Un chapitre sacrément difficile à écrire, où enfin l'intrigue se dénoue, l'histoire se conclut (ou pas…) J'espère que vous le savourerez et serez assez indulgents, car je n'ai pas été tendre avec certains personnages ! Bonne lecture.
Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.
Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.
Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.
Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.
Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).
Résumé général de l'histoire :
Tandis qu'attentats et meurtres éclatent à travers la Grande-Bretagne, la population paniquée vit sous la menace de plus en plus permanente des mangemorts. Lors de la rentrée, un coffre suspect est embarqué dans le convoi pour Poudlard et placé sous une impressionnante garde de sorciers. Convoité par les mangemorts, l'étrange coffre tant bien que mal au château, où des sorciers puissants liés à l'Ordre du Phénix veillent à sa protection. Or, il semblerait qu'une taupe agissait en leur sein. De son côté, Lily est recherchée par le ministère pour avoir utilisé sa magie élémentaire en public. Malmenée par ses sentiments et ses relations avec les autres, elle se rapproche des maraudeurs pour former ne alliance de jeunes sorciers. Mais ils ne se doutent pas que certains d'entre eux sont très convoités par les mangemorts, et que des traitres existent, même derrière les visages les plus innocents. Et si ce qui était protégé a Poudlard avait le pouvoir de changer la guerre qui s'annonce ?
Résumé du chapitre précédent :
Sur les pelouses de Poudlard, l'affrontement est féroce entre les mangemorts et les membres de l'Ordre auxquels se sont mêlés les élèves de septième année.
Line qui voulait venir en aide à son mentor et qui a été violement rejetée par lui, arrache ses galons, furieuse. Ce qu'elle n'a pas compris, c'est que Yaltès ne veut pas qu'elle assiste à sa défaite et sa mort potentielle. A bout de force, le professeur de combat découvre que Teresa Herrington est bien une traître à la solde des mangemorts. Alors que l'enchanteresse prend le dessus dans leur combat, Aliénor Smith vient à ses côtés et lui prête ses pouvoirs pour tenter de défaire leur adversaire. Submergée par la colère, Line affronte Landwattir un terrible bretteur qui joue de sa jeunesse pour la duper à l'aide d'illusions. La jeune fille se retrouve donc à combattre tout d'abord le spectre de son mentor, puis de sa mère contre laquelle elle s'avoue impuissante. Fort heureusement, Caspian Harlow qui dirige maintenant la bride d'élite des tireurs de baguette intervient et tente de la mettre à l'abri.
De son côté, Sirius tente de distraire le monstrueux dragon qui plane au dessus de Poudlard en suivant les directives de Maggy Laztich qui semble maîtriser la situation. Cependant, dans sa chute, le dragon se débat et projette au sol le jeune homme. Lorsque Sirius se redresse, il aperçoit ce qu'il croit être la jeune femme qui n'a pas su esquivé la dernière attaque de la bête et ses flammes.
Quant à Mary, elle s'efforce de veiller sur Keïta et Remus qui semble de plus en plus faible. Alors qu'elle lui propose de se mettre se réfugier dans le château, les deux gryffondors sont attaqués par Evan Rosier qui met Remus hors d'état de nuire. Mary ne doit la vie sauve qu'à la fuite du serpentard, mais voilà qu'une partie du mur du château s'effondre sur eux.
Ce qu'il conviendrait de se souvenir :
- Les parents de James lui ont offert une médaille parée de leurs blasons (partie 2)
- Avery Nott, l'ancien petit ami de Lily, a été converti par les mangemorts. Il a revu la jeune fille pour tenter de la convaincre de le rejoindre (chapitre 8)
- Depuis que Lily a été empoisonnée avec une potion de préscience, elle a des visions de l'avenir (chapitres 16, 19 et 23)
- Matthew Prewett a récupéré la broche qu'a perdue Laureline Parry, une Cœur honnête infiltrée auprès des mangemorts, broche qui lui permettait de signaler aux sorciers qu'elle est en réalité un agent double (chapitre 20)
- Lily a été plusieurs fois la cible des mangemorts qui semblent avoir pour ordre de la kidnapper (chapitres 17, 19 et 24)
- Teresa Herrington, qui est une mangemorte infiltrée, a été battue en duel par Yaltès qui a touché son centre névralgique magique, avec l'aide d'Aliénor Smith (chapitre 24)
Rappel des élèves évoqués dans ce chapitre :
Black Sirius : Gryffondor, 7° année, batteur. Le maraudeur, éternel meilleur ami de James : beaucoup d'humour, gentil et charmeur bien qu'un peu borné parfois. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.
Bones Mary : Gryffondor, 7° année. Amie de Lily, douce et discrète. Possède d'étranges pouvoirs liés à la magie élémentaire. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.
Darcey Line : Ancienne Gryffondor venant de France et retournée dans son pays d'origine. Ses parents étaient impliqués dans l'Opération Pégasus. Grand amour de Remus, c'est une fille douée et déterminée malgré ses doutes qu'elle dissimule au fond d'elle. Elle revient cependant en tant qu'apprentie de son tuteur, Roland Yaltès et demande à pouvoir poursuivre ses études. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.
Evans Lily : Gryffondor, 7° année, préfète en chef. Ancienne petite amie d'Avery Nott. Possède d'étranges pouvoirs liés à la magie élémentaire ainsi qu'une baguette réalisée par Viviane de Brocéliande. D'étranges rêves et visions semblent la perturber depuis peu. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.
Lupin Remus : Gryffondor, 7° année. Lycanthrope, c'est un maraudeur discret, réfléchi et toujours un peu triste. Nouveau préfet nommé en remplacement de Daniel Payne. Petit ami de Line. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.
Potter James : Gryffondor, 7° année, attrapeur et capitaine. Instigateur des maraudeurs, curieux, perspicace et parfois un peu mesquin. Fait parti de l'Alliance de Pendragon.
Vinterberg Sarah : Poufsouffle, 7° année, poursuiveuse. Elle ne laisse pas Sirius insensible et fait parti de l'Alliance de Pendragon.
Rappel des professeurs évoqués dans ce chapitre :
Greylake Owen : Remplaçant de Flitwick qui reste cependant bien mystérieux. C'est en réalité un illusionniste qui travaille comme agent du ministère et a été envoyé pour veiller sur Lily Evans, mais il a été attaquée par la jeune fille, persuadée de ses mauvaises intentions.
McGonnagal Minerva : Professeur de métamorphose et directrice de Gryffondor. Sévère mais juste envers les élèves, elle soutient fidèlement Dumbledore dans l'Ordre du phénix.
Smith Aliénor : Professeur de défense contre les forces du mal. Bien qu'aveugle, elle est très qualifiée mais se laisse facilement déséquilibrer. Sa participation à la bataille de Poudlard l'a lavé des soupçons de traitrise qui pesaient sur elle.
Rappel des sorciers évoqués dans ce chapitre :
Herrington Teresa : Enchanteresse de haut niveau travaillant pour l'ordre du phénix. Elle n'est pas insensible au charme de Roland Yaltès. Mais c'est en réalité une mangemorte infiltrée.
Malfoy Lucius : Mangemort et bras droit de Voldemort.
Nott Adela : Ancienne Poufsouffle et sœur jumelle d'Avery. Elle travaille pour l'ordre du phénix et met Lily en garde contre les orientations de son frère.
Nott Avery : Ancien Serdaigle et jumeau d'Adela. Autrefois petit ami de Lily. Encore follement amoureux d'elle, il la revu et lui a demandé de le suivre dans les rangs des mangemorts.
Parry Laureline : Mangemorte mais en réalité agent infiltrée sur ordre de Dumbledore. C'est un agent double du ministère, une 'Cœurs Honnêtes', qui veille sur Avery Nott.
Potter Alexander : Père de James. Premier conseiller du cabinet du ministre, c'est un père assez souvent absent absorbé par les lourdes responsabilités de son travail. Il a été gravement blessé lors de l'attaque du Ministère.
Prewett Matthew : Ancien Serdaigle. Il travaille pour Dumbledore en temps que duelliste combattant.
Wace Aléichem : Mage de guerre au caractère irascible et sévère. Il a été mandaté par Dumbledore à Poudlard et travaille pour l'ordre du phénix.
x x x
LE REQUIEM DE L'ESPOIR
3 Le réveil des légendes
x x x
Chapitre 25. Le réveil des légendes
Après qu'Aliénor Smith les ait abandonnés dans ses appartements, Matthew Prewett était resté stoïque devant le regard furieux de James. C'était Lily qui avait clos le débat montant entre les deux jeunes hommes, en déclarant qu'elle resterait sous la protection de Matthew. La jeune fille s'était ensuite approchée de James et lui avait saisi les mains. Elle avait confronté son regard à celui du jeune homme, qui avait semblé troublé par leur rapprochement. Derrière les verres de ses lunettes qu'il portait un peu de travers, ses pupilles fixaient la jeune fille avec attention.
« Je vais aller chercher ce maudit coffre et prendre ce qui a dedans, déclara t'il sur un ton qu'il voulait plus assuré qu'il ne l'était vraiment. »
« Comment comptes-tu trouver un coffre qui peut être caché n'importe où dans le château, demanda Matthew, qui ajustait l'attache de son fourreau, se préparant à sortir de la pièce. »
« Tu ne saurais pas où il se trouve, par hasard ? Toi qui fais partie de l'Ordre…, rétorqua James d'un ton grinçant. »
« Potter, le meilleur moyen de garder un secret, c'est de ne pas le dire à tout le monde, conclut Matthew en haussant les épaules pour signifier qu'il n'avait pas été mis dans la confidence. »
Lily secoua alors les bras de James pour reporter son attention sur elle.
« Dans ma vision, j'ai vu où se trouve la malle… »
« Qu'as-tu vu d'autres, Lily, demanda James qui s'était un peu calmé au son apaisant de la voix de la jeune fille. »
Lily poussa un soupir et ferma les yeux quelques instants pour se remémorer le maelström d'images qui avaient déferlé dans son esprit quelques minutes plus tôt. Elle revit de façon floue des images obscures de sens, violentes et pourvues de lumière brutale et de couleurs crues. Puis peu à peu, elle se souvint du visage grimaçant et ricanant, derrière une pièce sombre mais baignée d'une lumière dorée. Le coffre reposait dans un coin, derrière un guéridon, à l'abri des regards. Mais impossible de voir ce qu'il y avait dedans. C'est alors que de brusques images pleines de fracas, de cris, de sang et de flammes explosèrent dans son esprit. Lily ouvrit brutalement les yeux, ses mains tremblantes dans l'étreinte de celles de James.
« Une grande porte de pierre avec une sculpture assez hideuse. La malle se trouve derrière, souffla la jeune fille en guise d'indication. »
« Lily, chaque minute où nous restons dans cette pièce nous rend plus vulnérables. Il faut te mettre à l'abri, déclama Matthew qui semblait penser que ce petit intermède avait assez duré. »
La jeune fille obtempéra en se détachant de James. Tout deux se lancèrent un regard brillant d'émotion, avant que Matthew ne prenne Lily par le bras. Il adressa un dernier signe au gryffondor en lui souhaitant bonne chance. Lily frémit en pensant qu'elle n'était pas sûre de revoir James. Elle aurait voulu fouiller dans ses visions, pour espérer entrevoir un instant à venir où elle serait aux côtés du jeune homme. Mais elle n'osait pas, de peur de ne voir que du noir, marquant une fin douloureuse et inévitable.
Afin d'être certain qu'elle ne se laisse pas distancer, Matthew lui avait saisi la main pour la guider dans leur course. Ils avaient arpenté les couloirs obscurs, appréhendant de tomber sur un groupe de mangemorts patrouillant, des torches à la main. Au bout d'un certain temps, Lily finit par constater que Matthew fonctionnait totalement à l'instinct, tournant brusquement dans un couloir plutôt qu'un autre, abandonnant subitement une direction pour retourner sur leurs pas. Elle osa alors enfin lui poser la question.
« Matthew, sais-tu où tu veux aller ? »
« Pas vraiment, avoua le jeune homme, tout en continuant de la tirer par la main. Je cherche un endroit sauf et loin des regards, que personne n'ait idée de chercher… »
« Comme une pièce secrète sur demande, proposa Lily. »
« Oui, par exemple ! »
« Je sais où trouver ça… Sais-tu qu'une telle pièce existe dans le château ? Il suffit d'avoir un besoin assez précis et elle apparait au détour d'un couloir, sans que personne d'autre ne puisse la trouver. Après Noël, nous l'avons utilisé pour nous regrouper et organiser notre défense avec les autres, avoua Lily. »
« Une espèce de mini-ordre du phénix, supposa Matthew avec un sourire en coin. A mon époque, on se comptait de chercher des salles abandonnées pour des rendez-vous amoureux. Les temps changent ! Mais comment comptes-tu trouver cette pièce ? »
« En me concentrant dessus, souffla Lily. »
Et effectivement, alors qu'ils aboutissaient à un croisement, ils virent dans la pénombre une tapisserie se dresser devant eux. Accrochée aux murs par des festons dorés, la tapisserie se mouvait du fait d'un léger courant d'air glacé. Dessus se dressaient toujours des paons qui faisaient la roue avec ostentation, démontrant à tous ceux qui passaient devant eux, leur beauté et l'éclat de leur plumage d'émeraude. En voyant ça, Lily s'apprêtait à laisser échapper un léger soupir, quand une voix sourde et désincarnée résonna dans le couloir.
« Enfin… »
Aussitôt, Matthew Prewett lui barra le chemin d'un bras puisant et fit glisser son épée de son fourreau dans un crissement métallique. Lily qui frissonnait, embrassa malgré tout d'un geste tremblant du bout de ses doigts les flambeaux accrochés aux murs, afin de découvrir d'où venait cette voix qui semblait jaillie d'outre-tombe. Sortant de la pénombre, tous deux virent une silhouette voutée s'avancer en se cramponnant aux pierres mal ajustées du mur. Alors que Lily plissait ses yeux, elle eut un sursaut en découvrant Teresa Herrington, qui semblait plus que mal en point. La robe de la sorcière n'était plus composée que de lambeaux aux extrémités brûlée, et il aurait fallu bien du mal pour deviner la couleur de ses anciens atours. Sa posture maladroite contrastait avec la démarche hautaine qu'elle avait l'habitude d'avoir. Une partie de ses magnifiques cheveux avaient brûlé, tout comme l'une de ses joues devenue couleur de cendre. Le plus effrayant restait son regard hagard et sans vie qui fixait avec insistance Lily et son compagnon.
« Mon dieu, que lui est-il arrivé, lâcha Lily dans un souffle en contemplant l'enchanteresse. »
« Les combats font rage dehors, Lily, et ils sont d'autant plus âpres pour les traîtres, rétorqua Matthew toujours sur ses gardes, bien que la femme face à eux ne semblât pas très menaçante. »
« Je ne suis pas … une traître, articula avec difficulté la sorcière. C'est elle… Smith… qui a amené les mange… morts dans le château ! »
« Ce qui est étonnant, c'est que le professeur Smith nous a déclaré exactement la même chose il y a moins d'une heure, déclara le serdaigle, en s'approchant d'un pas prudent. Et j'ai tendance à la croire. Alors, arrêtez votre mascarade. »
Maintenant que la sorcière se dressait devant eux, ils ne pouvaient plus discrètement pénétrer dans la pièce sur demande. Le mieux serait de maîtriser l'enchanteresse, ce qui ne serait pas trop difficile pour le serdaigle qui l'accompagnait. Que pouvait faire une sorcière dans cet état, face à un jeune homme fringant et entraîné à combattre ?
C'est là que Lily se trompait. Elle n'avait pas vu que Teresa Herrington s'était accroupie, pour serrer de sa faible poigne l'une de ses chevilles pourvue d'un tatouage noirâtre, et murmurer quelques mots lugubres. Une odeur de soufre se mit alors à empester l'air et dans un nuage noir de brumes, des silhouettes malfaisantes apparurent.
« Et bien, Herrington, vous avez trouvé celle que tout le monde cherche, déclara une voix d'homme froide et mielleuse. »
Découvrant avec angoisse que les nouveaux venus étaient vêtus de noir comme des mangemorts, Matthew dressa en l'air son épée et se plaça à moitié devant Lily pour la protéger. Le sorcier qui venait de prendre la parole contemplait avec un visage impassible les deux jeunes gens, son regard d'acier fixé sur eux. Ses cheveux blonds presque blancs flottaient sur ses épaules et sa main droite serrait une longue baguette de bois noir.
« Malfoy, toujours là où cela pue la magie noire, s'écria Matthew en serrant les dents. »
« Et toi, qui es-tu ? Une pauvre petite recrue de Dumbledore qui croit encore se dresser contre l'ascension inexorable de notre maître, ironisa le sorcier en haussant les épaules. »
Profitant de l'inattention des trois mangemorts, Lily fit alors apparaître une sphère lumineuse et la projeta de toutes ses forces vers la silhouette encapuchonnée la plus proche d'elle, qui fut touchée au thorax. La préfète vit avec satisfaction le mangemort s'affaler, son capuchon tomber sur ses épaules et révéler une flopée de cheveux roux qui encadrait un visage féminin.
« Lily, qu'as-tu fait, s'exclama Matthew. »
Le serdaigle venait de reconnaitre le visage de la sorcière qu'il avait croisé plus tôt dans la soirée. Il plongea sa main libre dans une de ses poches et en sortit la petite broche en argent en forme de cœur qu'il avait ramassée et que la jeune femme avait voulu lui donner. Lily resta immobile et perplexe sans comprendre la réaction du serdaigle, la broche ne lui rappelant rien de particulier. Lorsqu'il vit Matthew Prewett brandir le petit bijou, le dénommé Malfoy plissa les yeux. Il eut un petit rictus et son regard gris se posa furtivement sur la silhouette affalée à côté de lui. Le mangemort projeta aussitôt une gerbe d'étincelles rouges vers Matthew qui n'eut pas le temps de se protéger. Le sort ricocha sur son épée mais Malfoy réattaqua avec détermination. La seconde slave projeta le serdaigle contre le mur qui poussa un cri déchirant avant de s'écrouler sur le sol.
« Maintenant qu'il a fini son numéro de bravoure, occupons-nous de toi, déclara Malfoy en se tournant vers Lily. »
Lily ressentit une peur sourdre au fond d'elle, en réalisant que c'était bien après elle qu'étaient tous ces sorciers. Elle réalisa aussi avec horreur que son empoisonnement, sa fuite de Sainte-Mangouste ou encore l'attaque de la planque de Pré-au-Lard n'avaient pour but que de se saisir d'elle ! Qu'avait-elle donc de si précieux qui intéressa un puissant sorcier comme celui qui dirigeait les mangemorts ?
« Il faut la lui livrer, souffla Teresa Herrington que la présence de ses congénères semblait avoir rassérénée. »
« Je ne comprends pas… De quoi parlez-vous, demanda une voix qui fit frémir Lily. »
La silhouette qui se tenait en retrait de l'affrontement n'était autre que celle, haute et élancée, d'Avery Nott. Lily eut le souffle coupée lorsqu'elle reconnut le visage émacié du jeune homme, ses cheveux noirs rabattus sur son front et son regard fiévreux qui la contemplait avec stupeur. La jeune fille eut mal au cœur en repensant au jeune homme qu'elle avait côtoyé, dont elle était tombée un peu amoureuse quelques années auparavant. Par rapport aux quelques mois où il l'avait accosté à Pré-au-Lard, le jeune homme semblait avoir encore maigri et perdu de sa superbe, lui qui avait été un voltigeur hors-pair durant ses études à Poudlard.
« Lily… que fais-tu ici, souffla Avery en bousculant d'un coup d'épaule Malfoy pour s'avancer vers elle. »
Alors inconsciemment, Lily fit un pas en arrière, et le jeune homme, s'apercevant de son effroi, s'immobilisa. Malgré lui et l'affreux costume marquant son appartenance aux sbires du mage noir, une sorte de candeur émanait toujours de sa personne.
« Et toi, que fais-tu avec eux, lui rétorqua froidement Lily, avec une voix métallique qui ne lui semblait pas être la sienne. »
« Je …. Je ne … »
Mais leur échange fut interrompu par Malfoy.
« Nott, épargne-nous tes jérémiades ! J'ai toujours su que c'était une mauvaise idée d'avoir recours à toi… »
« Recours à moi, répéta le jeune homme d'une voix blanche en se retournant lentement vers Malfoy et Herrington. »
« Si tu avais correctement accompli ta mission, nous n'en serions pas là, à devoir attaquer Poudlard, exposa Malfoy avec aigreur. Mais tu n'as même pas été fichu de ramener cette sale gamine la dernière fois… »
« Vous voulez dire … que… vous m'avez utilisé … pour piéger Lily ? »
« Tu es tellement naïf, Nott. Tu as été une proie idéale pour nous. Dommage que ta petite amie n'est pas été aussi coopérative. Maintenant, écarte-toi, déclama Malfoy en dirigeant sa baguette vers le jeune homme. »
« Je ne sais pas ce que vous comptez faire de Lily, mais je ne vous laisserai pas passer. »
Avery se plaça alors devant la jeune fille désemparée, comme l'avait fait quelques instants plus tôt Matthew Prewett. Le jeune homme fixait avec concentration le mangemort, les doigts raidis sur sa propre baguette, une boule lui serrant la gorge.
« Vous avez su me pervertir, mais vous ne mettrez pas la main sur elle. C'est la seule chose que je puisse faire maintenant pour me racheter ! »
Malfoy resta stoïque et invectiva alors l'enchanteresse qui se tenait à ses côtés, mais qui semblait toujours affaiblie.
« Herrington, débarrassez-nous de lui. Vous pouvez au moins accomplir ça pour laver votre échec. Le maître sera alors peut-être un peu plus clément avec vous ! »
Lily vit alors avec étonnement la jeune femme se mettre à frissonner, ses yeux virevolter dans le couloir sans se fixer sur quoi que ce soit. Ses mains tremblèrent et elle se mit à bégayer.
« Et bien, j'attends, résonna la voix froide de Malfoy avec aigreur. »
La sorcière se redressa tout doucement, le dos collé au mur, les bras ballants, comme si son corps ne lui répondait plus. Avery n'avait pas bougé et restait fixé devant Malfoy, sa baguette dressée en l'air et dont le bout s'illuminait par instants. C'est alors qu'avec la force du désespoir, Lily vit la sorcière s'élancer vers Avery, un éclat brillant dans la main. Celle-ci retomba lourdement sur le jeune homme, frappant son torse de sa main droite à plusieurs reprises. Voyant cela, Lily poussa un hurlement et se précipita vers Avery pour écarter la sorcière. Alors que Teresa Herrington reculait d'un pas hésitant, Avery tourna son visage vers Lily qui lui tenait fermement le bras. Un sourire s'étira sur ses lèvres.
« Tout va bien, Lily… Tout va… »
Mais les jambes d'Avery se dérobèrent sous lui, et Lily ne put réceptionna qu'avec difficulté le corps du jeune homme. Elle constata alors avec horreur qu'une pointe métallique était fichée dans la poitrine d'Avery. Une large tâche de sang luisant se diffusait sur les vêtements du jeune homme.
« Avery, Avery…Avery ! »
Affalée par terre, Lily soutenait tant bien que mal la tête du jeune homme qui continuait de se vider de son sang. Intuitivement, elle fit remonter toute la magie possible dans ses paumes, mais rien n'y fit. Le jeune homme palissait d'instant en instants. Aucune magie ne pouvait plus rien pour lui. La vie quittait doucement mais inexorablement son visage maintenant calme. Lily sentit alors de grosses larmes chaudes couler sur ses joues transies de froid. Les gouttes salées mouillèrent la veste du jeune homme, dont le sang dilué se mit à lui rougir les mains qu'elle tordait sur le tissu souillé.
« Et bien, voilà qui est déjà mieux, railla Malfoy en se tournant vers Teresa Herrington qui était retombée prostrée contre la tapisserie. »
L'enchanteresse haletait d'un souffle court, les yeux exorbités, affaiblie du geste qu'elle venait d'accomplir. Elle tourna lentement la tête vers Malfoy.
« Mais pour une puissante enchanteresse, tuer avec un vulgaire poignard, c'est un peu désolant. Où est votre baguette, Herrington ? »
« Je l'ai perdu… lors de mon combat, croassa la femme en fermant les yeux. »
« Apparemment, vous n'avez pas perdu que cela, conclut Malfoy stoïque. »
« Vous avez deviné, c'est cela…, hoqueta la sorcière en reniflant. »
« J'ai pitié de vous, Herrington, reprit le mangemort. Que peut bien faire un sorcier qui a perdu ses pouvoirs ? Autant achever vos souffrances ! »
Avant que l'enchanteresse ne puisse se protéger, un éclair vert jaillit de la baguette de Malfoy et foudroya la sorcière qui mourut sur le coup. Au bruit du corps s'effondrant par terre, Lily frémit et resserra l'étreinte de ses bras autour du corps d'Avery, tout en continuant de sangloter. Satisfait, Malfoy repoussa du pied le corps désarticulé d'Herrington et s'avança vers Lily d'un pas sec.
« Que peut bien avoir une gamine comme toi pour qu'on se lance à ta poursuite ? Surtout une sang-de-bourbe. Qu'as-tu de plus à lui offrir que nous tous, susurra le mangemort comme pour lui-même. »
Prostrée, Lily sentit le sorcier se pencher vers elle et la saisir par le haut de sa robe pour la forcer à se relever. Sous la contrainte, son corps se raidit mais ne parvint pas pour autant à résister. Tout ce que la jeune fille voulait, c'était fermer les yeux et oublier tout ce qu'elle venait de voir… surtout le visage déjà froid d'Avery, dont le regard la fixait pour l'éternité avec un éclat qu'elle interprétait comme du regret. Fermant les yeux, Lily considéra qu'après tout, si c'était elle qu'on traquait, elle n'avait qu'à se rendre. Alors, peut-être, tous ceux qu'elle aimait, ainsi que les autres, seraient épargnés.
Tandis que le sorcier la redressait avec brusquerie, la jeune fille vit un flash lumineux passer devant ses yeux. Une nouvelle vision envahissait son esprit. Des bruits dissonants retentirent, des images colorées et floues apparurent à la suite les unes des autres, et comme par magie, Lily parvint à en retenir une. Celle d'un sourire radieux au milieu d'un visage et d'un regard sombre qui la contemplait par-dessus une fine paire de lunettes. Elle se rendit alors compte que ce visage était en réalité vers une image d'elle-même. Un rire retentit et elle se vit sourire en retour au jeune homme. Tout redevint à nouveau sombre et Lily ouvrit alors brutalement les yeux. En un éclair, elle venait de comprendre qu'elle ne pouvait abandonner si facilement, que malgré tout, un avenir était encore possible.
Tout cela s'était déroulé en quelques secondes et Malfoy la tenait par le col de sa robe. De toute sa hauteur, il la dressait devant lui à la force de son poignet. C'est alors que Lily tendit la main et la lui plaqua sur le visage. La magie s'était entretemps accumulée en elle et sa bague la condensa en un puissant rai de lumière qui aveugla le mangemort. Malfoy laissa tomber Lily au sol et se plaqua les paumes de ses mains sur son visage. Lily prit alors ses jambes à son cou pour tenter de mettre le plus de distance entre elle et le mangemort, priant pour ne pas retomber sur l'un d'entre eux au détour d'un couloir.
x
x x x
x
Se retrouvant seul dans les appartements du professeur de défense contre les forces, James se décida alors à explorer les couloirs du château. Il partit bille en tête, cavalcadant d'escaliers en escaliers, tout en cherchant où il avait bien pu déjà voir une statue grimaçante dans Poudlard. Le jeune homme sentait l'angoisse monter en lui, d'errer ainsi pendant encore longtemps, sans jamais rien trouver. Chaque instant écoulé l'éloignait un peu plus d'une possible victoire sur les mangemorts. Lily avait bien dit que ce que contenait cette mystérieuse malle pourrait changer le cours des choses, et c'était peut-être le seul moyen de parvenir à la mettre à l'abri des griffes de Voldemort.
James avait maintenant très bien compris que Lily était la cible des attaques des mangemorts. Ses doutes avaient commencé avec l'empoisonnement de la jeune fille, et n'avaient fait que se concrétiser après leur échappée de Sainte-Mangouste. Le récit du professeur Smith avait validé ses doutes, et James comprenait mieux pourquoi la préfète avait été l'objet de tant d'attention, du fait d'extraordinaires pouvoirs qu'elle avait acquis dieu sait comment. Mais ce que n'avait pas révélé Aliénor Smith, c'était les qualités extraordinaires de la baguette magique de la jeune fille.
Sa quête lui avait été confiée par Lily et il ne comptait pas échouer ! Mais voilà déjà presque un quart d'heure qu'il circulait dans le château sans parvenir à se souvenir d'une statue grimaçante. A quoi bon avoir vagabondé dans Poudlard des nuits durant tant d'années avec les autres maraudeurs, si au moment crucial, peut-être le plus important de sa vie, il était incapable de trouver quoi que ce soit ! De dépit, James s'arrêta pour reprendre son souffle et réfléchit quelques instants. La carte du maraudeur ne lui serait d'aucune utilité, il fallait qu'il trouve quel était l'endroit le plus sûr de Poudlard, celui où cacher un trésor d'une valeur inestimable. Malheureusement, le jeune homme se dit qu'une quantité de pièces secrètes existaient dans le château et qu'il lui aurait fallu des heures pour les lister toutes et encore plus pour toutes les trouver et les explorer ! En réalisant cela, James fut dépité. A quoi pouvait bien servir une arme, si puissante soit-elle, si personne ne pouvait s'en saisir lorsque la menace apparaissait ?
Puis tout à coup, un éclair de génie le traversa. La fameuse statue grimaçante n'était-elle pas tout simplement celle qui justement gardait le bureau du directeur, cette gargouille répugnante au visage déformé ? Sans plus attendre, le jeune homme se dirigea vers l'étage supérieur et courut dans la galerie pourvue de vitraux qui menait au bureau de Dumbledore. Effectivement, cette statue était à la fois inquiétante et grotesque. Et James réalisa tout d'un coup qu'il avait déjà parfaitement su pénétrer dans ce bureau quelques semaines plus tôt. Peut-être son propriétaire l'avait-il doté d'un sort qui détectait la bonne foi des personnes voulant y pénétrer en son absence ? Cela n'aurait pas été étonnant ! Il repensa aussitôt au mot de passe de la dernière fois, mais entretemps ce dernier avait été changé. Le jeune homme se mit à énumérer tous les bonbons qu'il connaissait, en maudissant Dumbledore. Enfin, un grincement se fit entendre lorsqu'il prononça le mot « Chocogrenouilles ».
James se précipita dans l'étroit escalier en colimaçon et déboucha sur la large porte de bois sombre aux moulures tarabiscotées. D'un geste pressé de sa baguette, il ouvrit la porte et pénétra à grands pas dans la pièce. Rien ne semblait avoir bougé depuis la dernière fois où il y avait pénétré, plus ou moins par effraction. Dans l'obscurité scintillaient quelques objets en argent qui reposaient dans une vitrine vitrée. A l'aide de sa baguette, James fit apparaitre une petite boule de lumière et l'envoya se lover dans la lampe ancienne en verre dépoli qui trônait sur le bureau. Aussitôt, une lumière tamisée éclaira les murs et le regard de James se mit à parcourir fébrilement la pièce. Fort heureusement pour lui, l'ensemble des portraits qui décoraient le mur tendu de tapisserie, semblait immobile et silencieux.
Il ne trouva d'abord rien. Pourtant, une malle de la taille de celle qu'il avait entrevue dans le Black Hawk ne pouvait pas se dissimuler aussi facilement. Le désespoir commençait à percer malgré sa volonté de réussir, quand un léger bruit le fit se retourner. Face à lui, dans une petite alcôve retirée au fond de la pièce, sur un perchoir, un bel et grand oiseau au plumage flamboyant et doré le fixait avec ses yeux sombres. James resta sans bouger, tandis que l'oiseau poussait de petits cris et déployait ses ailes pour s'envoler. Le jeune homme eut un mouvement de recul, mais s'immobilisa lorsque l'oiseau vint se poser sur son épaule. Tout doucement, James tendit une de ses mains et la passa dans le plumage doux et chatoyant de l'oiseau, qui vint blottir sa tête huppée contre son cou. Un léger chant s'échappa alors de l'oiseau et James, qui avait eu jusqu'à maintenant une boule d'angoisse et de désespoir qui grandissait en lui, retrouva une certaine paix intérieure. Le chant mélodieux lui parut suspendre le temps, puis enfin, l'oiseau s'envola à travers la pièce pour aller se poser sur un tissu sombre que James n'avait pas encore vu. Le jeune homme s'approcha, souleva délicatement le tissu et découvrit enfin la malle qu'il cherchait. A côté de lui, le phénix observait le moindre de ses mouvements et semblait l'encourager à agir.
La malle était en réalité un coffre de facture assez ancienne, réalisé dans un bois sombre et veiné qui rappelait l'ébène. Sur le dessus, une fine marqueterie représentant des arcs entremêlés décorait l'objet. Les doigts de James parcoururent la sculpture, tapotant doucement le coffre avec délicatesse et appréhension. Un léger déclic se fit alors entendre et la sculpture bougea pour révéler un mécanisme en bronze qui ressemblait à une serrure tarabiscotée. La joie sereine qu'avait ressenti James depuis qu'il avait vu l'oiseau allait s'estomper, quand il glissa un de ses ongles dans la serrure et évalua que l'encoche était de forme arrondie.
C'est alors qu'une légère chaleur l'envahit. Par curiosité, le jeune homme glissa ses doigts sous ses vêtements à la recherche de la source de la chaleur et tomba sur la petite médaille qui reposait sur sa poitrine. Maladroitement, il la sortit de son pull et la laissa retomber sur sa veste. Contre toute attente, le métal était presque chaud. James échangea un regard avec le phénix qui semblait toujours concentré sur le moindre de ses mouvements. Un hochement de tête de l'oiseau l'encouragea, et il ôta la chaîne pour observer sa médaille. Ses ongles éraflèrent le métal et il vit sur la tranche de la médaille s'illuminer des runes gravées. Sur l'une des faces, resplendissait une tour et une épée dorée sur un fond d'émail rouge. Sans trop savoir pourquoi, James saisit sa médaille et la glissa dans le mécanisme du coffre. Un léger cliquetis retentit, s'accéléra et un frémissement de magie parcourut le coffre. Le battant s'ouvrit tout seul pour révéler un tissu velouté et bordeaux. Sans aucune précaution, James plongea ses mains dans le coffre et sentit aussitôt un objet en métal à travers le tissu. Un éclair brillant déchira la nuit lorsqu'il découvrit qu'il s'agissait d'une superbe épée en argent au pommeau ouvragé et incrusté de rubis. James la brandit devant lui et sentit qu'il ne s'agissait pas d'une lame ordinaire. D'ailleurs, elle lui rappelait vaguement quelque chose, comme un sentiment de déjà-vu. Peut-être s'agissait-il d'une des épées que son père conservait dans toute la maison et qui décoraient les murs. Mais James l'aurait sans doute su, si sa famille avait été en possession d'une si puissante et intrigante lame. Puis, James se rappela que son père conservait aussi des objets magiques dans son bureau et que lui n'avait jamais été invité à y aller farfouiller. Et puis, même si cela était vrai, pourquoi cet objet aurait-il été transporté à Poudlard ?
Le roucoulement de l'oiseau tira James de ses réflexions, qui finit par se redresser. L'oiseau s'envola et disparut alors dans un éclair fracassant, ne laissant derrière d'une ultime plume mordorée qui voleta doucement dans la pièce. Comme un talisman, James, l'épée toujours à la main, s'en saisit et la glissa délicatement dans sa veste. Plus rien maintenant ne le séparait de la bataille. Le jeune homme sortit rapidement de la pièce et s'engagea dans le couloir pour se diriger vers la pelouse où faisaient toujours rage les combats. Il prit soin de camoufler l'épée dans les plis de sa cape, et sortit de sa poche le parchemin sur lequel figurait la carte du maraudeur.
Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu'à quelques couloirs de lui se trouvait un petit point seul et vacillant avec le nom de Lily Evans ! James sentit une sueur froide lui glisser le long de l'échine, et sans hésiter, il se détourna de son chemin pour aller à la rencontre de la jeune fille. Si elle se trouvait toute seule à errer dans les couloirs, c'est qu'il était arrivé malheur à Matthew Prewett ! Quelques minutes à peine, James découvrait la jeune fille, le visage défait, marchant d'une démarche maladroite. Il constata que de grosses larmes avaient coulé le long des joues de la jeune fille, et que ses vêtements étaient maculés de sang.
« Lily, tu es blessé ? »
Apercevant son camarade, la jeune fille tourna la tête vers lui et lui fit signe que non.
« Que vous est-il arrivé à toi et à Matthew… »
Lily ne parvint pas à articuler un mot. Seules ses lèvres s'entrouvrirent dans un léger tremblement. Sans hésiter, James vint passer ses bras autour de la jeune fille pour la réconforter. Il sentit alors que la cape de Lily renfermait un objet en métal. Curieux, il lui demanda toute de même de quoi il s'agissait.
« Qu'est ce que tu as sur toi, Lily ? »
Quelques instants de silence s'écoulèrent. James fut soulagé lorsqu'il constata que la jeune fille reprenait un peu ses esprits. Bien décidé à ne pas lui demander ce qu'elle avait dû affronter, il extirpa de la poche de Lily un morceau de tissu au sein duquel il découvrit la fine couronne en argent. C'est alors que Lily tendit ses mains pour saisir la couronne de celles de James. Leurs peaux s'effleurèrent et leurs regards se croisèrent.
« Lily, que veux-tu faire avec ça, demanda James avec un soupçon d'inquiétude dans la voix. »
« Et toi, as-tu trouvé ce que contenait la malle ? »
Pour toute réponse, James lui révéla en écartant sa cape l'épée qu'il avait attachée à sa taille. Lily hocha la tête et eut enfin un léger sourire triste qui effleura ses lèvres.
« Je crois que nous avons plus le choix. C'est à nous d'agir. On ne peut pas passer notre vie à fuir ! »
Lily éleva la couronne au-dessus de sa tête et la glissa délicatement sur son front. Elle rabattit sa chevelure ambrée par-dessus le métal et sentit que James glissait sa main dans ses cheveux pour l'aider. Le jeune homme se rapprocha doucement d'elle, leur souffle se mêla l'un dans l'autre, puis enfin, leurs lèvres s'effleurèrent. Le baiser fut aussi bref que doux et subtil. Il scellait le début d'un amour naissant, qui allait peut-être être rompu durant cette terrible nuit de combat.
Lorsque James rouvrit les yeux, il vit le regard vert émeraude de Lily, encore brillant de larmes, mais déterminé et scintillant, qui le fixait avec obstination. La main de la jeune fille se glissa dans la sienne et l'attira dans sa course rapide et légère vers l'extérieur du château.
x
x x x
x
Lorsqu'ils furent parvenus dans le grand hall du château, Lily frissonna en entendant au dehors des cris et des explosions. Mais sa détermination l'encouragea à pousser la lourde de porte qui s'ouvrait sur l'extérieur. Sous les yeux stupéfaits des deux jeunes gens, se révéla un spectacle effrayant : la terrasse sur laquelle ils s'avancèrent accueillaient des sorciers, blessés pour certains, presque agonisants pour d'autres. James aurait voulu s'arrêter, pour espérer voir un visage connu parmi ces traits hagards et fatigués, mais Lily le tira par le bras afin qu'ils descendent l'escalier et s'engagent dans le combat qui faisait rage sur la pelouse.
Tous deux avaient assisté aux prémices des combats, mai ces derniers ne semblaient pas avoir évolué en faveur de l'Ordre du Phénix. Des gerbes d'étincelles fulgurantes déchiraient la nuit, et au loin du côté des serres de botanique, s'élançaient vers le ciel sombre de grandes flammes. Cependant, à leur surprise, les sorciers présents sur la pelouse étaient plus nombreux qu'ils ne l'avaient imaginé. Et une partie d'entre eux semblait clairement de leur côté, bataillant fermement contre les silhouettes mouvantes et vêtues de noir des mangemorts. Un bataillon de sorciers avançait en ordre et lançait de puissants sorts pour dépouiller les rangs des mangemorts. Une petite lueur d'espoir pointa dans le cœur, quand il reconnut des membres de la brigade d'élite des tireurs de baguette. Ainsi, Londres avait enfin répondu à l'appel ! Le ministère et Dumbledore ne pouvaient plus ignorer l'attaque de Poudlard.
Un cri retentit près d'eux et James tira aussitôt Lily vers lui, tout en stupéfixant le sorcier qui fonçait sur eux. Dans la tourmente, les deux jeunes gens découvrirent que le professeur McGonnagal tenait elle aussi tête aux intrus. La sorcière dirigeait d'une poigne de fer les statues de pierre qui attaquaient sans vergogne, percutant, tranchant, écrasant leurs ennemis. A ses côtés, James reconnut Adela Nott dont la robe de sorcière était en piteux état. Son regard continua de courir de visage en visage, espérant entrapercevoir Sirius et Remus, ou Line, Mary et Sarah.
Ce fut un cri qui le fit se retourner. Quelqu'un appelait son nom avec véhémence. James eut un sursaut en découvrant le visage noirâtre de son meilleur ami, qui se tenait en retrait sur la terrasse.
« James, James ! Par ici, s'égosilla Sirius en s'agrippant à la balustrade moussue. »
Mais un médicomage vint rattraper le jeune homme par les épaules pour le forcer à reculer et se mettre à l'abri. La joie de James fut néanmoins de courte durée.
Une explosion retentit à quelques mètres d'eux et un rideau de flammes vertes apparut, barrant la pelouse déjà ravagée par les combats. Lily se cramponna alors à son bras et protégea son visage des cendres, à l'aide d'un pan de sa veste. Des cris retentirent, couvrant les combats alentour. Lorsque James rouvrit les yeux, le rideau de flammes s'écarta et une silhouette longiligne s'avança lentement. Derrière cette silhouette inquiétante, s'accumulaient les petites ombres des mangemorts se plaçant en rangs obéissants. Le nouveau venu semblait flotter à quelques centimètres du sol, sa démarche n'avait rien de naturel et des volutes de fumée noire s'échappaient de sa silhouette.
« James, c'est lui, murmura Lily qui avait le regard dressé vers le ciel. »
Au travers des nuages de printemps, James eut un frisson de dégoût en découvrant de la poussière verte et lumineuse, représentant une immense tête de mort pourvue d'une langue serpentine. Lord Voldemort se dressait là devant eux, et s'avançait inexorablement. Contre toute attente, James se redressa, bomba le torse et raffermit son étreinte autour du corps fébrile de Lily.
« Potter, que faites-vous ? Revenez ici ! C'est de la folie, hurla la voix du professeur McGonnagal dans leurs dos. »
James vit Aleïchem Wace se mettre à courir pour venir leur porter secours et les mettre à l'abri. Mais avant que le mage de guerre ne les rejoigne, Voldemort dressa son bras d'un geste lent et repoussa tous ceux qui se trouvaient alentour. Le sorcier était maintenant à une vingtaine de mètres d'eux. Lily eut un hoquet d'horreur en reconnaissant à ses côtés Malfoy et son visage mince et impassible.
« Seigneur, c'est elle, déclara le mangemort à Voldemort. »
« Et bien, jeune fille, tu es quelqu'un de difficile à aborder, souffla avec véhémence la voix sourde de Voldemort qui avait tourné son visage vers Lily. »
Ses paroles, certainement magiquement enchantées, portèrent bien au-delà du cercle où se trouvaient les autres sorcier, comme pour leur permettre d'assister impuissants au drame qui se préparait.
« Lily Evans, c'est cela… Sais-tu que tu es une jeune fille remarquable et que tu vas servir mon dessein ? Vois-tu, tu possèdes quelque chose qui m'intéresse au plus haut point. Et je suis venu en personne, moi, Lord Voldemort, le prendre. »
James tendit le bras devant Lily pour montrer qu'il était présent et n'abandonnerait sous aucun prétexte la jeune fille.
« Demande à ton chevalier servant de te laisser, et il ne lui sera fait aucun mal, conclut avec malice le sorcier en regardant Lily droit dans les yeux. »
« Je n'abandonnerai pas Lily, s'écria James furieux. Il faudra me passer sur le corps ! »
Voldemort plissa ses yeux et renifla doucement en décroisant les bras de sa poitrine.
« Je ne sais pas qui tu es, petit avorton, et d'ailleurs je m'en contrefiche. Mais je peux t'assurer qu'on ne se met pas si facilement en travers du chemin du Seigneur des ténèbres. »
« 'James Potter ne s'incline devant personne, et surtout pas devant les forces du mal, rétorqua le gryffondor dont la main droite glissait doucement vers sa cape. »
« Potter… Potter…. Voyons ? Comme le conseiller du Ministre ? Celui qui a été assassiné hier ? Tu me vois navré de t'annoncer que tu es maintenant orphelin ! »
A ses paroles fielleuses, James sentit son courage vaciller. Sa main se mit à trembler, tout comme ses lèvres. Mais Lily lui serra le bras et passa devant lui, en fixant le mage noir d'un regard froid et déterminé.
« Ne l'écoute pas, James. Tu sais bien qu'il dit cela uniquement pour te faire du mal et t'ébranler, déclara la jeune fille. »
Elle s'adressa ensuite enfin à son ennemi.
« Que voulez-vous donc de moi ? »
« Voilà un ton bien prétentieux, jeune fille, rétorqua Voldemort en esquissant un sourire. Ce qui m'intéresse est bien camouflé en toi, ce sont ces fabuleux pouvoirs que tu as réveillés d'on ne sait où. Et je te jure que je suis bien déterminé à te les arracher ! »
En guise d'illustration à ses paroles, l'homme écarta un pan de sa cape sombre et révéla au creux de ses mains noueuses un sabre à la lame scintillante. Il caressa d'un geste adroit la lame qui sembla alors s'estomper et prit la consistance d'un nuage de brume. Il la dressa devant lui, comme pour la faire admirer à ses sbires. James réalisa alors que des cris perçants retentissaient dans son dos. Les sorciers qui assistaient impuissants à la confrontation semblaient horrifiés par la tournure que prenaient les évènements.
« Voici une très veille lame qui a la propriété de boire les âmes, jeune fille. Elle va me permettre d'extirper de ta petite carcasse tes fameux pouvoirs en la plongeant dans ta poitrine encore frémissante, cria Voldemort en avançant d'un geste souple vers Lily et James. »
Le corps du sorcier paraissait désincarné, sa démarche fluide était bien plus rapide que la moyenne. Il s'approcha en un éclair des deux jeunes gens. Mais à quelques mètres des deux jeunes gens, quelque chose parut le retenir, tel un mur invisible. Surpris, le mage noir se mit à pester et un rictus apparut sur ses lèvres blêmes. Il tendit sa main libre et osseuse vers eux, comme à la recherche d'un obstacle. James en profita pour saisir la garde de son épée et la brandir devant lui, en position de défense. La poignée pourvue de rubis scintillait dans l'obscurité et la lame mat brillait d'un éclat sourd à la lumière des flammes.
« Cette épée… et les rubis de son pommeau… Ne serait-ce pas là l'épée de Gryffondor, celle qu'on pensait disparue depuis près de deux siècles ? Si c'est le cas, te voilà tout aussi intéressant, petit Potter, clama Voldemort. Si Dumbledore savait que tu m'apportes un tel trésor sur un plateau d'agent… »
En entendant les paroles de Voldemort, James eut un sursaut et son regard se porta sur la lame qu'il tenait de plus en plus fermement entre ses mains. Quelle ne fut pas sa surprise en constatant que la base de la lame comportait des gravures gothiques, rappelant un nom, celui de Godric Gryffondor ! Ainsi, cette magnifique arme n'était autre que la légendaire épée du fondateur de Gryffondor. Nul doute que Voldemort serait ravi de mettre la main dessus !
Le mage noir marmonna alors des mots sourds et gutturaux que James ne comprit pas. Un frémissement se fit alors entendre au travers des herbes un peu hautes de la pelouse. Le jeune homme sentit en un instant quelque chose de froid lui enserrer la cheville, et il chuta violemment à terre. Voyant un immense serpent face à lui, James roula sur lui-même pour tenter de se dégager de son étreinte. Dans sa chute, l'épée avait roulé hors de sa portée, mais pas à celle de Voldemort, qui n'eut qu'à se baisser pour s'en saisir.
Alors que le mage noir se redressait, il eut néanmoins la surprise de découvrir Lily, sa baguette tendue vers son torse d'un geste menaçant. Un petit rire de gorge monta alors aux lèvres du sorcier qui reporta son regard froid et ténébreux sur la jeune fille.
« Et bien, c'est fort courageux de ne pas te laisser faire, mais quelque soit l'intensité de tes pouvoirs, ils ne peuvent être d'une commune mesure avec l'épée de Gryffondor, ma chère. »
Lily sentit un léger picotement envahir son front, puis une puissante chaleur se répandre dans ses bras, ses jambes, l'ensemble de son corps. Tenant toujours sa position fixe, elle respira profondément. Un souffle magique émana d'elle, soulevant légèrement ses cheveux roux pour révéler par endroit le métal argenté de la couronne qu'elle avait ceinte plus tôt. Alors réconfortée par le fait que la magie venait à son appel, elle lança un puisant 'Expelliarmus' vers la silhouette de Voldemort. Ce dernier réfuta son sort d'un geste sec. Mais alors qu'il dressait la pointe de l'arme vers elle, il constata avec dépit que l'épée de Gryffondor restait désespérément terne dans ses mains. Aucune magie ne semblait s'en échapper. Ses yeux de braise s'enflammèrent et il envoya un jet d'étincelles vertes vers Lily qui l'esquiva tant bien que mal. La jeune fille ne put cependant éviter le second sort qui frappa de plein fouet sa baguette. Un puissant raie de lumière blanche en émergea, sembla gagner en puissance, mais la baguette de la jeune fille se mit à vibrer fortement puis explosa en mille morceaux.
Sans que la jeune fille ne le sache, sa baguette venait sans doute de lui sauver la vie face au plus terrible des sorts impardonnables. Ce que Lily ne voyait pas non plus, c'est que la couronne de lumière qu'elle portait s'était illuminée, semblant la coiffer d'une magnifique auréole. La couronne projeta alors en l'air un puissant rayon lumineux qui éclaira l'ensemble de la pelouse et éblouit les sorciers présents. Voldemort fut frappé en pleine face et poussa un sombre cri, lâchant l'épée de Gryffondor. James qui s'était jusqu'alors débattu avec le serpent furieux, saisit cet instant de chance : il rampa maladroitement et tendant le bras, se saisit de l'épée qui aussitôt s'embrasa entre ses mains. D'un geste sec, il trancha le corps du serpent qui l'avait attaqué et une gerbe de sang noir et poisseux se répandit sur lui.
Depuis le sortilège aveuglant, le silence était retombé sur la pelouse et ses alentours. Éreinté, James mit un genou à terre et contempla la fine silhouette de Lily, toujours stoïque, face à celle ténébreuse du mage noir. Puis, mû par une colère folle de voir la jeune fille ainsi risquer sa vie, James se redressa, poussa un cri de rage et s'élança vers Voldemort. La lame enflammée de son épée effleura l'ombre du sorcier et mordit âprement son bras.
Bien malgré lui, Voldemort laissa échapper un cri de douleur. Furieux, il s'apprêtait à répliquer quand une voix douce se fit entendre. Le sorcier tourna un instant la tête et découvrit face à lui la silhouette de Dumbledore, vêtu d'une longue robe violette brodée d'étoiles. Contre toute attente, James constata que le visage du directeur était calme, mais que son regard s'était fait sévère par-dessus ses lunettes en demi-lune.
« James, Lily, je pense que vous avez assez donné de vos jeunes personnes. C'est à moi de montrer à Tom ici présent ce qu'il en coûte d'attaquer Poudlard. »
« Ne m'appelez pas ainsi, cria le mage noir. Je suis Lord Voldemort et sous peu l'Angleterre tremblera sous mon règne ! »
« Sais-tu pourquoi l'épée de Gryffondor n'a pas répondu dans tes mains, Tom ? C'est parce que ton cœur n'est pas pur, il est dévoyé par une cause malsaine, celle de ton ascension vers le pouvoir, que tu souhaites inexorable. Mais quelque soit les pouvoirs que tu puisses acquérir, l'amour que tu dénigres sera ta perte. Vois-tu, l'amour et le courage de ces deux jeunes gens ont su te tenir à distance… »
Aux paroles de Dumbledore, Voldemort ricana et dressa sa baguette vers son ancien professeur.
« L'amour est pour les faibles ! »
La pointe de sa baguette s'enflamma et se dirigea vers James. Le gryffondor était retombé à terre et la jeune fille, aux abois, se mit à courir vers lui. Le sortilège se dirigeait droit sur James, qui se mit frénétiquement à fouiller sa poche à la recherche de sa baguette magique. Ses doigts effleurèrent alors une chose duveteuse qu'il reconnut comme la plume du phénix. Il la serra dans son poing. Un éclair rouge et or éclata alors qu'il fermait les yeux. Une explosion retentit et James se sentit arrachée du sol. Ensuite, ce fut le silence.
= fin du chapitre 25 =
Le 29 décembre 2013
