AUTEUR: criminalxxxmindsxxxfreak
TITRE ORIGINAL: A Place to Call Home
DISCLAIMER: Les personnages, le texte original et les idées ne sont pas de moi. Je n'ai fait que traduire le texte, avec la permission de l'auteur.
N/T: Désolé du long délai avant ce chapitre, mais il fait sept pages Word en anglais. C'est le plus long que j'ai eu à traduire jusqu'à maintenant. La bonne nouvelle, c'est que les deux prochains sont un peu plus courts et que j'ai déjà commencé à les traduire.
Chapitre 7 : Juste une conversation
Merci à ceux qui ont laissé un petit mot. Comme je l'ai déjà dit, ça me fait plaisir et je lis TOUT. Sur ce, bonne lecture. =D
Hanna fronça les sourcils en hochant la tête. « Je suis désolée, mais ça ne ressemble à aucun des enfants que nous avons pris avec nous. La plupart sont âgés, ont près de 18 ans. Et beaucoup d'entre eux partent dès qu'ils le peuvent. »
« Mais aucun des enfants que vous avez jamais pris sous votre aile ne colle à la description ? » demanda Rossi, découragé.
« Non, » répondit Hanna. « Pas que je me souvienne. »
« Eh bien, si ça ne vous embête pas que je m'entretienne quelques minutes avec les enfants, je ne vous dérangerai pas plus longtemps, » dit Rossi en jetant un coup d'œil à la cuisine où, assis, les enfants étaient encore en train de manger.
« Bien sûr. » Hanna se leva et le guida dans l'autre pièce. « Les enfants, voici l'Agent Rossi. Il travaille avec le FBI et veut vous parler quelques minutes. »
Les enfants étaient tous âgés de treize à quinze ans. « Des questions à propos de quoi ? » demanda un des garçons en dévisageant Rossi d'un air soupçonneux.
« À propos de votre vie, » répondit Rossi. « C'est pour nous aider dans une enquête sur des meurtres. »
« Une enquête sur des meurtres ? » répéta une fille, qui était clairement la plus jeune. Ses grands yeux bleus brillaient d'intérêt. « Vraiment ? »
« Oui, » acquiesça Rossi. « Je dois juste vous poser quelques questions et après on a terminé. Est-ce que ça vous va ? »
Le plus vieux, qui n'avait pas encore parlé, regardait toujours Rossi d'une manière étrange. « En quoi est-ce que ça vous aide dans votre enquête ? » demanda-t-il, les sourcils froncés.
« Nous pensons que l'assassin tue des parents d'accueil parce qu'il a lui-même été placé dans une famille abusive et qu'il est en colère par rapport à ce qui lui est arrivé, » expliqua lentement Rossi.
« Donc, parce que les personnes qui ont été tuées étaient des parents d'accueil, le tueur doit être un enfant placé dans une famille ? » demanda-t-il, l'air fâché.
« Non, pas du tout. » Rossi hocha la tête. « Nous prenons en compte plusieurs choses pour déduire qui est le tueur. C'est mon travail au sein du FBI. Et, une fois qu'on a mis les faits ensemble, on a conclu qu'il devait être un enfant victime d'une famille d'accueil abusive, et qu'il veut maintenant se venger des adultes qui lui ont fait du mal. »
« Pouvez-vous lui en vouloir ? » demanda le garçon. « Je veux dire, si vous étiez dans une famille abusive, ne voudriez-vous pas vous venger ? »
« Absolument, » approuva Rossi. « Mais le problème, c'est que cet homme ne tue pas les gens qui l'ont abusé. Il tue des personnes innocentes qu'il ne connaît même pas, seulement parce qu'ils sont des parents d'accueil et que, dans sa tête, ça veut dire qu'ils sont aussi coupables que ceux de qui il a été victime. »
Les yeux rétrécis du garçon s'ouvrirent un peu plus, et il hocha la tête. « D'accord… » dit-il finalement. « Est-ce que vous allez nous parler tous ensemble ou- »
« Séparément, » interrompit Rossi.
« Bon… Je suis T.J., » dit-il. « Est-ce que vous voulez parler ici ou dans ma chambre ? »
« Ta chambre serait probablement mieux, » répondit Rossi en affichant un léger sourire. Il se sentait mal pour le garçon. De toute évidence, il avait été victime d'au moins une famille abusive et il avait déjà parlé à la police.
« Par ici. » T.J. mena Rossi dans le hall, puis dans un escalier, jusqu'à sa chambre. Tout le long du trajet, Rossi se dit que la maison ne ressemblait pas à un foyer abusif. Il savait que les gens pouvaient aisément cacher l'abus, mais les enfants étaient bien habillés, nourris et, apparemment, avaient chacun leur chambre. Des jouets et des livres traînaient sur le sol et les murs étaient peints avec des couleurs brillantes. Quelque chose lui disait que ce n'était pas la maison dans laquelle l'unsub avait grandi et était devenu un tueur.
Prentiss soupira. « Vous êtes absolument certains que vous n'avez jamais pris un enfant qui colle à la description ? » demanda-t-elle, suppliant du regard le couple assis en face d'elle.
Jason hocha la tête. « Je suis désolé, agente, mais oui. Je ne me souviens d'aucun enfant comme celui-là et certainement pas capable de meurtres comme ceci… »
Remarquant l'air sceptique qu'affichait Prentiss, Megan prit la parole. « Évidemment, quelques-uns étaient un peu plus farouches, rebelles, voire même violents, mais rien de grave. Quelques batailles à l'école, certains se sont teints les cheveux, se sont même fait quelques piercings, mais rien comme ça. »
« Très bien… Si jamais vous vous souvenez de quoi que ce soit, contactez-nous s'il vous plaît, » dit Prentiss en leur tendant sa carte. « Ça pourrait nous être très utile, même si vous ne croyez pas que ça l'est. »
« Évidemment, » répondit Jason en prenant le petit bout de carton. « Je suis désolé que nous n'ayons pas pu vous aider. »
Hotch quitta la maison des Track complètement défait. Joseph ne se souvenait d'aucun enfant qui aurait pu correspondre au profil. De plus, les deux enfants, Nina et Michael, étaient très jeunes, soit deux et trois ans. Il soupira en jetant un coup d'œil à sa montre. Il se demanda si un de ses autres agents avait eu de la chance, mais, pour une raison ou une autre, en doutait. Il regarda de nouveau en direction de la maison en grimpant dans le VUS. Il était certain que les charges d'abus étaient légitimes, malgré le fait qu'il n'avait pas remarqué d'ecchymoses ou de marques sur les enfants et qu'il avait vu des jouets, des films et des livres un peu partout dans la maison. Il y avait quelque chose de troublant chez Joseph Track. Il aurait juste aimé pouvoir faire quelque chose pour le prouver.
Grant était assis en face des deux agents, les sourcils froncés. « Nous avons eu quelques mauvaises graines, » dit-il, l'air profondément concentré. « Mais rien dont nous n'avons pas pu nous occuper… il y a un garçon, quelques années passées, qui nous a donné beaucoup d'ennuis, à moi et à Nat. »
« Est-ce que vous vous souvenez d'un nom ? » demanda Morgan, plein d'espoir.
« Anthony Woods… Il insistait toujours pour qu'on l'appelle Tony. Il avait à peu près quatorze-quinze ans quand il est arrivé ici et est parti le jour de ses dix-huit ans. Il avait un sale caractère… » Grant hocha la tête.
« Un sale caractère comment ? » demanda JJ en jetant un coup d'œil à Morgan.
« Tout le temps impliqué dans des batailles à l'école, se disputait avec le prof, moi et Nat… Nous avons fait de notre mieux considérant les circonstances, mais… »
« Très bien, merci M. Pierce. Vous nous avez été très utile, » dit Morgan. « Mais… si vous avez raison et que Tony est notre tueur, vous et votre femme devriez probablement être prudents. Nous pensons qu'il y a des chances qu'il s'en prenne à vous. Nous pourrions installer de la surveillance et- »
« Non. Je n'aurai pas besoin de ça, je peux prendre soin de moi, » l'interrompit Grant en hochant la tête.
« Et les enfants ? » demanda JJ, l'air incrédule.
« Eh bien, de ce que vous m'avez dit, ce type ne fait pas mal aux enfants. Donc, pourquoi devrais-je m'inquiéter d'eux ? » demanda-t-il en haussant un sourcil.
« Évidemment, » dit JJ en secouant la tête. Il y avait définitivement quelque chose qui ne lui plaisait pas chez l'homme.
« Nous devons encore parler aux enfants, » dit Morgan. « Nous partirons après; vous avez dit qu'ils sont en haut ? »
Le regard de Grant se tourna immédiatement vers les escaliers et il hésita avant de répondre. « Oui, » dit-il. « Ils écoutent probablement un film dans la chambre des filles. En tout cas, c'est ce qu'ils faisaient la dernière fois où j'ai jeté un coup d'œil. Est-ce que vous voulez que je- »
« Nous aimerions leur parler en privé, » l'interrompit JJ. Elle lui jeta un regard soupçonneux.
Il soupira et se rassit. « Bien sûr… La chambre des filles est la deuxième porte à gauche, les garçons sont de l'autre côté du couloir, à la droite. La salle de bains est jusqu'à côté si vous en avez besoin. »
« Merci, » répondit Morgan. Il monta le premier les escaliers et jeta quelques coups d'œil en arrière pour voir le regard sombre de Grant qui les suivait. Ça le troublait. Quelque chose dans ce regard ramenait à la vie des monstres et des cauchemars de son passé… et il n'aimait pas ce que ça pouvait possiblement dire pour les enfants qui vivaient dans cette maison.
Ils avaient tous entendu les voix en bas, mais aucun n'avait écouté ce qu'elles disaient. Si c'était des amis de Grant, cela voulait dire qu'il les oublierait. Peut-être même qu'il sortirait avec eux et qu'ils auraient la maison à eux pour quelques heures. Peu importait le scénario, ils n'avaient pas l'intention de se porter malheur en écoutant aux portes. Par ailleurs, si Grant les attrapait…
Après quelques minutes, ils entendirent des pas qui montaient les escaliers et se tendirent. Ils n'avaient pas entendu les inconnus d'en bas partir. Peut-être que c'était seulement eux qui venaient utiliser la salle de bain. Lizzie dormait encore sur le lit, la masse emmêlée de ses cheveux brun-roux étalée en éventail sur l'oreiller. Brad s'assit en tenant fermement Kayla dans ses bras. Au lieu de regarder l'écran, il jetait des coups d'œil à répétition dans la direction de Spencer, qui, clairement effrayé, fixait la porte.
Il y eut un léger coup sur la porte et Spencer regarda Brad, troublé. Grant n'aurait pas cogné, c'était évident. Une jeune femme blonde et un homme noir, un peu plus âgé, entrèrent dans la pièce en ouvrant la lumière. « Salut, » dit la jeune femme en leur souriant.
Brad fronça les sourcils. « Qui êtes-vous ? » demanda-t-il avec scepticisme. Elle n'avait pas l'air d'une travailleuse sociale… Il remarqua que les deux portaient un revolver à leur ceinture.
« Je suis JJ, » répondit la femme blonde. « Et voici Derek. Nous travaillons avec le FBI… nous voulons juste vous poser quelques questions. Il y a eu beaucoup de crimes dernièrement et nous pensons que vous pourriez nous aider. »
« Vous parlez des meurtres ? » demanda Spencer en les regardant d'un air intéressé. De vrais agents du FBI se tenaient juste devant lui… Wow.
JJ cligna des yeux, prise par surprise par la déclaration du garçon. Il ne devait pas avoir plus que huit ou neuf ans. « Oui, les meurtres, » répondit-elle lentement. « Nous pensons que le tueur a peut-être été un enfant qui a vécu dans cette maison. Est-ce que nous pourrions vous parler quelques minutes ? »
« Lizzie dort, » dit Brad en regardant la fillette qui dormait sur le lit.
« Nous pouvons parler dans ta chambre, si ça te va, » dit Morgan en jetant lui aussi un coup d'œil à l'enfant endormie. « De toute façon, nous voulons vous parler séparément. »
« Pourquoi séparément ? » demanda Brad en fronçant les sourcils en direction des agents.
« Ça nous permet d'analyser plus facilement les faits, » répondit simplement Morgan. « Si tu pouvais venir avec nous dans ta chambre… »
Brad soupira. « D'accord. Mais s'ils commencent à pleurer pendant que vous leur parlez- »
« Ça n'arrivera pas, » dit JJ en tentant de rassurer le garçon qui, de toute évidence, était très protecteur. « Nous allons juste avoir une conversation, d'accord ? »
« Par ici, » dit Brad en les guidant jusqu'à sa chambre et celle de Spencer.
« Comment tu t'appelles ? » demanda Morgan en s'assoyant dans une chaise de bureau usée. JJ prit place à côté de lui dans une chaise similaire.
« Brad, » répondit le garçon, son regard restant toujours posé sur leurs visages.
« Ok alors, Brad, d'où vient cette ecchymose sous ton œil ? » demanda Morgan. Il était déjà certain d'une chose : Grant Pierce était abusif. Ce dont il avait besoin, c'était de preuves pour pouvoir sortir les enfants de là.
« Une bataille à l'école… J'ai failli être suspendu, » répondit Brad.
« Et celle-ci ? » demanda Morgan en désignant celle sur le côté de sa tête.
Brad effleura d'une main la blessure encore douloureuse. Elle datait de quand il avait essayé de protéger Spencer la nuit d'avant. Mais il ne pouvait pas le dire à ces agents… Il se souvenait ce qui était arrivé la dernière fois où il avait essayé de dire à la police ce que Grant leur faisait, et il ne voulait plus jamais que ça arrive. « Bataille à l'école, » répondit-il. « La même que pour l'œil au beurre noir. »
Morgan fronça les sourcils. Il ne croyait pas un mot de ce que le garçon disait. « Très bien… depuis combien de temps est-ce que tu es dans le système des familles d'accueil ? »
« Depuis que mes parents sont morts, » répondit-il. Pour la première fois, il regarda ailleurs. « Ils ont été tués en revenant d'un voyage d'affaires… leur avion s'est écrasé. J'avais six ans. »
JJ regardait Brad, ses yeux bleus déjà pleins de larmes. « Depuis combien de temps vis-tu dans cette maison ? »
« Ça va faire quatre ans dans environ cinq mois, » dit-il automatiquement, comme s'il comptait les jours.
« C'est plutôt long pour une famille d'accueil, » dit Morgan en s'attendant à une réaction.
Brad haussa les épaules. « Je suppose que Grant et Nat ont une bonne réputation. » Il y avait quelque chose de sombre de caché dans les yeux de l'adolescent. Morgan soupira, souhaitant que le garçon se confie.
« Est-ce que l'un ou l'autre a déjà été abusif envers toi ? » demanda JJ en se penchant en avant.
La voilà… la question qu'attendait Brad. Maintenant, tout ce qu'il avait à faire, c'était de dire oui, dire oui et ils pourraient tous s'en sortir. Seulement, ce n'était pas vrai. Il savait qu'ils devraient enquêter avant qu'ils puissent sortir de la maison. Il savait que Grant et Nat avaient été chargés auparavant et qu'ils s'en étaient sortis. Et il savait ce que ça coûtait de dire à quelqu'un ce qui se passait vraiment à l'intérieur de la maison. Il ne pouvait pas leur dire la vérité. « Non, » dit-il en hochant la tête.
« Brad, tu peux nous faire confiance, » dit Morgan en se penchant comme JJ l'avait fait. « Nous sommes ici pour t'aider. »
Brad souhaitait pouvoir le croire. Il souhaitait que ça soit possible. Mais il savait que ça ne l'était pas. Si Grant l'apprenait – et il savait que ça serait le cas –, il le tuerait. Et il ne pouvait pas mourir. Pas tant que Spencer, Kayla et Lizzie avaient encore besoin de lui. « J'ai dit non, » répondit-il encore, un peu plus sèchement cette fois.
Morgan soupira. « Très bien, » dit-il. « Est-ce que tu pourrais nous envoyer ton frère ? »
Brad se leva du lit en hochant la tête. « Oui, » répondit-il en sortant de la chambre. Ça le rendait malade d'avoir menti, mais les conséquences étaient trop importantes pour qu'il révèle ce que Grant et Nat faisaient, même s'il en avait envie.
Spencer entra dans la chambre. Ses grands yeux bruns étudiaient attentivement les agents alors qu'il s'assoyait sur le bout du lit, leur faisant face. Il était très maigre, plutôt grand pour son âge et ses cheveux désordonnés tombaient dans ses yeux quand il bougeait. JJ ne put s'empêcher de sourire. Il y avait quelque chose d'attachant chez lui.
« Comment tu t'appelles ? » demanda-t-elle en souriant gentiment.
« Sp-Spencer… » répondit-il. Sa voix tremblait légèrement. Il n'était pas en confiance autour d'étrangers. La femme blonde semblait assez gentille, mais l'homme l'effrayait. Il était grand et lui paraissait plus fort que Grant. Cette pensée l'effrayait.
« Spencer, quel âge as-tu ? » demanda JJ. Elle remarqua la manière dont il décochait des regards nerveux en direction de Morgan.
« Neuf ans, » répondit Spencer. « Je vais avoir dix ans dans cinq mois et quinze jours. »
JJ cligna des yeux. « Wow, tu approches des doubles chiffres, hein ? »
Spencer haussa les épaules. « Ce n'est pas une grosse affaire, » dit-il pragmatiquement. « C'est juste une année de plus. »
« Depuis combien de temps est-ce que tu restes dans des familles d'accueil, Spencer ? » demanda Morgan en ressentant une étrange connexion envers le petit garçon. Il y avait une vulnérabilité évidente chez lui et c'était flagrant qu'il était intimidé par l'homme.
Spencer se mordit la lèvre. « Depuis que j'ai cinq ans, » répondit-il. « Mon père a quitté ma mère… » Il s'interrompit. « Ça fait exactement quatre ans, huit mois et vingt-cinq jours que je vis dans des familles d'accueil. »
Les deux agents se regardèrent, momentanément sous le choc. Il y avait définitivement quelque chose d'unique à propos de cet enfant.
« Qu'est-ce qui est arrivé à ta mère ? » demanda JJ en sentant son hésitation.
« Elle… Elle a été envoyée au Sanatorium Bennington parce qu'elle n'arrivait pas à prendre soin d'elle-même, » répondit-il.
« Sanatorium ? » Morgan fronça les sourcils. « Quel est son problème ? »
Spencer prit une grande inspiration et regarda ses pieds qui balançaient par-dessus le bord du lit. « Elle souffre de schizophrénie paranoïaque, » dit-il doucement. « Elle était tout le temps terrifiée à l'idée qu'on essayait de l'empoisonner en lui faisant prendre ses médicaments, alors elle ne les prenait pas. Quand mon père était là, il s'assurait toujours qu'elle le faisait, mais après qu'il est parti, elle a arrêté… »
« Tu avais seulement cinq ans quand c'est arrivé ? » demanda JJ en regardant le garçon avec pitié. Comment est-ce que quelque chose d'aussi terrible pouvait arriver à un enfant ?
Spencer hocha la tête. « Oui. Des voisins ont remarqué que Maman agissait bizarrement et ont appelé la police. »
« Comment est-ce que tu t'es fait cette ecchymose, Spencer ? » demanda Morgan en désignant de la tête la blessure sous les cheveux du garçon. Il était certain qu'elle ne venait pas d'une bataille à l'école.
« Je suis tombé en bas du lit cette nuit, » mentit facilement Spencer. Il se rappelait très clairement ce qui était arrivé quand Brad avait essayé d'appeler les policiers. Il ne voulait pas que ça se reproduise. Jamais.
« Est-ce que Grant ou Natalie ont déjà été abusifs ou violents envers toi ? » demanda Morgan, tout en sachant très bien que oui. Il voyait bien que quelque chose se passait dans cette maison. Il souhaitait seulement pouvoir faire quelque chose même sans évidence.
Spencer se mordit la lèvre et regarda ailleurs. Il voulait dire oui, il voulait tout leur dire. Mais il était terrifié à l'idée de ce que Grant ferait s'il l'apprenait. Il frissonna à cette pensée. « Tu peux nous faire confiance, petit, » dit lentement en Morgan en étudiant attentivement son visage.
Après une minute, Spencer hocha la tête. « Non, » dit-il d'une toute petite voix.
Morgan soupira. « Es-tu certain ? » demanda-t-il.
Spencer hocha la tête vigoureusement, ses cheveux retombant de nouveau dans ses yeux. La peur dans ses yeux bruns brisait le cœur de JJ. « Spencer, » dit-elle doucement en tendant la main pour prendre celle du petit garçon. « Tu peux nous faire confiance. Nous ne les laisserons plus te faire de mal si tu nous le dis. »
Spencer avait les larmes. « Non, non, non, non, non, » dit-il d'une voix cassée. « Je vous l'ai dit, il n'a rien fait. »
JJ regardait le garçon qui, un court instant auparavant était très mature et calme pour son âge, se mettait à pleurer et à secouer la tête. Il arracha sa main de celle de JJ et replia ses genoux contre sa poitrine, s'enveloppant dans ses bras. C'était évident que quelque chose de terrible lui était arrivé. « D'accord, d'accord, calme-toi Spencer, » murmura JJ. « Nous ne te forçons pas à faire quoi que ce soit, ok ? »
Spencer prit une grande inspiration. Des larmes brillaient encore dans ses yeux. « Ok, » murmura-t-il en essayant de combattre ses sanglots.
Morgan et JJ se regardèrent tristement en continuant à interroger l'enfant. Les deux filles firent la même chose que les garçons. Elles répondaient facilement, quoiqu'un peu nerveusement, aux premières questions, mais dès qu'ils demandaient si elles avaient déjà été abusées, elles avaient l'air paniquées et elles le démentaient aussitôt.
Défaits, mais au moins heureux d'avoir finalement un nom, les agents quittèrent la maison, déterminés à revenir et à trouver un moyen de sortir les enfants de là. C'était évident que quelque chose d'horrible se produisait derrière ces murs.
