Je tiens à préciser que j'ai comme beaucoup de fans fini de lire le tome 7 d'Harry Potter et que cette histoire ayant été planifié bien avant sa sortie, il en faut voir

Je tiens à préciser que j'ai comme beaucoup de fans fini de lire le tome 7 d'Harry Potter et que cette histoire ayant été planifié bien avant sa sortie, il en faut voir

Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.

Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.

Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.

Auteur : Elizabeth.

Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.

Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.

Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).

Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.

Résumé du chapitre précédent :

De retour à leur étude, Lily décide de convoquer ceux connaissent maintenant l'existence de l'Ordre du Phénix. Ainsi, les maraudeurs se retrouvent enfin associés aux jeunes filles pour tenter d'en apprendre toujours plus. Une petite organisation secrète se forme ainsi à Poudlard : l'alliance de Pendragon. Pourtant, Voldemort et ses sbires semblent faire profil bas depuis peu mais ce n'est jamais bon signe. Car les aspirants mangemorts dont Rosier est le chef ont une mission à tenir.

Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :

Darcey Line : Ancienne Gryffondor venant de France et retournée dans son pays d'origine. Ses parents étaient impliqués dans l'Opération Pégasus. Grand amour de Remus, c'est une fille douée et déterminée malgré ses doutes qu'elle dissimule au fond d'elle. Elle revient cependant en tant qu'apprentie de son tuteur, Roland Yaltes et demande à pouvoir poursuivre ses études et accepte même le poste vacant de poursuiveuse.

McKinnon Helen : Serdaigle, 7° année, préfète.

Brook Joshua : Poufsouffle, 6° année, préfet en chef. Simple et gentil, il est issu d'une famille moldue. Certains lui prêtent des sentiments pour Lily.

Greylake Owen : Remplaçant de Flitwick qui reste cependant bien mystérieux. Personne ne sait rien de ses intentions et d'étranges phénomènes se produisent autour de lui.

Keïta Pélias : Se nomme en réalité Anderson Thésée. Ancien professeur de défense contre les forces du mal, c'est un mercenaire habitué à la triste cruauté des humains dont il a fait la douloureuse expérience.

Smith Aliénor : Professeur de défense contre les forces du mal. Bien qu'aveugle, elle est très qualifiée mais se laisse facilement déséquilibrer.

Yaltes Roland : Professeur de combat venant de France et tuteur de Line. Lame de son état, il a accepté de travailler pour l'ordre du phénix.

Corwin Illian: Oubliator et charmante mère de famille. Elle a sauvé des vies lors de l'attentat sur le chemin de Traverse et travaille pour l'ordre du phénix.

Lazitch Magdalene : Dite 'Maggy'. Elle se trouve à Poudlard par ordre de Dumbledore et dirige en temps normal une escadrille de flèches (l'élite des sorciers volant sur balais). Très sympathique sorcière avec beaucoup d'humour (ce qui ne plait pas forcément à tous ses collègues).

Prewett Matthew : Ancien Serdaigle. Il travaille pour Dumbledore en temps que duelliste combattant.

Wace Aléichem : Mage de guerre au caractère irascible et sévère. Il a été mandaté par Dumbledore à Poudlard et travaille pour l'ordre du phénix.

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LE REQUIEM DE L'ESPOIR

3 Le réveil des légendes.

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Chapitre 14 : POUR QUI SONNE LE GLAS.

Aliénor avait eu bien du mal à accepter son retour à Poudlard. Le grand château, son caractère gothique et surprenant, ne lui rappelait pas forcément que de bons souvenirs. Cela avait été bien difficile pour elle, avec son handicap, de parvenir à s'intégrer. Moqueries et aversions avaient longtemps fait parti de son quotidien. Car dans le monde des sorciers, chaque petite différence, si minime fût-elle, faisait de vous un être à part et souvent rejeté par la société.

Etre aveugle n'avait pourtant jamais paru à la jeune fille être un handicap car ses parents l'avaient élevée comme si de rien n'était, avec autant d'amour et de tendresse, que si Aliénor avait pu découvrir les couleurs du monde qui l'entourait. Le jour de ses onze ans, ses parents s'étaient pourtant disputés, sa mère refusant d'exposer sa fille chérie à la dureté promise par Poudlard mais surtout par les autres étudiants.

La jeune femme avait décidé en ce samedi de ranger ses affaires qui s'accumulaient maintenant dans sa chambre depuis plusieurs mois. Elle n'avait pas encore eu le courage de considérer Poudlard comme son chez-elle et ses malles s'entassaient dans un coin poussiéreux de ses appartements. Ses doigts glissaient sur le tissu des vêtements qu'elle étendait sur son lit alors que la matinée commençait à peine. Ainsi, deux chemises rejoignirent les lourdes robes déjà étalées sur les draps.

Etrangement, ses études au sein de Poudlard lui avaient apporté une grande joie en découvrant que malgré ses yeux aveugles, elle était capable de voir, bien que ce fût à sa façon. Jusqu'à alors, tout lui paraissait plus ou moins obscur et voilà que maintenant, à travers ses paupières, explosaient des milliers d'étoiles lumineuses, des lumières plus ou moins diaphanes, parées de couleurs chatoyantes. Cette magie qui s'était développée en elle avec l'âge, la jeune femme pouvait maintenant la percevoir mieux que tout le monde. Aliénor ne voyait les gens que par leur magie mais c'était déjà bien extraordinaire pour elle.

Ayant enfin remis un peu d'ordre dans sa chambre, la jeune femme se décida à travailler un peu et s'attabla donc à un petit bureau en noyer sur lequel reposaient quelques rouleaux de parchemins et deux ouvrages qu'elle avait empruntés à la bibliothèque. Madame Pince l'avait regardé d'un air soupçonneux, comme l'avait laissé deviné la pointe d'ironie dans sa voix chuintante.

Aliénor Smith tapota sa baguette sur le bord du bureau et un léger ruban de fumée rose apparut. Aussitôt, des bruits sourds parvinrent de sous l'armoire et un minuscule animal chemina jusqu'à elle en trottinant. Avec agilité, la petite bestiole qui ressemblait fort à une souris grimpa sur sa chaise puis sur le bureau et la regarda de ses yeux humides.

« Très bien, chuchoteur, j'ai besoin de tes services… »

Le professeur se saisit d'un peu de poudre que renfermait un coffré laquée et la jeta délicatement sur les pages du grimoire mangé aux mites. Le museau de la petite souris, qui n'en était pas une, frémit et elle se mit aussitôt à courir sur le parchemin. Puis une fois, que l'animal eut fini de serpenter entre les lignes du grimoire, Aliénor la prit délicatement entre ses doigts et la plaça sur son épaule. Aussitôt de minuscules couinements résonnèrent dans les oreilles de la jeune femme. Le chuchoteur, ayant suivi le tracé de l'encre parsemée de poussière, exprimait par ses petits bruits le texte écrit et Aliénor se concentrait pour saisir le moindre son.

Mais tout à coup, on frappa délicatement à sa porte. Aliénor abandonna donc son travail et se redressa. Le son venait apparemment de la lourde porte qui donnait sur ses appartements. Elle se saisit de la poignée et ouvrit la porte pour découvrir la haute silhouette de Roland Yaltes, le poing dressé en l'air, s'apprêtant de nouveau à ébranler la porte de chêne. Une espèce de sourire gêné se crispa sur le visage de l'homme et aussitôt, ses yeux clairs balayèrent l'embrasure de la porte et la jeune femme qui se tenait devant lui.

Aliénor parut un peu surprise en découvrant le Français debout devant sa porte. Lorsque Yaltes passait dans les couloirs, et qu'Aliénor le précédait ou lorsqu'elle ouvrait la porte de la salle des professeurs et le découvrait dans un coin de la pièce, elle discernait toujours avec un certain étonnement la magie du jeune homme. Si ses yeux ne pouvaient que saisir la magie, tous ses autres sens étaient tendus pour saisir la moindre parcelle d'information sur les gens qui l'entouraient. Les intonations des voix, les odeurs en disaient souvent bien plus long qu'on ne le désirait.

« Euh… Bonjour Aliénor. Désolé de vous déranger de si bonne heure mais j'aurai aimé m'entretenir avec vous. »

Aliénor écouta avec malice le léger accent du Français et sentit l'appréhension de sa voix.

« Vous ne me dérangez pas, professeur Yaltes. »

« Appelez-moi Roland, je vous en prie. J'ai bien du mal à me faire à cette froideur entre collègues. Je voulais juste vous demander un conseil par rapport à un sortilège »

Aliénor sentit son visage s'empourprer et elle pinça fermement les lèvres pour se reprendre. Parmi tous ses collègues, certains se montraient assez aimables mais cela n'allait jamais jusqu'à la petite discussion amicale. D'autres lui témoignaient plutôt de la compassion ou encore un certain dégout. Mais Roland Yaltes n'était pas de ceux là : sans se montrer obséquieux, il la saluait toujours aimablement et prenait même assez souvent soin de discuter avec elle de quelques élèves.

« J'imagine que cela doit vous changer de vous retrouver coincé derrière un bureau face à une bande de jeunes pour la plupart inintéressés par les études. J'avais plutôt cru comprendre que vous êtes un homme de terrain. »

« Hum, évidement, c'est l'idée que la plupart des gens se font des Lames. La plupart de mes camarades lors de mes études étaient en effet des têtes brulées… mais même si j'aime le gout de l'action, mon poste actuel a tout de même de nombreuses obligations que j'apprécie. »

« Vous voulez parler de… »

A cet instant, un silence gênant s'installa entre les deux professeurs. Les mains d'Aliénor s'appuyèrent sur le battant de la porte et ses doigts se crispèrent légèrement dans les veinures du bois. Roland Yaltes, dans sa veste noire près du corps, eut une petite grimace et ses yeux gris se posèrent sur le visage pâle et immobile de sa collègue.

« Bien, je vais vous prêter un livre pour votre sort. Mais attendez… Je crois que je l'ai laissé dans la salle des professeurs, si vous voulez bien m'accompagner, déclara Aliénor pour rompre le silence qui s'était insinué entre eux. »

Aliénor avait bien sûr remarqué que parmi ses collègues d'étranges échanges étaient faits à voix basses et que les individus, qui traînaient dans le château ou passaient la plupart du temps dans le bureau de Dumbledore, avaient un but en commun. Cette société secrète laissait Aliénor assez perplexe : pour elle, il n'y avait pas grand-chose dans la vie que le plaisir de lire ou de profiter, lorsque que le temps était clément, de l'agréable parc de Poudlard. Avec son handicap, elle n'avait aucune chance de se voir proposer de siéger auprès des enchanteurs, des lames ou encore de ce mage de guerre au caractère irritable.

Lorsqu'elle était plus jeune, elle avait eu du ressenti envers ces camarades qui débattaient de savoir s'il valait mieux être médicomage ou auror alors qu'elle-même savait pertinemment, qu'elle aurait peu de chance de travailler. Non, c'était certain, les grandes quêtes et aventures, ce n'était pas pour elle.

Pourtant, Yaltes l'avait abordé un soir en tentant vainement de la convaincre de l'intérêt de leur groupe. La jeune femme soupçonnait que cette initiative venait de lui-même et n'avait certainement pas été acceptée par les autres membres. Le Français avait été bon pour essuyer un froid et sévère refus de sa part.

Depuis, leur relation s'était bornée à de simples conversations dans la salle des professeurs ou un vague bonjour dans les couloirs. Aliénor avait assez souvent au cours du semestre déserté les repas dans la grande salle ou toute autre contrainte qui l'obligeait à côtoyer ses collègues.

D'ailleurs, l'effort de philanthropie qui l'avait encouragé à se rendre au bal de Noël ne lui avait valu que de mauvais souvenirs. Elle avait passé la première partie de la soirée assise sur l'estrade, à contempler les jeunes élèves profiter de cette soirée. Pourtant la saveur délicieuse de la dinde préparée par les elfes de maison aurait parfaitement suffi à lui rendre cette soirée agréable. Si, évidement, Yaltes et Greylake ne l'avaient pas troublée par leur comportement puéril. Le professeur d'enchantements s'était en effet lentement approché de la table et alors qu'il commençait à lui parler de sa voix grave et frémissante, Aliénor sentit avec étonnement la magie du professeur de combat frémir au bout de l'estrade. Le ton sur lequel les deux hommes avaient échangé quelques vagues mots de conversation aimable laissait cependant parfaitement sous-entendre leur désaccord. Et Aliénor avait rapidement compris qu'elle se trouvait être le sujet de la conversation.

Chassant avec angoisse ses souvenirs pénibles, la jeune femme ferma la porte de ses appartements d'un geste lent et s'avança dans le couloir, les pas de Yaltes résonnant derrière elle. Le caquètement lointain de Peeves se fit entendre alors qu'ils descendaient avec précaution les grands escaliers de marbre. Voulant dissiper le léger malentendu qui s'était insinué entre elle et le Français alors qu'ils se rendaient à la salle des professeurs, elle lui demanda si ce n'était pas trop dur de s'occuper d'une jeune fille.

« Vous voulez parler de Line ? Vous savez, je ne suis que son tuteur, je vaille avant tout à sa formation. Je ne remplace nullement ses parents. Puis Line est une jeune fille assez indépendante, elle est très mature pour son âge. C'est pourquoi elle parvient à la fois à poursuivre ses études et à tenir ses obligations. »

« Ses obligations ? Vous voulez dire que … »

« Vous savez, Aliénor, il n'est pas donné à beaucoup de jeunes gens de l'âge de Line de se retrouver pourvu d'un tuteur et de partir à l'étranger pour … »

Roland se rendit compte que face à la jeune femme, sa langue avait tendance à être plus rapide que son esprit. Elle savait parfaitement qu'il n'était pas seulement là pour donner des cours mais lui ne pouvait pas se permettre de lui en dire plus. Il avait beau être en désaccord avec Wace, le jeune Français savait pertinemment que l'Ordre du Phénix ne devait pas trop s'ébruiter. Une fois d'ailleurs, il avait tenté de convaincre Aliénor Smith de demander à Dumbledore de se joindre à eux. Mais la jeune femme avait véhément refusé.

Lorsqu'il ouvrit la porte de la salle des professeurs, après avoir traversé le grand hall encore désert, il découvrit la longue pièce pourvue d'étagères et de quelques fauteuils inoccupés. Une odeur de terre flottait dans la salle, le professeur Chourave s'était très certainement absentée depuis peu de la pièce. Aliénor passa devant Roland d'un pas léger et se rendit à son casier dans lequel s'entassaient quelques copies d'élèves qu'elle mit sous son bras avant d'explorer les différents ouvrages qui s'empilaient au fond de la case. Enfin, ses doigts reconnurent la couverture râpeuse du vieux grimoire. Elle s'en saisit et le tendit précautionneusement à Yaltes

Pourtant à cet instant là, elle sentit la présence de quelqu'un d'autres dans la salle et découvrit avec malaise qu'Aléichem Wace venait de franchir le seul de la pièce d'un pas martial. La force de la magie de l'homme la mettait mal à l'aise, elle sentait en lui la puissance et ses reflets qui vous rappellent que le feu, bien que magnifique et fascinant, a tout aussi le pouvoir de vous brûler redoutablement.

« Ha justement, vous êtes là Yaltes ! Dumbledore m'a chargé de vous dire que vous deviez accompagner les élèves à Pré-au-Lard tout à l'heure. »

« Oui, je suis au courant, Wace, répondit délicatement le jeune Français. »

Si Yaltes était de plus haute stature que le mage de guerre, ce dernier était bien plus râblé et on sentait toute l'énergie de ses muscles sous sa tunique. Ses cheveux roux luisait mais son regard était acéré et il détailla avec minutie Aliénor qui se sentir frémir.

« Smith, qu'est ce que vous faites en compagnie du professeur Yaltes ? Encore en train de fouiner… »

« Non, il se trouve juste que le professeur Yaltes m'a demandé un ouvrage. »

« Car vous pensez que Madame Pince n'est pas capable de lui fournir ce qu'il désire, peut-être ? »

Le ton acerbe du mage de guerre déstabilisa le peu de confiance qu'avait regroupé Aliénor en puisant en elle-même.

« Voyons, Wace, ne soyez pas aussi agressif ! Je vous promets qu'il n'y avait aucune mauvaise intention. »

« Mauvaise intention…. Pff ! Vous savez parfaitement ce que j'en pense, Yaltes. On ne peut pas faire confiance à tout le monde. »

« Wace, ce n'est pas parce que vous êtes mage de guerre qu'il faut voir le mal partout. »

« Vous préférez peut-être tourner le dos avec joie au premier sorcier qui vous transpercera la poitrine sans sourciller, peut-être ? Ceux qui ne sont pas avec nous sont tout simplement contre nous. »

Aliénor eut un haut le cœur en entendant les accusations sarcastiques que lui jetait à la figure le mage de guerre. Elle reposa ferment la paume de ses mains sur son casier dont la porte claqua sèchement puis se redressant, elle sortit en courant de la salle, abandonnant les deux hommes en proie à leur débat. La silhouette grisée d'un fantôme se détachait au loin sur une grande tapisserie mangée aux mites. Mais dans sa tête ne résonnaient que les âpres déclarations du mage de guerre. Non, pour Aliénor, la vie n'était pas noire ou blanche tout comme la magie. C'était ce que beaucoup de combattants contres les forces du mal avaient du mal à assimiler.

A cet instant, une voix féminine l'interpella et le professeur se retourna pour découvrir la silhouette entourée d'une clarté scintillante. La femme s'arrêta devant en souffla quelque peu.

« Ha professeur, je voulais vous parler de quelque chose… si vous avez un peu de temps à me consacrer. »

La voix mélodieuse aux douces intonations apaisa momentanément l'âme tourmentée d'Aliénor. Le professeur reprit peu à peu contenance et lissa le haut de son vêtement avant de laisser glisser ses doigts sur son bandeau pourpre. Lily Evans l'avait surprise dès le premier cours, lorsque scrutant les empreintes magiques des élèves, elle avait découvert au second rang de la salle cet étrange scintillement. D'ailleurs, deux autres jeunes filles (qui s'étaient révélées être des amies de la Préfète) présentaient ainsi un scintillement aussi étrange, bien que moins développé.

Aliénor avait réfléchi pendant assez longtemps sur le fait qu'elle devait interroger ou non la Préfète en Chef face à ce phénomène. Il était fort peu probable que la jeune fille soit née avec une telle magie, Aliénor avait remarqué qu'elle était moldue. S'il était courant que des moldus naissent avec des pouvoirs magiques, il était cependant bien plus rare que parmi eux, certains développent une pareille magie à leur insu.

« Et bien, Miss Evans, de quoi voulez-vous m'entretenir ? »

« J'aurai voulu vous parler en privé, en fait, professeur, déclara Lily d'une voix frêle. »

« Très bien, venez dans mon bureau alors, jeune fille. »

Après avoir remonté les grands escaliers, elles traversèrent la grande galerie du second étage où Peeves avait encore apparemment mélangé les heaumes des armures enchantées qui tentaient vainement de bouger de leur socle dans un affreux bruit de ferraille.

« Mais vous ne devriez pas vous préparer pour aller à Pré-au-Lard, Miss Evans, demanda le professeur en dévoilant l'alcôve qui lui servait de bureau. »

Saisissant sa baguette magique, le professeur de défense contre les forces du mal mit les copies d'élèves qui trainaient sur son bureau dans une belle pile de parchemins.

Lily fut surprise en pénétrant dans le bureau de découvrir que la plupart des objets semblaient enchantés. Les plumes nacrées qui remplissaient un vase frémissaient légèrement et ce n'était pas dû à un courant d'air. Un sablier cuivré laissait s'échapper une pincée de sable rougeâtre tandis qu'au mur, se dressait un fin miroir dans un cadre d'ébène.

La préfète en chef y vit une lueur furtive traverser la glace avant de disparaître lorsqu'elle s'assit sur le siège que lui présentait le professeur. Sentant le regard interrogateur de la préfète, Aliénor consentit à dévoiler un de ses secrets.

« Je vois que vous regardez avec intérêt mon miroir, Miss Evans. »

« C'est exact professeur. Je sais que la curiosité… »

« N'est pas un vilain défaut. Juste une qualité à utiliser à bon escient. »

Un fin sourire étira les lèvres roses du professeur qui se tourna vers le miroir. Lily vit à nouveau apparaître une lueur bleutée cette fois.

« Il s'agit d'un miroir quelque peu particulier que j'ai fait faire à Londres. Il révèle la magie des gens. Mais à dire vrai, il n'a d'intérêt que pour moi au réveil… Mais vous vouliez me demander quelque chose d'important Miss Evans ? »

« Et bien, disons que j'ai observé des phénomènes étranges il y a peu et je n'ai pas réussi à comprendre d'où cela venait. »

« Vous savez que ce château est très certainement une des plus grandes sources de magie d'Angleterre… Une des plus loufoques aussi. »

Aliénor plissa les sourcils en se souvenant du temps qu'elle avait mis à déjouer les mauvaises plaisanteries de Peeves lors de sa première année dans ses murs.

« En fait, j'ai remarqué que parfois dans le château, une espèce de poussière flottait dans l'air sans qu'on ne puisse la chasser d'un geste de la main. Tout ce qui est autour parait nacré, scintillant étrangement. Comme si cette poussière nimbait tout ce qui l'entourant d'un voile de magie… »

« Et vous n'avez pas interrogé le professeur d'enchantement sur ce phénomène ? »

Lily déglutit en considérant que la réponse d'Aliénor Smith n'était pas fausse. S'il s'était agi du professeur Flitwick, elle n'aurait certainement pas hésité mais rien qu'à l'idée de côtoyer Greylake, elle sentait son estomac se nouer avec douleur. Surtout que cette étrange poussière semblait bien le fait du professeur Greylake.

« Il peut y avoir de nombreuses explications à ce genre de phénomènes. Cependant, tout ce que vous décrivez me fait penser à un phénomène peu étudié en magie et qui pourtant nous entoure. Des sorciers ont mis en évidence que le monde qui nous entoure n'est pas seulement celui que vous percevez à travers vos yeux. Moi, par exemple, je perçois le monde par le rayonnement magique des gens ou des choses. »

Lily avait écouté avec attention les paroles du professeur qui s'était assise souplement dans un petit fauteuil derrière son bureau. La jeune fille ne doutait pas que derrière les plis de l'épais ruban qui lui bandait les yeux, le professeur lisait en elle comme un miroir. Tout d'un coup, la préfète réalisa que percevant parfaitement la magie, le professeur Smith avait certainement du remarquer son aura rendue si particulière par la magie élémentaire.

A cet instant, le sablier posé sur le bureau émit un petit cliquetis et bascula sur lui-même pour reprendre sa course contre le temps. Aliénor détourna vaguement son regard et reprit le fil de son discours.

« Pour être plus précise, des sorciers pensent qu'il existe un lieu, ou appelez-cela comme vous voulez, d'où se dégage naturellement la magie. Imaginez que ce que vous voyez soit un drap pendu sur une corde. Et bien, la magie s'échapperait dans notre monde depuis ce qui se trouve derrière ce voile. De nombreux sorciers ont tenté de trouver une déchirure de ce drap pour passer de l'autre côté. Ceux qui y seraient parvenus n'ont en tout cas jamais plus fait parler d'eux. Quelques énergumènes s'y sont risqués au siècle dernier et parmi eux un certain, Stewart Oelein qui est devenu à moitié fou. Il a cependant écrit un ouvrage sur ses expériences en déclarant qu'à chaque endroit où l'on pratique une déchirure dans le drap de la réalité, une étrange poussière apparaît et nimbe toute chose d'un éclat particulier… »

Lily se demanda alors pourquoi Dumbledore n'avait pas plutôt engagé le professeur Smith au poste d'enchantement en remplacement de Flitwick. Elle aurait certainement été bien plus compétente que… Non, certainement pas plus compétente que Greylake dont on sentait parfaitement que les sortilèges qu'il enseignait à ses élèves de septième année étaient pour lui d'une banalité affligeante. Mais au moins, le professeur Smith avait l'indéniable avantage d'être aimable.

« D'ailleurs, Miss Evans, je pense que vous devriez envisager de poursuivre vos études dans les enchantements. Je vois beaucoup de potentiel en vous. Mais je ne vais pas vous retenir plus, il est déjà onze heures et il me semble que vous devez emmener vos camarades à Pré-au-Lard. »

Lily remercia chaleureusement la jeune femme puis l'abandonna pour se retrouver dans un couloir aux bougies qui crachotaient de la fumée. La gryffondor se demandait comment interpréter les dernières paroles d'Aliénor Smith. Elle s'en voulut de ne pas avoir travaillé autant qu'elle ne le souhaitait sur les conseils de Pélias Keita qui lui avait bien fait comprendre l'an passé que sa magie risquait de lui attirer autant d'avantages que d'ennuis.

xxx

Ce samedi s'annonçait plutôt calme pour la saison, les nuages avaient libéré le ciel gris de ses derniers jours et un timide soleil rependait sa lumière encore hivernale sur les toits de Pré-au-Lard.

Julia et Mary avaient aperçu les maraudeurs dans une ruelle et espéraient bien qu'ils seraient à l'heure pour leur réunion. Lily quant à elle s'était proposé de profiter de ces quelques heures de liberté offertes par le village sorcier pour chasser de son esprit toutes ses questions qui se faufilaient insidieusement dans ses pensées. Le soleil ne chauffait que faiblement les visages mais c'était bien plus agréable de profiter de cette lumière blafarde que d'être coincée dans le château par des trombes d'eau noirâtre comme l'avaient été les semaines précédentes.

Le lieu du rendez-vous avait été gardé secret jusqu'au dernier moment. Lily avait réfléchi à un moyen de communiquer plus discrètement avec les autres élèves mais aucunes idées lumineuses n'étaient encore venues l'éclairer. Deux jours plus tôt, elle avait déjeuné avec Joshua pour organiser une réunion de travail entre préfets. Après avoir décidé du partage des surveillances dans les couloirs, le jeune homme lui avait quelque peu parlé de leur groupe. Assis sur la margelle d'un rebord encadrant le patio d'hiver, il avait paru apprécié la franchise de Lily lors de leur précédente réunion. Pour Joshua, tout cela paraissait cependant comme un rêve excitant plutôt que comme une lourde obligation. Etre né modlu et avoir découvert qu'il était doté de pouvoirs magiques avait toujours étonné Joshua et encore plus ses parents. Le jeune homme était cependant heureux d'être à Poudlard. Etant enfant unique, il avait ainsi découvert un monde qui avait comblé tous ses désirs et ses rêves d'enfant.

Délaissant le centre du village où se précipitaient de nombreux jeunes élèves qui étaient pressés de profiter des attractions qu'étaient la boutique de farces et attrapes ou celle de friandises, Lily aperçut deux sorciers qui attendaient en regardant une devanture de magasins. Le visage de l'un d'eux lui revint après quelques instants, c'était l'un des agents de Dumbledore qu'ils avaient croisé le soir du réveillon.

La préfète en chef réalisa que s'ils étaient nés tous les deux moldus, ils n'auraient certainement jamais eu la chance de se rencontrer. Au fond d'elle, Lily ne savait pas trop quoi penser de sa relation avec Joshua. Il était tout ce qu'il y avait de plus charmant et agréable. Des élèves ne se gênaient pas pour faire des réflexions sur les deux préfets en chef. Il était d'ailleurs de notoriété publique qu'assez souvent, le jeune homme et la jeune fille en charge de ce poste, finissaient par vivre au moins une belle amourette.

Mais cette idée paraissait saugrenue à Lily. Joshua n'avait jamais été autre chose qu'un agréable camarade avec qui elle partageait de nombreux goûts et points communs. D'ailleurs, Joshua lui avait proposé de se retrouver après la réunion pour boire un verre aux Trois balais.

« Vous avez pensé à certains élèves, demanda Mary avec resserrant avec soin son cache-nez écarlate autour de son cou. »

« Hum… Franchement ce n'est pas évidant de savoir si l'on peut faire confiance aux gens, rétorqua Julia en humant le fond de l'air. »

« On connaît assez bien les élèves de nos maisons respectives. C'est ce qui me parait le plus simple.

Nous trois et les maraudeurs sommes à Gryffondor. Edward est à Serdaigle et Sara et Joshua à Poufssoufle, démontra Mary. »

« D'ailleurs, en parlant de Sara, vous y croyez au fait qu'elle ait tourné la tête à Black, demanda avec humour Julia ? »

« Sirius Black ! J'ai toujours cru que lui et Potter étaient bien plus intéressés par le Quidditch et les mauvaises farces que par les filles, précisa Mary. »

La cloche de la boutique devant laquelle passèrent les trois jeunes filles tinta joyeusement et laissa passer une sorcière aux longs cheveux verts accompagnée d'un petit garçon gémissant.

« J'ai pensé à plusieurs personnes, déclara Lily en enfouissant ses mains dans les poches de sa cape pour les protéger de la morsure du gel. Helen McKinnon, par exemple… »

« C'est une bonne idée, j'en discuterai avec Edward. Il pourrait lui parler… »

Treize heures venaient de sonner à la vielle horloge du clocher de Pré-au-Lard. Une volée d'oiseaux s'échappa dans les airs, dérangés par le lourd résonnement de la cloche. Le trio s'engagea dans une ruelle et après quelques minutes de marche, arriva à la sortie du village. Devant elles, de douces collines verdoyantes mais encore couvertes de givres s'étalaient, dominées par les silhouettes plus menaçantes des montagnes alentours.

Lily s'accroupit auprès d'une vielle barrière en bois vermoulu et se faufila dans le champ. Au sommet de la colline se dressait un monticule herbeux qui passait pour être un tertre de fées. Mais Lily se doutait que cela devait faire bien longtemps qu'aucune fée n'avait pointé le bout de son nez par ici.

Assis dans l'herbe, trois jeunes gens les attendaient déjà le nez au vent. Interrompant sa conversation avec Sara Vinterberg sur le Quidditch, Edward se redressa et vint à leur rencontre, entourant la taille de Julia de ses mains gantées. Joshua Brooks quant à lui, leur fit un sourire gêné et tous commencèrent à patienter en regardant au loin les toits d'ardoise bleue du village qui se dressaient dans le ciel d'hiver.

Seuls manquaient à l'appel les maraudeurs ainsi que Line. Enfin, les quatre garçons firent leur apparition et surprirent les autres. Sirius lança un clin d'œil moqueur à Sara qui n'échappa pas à la préfète en Chef. C'était donc apparemment vrai que Sirius jouait à nouveau le joli cœur.

« Line n'est pas avec vous, demanda Lily d'un regard sceptique. »

« Non, je crois qu'elle était avec Yaltes pour discuter de choses plus importantes, soupira Remus. »

« Genre sauvons le monde des sorciers à nous tous seuls et ne laissons aucune gloire aux autres, déclara Sirius avec humour. »

« Elle ne pourrait pas nous renseigner sur ce que disent les sorciers qui participent à l'Ordre du Phénix, demanda quelqu'un. »

Edward Davies fit un vague signe de la main pour montrer son désaccord.

« La question n'est pas d'espionner ce que fait l'Ordre mais plutôt de trouver un sens à notre groupe. C'est bien beau de vouloir combattre les forces du mal mais… »

« Houla, force du mal, ça sonne un peu présomptueux, tu ne crois pas ! »

« Je pense qu'il serait déjà intéressant de nous occuper de Poudlard mais surtout de ses occupants, rétorqua James. Parmi les professeurs et tous ces agents ministériels qui traînent dans le château, j'aimerai qu'on fasse le point. Qui est qui, qui fait quoi et pour qui… »

« Et les élèves, demanda Peter. »

« Tu crois vraiment que Voldemort recrute parmi des gens qui n'ont pas leurs buses, interrogea Edward Davies. »

« Bah, il a déjà tous les serpentards à sa botte alors, cracha Sirius avec aigreur. »

Le jeune Black était assis en hauteur par rapport aux autres, un brin d'herbe coincé entre les dents. Son regard s'égarait parfois entre le visage de Sara Vinterberg et les quelques nuages qui encadraient le clocher de Pré-au-Lard.

« Potter n'a pas tord, déclara Julia. Le mieux serait d'abord d'observer les manigances des autres sorciers. Je pense qu'ils nous en apprendront bien plus qu'ils ne le pensent et à leur insu. »

« Très bien, mais il faut aussi profiter pour cultiver nos talents personnels et en faire part aux autres. Chacun de nous est plus ou moins doué dans un domaine en magie, exposa Lily. »

Après tout, si Dumbledore faisait appel aux capacités respectives d'aurors, d'oubliators, de mages de guerre et que savait-elle encore, pourquoi ne pas procéder de la même façon ?

Lily devait reconnaître aux maraudeurs certaines facilités, en plus de celle de faire des farces la plupart du temps idiotes et puériles. Sirius semblait passionné par les talents de combattant de Line et il n'avait jamais caché son amour de la bagarre. Remus avait toujours eu les meilleures notes en défense contre les forces du mal. Quant à Potter, Lily avait accepté avec amertume le certain talent en métamorphose du griffondor et ce, depuis leur première année. Si le jeune homme ne se fatiguait jamais trop pour ses devoirs, le cours du professeur McGonnagal était bien l'un des rares où il se surpassait. D'ailleurs, plus d'une fois la directrice adjointe avec jeté un regard étonné sur ses travaux.

Mary, Julia et elle-même avaient bien évidement la magie élémentaire qui leur confiaient bien des facilités et des domaines insoupçonnés par les autres élèves.

« Disons qu'à chaque réunion, nous ferons le point sur ce que nous avons découvert qui se trame dans le château. Et nous nous entraînerons… »

« Et quand aura lieu la prochaine réunion, demanda Joshua. »

« Quand on saura ce qui se passe là-bas, rétorqua Sirius en se redressant brutalement et désignant un nuage noir qui flottait au-dessus de Pré-au-Lard. »

Un vent glacé se mit à souffler, brassant les herbes folles du pré et la ramure des arbres de la forêt qui se trouvait derrière le tertre grinça sinistrement.

« Ce n'était qu'un léger orage, déclara Joshua en haussant les épaules tandis que parmi le petit groupe, les regards se croisaient étrangement mal à l'aise. »

« Personnellement, je trouve que ça sent plutôt la magie à plein nez, déclara James. »

« La magie noire, tu veux dire, laissa échapper dans un souffle à peine audible Sirius en crispant ses mains sur sa baguette qu'il avait aussitôt eu le réflexe de sortir. »

« Allons, James, ce n'est pas parce qu'on parlait de mangemorts il y a à peine quelques instants qu'ils vont s'empresser d'apparaître, déclara Peter avec une voix crispée. »

Le petit jeune homme voulait se convaincre lui-même que cette étrange atmosphère n'était due à rien d'autre qu'un caprice météorologique. Pour plus de sureté, il en engouffra dans sa bouche le reste de biscuit qui traînait dans sa poche.

« Quel professeur vous a accompagné à Pré-au-Lard, demanda aussitôt Lily aux Serdaigles et aux Poufssouffles. »

« Il y avait Wace, vous savez le rouquin et une petite jeune femme avec lui, celle qui a jamais son balai bien loin, déclara Edward. »

« Vous ne trouvez pas étonnant que Wace, Lazitch et Yaltes se retrouvent à Pré-au-Lard ? »

« Surtout que j'ai reconnu un sorcier de l'Ordre tout à l'heure, déclara Lily avec malaise. »

James dévalait déjà la colline à grands pas maladroits, freinés par les herbes hautes qui lui arrivaient aux genoux Sirius sur ces talons. A cet instant, un grand éclair lumineux fracassa le ciel devenu aussi noir que de l'encre. Lily retroussa donc sa robe et se précipita à la suite des maraudeurs.

Déjà essoufflés par leurs courses jusqu'au village, ils arrivèrent au bout d'une rue déserte. Pourtant, des cris retentissaient dans l'air et un grand remue-ménage semblait avoir lieu non loin. Tous avaient sorti leur baguette et nombre d'entre eux avaient un regard perçant désespérément porté sur les moindres choses en mouvement. Un volet mal attaché qui se rabattait, le feulement d'un chat lunatique…

Une vague d'angoisse submergea Lily qui sentit un frisson glacé lui parcourir la nuque. Elle jeta un coup d'œil furtif à Sirius et James qui, dos à dos, semblaient prêt à parer la moindre attaque, même celle d'un dragon.

Ils avancèrent donc en courant, hésitant souvent entre se plaquer contre le mur d'une vieille maison et débouler à toute vitesse dans un carrefour de ruelles mal pavées. Enfin, ils aperçurent les silhouettes d'élèves qui s'éparpillaient en criant. Dans la cohue, Sirius parvint à attraper par la manche une élève aux tresses rousses. La petite poussa un hurlement avant que James lui plaque la main sur la bouche, ce qui ne servait pas à grand-chose vu le bruit qui les entourait.

« Qu'est ce qui s'est passé, demanda précipitamment Sirius, le regard agité. »

« Ils…. Ils sont …. venus… »

« Les mangemorts ? »

A ce mot, la gamine poussa un hurlement encore plus strident et parvient à se défaire de la poigne de James. Le groupe la regarda s'enfuir à travers la rue. A cet instant, la frêle silhouette de McGonnagal apparut devant eux, son vieux chapeau mangé aux mites de travers.

« Potter, Evans ! Que faites-vous là ! Vous n'avez pas reçu l'ordre de vous regrouper ou quoi ! J'ai d'autres élèves à encadrer que vous…. »

Malgré le chaos qui semblait régner alentour, la femme tenait fermement sa baguette et son regard était aiguisé derrière ses lunettes.

« Professeur, il s'agit des mangemorts, n'est ce pas, rétorqua James pour toute explication. »

« Qui voulez-vous d'autre que ce soit, Potter… ! Mais maintenant, filez rejoindre Miss Lazitch. C'est elle qui se charge de renvoyer les élèves. »

« Ecoutez, professeur, vous ne pensez pas que nous serions plus utiles… »

« Black, cessez de faire votre tête de mule et déguerpissez ! Les membres de l'Ordre ont bien déjà assez à faire sans en plus vous avoir dans les jambes. Miss Evans, allez aider Miss Lazitch au plus vite ! »

A cet instant, un épais nuage de fumée jaillit d'une ruelle adjacente et McGonnagal poussa un juron en lançant un sort vers une silhouette menaçante qui se dirigeait vers eux.

Lily saisit la main de Mary et Julia partit aussitôt avec elles, abandonnant toutes les trois à contrecœur les autres. Elle devait d'abord s'assurer que les autres élèves seraient en sécurité. Les trois jeunes filles détalèrent à travers la rue qui se présentait à elles et parvinrent enfin à la sortie du village où apparemment s'attroupaient la plupart des élèves effrayés.

Heureusement, la petite silhouette énergique de Lazitch flottait dans les airs à trois mètres du sol sur son balai. Lily découvrit que le visage de la flèche avait pris un aspect décidé et que sa bouche pinçait méchamment ses lèvres. Enfin, elle aperçut Lily Evans et se posa souplement à côté des trois jeunes filles, sans même avoir à faire une embardée pour éviter d'autres élèves.

« Ha ! Evans, je vais avoir besoin de votre aide. Il faut que vous parveniez à disciplinez vos camarades. Nous allons tenter de renvoyer au plus vite les élèves à Poudlard. Voyez si parmi les septièmes années, ceux qui savent transplaner peuvent organiser des voyages vers l'entrée de Poudlard. Pendant ce temps, je vais essayer de faire établir des portoloins pour la même destination. »

Aussitôt elle disparut dans les airs et Lily s'adressa à quelques élèves de Poufssoufles qui attendaient vainement qu'on leur donne des conseils mais surtout des ordres.

« Pouvez-vous vous organiser par groupe de cinq environ si vous ne savez pas transplaner ! »

Une fille aux couettes blondes s'approcha de Lily qui lui demanda de trouver des septièmes années sachant transplaner. Un garçon de Serpentard se porta volontaire et organisa de son côté le rapatriement des plus jeunes élèves vers le château. Julia et Mary tentaient vainement de calmer les élèves les plus perturbés mais sans grand succès.

Heureusement, quelques professeurs apparurent enfin et poursuivirent l'encadrement des élèves. On distribua ainsi quelques portoloins réalisés de toute urgence par le professeur Chourave qui avait apparemment fait de son mieux. Lily sépara deux gryffondors qui se battaient pour mettre la main en premier sur une passoire opalescente. Cinq minutes à peine étaient passées dans la panique et fort heureusement, le nombre d'élèves commençait enfin à diminuer. Ce qui apparaissait comme un véritable calvaire pour la Préfète en Chef se dissipa quelque peu lorsqu'une grande majorité des élèves eurent disparus dans les lueurs bleutées des portoloins.

Enfin, une petite sorcière aux cheveux blonds roux apparut dans un 'pop' et constata avec inquiétude le chaos qui régnait encore. Elle chaussait une paire de fines lunettes argentées qui marquaient les rides de ses yeux agités. Son visage rappelait vaguement quelque chose à Lily mais sans succès. Pourtant la femme se déplaça d'un pas vif vers la rouquine et avisant son badge de Préfet en Chef, la femme eut un petit regard en coin.

« Voici deux nouveaux portoloins ! Distribuez-les rapidement, Miss, que l'on évacue le plus rapidement les élèves. »

A cet instant, Maggy Lazitch réapparut dans les airs, glissant à toute vitesse en évitant la tourelle d'un toit pour atterrir au pied de la nouvelle sorcière venue. A cet instant, Lily se souvint d'avoir rencontré la femme en bref coup de vent et dans une pareille panique. C'était sur le chemin de Traverse, peu avant la rentrée. Ses yeux verts regardèrent à nouveau le visage ridé de la femme et elle en fut certaine : la sorcière devait à tous les coups faire partie de l'Ordre du Phénix.

« Corwin, vous êtes parvenue à évacuer la majorité des élèves ? »

« Oui, répondit la femme d'un air maussade. Mais je crois que le professeur McGonnagal soupçonnait certains élèves d'être encore pris au piège au cœur du village… »

« Le professeur Chourave assure qu'il ne doit rester qu'une dizaine d'élèves. C'est plutôt rassurant mais pas suffisant avec ce qui se trame là-bas ! »

De leur côté, les trois jeunes filles écoutaient attentivement les deux femmes.

« Les maraudeurs et les autres….On ne les a pas revus depuis…, s'exclama Julia avec malaise en saisissant le bras de Lily. »

« Miss Lazitch, il reste des élèves, déclara maladivement Lily en devenant d'une pâleur maladive. James Potter… »

Maggy Lazitch empoigna vigoureusement Lily à bras le corps, son regard flamboyant de colère. Son balai se tenait dressé en l'air, prêt à être enfourché.

« Vous dites que Potter est resté là-bas ? Avec ses amis, je paris… »

« Mais, Magdalene. Et s'il s'agissait de Potter à propos de … »

« Vous croyez que c'est lui qu'ils cherchent, lança la flèche d'un air surpris.»

Magdalene Lazitch fit jouer les attaches en cuir de ses protèges-bras et d'un geste sec, attira son balai à elle. D'un bond, la fine silhouette disparut dans le ciel, sa courte cape claquant dans une rafale de vent. Lily sentait le malaise s'insinuer en elle. Elle était là et ne pouvait rien faire. Elle aurait été prête à se jeter à la poursuite de Lazitch mais un poids dans sa poitrine l'empêchait de respirer. Julia lui fit remarquer qu'il restait encore quelques élèves à évacuer et elle se décida finalement après un vain effort de persuasion à se diriger vers un sorcier aux épais favoris gris. L'homme était apparemment médicomage et assurait rapidement que les élèves n'avaient pas été blessées dans la panique. Il lui confia ainsi un élève de première année à la joue éraflée pour rentrer à Poudlard, que la jeune fille prit dans ses bras.

xxx

James, le cœur palpitant plus vite que jamais, se plaqua brutalement derrière la devanture en bois d'un magasin, Sirius sur ses talons. Il laissa son souffle rauque ébranler sa poitrine pour reprendre quelque peu ses idées. Dans la panique, le petit groupe s'était apparemment retrouvé scindé en deux. James avait bien vu Lily ainsi que Julia et Mary s'éloigner sous les ordres de McGonnagal. Cependant, le nuage de poussière qui les avait avalés, avait dispersé leur cohésion. Le gryffondor sentait la sueur couler le long de son front alors la morsure du froid s'agrippait à ses tripes. Il retint une vague nausée et agrippa toujours plus fort sa baguette au creux de sa main.

Un éclat de voix retentit à peine à quelques mètres d'eux. Ils virent alors passer deux silhouettes encapuchonnées de noir, se dirigeant vers le centre du village d'où provenant maintenant des explosions assez inquiétantes. Une gerbe d'étincelles blanches jaillit à travers le ciel pour venir mourir sur les toits d'ardoise situés devant eux. Sirius bondit devant James avec un rictus sur le visage et le gryffondor eut tout juste le temps de le retenir par la capuche de sa cape. A moitié étranglé, Sirius poussa un grognement assez sourd qui rappelait bien le chien qui dormait en lui. Son regard charbonneux sonda avec témérité James alors qu'il décochait ses paroles avec amertume.

« James, tu n'as pas le droit de m'empêcher ! Parmi se trouvent certainement les assassins de ma mère. »

« Sirius, le but n'est pas de te venger mais d'essayer de sortir de ce trou à rat. Et je crois bien que je viens de te sauver la vie ! »

James avait répondu sèchement alors qu'un sort assez puissant passait juste au-dessus de la tête des deux jeunes hommes. Face à deux, les deux mangemorts se tenaient prêts à jouer de leur magie avec répartie.

« Sortez de là, les gamins et il ne vous sera fait aucun mal, cria le plus grand d'entre eux. »

« Ne comptez pas sur nous, bande de …. »

L'insulte perpétrée par Sirius s'assourdit dans la détonation qu'avait produit le sort lancé par James. Avisant alors que les deux griffondors n'étaient pas prêts de se rendre, les mangemorts avancèrent franchement sur eux. Les deux élèves prirent donc la fuite à travers la ruelle. James jeta à nouveau un sort vers leurs attaquants sans toutefois les atteindre. La magie détacha tout de même une branche d'arbre qui ralentit la course des sorciers. En voulant s'enfuir, ils avaient toutefois tourné le dos à la rue et se débouchèrent sur la grande place où se tenait un combat acéré entre mangemorts et agents de l'ordre.

Les deux garçons comprirent leur faute en voyant un pan d'une maison voisine s'écrouler par une déflagration lancée par un mangemort. Le sorcier visé riposta adroitement et toucha son adversaire au bras qui recula de quelques pas. Profitant de cet instant d'inattention, l'homme qui portait un collier de barbe brune décocha un Experlliarmus qui fit reculer le mangemort de quelques mètres. Affalé au sol, ce dernier appela l'aide d'un de ses condisciples. A cet instant, une explosion magistrale retentit et James vit apparaître Aleichem Wace et son air menaçant. Le mage de guerre rentra directement dans l'affrontement : il jouait aussi adroitement de sa baguette que des accessoires qui bardaient sa combinaison de cuir. Un poignard vola et vint se figer dans l'épaule d'un sorcier encagoulé.

Sirius poussa alors James lorsqu'une haute silhouette trapue apparut derrière eux. Le garçon dressa un mur de magie qui ne fit que ralentir leur adversaire. Une lueur brilla dans la pénombre et James s'aperçut alors que leur adversaire était armé d'une longue épée. Il s'agissait apparemment d'un mangemort même si ce dernier ne portait pas une longue robe de sorcier qui aurait très certainement ralentit ses mouvements de bretteur. L'homme fit un moulinet rapide et sa lame siffla dans l'air.

« Allons, deux apprentis sorciers et leurs malheureuses baguettes face à mon épée, cette mission est vraiment d'un triste. »

La voix était froide et gutturale et l'homme jaillit enfin dans la lumière tandis que James et Sirius se regardaient avec frayeur, ne sachant comment réagir. L'homme bondit en avant et Sirius, dont les réflexes étaient un peu plus vifs que ceux de James, envoya bouler son ami dans la poussière, recevant de plein fouet l'attaque du mangemort. Dans sa précipitation, l'homme ne fit qu'effleurer l'uniforme noir et rouge du gryffondor qui tenta tout de même de répliquer. La distance entre lui et le combattant s'était dangereusement réduite. Lors de ses entraînements avec Line, la Française lui avait toujours dit qu'il ne fallait pas laisser un attaquant à l'épée pénétrer dans son cercle de défense. L'homme était toutefois agile malgré sa carrure et Sirius se fatigua bien plus rapidement qu'il ne l'aurait pensé. La moindre inattention lui serait fatale et sa seule chance résidait dans le fait que le mangemort sous-estimait certainement les capacités de l'apprenti sorcier. Tombé à terre, James décocha tout de même un sort de désarmement qui manqua presque de lui revenir dans la figure.

« Sirius ! Pourquoi tu t'es embarqué là-dedans ! Bon sang ! »

« James, essaye de voir si tu ne peux pas aller aider d'autre personne. Ici, face à ce mangemort, tu ne seras que spectateur. Il porte très certainement une armure pour que les sorts rebondissent ainsi.

« Je ne vais certainement pas te laisser tout seul face à un malade pareil, Si'. »

A cet instant, des cris déchirèrent l'atmosphère. James se retourna pour découvrir qu'une tempête s'était levée et qu'un vent vigoureux balayait la place. Cela n'avait rien de naturel et pour déchainer ainsi des éléments, il fallait sans doute que ce soit l'œuvre d'un puissant sorcier. A travers ses lunettes à moitié tordues, James regarda en l'air et avisa deux personnes qui se dressaient sur un toit assez bas d'une boutique. Les deux jeunes gens étaient vêtus de la cape noire de Poudlard et avec un hoquet, le gryffondor reconnut Remus Lupin en compagnie de Joshua Brooks. James se demande pourquoi le Préfet en Chef ne se trouvait pas plutôt à s'occuper d'évacuer les élèves au lieu de risquer sa peau en tâtonnant sur des ardoises branlantes ? Malheureusement pour lui, alors qu'il s'apprêtait à attirer l'attention de ses camarades, un mangemort sortit d'une maison avoisinante. L'apercevant ainsi, seul et isolé, le sorcier tira sa baguette de sa ceinture et lança un sort que James eut à peine le temps d'éviter. Il se projeta à nouveau à terre dans la poussière de la grande place qui ressemblait de plus en plus à un champ de bataille. James avisa qu'un sort assez puissant touchait le mangemort à l'épaule et qu'un bras charitable essayait de le redresser. Il découvrit alors le regard vert et vif de Line qu'une moue déterminée rendait impassible à quelques mètres de lui.

« Relève-toi, James. Il faut au plus vite essayer de sécuriser la zone… »

« Line, Sirius… Il faut que tu l'aides ! Il y a un homme avec une épée… »

« C'est pas vrai, grogna la jeune française entre ses dents avant de se relever avec souplesse. »

En effet, à quelques mètres de là, Sirius se tenait le bras droit qui pendait lamentablement le long de son corps. Son uniforme pourpre semblait malgré tout détrempé par un liquide poisseux, du sang, sans aucun doute. Line, une fine lame à son poing, courut l'aider et le mangemort avisant enfin une adversaire plus digne de lui que Sirius projeta ce dernier d'un coup de pied dans le ventre. James se porta au secours de son ami dont le visage devenait livide d'instant en instant.

Devant eux, Line et le sorcier s'observaient avec attention et minutie. La jeune française portait un pantalon cintré qui facilitait grandement ses mouvements ainsi qu'une courte veste. Ses cheveux blonds voletaient autour de son visage et James aurait été prêt à parier que la détermination se lisait sur son visage.

« Décidément, j'ai droit au cours des débutants, aujourd'hui, déclara l'homme armé. Peut-être es-tu un peu meilleure que ton ami ? »

« Vous ne croyez pas si bien dire, rétorqua Line qui avança brusquement par un pas sur le côté. »

L'homme para le coup et une multitude d'attaques s'en suivirent. Le mangemort était sans conteste bien plus fort, comme en témoignant la puissance de ses coups, et Line tentait toujours d'esquiver la lame de son adversaire grâce à sa souplesse et sa vivacité. Une gerbe d'étincelles apparut toutefois entre les deux lames et le mangemort recula, son épée à la main. Il murmura quelques mots et sans attendre, son arme prit une étrange couleur laiteuse, plus que menaçante. Line recula de quelques pas maladroits sans toutefois baisser sa garde. Son adversaire se redressa et attaqua. Mais à cet instant, un cri déchira l'atmosphère, et c'est avec chance, que Line put échapper au poignard que l'homme avait dissimulé dans son autre main. Un sort avait touché le mangemort à la nuque et sembla l'assourdir durant quelques instants. Les trois gryffondors relevèrent la tête pour apercevoir Remus Lupin, qui se tenait sur le rebord du toit, la baguette pointée vers l'adversaire de Line. Son visage était froid et malgré la distance, James sentit la tension qui parcourait le corps de son ami.

Toutefois, cet instant de calme fut aussi un moment d'inattention fatal. Un mangemort avait jailli sur leur droite, derrière un tas de gravats et le sort qu'il lança toucha le Préfet en Chef en pleine poitrine. Tout se passa alors très vite : Joshua Brooks dévisagea Remus et sentit son corps basculer en arrière. Ses main tentèrent désespérément de s'accrocher aux ardoises usées et moussues mais sans succès. James vit Remus faire un quart de tour et essayait de lancer un sort pour ralentir la chute du jeune homme mais le mangemort décochait à nouveau une gerbe d'étincelles qui l'obligèrent à battre en retraite. James vit le corps du poufssoufle entamer la chute des quelques mètres qui le séparaient du sol avant d'atterrir brutalement dans un nuage de poussière, tout près du sorcier. Ce dernier allait se précipiter sur Joshua lorsqu'il fut touché dans le dos par un puissant sort lumineux. Une sorcière apparut alors, marchant d'un pas agile à travers les décombres, sa longue robe bleu ciel tourbillonnant autour de son corps gracile. La femme était d'une grande beauté, son visage opalin et ses cheveux dorés attachés avec soin en un chignon assez lâche. James savait qu'il l'avait déjà vu… Oui, il s'agissait de cette sorcière qui les avait amenées à Pré-au-Lard après les avoir surpris à roder dans le château lors du bal.

Heureusement pour Line, son mentor arriva sur ses faits. Le mangemort comprit qu'il avait enfin affaire à un véritable combattant et les quelques échanges suffirent aux deux adversaires pour estimer la valeur de l'autre. Crachant violement par terre, le sorcier attaqua d'estoc Roland Yaltes dont l'habilité n'était plus à démontrer. Le Français para le coup et enchaina par une surprenante passe d'armes.

« Il n'y a pas à dire… C'est tout de même plus amusant de croiser le fer avec une lame. Mais tous tes coups te trahissent. »

« Evidement, moi, je ne m'attaque pas à des adolescents, lança Yaltes avec fermeté. »

Tout à coup, le mangemort bondit sur le côté et toucha de sa lame la main qui portait l'arme de Yaltes. Ce dernier poussa un cri étouffé et serra brutalement les mâchoires. Il poussa toutefois la témérité en avançant d'un pas brusque et sa lame parvint à zébrer le masque du mangemort. Battant en retraite, ce dernier recula et disparut rapidement dans les ruelles attenantes à la grande place.

Le mouvement paraissait général car en quelques minutes, les mangemorts abandonnèrent le combat et disparurent, laissant derrière eux les décombres de leur affrontement avec les membres de l'Ordre du Phénix. Roland Yaltes essuya la lame de son épée dans un mouchoir sombre et rengaina rapidement son arme. Il jeta un coup d'œil à Line qui croisa les bras fermement pour montrer son désaccord avec son tuteur.

« J'aurai pu … »

« Tu n'aurais rien pu du tout, Line. Tu ne sais pas qui est ce sorcier et je te promets qu'il n'aurait pas tardé à faire de toi de la charpie, rétorqua le professeur de combat. »

Puis avisant le regard froid de son élève, il ajouta encore quelques mots.

« Même si tu t'es battu avec beaucoup d'habilité. »

Mais ces paroles ne parurent toutefois pas satisfaire la jeune fille, qui ne recherchait pas des louanges. Roland s'accroupit aux côtés de James qui soutenait Sirius dans ses bras. Le bras du gryffondor était inerte et le jeune homme ne serait certainement pas long à perdre connaissance.

« Il a perdu pas mal de sang, déclara Yaltes en appliquant un garrot sur l'avant-bras de son élève. Je vais le faire évacuer rapidement. »

Sirius poussa un glapissement pour signifier la douleur et Roland reprit meilleur mine en déclarant à James que si son ami pouvait gémir ainsi, c'était que sa vie n'était certes pas en danger.

Au loin apparurent des silhouettes un peu plus amicales que celles des mangemorts. James distingua un petit groupe de sorciers qui se formaient, pas très loin d'eux. Il reconnut Wace autant à sa silhouette martiale qu'à sa voix grinçante, qui s'entretenait avec quelques aurors et le sorcier barbu aperçu au début de l'attaque.

« Roland, y a-t-il des blessés parmi vous, demanda la voix sourde d'un jeune homme pourvu lui aussi d'une épée. »

« A part Sirius Black, je ne crois pas, Matthew, répondit Yaltes à son collègue. »

C'est à l'instant où une main lourde se posa sur l'épaule de James que ce dernier se retourna pour découvrir le visage impassible et douloureux de Remus. James se rendit alors compte qu'il n'avait plus pensé à Joshua depuis sa chute. Un malaise saisit sa gorge et remettant ses lunettes sur son nez, il se dirigea d'un pas résolu vers le lieu dit. Mais avant même qu'il n'eut parcouru quelques mètres, la sorcière blonde apparut, tenant maladroitement dans ses bras le corps inanimé de Joshua. James sentit un haut le cœur lui saisir la poitrine en avisant le corps démantibulé du jeune homme. La sorcière regarda dans leur direction avec une nausée certain alors qu'elle mordait ses lèvres.

Aussitôt, ayant rengainé son épée, Matthew Prewett se porta à son secours et la soulagea de son fardeau en déposant précautionneusement le corps à terre. Ses mains tâtèrent le cou et la nuque du poufsouffle mais c'est avec une voix tremblante sourde qu'il annonça qu'il n'y avait plus rien à faire.

La sorcière porta ses mains devant sa bouche et ses yeux se brouillèrent. On sentait en elle la lassitude du combat et apparemment, le corps sans vie du jeune homme avait couronné sa fatigue.

« Ho, Roland, pourquoi…. Pourquoi s'en prennent-ils ainsi aux enfants ? »

La femme se laissa aller contre la poitrine de Roland Yaltes qui parut tout d'abord déboussolé avant que ses bras finissent par se refermer sur le corps sanglotant de l'enchanteresse.

fin du chapitre 14

Aout 2008

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