AUTEUR: criminalxxxmindsxxxfreak
TITRE ORIGINAL: A Place to Call Home
DISCLAIMER: Les personnages, le texte original et les idées ne sont pas de moi. Je n'ai fait que traduire le texte, avec la permission de l'auteur.

N/T: Je suis tellement désolée du délai ! J'avais perdu la clef USB sur laquelle j'avais sauvegardé mes chapitres… Et comme j'en avais plusieurs de déjà traduits, je ne voulais pas recommencer… J'espère que vous serez quand même content de lire ce chapitre même si, depuis le temps, vous devez avoir perdu le fil de l'histoire. :/

ATTENTION: abus physique, sexuel et psychologique d'enfants.


« Comment est-ce que ça a été au complexe résidentiel ? » demanda Prentiss à JJ et Rossi qui étaient revenus au poste de police.

« Pas très bien, » répondit JJ en s'assoyant, l'air fatigué. « Ils se souviennent tous de Woods, mais aucun n'a la moindre d'où il aurait pu aller. Ils ont dit qu'il était là un jour et parti l'autre. »

« C'est comme s'il avait disparu, » dit Rossi. « Et il est bon pour rester caché… »

Hotch soupira et se renfrogna un peu plus. « JJ, on devra faire une conférence de presse, » dit-il. « Je veux que la photo d'Anthony Woods soit diffusée partout… il doit y avoir quelqu'un qui sait quelque chose. »

Elle hocha la tête. « D'accord… » Elle pausa un court instant. « Et Hotch, à propos de Grant Pierce… »

« Je sais JJ. Nous allons sortir ces enfants de là. Je te le promets, » l'interrompit Hotch.

Elle soupira, puis fronça les sourcils. « Penses-tu que diffuser sa photo risque de le mettre en colère ? » demanda-t-elle. « Ou de le rendre paranoïaque ? »

« Ça pourrait… mais si ça arrive, il est très probable qu'il va commettre des erreurs. Il pourrait même décider que c'est le moment de se venger de ceux qu'il veut vraiment tuer, » répondit Morgan.

« Mais… c'est Grant et Natalie Pierce, » dit JJ. « Il pourrait… » Ses yeux bleus s'aggrandirent. Et si quelque chose changeait et que Woods s'en prenait effectivement aux Pierce, mais en blessant les enfants ? Considérant qu'elle était convaincue qu'il abusait les enfants, JJ se fichait royalement de ce qui arriverait à Grant, mais si un de ces enfants se faisait blesser…

« Il pourrait décider de tuer Grant et Natalie, » acquiesça Hotch. « Mais seulement s'il est notre unsub, ce dont nous ne sommes pas sûrs. Il y a toujours des risques, tu le sais JJ. »

« Je sais, mais… et s'il faisait mal aux enfants ? »

« Il ne fera pas ça, » lui assura Hotch. « Tout dans son profil dit qu'il est en colère contre les parents, pas les enfants. Il fait tout pour s'assurer qu'il ne les blesse pas. »

Elle hocha de nouveau la tête, mais elle n'arriva pas à chasser cet horrible pressentiment qui lui tordait l'estomac. Ils commençaient à manquer de temps pour les sauver, elle le sentait. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle était certaine d'avoir raison.


Brad était étendu sur le dos dans la chambre qu'il partageait avec Spencer. Il lançait une vieille balle de baseball dans les airs. Spencer, Lizzie et Kayla étaient tous les trois dans la chambre des filles, où ils essayaient probablement de finir le film. Ils avaient été interrompus une fois par les agents du FBI, puis par Grant…

Il repensait à ce que les agents avaient dit au sujet du meurtrier qui tuait des parents de familles d'accueil… Il savait que désirer la mort de quelqu'un n'était pas exactement une bonne chose, mais Grant et Natalie étaient incroyablement inhumains. Il se surprit à souhaiter désespérément qu'il s'en prenne eux. Au début, il détestait être transféré de maison en maison comme un animal abandonné que personne ne voulait. Mais c'était définitivement mieux que vivre dans cet enfer.

Il ne savait pas depuis exactement combien de temps il était dans la pièce, mais son bras commençait à lui faire mal. Il n'était pas certain si c'était à force de lancer la balle ou une réaction tardive aux coups de Grant. Peut-être était-ce un peu de deux. La porte s'entrouvrit et Spencer apparut dans l'entrée. « Brad ? »

Ce dernier se redressa en lançant la balle sous le lit. « Qu'est-ce qui ne va pas, Spencer ? » demanda-t-il. Il s'inquiéta aussitôt : est-ce que quelque chose était arrivé pendant qu'il était dans sa chambre ? Il n'avait pas entendu Grant monter les escaliers, mais il n'avait pas vraiment écouté…

« Est-ce que ça va ? » demanda Spencer en entrant dans la chambre et en s'assoyant sur son lit, les sourcils froncés.

« Je vais bien, petit. Pourquoi ? »

« Eh bien… c'est juste que tu es plus silencieux que d'habitude. À quoi est-ce que tu penses ? » l'interrogea Spencer, son regard brun cherchant celui de Brad, qui soupira.

« Tu ne rates rien, pas vrai Spencer ? » demanda-t-il en fixant le plancher. « Je pensais juste à ce que les agents du FBI ont dit… à propos de l'assassin qui tue des parents d'accueil. J'espérais un peu qu'il tuerait Grant et Nat. »

Spencer hocha la tête, comme s'il était tout à fait normal que deux personnes discutent d'un tel sujet. « J'ai entendu parler du dossier aux nouvelles, » dit-il. « Tous les parents qui ont été tués jusqu'à maintenant étaient bien… Mais il ne fait jamais de mal aux enfants. Crois-tu que ça veut dire qu'il est juste en colère parce qu'il a été abusé quand il était un enfant, comme les agents ont dit ? »

Brad cilla, puis fixa le garçon. « Mon Dieu, Spencer, je n'en ai pas la moindre idée ! Tu te rends compte que tu as seulement neuf ans, pas vrai ? La plupart des enfants de neuf ans ne penseraient pas à des trucs comme ça. »

Spencer haussa les épaules. « La plupart des enfants de neuf ans ne vivent pas dans cette maison. »

Brad hocha la tête. « Ou sont des génies certifiés. »

Le fantôme d'un sourire se forma sur les lèvres de Spencer. « Comment sais-tu que je suis un génie ? » demanda-t-il à son frère. « Je n'ai jamais fait tester mon QI. »

« Eh bien, tu devrais. » Le sourire de Brad s'agrandit. Il était heureux que Spencer parle d'autre chose que Grant et les meurtres. « Il doit être quelque chose comme un million. »

Le petit garçon leva les yeux au ciel. « J'en doute beaucoup, » dit-il. « Il pourrait être quelque part vers la fin de la centaine, mais je suis presque certain qu'aucun humain qui a jamais vécu n'a eu un QI d'un million. »

« Dans ce cas, il va falloir que sois pas le premier, pas vrai ? » Brad sourit. C'était son premier vrai sourire depuis plusieurs jours et c'était beaucoup plus agréable que de toujours froncer les sourcils. Mais il y avait si peu de choses pour lesquelles il valait la peine de sourire dans cette maison…

Spencer sourit lui aussi; c'était bien loin de son ancien sourire, mais c'était assez proche pour rendre Brad heureux. Spencer méritait de sourire. Ils le méritaient tous.

Au son d'un moteur, ils tournèrent la tête vers la porte. La bruit de la porte qui s'ouvrait et des voix en bas les firent soupirer. Nat était revenue du travail. Ce qui voulait dire que le dîner serait servi dans quelques heures. Mais Lizzie et Kayla n'avaient pas le droit de manger quoi que ce soit… Brad soupira et laissa sa tête retomber contre le côté du lit. Ce serait une mauvaise soirée, il le sentait.


JJ soupira en jetant un coup d'œil à ses papiers. Elle préparait ce qu'elle dirait aux medias pendant la conférence de presse. Elle était plus confortable de faire ça que d'aider l'équipe à profiler. C'était ça son travail… mais aujourd'hui, il lui semblait que c'était difficile. Son esprit dérivait continuellement vers la maison. Et une paire de grands yeux bruns innocents, remplis de larmes qui n'auraient pas dû s'y trouver.

« JJ, est-ce que ça va ? » demanda Prentiss en s'assoyant à côté de son amie. « Tu sembles… silencieuse dernièrement. »

« Je vais bien, » répondit JJ en se sortant de son inquiétude mentale. « Je suis juste un peu… distraite, je suppose. »

« À cause de ces enfants, pas vrai ? »

JJ soupira. « Est-ce que je t'ai déjà dit à quel point je déteste travailler avec des profileurs ? » demanda-t-elle en pinçant légèrement les lèvres.

Prentiss soupira. « C'était plutôt évident que tu voulais aider ces enfants quand toi et Morgan êtes revenus. »

« C'est que je veux, oui. Nous devrions les aider, Emily. Je déteste ça… savoir que quelque chose va mal, mais ne pas pouvoir réagir à cause de règles stupides, de lois et de blablabla bureaucratique. » Elle jeta un regard furieux à la table et sa bouche esquissa une moue amère.

Prentiss soupira. « Eh bien… si ça peut te faire sentir mieux, j'ai entendu Morgan appeler les services sociaux. Nous n'oublions pas ces enfants, JJ. Ça me rend malade de penser à ce que les gens font à des enfants innocents, mais nous sommes ici pour attraper un tueur et c'est aussi important. Je voudrais qu'on puisse juste entrer et sortir les enfants maintenant, vraiment, mais ce n'est pas comme ça que le système fonctionne. »

JJ haussa un sourcil. « Le système, c'est de la foutaise. »

Prentiss acquiesça tristement. « Oui, ça l'est. Mais les services sociaux font enquêter - »

« Prentiss, » l'interrompit JJ. « Tu sais qu'ils ne retireront pas les enfants tant que l'enquête n'est pas terminées. Et jusqu'à ce que ce soit le cas, ils seront encore dans cette maison, abusés. Et ils ont été accusés avant et s'en sont sortis. Ça pourrait encore arriver. »

« Nous ne laisserons pas ça arriver, » dit sévèrement Prentiss. « Ces enfants se font abuser et, crois-mois, nous les sortirons de là, peu importe ce qu'il en coûte. »