiosité. »

« Oui, mais lorsqu'il n'était pas encore en équipe nationale. Il avait un jeu assez serin…Chose assez rare pour être remarquée ! »

Dans les airs, les joueurs de Serdaigle s'échauffaient et de la bouche de chacun sortait un ruban de fumée opaque. La séance d'entraînement commença par des tirs au but. La jeune gardienne ne s'en sortait pas trop mal si on comptait ses doigts sûrement engourdis, son manche à balai glissant et qu'une légère brume masquait parfois les manœuvres des poursuiveurs.

« Et bien, je ne sais pas d'où sortent ces deux là mais ils n'ont pas l'air très appliqués, rétorqua Maggy en pointant du menton les batteurs. »

En effet, tous paraissaient jouer à chat plutôt que de suivre avec application les indications que le capitaine Johnson lançait d'une voix éraillée.

« Hum… Ce sont les jumeaux Tolstoï, répondit James. Johnson les a pris parce qu'ils sont excellents mais il doit en subir les conséquences… Ils sont intenables ! »

Un cognard apparut de nulle part et les deux frères et sœurs se lancèrent dans un ballet aérien vertigineux qui donna rapidement la nausée à James.

« Je vais rentrer, grogna James. J'ai du travail qui m'attend ! »

« Très bien, Potter. Mais pensez à venir plus souvent regarder le Quidditch en ma compagnie. »

« J'essaierai, lança le gryffondor en disparaissant. »

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Il essuya d'un revers de sa manche la sueur qui ruisselait de son front, grinça des dents et fit un pas en avant pour reprendre son attaque. Mais la fatigue commençait à se faire ressentir, la pointe de la lame de son adversaire frôla telle un éclair son avant-bras et macula d'une fine gerbe de sang vermeil le devant de sa chemise. Sirius pesta, entreprit une parade défensive, enchaînant des petits pas.

La lame de son épée fit toutefois un adroit moulinet et celle de son adversaire dévia le coup dans une gerbe d'étincelles pour atterrir au sol.

Cela faisait presque une heure que Sirius et Line s'étaient lancés dans un combat sans merci. Les deux fins bretteurs s'étaient tout d'abord taquinés du bout de la lame, échauffant leurs muscles pour l'intense effort qui allait suivre. Line était vêtue d'une tenue de combat conforme aux règlements des compétitions. Son pantalon noir et cintré était rentré dans de légères bottes de cuir brillant. Elle avait laissé sa chemise agrafée tandis que Sirius avait abandonné son pull rouge et or et sa cravate. Le jeune homme avait lancé à Line un regard aguicheur pour plaisanter alors qu'il remontait ses manches et entrouvrait son col.

« Tu ne m'aurais pas au charme, Sirius. Je serai impitoyable, lança Line qui attachait les boucles de ses bottes. »

« J'espère bien ! Puis de toutes façons, je n'ai pas envie d'encourir les foudres de Remus. »

Line regarda le jeune homme avancer dans la salle d'une démarche détendue, les mains dans les poches de son pantalon, un sourire railleur sur les lèvres. Il fallait bien l'avouer, parfois, l'arrogance effrontée de Sirius Black lui donnait une envie de dégainer sa lame et de le titiller pour vérifier ce qu'il valait.

Un pas maladroit ainsi qu'une dalle branlante déséquilibra le gryffondor qui fit un moulinet de ses bras endoloris. Sirius se retrouva bloqué contre la paroi sculptée et eut heureusement le réflexe de baisser sa tête pour éviter l'attaque fulgurante de Line. La jeune fille pesta mais voyant que Sirius avait abandonné son arme, elle le poursuivit d'un pas léger et rythmé. Sirius se plaqua au sol, fit une galipette mais Line le suivit comme son ombre. Les cheveux dorés balayant son visage pâle, Sirius n'entrevit que le regard froid et décidé de la jeune fille qui finit par lui lancer un sourire amusé. Se redressant Sirius braqua son bras pour se protéger d'un coup d'estoc puis attaqua. Line para une réplique de coup de pieds, pivota et abattit son épée sur le côté.

Les deux combattants se regardèrent intensément alors qu'un léger souffle de calme régnait encore pour quelques instants dans la salle. Un tic fébrile parcourut le visage de Sirius qui fit un mouvement des yeux mais Line ne fut pas dupe de la ruse. Faisant sauter son épée dans sa main droite, la jeune fille fut assez prompte pour sortir sa baguette.

« Hé, attends ! On n'avait jamais parlé de ça, glapit Sirius. »

Seul, sans armes, le jeune homme blêmit et ne put qu'esquiver le jet d'étincelles violettes de la Française. Sa souplesse et sa vigueur lui permirent d'esquiver ainsi deux autres attaques mais à la quatrième, son esquive ne lui fut que de peu d'utilité. Le sort le frappa à l'épaule qu'il agrippa aussitôt.

Line s'arrêta pendant quelques instants et après une pirouette, lança son épée en l'air. Sirius saisit l'occasion pour s'en emparer.

« Maintenant, désarme-moi, Sirius, lança Line en rabattant une mèche de cheveux humides sur son front. »

« Une vulgaire épée contre une baguette… C'est pas très équilibré tout ça, nan ? »

« Tu poseras la question au sorcier qui te l'aura fauché dans ton premier combat ! »

Les deux gryffondors se lancèrent tous deux dans une dernière attaque. Sirius ramena la lame devant son visage et poussa un râle libérateur tandis que Line se mettait de profil, la baguette face à son visage.

Un frisson parcourut le bras de Sirius qui ferma d'instinct les yeux… Des images floues lui revinrent en mémoire… La première fois qu'il avait fait de la magie… Le rire de sa sœur, le parfum de sa mère, la voix grave et vigoureuse de son père… Puis le tout se fondit dans un brouillard coloré et il sentit son corps se projeter vers l'avant.

Une douleur fulgurante lui déchira le torse et il s'écroula par terre. Line s'accroupit et se pencha sur le jeune homme, ses doigts se promenant dans son dos et sa nuque.

« Dis donc, je croyais que je ne te plaisais pas ! »

« Quel esprit tordu, Black, rétorqua Line vexée. Je vérifie juste quelque chose… »

« Et quoi donc, marmonna Sirius en se redressant maladroite sur les genoux. »

Voyant que Line ne se redressait pas et s'asseyait même en tailleur, Sirius se laissa aller. Heureusement pour lui car son corps était perclus par la fatigue, il sentait presque les courbatures l'élancer à des endroits de son corps dans lesquels il aurait juré qu'il n'y avait que du gras.

Line tendit sa baguette vers le front empourpré du garçon et fit disparaître le filet de sang qui avait tracé un sillon sombre sur sa joue gauche.

« Alors, tu m'expliques ce que tu regardais, demanda Sirius avec curiosité. »

« J'ai pu te battre seulement parce que je savais où se trouvait ton centre névralgique magique, répondit Line sur un ton savant. »

« Centre névralgique… Tu parles du centre magique… »

« Oui, effectivement, répondit Line en attachant ses mèches de cheveux qui flottaient au niveau de son cou. C'est de cet endroit que s'écoule toute la magie d'un sorcier, un peu comme le cœur pour le sang. »

« Et comment tu l'as trouvé ? Je pensais que c'était très dur à faire et que seuls les grands sorciers savaient ça avec précision. »

« C'est ce qu'on raconte, laissa échapper Line avec un soupir blasé. Mais pendant mon année passée en France, j'ai appris bien plus de choses que je ne l'aurai cru au début de ma formation…Pour en revenir au point névralgique, c'est simplement qu'il faut apprendre à visualiser les champs de magie, chose que la plupart des grands sorciers cachent. »

« Et moi, c'est où précisément, demanda Sirius avec inquiétude. »

« Ici, déclara Line en tendant deux doigts juste au-dessus du cœur. »

Tous deux finirent par se relever et Line fit léviter deux serviettes pour qu'ils puissent s'éponger le front. Une lumière terne tombait des ogives placées au croisement des hautes voûtes. Il allait bientôt être l'heure de se rendre dans la grande salle.

« C'est Yaltes qui t'apprend tout ça, demanda Sirius, la tête encore coincée dans l'encolure de son pull. »

« Ma mère a finit par accepter que je rentre comme apprentie dans la guilde d'Artémis. Les sorciers qui pratiquent le duel ou le combat au sabre sont nombreux en France mais la guilde regroupe les meilleures lames du royaume de France et même du monde. »

« Pourquoi as-tu choisi Roland comme tuteur ? Il est si bon que ça ? »

Line ne put s'empêcher de rire ouvertement de l'ignorance de Sirius. Agacé, Sirius ôta son pull qu'il ne parvenait à remettre. La jeune française avait retrouvé un visage parfaitement calme et la rougeur de ses joues avait disparue depuis plusieurs minutes déjà alors que Sirius continuait à entrecouper ses phrases par de profondes respirations.

« Ca se voit que tu ne l'as jamais vu pratiqué… Et encore, je ne l'ai vu qu'à l'entraînement mais il est impressionnant. Mais ce n'est pas moi qui l'ai choisi, ce sont les anciens qui m'ont désigné à lui car ils savaient que j'avais déjà fait un an d'étude à Poudlard. »

« Tu veux dire qu'en réalité, ce n'est pas toi qui as décidé de revenir en Angleterre ? »

« Bien sûr que non ! En tant qu'apprentie, je fais ce qu'on me dit, c'est tout. »

« Et pourquoi Yaltes a été envoyé en Angleterre…. De plus à Poudlard ? C'est étrange, non ? »

A ce moment là, une porte grinça et les deux duellistes se retournèrent pour découvrir Roland Yaltes qui était élégamment vêtu de son uniforme de lame. Sirius se sentit un peu gêné en constatant que le professeur avait du écouter leur conversation depuis longtemps. Il déglutit, attrapa sa cravate qu'il posa vaguement sur son épaule et se saisit de son pull.

« Alors, Black, j'espère que vous avez suffisamment fait travailler mon apprentie, déclara Yaltes en souriant avec humour. »

« J'ai plutôt peur que ce soit elle qui m'ait exploité, professeur. J'ai l'impression d'avoir été transformé en carpette… »

« N'exagères pas, Sirius. »

« Bien, je pense qu'il est temps d'aller vous sustenter après un tel effort, vous deux. De plus, Monsieur Lupin attend dehors… »

Sirius se claqua la main sur le front, poussa un grognement et s'excusa auprès du professeur. Il courut jusqu'à la porte pour découvrir Remus, un sourire narquois sur le visage.

« Ca va, je ne dérange pas, j'espère ? »

« Non, on avait fini. Mais si tu attends Line, je crois que Yaltes veut lui parler en aparté. »

Remus fit une petite moue insatisfaite et Sirius lui emboîta le pas à travers les couloirs.

« J'aimerai bien que Yaltes ait un peu plus de copies à corriger, ça me laisserait plus de temps pour voir Line, souffla Remus. »

« C'est pas gagné, mon pauvre 'mumus ! »

xxx

Lily feuilleta d'un air inspiré son livre de runes et nota une traduction approximative des symboles qu'avait donné le professeur lors du dernier cours. Il n'était pas facile de choisir le degré de signification des symboles griffonnés sur un parchemin mais Lily laissait son esprit faire les calculs et son inspiration la guidait toujours vers de correctes traductions.

Une déclinaison se rajouta sur la phrase et elle en barra la fin pour la réécrire.

La préfète paraissait travailler ardemment dans la salle d'étude qu'elle était sensée surveiller. Mais son esprit était ailleurs. Depuis la réunion de préparation de Noël, une idée préoccupante avait envahi les pensées de la gryffondor. Pourtant, Lily considérait qu'il y avait bien d'autres choses dont elle aurait du se préoccuper : ses devoirs, son orientation, la discipline qui se dégradait depuis quelques semaines… Sans penser à sa rencontre avec Avery !

C'était surtout la fin de la soirée qui lui revenait en tête… Car étrangement, elle avait inconsciemment effacé les paroles attendrissantes de son ancien ami ; leurs portées étaient telles qu'elle avait préféré les oublier.

Le visage de James lui revenait en tête… Le regard inquiet qu'il avait eu lorsqu'elle avait repris connaissance, son air concentré et anxieux. Ce n'était pas la première fois qu'elle se retrouvait ainsi confrontée au fait que le jeune homme lui ait sauvé la vie.

Maintenant qu'elle y avait repensé, l'incident dans les couloirs qui avait eu lieu en cinquième année lui paraissait bien moins étrange. C'était très certainement Potter qui l'avait surprise ainsi, pieds nus en chemise de nuit errant dans les couloirs… Ces quelques images firent monter un peu de rouge aux joues de la jeune fille, puis elle redressa la tête et réclama le silence.

Les deux filles de Serdaigle qui parlaient depuis quelques temps rangèrent leurs livres et se dépêchèrent de sortir pour pouvoir discuter en paix.

Lily ne se retint pas de se replonger dans sa rêverie et aussitôt elle se prit à repenser au capitaine de Quidditch de Gryffondor. Exaspérée, elle gribouilla un nouveau caractère avant de passer au paragraphe suivant et de rejeter un coup d'œil à son bouquin.

Elle trouvait ça parfaitement ridicule de penser à ce vantard de Potter dont la plupart des filles espéraient être remarquées. D'un autre côté, elle finit par trouver un tas de moments où elle et le jeune homme s'étaient retrouvés seuls. Il fallait avouer qu'elle avait passé la plupart de ces instants à incriminer le gryffondor des conséquences de ses farces ou à le critiquer ouvertement. Elle faillit en rire mais se retient en pensant à la dernière fois qu'elle avait vu un troupeau de jeunes élèves se diriger vers le stade pour assister à l'entraînement de Quidditch de l'équipe de Potter. Bon, elle exagérait peut-être… Il devait avoir aussi un bon nombre d'admiratrices pour Sirius Black et son charme ténébreux.

Après encore une demi-heure où elle tenta de traduire un verbe à épithète, Lily finit par abandonner. Elle rangea ses affaires et quitta la salle devenue studieuse. Après tout, il serait temps de trouver un cavalier pour le bal si elle ne voulait pas se trouver ridicule. L'an passé, elle y avait échappé mais il ne pourrait en être ainsi cette fois elle en avait bien peur. Après tout, elle ne craignait rien à interroger Potter… Ou peut-être en passant par Sirius ou Remus. Elle se sentait plus à l'aise avec ces deux là. Remus était préfet et elle se retrouvait souvent avec lui pour encadrer une sortie ou tout simplement faire un tour dans les couloirs.

Quant à Black, elle le connaissait un peu mieux depuis la fin de l'an passé. La jeune fille avait tenté d'en reparler mais étrangement, tout semblait s'effacer de son esprit dès que lui venait l'envie d'évoquer leur escapade dans les tréfonds du château. Sans doute le sortilège de Keita…

Elle traversa une allée où de magnifiques vitraux s'éclairaient des derniers rayons du crépuscule. En cette saison froide, les journées étaient courtes. Il allait bientôt être l'heure de descendre dans la grande salle.

La jeune fille croisa ses bras contre son livre et allongea son pas. Si elle croisait James Potter, elle lui demanderait de l'accompagner, sinon tant pis ! Après tout, c'était peut-être se comporter comme les gamines qui attendaient James au coin des couloirs et se cacher le visage derrière leur livre dès qu'elles croyaient avoir attiré son attention.

Décidément, la jeune fille ne savait presque plus quoi penser.

Elle descendit une volée de marches et aperçut alors un attroupement. Dans un coin, quelques jeunes filles gloussaient et pouffaient de rire. La préfète resta interloquée lorsqu'elle découvrit le groupe des maraudeurs qui s'était arrêté devant elle. James Potter se passait une main dans ses cheveux en bataille et avait un sourire aux lèvres mais dans sa stupeur, la jeune fille ne remarqua que ses détails et ne prêta pas attention à son regard gêné.

Lily fit lentement quelques pas qui la conduirent en bas des escaliers, ses livres à la main. Une jeune Poufsouffle se tenait devant l'attrapeur de Gryffondor et après quelques instants à hésiter, elle se lança.

« Ho, James, s'il te plait ? Tu sais que j'ai assisté à tous tes matchs et tous tes entraînements de Quidditch… »

La jeune fille avait du rouge aux joues et battait des cils avec vigueur, se tordant les mains dans les pans de sa jupe plissée. Les encouragements à moitiés chuchotés du petit groupe d'admiratrices qui semblaient attendre la déclaration de la jeune fille.

Ses cheveux bruns étaient parfaitement lissés et ses yeux noirs pétillaient d'espoir en attendant que James Potter daigne lui répondre.

« Hum… Ca me fait plaisir, tu sais mais… »

« Veux-tu aller au bal avec moi, s'il te plait ? »

Les supplications fébriles qui parcoururent la voix tremblante de la jeune fille de Poufsouffle hérissèrent les cheveux de Lily dans son cou. Elle serra sa main avec soudaineté et contempla encore quelques instants la scène.

« Tu joues au Quidditch, demanda Sirius en se penchant en avant comme pour étudier d'un œil le visage

de la jeune fille ? »

« Oui, au poste de poursuiveuse. »

Lily reconnut Fran Spencer, une jeune écervelée qui se mit à pousser de petits cris en voyant qu'un autre maraudeur prenait part à la conversation. Enfin, le nom de la jeune fille jouant au Quiddtich lui revint en tête : Natsu…Miyoka !

A cet instant, James bredouilla quelque chose alors que derrière lui, Remus semblait se désintéresser totalement de la conversation et que Peter s'appuyait sur l'épaule de Sirius pour tenter de voir quelque chose.

« Tu sais… Euh, tu n'es pas la première et … à vrai dire, je voulais inviter quelqu'un d'autre… »

Mais Lily était trop loin pour entendre les malingres excuses lancées par James, apparemment en manque d'inspiration. Derrière le petit groupe, un attroupement s'était formé, bloquant le passage dans le couloir. Des grognements se faisaient entendre ; Henry Crivey, court sur pattes avec les dents en avant, ne supportait pas de rester en place voir sa camarade faire sa déclaration et les deux autres filles qui l'accompagnaient poussèrent des cris stridents lorsque la jeune japonaise se jeta au cou de James qui, surpris, n'eut d'abord pas le réflexe de la repousser.

Une tempête bouscula l'esprit de la jeune préfète qui observait la scène qu'elle trouvait pitoyablement grotesque et pathétique depuis quelques minutes. Comment avait-elle pu, elle aussi, se laisser abusée par les apparences agréables et sympathiques de Potter alors qu'il n'était qu'un bouffon rutilant du peu de gloire que lui prodiguer ses résultats sportifs ! Elle s'avança d'un pas ferme et rompit l'étreinte en grondant un mot bien senti.

« Potter… Dix points de moins pour Gryffondor ! Encore entrain de faire étalage de ta vie sentimentale… Tu ne crois pas que ça suffit de faire les gros titres dans la gazette de Poudlard… Ce torchon de ragots et de niaiseries… Tu n'es vraiment qu'un crétin imbécile qui n'a rien compris ! »

Et elle s'éloigna rapidement en laissant les élèves éberlués devant sa réaction.

Le cœur gros, Lily se dépêcha d'avancer à travers les couloirs pour rejoindre le rez-de-chaussée et se retrouver dans la grande salle avant les élèves qui avaient assisté à la scène et qui risquaient d'en faire encore des commérages. Elle allait retrouver Mary et Julia qui venaient tout juste de s'attabler en compagnie de Line lorsqu'une main se posa sur son épaule. Elle tressaillit et se retourna brusquement, un tic nerveux dans le regard pour découvrir le visage halé de Joshua qui la contempla avec incompréhension.

« Ca va, Lily ? Tu as l'air bizarre… »

« Je viens juste d'ôter des points, c'est tout, souffla la jeune fille un peu désolée de paraître si troublée devant son coéquipier. »

« Je voulais te demander si tu accepterais d'être ma cavalière pour le bal de Noël, déclara le jeune homme sans hésitation. »

La rouquine resta d'abord sans le souffle : tout cela était trop brutal quelques minutes seulement après avoir ruiné ces espoirs envers cet imbécile de Potter… Puis, tout à coup, sans réfléchir, elle accepta et vit les yeux sombres de Joshua s'éclairer avec bonne humeur. Il était encore impeccable sur lui, contrairement aux maraudeurs et Lily appréciait toujours de découvrir sur son visage cet air paisible et content. Il lui plaisait de faire quelques rondes le soir en sa compagnie car elle pouvait librement parler de tout son ancien quotidien moldu que Joshua Brooks connaissait, lui aussi, si bien.

Lily fut gênée mais le garçon s'éloigna rapidement au signe d'un de ses camarades. Elle n'eut plus qu'à se diriger vers la table de Gryffondor et de s'asseoir aux côtés de Julia et Line. Tandis que Mary se servait du plat qui trônait devant elle, la jeune fille sentit le regard interrogateur de Line se poser sur elle. Ce fut finalement Julia qui posa la question :

« Alors, il te voulait quoi, Brooks ? »

« Seulement m'inviter au bal, répondit froidement, du mieux qu'elle le put Lily en buvant à petite gorgée dans son verre. »

« Et qu'as-tu répondu, demanda avec curiosité Line en se penchant pour voir le visage de Lily changer de couleur brutalement. »

« Et bien, que j'acceptais évidement ! Ca m'évitera de m'escrimer à trouver un crétin qui ne sait pas danser ou se tenir. Au moins, Joshua a de la conversation… même s'il m'a avoué ne pas être très doué sur une piste de danse. »

A cet instant, la troupe des maraudeurs arriva et Lily tenta de rester parfaitement calme bien qu'elle sentit une inquiétude grandir dans sa poitrine et un frisson glacé parcourir son dos. Quelques éclats éclatèrent à propos d'une salière enchantée puis la jeune fille se remit à manger, comme si rien ne s'était passé. Pourtant, quand James l'aperçut, il fit quelques mètres et l'interpella depuis derrière.

« Hé, Evans, je peux savoir ce qui t'a pris tout à l'heure dans le couloir ? »

« Juste que j'en avais marre d'assister une fois de plus à ces simagrées de joli cœur… La plupart de ces gamines sont totalement dingues de toi, Potter et je trouve que leur comportement n'a plus grand chose de normal quand elle te voit passer… »

« Si c'est de la jalousie, Evans… »

Un instant de silence rompit la phrase de James qui eut un léger sourire malicieux.

« A moins que tu te venges de mon succès car tu sais que tu seras toute seule pour la soirée de Noël, lança le maraudeur avec humour. »

« Tu te trompes, Potter, car j'ai déjà un cavalier. Joshua Brooks… »

Le jeune homme resta interloqué devant la réponse de Lily et trouva rapidement sa blague bien moins drôle que quand elle lui était venue en tête.

« On s'en moque totalement, de tes histoires de cœur, Evans ! Qui est ce que ça peut intéresser après tout ! Comme tu le dis si bien, ce n'est pas toi qui fait la couverture de la gazette de l'école… »

« Encore heureux, grogna Lily. Moi, je n'ai pas que des groupies pour satisfaire mon ego. »

Line se mit à rire en entendant les méchancetés que se lançaient les deux gryffondors. Lily était restée parfaitement calme et découpait d'un geste adroit sa viande tandis que James fulminait. Il finit par retourner s'asseoir tant il était vexé que la préfète ait eu le dernier mot et se soit moquée de lui.

Après tout, la réaction qu'il avait eu était parfaitement idiote. Il n'avait jamais eu envie de se moquer de Lily ainsi et il eut un pincement au cœur en repensant à la gêne avec laquelle il avait tenté de repousser les avances de Miyoka. Il n'avait pas menti en déclarant avoir quelqu'un d'autre dans sa tête.

Les choses auraient pu se passer autrement s'il n'était pas tombé sur ce groupe de poufsouffles presque hystériques et que seule Lily Evans avait descendu les marches de son pas frêle.

« Allez, zoli cœur, rétorqua Sirius avec bonne humeur. Une de perdue, dix de retrouvées ! »

« Je crois que c'est bien cela qui l'inquiète, déclara Remus en observant de son regard argenté son camarade penseur. »

fin du chapitre 9

samedi 30 septembre 2006