Disclaimer : Rien ne m'appartient. Les personnages sont à ABC et l'histoire originale à Hunnyfresh (Lien vers l'histoire original sur mon profil.)

NdT : Et voilà ! C'est déjà le dernier chapitre... Oui, je sais, moi aussi je suis triste. J'ai vraiment été très heureuse de partager cette - courte - aventure avec vous et j'espère que vous avez pris plaisir à me suivre. Je remercie une nouvelle fois mes deux correctrices - EvilQueen3381 et Swan33 - qui me aidé à finaliser ce chapitre et le rendre encore plus beau ! Merci )

Cette histoire est vraiment magnifique et même si j'ai essayé au maximum de lui rester fidèle, elle ne le saura jamais autant que l'originale ! Donc, je ne peux que vous conseillez d'aller la lire en anglais (le lien est sur mon profil pour ceux qui ne voudraient pas chercher !)

Bonne lecture.

RaR : J'aimerais remercier tous les anonymes qui ont pris le temps de laisser un petit mot, c'était vraiment très gentil de votre part et chacune de vos review m'a touché et fais énormément plaisir. Je dois même avouer que dans toutes les reviews que j'ai reçu, certaines m'on fait pleurer, mais chut, c'est un secret !;) Il en va de même pour tous ceux que j'ai déjà remerciés ! Vous êtes vraiment des gens géniaux et je ne regrette pas du tout de mettre lancé dans cette traduction ! MERCI A TOUS ! :D


A Fine Line
[TRADUCTION de Hunnyfresh]

Après l'exil de Regina, la petite ville de Storybrooke devient protégée une fois de plus par un enchantement qui empêche quiconque de sortir ou d'entrer à Storybrooke. Emma et Regina se retrouvent au bord de la ville, souhaitant chacune un moyen de passer de l'autre côté.

- SwanQueen.

CHAPITRE 3

Snow, Charming, Emma et la Feu Bleue étaient assis autour d'une grande table dans la salle de conférence de l'hôtel de ville. Presque toute la ville était entassée dans la pièce pendant que la famille royale fixait l'Evil Queen qui se tenait debout devant eux en attendant son jugement.

« Regina, » gronda la voix de Charming, mettant ainsi fin à toutes les discussions. « Les crimes que tu as commis dans la Forêt Enchantée et dans cette ville ne peuvent être excusés. »

Un murmure d'accord parcourut la foule.

« Mais l'aide que tu nous a apportée dans la capture de Rumpelstiltskin en lui retirant toute magie est un acte que nous ne pouvons pas oublier malgré tout. »

« Bannissement. » Snow parla doucement comme si elle était en train de faire une immense faveur à la brune. « Tu ne reviendras jamais à Storybrooke. »

Regina ouvrit la bouche. Elle s'attendait à pire mais, bien vite, la réalité de la situation s'insinua dans son esprit et lui glaça le sang.

« Tous le monde est d'accord ? » Snow leva la main et fut presque immédiatement suivie par Charming et la Feu Bleue. Tous trois fixèrent Emma, qui dévisageait la brune, avant de lever doucement la main.

« C'est décidé. »

« Je suis désolée. »

« Pour quoi ? »

Emma regarda timidement Regina. « De t'avoir bannie. »

La brune haussa les épaules. « Je m'en fiche. »

« Même- »

« C'est arrivé, Emma, » dit doucement mais fermement Regina. « Je suis l'Evil Queen, tu es la Sauveuse. En plus, je te détestais toujours à l'époque. »

« Je commence à repenser ma définition de 'méchante', » sourit Emma tout en se penchant en arrière avant de se redresser rapidement en sifflant quand elle s'appuya sur ses mains toutes éraflées.

« Ça fait mal ? » Chuchota la brune en fixant le front bandé, les joues et le nez éraflés de la blonde. Regina soupira en pensant que ce n'était que le visage, elle savait que si Emma retirait sa veste, elle pourrait voir de nombreuses coupures et contusions sur le ventre de la blonde.

Emma secoua simplement la tête. « Pas vraiment. »

« Ne me mens pas. »

« J'ai connu pire, » admit Emma. « Mais ça va guérir. »

Les yeux bruns de la brune se voilèrent au souvenir d'Emma se jetant de son plein gré contre la barrière et elle secoua la tête pour s'éclaircir l'esprit. « Si ta mère te trouve ici- »

« Qu'est-ce qu'elle pourrait faire de pire que ça ? »

Elles restèrent silencieuses alors que les nuages tourbillonnaient d'un air menaçant au-dessus de leur tête. Regina leva les yeux vers le ciel puis les plissa en apercevant les nuages noirs. Après quelques secondes, elle sentit une goutte tomber sur son nez qu'elle essuya rapidement avant de reporter son regard sur Emma qui observait chacun de ses mouvements.

Une soudaine et violente averse s'abattit sur elles les trempant de son eau tiède. Regina poussa un petit cri et se releva précipitamment avant de se servir de sa couverture comme protection et de se diriger rapidement vers les gros arbres qui bordaient la route pour se mettre à l'abri.

Emma, elle, se contenta de sourire avant de se recoucher sur la route et de laisser la pluie laver ses blessures. Elle rit quand elle sentit de grosses gouttes d'eau attaquer son visage et tremper son débardeur.

« Tu vas tomber malade, » cria Regina par-dessus le bruit de la pluie.

« Tombe malade avec moi. »

Sur cette demande, Regina la foudroya du regard, mais quand elle vit qu'Emma n'avait pas l'intention de bouger, elle soupira avant d'abandonner sa couverture. Elle marcha lentement le long de la ligne et s'installa au côté d'Emma.

Emma tourna la tête, ses cheveux blonds dégoulinant et collant aux bandages sur son front, pour rire de la brune qui peinait à rester là, luttant contre l'envie pressante de se mettre à l'abri. Emma tendit lentement sa main vers la barrière comme pour remettre en place les quelques mèches de cheveux qui s'étaient égarées devant les yeux de la brune.

Regina, les yeux brillants, suivit le mouvement de la blonde le sourire aux lèvres alors qu'autour d'elles la tempête continuait de se déchaîner.

« Un cidre pomme caramel épices. » Le barman tendit sa commande à Regina et l'observa attentivement quand elle soupira en voyant qu'il avait encore laissé son numéro sur le bord du gobelet.

Elle récupéra sa boisson, lécha le sommet de la crème avant de regarder l'heure et de voir qu'il était encore trop tôt pour partir. Elle décida donc de s'installer dans un coin du café pour lire.

Le rush de l'après-midi venait de se terminer quand la brune finit son verre. C'était sa chance. Sous couvert de passer le balai près de la brune, il s'attarda à ses côtés avant de capter son regard d'un sourire.

« J'ai remarqué que vous veniez souvent ici, » dit-il en lui tendant la main. « Jason. »

La brune regarda plus longtemps que nécessaire la main tendue du jeune homme qui devenait mal à l'aise avant de la serrer brièvement.

« Regina, c'est ça ? »

Elle souleva son gobelet et lui montra son prénom qu'il avait clairement écrit sur le côté. « C'est exact. »

Il rit en prenant place en face d'elle et elle dut se mordre la joue pour ne pas le réprimander d'être aussi confiant.

« Je sais que c'est la façon la moins romantique d'inviter une femme à sortir, » il fit un geste maladroit vers son numéro écrit sur le gobelet, « mais je me demandais si vous aimeriez faire quelque chose vendredi soir ? »

Sa main vint se placer sur son bras, lourde et chaude, c'était quelque chose qu'elle pouvait sentir. Elle inspira profondément en fixant cette main sur son bras. Elle n'arrivait pas à se souvenir de la dernière fois qu'elle avait eu un contact physique avec quelqu'un. Son front se plissa à cette pensée. La dernière fois ? C'était il y a trois ans, quand elle avait serré Henry dans ses bras pour lui dire au revoir. Cela faisait-il vraiment aussi longtemps ?

Dans chacun des contacts qu'elle avait partagés avec Emma, il y avait toujours eu une mince couche de magie qui continuait de les séparer. Et elle ne savait pas si la chaleur qu'elle ressentait lors de leurs contacts était due à la blonde ou à la magie qui réagissait à leur présence, mais là, cette main sur son avant-bras, elle pouvait la sentir.

Mais ce n'était pas la même chose. Même pas un tant soit peu.

Il se rapprocha d'elle, ses fossettes se dessinant quand il l'encouragea d'un sourire. « Qu'en dites-vous ? »

Dans n'importe quelles autres circonstances, Regina l'aurait déjà presque mit dans son lit à ce moment-là, mais les choses étaient différentes maintenant. Elle était différente.

Elle retira brusquement son bras et ramassa son livre. « Non. »

Elle se leva et ramassa rapidement ses affaires avant d'enfiler son manteau.

Il se tourna sur son siège pour la suivre du regard alors qu'elle se dirigeait vers la sortie. « Vous avez un petit ami ou quelque chose comme ça ? »

Un petit sourire se dessina sur son visage quand elle ouvrit la porte. « J'ai une petite amie. »

Emma détestait tout le monde. Chaque habitant de cette ville. Tout le monde sauf Henry. Et Regina ? Et bien, elle n'était pas dans la ville, n'est-ce pas ?

Aujourd'hui était le Jour de la Libération de Storybrooke, un jour férié où ils commémoraient le fait d'avoir été libérés et débarrassés de tous les méchants.

Emma renifla. Ce jour était juste un rappel cruel du jour où ils avaient lancé ce sort qui la gardait prisonnière de cette ville. C'était aussi un rappel de ce jour il y a trois ans où elle avait regardé les feux arrière de la voiture de Regina s'éloigner peu à peu de la ville. Cette journée était merdique et tous les gens qui pensaient qu'ils avaient eu une bonne idée l'étaient aussi.

Appuyée contre sa voiture de patrouille, elle regardait tous ces gens avec leurs cierges qui félicitaient ses parents pour leurs actions, pour cette nouvelle année de paix et de prospérité. Elle grogna avant de se décoller de sa voiture et de se mettre à la recherche de Leroy pour lui confisquer le pack de bière qu'il avait sûrement amené avec lui.

Le trouver n'était pas difficile. Il avait tendance à rester avec les autres nains et à proximité du stand où les sœurs vendaient leurs bougies pour pouvoir échanger à sa guise des regards avec Astrid. Plus d'une fois, elle avait voulu les pousser l'un vers l'autre pour les mettre ensemble parce qu'après tout, rien ne les empêchait de l'être.

Avec une simple menace qu'Astrid n'approuverait pas sa conduite contraire aux bonnes mœurs, Leroy lui remit son pack de bière. Elle s'éloigna rapidement du nain et retourna vers sa voiture en buvant l'une des six bouteilles de bières qu'elle venait de récupérer.

La Sheriff était assise sur le capot de sa voiture de patrouille, elle avait déjà bu trois des six bières qu'elle avait confisquées et les bouteilles gisaient à ses pieds. Elle en avait entamé une quatrième quelques minutes auparavant et elle la tenait fermement entre ses mains.

Les feux d'artifices derrière elle étaient ennuyeux. Les rires qui montaient de la place de la ville et qui résonnaient tout le long du chemin jusqu'à la ligne étaient énervants. Cette ligne orange peinte sur le sol et qui semblait détenir le plus de pouvoir sur sa vie était stupide.

Elle essuya sa bouche sur le revers de sa manche avant de se laisser glisser sur le sol et de se diriger vers la ligne. Levant sa main vers la barrière, elle invoqua sa magie. Fonctionne, putain.

Elle la sentait. Cette énergie pure et familière qui courait dans ses veines. Elle est là. Elle dirigea toute cette énergie vers la paume de sa main et un éclair de lumière blanche en sortit. Il alla frapper la barrière avant de rebondir contre celle-ci et se séparer en une multitude de petits éclairs qui partirent dans toutes les directions.

« Merde ! » Cria-t-elle en regardant le ciel et en passant nerveusement une main dans ses cheveux. Elle se tourna brusquement et avec colère vers la barrière comme s'il s'agissait d'un adversaire tangible. « Pourquoi ça ne marche pas ?! »

Elle jeta violemment sa bouteille contre la barrière et se tourna rapidement pour protéger son visage quand la bouteille explosa au contact de celle-ci et qu'un nuage de bière et de verre se répandait sur le sol. Elle tenta de garder la tête haute malgré ses yeux plein de larmes quand elle remarqua qu'il n'y avait aucun bout de verre de l'autre côté de la ligne.

Incrédule, elle secoua la tête avant de s'éloigner de la ligne et de se chuchoter pour elle-même : « T'es sérieuse là ? »

Elle ramassa les bouteilles qui trainaient près de sa voiture et, une par une, les jeta contre la barrière se détournant à chaque fois pour éviter les bris de verre qui venaient atterrir à ses pieds. Elle était tellement concentrée sur sa tache qu'elle faillit ne pas voir la Mercedes de Regina se garer sur le bas-côté quand elle lança sa dernière bouteille.

Regina se précipita hors de sa voiture et ne prit même pas le temps de fermer sa portière quand elle entendit Emma hurler et la vit donner des coups de pied dans le pare choc de sa voiture jusqu'à ce que celui-ci soit de travers.

« Emma, » appela la brune d'un ton apaisant. Elle remarqua les bris de verre de l'autre côté de la ligne et l'odeur de bière qui flottait dans l'air mais elle ne dit rien. Elle observa pendant quelques instants la blonde frapper sa voiture avant d'essayer à nouveau. « Emma, regarde-moi. »

Elle se retourna enfin.

« Tu vas bien, » dit-elle pour la réconforter.

La blonde grogna avant de donner un coup de pied dans un petit tas d'éclats de verre qui traînaient sur le sol, elle grogna à nouveau quand certains allèrent rebondir sur la barrière et revinrent rapidement vers elle. « Je ne vais pas bien, Regina. Bien au contraire. »

« Viens, » la brune tendit la main vers Emma comme si celle-ci pouvait la prendre. « Marchons un peu. »

« J'ai pas envie, » marmonna puérilement la blonde.

« Comme tu voudras. » Regina commença à marcher vers la forêt, la lueur lointaine des feux d'artifice éclairant d'une douce lueur colorée les arbres et son chemin. Elle fut soulagée d'entendre le bruissement puis le pas lourd et les marmonnements de la blonde derrière elle. En quelques enjambées, Emma la rattrapa.

Elles ne parlèrent pas jusqu'à ce qu'elles atteignent une clairière d'où l'on pouvait apercevoir la petite ville au loin derrière Emma, elles pouvaient entendre le murmure de la foule et apercevoir les feux d'artifice qui illuminaient le ciel. Emma avait découvert cet endroit quelques mois auparavant et elle tenait absolument à le montrer à Regina. C'était la première fois que celle-ci revoyait la ville d'aussi près depuis son exil.

« Joyeux Jour de la Libération, » déclara sèchement Regina en prenant place sur un rocher près de la frontière.

« Non, » Emma leva sa main pour l'interrompre. « C'est le pire jour férié qui soit. »

« Tu n'as pas pris ta journée, Sheriff ? » Plaisanta la brune.

Emma observa Regina qui paraissait si insouciante avant de reporter son regard sur la ville. « Je ne comprends pas comment ils peuvent être aussi heureux. »

« Moi si, » murmura Regina en regardant les feux d'artifice monter dans le ciel et l'illuminer de rouge et de violet.

La blonde se laissa tomber près de Regina et leurs regards se portèrent vers la petite ville.

« C'est pour la même raison qu'ils étaient tous si heureux dans la Forêt Enchantée, » expliqua la brune. « Si tu avais tout ce dont tu as besoin, tout le monde, tu serais heureuse aussi. »

Elle évita le regard d'Emma quand la blonde tourna la tête vers elle pour étudier ce qu'elle venait de dire. Les paroles de l'ancienne maire la secouèrent. Elles s'insinuèrent en elle et laissèrent leur empreinte partout où elles passèrent, elles traversèrent rapidement son esprit avant de venir se loger directement dans son cœur.

Elle soupira, calmant les frustrations qui venaient de la gagner et murmura la voix pleine de regret. « Je ne sais pas comment briser le sort. »

Regina tourna la tête vers la blonde quand elle continua. « J'ai cherché des sorts pour briser la barrière et Blue m'a dit que c'était impossible mais je suis sûre que c'est des conneries. Je deviens plus puissante, je le sens mais- »

« Tu n'as pas à la briser. »

Les yeux d'Emma s'écarquillèrent et elle s'imagina immédiatement le pire des scénarios. Regina ne reviendrait pas.

La brune, malgré ses yeux pleins de larmes, lui sourit pour tenter d'apaiser ses craintes. « Nous le ferons. »

« Quoi ? » S'exclama-t-elle bien qu'une immense vague de soulagement la parcourut.

Regina haussa rapidement les épaules avant de reporter son regard sur les feux d'artifice qui illuminaient toujours le ciel, un sourire espiègle étirant ses lèvres.

« Donc, nous allons juste construire une maison de chaque côté de la ligne ? » Demanda la blonde avec un sourire narquois.

« Cela stoppera chacune de tes tentatives maladroites de me demander d'emménager avec toi, » répliqua la brune en continuant de plaisanter.

« Je pourrais être créative. »

« Comme Chez Forêt ? »

« Tu as aimé ça, » souligna Emma.

« C'était seulement parce que tu étais là. »

Le visage de Regina resta stoïque quand elle prononça ses paroles mais Emma releva rapidement la tête et la fixa juste pour s'assurer qu'elle avait bien entendu. Elle sourit et laissa les rires et les applaudissements de la foule envahir l'air entre elles quand les derniers feux d'artifice moururent dans le ciel. Leurs mains étaient aussi proches que possible de la barrière, leur petit doigt cherchant inlassablement à se trouver.

Elle n'avait pas grand chose, Emma l'avait toujours su. Elle n'avait jamais été la gamine la plus riche, la plus intelligente ou la plus jolie, mais il y avait Regina, une personne qu'elle aurait normalement évitée toute sa vie parce qu'elle n'avait pas grandi dans le même monde, mais qui lui disait que sa simple présence était suffisante. Ouais, Emma avait décidé d'accepter son sort, elle avait tout le monde dont elle avait besoin dans sa vie.

« Tu sais quel jour on est ? »

« Le 23, » répondit Regina sans lever les yeux de son carnet à dessin. Elle s'était retrouvée à griffonner distraitement une petite cabane dans des bois pendant qu'elle était au café.

« Sans doute, mais ce n'est pas ce que je voulais dire. »

« Qu'est-ce que tu voulais dire alors ? »

« Je crois que ça fait plus d'un an, » expliqua Emma qui était une nouvelle fois couchée sur le sol.

« Depuis ? »

« La première nuit. »

Regina leva finalement les yeux de son carnet à dessin et chercha mentalement à quand remontait leur premier rendez-vous avant de se rendre compte que la blonde avait raison. « Ca va bientôt faire deux ans. »

Emma se mit à rire. « Je suis nulle pour me souvenir des dates d'anniversaire. » Elle se tourna vers la brune et haussa un sourcil de manière suggestive. « Je me rattraperai ne t'en fais pas. »

« Ah oui ? » Regina sourit d'un air satisfait avant de baisser la voix d'une octave faisant déglutir la blonde en face d'elle et fut reconnaissante qu'une barrière les sépare. « A quoi tu penses ? »

La blonde secoua la tête pour reprendre ses esprits avant de s'asseoir et de poser ses bras sur ses genoux. « Eh bien, tout d'abord, je t'emmènerai dans le meilleur restaurant que je puisse te payer puis nous danserons sous le clair de lune avant de faire une longue promenade sur la plage et tout plein d'autres choses amusantes. »

La brune renifla mais laissa Emma continuer. « Ensuite, nous rentrerons à la maison, sûrement une tente dans les bois- »

« Un chalet, » rectifia Regina.

« Un chalet dans les bois, il y aurait des pétales de rose partout, des bougies et tout le tralala. »

« Mmmh, » sourit la brune amusée par l'imagination de la blonde.

« Et nous nous endormirions sur le canapé devant un bon feu. » Le regard d'Emma était lointain, très lointain, elle imagina tout ce qu'elle venait de décrire avant de murmurer le dernier mot. « Ensemble. »

Regina baissa les yeux sur son dessin avant de les fermer quand les larmes troublèrent tellement sa vision qu'elle n'arriva plus à distinguer clairement la cabane qu'elle venait de finir de dessiner.

« Joyeux anniversaire, » murmura Emma, dressée sur ses genoux et ses mains appuyées contre la barrière.

La brune rit tristement. « Tu as raté notre premier. »

« Je dormirai sur le canapé. »

Regina se rapprocha de la ligne, appuyant ses paumes contre celles d'Emma. C'était comme si la barrière n'était plus là. Elle haleta. « Tu deviens plus forte. »

Emma hocha la tête, ses yeux légèrement voilés par le conflit interne qui régnait dans sa tête.

« Viens plus près, » chuchota la blonde en fixant Regina, ses yeux brillant d'une nouvelle détermination.

Sans poser la moindre question, la brune se pencha vers l'avant, sa tête droit vers la barrière et la magie crépita doucement près de son visage pour l'avertir de faire demi-tour.

« Attention, » s'exclama rapidement Emma quand Regina se rapprocha un peu trop vite à son goût. « Ne bouge pas, d'accord ? »

Les yeux bruns de Regina brillèrent d'approbation et elle resta parfaitement immobile. Emma leva sa main au niveau du visage de la brune, ferma les yeux et concentra toute sa magie dans la paume de sa main. Elle la sentit sortir doucement et former une mince couche blanche entre sa main et la barrière. Son cœur s'accéléra sous l'anticipation. Elle devait essayer encore une fois. Juste encore une fois et elle accepterait qu'elle ne pourrait peut-être jamais passer ses bras autour du cou de Regina pour l'attirer plus près d'elle dans leur sommeil.

Juste encore une fois.

Emma pencha sa tête vers l'avant et sentit les courtes et rapides respirations de Regina contre ses joues.

« Viens un peu plus près, » demanda prudemment Emma avant de lui demander de s'arrêter quand elle ne fut plus qu'à un centimètre de la barrière.

Leurs nez se touchaient presque et Regina ferma les yeux, se préparant à l'impact.

« Je suis désolée si ça fait mal, » chuchota Emma, alors qu'elle aurait pu jurer avoir senti les lèvres de Regina contre sa langue quand elle parla.

« Emma, » souffla Regina. « Tais-toi. »

La blonde franchit les derniers centimètres qui les séparaient, son cœur battant la chamade dans ses oreilles, elle ferma les yeux et attendit le choc de magie qui les séparerait.

Il ne vint pas.

Au lieu de ça, elle sentit les lèvres humides et chaudes de Regina pressées fermement et parfaitement contre les siennes.

Cela leur parut si extraordinaire qu'elles ouvrirent brusquement les yeux pour s'assurer qu'elles n'étaient pas en train de rêver, qu'elles étaient bel et bien en train de s'embrasser.

Satisfaites de leur découverte et pas pressées d'y mettre fin à cause d'un faux mouvement, elles refermèrent les yeux et profitèrent de sentir leurs lèvres l'une contre l'autre pour la première fois.

Cependant, ce moment fut écourté quand la magie de la barrière sembla se réveiller et qu'elle les força à se séparer.

La brune pressa alors ses doigts contre ses lèvres, encore étonnée de se qu'il venait de se passer. Elle avait embrassé Emma.

La blonde paraissait tout aussi étonnée et elle ne cessait de fixer la paume de sa main qui avait servi de protection momentanée contre la magie de la barrière alors qu'un immense sourire étirait ses lèvres. Enfin.

Comme si elle était attirée par la blonde, Regina releva la tête juste à temps pour voir le regard plein d'espoir que lui lança Emma. Après les progrès fulgurants qu'elles venaient de faire, elles se rapprochèrent à nouveau de la ligne et se penchèrent doucement l'une vers l'autre, en voulant plus.

Mais avant que leurs lèvres n'aient pu se toucher une nouvelle fois, une violente vague de magie les sépara et les envoya voler en arrière.

La bouche de la blonde resta grande ouverte alors qu'elle jetait des regards confus autour d'elle. « Non, je- je pensais que ça avait fonctionné. »

Regina se releva la première et essuya d'un rapide geste de la main le gravier collé contre son jeans. Son cœur s'était serré dès que son dos était entré violemment en contact avec la route. Pendant un moment, elle avait cru que leur baiser aurait été suffisant. Qu'il aurait suffi pour faire revenir sa magie et briser ce maudit sort. Elle s'en voulut d'avoir été si naïve.

« C'est bon, Emma, » sa voix était rauque, un mélange d'espoir perdu et de réconfort. « Ça a fonctionné. »

« Regina. » Emma se releva enfin, courut jusqu'à la ligne et sentit que la barrière était toujours en place.

« Il commence à se faire tard. » Emma ne put ignorer les sanglots dans la voix de la brune avant que celle-ci ne se tourne vers elle et ne lui offre un sourire triste. « On se reverra demain. »

Emma était toujours sous le choc quand Regina s'en alla. C'était des conneries, c'était censé fonctionner. Elle l'avait embrassée, elle savait qu'elle l'avait fait, elle avait senti ses lèvres contre les siennes. Ses lèvres qui offraient tant de promesse. Elle en voulut à tous ceux qui avaient dit qu'elle ne se souciait pas de cette barrière.

Elle était si proche, si proche de Regina et puis, d'un coup, tout était fini.

Elle prit une profonde respiration et se mit à arpenter la ligne de long en large, les mains sur la tête. Elle avait eu un goût de la femme qu'elle s'était mise à respecter, à se soucier et à aimer. Admettre ses sentiments n'était pas la partie la plus difficile. C'était la séparation le plus dur, le besoin qu'elle ressentait d'être près de l'autre femme et de la garder en sécurité. Mais elles ne pouvaient pas avoir ça. Une force inconnue et considérée comme indestructible les séparait.

Non, elle ne les garderait pas loin l'une de l'autre, Emma se le promit. Elle vivrait dans la forêt ou même en enfer s'il le fallait, de toute façon, ça ne changerait pas beaucoup de sa situation actuelle.

Alors qu'Emma montait dans sa voiture et s'éloignait lentement de la limite de la ville, une petite luciole tenta de passer de l'autre côté de la ligne. Sa première tentative fut repoussée par un bourdonnement de magie mais elle parvint à trouver un petit trou dans la barrière, à un peu plus d'un mètre du sol, là où leurs lèvres s'étaient rencontrées dans un baiser de véritable amour.

Regina et Emma étaient allongées côte à côte, leur tête au même niveau mais leurs pieds partant dans des directions opposées. Elles avaient discuté de ce qu'il s'était passé la nuit dernière et s'étaient mises d'accord pour être reconnaissantes de chaque petit miracle. Aucune des deux ne proposa de réessayer. Si cela avait fonctionné pendant un court instant avant qu'elles ne soient violemment séparées, savoir qu'elles avaient été si proches et qu'elles avaient gâché tant de temps à se disputer alors qu'elles étaient toutes les deux dans la même ville, était bien trop douloureux.

« Tu sais ce qui est marrant ? »

« Hmm ? »

« Tu m'as frappée. »

La brune releva la tête et regarda incrédule la blonde à ses côté. « C'est drôle ? »

Emma se mit à rire. « Tu m'avais tellement dans la peau que tu as été obligée de me frapper. »

« Et tu es fière de ça ? »

La blonde tourna la tête pour croiser le regard amusé de la brune. « J'ai été la première personne à te faire ressentir quelque chose. »

« De la colère. » Elle pencha la tête sur le côté de manière significative.

« Ce que tu appelles de la colère, moi j'appelle ça du désir mal placé. »

Regina éclata de rire.

« Je l'étais, n'est-ce-pas ? » Insista la blonde.

« Etais quoi ? »

« La première personne à te faire ressentir quelque chose, » précisa la blonde avant d'ajouter rapidement, « après Henry bien sûr. »

Regina sourit doucement et ses yeux brillèrent de joie. « Oui. »

Emma sourit béatement. « Je le savais. »

Regina secoua la tête devant l'impertinence de la Sheriff. « Donc, tu ne ressentais que de la colère ? »

Emma sourit narquoisement avant de poser un doigt contre la barrière et qu'une petite lumière en sorte. « Tu m'as fait rester. »

Regina tenta tant bien que mal de cacher ses rougeurs derrière une toux.

« Peut-être que c'était un mal pour un bien, » déclara doucement Regina.

« Une barrière invisible et électrique ? » demanda Emma, incrédule.

Regina secoua la tête. « D'avoir été trop curieuse sur ce qui se trouvait de l'autre côté de cette barrière. »

La blonde la regarda confuse, pas sûre de comprendre le sens de ses paroles.

Regina ricana. « Vraiment, Emma, ''L'herbe est toujours plus verte dans le jardin d'à côté'' ? »

« Oh, » les yeux d'Emma s'illuminèrent de compréhension à l'entente de l'expression.

« Bien joué, très chère, » taquina la brune.

« Nous aurions dû en parler, » déclara Emma avant de lever rapidement la main devant le regard interrogateur de la brune. « Peut-être après que chacune ait envoyé l'autre à l'hôpital. »

Regina rit doucement - et Emma s'arrêta un instant pour apprécier ce son - avant que la brune ne chuchote. « Merci seigneur pour cette ligne alors. »

Emma et Henry étaient assis sur le capot de la voiture de patrouille de la Sheriff, leur dos appuyé contre le pare-brise ils regardaient les étoiles. La blonde était un peu déprimée depuis que Regina l'avait appelée, un peu plus tôt dans la journée, pour lui annoncer d'un ton grave que sa voiture était chez le garagiste. Le fait que la Mercedes de la brune ait réussi à faire les quatre heures de route entre Boston et Storybrooke pendant plus de deux ans était assez impressionnant mais la déception avait été palpable dans la voix des deux femmes.

Au lieu de bouder à la maison, elle avait préféré venir bouder ici, au bord de la ville. Henry avait demandé s'il pouvait l'accompagner quand elle avait fait trop de bruit en se préparant.

« Alors, quand est-ce que je pourrais apprendre à conduire ? »

Emma rit. « Ta mère me tuerait. »

« Elle n'a pas besoin de le savoir. »

« Elle sait tout, » lui rappela Emma. « Je t'apprendrai quand ta voix arrêtera de partir dans les aigus. »

Henry lui lança un regard noir et se geste lui rappela immédiatement une certaine beauté brune qui lui manquait en cet instant.

Emma grimaça avant de se rallonger et de se tourner vers lui de manière solennelle. « Comment tu fais ça ? »

« Hormones ? »

Elle lui donna un léger coup de coude à sa réponse. « Ta mère te manque ? »

« Ouais, » répondit-il évidemment.

« Ça ne te dérange pas de ne pas pouvoir la prendre dans tes bras, l'embrasser ou autre ? »

« Pas autant que toi. »

Les yeux d'Emma brillèrent et Henry leva les mains pour se défendre.

« Je ne suis pas aveugle, Emma. » Il sourit devant le rougissement de sa mère. « De plus, j'ai entendu grand-ma' grogner après grand-père. Puis tu es revenue couverte de bleus à la maison, je sais que ce n'est pas Leroy qui t'a mise dans cet état, et Paige m'a dit ce qu'il s'était passé entre son père et toi. »

« Ce n'était pas si évident, » dit-elle en le poussant de l'épaule.

« Joli collier, » la taquina-t-il avant de jeter la pierre avec laquelle il jouait à travers la barrière, l'observant rebondir de l'autre côté de la ligne.

La main d'Emma vint immédiatement se poser près de son cou, juste au-dessus de sa poitrine, là où le collier de Regina reposait. « Ça ne te dérange pas ? »

Il se laissa glisser le long du capot de la voiture avant de monter du côté passager. « Si c'était le cas, est-ce que je t'aurais couverte à chaque fois que grand-mère appelait pour vérifier que tu étais bien là ? »

« Elle a fait ça ? » Demanda Emma consternée avant de se laisser glisser à son tour le long du capot et de s'installer derrière le volant.

« Elle pourrait te gronder tu sais, » plaisanta Henry alors que sa mère faisait demi-tour et repartait vers la ville.

Ce n'est que bien plus tard, après qu'Emma et Henry soient allés se coucher, juste avant que l'aube ne se lève, que la blonde se redressa brusquement dans une sueur froide.

Henry avait jeté une pierre à travers la barrière.

Elle envoya promener ses couvertures et attrapa la première paire de jeans qui lui tomba sous la main. Elle pensa tout juste à laisser un mot sur le frigo pour que Henry sache où elle était quand il se réveillerait avant d'attraper sa veste et de dévaler les escaliers de son immeuble, sautant les deux dernières marches.

Les vingt minutes habituelles de trajet pour se rendre jusqu'à la ligne furent réduites de moitié lorsque la Sheriff dépassa toutes les limitations, grilla toutes les priorités, stops et autres feux rouges.

Son cœur battait anarchiquement alors qu'elle approchait de la limite de la ville. Elle avait bien vu, n'est-ce-pas ? Henry avait jeté cette pierre et elle n'était pas revenue vers eux. Elle stoppa sa voiture de patrouille à une dizaine de mètre de la ligne avant d'en sortir et de se mettre à fixer la ligne orange comme si un mur allait soudainement apparaître devant elle.

Elle ramassa rapidement un caillou sur le bord de la route, le tourna dans tous les sens entre ses doigts pour s'assurer qu'il était bien réel avant de le fixer comme pour transmettre toute sa foi à ce petit morceau de calcaire. Elle le porta à ses lèvres pour un baiser de bonne chance et le lança de toutes ses forces. Retenant son souffle, elle l'observa s'envoler dans les airs, s'approcher rapidement de la barrière avant de passer à travers et d'atterrir sur le sol de l'autre côté de la ligne.

Il est passé à travers.

Au lieu de se calmer, son cœur se mit à battre encore plus rapidement. Elle déglutit difficilement avant de retourner dans sa voiture et de boucler sa ceinture. Elle avança doucement en direction de la ligne tout en gardant le pied au-dessus du frein et en se préparant mentalement à ce qu'elle allait faire.

Elle pensa rapidement que, si ça ne marchait pas, cela ferait bien plus mal que quelques égratignures.

Elle sentit le poids du collier de Regina contre sa clavicule, chauffant doucement contre sa peau rougie comme un signal, un signe qu'il était temps d'y aller.

Son pied écrasa l'accélérateur.

En se levant ce matin-là, Regina se sentit légèrement irritée de savoir que sa voiture se trouvait toujours chez le garagiste. Elle avait espéré la récupérer la veille mais le garagiste avait coupé court à tous ses espoirs en lui annonçant que sa voiture avait besoin d'un nouveau moteur ainsi qu'un nouveau pot d'échappement et qu'il lui faudrait au moins deux semaines pour terminer les réparations. S'il ne tenait pas ses délais, elle achèterait une nouvelle voiture.

Elle poursuivit cependant sa routine matinale en préparant son petit-déjeuner - omelette aux épinards et à la féta - et son café tout en lisant le journal avant de se préparer pour le reste de la journée - douche, maquillage et robe. Elle enfila enfin sa blouse et s'installa devant son chevalet près de la fenêtre avant de se pencher vers le rebord de la fenêtre et d'allumer sa radio. La voix douce d'Enya envahit rapidement la pièce et Regina se perdit dans sa peinture.

A chacun de ses coups de pinceau, la forêt qu'elle peignait prenait vie peu à peu, tout comme la souche fissurée en son milieu et peinte au centre de la toile, une moitié de vase renversé reposait du côté droit de la souche.

Obnubilée par sa toile, elle ne prêta aucune attention aux bruits de la foule qui montaient vers sa fenêtre, ni au klaxon des automobilistes pressés d'arriver au travail ou aux sirènes de police hurlant dans la rue qui effrayaient les oiseaux, qui venaient ensuite se réfugier sur le rebord de sa fenêtre. Elle était simplement concentrée sur son tableau, retraçant chacun des cernes de la souche avec la plus grande précision et fleurissant le vase en y dessinant des fleurs qui ressemblaient à des lilas.

Elle aurait pu perdre toute notion du temps, si au milieu de la matinée, quelqu'un n'était pas venu toquer à sa porte. Fronçant les sourcils à l'idée d'avoir un visiteur, Regina reposa sa palette sur le rebord de la fenêtre, ôta sa blouse avant de baisser le volume de sa radio et de se diriger rapidement vers sa porte où un autre coup impatient venait d'être frappé.

Elle l'ouvrit et se figea en découvrant qui se tenait sur le pas de sa porte.

Emma.

Regina se tenait droite sur le pas de sa porte, la bouche ouverte et le souffle court alors qu'elle observait la blonde légèrement échevelée qui se trouvait devant elle et qui la fixait les yeux aussi écarquillés que les siens.

Elles ignorèrent combien de temps elles restèrent là, debout à se regarder mais cela dura bien trop longtemps à leur goût. Ce fut Emma qui bougea la première, elle leva lentement la main vers l'espace entre l'appartement de la brune et le couloir. Regina observa chacun de ses mouvements avant de déglutir difficilement et de lever la sienne en se demandant si son esprit ne lui jouait pas des tours. Lentement, elle leva sa main pleine de peinture vers celle de la blonde et, après l'avoir stoppé à quelques centimètres de celle de l'autre femme, elle franchit la petite distance qui les séparait encore et joignit sa main à celle d'Emma.

Ses yeux rencontrèrent immédiatement ceux verts de la blonde qui semblaient vouloir capter son attention autant que leurs mains ne voulaient plus se quitter.

Les yeux pleins de larmes, Emma sourit avant d'entremêler leurs doigts et de presser leurs paumes l'une contre l'autre dans une étreinte chaleureuse.

« Emma, » chuchota Regina.

Avant qu'elle n'ait pu ajouter quoique ce soit d'autre, elle sentit les bras d'Emma s'enrouler autour de son cou et la blonde la serrer désespérément contre elle. Ses bras enlacèrent instantanément la taille d'Emma alors que celle-ci laissait glisser ses doigts dans ses cheveux et enfouissait son visage dans son cou.

« Je suis là, » murmura Emma avant de serrer Regina plus fort contre elle, elle la sentit lui rendre son étreinte avant que ses sens ne soient envahis par la présence de la brune. L'odeur de pomme de son shampooing, la douceur de ses cheveux, son corps souple et ferme pressé contre le sien. « Je suis là. »

Emma n'arrivait pas y croire. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle était enfin dans la même pièce que Regina, que la brune était dans ses bras, que leurs doigts étaient tendrement entremêlés alors qu'elles étaient allongées sur son lit. Mais pourtant, elle était vraiment là, à Boston, sa main gauche fermement serrée autour de celle de la brune alors que la droite glissait aussi légèrement qu'une plume le long du bras de Regina.

« Je ne sais pas, » admit tranquillement Emma comme si elle craignait de rompre le charme et d'être renvoyée directement à Storybrooke en parlant trop fort. « Elle n'était juste plus là la nuit dernière. »

La brune frissonna au passage des doigts de la blonde et Emma se rapprocha un peu plus d'elle pour combler l'espace qui se trouvait habituellement entre elles.

Regina soupira au contact des doigts d'Emma sur sa peau, fermant les yeux pour mieux sentir les ongles de celle-ci griffer ses avant-bras, elle serra plus fermement la main de la blonde de peur qu'elle s'en aille. « Et si tu ne peux pas y retourner ? »

« Je ne veux pas vraiment penser à Storybrooke maintenant, Regina, » admit doucement Emma alors que sa main remontait lentement le long du bras de la brune et venait se poser à la base de son cou.

Regina ne put se retenir plus longtemps et sa main libre se posa sur la hanche d'Emma avant de se glisser doucement sous sa chemise en coton et de remonter lentement le long du creux de la colonne vertébrale de la blonde. « Tu es vraiment là. »

Emma hocha la tête, les yeux pétillants de joie avant de porter les doigts de Regina à ses lèvres, déposant un baiser sur chacun d'entre eux avant d'ouvrir sa paume et d'embrasser la ligne de vie de la brune, elle la suivit puis continua d'embrasser les veines le long du bras de la brune. A chaque baiser, Emma sentait la main de Regina dans son dos se faire plus précise dans ses caresses, la voulant toujours plus proche d'elle.

Leurs corps étaient toujours séparés par la fine épaisseur des draps et des vêtements quand Emma termina son chemin de baiser en en déposant un dernier au coin des lèvres de la brune. Elle pouvait sentir la respiration rapide de Regina contre ses lèvres, elle sentait vraiment le souffle de cette femme et non celui porté par le vent. Dans un mouvement si léger qu'Emma ne l'aurait pas vu si elle n'avait pas été si fermement collée contre la brune, Regina inclina la tête vers elle comme une invitation.

Leurs lèvres se rencontrèrent.

Les lèvres de Regina étaient fermes et douces contre celles d'Emma, si douces qu'Emma aurait pu jurer qu'elles étaient comme une sorte de met délicat qu'elle avait le privilège de goûter. Elles bougèrent d'un même mouvement et quand l'espace qu'il restait encore entre elles fut comblé. Emma approfondit le baiser, sa langue caressant la lèvre inférieure de la brune dans une réclamation silencieuse de la laisser entrer. Presque aussitôt, elle sentit la langue de Regina lutter contre la sienne. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle ait put vivre aussi longtemps sans embrasser ces lèvres.

Elles se séparèrent à bout de souffle et Emma garda sa bouche contre celle de la brune avant de glousser : « Pas mal. »

Regina sourit et fit taire la blonde en l'entrainant dans un nouveau baiser, elle la poussa contre le matelas et s'installa à califourchon au-dessus d'elle. Elle sentit Emma haleter d'étonnement suite à son attaque-surprise et, souriant contre les lèvres de la blonde, elle approfondit le baiser. « Tu disais ? »

Emma sourit à la brune au-dessus d'elle et laissa ses mains courir le long de son dos, avant de venir doucement presser la paume de sa main contre la joue rougie de Regina. Elle se mordit la lèvre quand elle vit les yeux de Regina se fermer lentement et qu'elle la sentit presser plus fortement sa joue contre sa paume.

La brune rougit un peu plus quand elle sentit les yeux verts de la blonde sur elle. « Je peux te sentir. »

Emma se redressa en faisant attention à ce que l'autre femme reste assise sur ses genoux et le plus proche possible d'elle. Elle prit le visage de la brune en coupe entre ses mains et l'amena tout contre le sien. « Où veux-tu me sentir ? »

« Partout. »

Regina n'était pas étrangère au fait d'avoir des amants. Son ancien statut de Reine lui avait permis de voir de nombreux hommes se pavaner devant elle dans le seul but d'attirer son attention, mais être avec Emma était différent, c'était agréable. Etre avec Emma, c'était comme respirer, une nécessité si puissante que Regina ne pourrait plus jamais se passer de la blonde.

Les vêtements étaient retirés, enlevés lentement, délibérément, elles savouraient la découverte de chaque nouvelle parcelle de peau. Les lèvres partaient à la découverte de cette peau, la marquant comme la leur jusqu'à ce qu'elles se joignent à nouveau pour ne plus se quitter. Chair contre chair, les ongles enfoncés dans les hanches de l'autre, leurs lèvres, leurs dents, leur langue exploraient et marquaient chaque centimètre carré du corps de l'autre.

Elles prirent leur temps, trouvant inutile de se précipiter, de cafouiller ou de mettre des mots sur leurs sentiments. Elles savaient parfaitement ce qu'elles ressentaient. Elles savaient que si Emma n'était pas venue toquer à la porte de l'appartement de Regina, la brune serait retournée à la ligne chaque jour jusqu'à ce qu'elles trouvent une solution. Mais elle n'avait plus à le faire maintenant, Emma était là, au-dessus d'elle, sous elle, en elle, à l'aimer avec chaque éclat brillant qui traversait ses yeux, avec chacune des caresses de ses lèvres contre sa peau rougie et sensible, avec chacun de ses souffles.

Regina se laissa aller et ses doigts glissèrent jusqu'aux boucles blondes d'Emma qu'elle força à revenir vers elle pour pouvoir l'entraîner dans un nouveau baiser. Leurs jambes s'emmêlèrent dans les draps et la main de la brune vint taquiner la poitrine d'Emma. Elle rit des soupirs et des gémissements de la blonde.

Elles amenèrent l'autre vers de nouveaux sommets, laissant la passion qui les animait guider leur corps et leurs gestes si bien qu'elles bougèrent avec une telle fluidité qu'on aurait dit qu'elles s'aimaient depuis des années. A cette pensée, Emma hoqueta et réalisa qu'elle aurait volontiers passé le reste de ses jours dans une forêt ou sur le bord d'une route abandonnée pour l'attendre mais la seule pensée qu'elle était avec elle, là maintenant, collée autant que possible contre cette femme lui fit resserrer sa prise autour du corps de la brune et elle se promit que cette fois ne serait pas la dernière.

Le gémissement de la brune à son oreille la fit partir et elles se cramponnèrent l'une à l'autre, refusant de se séparer ne serait-ce que pour une minute. Emma pouvait sentir la poitrine de la brune se soulever rapidement contre la sienne et elle déposa une série de petits baisers le long de la clavicule de Regina, leur contact ne semblant jamais être suffisant. Elle sourit quand elle sentit les doigts de Regina venir s'enrouler autour de ses boucles blondes et elle remonta rapidement pour venir déposer un nouveau baiser sur ses lèvres gonflées.

Emma était une vagabonde, elle en était sûre, mais embrasser Regina, être ici, dans les bras de la brune, lui fit réaliser que qu'importe où elle irait, ici serait toujours sa maison.

Regina, enroulée dans un fin drap en coton, était couchée sur le côté, elle sentait le corps de la blonde pressé contre son dos et cette sensation faisait courir une joie immense dans ses veines. Elle sourit gaiement et tendit un bras pour tracer les contours de son portrait et de celui de la blonde sur le croquis posé sur sa table de nuit. Ainsi, c'est à ça que ça ressemble.

Regina prêta attention à chacun des mouvements qu'Emma faisait, elle sourit quand elle la sentit bouger dans son dos et sut que la blonde était enfin réveillée. Elle en fut sûre quand elle sentit les lèvres d'Emma déposer un doux baiser contre son épaule et ses mains remonter vers son cou. Elle baissa les yeux vers sa poitrine quand elle réalisa que la blonde venait de passer un collier autour de son cou et qu'elle sentit les lèvres de celle-ci dans son cou et sur son dos une fois qu'elle eût fermé le bijou.

« Joyeux Noël. » Elle embrassa l'épaule de la brune à nouveau et remonta les couvertures autour de leurs corps comme une protection. « Joyeux anniversaire. » Elle embrassa un point sensible dans le cou de la brune. « Joyeuse Saint-Valentin. » Elle l'embrassa juste sous l'oreille.

Regina se tourna dans ses bras, ses yeux brillant de joie alors qu'elle pressait ses lèvres contre celles de la blonde. « Tu oublies toujours notre anniversaire. »

Emma rit et rapprocha Regina plus près d'elle. « Je me rattraperai. »

« Et comment vas-tu faire cela ? »

« Eh bien, on va aller chercher Henry, revenir ici et dîner ensemble comme une famille, » répondit Emma.

Regina ne put s'empêcher de rougir de plaisir quand Emma parla d'eux en tant que famille. Elle avait enfin une famille, sa fin heureuse. Elle hocha la tête et se mordit la lèvre dans le but de contrôler ses émotions. « C'est plus que ce que je pouvais espérer. »

Emma ralentit l'allure de sa voiture de patrouille dès qu'elles approchèrent de Storybrooke. Sa main était restée accrochée à celle de l'autre femme tout le long du trajet et cela n'avait dérangé aucune d'entre elles, chacune comprenant le besoin de contact que l'autre avait. Regina serra brièvement la main de la blonde avant de la lâcher et de sortir de la voiture. Elles marchèrent jusqu'à la ligne et Regina la fixa avec inquiétude et peur car bien qu'Emma fut là avec elle, Henry se trouvait toujours de l'autre côté.

La blonde lui offrit un sourire hésitant mais rassurant avant de fixer le tronçon de route qui menait à Storybrooke. Elle ferma les yeux et fit un pas pour traverser la ligne.

Regina hoqueta avant de regarder partout autour d'elle quand elle réalisa qu'elle se trouvait de nouveau à Storybrooke.

« Elle est partie. » Emma souffla joyeusement avant de se tourner avec enthousiasme vers la brune. « Elle est partie. »

Elle ne laissa pas le temps à Regina de dire quoique ce soit, elle attrapa son visage entre ses mains et l'entraîna dans un fougueux baiser, trop heureuse de leur découverte pour penser à quoique ce soit. Elle attrapa la main de Regina et courut vers sa voiture avant de conduire doucement vers la frontière.

Regina se tourna sur son siège et vit la ligne orange s'éloigner peu à peu alors qu'elle passait le panneau 'Bienvenue à Storybrooke'. « On pourrait rester ici, » proposa Regina en plaçant sa main sur celle de la blonde qui se trouvait déjà sur sa cuisse.

La blonde renifla. « Je ne veux pas rester ici. »

« Je ne suis pas fan de Boston, » admit Regina, inquiète qu'elles se trouvent déjà en désaccord.

Emma resserra sa prise sur sa cuisse pour la rassurer et quitta brièvement la route des yeux pour jeter un regard à la brune. « Un chalet dans les bois ? »

Les yeux de Regina brillèrent à cette pensée. Cette nouvelle malédiction aurait dû être pour elle un moyen d'avoir une vie meilleure, être bannie aurait dû être la meilleure chose qui lui soit arrivée. Ça ne l'était pas. Cette femme qui lui souriait alors qu'elles allaient chercher leur fils, c'était son nouveau départ.

« Tu serais partante ? » Demanda Regina en connaissant déjà la réponse.

Emma sourit. « Aussi longtemps que tu le seras. »

Fin


NdT : Si vous avez des remarques, des questions ou des idées pour m'aider à m'améliorer, surtout n'hésité pas. Sinon, vous pouvez juste me laisser vos impressions ! (Quels soit bonnes ou mauvaise, que se soit juste un mot ou roman, un bonjour ou un merci, ...)

En tout cas, je tenais à vous dire à tous un GRAND MERCI d'avoir suivi, lu et commenté cette fic ! J'ai été très heureuse de la traduire et de la partager avec vous. J'espère que vous aussi, vous êtes heureux ! - Rendre les gens heureux est un des buts premiers de ma vie :)

Peut-être à bientôt pour une nouvelle traduction ou qui sait, une nouvelle fic !