Chers lecteurs, le rythme des mises en ligne s'accélère, car j'ai enfin le temps nécessaire pour conclure ce récit commencé depuis maintenant de nombreuses années (cela ne nous rajeunit pas) !

Bien évidement, il n'est pas facile de reprendre une histoire que j'avais imaginée avant la parution des tomes 5, 6 et 7 de la saga. Et il est d'autant plus difficile de ne pas penser à des éléments que l'intrigue des derniers tomes a révélés. Au fil de l'écriture, des idées me sont apparues pour raccrocher mon histoire à certaines révélations des derniers tomes. C'est certes très maladroit, mais c'est ce qui me vient naturellement en tête lorsque j'écris.

En espérant que vous prendrez toujours du plaisir à me lire.

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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.

Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.

Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.

Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.

Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).

Résumé général de l'histoire :

Tandis qu'attentats et meurtres éclatent à travers la Grande-Bretagne, la population des sorciers paniqués vit sous la menace de plus en plus permanente des mangemorts. Lors de la rentrée, un coffre suspect est embarqué dans le convoi pour Poudlard et placé sous une impressionnante garde de sorciers. Convoité par les mangemorts, l'étrange coffre tant bien que mal au château, où des sorciers puissants liés à l'Ordre du Phénix veillent à sa protection. Or, il semblerait qu'une taupe agissait en leur sein. De son côté, Lily est recherchée par le ministère pour avoir utilisé sa magie élémentaire en public. Malmenée par ses sentiments et ses relations avec les autres, elle se rapproche des maraudeurs pour former ne alliance de jeunes sorciers. Mais ils ne se doutent pas que certains d'entre eux sont très convoités par les mangemorts, et que des traitres existent, même derrière les visages les plus innocents. Et si ce qui était protégé a Poudlard avait le pouvoir de changer la guerre qui s'annonce ?

Résumé du chapitre précédent :

A Poudlard, Mary et Line découvrent que Gaétan Zimmer, l'un des membres de l'Alliance, a révélé certaines informations sous la menace d'Evan Rosier, le chef des serpentards de septième année, qui cherche à satisfaire les mangemorts. L'affrontement entre gryffondors et serpentards est interrompu par l'arrivée de mangemorts dans le château. En compagnie de Rosier et des autres serpentards, l'une des mangemorts prend à part les deux jeunes filles de Gryffondor. Le groupe tombe sur Matthew Prewett, qui travaille maintenant pour l'Ordre du Phénix. Line profite de la situation pour se rebiffer contre ses adversaires.

Alors qu'ils poursuivent les serpentards en fuite, les jeunes gens tombent sur Roland Yaltès entrain de combattre deux hommes armés d'épées. Le combat s'organise alors entre les mangemorts et les autres sorciers. Se voyant en mauvaise posture, Rosier et Zabini s'enfuient. Si Matthew Prewett et Roland Yaltès parviennent à avoir le dessus sur les deux mangemorts, le professeur de combat a néanmoins été blessé par la lame empoisonnée de son adversaire. Ils découvrent aussi que la mangemort qui a guidés Line et Mary dans le château est en réalité une auror infiltrée par le ministère, et que sans la broche en forme de cœur qu'elle a perdue, rien ne permet de la distinguer des sbires de Voldemort. Il est donc plus que temps de sonner l'alerte : Mary et Line sont envoyées dehors pour alerter par signaux les sorciers qui se trouveraient au quartier général de l'Ordre du Phénix, à Pré-au-Lard. De son côté, Matthew part patrouiller dans les couloirs. Quant à Roland, il part à la recherche de Teresa Herrington l'enchanteresse de l'Ordre, pour qui il est inquiet.

Ce qu'il conviendrait de se souvenir :

- La mort de Beltégueuse Black dont Sirius sait qu'elle a été causée par les mangemorts (partie 1 de l'histoire)

- La menace qu'a subie Aliénor Smith de la part d'un sorcier inconnu (chapitre 15)

- La dispute entre Aliénor Smith et Teresa Herrington à propos de leur intérêt respectif pour Roland Yaltès (chapitre 16)

- L'altercation entre James et Owen Greylake, ce dernier reconnaissant qu'il sait que Lily est en danger (chapitre 17)

Rappel des élèves évoqués dans ce chapitre :

Black Sirius : Gryffondor, 7° année, batteur. Le maraudeur, éternel meilleur ami de James : beaucoup d'humour, gentil et charmeur bien qu'un peu borné parfois. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.

Darcey Line : Ancienne Gryffondor venant de France et retournée dans son pays d'origine. Ses parents étaient impliqués dans l'Opération Pégasus. Grand amour de Remus, c'est une fille douée et déterminée malgré ses doutes qu'elle dissimule au fond d'elle. Elle revient cependant en tant qu'apprentie de son tuteur, Roland Yaltès et demande à pouvoir poursuivre ses études et accepte même le poste vacant de poursuiveuse. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.

Evans Lily : Gryffondor, 7° année, préfète en chef. Ancienne petite amie d'Avery Nott. Possède d'étranges pouvoirs liés à la magie élémentaire ainsi qu'une baguette réalisée par Viviane de Brocéliande. D'étranges rêves et visions semblent la perturber depuis peu. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.

Lupin Remus : Gryffondor, 7° année. Lycanthrope, c'est un maraudeur discret, réfléchi et toujours un peu triste. Nouveau préfet nommé en remplacement de Daniel Payne. Petit ami de Line. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.

Potter James : Gryffondor, 7° année, attrapeur et capitaine. Instigateur des maraudeurs, curieux, perspicace et parfois un peu mesquin. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.

Vinterberg Sarah : Poufsouffle, 7° année, poursuiveuse. Elle ne laisse pas Sirius insensible et fait parti de l'Alliance de Pendragon.

Rappel des sorciers évoqués dans ce chapitre :

Herrington Teresa : Enchanteresse de haut niveau travaillant pour l'ordre du phénix. Elle n'est pas insensible au charme de Roland Yaltès.

Greylake Owen : Remplaçant de Flitwick qui reste cependant bien mystérieux. Personne ne sait rien de ses intentions et d'étranges phénomènes se produisent autour de lui.

Lazitch Magdalene : Dite 'Maggy'. Elle se trouve à Poudlard par ordre de Dumbledore et dirige en temps normal une escadrille de flèches (l'élite des sorciers volant sur balais). Très sympathique sorcière avec beaucoup d'humour (ce qui ne plait pas forcément à tous ses collègues).

Phoebus Richard : Oubliator travaillant pour l'ordre du phénix.

Prewett Matthew : Ancien Serdaigle. Il travaille pour Dumbledore en temps que duelliste combattant.

Smith Aliénor : Professeur de défense contre les forces du mal. Bien qu'aveugle, elle est très qualifiée mais se laisse facilement déséquilibrer. Certains la soupçonnent de traîtrise bien qu'elle n'appartienne pas à l'ordre du phénix. Roland Yaltès lui attache une affection particulière.

Yaltès Roland : Professeur de combat venant de France et tuteur de Line. Lame de son état, il a accepté de travailler pour l'ordre du phénix.

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LE REQUIEM DE L'ESPOIR

3 Le réveil des légendes

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Chapitre 21. Trahison

Le crépuscule tombait doucement sur les toits d'ardoise des tours de Poudlard, tandis que le petit groupe avançait à travers le parc. En tête se trouvait Magdalene Lazitch qui n'avait pas dit un mot depuis leur fuite de Londres. Elle était accompagnée de l'immense et massive silhouette d'Hagrid, le garde-chasse et gardien des clefs de Poudlard qui était venu leur ouvrir la grille. Derrière, James marchait d'un pas lent, revoyant sans cesse l'image de son père se faisant presque mortellement agressé par un mangemort. Enfin, venait Sirius qui avait passé le bras autour de Sarah Vinterberg pour la soutenir et la réconforter. Jusqu'au voyage par portoloin, la jeune fille s'était refusé à émettre le moindre son. Elle avait juste glissé sa main douce et tiède dans celle calleuse de Sirius, qui était bien décidé à parvenir à l'apaiser.

James dont l'estomac était noué depuis leur départ du ministère, commença enfin à s'apaiser en respirant l'air frais du soir. Il vit qu'Hagrid les guidait jusqu'à la grande porte du château, puis repartait d'un pas lourd vers sa petite maison, laissant Maggy Lazitch s'occuper d'eux. Une fois seule, la jeune femme se retourna vers les trois jeunes gens avec un regard appuyé.

« Vous vous rendez bien compte que vous avez mis vos vies et celles des autres en danger, jeunes gens ? »

Les maraudeurs n'acquiescèrent pas à la remarque de la jeune femme. Devant le manque de réponse de ses interlocuteurs, la sorcière renifla, haussa les épaules puis replia sa courte cape autour d'elle. C'est la première fois que les maraudeurs voyaient la jeune femme aussi fâchée, elle qui d'habitude avait tendance à sembler prendre les choses plutôt avec humour, même dans les moments difficiles.

« Je me demande parfois si on ne fait pas peser trop de futures responsabilités sur vos épaules, soupira enfin la jeune femme. »

Magdalene Lazitch était au courant de la sélection des élèves qui seraient à même de rejoindre l'Ordre du Phénix et d'y apporter leurs talents. Cependant, elle finissait par se demander si on n'encourageait pas ces jeunes gens dans une voie dangereuse qu'ils n'auraient peut-être pas choisis d'eux-mêmes.

« Vous devriez penser un peu à vous et à vos rêves avant de vous préoccuper de ceux que les autres veulent vous imposer. Quand je suis sortie de Poudlard i peine dix ans, ma seule ambition était d'obtenir le premier balai de la gamme Etincelles et de jouer au Quidditch. »

« Il y a dix ans, il n'y avait pas de mage noir qui assassinait vos parents, rétorqua froidement Sirius en jetant un regard de biais à la sorcière. »

Cela était vrai. Avaient-ils vraiment le choix, se demanda la jeune femme en soupirant. Ils étaient parvenus sur le seuil, devant la grande porte du château.

« Je dois repartir à Londres, conclut la jeune femme en tendant la main vers le ciel. Maintenant, vous rentrez, on s'occupera de vous ! »

Un léger sifflement se fit entendre et Maggy Lazitch saisit au vol un balai au manche vernis et profilé qui venait d'apparaître. En d'autres circonstances, James aurait admiré l'objet, mais il n'était guère d'humeur ce soir.

« Vous avez promis de nous donner des nouvelles de leurs parents, grogna Sirius pour rappel. »

« Dès mon retour, concéda la flèche en enfourchant son balai. »

Les trois jeunes gens regardèrent sa petite silhouette s'éloigner dans le ciel, puis ils pénétrèrent dans le grand hall du château. James s'était attendu à ce que le professeur McGonnagal les attende de pied ferme avec sa mine sévère, les bras croisés sur sa maigre poitrine. Pourtant lorsqu'ils regardèrent autour d'eux, ils ne virent personne. Sirius fit alors la réflexion que l'heure du dîner devait être passée et que leurs camarades avaient rejoint leurs propres dortoirs. Il demanda à Sarah Vinterberg si elle préférait qu'ils la raccompagnent à sa salle commune ou si elle acceptait de venir à celle de Gryffondor, pour se sentir moins seule. Avec les mains de Sirius posées sur ses épaules, la jeune fille frissonna et réussit à articuler quelques mots pour signifier qu'elle acceptait de les suivre.

« Je sais que tu es inquiet pour ton père, James, mais crois-moi, il va s'en tirer, déclara Sirius en suivant la silhouette de son meilleur ami. »

« Je l'espère, souffla James. Si jamais il n'était plus là, ma mère en mourrait de chagrin. »

Sirius eut alors une pensée pour son propre père qui n'était plus que l'ombre de lui-même, depuis le décès de sa femme deux ans plus tôt. La famille Black qui était jusqu'alors très unie avait implosé, car chacun de ses membres s'était retrouvé seul face à son chagrin. Sirius lui-même avait peu échangé avec Orion Black, car chaque échange avec son père lui rappelait cruellement l'absence de sa mère. Quant à sa sœur, Cassiopée dont il avait été si proche, la jeune fille semblait essayer d'avancer en créant son propre foyer en compagnie de Lawrence Ackerley. Sirius ne pouvait certes pas la blâmer, mais de ce fait, les rares séjours du jeune homme au Havre, la demeure des Black, s'étiraient de façon douloureuse en tête à tête avec la morose silhouette paternelle. Le jeune homme souhaitait donc de tout son cœur que la famille Potter ne connaisse pas le même sort que la sienne.

Alors qu'ils s'apprêtaient à prendre les escaliers pour rejoindre la tour de Gryffondor, tous trois furent arrêtés par une voix derrière eux.

« Jeunes gens, où croyez-vous aller comme cela, s'exclama une voix masculine. »

En se retournant, ils découvrirent deux sorciers qui venaient à leur rencontre. James reconnut Teresa Herrington, l'enchanteresse qui officiait pour l'Ordre du Phénix. Vêtue d'une somptueuse robe bleu marine brodée de fils d'argent, ses cheveux blonds cendrés étaient relevés sur la nuque en un chignon natté. A ses côtés, se tenait un homme de taille moyenne au crâne rasé et aux lèvres minces et pincées.

« Vous revenez de Londres, n'est-ce-pas, questionna la sorcière en regardant successivement les trois élèves. »

Sirius déclara que oui, d'une voix mal à l'aise. Aussitôt, le sorcier lui demanda quelle y était la situation. Ce fut Sarah qui lui répondit d'une voix atone et en un seul mot.

« Terrible… »

Teresa Herrington fit un hochement de tête compréhensif.

« Richard et moi-même allons vous conduire auprès de la directrice adjointe, répondit l'enchanteresse en prenant la tête du petit groupe. »

« Il ne serait pas plus simple de nous laisser aller nous coucher, demanda Sirius contrarié. »

Le jeune homme n'avait nullement envie de se faire sermonner par McGonnagal, et surtout, il souhaitait épargner cette peine à Sarah qui n'avait jusqu'alors certainement pas ou peu expérimenté les remontrances de ce genre. Il aurait préféré la savoir blottie à ses côtés face à un feu de cheminée dans la salle commune de Gryffondor, alors qu'elle reprendrait des couleurs.

« En l'absence du professeur Dumbledore, nous devons assurer la sécurité du château, expliqua Teresa Herrington avec douceur. »

« Vous ne croyez pas que la menace se trouve plutôt dehors, répondit avec hargne Sirius, en soutenant le regard des deux sorciers qui se tenaient face à lui. »

« On ne sait jamais d'où la menace peut venir, jeune homme, lui répondit l'homme en fronçant les sourcils. »

La discussion parut close et les trois élèves se décidèrent enfin à avancer, suivis par les deux sorciers. Sur leur passage, les flambeaux accrochés au mur s'embrassaient puis semblaient mourir à petit feu, une fois qu'ils s'éloignaient. Le petit groupe passa devant plusieurs tableaux au cadre vide, leur occupant certainement occupés à des visites nocturnes.

« C'est étonnant, j'ai l'impression de vous avoir déjà vu quelque part, lança Sirius au sorcier qui les suivait, rompant ainsi le silence qui planait dans le couloir. »

« C'est parce que je travaille pour l'Ordre, répondit simplement l'homme d'une voix sourde. »

« Mais à part cela ? Je suis presque certain de vous avoir rencontré en dehors de Poudlard, continua à arguer le jeune homme. »

« Je suis oubliator, déclara l'homme pour mettre fin à la conversation. »

« Alors vous avez dû connaître Beltégueuse Black alors, ajouta Sirius en se renfrognant. »

« C'est exact… jusqu'à sa disparition, répondit Richard Phoebus étonné, en se demandant où voulait en venir le jeune homme. »

Mais Sirius s'était tu et ne semblait plus décidé à répondre aux interrogations du sorcier. James se décida à clore la discussion, car plus vite ils affronteraient les foudres de McGonnagal, plus vite ils passeraient à autre chose. Tout ce que lui-même souhaitait, c'était essayer de lâcher prise et que cette image obsédante de son père se vidant de son sang quitte enfin son esprit. Pour l'instant, il ne lui était même pas venu à l'esprit qu'ils auraient pu être tous les trois renvoyés de Poudlard pour leur expédition londonienne.

« Sirius est le fils de Beltégueuse Black, lança James pour mettre fin à l'attente du sorcier. »

A ces mots, l'homme fit un signe entendu de la tête et déclara à Sirius qu'il était désolé pour la perte de sa mère. Ils arrivèrent à une bifurcation entre deux larges couloirs, celui de gauche menant aux appartements de certains professeurs dont la directrice adjointe.

En s'approchant du couloir qui menait aux appartements du professeur Flitwick, aujourd'hui occupés par Owen Greylake, James sentit son estomac se nouer et il repensa à la discussion houleuse qu'il avait eue avec le professeur à propos de Lily. Il lui faudrait parvenir à faire avouer au sorcier qu'il était bel et bien responsable de l'état dans lequel se trouvait la préfète en chef. Certes, James s'était refusé à expliquer au professeur McGonnagal pourquoi il s'était porté au secours de Lily Evans. Le jeune homme était certain que la directrice adjointe ne l'aurait pas cru, et que dans le meilleur des cas, Greylake aurait tout simplement nié ce qu'il lui avait révélé.

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C'est alors que venant de la droite, ils entendirent des bruits de pas feutrés. Quelques instants plus tard, ils se retrouvèrent nez à nez avec Aliénor Smith. Le professeur paraissait fatigué, sa démarche était hésitante et par moment, elle s'appuyait doucement contre le mur. Contrairement à son habitude, elle était vêtue d'une tunique pourpre qui retombait sur un justaucorps noir. James s'étonna de lui voir une cape de voyage jetée sur les épaules, alors qu'elle sortait pour ainsi dire presque jamais du château.

Teresa Herrington, voyant la femme avec qui elle avait eu précédemment une altercation, parut aussitôt sur la défensive. Quant à Aliénor, même si elle ne pouvait les voir, elle avait clairement senti leur présence magique, s'étant arrêtée à quelques mètres d'eux.

« Potter, Black et Vinterberg, c'est cela ? Que faites-vous à cette heure dans les couloirs et en une telle compagnie, devrais-je ajouter ! »

Le ton du professeur de défense contre les forces du mal se voulait neutre, mais James sentit bien que la femme venait d'adresser une pique à l'enchanteresse. Il se souvint alors de l'échange acerbe dans lequel s'étaient lancées les deux sorcières quelques semaines plus tôt. Le sujet de leur discorde n'avait pas paru très clair au jeune homme, mais il se souvenait que l'arrivée de Yaltès avait mis fin à la joute verbale.

« Nous pourrions vous retourner la question, rétorqua Teresa Herrington sur la défensive en s'adressant à Aliénor. Un professeur qui rôde dans les couloirs à une heure bien tardive, ce n'est pas vraiment normal, non plus, Smith. »

« Et bien, tandis que certains sorciers s'escriment à vouloir montrer aux yeux de tous comment ils vont sauver le monde, les autres se contentent de vivre, déclara froidement Aliénor Smith, les lèvres pincées. »

La femme qui était jusqu'alors appuyée contre le mur, sembla reprendre le dessus sur sa fatigue. Elle croisa ostensiblement les bras sur la poitrine, tandis qu'un bandeau de couleur crème lui masquait toujours les yeux.

« Je sais très bien que votre jalousie est la source de ces remarques acerbes, Smith. Mais vous avez raison, certaines personnes ne participent pas à rendre ce monde meilleur. Mais ne vous inquiétez pas, je suis sûre que vous trouverez quelqu'un qui, comme vous, pense seulement à sa petite personne. »

La réplique cinglante de l'enchanteresse sembla ébranler le professeur, dont le visage avait brusquement pâli.

« Vous n'avez pas répondu à notre première question, coupa Richard Phoebus. Que faites-vous dans ce couloir ? »

« Vous revenez des appartements de Greylake, c'est cela, articula James avec stupeur. »

« Cela ne vous regarde pas, répondit doucement Aliénor en tournant son visage vers le jeune homme. »

La réflexion de James surprit tout le monde alentour. Les deux sorciers de l'Ordre parurent fortement s'intéresser à ses paroles, tandis que Sirius haussait les sourcils d'un air perplexe.

« Cela me regarde lorsqu'on sait que cet homme en a après Lily Evans, grogna le jeune homme en serrant les points. »

« Qui est Lily Evans, demanda Teresa avec candeur en se tournant cette fois-ci vers Sirius. »

« La préfète en Chef de Gryffondor, lui répondit le jeune homme. Elle a été victime d'un accident, mais nous soupçonnons fortement que Greylake en soit à l'origine. »

« Vous ne devriez pas affirmer des choses que vous supposez, jeune homme, répliqua froidement Aliénor Smith. »

Le jeu d'Aliénor Smith n'était certainement pas clair, et les remarques lancées à voix haute par James finirent par porter leurs fruits. Richard Phoebus parut faire un petit signe de tête en apprenant l'information et il regarda son acolyte.

« Avez-vous des informations concernant les agissements de Greylake, Smith ? Si c'est le cas, vous feriez mieux de répondre. Est-ce que ce que dit ce jeune homme est exact, demanda l'oubliator en s'approchant lentement de la sorcière. »

« Je n'ai pas à vous répondre, clama Aliénor en reculant à son tour. »

« Vous étiez au courant de ses intentions et vous n'avez rien fait pour l'en empêcher, c'est cela, demanda Richard Phoebus inquisiteur. »

« Ou … vous l'avez aidé ? »

Ces derniers mots prononcés par Teresa Herrington firent place à un silence pesant. L'enchanteresse et l'oubliator semblaient s'acharner sur le professeur. James de son côté, avait pris un air contrarié, les sourcils froncés par-dessus ses lunettes.

« L'Ordre soupçonne que quelqu'un ait eu vent de certaines de nos informations, lança Teresa en grinçant des dents. »

« C'est vous, Smith, qui avait récolté des informations et les avez rapporté à Greylake, votre complice, demanda Richard en levant sa baguette vers la jeune femme. C'est pour cela que vous étiez fâchée que Yaltès ne vous adresse plus la parole. Votre source d'information s'était tarie ? »

« Roland Yaltès n'a rien à voir là-dedans ! »

A ces mots, ils virent Aliénor Smith sortir rapidement de sa poche une fine baguette en bois clair, et la pointer d'un air menaçant vers eux.

« Professeur, comment avez-vous pu faire cela à Lily, s'exclama James. J'ai rapidement compris que Greylake était un sombre con, mais vous ? Pourquoi ? »

Le maraudeur avait serré ses poings et ses yeux sombres foudroyaient le professeur.

« Vous étiez un professeur de défense contre les forces du mal plutôt compétent, ajouta Sirius. »

« D'autant plus que Lily s'est confiée à vous, rétorqua James. Vous avez abusé de sa confiance ! »

« Potter, vos sentiments vous égarent, se contenta de déclarer le professeur sur la défensive. »

« Smith, je crois que vous allez nous suivre, conclut Teresa Herrington qui avait écouté avec attention l'échange entre les élèves et leur professeur. »

« Je n'ai jamais attenté à la vie de Lily Evans, s'écria Aliénor Smith en redressant sa baguette vers l'enchanteresse. »

« Pourtant, en tant que professeur, vous auriez pu avoir accès aux réserves du laboratoire de potions, coupa James avec aigreur. »

« Il y a un moyen de vérifier ses dires, coupa Richard Phoebus. »

« Lequel, demanda Sarah perplexe qui avait jusqu'alors assisté silencieusement à l'altercation. »

« Véritaserum, se contenta de répondre le sorcier. »

Ce simple mot plomba l'atmosphère qui était déjà pesante.

« Je pensais que son usage était strictement encadré par le Ministère, s'exclama Sarah. »

« Donc, les nombreuses fois où Brocklehurst nous a menacés de nous faire parler en nous en faisant ingérer de force, c'était du bluff, demanda Sirius. »

« Nous en aviserons avec les autres membres de l'Ordre. En attendant, arrêtons-là, répondit Teresa Herrington. »

A ces mots, Aliénor Smith pointa sa baguette vers l'enchanteresse et lança un puissant jet de lumière. Teresa Herrington eut à peine le temps de se plaquer contre le mur, le sort du professeur alla s'écraser contre le mur derrière, et délogea même quelques pierres. Voyant que l'affrontement allait être inévitable, Sirius sortit sa propre baguette magique et passa devant Sarah pour la protéger.

Mais il comprit rapidement qu'il serait impuissant devant le combat que s'apprêtaient à mener les deux femmes. Teresa Herrington prononça une longue formule magique et une aura lumineuse l'entoura, suivant ses mouvements. Le jeune homme n'avait aucune idée du sort que l'enchanteresse venait de lancer mais il ne semblait pas faire peur à Aliénor Smith qui s'était avancée d'un pas décidé, sa baguette menaçant toujours le petit groupe. Une flamme bleutée jaillit de la baguette du professeur et vint lécher l'endroit où se trouvaient quelques instants plus tôt les deux sorciers de l'Ordre. Le professeur Smith tourna son visage vers les trois élèves qui s'étaient tapis contre le mur adjacent, observant avec stupeur la violence du combat.

« Jeunes gens, partez ! Il n'y a aucune raison que vous soyez blessés, ordonna la jeune femme. »

James qui avait toujours été mal à l'aise lorsque les yeux bandés du professeur se portaient sur lui, n'osa pas bouger. Ce fut Sirius qui le tira doucement par la manche.

« Très touchant, Smith, de vous préoccuper enfin de vos élèves, s'écria Teresa Herrington. »

A ces mots, le professeur s'attaqua d'un geste rapide à l'enchanteresse, projetant à nouveau vers elle cette même flamme bleutée qui cette fois-ci, lécha les pieds de Teresa Herrington. Voyant cela, la femme blonde plissa les yeux.

« A ce que je vois, vous vous croyez douée alors que vous avez toujours dû vous cantonner à la magique théorique. »

C'est alors que devant Sirius et James un éclair de lumière explosa. Lorsque la fumée se dissipa, James tendit sa main droite devant lui, mais eut la surprise d'être arrêté comme par une paroi invisible. Le professeur venait de les séparer par un mur de magie. Grognant pour lui-même, le maraudeur lança avec sa baguette un sort qui rebondit sur la paroi invisible et manqua de toucher Sirius.

« Sirius, aide-moi à briser cette paroi, s'exclama James mécontent d'être laissé à l'écart. »

Depuis le début, Sirius s'était reculé car il avait très vite compris qu'il ne pourrait pas s'insérer dans l'affrontement des deux femmes. La seule bonne nouvelle était que la situation avait tirée Sarah Vinterberg de son apathie. La jeune fille portait un regard d'acier sur les deux femmes, et s'était détachée de Sirius.

« James, tu ne te rends pas compte ! On n'est carrément pas de taille à lutter contre elles. »

« Mais on ne va pas rester là les bras ballants, s'exclama James en frappant du point la paroi qui fut certes parcourue d'une vibration mais qui ne s'ébranla pas. »

Pendant ce temps, Teresa Herrington semblait avoir pris le dessus sur le professeur qui avait reculé de quelques pas. Voyant qu'elle prenait l'ascendant, l'enchanteresse eut un petit sourire en coin et figea sa baguette dans l'air. Aliénor Smith, mal en point et qui se tenait contre le mur, psalmodia quelques mots. Un souffle brulant s'échappa de la sorcière et prit forme dans le couloir. Les maraudeurs frémirent en voyant un immense brasier en forme de bête féroce s'élancer vers Teresa Herrington. La sorcière n'eut pas le temps de se protéger et le sortilège embrasa le bas de sa tenue. Richard Phoebus courut vers sa consœur et arracha d'une main experte le pain de tissu qui se consumait. C'est alors qu'Aliénor frappa d'un jet de lumière le dos de l'homme. Le corps de l'oubliator s'arc-bouta, une grimace étira les traits de son visage et un cri déchirant retentit dans les murs du château.

« Richard, s'écria l'enchanteresse. »

Mais il était trop tard, l'homme reposait par terre.

« Que s'est-il passé, demanda Sarah en ouvrant les yeux. »

Ce fut les paroles de Teresa Herrington qui éclairèrent l'incrédulité des trois jeunes gens.

« Comment avez-vous su…, lâcha la sorcière en foudroyant du regard Aliénor Smith qui s'était redressée. Son centre névralgique… »

« La magie théorique, rétorqua le professeur de défense contre les forces du mal. Celle que vous semblez tant dénigré. Et sachez qu'il est possible de faire d'un handicap un atout ! »

« Vous voyez les champs de magie, déclara l'enchanteresse d'un air entendu. »

Tandis que le professeur reprenait son souffle, elle se retourna vers ses trois élèves.

« Jeunes gens, vous pensez vraiment que le professeur McGonnagal ne serait pas venue elle-même pour vous trouver, leur demanda la sorcière qui espérait les convaincre. Pourquoi est-ce justement ces deux sorciers qui vous attendaient ? »

Entendant les remarques du professeur, James haussa les épaules. Ce fut Sarah qui l'attrapa par le bras et l'obligea à se retourner. James voulut se dégager mais elle le retint face à elle. Sirius surpris, regarda son meilleur réticent faire face à la jeune fille.

« James, écoute-moi ! Tu ne crois pas que le professeur Smith pose de bonnes questions ? »

« Tu as entendu Herrington, tout désigne Smith comme étant une traitre ! »

« En attendant, on ne peut pas rester là, rétorqua Sirius. Réglons la question en allant chercher McGonnagal. »

« Sirius a raison, James ! »

Le maraudeur paraissait tiraillé entre les arguments de la jeune fille et son envie dévorante de chercher des coupables pour l'état de Lily. Sa fureur rentrée envers Greylake s'était incarnée contre le professeur de défense contre les forces du mal, et il s'était focalisé dessus. Voyant l'indécision de James, Sirius se saisit du jeune homme et l'attira vers lui. James se laissa alors entraîner par les deux jeunes gens. Etant déjà à une dizaine de mètres du lieu du combat, James vit juste un reflet rouge éblouir les verres de ses lunettes, mais il était déjà trop tard, Sarah et Sirius l'entrainant à leur suite.

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Aliénor s'était effondrée par terre, la main crispée sur sa poitrine et ses cheveux balayant son visage. La sueur s'écoulait de son front et elle continua quelques secondes encore à serrer les dents, le temps que la douleur s'apaise. La tête lui tournait toujours et des étoiles dansaient devant ses yeux. Les flux de magie qui guidaient d'habitude ses mouvements bougeaient en tout sens, lui donnant le tournis.

« Alors, Smith, on fait moins la maligne ! Et il semblerait que ce soit juste moi contre vous, finalement, s'exclama Teresa Herrington. »

« Vous n'avez pas été longue à vous consoler de la perte de votre compagnon, souffla Aliénor Smith en désignant la silhouette allongée de l'homme à terre. »

L'enchanteresse était debout et repoussa du pied le corps du sorcier qui traînait à ses pieds. Bien que sa somptueuse tenue ait en partie brûlée, Teresa Herrington semblait toujours dominer la situation.

« Nous allons pouvoir parler librement, maintenant que ces petits fouineurs sont partis, déclara la jeune femme. Et je reconnais que Richard n'a pas fait long feu. Mais il avait rempli sa mission. »

« Laquelle ? »

« Celle de mettre hors-circuit cette Lily Evans. Quoi de mieux qu'un sorcier sensé assurer l'ordre dans le château et qui peut se déplacer partout ? »

« C'est lui qui l'a empoisonné, alors ? »

« Effectivement, même s'il y a eu quelques à-côtés, soupira l'enchanteresse. Richard a du nettoyer la mémoire de ce malheureux élève qui l'avait surpris. »

« Vous n'avez même pas de regrets, rétorqua Aliénor Smith qui était assise par terre, dos au mur. Quel intérêt représente pour vous cette pauvre jeune fille ? »

L'enchanteresse haussa les épaules et une petite moue silencieuse apparut sur son visage. Comprenant qu'elle n'obtiendrait pas de précisions, Aliénor Smith s'engagea sur une autre voie.

« Vous cachez bien votre jeu, Herrington. Comment un grand sorcier comme Dumbledore a-t-il pu se laisser abuser ? »

« Que voulez-vous… Le titre d'enchanteresse ne laisse personne indifférent. Pas même les grands sorcier et les mages noirs ! »

« Et on vous apprend les sortilèges impardonnables ? »

« Allons, ne soyez pas impertinente ! »

Un nouveau sort Doloris vint frapper la sorcière qui était déjà à terre. Son corps se révulsa et la douleur sembla s'éterniser. Lorsque cela s'arrêta, ses membres étaient endoloris et la jeune femme était incapable de se redresser. La magie autour d'elle était brouillée, et elle n'avait donc aucun repère.

« Vous avez du beaucoup vous tourmenter lorsque Richard est venu vous menacer. J'avais personnellement parié que le désintérêt de votre personne de la part de Yaltès vous encouragerait à changer de camp. Mais contre toute attente, vous n'avez pas ouvert Poudlard aux mangemorts. C'est moi qui ait du m'en charger… »

« Les mangemorts ont pénétré dans le château, laissa échapper Aliénor Smith dans un souffle désespéré. »

« Et oui, mais trêve de bavardage, j'ai d'autres talents à dévoiler auprès des membres de l'Ordre. Ce qui est fort amusant, c'est que de puissants et tenaces sorciers comme Wace, le mage de guerre, ait toujours douté de vous, alors que j'agissais sous leurs nez ! Même ce naïf de Yaltès n'a eu aucun mal à tomber sous mon charme… »

« Tout n'était donc que de la comédie. »

« Oui, Yaltès n'est qu'un pion sur l'échiquier qu'il convient de dégommer. Même s'il ne m'a pas laissé pas indifférente… Dois-je vous avouer que je n'ai pas eu trop de mal me laisser séduire ? »

« Vous êtes vraiment minable… »

« Vous n'êtes pas vraiment en position de me faire de telles remarques, Smith. »

Une nouvelle décharge frappa le professeur. Des larmes coulaient de sous son bandeau, mouillant son visage.

« Dès que j'en aurai fini avec vous, je vais me dépêcher de m'occuper de Yaltès. Et ça sera d'autant plus facile qu'il me mange dans la main. Ainsi, l'Ordre du Phénix sera déjà bien entamé… Sans compter sur le travail des autres mangemorts. »

« Pourquoi être venus à Poudlard ? Vous allez tuer de nombreux innocents ! »

« Dumbledore s'en prendra à lui-même. Il a caché à Poudlard ce que nous recherchons. C'est donc lui qui a mis en péril la vie de ses élèves. »

« Vous insultez un grand sorcier, déclara Aliénor dont la respiration devenait sifflante. »

Une quinte de toux douloureuse vint lui soulever les côtes. Voyant cela, Teresa Herrington eut un petit sourire en coin.

« Allons, je sais que ça doit faire mal… Aussi mal que de s'être sentie abandonnée, trahie presque, par celui qui vous attirez, Smith ? Ne pleurez pas. Ce sera bientôt fini. Ce n'est pas ma faute si vous semblez si bien résister à la douleur. »

Tandis que l'enchanteresse enjambait le corps du sorcier à ses pieds, Aliénor roula sur le côté et mordit ses lèvres. Quelques gouttes de sang pourpres perlèrent, la sorcière glissa ses doigts sur le liquide visqueux. D'un geste fébrile, elle traça une rune sur le creux de son poignet. Le pas sec de son adversaire retentit dans son dos, et la femme à terre se concentra sur son sort, les mots s'échappant doucement de ses lèvres. Quand le sortilège de son adversaire la frappa, elle lâcha enfin prise.

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Matthew Prewett venait de parcourir le troisième couloir de l'aile Sud et s'engagea dans un étroit escalier en colimaçon. Jusqu'à maintenant, tout avait semblé étrangement calme, les couloirs étaient déserts, la plupart des tableaux endormis laissaient échapper un petit ronflement. Matthew, épée au clair, s'avançait calmement avec l'ensemble de ses sens aux aguets. Plus le temps passait, plus il s'inquiétait de n'avoir pas déjà eu à faire aux mangemorts. Soit l'attaque était de moindre ampleur que ce qu'ils avaient pensé, soit les sorciers à la solde du mage noir étaient diaboliquement bien organisés.

Des cris perçants retentirent alors aux oreilles du jeune homme.

« Intrus dans les couloirs, intrus dans les couloirs ! »

Matthew reconnut la voix perçante si caractéristique de Peeves, l'esprit frappeur du château, qui l'avait terrorisé lors de sa première année à Poudlard. L'ancien serdaigle se souvenait encore de la bassine d'eau croupie que le poltergeist avait renversé sur lui t d'autres camarades quelques minutes à peine avant de revêtir le choipeau. Cuisant souvenir ! Le jeune homme se mit néanmoins à courir en direction des cris et aperçut bientôt l'esprit frappeur qui flottait à un mètre du sol. Son visage grimaçant et moqueur se tourna vers le sorcier et il s'envola brusquement. Matthew se pencha pour l'éviter. Peeves laissa échapper un caquètement de déception.

« Peeves, pourquoi fais-tu autant de bruit ? Tu as vu des gens rôder dans les couloirs ? »

L'esprit se contenta d'émettre un borborygme pour toute réponse, puis reprit sa tirade puissante. Matthew eut alors une idée brillante.

« Arrête de faire du bruit, tu vas réveiller tout le monde. Tu ne voudrais quand même pas que Rusard ou McGonnagal soient tirés de leur sommeil. »

Une lueur malveillante s'alluma dans le regard sombre de l'esprit. Il enchaina une cabriola et partit dans les couloirs en s'époumonant de plus belle à propos des intrus. En lui disant le contraire de ce qu'il désirait, Matthew avait parié sur le caractère rebelle de l'esprit frappeur. Et cela avait plus que fort bien marché. Peeves allait être un formidable vecteur pour tirer le plus de sorciers hors de leurs lits.

Matthew jeta alors un coup d'œil autour de lui et eut la surprise d'apercevoir une forme indistincte sur le sol, à moitié camouflée dans l'ombre. En s'avançant, il eut la mauvaise surprise de reconnaître le nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Il n'avait pas eu beaucoup l'occasion de la croiser, mais quelques conversations des autres sorciers de l'Ordre avaient porté sur la jeune femme. Matthew s'agenouilla, appréhendant de découvrir un cadavre.

Lorsqu'il la retourna, il remarqua avec stupeur que la femme ne respirait plus. Elle était en piteux état, une trainée de sang couvrant sa gorge et sa peau terne semblaient indiquer qu'elle n'était plus de ce monde. Matthew eut par ailleurs un mouvement de recul lorsqu'il se rendit compte que le bandeau de la jeune femme s'était détaché et que deux grands yeux blancs sans iris semblaient le regarder.

Le jeune homme perdit l'équilibre et se retrouva assis par terre. Son regard fut alors attiré par la tâche de sang qui maculait la manche de la jeune femme. D'un geste délicat, il souleva la manche déchirée et aperçut tracé dans le creux du poignet de la sorcière, une étrange rune de couleur pourpre. Le professeur avait dû avoir à peine le temps de tracer ce symbole pour la protéger contre le sort qui lui avait été fatal. Matthew eut alors un vague souvenir de ses derniers cours à Poudlard, il se souvenait juste que la magie du sang était extrêmement puissante et qu'elle s'approchait parfois dangereusement des frontières de la magie noire. Les doigts du sorcier parcoururent la trace sanglante d'un geste maladroit et comme pris d'une intuition, ses lèvres prononcèrent le nom de la rune à voix basse.

= fin du chapitre 21 =

Le 29 juillet 2013