Note : Hello chers toutes et tous ! Un autre chapitre sera très probablement publié demain, malheureusement, ne vous habituez pas à ce rythme de parution quotidienne, dès la rentrée je serai dans l'obligation d'espacer les chapitres. Mais promis, je ne ferai pas trop durer l'attente. En attendant, bonne lecture.
Qu'avaient-ils à ne jamais fermer les rideaux ? James n'en savait rien, tout ce qu'il sentait à ce moment précis étant les rayons brûlants du soleil se poser sur ses paupières closes sans y avoir été invités. Il grogna, passa sa main droite sur son visage et se demanda presque automatiquement pourquoi il n'avait pas utilisé l'autre main lui qui était gaucher. Il ouvrit un oeil et comprit : Q encore endormi, était appuyé tout contre son épaule, entouré par son bras musclé. Alors, ils avaient vraiment dormit comme ça. Bond soupira, il s'était juré d'attendre que le plus jeune se calme avant de retourner à sa chambre mais prit par la chaleur du corps qu'il tenait contre lui, et par le bond inquiet de son coeur à chaque fois qu'il sentait Q sursauter contre lui, il s'était laissé tomber dans le sommeil comme on y plongeait pour s'y noyer.
Mais le jour était bien plus dangereux que la nuit. Dans la pénombre, les cachettes étaient multiples, idéales, salvatrices, le mensonge aisé ; en pleine lumière, à la merci de tous, impossible de se dissimuler, il ne restait qu'à affronter. Avec une lenteur précise, Bond s'extirpa hors du lit, laissant le jeune Quatermaster seul entre les draps froissés. Il s'habilla sans même faire attention à ce qu'il enfilait sur sa peau bronzée et descendit rapidement préparer ce qu'il laissait aux bons soins du plus jeune depuis leur arrivée.
Lorsque Q descendit à son tour, le thé était déjà prêt, des mangues coupées en fines tranches posées dans une petite coupelle sur la terrasse, à côté de Bond lisant un livre ; Ulysses, puisqu'il n'avait que ça sous la main. Il entendit les pas discrets de son Quatermaster et se tourna pour lui sourire. Le plus jeune prit place à ses côtés et piqua un bout de mangue sans attendre.
« J'espère ne pas avoir fait honte à notre mère patrie. »
« Je vous demande pardon ? » Q le regardait de ses petits yeux verts par-dessus les verres de ses lunettes, semblant encore trop proche du sommeil pour comprendre son humour.
« Avec le thé. »
« Oh, promis, je ne dirai rien à Elizabeth. » Sourit Q avant de goûter la préparation de son aîné ; il était extrêmement poli, alors il retint une légère grimace et se contenta de sourire aimablement. Mais le thé était vraiment trop mal dosé et tiède, alors hors de question d'ouvrir les lèvres pour oser le complimenter ou le remercier.
« C'est si mauvais que ça ? » Sourit Bond en décryptant la mine légèrement dégoûtée qui se tordait face à lui.
« En tout cas, la mangue est délicieuse. »
« Je vois... » Le rire de Bond résonna avec un plaisir non dissimulé, bien vite rejoint par celui de Q, infiniment doux. Il ne l'avait jamais entendu rire, il l'avait déjà peine vu sourire - de façon non-ironique, bien sûr. Il avait le regard rieur, tous ses traits se détendant soudainement comme s'il respirait pour la première fois depuis de longues années de retenue. Un rire franc et joyeux, infiniment plaisant. « Mange, je veux t'emmener quelque part après. »
« Bond, j'ai avancé autant que possible hier au café mais il me faut encore 24h, maximum. »
« Ce n'est pas là où je veux t'emmener. »
Q cligna des yeux, se força à boire le liquide tiède qu'il se refusait de qualifier de thé, et engloutit les morceaux de mangue qui lui étaient destinés avant de se suivre Bond.
Ils sortirent de leur refuge, marchèrent cette fois vers le sud, longeant la mer par moment avant de s'enfoncer à nouveau dans les terres, jusqu'à arriver sur un petit terre plein où les arbres avaient semblait-il été coupés depuis longtemps. De là où ils étaient, ils pouvaient voir la mer des mètres plus bas et quelques bateaux de pêcheurs, ceux là même qu'ils avaient croisés à leur arrivée. Bond sortit son arme et tendit la crosse vers Q.
« Tiens. »
Le Quatermaster sonda l'objet tendu dans un sourcil de réprobation et grimaça légèrement : « Bond, je peux savoir ce qu'il vous prend ? »
« Tu ne sais pas t'en servir n'est-ce pas ? »
« Attendez, est-ce que vous souhaitez me faire passer un espèce de test d'aptitude pseudo-virilo-paternel en me faisant tirer à l'aide d'une arme à feu, dans le but primaire de me faire reprendre confiance en moi et d'affirmer ma part masculine ? »
« Il fallait que tu emploie ce mot là... » Pesta tout bas Bond dont l'usage du mot 'paternel' lui donna un haut-le-coeur. « Dis moi juste, tu as juste eu une formation basique de deux heures lors de ton embauche au MI6 où on t'a fait tirer sur une cible en carton face à toi ? »
« Bien sûr. »
« Très bien, c'est ce que je dis, tu ne sais pas t'en servir. Alors maintenant prends ça, et fais ce que je te dis. » Il attrapa la main de Q et glissa de force l'arme entre ses doigts, avant de lui faire relever son bras droit et de se glisser derrière lui, en le touchant à peine. « Bien, tu es droitier, tu tiens donc l'arme de ta main droite, que tu soutiens de ta main gauche. Tu n'es pas un cowboy, tu n'es pas non plus dans un mauvais film policier, tu dois donc soutenir ta main avant de faire feu, avec le recul, tu risques de le regretter - ou de te casser quelque chose. »
« James, c'est ridicule, ce n'est pas en me faisant tirer sur un bananier que je - »
« Donc, » Interrompit l'espion en plaçant les deux mains du plus jeune sur l'arme. « Le chargeur est en place, tu désengages le cran de sûreté, comme ça, et maintenant... » Bond lâcha les mains de Q qui s'abaissèrent légèrement sous le poids de l'arme et se recula de quelques pas « Vise le bananier comme tu as l'air de lui en vouloir, fixe le de tes deux yeux, inspire et tire. »
« Je ne vais pas tirer Bond. » Répondit le plus calmement du monde le plus jeune, les mains cramponnées à l'arme donnée par l'espion, les yeux braqués sur l'arbre à quelques mètres face à lui.
« Et si refuses, je fais le thé pour tous les prochains matins à venir. »
Une détonation retentit soudainement, faisant s'envoler les quelques rares oiseaux autour, et Q, souriant doucement, se retourna pour regarder son maître de la journée par-dessus son épaule.
« Ça, c'est hors de question. »
L'entraînement improvisé que Bond avait initié sans grands espoirs se révéla être plus agréable que prévu. Comme il s'en doutait, le Quatermaster visait bien mal, réussissant à louper des troncs d'arbres épais plantés face à lui. Il pestait tout haut parfois, abandonnant l'arme aux mains de l'espion lorsqu'il n'y arrivait pas, et reprenait toujours en soupirant, avant d'atteindre enfin sa cible. Ils n'avaient que deux boîtes de munition que Bond avait récupéré auprès de Victor, et lorsque la faim et le manque de balle les frappa enfin, ils rentrèrent au refuge se préparer à manger. Pas une seule fois Bond ne pensa à retourner au village, profitant juste de l'improbable situation et de ce qui en découlait. Ils parlaient enfin, de tout, de rien, mais ils parlaient quand même, et Q semblait une nouvelle fois avoir complètement guéri de sa pénible nuit. Ils n'en avaient pas parlé et cela lui allait très bien ; ils avaient dormi l'un contre l'autre à peine habillés et cela pouvait mener à confusion. À peine entrés, Q récupéra l'arme vide et se mit à viser plusieurs éléments de la pièce, se retournant comme s'il cherchait un intrus :
« C'est comme ça que vous rentrez dans les habitations Bond ? »
« S'il y a quelqu'un à l'intérieur oui, sinon, non, je peux aussi rentrer normalement tu sais. » S'amusa le plus vieux en se dirigeant vers la cuisine pour réchauffer un plat du riz au poulet apporté par Donovan pendant leur absence et laissé sur le perron.
« C'est quand même classe. » S'amusa Q en continuant de gesticuler comme le plus cliché des espions.
« C'est surtout vital. Alors arrête de sauter partout, c'est le meilleur moyen de se faire repérer. »
« Oh, oui, je vois... » Le brun prit appui contre un mur et s'y laissa glisser lentement. Bond versa le contenu dans une poêle et la main sur le manche en plastique, il ne pouvait s'empêcher de regarder le plus jeune onduler de manière aussi grotesque que plaisante. Q se prenait pour lui, et c'était infiniment drôle, le genre de situation qu'il n'oublierait jamais, celle là même qu'ils partageraient des années après autour d'une bonne bière, comme de vieux copains. Car, c'était ça qui était en train de se passer, il le savait, ils se rapprochaient, ils pouvaient même devenir amis. Cette dernière pensée le peina néanmoins, son dernier ami Matis, était un souvenir douloureux et terriblement honteux ; comme tous ceux qu'il avait aimé, il était mort. Et par sa faute. Il ferma son esprit instantanément, bien décidé à arrêter de réfléchir à ce genre de détails nocifs et appela son cadet :
« On va manger... »
« Et James, vous me montrerez comment on désarme un homme ? » Q était maintenant dans la cuisine avec lui, à ouvrir et refermer les placards en les pointant de son arme vide comme s'il y trouverait le plus recherché des terroristes, un sourire enfantin et rayonnant aux lèvres.
« Arrête de gesticuler, on mange je te dis. »
« Oh ! Bond ! » S'écria-t-il en écarquillant les yeux, manifestement touché par la grâce divine de la prochaine bêtise qu'il devait faire. Il s'approcha rapidement du corps du plus vieux, et glissa sans douceur l'arme dans le jean de James ; et s'il avait très probablement voulu juste l'y coincer rapidement, toujours était-il qu'il l'avait glissé non pas entre le jean et son sous-vêtement mais bien entre son sous-vêtement et sa peau. James se tendit d'un coup, sa main gauche serrée autour du manche de la poêle, l'autre attrapant par réflexe le poignet de Q pour l'empêcher d'aller plus loin.
« Q. » Appela-t-il d'une voix sourde, le regard infiniment dur planté dans celui léger du Quatermaster qui n'avait décidément pas compris ce qu'il avait touché, et qui dans un dernier pas en avant colla son bassin au sien, avant de chantonner d'une voix parodiant la plus sotte des idiotes américaines :
« Bond, c'est votre pistolet ou vous êtes heureux de me voir ? »
« Bloody hell, Q ! » Grogna cette fois James en serrant sans douceur le poignet faible entre ses doigts. Le gamin, collé à lui, son putain de bassin frêle contre le sien, l'avait franchement touché avec son arme froide ; bordel, se rendait-il seulement compte de ce qu'il faisait ? Le Quatermaster sursauta à l'appel de son nom, perdit lentement son sourire devant le regard réprobateur de son professeur du jour et doucement baissa son regard jusqu'à la crosse dépassant du jean, réalisant, enfin, ce qu'il avait fait.
« Oh. Oh. Bond, je suis désolé ! » S'écria-t-il en reposant sa main tremblante sur le bout visible de l'arme qu'il tira rapidement pour mettre fin à cette situation plus que gênante, mais les doigts de Bond se refermèrent une nouvelle fois sur sa peau fragile alors qu'il lui somma dans un grognement bestial, presque douloureux :
« ... Doucement. » À ce stade, ce n'était même plus maladroit, c'était terriblement honteux, à en mourir sur place. L'espion soupira longuement, posa la poêle sur le plan de travail avant qu'il ne la fasse tomber et pria intérieurement pour que le plus jeune n'ait pas compris, ou pire, sentis, qu'il était dur. Mais bon sang, il n'était qu'un homme, et avoir vu le plus jeune onduler autour de lui, dans ses vêtements trop grands, dévoilant sa peau pâle et ses hanches fines jusqu'à l'avoir sentis tout contre lui, ne l'avait certainement pas laissé indifférent. Il rouvrit les yeux, prêt à repousser le plus jeune, s'il ne s'était déjà pas enfuis, mais ce qu'il vit le grisa sur place. Q n'avait pas bougé. Il était toujours là, face à lui, ses yeux plantés dans les siens, une main sur la crosse, l'autre posée délicatement sur sa hanche et pourtant une chose, une seule chose avait indéniablement changé : son regard. Bond se demanda à ce moment précis comment il avait pu le qualifier de 'gamin' jusqu'alors, lui qui avait devant ses yeux, dans ses bras presque, un jeune homme aussi beau que complexe, terriblement désirable. Il leva lentement ses mains, comme pour laisser une ultime chance à son cadet de l'arrêter, qu'il posa finalement avec délicatesse sur la jonction entre son cou et ses épaules, caressant de ses pouces sa mâchoire. Q avec une infinie lenteur serra ses doigts autour de l'arme qu'il glissa de quelques centimètres hors de la barrière de tissu, avant de l'y re-glisser. L'espion ferma les yeux une seconde en sentant le métal froid caresser son érection et laissa échapper un léger soupir. Comme s'il attendait la confirmation de ce qu'il se passait plus bas, Q sourit enfin, un sourire discret mais déjà bien trop prétentieux pour James qui retira de lui-même l'arme qu'il posa à leurs côtés, avant de reprendre en coupe le visage du plus jeune et de l'embrasser, enfin.
À peine avait-il posé ses lèvres abîmées par le soleil sur celles incroyablement douces de Q que sa langue violait déjà l'entrée, glissant tout contre sa jumelle, fouillant sa bouche avec une envie folle. Il serra ses mains sur sa peau fragile, glissa ses doigts rugueux jusqu'à ses boucles brunes qu'il tira légèrement. Q était indéniablement bon, addictif, et jeune, bien trop jeune. Il ne savait même pas son âge, il ne savait même pas s'il devait avoir honte de cette étreinte mais bordel, comme rien n'importait plus à ce moment précis que les gémissements étouffés du Quatermaster contre sa propre bouche. Il prit sa nuque en main, prolongea le baiser, le faisant reculer malgré lui jusqu'au plan de travail, et sentant déjà sa nuque bien trop sollicitée par les épreuves le tirailler, il plaqua ses mains sur les fesses du plus jeune pour le soulever et le faire s'asseoir face à lui. Là, il n'avait plus à baisser la tête pour atteindre sa bouche. Il gémit malgré lui en sentant la facilité avec laquelle sa langue prenait maintenant place contre la sienne et lâchant d'une main sa nuque, il la glissa sous le tee-shirt bien trop grand, toucha la peau chaude de son ventre et quitta enfin ses lèvres.
« Quel âge tu as...? »
« Ce n'est vraiment pas le moment. » Haleta de sa voix frêle Q qui pour la première fois osa poser ses mains dans le dos de son aîné pour le serrer contre lui et reprendre ses lèvres. Il y arriva quelques secondes avant que la bonne conscience de l'assassin ne refasse surface :
« Tu restes mon Quatermaster. » Différence d'âge et travail ; tant de raisons pour les faire s'arrêter, là, sur le champs.
« Je le confirme, je ne suis qu'à vous.. » Sourit-il en réponse. Et bon sang, que Dieu lui pardonne, mais rien ne l'excitait plus à ce moment précis que les vouvoiement de Q.
Il reprit sa bouche possessivement, gémissant contre ses lèvres avec une rare envie, ses bras musclés enroulés autour du corps fragile qui le tentait tant, celui-là même qu'il avait protégé, conforté, jalousé. Il connaissait pertinemment son rythme lorsqu'il se rapprochait ainsi d'une personne (d'une femme, la très grande majorité du temps) lors des mission, il n'avait de toute façon pas le temps et passait à peine par les préliminaires avant de finir dans un lit aux draps trempés de sueur. Mais Q, Q était différent. Q avait un rire qui suffisait à réchauffer la plus froide des morgues, Q avait peur la nuit et n'aimait pas être seul, Q avouait ses faiblesses, Q lui rentrait dedans, Q était bien trop prétentieux, Q était sexy dans ses tee-shirt trop grands, Q était tout ce qu'il voulait découvrir. Il lâcha sa bouche, sourit en l'entendant gémir de frustration, et mordilla ses lèvres, les embrassa à peine, puis glissa tout contre son cou, lécher la peau fine, la caresser de ses dents, la mordre juste assez pour le faire frissonner sans lui laisser de marque. Car cette beau blanche était visiblement bien trop fragile, il avait presque peur de le briser, lui avec ses mains rugueuses et sa musculature sur-développée. Comme pour vérifier ses doutes, James lui retira son tee-shirt sans attendre, découvrant avec une satisfaction non dissimulée le corps qu'il avait tenu contre lui durant la nuit, imberbe et délicieux en tout point de vue ; gracieux au possible, proche du corps d'une femme dont James était éternellement attiré. Il ralentit ses baisers, laissa son regard lentement contemplé le torse offert face à lui, le caressant du dos de sa main comme s'il touchait la plus précieuse et la plus fragile des sculptures et passa rapidement son index sur un des tétons dressé, frémit lui-même à ce simple toucher et releva son visage pour coller son front à celui du plus jeune.
« Je t'interdis de continuer à porter ces tee-shirts. »
« Ceux-là en particulier, où je suis défendu d'en porter tout court ? » Oh la terrible et excitante envie de jouer du Quatermaster était bien trop plaisante.
« Je demanderai à Victor de t'en trouver d'autre. » Répondit simplement l'espion en l'aidant à descendre du plan de travail où il l'avait installé et, gosh, comme il pouvait être beaucoup plus petit que lui en vrai. Il caressa rapidement le bas de son dos avant de lui tendre le bout de tissu qui lui servait de haut, et garda pour lui qu'il serait bien trop jaloux de savoir qu'un autre que lui puisse voir son corps bien trop frêle et désirable, et retourna chercher la poêle avant d'esquisser un sourire :
« J'espère que tu aimes le riz carbonisé. »
