AUTEUR: criminalxxxmindsxxxfreak
TITRE ORIGINAL: A Place to Call Home
DISCLAIMER: Les personnages, le texte original et les idées ne sont pas de moi. Je n'ai fait que traduire le texte, avec la permission de l'auteur.

N/T: Voilà le chapitre 6… Il reste encore une dizaine de chapitres avant que les enfants ne sortent de chez les Pierce, mais la bonne nouvelle, c'est que la fin est heureuse. Oui, oui, tout à fait, même si c'est dur à croire. x)
Merci à tous ceux qui ont laissé un petit mot. Ça m'encourage à continuer, alors ne vous gênez pas. Même si je ne réponds pas toujours, je lis TOUT.
Finalement, pour ceux que ça intéresse, l'auteure écrit en ce moment une suite à cette histoire et je compte la traduire aussi. Sur ce, bonne lecture. =D


« Qu'est-ce qui arrivera à ces enfants ? » demanda JJ. Le menton appuyé dans la main, elle regardait les photos.

« Ils seront placés dans un autre foyer d'accueil, » soupira Morgan. « Comme ça arrive si souvent, même lorsque les parents ne sont pas assassinés. »

JJ soupira elle aussi. « Prentiss a dit que l'une des fillettes qu'on a vues hier vient juste d'être séparée de sa sœur, » dit-elle. « Peux-tu imaginer à quel point ça doit être difficile ? Perdre tes parents pour ensuite être séparé de la seule famille qu'il te reste ? »

« Je sais. Ce n'est pas juste, mais c'est comme ça que le système fonctionne. Ils essaient de garder les familles ensemble, mais parfois ils ne le peuvent tout simplement pas. »

« Crois-tu qu'ils vont trouver une autre bonne famille ? »

« Je l'espère. Après tout ce qu'ils ont vécu, ils méritent au moins ça, » dit Morgan en fronçant les sourcils. « Il y a seulement cinq jours d'intervalle entre les deux derniers meurtres… Ses tueries s'intensifient. »

« Qu'est-ce que tu penses que ça veut dire ? »

« Notre unsub pourrait se sentir assez en confiance pour s'en prendre à ses propres parents d'accueil, » dit Morgan. « Et si ça continue comme ça… il tuera encore dans quelques jours. »

Hotch et Rossi entrèrent dans la salle de conférence, l'air fatigué. « Où est Prentiss ? » demanda Rossi en s'assoyant à la table.

« Elle est partie chercher du café, » répondit JJ.

« Hotch, je regardais les dossiers encore une fois… As-tu remarqué combien les derniers meurtres étaient rapprochés ? » demanda Morgan en regardant le chef de l'équipe.

« J'ai remarqué, » acquiesça Hotch. « Il pourrait bien tuer de nouveau dans quelques jours… ou s'en prendre à ses propres parents d'accueil. »

« Comment est-ce que ça s'est passé avec les travailleurs sociaux ? » interrogea Prentiss en entrant dans la pièce, une tasse de café à la main.

« Pas très bien, » répondit Rossi. « La plupart d'entre eux ont vu tellement d'enfants passer de famille abusive en famille abusive… et aucun d'entre eux ne se rappelle d'un enfant spécifique qui collerait au profil. »

« Ils ont tous reçu le profil, et ils ont dit qu'ils repasseraient de vieux cas pour voir si un enfant ne correspondrait pas, » expliqua Hotch. « Est-ce que quelque chose est sorti de la liste des foyers abusifs ? »

« La plupart sont encore en prison, » répondit JJ. « Il y en a quelques-unes ici qui ont été chargées, mais dont les charges ont été abandonnées après enquête. »

« Quels sont les noms ? » demanda Hotch.

« Hum… Hanna et George Lynch ont fait l'objet d'une enquête il y a cinq ans. Éventuellement ils ont été acquittés et ont présentement trois enfants avec eux. Jason et Megan Locke ont eux aussi été accusés, puis innocentés. Ils n'y pas d'enfants chez eux en ce moment, mais les deux derniers qu'ils ont pris viennent d'avoir dix-huit ans, il y a un peu moins d'un an en fait. Grant et Natalie Pierce ont été chargés pour abus sévère il y a sept ans, mais comme l'enquête n'a rien donné, le cas a été abandonné. Ils ont quatre enfants dans la maison pour l'instant. Et finalement Miranda et Joseph Track, qui ont été accusés d'abus il y a dix ans, mais ont évidemment été disculpés. Il y a maintenant deux enfants sous leurs soins, » énuméra JJ. Au fur et à mesure qu'elle lisait, ses yeux s'attristaient.

« D'accord, » dit Hotch. « Nous devons leur parler. Rossi, va chez les Lynch; Prentiss, va chez les Locke; JJ, toi et Morgan allez chez les Pierce. Je parlerai aux Track. »

Ils hochèrent la tête, à la fois pleins d'espoir et déprimés, puis se séparèrent pour aller parler aux différentes familles.


Presque deux heures plus tard, Grant redescendit en chancelant, laissant Kayla tremblante et en larmes dans la chambre des filles. Brad et Spencer transportèrent une Lizzie endormie jusqu'à la chambre et la déposèrent doucement sur le lit.

« Kayla, » murmura calmement Brad. « Viens, on va aller te nettoyer. »

La fillette ne bougea pas et continua à gémir, les yeux fermés. En soupirant, Brad la prit dans ses bras et la transporta de l'autre côté du couloir après avoir demandé à Spencer de rester avec Lizzie.

Quelques minutes plus tard, Brad revint chercher des vêtements puis ressortit. Spencer essuya le reste de ses larmes, puis se mit à fixer Lizzie en soupirant. Il se sentait mal pour sa réaction de tantôt, mais il savait que c'était vrai. Il était seulement un enfant et il était toujours terrifié. Il redressa la couverture autour de Lizzie et se laissa aller contre le mur en soupirant de nouveau.

Brad revint dans la chambre en tenant la main tremblante de Kayla. « Tout as bien, » murmura-t-il en jetant un coup d'œil à Spencer. « On va finir le film, d'accord ? »

Elle hocha la tête lentement, en jetant des regards nerveux autour d'elle. Il y avait un bandage autour de son bras, là où la vitre l'avait coupée, mais elle ne semblait pas avoir de nouvelles blessures (du moins pas visibles). En fait, aucune des fillettes n'avait vraiment d'ecchymoses, mis à part pour celles qui étaient cachées par leurs vêtements.

Les garçons, cependant, avaient des hématomes à peine cachés par leurs cheveux, juste sous la mâchoire. Brad avait aussi une contusion verdâtre sous son œil gauche, provenant d'une bataille à l'école. Grant s'assurait toujours de ne pas laisser de marque trop visibles. Lui et Nat avaient appris leur leçon après avoir échappé de justesse à des accusations d'abus quelques années auparavant.

« Est-ce qu'on peut recommencer le film du début ? » demanda tout bas Kayla en s'assoyant sur les genoux de Brad qui venait d'allumer la télé.

Brad sourit. « Évidemment que oui, » dit-il. « Spencer, pourrais-tu le rembobiner ? » En un bond, ce dernier se releva de l'endroit où il était assis et il appuya sur la touche rembobinage du magnétoscope. Lorsque la cassette revint au début, il appuya sur « lecture ».

Kayla eut un petit sourire. « Merci, » chuchota-t-elle en se laissant aller contre l'épaule de Brad. Elle se détendit un peu lorsque le film se remit à jouer.

Spencer s'appuya contre le pied du lit de Lizzie, regardant la télé sans vraiment écouter. Il l'avait déjà vu des dizaines de fois auparavant lorsque Kayla ou Lizzie voulaient écouter un film. Il laissa son esprit vagabonder jusqu'à ces quelques années heureuses avant que son père ne parte.

Sa mère prenait mieux ses médicaments avant que son père ne les abandonne, et même si son père semblait intimidé par son intelligence, Spencer pensait qu'il l'aimait. Puis, un jour il était parti. Il avait fait ses valises et s'en était allé. Il se rappelait que sa mère s'était disputée avec lui, lui demandant de rester ou d'au moins amener leur fils avec lui. Lorsqu'il avait refusé, Spencer avait compris que son père ne l'aimait pas.

Un peu moins de six mois plus tard, un voisin avait appelé les services sociaux après avoir remarqué le comportement étrange de Diana. Ils l'avaient déclarée inapte à s'occuper d'un enfant. Sa schizophrénie était trop grave et son refus d'être médicamentée la rendait beaucoup trop instable pour s'occuper d'elle-même, encore moins d'un enfant de cinq ans. C'est à ce moment que Spencer avait été placé dans des familles d'accueil. C'était à ce moment que sa vie avait tourné au cauchemar.

Cela aurait peut-être été plus facile si les quelques bonnes familles qu'il avait trouvées n'avaient pas été effrayées par son intelligence, ou si l'école n'avait pas été presque aussi terrible que la maison en elle-même. Les brutes semblaient déterminées à rendre la vie de l'enfant misérable, mais entre Grant et les tyrans de l'école, il choisirait les tyrans n'importe quand. Au moins, l'école était facile. Il était largement en avance sur ses camarades de troisième année et ses enseignants n'étaient pas exactement certains de ce qu'il leur fallait faire pour lui donner un défi.

« Spence ? » La voix douce de Kayla le tira de ses souvenirs. « Est-ce que ça va ? »

Il cligna des yeux. « Je vais bien, Kayla. Pourquoi ? »

« Tu as l'air triste. » Elle le regarda en fronçant les sourcils. « Veux-tu regarder un autre film ? »

Il hocha la tête lentement. « Non, c'est bon. La Belle aux bois dormants me va très bien, » dit-il en lui offrant un petit sourire forcé, dans le but de la rassurer.

Elle acquiesça lentement puis reporta son attention sur le film, laissant Spencer se perdre dans ses pensées de nouveau.


Rossi détailla la cour avant de la petite maison. Tout semblait normal; des jouets étaient éparpillés un peu partout, des petites voitures en plastique jonchaient le sol et il pouvait apercevoir une balançoire dans la cour arrière. Une femme d'une quarantaine d'années ouvrit la porte. Elle avait des yeux verts éclatants. « Est-ce que je peux vous aider ? » demanda-t-elle, l'air soupçonneux.

Rossi sortit son insigne. « Oui, je suis David Rossi, du FBI. Est-ce que je pourrais vous poser quelques questions à propos des accusations d'abus qui ont été portées contre vous et votre mari ? »

Elle cligna des yeux, surprise. « Euh… avez-vous un mandat ? » demanda-t-elle.

« Est-ce que j'en ai besoin ? Je suis seulement ici pour poser des questions. Il y a eu quelques meurtres dans la région ces derniers temps et nous pensons que vous êtes peut-être en danger. »

Son attitude changea presque aussitôt. « Des meurtres ? » répéta-t-elle, ses yeux s'élargissant sous le coup de la surprise. « Bien sûr, entrez. » Elle fit un de pas de côté pour le laisser entrer. Il remarqua trois enfants qui, assis dans la cuisine, mangeaient des sandwiches.

« Par ici, » dit Hanna en le guidant jusqu'à un petit salon. « De quoi est-ce que vous voulez me parler exactement ? »

« D'un enfant que vous auriez possiblement pris chez vous, » dit Rossi. « Nous pensons qu'il tue des parents d'accueil de la région pour se venger de quelque chose qui lui est arrivé pendant qu'il était dans le système. »

Hanna fronça les sourcils. « Vous dites qu'il voudrait se venger de moi et mon mari parce que nous étions abusifs ? Nous avons été innocentés, ce n'est pas pour rien, Agent. Nous n'avons jamais abusé d'aucun des enfants dans cette maison. »

« Je ne suis pas ici pour vous accuser de quoi que ce soit, Mme Lynch. Je suis ici pour vérifier si notre tueur a déjà été placé chez vous, » répondit Rossi. Il n'était pas sûr s'il croyait ou pas que la femme était coupable des accusations, mais il était certain qu'il avait besoin de sa coopération s'il voulait attraper l'unsub. « Donc, si vous pouviez, s'il vous plaît, écouter le profile que j'ai et me laisser parler aux enfants, cela nous aiderait beaucoup dans notre enquête. »

Hanna hocha la tête en soupirant. « D'accord, » dit-elle, en écoutant attentivement le profil que Rossi commençait à lui narrer.


Prentiss était assise en face de Jason et Megan Locke. Il était tous deux dans la cinquantaine avancée. « Vous avez dit que vous voulez nous parler de quelque chose en lien avec ces meurtres ? » demanda Jason en fronçant les sourcils.

« Oui, » acquiesça Prentiss. « Nous croyons que notre unsub a vécu dans une famille d'accueil abusive et qu'il en veut possiblement à ses anciens parents. J'aimerais juste que vous écoutiez ces informations et que vous me disiez si cela vous rappelle un des enfants desquels vous vous êtes occupés… »


Joseph Track tenait un enfant de deux ans sur ses genoux. Il fronça les sourcils en direction d'Hotch. « Abusif ? » demanda-t-il. « Les charges ont été abandonnées. Et je n'ai jamais mis la main sur aucun enfant, qu'il soit à ma charge ou non. Un voisin a appelé les services sociaux parce que quelques enfants étaient maladroits et avaient de mauvaises ecchymoses. »

« M. Track, je ne dis pas que vous être coupable. Je ne suis pas ici pour vous accuser de quoi que ce soit. Je suis ici pour faire mon travail, soit capturer un tueur. Ce dont j'ai besoin, c'est de m'entretenir quelques minutes avec les enfants et que vous écoutiez le profil que j'ai ici. Est-ce que c'est d'accord ? »

L'homme acquiesça. « Évidemment que oui. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider. »


Morgan et JJ tournèrent dans l'allée. Au premier coup d'œil, la cour paraissait bien ordonnée, mais plutôt vide. « Plutôt grosse maison, » dit Morgan en jetant un coup d'œil aux alentours.

« Eh bien, Grant ne travaille pas, mais Nat est vétérinaire. Elle a un assez bon salaire. Ils ne sont pas riches, mais je suppose que ça doit suffire pour payer les factures, » dit JJ en débarquant du VUS dans la chaleur de Las Vegas.

Morgan hocha la tête en cognant à la porte. Ils entendaient la télé jouer dans le salon. Un grand homme, assez imposant et avec de grands yeux foncés vint ouvrir la porte. « Peu importe ce que c'est, je n'en veux pas, » dit-il d'un air grognon.

« M. Pierce, je suis l'Agent Morgan et voici l'Agent Jareau. Nous sommes du FBI… nous avons quelques questions à vous poser. »

Les yeux de Grant se rétrécirent. « Quelques questions à propos de quoi ? » demanda-t-il, en les regardant d'un air soupçonneux.

« Avez-vous entendu parler des meurtres qui ont eu lieu récemment ? » demanda JJ en étudiant l'homme qui se tenait devant elle. Quelque chose à propos de lui était troublant.

« Ouais, j'en ai entendu parler à la télé, » répondit-il, l'air toujours soupçonneux.

« Nous pensons que le tueur a vécu dans une famille d'accueil abusive… vous et votre femme avez été accusés d'abus sept ans passés. Nous savons que vous avez été innocentés, mais nous essayons de suivre toutes les pistes que nous avons. Nous ne voulons pas vous accuser de quoi que ce soit. Nous aimerions seulement que vous écoutiez notre profil et que vous nous disiez si ça vous rappelle un enfant que vous auriez déjà eu à votre charge. Et nous aimerions parler aux enfants aussi, » expliqua Morgan.

Il n'aimait pas l'hostilité qui se lisait dans le regard de l'homme. Il était presque certain qu'il y avait de l'abus dans cette maison.

Grant fronça les sourcils en grognant. « Bon, d'accord. Vous pouvez entrer; les enfants sont en haut. Ils écoutent un film. »

JJ et Morgan échangèrent un regard méfiant et suivirent l'homme. Ils ne savaient pas ce qu'ils allaient trouver dans cette maison, mais ils étaient certains que ça ne leur plairait pas.