Je tiens à préciser que j'ai, comme beaucoup de fans, fini de lire le tome 7 d'Harry Potter et que cette histoire ayant été planifié bien avant sa sortie, donc soyez indulgent face aux (grosses) différences !

Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.

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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.

Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.

Auteur : Elizabeth.

Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.

Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.

Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).

Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.

Résumé du chapitre précédent :

De retour au chateau, Lily décide de convoquer ceux connaissent maintenant l'existence de l'Ordre du Phénix. Ainsi, les maraudeurs se retrouvent enfin associés aux jeunes filles pour tenter d'en apprendre toujours plus. Une petite organisation secrète se forme ainsi à Poudlard : l'alliance de Pendragon. Pourtant, Voldemort et ses sbires semblent faire profil bas depuis peu mais ce n'est jamais bon signe. Car les aspirants mangemorts dont Rosier est le chef ont une mission à tenir.

Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :

Darcey Line : Ancienne Gryffondor venant de France et retournée dans son pays d'origine. Ses parents étaient impliqués dans l'Opération Pégasus. Grand amour de Remus, c'est une fille douée et déterminée malgré ses doutes qu'elle dissimule au fond d'elle. Elle revient cependant en tant qu'apprentie de son tuteur, Roland Yaltes et demande à pouvoir poursuivre ses études et accepte même le poste vacant de poursuiveuse.

Brook Joshua : Poufsouffle, 6° année, préfet en chef. Simple et gentil, il est issu d'une famille moldue. Certains lui prêtent des sentiments pour Lily.

Vinterberg Sara : Poufsouffle, 7° année, poursuiveuse. Elle ne laisse pas Sirius insensible.

Rosier Evan : Serpentard, 7° année, préfet. Frère de Clara et petit ami de Lisa. Aspirant mangemort Un esprit pervers, retord et vicieux, avide d'imposer son ordre et sa force à tous ceux qui l'entourent. Sa haine envers Lily l'a déjà opposé à la préfète.

Zabini Michael : Serpentard, 7° année. Capitaine et gardien. Aspirant mangemort. L'intellectuel qui malgré ses airs calmes et froids suit avec plaisir les idées de ses camarades. Bien plus dangereux qu'on ne pourrait le penser.

McGonnagal Minerva : Professeur de métamorphose et directrice de Gryffondor. Sévère mais juste envers les élèves.

Black Orion : Père de Sirius et Cassiopée. Directeur de la brigade d'élite des tireurs de baguette. Autrefois charmant et rieur, après avoir tenté de travailler de plus en plus pour oublier la mort de sa femme, il semble plonger dans la dépression.

Greylake Owen : Remplaçant de Flitwick qui reste cependant bien mystérieux. Personne ne sait rien de ses intentions et d'étranges phénomènes se produisent autour de lui.

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LE REQUIEM DE L'ESPOIR

3 Le réveil des légendes.

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Chapitre 13 : LES ENNUIS DU MINISTERE.

Il lui aurait fallu au moins encore un peu de temps pour finir son devoir mais le regard acéré de la bibliothécaire dans son dos lui avait fait comprendre que Miss Pince tenait à aller dîner rapidement. La jeune fille prit donc avec soin les notes qu'elle avait écrites et le pesant volume entre ses bras. Devant le guichet, elle tendit le livre à la bibliothécaire qui le saisit d'un geste automatique et las pour tamponner rageusement à l'encre rouge le signet d'emprunt.

« Vous devez le ramenez mardi prochain, Miss Korn. »

Janet acquiesça d'un vague geste de la tête avant de repartir d'un pas lent vers la lourde porte pour rejoindre les couloirs glaciaux du château. Le repas n'allait pas tarder à être servi dans la grande salle et à vrai dire, maintenant qu'elle était sortie de la bibliothèque, la jeune fille se rendait compte que manger quelque chose de chaud lui ferait le plus grand bien. La fatigue montait peu à peu en elle, rendant chaque pas plus désagréable alors que ses membres étaient envahis d'engourdissements.

Longeant un couloir sombre dans lequel seul un flambeau grésillait, son regard s'aiguisa et elle distingua un rat s'enfuir entre deux pierres mal soudées du mur. Elle devait reconnaître qu'il y avait parfois du bon à avoir une vue si perçante. La nuit n'était jamais synonyme pour elle d'inconnu, d'ombres menaçantes ou de bruits étranges. Alors que tant d'autres enfants craignaient les ténèbres des heures passées après minuit, la nuit était pour Janet un apaisant royaume où tout se dévoilait à ses yeux avec une clairvoyance accrue.

Peu de personne avait remarqué le don de la jeune serpentarde et c'était mieux ainsi, considérait-elle. Blotties dans leur lit, ses camarades de dortoir ne se doutaient pas que le regard ambré de la jeune fille parcourait la pièce avant de s'endormir. Cependant, avoir la chance de voir aussi bien qu'un félin dans l'obscurité avait des inconvénients. Car assez souvent, de violents maux de tête assenaient ses tempes et il ne lui restait plus qu'à se reposer dans l'obscurité pour tenter de reposer ses yeux au regard perçant.

Elle poussa la lourde porte de chêne noire sur laquelle était gravé deux serpents d'argent entrelacé. L'intérieur de la salle commune de serpentards paraissait à peu près tranquille. Le feu brillait dans la cheminée d'un éclat pâle et les lourdes tentures vertes et argent drapaient le plafond avec élégance. Dans les gros fauteuils de cuir sombre boursoufflés se tenaient quelques élèves qui se retournèrent à son arrivée.

« Tiens, au fait, Korn, Rosier m'a chargé de te dire qu'il espérait te voir au rendez-vous que vous avez ce soir... »

La voix persiflante et suffisante de la jeune fille suffit à agresser les oreilles de Janet. Elle ne répondit tout d'abord pas et s'apprêtait à monter les escaliers menant aux dortoirs quand on la héla.

« Surtout ne te donne pas la peine de répondre, Miss Je-suis-mieux-que-tout-le-monde, rétorqua amèrement Pauline Astor. »

Le groupe de jeunes gens pouffa de rire et la dénommée Pauline parut très satisfaite de son arrogance. Les sixièmes années étaient à bien des points de vue désagréables. Assez âgé pour tyranniser les plus jeunes et leur donner des ordres, ils considéraient que l'aura d'Evan Rosier qui trônait sur les serpentards tel un roi sur sa cour leur conférait une quelconque importance. Janet imaginait parfaitement la joie presque hystérique de Pauline Astor quand Rosier s'était adressé à elle, avec son petit sourire charmeur.

« Tu pourras dire à Rosier qu'il peut faire ses commissions lui-même et que ça ne sert à rien de m'attendre ce soir. Je n'ai pas l'intention de venir… »

« Je suis tout ouï pour entendre tes doléances, Janet. »

Rosier, accompagné de Zabini et de ses deux gros balourds de Crabbe et Goyle, venait de franchir la porte de la salle commune. Son apparition avait donné lieu à un peu d'effervescence dans les conversations des élèves. Le jeune homme était encore vêtu de sa cape noire, luisante de fines gouttes de pluie. Alors qu'il recoiffait ses cheveux d'un geste lent, son regard glacé effleura le visage de Janet.

La jeune fille avait toujours eu du mal à supporter le comportement arrogant et prétentieux du préfet. Sa façon de vouloir diriger les autres la dérangeait, elle qui préférait la solitude aux longs palabres des autres étudiants. Et si elle avait accepté de faire partie du petit groupe d'aspirants, c'était autant pour ne pas avoir de questions de la part des autres que par compassion pour Bridget Schulz. Bridget était une jeune fille timorée, assez effacée et ses incertitudes avaient conduit Janet à apprécier sa compagnie de temps à autre. La rouquine se souvenait parfaitement de la soirée où rentrant d'une promenade nocturne, elle avait trouvé Bridget, les joues creusées de sillons causés par les larmes. Sa camarade avait peur de s'engager à travers les idées de Rosier et Janet lui avait promis de la suivre dans cette épreuve.

Bref, Bridget était certainement une des rares personnes à avoir un peu d'estime de la part de Janet. Ce n'était pas qu'elle fut spécifiquement méprisante mais la plupart des autres élèves lui paraissaient aussi peu intéressants qu'un veracrasse. Et Evan Rosier avec sa petite suffisance qui apparaissait toujours au coin de ses sourires narquois en faisait bien évidemment partie.

« Je disais que je ne viendrais pas ce soir, Rosier. J'ai autre chose à faire. »

« Et quoi donc, Korn ? A part méditer toute seule dans le noir ? »

« C'est toujours plus épanouissant que d'écouter tes contestations. Après tout, tu n'es qu'un sous-fifre qui se contente d'écouter aux portes pour tout rapporter, non ? »

La jeune fille se rendit compte qu'elle était peut être allée un peu loin envers Rosier mais il était trop tard pour retirer ses paroles. Et de toute façon, elle ne regrettait jamais de lancer des pointes acérées au jeune homme. Quant à Rosier, son visage blêmit légèrement et il resta statiquement debout, scrutant la jeune fille qui le dévisageait à l'autre bout de la pièce.

« Contrairement à toi, j'ai des perspectives d'avenir, Korn. Et je t'assure que tu regretteras sous peu de te moquer de nous… »

Janet ne prit même pas la peine d'écouter la fin des menaces lancées par le jeune homme. Elle se retourna d'un pas vif, laissant sa robe claquer dans l'air derrière elle.

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Lily disposa avec soin et adresse son livre de métamorphose et plongea son nez dedans pour suivre les instructions. Elle donna un coup de baguette dans le vague et ne se rendit pas compte que quelques étincelles avaient jailli sur son voisin.

Sirius Black chassa les étincelles orangées d'un geste de la main et posa son menton dans sa main pour observer le visage angélique de la préfète. McGonnagal avait stipulé aux maraudeurs de se séparer et de travailler en binôme avec d'autres camarades moins tentés par les plaisanteries. Le jeune homme avait donc passé presque une heure à bailler aux corneilles en regardant Lily tenter vainement de se concentrer et de se montrer studieuse. Pourtant, Sirius voyait parfaitement quelques signes d'inattentions qui témoignaient que l'esprit de la préfète était ailleurs.

« Dis, Lily, tu pourrais arrêter de me jeter des étincelles, s'il te plait ? »

Lily redressa la tête et lorgna son voisin d'un air qu'elle voulait austère mais Sirius vit bien une brève esquisse de sourire à la commissure de ses lèvres.

« Désolée, Black. C'est que… »

« Tu as la tête ailleurs, n'est ce pas ? »

Lily abandonna le paragraphe sur la corrélation entre le volume et la densité de l'objet à métamorphoser pour contempler le regard sombre du maraudeur. Décidément, ce dernier était assez doué pour remarquer de minuscules détails chez les autres. Oui, elle avait l'esprit ailleurs car plusieurs idées taraudaient sa pensée. Trop de changements arrivaient si rapidement qu'elle n'avait pas eu le temps de tous les intégrer. La petite société secrète dont elle était l'investigatrice lui paraissait après coup irréaliste, tout comme le fait de devoir côtoyer à égal les maraudeurs. Durant les six dernières années, les quatre garçons avaient plutôt passé leur temps à la faire grincer des dents, surtout depuis qu'elle avait été nommée préfète. Puis peu à peu, des liens étranges s'étaient tissés entre eux.

Lily s'était toujours bien entendu avec Remus qui avait comme elle la passion des livres et passait pour être le plus atypiques des maraudeurs. Malgré ses airs réservés, discuter avec le jeune homme était agréable. Quant à Sirius Black, il avait longtemps paru aux yeux de Lily comme étant une tête brûlée, une grande gueule. Mais derrière ça, la jeune fille avait senti que le jeune homme cachait une certaine sensibilité qui lui permettait de lire à travers les gens. Et la préfète se souvenait parfois des moments d'intimité qu'elle avait partagés avec Sirius l'an passé, lorsqu'elle s'était retrouvée dans l'obligation de lui dévoiler ses pouvoirs.

Oui, c'était indéniable que ses relations avec les maraudeurs étaient entrain de changer. Sauf très certainement avec James Potter. Lily avait encore espéré il y avait quelques mois que le garçon l'invite au bal mais elle avait profondément refoulé les sentiments qu'elle avait pour lui. Et elle ne savait jamais comment cerner James Potter qui se montrait si souvent arrogant, égoïste et altruiste.

« Hum… c'est vrai, je pensais à …. »

« Laisse-moi deviner ! Un grand beau garçon, brun aux regards ravageurs… »

« Je t'arrête tout de suite, Sirius ! Ce n'est pas toi… »

« Encore heureux, j'aurai du mal à succomber devant toutes ses filles qui s'arrachent mon corps. »

Lily pouffa en écoutant les sottises de son voisin mais comprit aussitôt que le maraudeur faisait plutôt allusion aux ragots qui circulaient à propos d'elle et de Joshua Brooks.

« Franchement, Sirius, tu me déçois de croire toutes les âneries que rapportent ces greluches de Poufsouffle, répondit la jeune fille en le dévisageant. »

« Hum… tu avoues donc toi-même que ces rumeurs sont fondées ! En même temps, il est de notoriété publique que les préfets en chef finissent toujours plus ou moins ensembles. »

Lily haussa les épaules mais elle vit alors apparaître devant elle le regard plein d'innocence de Joshua. Une grande amitié était née entre elle et lui, autant du fait du caractère serviable et plaisant du jeune homme que du fait que tous deux venaient de familles moldues. Il était vrai que Joshua l'avait accompagné au bal et avait ensuite accepté de bonne grâce de faire parti de leur petite société secrète.

« Ca n'enchante pas tout le monde d'ailleurs… Je ne devrai pas te le dire mais tu es entrain de briser les rêves d'un autre jeune homme désespérément fou amoureux de toi… »

« Si tu parles de Potter, Sirius, ce n'est pas la peine de continuer ! »

« J'aurai au moins essayé, souffla Sirius en se redressant tandis que le professeur McGonnagal circulait dans les rangs de son air austère. »

A cet instant, on frappa sourdement à la porte et alors que la vielle femme lançait un « entrez » sonore, un courant d'air froid emplit la classe et le fantôme de Nick Quasi-sans-tête traversa la porte. Son costume renaissance était toujours aussi bouffi, tout comme la collerette qui retenait maladroitement sa tête dodelinant de gauche à droite alors qu'il s'avançait en planant vers l'estrade.

« Et bien, Nick, que voulez-vous, demanda le professeur en pinçant la bouche. »

« Le directeur vous demande de toute urgence, professeur. »

« Et de quoi s'agit-il donc ? »

Le fantôme glissa souplement sur quelques mètres avant de soupirer quelques paroles obscures au professeur qui blémit rapidement. Sa réaction fut immédiate : elle attrapa sa baguette qui se trouvait sur son bureau et regarda d'un air strict les griffondors attablés devant elle, louchant pour la plupart au dessus de leur grimoire.

« Bien… Le cours est fini pour aujourd'hui, jeune gens. Miss Evans, raccompagnez vos camarades à la salle commune, s'il vous plait. Je pense qu'il vous sera communiqué de plus amples informations au déjeuner. »

Aussitôt après le départ de la vielle femme escorté du fantôme, les élèves se retrouvèrent dans le couloir à marcher d'un pas lent pour aller déposer leurs affaires à la tour de gryffondor. Lily marchait en tête en se demandant quelle mauvaise nouvelle pouvait bien interrompre ainsi un cours. De plus, le regard soucieux qu'avait jeté Minerva McGonnagal avant de les abandonner lui avait fait pressentir le pire venant d'une sorcière aussi déterminée. Etrangement, Julia talonnait la préfète pour tenter de savoir ce qu'elle-même en pensait.

« Tu sais ce qui se passe, Lily, demanda la jeune fille d'une voix sourde. »

« Je n'en sais pas plus que toi, Julia, rétorqua Lily en abordant avec maladresse la grosse dame en rose. »

Lily abandonna momentanément ses camarades pour aller se passer un peu d'eau sur le visage. Depuis quelques temps, elle avait facilement des moments de faiblesse, comme des étourdissements et tous ces bouleversements n'étaient pas faits pour lui permettre d'y penser. Alors qu'elle appuyait ses mains encore ruisselantes d'eau sur la faïence du lavabo, elle vit le reflet de Line apparaître dans le miroir. La jeune française paraissait elle aussi soucieuse mais son regard vert était toujours aussi insondable que le lac.

« Ecoute, Lily, je crois savoir ce qu'il se passe, murmura t'elle. »

« Pourquoi me le dire à moi, alors ? Allons annoncer ça aux autres, proposa Lily en recoiffant quelques mèches de cheveux indisciplinés derrière ses oreilles. »

« Non, je ne peux pas. Ce n'est pas de mon ressort et je préfère que ce soit Dumbledore qui l'annonce… Il saura trouver les mots pour… »

« Mais enfin, les mots pour quoi, Line ! »

Line s'avança délicatement vers la préfète et saisit doucement ses deux bras qui ballaient le long du corps.

« Ecoute, je pense qu'une des antennes du ministère de la magie a été attaquée, Lily. Cela fait plusieurs semaines que des doutes planent à Londres… Plusieurs membres ministériels ont disparus étrangement depuis le début de l'année et cela sans explications. De plus, il semblerait qu'il y ait eu des fuites sur certaines informations confidentielles qui doivent très certainement profiter aux mangemorts. »

« Tu veux dire que Voldemort a attaqué le ministère de la magie, chuchota Lily avec malaise. »

« Oui… mais je veux que tu n'en dises pas un mot aux autres, s'il te plait. Je sais que pas mal d'élèves ont des parents qui y travaillent… »

Lily déglutit avec douleur en pensant à Julia dont la mère travaillait pour le département des catastrophes magiques. Au bout de quelques minutes, les deux jeunes filles redescendirent pour retrouver leurs camarades qui s'apprêtaient à aller déjeuner.

Dans la grande salle, le directeur se trouvait déjà debout et il fit signe aux élèves de s'asseoir rapidement. Apparemment, tous les élèves n'avaient pas eu leurs cours interrompus car la plupart des étudiants regardèrent Albus Dumbledore avec un air étonné quand il prit la parole.

« Chers élèves, il y a des jours où j'aimerai n'avoir rien d'autres à vous annoncer que les prochains matchs de Quidditch ou encore les dates des week-ends à Pré-au-lard. Cependant, en tant que directeur de Poudlard, je me dois aussi en ces temps sombres de vous communiquer des informations que de toutes façons, vos courriers personnels ou encore la presse, évoqueront d'ici peu. Il se trouve qu'une des antennes du ministère de la magie a du essuyé un attentat perpétré par celui qui se fait appeler Lord Voldemort. Certains et certaines parmis vous ont très certainement des parents qui travaillaient pour le détachement du pays de galles du ministère…. Ces élèves peuvent se rendre auprès de Madame Pomfresh qui pourra s'occuper d'eux. Pour les autres, les cours de l'après-midi sont maintenus. »

De plusieurs endroits, des cris étouffés éclatèrent tout comme des sanglots étouffés. Quelques élèves quittèrent aussitôt la table, presque en courant. A vrai dire, Lily n'avait nullement faim depuis que Line lui avait révélé l'attaque. Elle saisit fermement la main de Julia dont des larmes pointaient entre ses cils. Une heure plus tard, peu avant que les cours reprennent, Julia avait retrouvé un peu de contenance et tentait de joindre son père par la poudre de cheminette. Heureusement pour elle, ce fut le visage de son frère qui apparut avec précipitation.

« Chris…. Est-ce … que tu as … eu des nouvelles de Maman ? »

« Je vois que Dumbledore a dû vous mettre au courant, soupira le jeune homme dont le visage semblait mangé par les flammes qui avaient pris une teinte verte. »

Julia déglutit bruyamment en serrant entre ses doigts les pans de sa jupe.

« Tu as de la chance de tomber sur moi… Je me préparais à la rejoindre à Cardiff pour voir si je pouvais aider. Surtout, ça ne sert à rien de t'inquiéter pour maman ! Comme elle le dit elle-même, quand on l'appelle, c'est qu'il est hélas déjà trop tard. »

« Christopher… Pourrais-tu … lui demander quelque chose, s'il te plait, murmura Julia après avoir poussé un profond soupir qui avait libéré son âme de la tension qui l'habitait. »

« Va s'y, je t'écoute, rétorqua son frère avec détermination. »

« Peut-elle me faire parvenir une liste des personnes ayant des enfants à Poudlard et qui travaillaient là-bas au moment de l'attaque. »

« Tu sais, tout ça sera publié dans la gazette, Julia »

« Oui, mais d'ici qu'elle nous parvienne, je ne pense pas que ce soit nécessaire de laisser autant d'élèves dans l'incertitude. »

« Très bien, je verrai ce que je pourrai faire. »

Aussitôt les flammes reprirent leur chatoyante couleur rouge et or et Julia se laissa lourdement tomber dans le fauteuil en cuir craquelé, les mains accrochant les accoudoirs. Bien que son frère l'ait en partie rassuré, Lily remarqua que le visage de sa camarade était toujours aussi livide, encadré par ses mèches de cheveux sombres qui tombaient en désordre sur son uniforme.

Des élèves s'étaient massés autour de Julia en tendant avidement leur visage, espérant en apprendre un peu plus sur les conséquences de la catastrophe. L'appréhension se lisait sur de nombreux visages et chacun aurait aimé en savoir plus. Lily constata avec aigreur que pour certains l'avidité de phénoménal était une façon de se donner des émotions fortes. Une jeune fille trépignait et s'agrippa aux épaules de Julia en bousculant d'autres étudiants. Ses yeux étaient gonflés par les larmes qui n'attendaient qu'une certitude pour exploser en ruisseau humide sur ses joues rebondies.

Le spectacle torturait Lily qui comprenait l'angoisse de certains élèves mais l'ambiance lourde et pesante qui planait depuis l'annonce de la tragédie rendait les élèves pénibles. Lily abandonna Julia aux mains expertes de Mary qui l'accompagna jusqu'aux dortoirs, fuyant ainsi l'effervescence malsaine de la salle commune. Elle-même se saisit de la jeune fille prête à pleurer et la poussa dehors sous le regard sévère de la grosse Dame en Rose.

« En voilà des façons, s'indigna cette dernière, bouffie dans sa robe de taffetas. »

« Occupez-vous de ce qui vous regarde, grogna Lily. Et laissez les préfets faire leur travail ! »

Lily s'avança d'un pas décidé, soutenant l'autre jeune fille par le coude, avec la ferme intention de la mener à l'infirmerie. Arrivant au rez-de-chaussée, elle découvrit que de nombreux élèves allaient et venaient dans la galerie menant au repaire de Madame Pomfresh. La gryffondor avait fini par éclater en sanglots au grand damne de Lily qui frappa vigoureusement à la porte. Le visage de l'infirmière la contempla et lui fit comprendre de rentrer.

« Asseyez-la ici, ajouta t'elle avant de disparaître derrière le rideau qui dissimulaient les lits des malades. »

Elle revient assez rapidement, saisit le poignet de la jeune fille qui après sa crise de larmes, était totalement amorphe, le regard dans le vague. Madame Pomfresh attrapa un énorme flacon et enfourna une cuiller de sirop dans la bouche de la jeune fille qui l'avala sans protester.

« Bien ! Merci, Miss Evans. Je vais me débrouiller avec celle-ci. Mais par pitié, n'attendez-pas que des gens comme elles fassent une crise pour me les amener, s'il vous plait… »

« Je ferai ce que je pourrai, répondit Lily avec un air morose. »

En se retrouvant dans le couloir, Lily remarqua qu'il était bientôt deux heures et que les cours de l'après-midi allaient bientôt avoir lieu. Dumbledore avait stipulé que les cours étaient maintenus et la préfète ne voyait pas de raison de ne pas y aller. Enfin, c'est ce qu'elle pensa en se souvenant que le professeur Greylake les attendait dans une salle lugubre de l'aile Ouest. Lily était nerveuse à l'idée d'avoir cours d'enchantements. Owen Greylake avait réussi depuis le début de l'année à lui passer l'envie d'étudier ce qui avait été depuis sa première année à Poudlard, sa matière préférée et dans laquelle elle excellait.

A son habitude, l'homme attendait les élèves d'un regard désapprobateur, leur faisant déjà regretter d'avoir eu le courage de venir en cours. Pourtant, Lily avait eu l'occasion d'en discuter avec Mary et Julia, et même d'autres élèves ; tous s'accordaient à dire que Greylake était froid et cassant, peu enclin aux bavardages inutiles et aux flatteries mais aucuns d'entre eux n'avaient ressenti, au contraire de la préfète, sa magie se figer dans son corps face au professeur.

Lily avisa que Julia semblait avoir repris quelques couleurs depuis qu'elle l'avait quittée et elle se glissa aux côtés de Line qui lui avait gardé une place.

Alors que le professeur évoquait l'association de différentes formules, les élèves grattaient avec hargne le papier, désespérant de manquer un seul mot de l'explication compliqué. Pourtant, Lily abandonna rapidement et laissa le bout de sa plume lui chatoyer doucement le visage. La jeune fille se pencha et attira l'attention de Line.

« Line, comment savais-tu ce qui allait arriver, murmura Lily dans un souffle à peine audible. »

« Ecoute, Lily, je ne crois pas que ce soit le moment… »

« J'ai repensé à ce que tu m'as dit… et…. »

« Lily, je n'aurai pas du te parler de ça. Il y a des choses que tu ne sais pas mais tu ferais mieux de faire attention à… »

« Evans, faites-le moi savoir si mon cours est si ennuyeux que vous vous sentez l'irrésistible envie de discuter avec votre voisine, lança Greylake en soupesant du regard, Lily qui se tassa sur son banc. »

Les lèvres de Lily tentèrent d'articuler une quelconque excuse mais ce fut sans espoir. Les regards des autres élèves la contemplaient discrètement, à moitié caché derrière leur parchemin, plume en l'air.

Owen Greylake était adossé au tableau noir, les bras croisés sur la poitrine, sur sa chemise bleutée. Ses longs cheveux chatains voilaient comme à leur habitude son regard et ce n'est que furtivement que la préfète entrevit un éclair argenté qui la figea sur place.

Enfin, le professeur bougea pour appuyer ses paumes sur le bord de son bureau, sur lequel ne trônaient qu'un miroir et trois grimoires mangés aux mites. La pièce n'avait plus ce délicieux capharnaüm du temps du professeur Flitwick, où se côtoyaient allègrement oreillers en soie, plumes multicolores et grimoires poussiéreux. Maintenant, le bureau avait pris un aspect froid et austère.

« Et bien, Evans, vous viendrez me voir à la fin de la journée. Une retenue vous fera le plus grand bien, il me semble. »

Quelques chuchotements s'échappèrent parmi les rangs car il était rare qu'un préfet, et encore un préfet en chef, reçoive ainsi une sanction habituellement destinée aux agitateurs ou récalcitrants de l'autorité professoral. Lily plaqua sa main sur ses cheveux comme pour accentuer le soupir qui lui déchira la poitrine. Greylake se retourna et corrigea des annotations qu'il avait rédigées sur une formule.

Le soir venu, Lily se souvint de la punition imposée par le professeur d'enchantements et hésitait encore à s'y rendre. Julia lui déclara d'oublier tout ça et de plutôt prendre un bon roman pour se changer les idées de cette journée qui s'était révélée pénible et éprouvante pour tous.

Mais au fond d'elle, sa mauvaise conscience la taraudait. D'abord, la préfète sentait poindre une migraine qui se révèleraient sous peu accablante. Puis s'imaginer face à face avec Greylake suffisait à ce que son corps soit parcouru de sueurs froides.

Pourtant, elle se leva à regret et franchit d'un geste encore assez résolu le portrait vide de la grosse dame, qui était allée manger des confiseries avec un des autres tableaux de la galerie Nord.

Elle arpenta les couloirs lugubres et commença d'abord par se diriger vers le bureau du professeur, espérant le trouver présent. Les flambeaux crachotaient furtivement et quelques étincelles jaillissaient, malingres, dans l'obscurité. La préfète glissa ses mains glacées dans ses poches et sa bague en argent s'accrocha à la doublure de sa jupe. Lily frotta donc vigoureusement son doigt abimé et sentit qu'au contact du métal, sa magie s'éveillait lentement dans son corps. Bientôt, une douce chaleur l'envahit et elle retrouva un peu de courage pour continuer à arpenter les couloirs jusqu'à l'antre de Greylake.

Lily soupçonnait le professeur de jouer un faux numéro. Qu'avait-il voulu lui démontrer lors de sa convocation dans le bureau de McGonnagal pour lui parler de sa magie ? Depuis, Lily s'était montrée bien plus prudente et utilisait ses pouvoirs à moindre essian. Plus tard les gens le découvriraient, mieux cela vaudrait. Sirius Black était maintenant dans la confidence mais Lily lui faisait confiance. Après tout, le maraudeur gardait déjà le lourd secret de son ami Lupin, atteint de lycanthropie et semblait n'avoir jamais fait défaut à sa parole.

Lily découvrit que la porte du bureau du professeur était entrouverte et elle s'y engouffra silencieusement. La pièce était emplie par l'obscurité nocturne et seul un vague rayon de lune éclairait par intermittence l'estrade et les pupitres. Etrangement, la porte menant aux appartements du professeur laissait échapper une faible clarté par l'interstice entre la cloison et le battant. Curieuse, Lily fit apparaître une petite sphère lumineuse dans sa main et s'approcha prudemment de la clarté. Elle referma sa paume et la lumière mourut, alors qu'elle s'agenouillait pour voir à travers la serrurerie en ferronnerie. Le spectacle qu'elle découvrit la cloua sur place.

Un nuage de poussière argentée nappait la pièce qui avait pris des couleurs chatoyantes. L'éclat des tapisseries sublimait les reflets chaleureux des cadres dorés des tableaux. Les particules voletaient légèrement à travers la chambre. Lily resta certainement longtemps accroupie car lorsqu'elle se redressa, ses genoux étaient barrés d'un sillon profond fait par la marche en pierre.

Dans la chambre des maraudeurs, Sirius était adossé sur l'épais coussin qui lui servait d'oreiller, une fine feuille de parchemin entre ses doigts fébriles. L'écriture alambiqué mais devenu malhabile de son père couvrait ainsi quelques feuillets éparts sur son édredon. James, siégeant à l'autre extrémité du lit, regardait son meilleur ami d'un œil attristé. Car il savait parfaitement que chaque nouvelle lettre d'Orion Black, le père de Sirius, révélait à ce dernier, l'état dépressif de son père depuis la mort de sa femme.

La voix nouée de Sirius s'astreignait à lire à voix haute les phrases assez souvent incohérentes qui couvraient le papier. Cette fois ci, Orion Black racontait qu'il se trouvait au ministère lorsqu'on avait appris l'attaque de l'antenne de Cardiff. Sirius soupira en découvrant la description navrante de son père tentant de se voir confier une mission, comme au temps où il dirigeait la brigade d'élite des tireurs de baguette.

« Pourtant, Raoul sait parfaitement que je suis efficace sur le terrain. Si on acceptait enfin de me donner du travail, je m'occuperai … D'ailleurs, il semble bien peu préoccupé par la disparition de certains de leurs collègues depuis le début de l'année ! Ce n'est pas à moi qu'on va faire croire qu'ils se sont perdus par transplanation dans un marais écossais. Tous recherchaient apparemment une personne mais il semblerait qu'on leur mette des bâtons dans les roues… »

S'en suivait un paragraphe où le père de Sirius, après cette tirade énergique, se mettait à pleurer sur sa solitude et son désespoir. Sirius finit par abandonner le feuillet d'un geste incertain, car finalement chaque nouvelle lettre de son père lui démontrait dans quel état sombrait ce dernier.

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« Korn n'est pas là, ce soir, demanda la voix neutre de Zabini avec flegme. »

« Non, il faut croire que à tout arrogance il y a une justice dans ce bas monde. Le corps de sa mère a été découvert dans les décombres du ministère, déclara Rosier en se délectant de chaque mot et finissant sa phrase par un petit claquement de langue satisfait. »

« De toutes façons, entre les fois où elle s'absente pour rester prostrée dans le noir, ça ne change pas grande chose, ajouta une fille aux regards acérés derrière ses lunettes en écaille. »

Rosier s'adossa paisiblement dans son fauteuil, contemplant les aspirants mangemorts assis de façon inconfortable sur de petits tabourets branlants.

« Ca vous rappellera qu'il vaut mieux lui être fidèle, conclut Evan Rosier en prospectant d'un regard sadique les visages autour de lui »

fin du chapitre 13

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