Disclaimer : Rien ne m'appartient. Les personnages sont à ABC et l'histoire originale à Hunnyfresh (Lien vers l'histoire original sur mon profil.)

NdT : Bonjour ! Tout d'abord, je tenais à vous souhaiter à tous une bonne année et beaucoup de bonheur. Comme vous l'aurez remarqué, j'ai décidé de m'attaquer à ce monstre de la FanFiction qu'est A Fine Line. Je sais que beaucoup d'entre vous ont déjà lu ou entendu parler de cette histoire et je sais aussi que parmi cela, il y en a beaucoup qui sont incapable de lire en anglais. C'est pour eux - pour tous ceux qui n'en avaient jamais entendu parler et pour tous les autres - que j'ai décidé de traduire cette fic, pour leur permettre de découvrir ce chef-d'œuvre.

Il m'aura fallu plus de deux semaines de travail pour traduire cette fic, la lire et la relire pour corriger la moindre faute ou réécrire les passages un peu lourd. Mais je ne suis pas parfaite et il doit surement rester quelques erreurs ou passages un peu bancales... J'en suis vraiment désolée !

Merci à 26TaTchou pour la correction de toutes les fautes.

J'espère que ma traduction vous plaira, qu'elle sera assez fluide et restera fidèle au texte d'origine. Bonne lecture.


A Fine Line
[TRADUCTION de Hunnyfresh]

Après l'exil de Regina, la petite ville de Storybrooke devient protégée une fois de plus par un enchantement qui empêche quiconque de sortir ou d'entrer à Storybrooke. Emma et Regina se retrouvent au bord de la ville, souhaitant chacune un moyen de passer de l'autre côté.

- SwanQueen.

CHAPITRE 1

« C'est amusant de vous voir ici. »

« Je pourrais dire la même chose, Miss Swan. »

La nuit était encore claire lorsqu'Emma avait pris le volant de sa voiture pour rouler jusqu'à la limite de la ville. Installée sur le capot de sa voiture, elle était en train de fixer la ligne orange peinte à même le sol quand elle avait aperçu, au loin, la lueur des phares d'une voiture.

L'accord précaire qu'ils avaient adopté il y a plus d'un an lui était revenu en mémoire, et bien que celui-ci garde les étrangers à distance de la ville, il les empêchait également de la quitter. Au départ, cela lui avait paru être une bonne idée mais plus les semaines étaient passées et plus elle s'était sentie enfermée, prisonnière de cette petite ville, plus d'une fois, elle avait posé ses doigts contre la barrière qui entourait maintenant la ville et à chaque fois, elle avait été repoussée par un choc violent.

Alors elle s'asseyait et fixait l'horizon, se demandant si être coincée dans cette petite ville pour le reste de ses jours était si horrible que cela. Après tout, elle avait une famille, des parents et un fils... Tout ce qu'elle avait toujours voulu. Alors pourquoi sentait-elle ce vide inexplicable dans son cœur ? Peut-être était-ce par habitude. Ou bien parce que l'idée d'être enfin heureuse l'énervait, alors elle cherchait quelque chose qui lui manquait.

Pourtant, lorsqu'elle avait vu ces phares au loin, ces phares qui n'auraient jamais pu trouver le chemin jusqu'à leur petite ville isolée, Emma avait senti son cœur s'emballer sous l'anticipation. Peut-être que le sort s'était brisé. Peut-être allait-elle enfin pouvoir s'en aller. Mais ce n'est que quand la voiture ralentit aux abords de la ligne qu'elle reconnut la Mercedes et qu'elle comprit.

Regina.

Chacune d'un côté de la ligne et à une bonne distance de celle-ci, les deux femmes, mal à l'aise, se tenaient debout près de leur voiture.

« Que faites-vous ici ? » Demanda Emma.

« Je ne savais pas qu'ils avaient demandé à la Sauveuse de surveiller l'arriver d'intrus, » répliqua Regina en resserrant les pans de son manteau autour d'elle.

« Ils ne l'ont pas fait. Personne ne rentre. »

« Je suis au courant. » Aucune des deux ne pouvait ignorer la tristesse dans la voix d'Emma, combien celle-ci se sentait prisonnière, et la dureté dans la voix de Regina ne faisait qu'écho aux émotions de la blonde.

« Alors, que faites-vous là ? » Redemanda la Sheriff.

Regina regarda la ligne orange avant de reporter son regard sur la femme de l'autre côté. « Rien. Bonne nuit, Miss Swan. »

Emma ne la stoppa pas quand elle retourna s'asseoir dans sa voiture, elle regarda simplement la lueur rouge de feux arrière de la Mercedes s'éteindre peu à peu.

Trois soirs plus tard, Regina retourna à la limite de la petite ville et resta simplement assise dans le froid qui avait gagné sa voiture depuis qu'elle en avait coupé le moteur une demi-heure plus tôt. Ses doigts serraient si fort le volant en cuir qu'elle était sûre d'y avoir laissé une marque.

Comment en était-elle arrivée là ? C'était ce qu'elle avait voulu pourtant. Elle avait voulu un nouveau départ et quelle meilleure façon de le faire que de s'éloigner des gens qui voulaient mettre sa tête au bout d'une pique. Elle était toujours en contact avec Henry, ils échangeaient régulièrement des coups de fils et des lettres mais ce n'était plus pareil. Rien n'était plus pareil depuis qu'elle avait franchi cette ligne.

Sa magie lui avait été retirée, ses souvenirs étaient restés intact mais quand elle avait vu Henry la fixer de ses grands yeux par-dessus la banquette arrière de la voiture d'Emma, elle avait su qu'elle ne pourrait jamais le quitter, même si c'était ce qu'il y avait de mieux pour lui. Le sort de dissimulation de la ville avait deux objectifs : garder son emplacement secret et la garder elle, la Méchante Reine, hors de la ville.

Parfois, Regina souhaitait qu'ils aient mit sa tête au bout d'une pique.

Elle avait cessé de pleurer plusieurs mois auparavant, quand elle avait réalisé qu'elle ne pourrait plus jamais retourner à Storybrooke. Elle n'était pas en colère, elle n'avait pas peur. Tout ce qu'elle ressentait, c'était ce vide de plus en plus grand dans son cœur qui la consumait de l'intérieur.

Elle sortit brusquement de sa rêverie quand elle entendit le bruit d'un pot d'échappement couper le silence de la nuit et qu'elle aperçut au loin deux petites lumières circulaires dont l'une brillait plus que l'autre. Elle soupira profondément quand elle remarqua qui venait d'arriver et elle sortit rapidement de sa voiture.

« Encore, Miss Swan ? »

« Je pourrais dire la même chose. » D'un coup de hanche Emma ferma la portière grinçante de sa voiture. « Vous faites des plans pour nous envahir ? »

Regina grimaça et releva la tête. « Comme vous le savez sûrement, ma magie m'a été retirée et je ne suis pas du genre à revenir sur mes accords. Qu'est-ce qui vous amène encore ici, Sheriff ? »

Emma enfonça profondément ses mains dans les poches de son jean et tapa dans un caillou quand elle fit quelques pas pour s'éloigner de sa voiture tout en restant à bonne distance de la limite de la ville. « Des trucs ».

« Est-ce que j'interromps un échange de drogue ou un rendez-vous amoureux ? »

Emma roula des yeux et s'arrêta au milieu de la route. « Ni l'un ni l'autre ». Elle voulut rajouter quelque chose mais se ravisa et secoua la tête avant de se détourner. « 'Nuit Regina. »

Aussitôt qu'Emma se détourna, Regina se décolla du pare-choc de sa voiture et tendit le bras comme si elle pouvait rattraper la blonde. « Attendez. »

La Sheriff se figea et se tourna lentement, ses traits adoucis en un questionnement muet.

La brune se racla la gorge et passa une main dans ses cheveux, ramenant doucement quelques mèches derrières son oreille. « Comment va Henry ? »

Emma pencha la tête sur le côté en signe d'incompréhension. « Il va bien. Vous n'avez pas discuté récemment ? »

« Bien sûr que si mais je ne sais que ce qu'il me dit, » répliqua la femme plus âgée.

« David, mon père, lui apprend à manier l'épée. »

Emma aperçut l'air d'inquiétude qui passa sur le visage de Regina et ajouta rapidement : « Il est doué, l'épée ne lui glisse jamais des mains. Il est un peu maladroit mais il tient ça de moi. »

L'héritage implicite d'Emma flotta entre elles. Le long silence qui s'installa la rendit mal à l'aise et elle ne put s'empêcher de se balancer d'un pied sur l'autre. Elle pointa sa voiture derrière elle. « Je devrais y aller. »

« Bien. » Regina hocha la tête et se dirigea, elle aussi, vers sa voiture.

Les nuits commencèrent à se réchauffer à l'approche du printemps mais cela n'empêchait pas les brusques changements de température qui se produisaient encore à Storybrooke ni le sentiment d'étouffement et d'enfermement qui régnait de plus en plus sur la petite ville. C'est cela qui tira une fois de plus Emma de son sommeil agité et qui la poussa à prendre le volant de sa voiture pour conduire jusqu'au bord de la ville.

Cette fois ci, elle ne fut pas surprise d'apercevoir la Mercedes de Regina de l'autre côté de la ligne. Seule la vision de la brune assise sur le capot de sa voiture dans la fraicheur de la nuit en train de fixer attentivement le ciel la surprit. Regina ne bougea pas quand Emma stoppa sa voiture. La blonde récupéra une couverture sur la banquette arrière de sa voiture et s'enroula dedans avant de s'installer sur son capot et de se mettre, elle aussi, à fixer les étoiles.

Aucun mot ne fut échangé. Pas de 'Bonjour', de 'Que faites-vous là ?' ou autres accusations. Elles restèrent simplement assises sur le capot de leur voiture, fixant les étoiles qui brillaient dans la fraîcheur et la noirceur de la nuit jusqu'à ce que l'aube les fasse disparaître peu à peu.

« Miss Swan, » salua poliment Regina alors qu'elle s'arrêtait près de la ligne. Elle fronça les sourcils quand elle vit la blonde allongée le long de la ligne, les mains croisées sur le ventre et qu'elle regardait de nouveau vers le ciel. « Qu'est-ce que vous faites ? »

« A quoi ça ressemble ? » Demanda Emma à voix basse.

« Pardon ? » Après avoir passé plusieurs mois assise sur le capot de sa voiture, Regina avait fini par ramener une chaise pliante qu'elle installait à quelques pas de la ligne.

« Le monde extérieur. Qu'est-ce qu'il s'y passe ? » Emma était installée si près de la ligne qu'un simple faux mouvement l'enverrait voler plusieurs mètres en arrière.

Regina sourit amusée. « Le réchauffement climatique est toujours un problème, nous mangeons maintenant de la nourriture en capsule et les zombies se multiplient de plus en plus vite. »

La blonde gloussa malgré elle. « Sérieusement. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau ? »

« Vous voulez un résumé complet de l'actualité, Miss Swan ? »

« C'est étouffant, vous savez ? De savoir qu'il y a plus de six milliards de personnes sur Terre et que je ne vais interagir qu'avec un millier d'entre eux, au maximum, pour le reste de ma vie. » Emma quitta sa contemplation du ciel et tourna lentement la tête pour regarder Regina.

« Je ne vous voyais pas comme quelqu'un ayant une vie sociale si étendue et si importante, » remarqua Regina.

« Je n'ai pas signé pour vivre dans la quatrième dimension, » répliqua Emma.

« Mais, princesse, » commença Regina, « vous l'avez fait. »

« Pas comme ça. Je ne pensais pas que ce serait comme ça. » La blonde retourna à sa contemplation du ciel. « Vous avez eu la bonne partie de l'accord, vous savez ? »

Regina rit. Elle rit vraiment. Emma, pensant qu'elle avait perdu la tête, se redressa sur ses coudes et grimaça quand son bras frôla la frontière.

« J'ai eu la bonne partie de l'accord ? » La brune pressa l'une de ses mains contre sa poitrine alors que sa voix s'élevait dans la nuit. « Mon fils est de l'autre côté de cette ligne et je ne peux pas le voir. Je ne peux pas le prendre dans mes bras ou l'embrasser pour lui souhaiter bonne nuit. Tout ce que j'ai fait, tout ce que j'ai accompli, je l'ai fait pour trouver mon bonheur et je pensais l'avoir trouvé avec lui. »

Elle secoua la tête en grimaçant. « Mais non. Une fois encore, la Méchante Reine a eu ce qu'elle méritait. Et la seule chose qui compte pour moi, la seule personne que j'aime m'est inaccessible à cause de cette ligne. »

Incrédule, Emma fixa Regina qui haletait de l'autre côté de la ligne. Les yeux toujours écarquillés, elle se releva précipitamment quand l'autre femme se leva et plia sa chaise. Sans réfléchir la blonde s'avança pour la retenir mais la barrière l'en empêcha et la repoussa plusieurs mètres en arrière. La dernière chose qu'elle perçut de Regina alors qu'elle se relevait légèrement étourdie, fut le bruit de ses pneus crissant sur la route alors qu'elle partait rapidement vers l'autoroute.

Emma ne fut pas surprise quand Regina ne vint pas la nuit suivante, ou la nuit d'après. Pourtant, elle continuait de se rendre à la limite de la ville sans attendre pour autant le ronronnement familier du moteur de la brune. Bien qu'elle n'ait pas été contre un peu de compagnie.

Elle l'entendit à nouveau la semaine suivante et elle se laissa glisser le long du capot de sa voiture. S'avançant rapidement vers la ligne, elle attendit que la brune descende de sa voiture.

« Hey, » salua-t-elle timidement.

« Miss Swan, » répondit Regina.

« A propos de l'autre soir- »

« Inutile de vous excusez, » coupa la brune en installant sa chaise près de ligne. Elle ne s'était jamais approchée aussi près de la barrière exceptée la fois où elle avait testé son efficacité. Elle se laissa tomber sur sa chaise et son regard se perdit au loin.

Emma resta quelques instants à la contempler avant de se diriger vers le coffre de sa voiture. Elle en sortit une chaise et une couverture et elle s'installa près de l'ancienne maire. « Vous n'avez pas froid ? »

« Non, » répondit Regina, « j'ai vécu bien plus longtemps que vous dans le Maine. »

Elles laissèrent le silence s'installer entre elles jusqu'à ce qu'Emma déclare, « Henry monte à cheval maintenant. »

Cette déclaration capta l'attention de Regina qui haussa les sourcils pour indiquer à la blonde de continuer. « Mon père, Henry et moi sommes allés faire une promenade il y a quelques jours. J'étais incapable de monter sur ce maudit canasson alors que pour lui tout était si naturel. Il a été pas mal secoué mais il n'a jamais abandonné et il continue d'y retourner. »

« Il est persistant, » sourit fièrement Regina.

« Ce n'est pas de moi qu'il tient son goût du travail bien fait, » rit Emma, « Dieu merci, il a pris ça de vous. » Regina foudroya du regard la blonde qui continuait de rire. « Et puis, David a marché dans un gros tas de fumier, c'était dégoutant. »

La brune ne réussit pas à masquer totalement son dédain et laissa échapper un sourire.

« Mary Margaret n'a pas voulu le laisser entrer dans l'appartement. On a été obligés d'aller le nettoyer au poste. »

« On aurait pu penser qu'un berger serait habitué à sentir comme un animal, » plaisanta Regina.

Les deux femmes rirent ensemble dans le calme de la nuit et peu à peu leurs rires s'éteignirent.

« La ville est ennuyante sans vous, » déclara Emma.

« Je suppose que le nombre de foules en colère brandissant fourches et torches a dû baisser, » répondit Regina.

« Aussi, » sourit Emma, « mais c'était amusant de vous taquiner. Snow est trop sérieuse. »

« Me taquiner ? », Regina se tourna vers la blonde, « vous étiez comme un moustique agaçant qui ne voulait pas mourir. »

« Exact, » répondit Emma en ignorant la femme plus âgée qui roulait des yeux à côté d'elle, « c'était bien mieux que cette routine dans laquelle je vis aujourd'hui. »

« Est-ce la raison de vos excursions nocturnes ? » Demanda Regina, « Une tentative de fuir la vie que vous avez toujours souhaité avoir ? »

« J'ai arrêté de souhaiter retrouver ma famille il y a longtemps, Regina, » répondit tranquillement Emma en regardant les étoiles, « je veux dire, j'ai souvent souhaité ne plus être seule. Mais retrouver mes parents ? Que Henry me retrouve ? J'avais renoncé à tout ça bien avant mon entré à la fac. »

« Vous n'êtes plus seule maintenant, » fit doucement remarquer la brune.

Emma rapprocha sa main de celle de Regina. Son mouvement aurait pu passer inaperçu mais il attira l'attention de la femme qu'elle avait accepté de bannir. Ses yeux plongés dans ceux de Regina elle déclara : « Ouais, je ne suis pas seule. »

« Vous êtes en retard. »

« Trafic. »

Emma sortit sa couverture de la voiture et l'installa près de la ligne. Elle s'assit en tailleur et se pencha en arrière sur ses mains. « Les bouchons de Boston... C'est bien quelque chose qui ne manque pas. »

« Certains matins, les scones et autres pâtisseries de chez Granny me manque. La boulangerie en bas de chez moi ne lui arrive pas à la cheville, » déclara Regina en dépliant sa chaise, « pourquoi êtes-vous sur cette couverture ? »

« Il fait beau. Allongez-vous avec moi. » La blonde tapota la place à côté d'elle.

« Il y a juste une barrière électrique invisible qui me sépare de votre côté de la route, » rappela Regina.

« De votre côté, » répondit Emma avec un soupir exaspéré.

« Sur la route ? » Hoqueta Regina en resserrant sa prise sur le dossier de sa chaise.

« Il n'y a personne à des kilomètres à la ronde pour voir l'ancienne maire coincée de Storybrooke assise par terre, » taquina Emma.

« Il n'y aura donc personne non plus pour m'entendre crier ? » Demanda ostensiblement Regina.

Emma sourit avant de se redresser et qu'un sourire narquois ne prenne place sur son visage. « Pourquoi seriez-vous en train de crier, Regina ? »

La brune rougit au sous-entendu de la blonde qui n'avait visiblement pas compris ce qu'elle voulait dire.

« Et comme vous l'avez dit, » commença Emma en pointant la ligne, « il y a une barrière électrique. »

Roulant des yeux, Regina se laissa tomber sur sa chaise avant de foudroyer Emma du regard.

« Bon, » Emma se repencha en arrière, « parlez-moi de Boston. »

« Je vous ai apporté quelque chose. » La nuit suivante, Emma se retrouva assise exactement au même endroit que la veille. Elle tira vers elle le sac qui était posé à côté d'elle sur la couverture et en sortit un thermos. Le débouchant, elle se servit une tasse de chocolat chaud.

« Pardon ? » questionna Regina en regardant le thermos. « Je n'aime pas la cannelle. »

« C'est le mien, » la blonde avala une gorgée de son chocolat et se remit à fouiller dans son sac.

Les yeux de Regina s'écarquillèrent quand elle reconnut le sac blanc des commandes à emporter de chez Granny.

« Je vous ai apporté un scone, » déclara la blonde en attrapant la pâtisserie. « Il est un peu froid maintenant mais il a été fait ce matin. »

Regina fixa Emma pendant un long moment, louchant de en temps en temps sur la pâtisserie. « Barrière invisible, Miss Swan. »

« Je sais, » répondit Emma, « je voulais être méchante et le manger devant vous. »

« Je suis sûre que vous le feriez. »

La Sheriff reposa le scone dans le sac. « Vous pouvez l'avoir spirituellement. »

Regina haussa un sourcil avant de se frotter le ventre et de déclarer sarcastiquement. « Mm, tout à fait délicieux. »

« Je savais que vous aimeriez. » Elle replaça le sachet des commande à emporter dans son sac et prit une nouvelle gorgée de chocolat avant de se lécher les lèvres. « Alors, que faites-vous ? Vous avez un travail ou quelque chose ? »

La brune secoua la tête. « Il me reste des économies du temps de la malédiction. »

« Alors vous restez chez vous et ne faites rien de vos journées ? »

« Je n'appellerais pas ça chez moi, » répondit tranquillement Regina en jouant avec la bague à son doigt.

Emma fixa la brune, fascinée par l'honnêteté brute d'une telle déclaration. « Ouais. Je sais ce que c'est. »

Regina retira son manteau et le plia délicatement sur ses genoux. « Alors que fait notre puissante Sauveuse pour occuper ses journées ? Encore des dragons à tuer ? »

Emma renifla. « Juste Leroy. Comme d'habitude. Rien à signaler. »

« Intéressant. »

« Sérieusement, » Emma se redressa. « Une journée type : je me lève. Je fais à manger à Henry et si on est d'humeur, on s'arrête chez Granny. Il va à l'école, je vais travailler. Rien ne se passe. Je vais le chercher. Mary-Margareth nous appelle pour manger. Je regarde la télé. Et puis je viens ici. »

« Personne ne vous a demandé de venir ici, » répliqua Regina sur la défensive.

« Je sais, » dit Emma. « C'est la seule chose que je fais pour moi. »

Regina fixa la blonde, se demandant pourquoi elle faisait cela. « Donc, chaque nuit, vous tentez de fuir pour être inévitablement stoppée ? » Demanda-t-elle en désignant la ligne entre elles.

Emma secoua la tête. « Non. Plus maintenant du moins. »

« Qu'est-ce que ça veut dire ? »

La Sheriff haussa les épaules. « Vous savez que ça fait un moment que nous venons ici et que nous ne nous sommes toujours pas battues ? »

La brune parut surprise. « C'est vrai. »

La blonde sourit avant de s'allonger sur sa couverture. « Ne soyez pas surprise. »

« Pourtant je le suis. » Regina pencha légèrement la tête sur le côté. « Mettons cela sur le compte de la barrière qu'il y a entre nous. »

« Etes-vous en train de dire que vous préféreriez qu'il n'y en ait pas ? » Demanda Emma, amusée par la situation, en tournant la tête vers Regina.

« Si elle n'était pas là, nous nous serions déjà battues et je serais à nouveau responsable d'une blessure sur votre joli minois. »

« Vous pensez que j'ai un joli visage ? »

Regina roula des yeux et soupira. « C'est une expression, Miss Swan. »

« Ouais, un compliment. Que mettent-ils donc dans l'eau à Boston ? »

« Je ne veux pas le savoir, » grogna Regina.

Emma sourit, se redressa et posa ses coudes sur ses genoux. Mais avant qu'elle n'ait put dire quoique ce soit, son téléphone sonna. Lançant un regard d'excuse à Regina, elle se précipita vers l'appareil et décrocha. « Sheriff. » Elle soupira. « J'arrive tout de suite. »

« Un dragon ? » Demanda Regina.

« L'alcoolique. » Emma rangea son téléphone et se leva. Elle regarda sa couverture puis la femme de l'autre côté de la ligne qui était encore lovée dans son fauteuil. Elle fixa Regina dans les yeux avant de secouer la tête et de rassembler ses affaires. Les tenant maladroitement dans ses bras, elle demanda dans un hochement de tête : « A plus tard ? »

Regina lui offrit un sourire crispé, mais un sourire tout de même, avant de hocher la tête à son tour.

Emma était retournée au bord de la ville deux heures plus tard en espérant que Regina serait toujours là. Elle ne comprit pas pourquoi elle se sentit si déçue quand elle comprit que la brune était déjà partie.

Aux alentours de dix heures, Regina arriva au bord de la ville et elle trouva Emma allongée sur sa couverture tout contre la ligne orange. Elle avait posé son téléphone près de sa tête et celui-ci jouait une musique douce sur laquelle elle chantait doucement. La blonde tourna la tête quand Regina secoua sa couverture avant de l'installer le long de la ligne. Sans un mot, elle retira son manteau et son pull avant de s'allonger, sa tête au niveau de celle de la blonde. Emma sourit doucement avant de se remettre à fredonner.

Après trois chansons, Regina brisa le silence confortable qui s'était installé. « Je peins. »

« Hmm ? » Emma pencha la tête sur le côté et observa le profil de l'autre femme.

« Je peins. Dans mon appartement, » expliqua Regina. « Ça passe le temps. »

« Qu'est-ce que vous peignez ? »

« Des paysages. »

« Est-ce que c'est pour pouvoir vous perdre en eux ? » Demanda Emma avec désinvolture, pas tout à fait sûre de comprendre la légère inspiration de la femme à côté d'elle suite à ses mots.

« Oui, comme lorsque l'on court, » répondit la brune en tournant la tête vers la blonde qui continuait de l'observer.

« Ouais, sauf que c'est mieux, » acquiesça Emma. Une nouvelle chanson vint remplir le silence entre elles jusqu'à ce qu'Emma désigne le ciel. « Vous voyez ça ? »

« Les étoiles ? » Demanda Regina.

« Pas toutes. » Emma souffla d'impatience quand Regina la fixa sans comprendre. Elle relia les étoiles avec son doigt, sa main le plus près possible de l'autre femme pour que celle-ci puisse suivre son mouvement. « Ces étoiles juste là, elles ressemblent un peu à une maison non ? »

Contre toute attente, Regina sourit et désigna à son tour le ciel. « Juste là ? »

« Ouais. » Elles baissèrent leur main et Emma continua, « C'est Libra. La balance. »

« Votre signe, je suppose ? »

Emma secoua la tête. « Je suis verseau. »

« Pourquoi me la montrez-vous alors ? » Les deux femmes continuaient d'observer la constellation.

« La balance représente la justice, » expliqua Emma en imitant la balance avec ses mains. « Les Grecs pensaient que lorsque l'on mourait, notre cœur était pesé et que si la balance penchait du côté de la lumière, notre âme rejoignait les dieux et devenait une partie du ciel. »

« Et si cela penchait du côté du mal ? » Demanda Regina d'une voix rauque.

« Ils étaient envoyés chez Hadès. »

Regina tourna lentement la tête pour faire face à la blonde qui l'imita. « Hadès n'est pas si méchant, » précisa Emma.

« Il est le roi des enfers. »

Emma pointa à nouveau la constellation. « Elle représente également le chariot d'Hadès, celui sur lequel il a enlevé Perséphone avant de l'emmener dans le Royaume des Enfers. »

« Ça ne me donne pas très envie de visiter les enfers, Miss Swan, » plaisanta Regina.

Emma lança un regard espiègle à la brune et lui fit une grimace pour lui signifier de se taire. « Je ne pense pas que ce soit un sale type. Les gens le pensent parce qu'il règne sur la mort. »

« Et qu'est-ce qui vous fait croire que c'est un brave type ? »

« Parce que de tous les dieux, il est le seul à n'être marié qu'à une seule femme, » répondit la Sheriff. « Et elle est devenue Reine. Je veux dire, vous avez déjà entendu quelqu'un appeler Hera la Reine des dieux ? »

« Il l'a kidnappée, » souligna l'ancienne maire.

« Elle n'a protesté que quand elle n'a plus pu voir la lumière du jour, » répliqua Emma. « Avant ça, elle allait très bien. »

« Donc, ce que vous dites, c'est que Hadès, le Roi des Enfers, le Dieu de la mort, a fait le meilleur mariage et qu'il est juste incompris. » Regina haussa un sourcil pendant qu'un sourire amusé étirait ses lèvres.

Emma haussa les épaules et se retourna vers le ciel. « J'ai toujours pensé qu'il avait fait les choses correctement. »

Regina regarda sa montre. Il était presque minuit et elle ne savait pas pourquoi elle se sentait si anxieuse. Ce n'était pas comme si elle et Emma avaient planifié leurs rendez-vous. Ils n'étaient que pure coïncidence. Elle soupira, se leva et s'apprêtait à replier sa chaise quand elle releva une dernière fois le regard vers la frontière. Elle aperçut alors au loin un petit point se rapprochant rapidement. Plissant les yeux, elle s'approcha légèrement de la ligne.

Elle aperçut alors la crinière blonde de la Sheriff qui courait vers elle.

« Emma ? » Demanda Regina alors que la blonde se rapprochait de plus en plus.

Elle arriva finalement à la frontière, haletante et à bout de souffle. Les mains sur ses genoux, elle tenta de reprendre son souffle. « Désolée, » haleta Emma, « Pas de. » Elle inspira profondément. « Voiture. »

Regina aurait pu rire de la façon dont la blonde, totalement échevelée, la regardait. Ses cheveux étaient en bataille et son sac pendait mollement dans son dos.

Les yeux de Regina s'écarquillèrent quand elle comprit finalement pourquoi la blonde était dans cet état. « Vous avez marché jusqu'ici ? »

Emma se contenta d'acquiescer et de mettre ses mains sur ses hanches avant de se redresser.

« Ça fait plus de cinq kilomètres. »

« Ah bon ? » Demanda Emma sans vraiment s'en soucier.

« Pourquoi diable avez-vous fait ça ? » Demanda Regina consternée.

La blonde avait finalement repris son souffle. « Je vous l'ai dit. Mon temps. »

« Où est votre voiture ? » Demanda Regina avec bien trop d'attention dans la voix à son goût.

« Ouais, à ce sujet... »

Regina croisa les bras sur sa poitrine, certaine que l'histoire à venir serait intéressante.

Emma se gratta la tête et marmonna, « J'y ai en quelque sorte mis le feu ? »

« C'est une question ? » Demanda Regina à la fois amusée et étonnée.

« Non, non je l'ai fait, » concéda la blonde.

« Et comment, oserai-je demander, avez-vous réussi un tel exploit ? »

« Je me suis exercée à la magie, » expliqua Emma avec de grands gestes. « Il y a juste eu une sorte de... » Elle ouvrit soudainement ses poings comme pour mimer une explosion. « Enflammée. »

Regina rejeta la tête en arrière et laissa son rire remplir l'air.

« Ce n'est pas marrant ! »

« Pardon, » sourit Regina. « Mais il était temps que cette voiture prenne sa retraite de toute façon. »

Emma secoua la tête, retira son sac et sortit sa couverture qu'elle installa sur le sol. « Vous restez ? »

Regina hésita un instant. Elle regarda la blonde installée sur sa couverture avant de rouvrir sa chaise.

Regina, assise sur sa couverture et simplement éclairée par la lueur des phares de sa Mercedes, regardait les secondes défiler sur sa montre.

23h30. Où était donc Emma ?

Regina enfouit sa tête entre ses bras et poussa un profond soupir. Pourquoi cela lui tenait-il autant à cœur ? Tout ce qu'elle avait souhaité en commençant à venir ici, c'était de se rapprocher le plus possible de son fils, pas de se retrouver chaque soir avec la femme dont la famille avait tout gâché.

Elle n'était pas déçue. Non. Pas du tout.

Elle regarda de nouveau sa montre. 23h33.

Regina continua d'attendre bien après minuit, mais Emma ne vint jamais.

Au moment où l'ancienne maire de Storybrooke arriva à la limite de la ville la nuit suivante, la voiture de patrouille d'Emma était déjà garée de l'autre côté de la ligne et la blonde était appuyée contre le capot de sa voiture, les mains profondément enfoncées dans ses poches et la tête basse.

Préoccupée - bien que la brune affirmerait qu'elle était simplement curieuse - elle s'approcha rapidement et le plus près possible de la ligne. « Miss Swan ? »

Emma releva la tête, son œil droit enflée et violet. « Hey. »

« Oh mon dieu, que c'est-il passé ? » Regina s'avança encore mais la barrière et le choc de magie qu'elle reçut la forcèrent à reculer. Elle grogna mais se rapprocha à nouveau de la barrière en faisant attention cette fois à là où elle mettait les pieds.

Emma haussa les épaules, sortit les mains de ses poches et attrapa le sac qu'elle avait posé à côté d'elle. « Il a juste fallu que j'interrompe une bagarre hier soir. J'ai passé la nuit à les surveiller. Les risques du métier, vous voyez ? »

Regina haussa un sourcil, ne croyant pas totalement à ce que la blonde lui racontait et elle fut certaine que la blonde lui cachait quelque chose quand elle remarqua sa main bandée lorsque celle-ci sortit sa couverture de son sac. Elle installa sa couverture près de celle de la blonde et demanda en pointant sa main, « Je suppose que cela fait également parti de votre travail ? »

Emma suivit le regard de Regina et leva sa main. « Les risques de la paperasse. »

« Que s'est-il passée ? »

« Rien. Vous me montrerez l'un de vos tableaux un jour ? »

« Si ce n'était vraiment rien, vous ne perdriez pas l'occasion de vous vanter de votre combat, » souligna l'autre femme, « à moins que vous n'ayez perdu ? »

Emma sourit et ramena ses genoux contre sa poitrine avant de croiser ses bras dessus. « Non, vous devriez voir la tête de l'autre gars. »

« Qui était-ce ? »

« Personne que vous ne connaissez. »

Regina fixa Emma jusqu'à ce que celle-ci soupire profondément. « Jefferson. »

La brune se tendit automatiquement et plissa les yeux de confusion. « Pourquoi a-t-il fait ça ? Il a récupéré sa fille. »

« Je suis presque sûre que Henry en pince pour elle, » déclara la Sheriff pour tenter de détourner la conversation. Elle tenta de faire abstraction du regard scrutateur de Regina fixé sur elle mais elle craqua rapidement. « Il a dit quelque chose qui ne m'a pas plu. »

« Quoi donc ? »

Son regard accrocha celui de l'autre femme assise de l'autre côté de la ligne. « Des choses pas très gentilles à votre sujet. »

Emma était presque sûre qu'un sort d'immobilisation avait dû frapper la brune car celle-ci n'avait pas esquissé le moindre geste depuis sa déclaration. « Ecoutez, j'ai en quelque sorte perdu mon sang froid. Il m'a kidnappée, c'est sûrement à cause de ça mais- »

« Pourquoi feriez-vous ça ? » Demanda Regina d'un ton dur et la voix plus forte qu'en temps normal.

« Quoi ? »

« Pourquoi avez-vous fait ça ? » Regina s'était relevée et regarda d'un air menaçant la blonde qui se releva précipitamment.

« Mais c'est quoi votre problème ? Je me suis battue pour vous, » fit remarquer Emma.

« Vous arrivez avec un an de retard pour me défendre, Miss Swan. »

« Je souffre autant que n'importe qui de cette stupide malédiction. Alors quoi, je suis censée laisser les gens cracher sur vous ? »

« Etre la Sauveuse ne vous donne pas le droit d'interférer dans ma vie ! » Cria Regina dans un sursaut de colère, « Je peux me protéger toute seule. »

Emma se tourna alors sur le côté et indiqua du bras la route qui s'étendait derrière elle. « Dans ce cas, venez donc et donnez à Jefferson la raclée qu'il mérite. »

La brune grogna. « Miss Swan, je crois que vous confondez nos rencontres avec de l'amitié. Vous n'avez pas besoin de me protéger. »

Si Emma n'avait pas été aussi confuse et en colère de l'énervement de Regina, elle aurait ri alors que Regina elle, ramassait puis secouait sa couverture avant de la plier et de la ranger dans sa voiture. Elle allait monter dans sa voiture quand Emma l'interpella. « Ce n'est pas parce que vous pouvez vous défendre toute seule que les autres ne peuvent pas essayer de le faire. »

Regina se retourna et plongea ses yeux dans ceux d'Emma. Pendant un bref instant, la blonde crut voir passer quelque chose dans les yeux de la brune. Peut-être était-ce simplement dû à la lueur de ses phares mais elle était à peu près sûre d'avoir vu une véritable émotion dans les yeux de Regina.

Deux jours plus tard, aux alentours de minuit, Regina retourna au bord de la petite ville. Elle savait que sa réaction avait été excessive et quelque peu disproportionnée mais il n'y a pas si longtemps encore, Emma et elle ne pouvaient pas rester ensemble sans se battre ou se disputer. Elle fut presque étonnée de voir la voiture de patrouille d'Emma garée près de la ligne et la blonde allongée sur le toit de celle-ci.

Elle vit Emma se redresser quand elle gara sa voiture près de la sienne. Quand elle sortit, elle leva les yeux vers le toit de l'autre voiture.

« Vous envisagez de faire la même chose ? » Sourit Emma.

« Non, je ne grimperai pas là-haut, » déclara-t-elle en s'asseyant avec un petit bond sur le capot de sa voiture.

La blonde se recoucha. « Comme vous voudrez. »

Après l'histoire d'Emma sur les constellations, la brune, fascinée par ses histoires, avait fait des recherches pour en savoir plus sur ses mythes et légendes. Elle chercha Orion, trouva facilement la Grande Ourse et grogna de frustration quand elle ne trouva pas Cassiopée.

Pendant des heures, elles restèrent assises en silence à contempler les étoiles. Regina finit par se détourner de sa contemplation et remarqua qu'Emma s'était endormie sur le toit de sa voiture. La blonde, couchée sur le flanc face à elle, avait ramené ses genoux contre sa poitrine et se servait de son horrible veste en cuir rouge comme couverture.

Pendant combien de temps était-elle restée là à contempler Emma en train de dormir ?

Elle n'en savait rien mais finit par sortir de sa contemplation et descendit du capot de sa voiture. Elle déplaça de quelques mètres sa Mercedes avant de redescendre de celle-ci. Elle ramassa quelques cailloux sur le bord de la route et laissa un message à l'attention de la blonde près de la ligne. Une fois cela fait, elle essuya rapidement ses mains et reprit la route pour Boston laissant la Sheriff dormir en espérant que celle-ci verrait son message à son réveil.

Merci.

« Je voudrais vous montrer quelque chose ? »

« Vraiment ? »

Les deux femmes étaient allongées sur le sol avant que Regina ne se redresse et ne fouille dans son sac. Elle en sortit une toile de 8x11 qu'elle retourna et tendit vers Emma.

« Vous avez peint ça ? » Demanda Emma en levant la main vers la toile, une longue route sinueuse qui, au loin, se séparait en deux, y était peinte. Réalisant son erreur à temps, elle ramena tristement sa main vers elle. « C'est magnifique. »

« Merci, » murmura Regina avec un soupçon de fierté dans la voix. Elle s'assit plus confortablement et tira une autre toile vers elle. « En voici une autre. »

Celle-ci représentait un pré remplit de fleurs sauvages de toutes les couleurs. Cette fois-ci, Emma ne put retenir son geste et elle tendit la main vers une jonquille particulièrement belle peinte au premier plan. Mais, une fois de plus, une décharge de magie la repoussa au loin.

« Emma ! » Cria Regina en se relevant. Elle fit un mouvement pour rejoindre la blonde mais le bourdonnement de la barrière magique lui rappela qu'elle risquait de subir le même sort que la blonde. « Emma ! »

La blonde gémit en se relevant lentement. « Je vais bien. Stupide réflexe. »

La brune secoua la tête. « Comment pouvez-vous vous faire encore avoir ? »

Emma boita jusqu'à la ligne. « Je voulais voir, faut pas m'en vouloir. » Doucement, Emma leva la main vers la barrière magique. Elle grimaça quand elle la sentit vibrer sous sa main. « Merde. »

« Peut-être qu'un jour votre magie sera suffisamment puissante pour briser le sort, » plaisanta Regina.

Leurs yeux se rencontrèrent.

« Un jour. »

« Vous avez apporté une lampe torche ? »

« Oui, mais je n'en vois toujours pas l'intérêt. »

Emma se rapprocha de Regina, sa propre lampe torche dans la main. Elle tourna le faisceau de sa lampe vers la forêt. « J'ai pensé que nous pourrions aller faire une petite balade. La route commence à me faire mal au dos. »

La brune, un air surpris sur le visage, pencha la tête sur le côté et fixa Emma avant de détourner le regard vers la forêt sombre de Storybrooke qui s'étendait autour d'elle. Elle souffla quand Emma s'élança à travers les arbres tout en longeant la ligne sans attendre de réponse. Soupirant une nouvelle fois, Regina la rattrapa et mêla la lueur de sa lampe à celle d'Emma, créant ainsi suffisamment de lumière pour qu'elle puisse se déplacer sans danger.

Emma, qui avait ramassé un vieux bout de bois avant d'entrer dans la forêt, le laissait glisser sur le sol derrière elle, étendant ainsi la frontière peinte en orange. Seuls le bruissement des arbres et du le son de leurs pas sur les feuilles mortes virent briser le silence de la nuit.

« Je ne porte pas les bonnes chaussures pour ce genre d'expédition, » déplora Regina en constatant que sa paire de talons était fichue.

« Pourquoi est-ce que vous portez des talons aussi ? Vous peignez, vous n'êtes pas censée avoir de la peinture sur tous vos vêtements et ne pas avoir un rond ? » Taquina Emma.

Regina la foudroya du regard alors qu'elles arrivaient dans une petite clairière. « Pourquoi avez-vous voulu faire cette promenade ? »

« Il n'y a personne pour vous entendre crier ici, » sourit la blonde. Elle rit mais se stoppa bien vite quand elle remarqua que Regina était sur le point de faire demi-tour. « Allez, c'est sympa. »

Se mordant la lèvre, la brune céda et elles continuèrent leur marche dans les bois en parlant de tout et de rien.

« Je pensais, » commença Emma alors qu'elles retournaient tranquillement vers la route.

« Hmm ? »

La Sheriff s'arrêta et creusa la boue avec la pointe de sa botte. « Je pensais que, peut-être, on aurait pu se revoir demain. »

Regina fronça les sourcils de confusion, refusant de comprendre ce que les paroles d'Emma pouvaient impliquer. La seule conclusion qui lui vint à l'esprit lui fit arquer les sourcils. « Comme un rendez-vous ? »

Emma tourna rapidement la tête les yeux écarquillés. « Quoi ? Non - Je veux dire, attendez ? Vous seriez d'accord ? J'allais vous proposer autre chose, mais oui ? »

Regina rougit furieusement et fut reconnaissante envers l'obscurité de la forêt qui masquait son état. « Qu'alliez-vous demander ? »

« Je voulais que nous nous retrouvions ici pendant la journée. J'aurai une surprise pour vous, » répondit Emma.

Il était clair qu'aucune d'entre elles ne voulut revenir sur leur quiproquo, ni réaliser combien elles en auraient eu envie toutes les deux.

Regina acquiesça. « Je serai là. »

A midi le lendemain, Regina, un peu nerveuse, conduisit jusqu'à la limite de la ville. C'était la première fois qu'elle retrouvait Emma en plein jour et bien qu'elle soit toujours présentable, ses 'habits de jour' la mettaient mal à l'aise.

Aussitôt qu'elle s'arrêta, elle vit Emma appuyée contre sa voiture de patrouille et elle haleta quand la porte du côté passager s'ouvrit et que son petit garçon - plus si petit que ça - sortit de la voiture. Immobile, elle prit le temps de détailler son fils de maintenant treize ans. Il avait grandi d'au moins trente centimètres et semblait être en pleine puberté, les quelques boutons sur son visage en attestaient. Précipitamment, elle sortit de sa voiture.

« Maman ? » Sa voix commençait à muer mais il restait son petit garçon.

Elle fit quelques pas hésitants vers lui. Bien que leur relation ait grandi au téléphone ou à travers leurs lettres, elle ne l'avait pas vu d'aussi près depuis presque deux ans. « Henry ? »

Le petit garçon s'élança en courant et Emma eut tout juste le temps de lui crier de faire attention. Il se stoppa le plus près possible de la ligne et offrit un grand sourire à Regina qui s'approchait lentement de lui les yeux pleins de larmes. « Tu m'as manqué. »

La brune essuya rapidement ses yeux et rit joyeusement. « Tu m'as manqué aussi. »

« Merci, » chuchota Regina lorsqu'elles se retrouvèrent, Emma et elle, le soir-même, toutes les deux allongées sur le sol. Aucune des deux n'avoueraient jamais que d'être couché là à côté de l'autre était leur position favorite. « Je ne pourrais jamais te remercier assez pour ça. »

La brune et son fils avaient passé des heures à discuter des combats d'épée d'Henry, de ses promenades à cheval - Regina lui avait prodigué mille conseils que Henry avait écouté attentivement - des cours, de ses devoirs, de tout. Emma avait même évoqué Paige et aussitôt Henry s'était tu, les oreilles rougissantes. Regina avait tenté de gronder la blonde mais cela n'avait fait que renforcer son rire.

« Tu pourrais me montrer d'autres tableaux, » sourit Emma en regardant Regina. La brune lui renvoya un sourire plein de larmes avant de détourner son regard vers le ciel et d'écouter attentivement les histoires de la blonde sur les mythes et légendes grecs.

Si Regina avait fait attention à leur position, elle aurait vu Emma rapprocher sa main de la sienne avant qu'un petit choc ne la fasse reculer. Si Emma n'avait pas eu le regard tourné vers les étoiles, elle aurait vu la nouvelle émotion qui illuminait les yeux de Regina, identique à celle qui avait disparu en même temps que Daniel.

« J'ai travaillé ma magie. »

« J'ai travaillé mon art. »

La brune et la blonde étaient assises de part et d'autre de la ligne, aussi près que possible l'une de l'autre. Regina pouvait presque sentir la chaleur qui se dégageait du corps de la blonde. La douceur des nuits d'été revenue, Emma avait ressorti ses débardeurs et ses slims alors que la brune s'était contentée - pour le plus grand bonheur de la blonde – d'un simple tee-shirt, d'un jean très coûteux et d'une paire de bottes en cuir. Même habillée simplement, la brune ressemblait à une gravure de mode.

« Toi d'abord, » indiqua Emma.

Regina se mordit la lèvre et manqua le sourire ravi d'Emma devant ce simple geste. Elle attrapa rapidement son sac et en sortit un carnet à croquis. Elle le tint serré contre sa poitrine avant de pointer un doigt menaçant vers Emma. « Tu ne dis rien. »

Intriguée, Emma haussa les sourcils. « Okay. »

Se mordant à nouveau la lèvre, Regina feuilleta rapidement son carnet. Des dizaines de paysages esquissés défilèrent avant qu'elle ne s'arrête sur son dernier dessin. Elle garda son carnet ouvert sur ses genoux, forçant la blonde à se pencher en avant. Leurs têtes se touchaient presque quand Emma pencha la tête sur le côté pour mieux discerner le dessin.

Ce n'était pas un paysage. C'était elle, Emma.

Regina retint son souffle et observa Emma étudier le portrait qu'elle avait fait d'elle regardant par une fenêtre la ville de Boston. Si la blonde n'avait pas su qu'il lui était impossible de quitter Storybrooke elle aurait juré qu'elle avait posé pour Regina.

« Wow, » soupira Emma. « C'est magnifique. »

Regina releva la tête les yeux pleins d'espoir vers le visage souriant de la blonde. « Je pourrais- Non, oublie. »

« Tu pourrais quoi ? » Demanda Regina en se penchant vers l'avant.

Emma la regarda tristement avant de détourner le regard vers la ligne orange peinte entre elles. « J'allais te demandais si je pouvais le garder. »

« Oh, » souffla Regina en regardant à son tour la ligne qui les séparait. Elle replongea à nouveau son regard dans celui d'Emma. « Oui, tu peux. »

La blonde sourit. « Merci. »

Regina rougit et posa son carnet à côté d'elle quand elle entendit la blonde se racler la gorge.

« Je peux essayer quelque chose ? »

Regina acquiesça.

Emma se redressa sur ses genoux et s'approcha si près de la ligne que la barrière se mit à bourdonner. Elle fit signe du doigt à Regina de se relever et de l'imiter. Méfiante, la brune s'installa et elles ne furent plus qu'à quelques centimètres l'une de l'autre. La blonde leva la main et elle sentit le picotement de la magie courir à travers son corps quand elle la posa contre la barrière.

Emma n'eut pas besoin de parler. Doucement et prudemment, Regina plaça sa main contre celle de la blonde, se préparant à être violemment repoussé en arrière. Mais rien ne se passa. Pour la première fois en plus de deux ans, Regina sentit la main d'Emma contre la sienne, bien qu'il reste encore une fine couche de magie entre elle, pas très agréable mais inoffensive.

Les deux femmes regardèrent leurs paumes se toucher les yeux écarquillés, leurs respirations s'accélérèrent quand elles sentirent l'autre sur leurs doigts, quand elles sentirent la chaleur que l'autre dégageait. « Eh bien, » chuchota Regina à bout de souffle et stupéfaite.

Leurs mains se touchèrent bien plus longtemps que nécessaire mais aucune des deux ne s'en soucia. Regina reporta son regard sur Emma après qu'elles se soient séparées. Elle remarqua que le regard de la blonde s'attarda sur ses lèvres avant que ses yeux verts ne plongent dans les siens.

La brune déglutit. « Je peux essayer quelque chose ? »

Emma acquiesça.

Lentement, prudemment, comme si elles étaient attirées l'une par l'autre comme des aimants, elles penchèrent leur tête vers l'avant, rapprochant leurs lèvres de plus en plus. Plus elles se rapprochaient l'une de l'autre et plus elles sentaient le souffle chaud de l'autre.

Presque.

Le choc électrique qui les envoya voler plus mètres en arrière leur arracha un cri à toutes les deux. Emma, maintenant habituée à ce genre de choc, fut la première à se relever, elle examina rapidement ses bras râpés avant de se précipiter vers la frontière où Regina venait à peine de se relever. « Regina ! »

A peine la brune s'était-elle relevée que la tristesse et la vulnérabilité dans ses yeux disparut, immédiatement remplacée par la colère. Emma remarqua les mains écorchées et pleine de sang de la brune. Regina serra les poings et sa mâchoire se raidit. « Je crois que je vais y aller. »

Emma la rappela avant qu'elle n'ai le temps de se retourner. « Regina ! »

Luttant contre elle-même, Regina finit par se retourner et elle aperçut le regret dans les yeux de la blonde qui continuait de fixer la ligne orange peinte sur le sol. Emma reposa simplement sa main contre la barrière magique. Sans hésitation, Regina s'avança vers la ligne et déposa sa main contre celle d'Emma. A nouveau, la magie bourdonna entre leurs mains mais, une fois encore, elles sentirent la chaleur de l'autre contre leur paume et le sentiment d'être seule diminua.

Emma regarda Regina fixer leurs mains jointes, elle voulut entrelacer leurs doigts mais elle savait que cela les projetterait à nouveau en arrière. Emma plongea ses yeux dans ceux de la brune et elle put y lire le même désespoir et la même tristesse que celle qui l'habitait.

« Un jour. »


NdT : Si vous avez des remarques, des questions ou des idées pour m'aider à m'améliorer, surtout n'hésité pas. Sinon, vous pouvez juste me laisser vos impressions ! (Quels soit bonnes ou mauvaise, que se soit juste un mot ou roman, un bonjour ou un merci, ...)

A la semaine prochaine ! :)

PS : Je recherche quelqu'un qui aurait déjà lu l'histoire original et qui accepterait de relire les deux chapitres suivant (et même celui-ci) pour m'aider à corriger mes fautes, mes erreurs de compréhensions et mes lourdeurs. Des intéressés ?