AUTEUR: criminalxxxmindsxxxfreak
TITRE ORIGINAL: A Place to Call Home
DISCLAIMER: Les personnages, le texte original et les idées ne sont pas de moi. Je n'ai fait que traduire le texte, avec la permission de l'auteur.

N/T: Héhé, un deuxième chapitre. :D
J'espère que ces deux chapitres me permettront de me faire pardonner...
Pour ce qui est du petit poème, je l'ai laissé en anglais dans le texte parce qu'il est évidemment meilleur dans la langue originale, mais j'ai fait une note de bas de page pour ceux qui veulent quand même une traduction.
J'espère que ce chapitre vous plaira aussi. :)

AVERTISSEMENT: Abus phyisique, sexuel et psychologique d'enfants.


JJ soupira et descendit de l'estrade. Le soleil disparaissait peu à peu à l'horizon. Elle venait juste de finir de donner le profil aux médias. La photo la plus récente qu'ils avaient pu trouver d'Anthony Woods serait diffusée sur toutes les chaînes d'information locales et sur quelques chaînes nationales aussi. Elle hocha la tête en pensant à la fascination morbide du public pour les tueurs en série et retourna au commissariat, Hotch et Prentiss derrière elle.

« T'as fait ça comme une pro, » dit Prentiss en souriant et en tentant de la rassurer.

JJ acquiesça lentement. « Ouais, c'est mon travail, » dit-elle. « J'espère juste que rien de mauvais n'arrive à cause de ça. »

« Rien n'arrivera, » la rassura Prentiss. « Et même si quelque chose arrivait, ce ne serait pas ta faute; tu fais seulement ton travail, JJ. »

« Nous devrions recevoir des renseignements avec la ligne d'information, » dit Hotch. « Il est peut-être capable de se cacher de nos systèmes, mais il ne peut pas se rendre invisible. S'il est l'unsub, quelqu'un l'a vu récemment. »

« Eh bien, ça veut donc dire qu'on peut se concentrer sur sortir ces enfants de là le plus vite possible. »

« Je te l'ai dit, JJ, Morgan a déjà appelé les services sociaux, » dit Prentiss alors qu'ils entraient de nouveau dans la salle de conférence.

Morgan, assis à la table, hocha la tête. « Je les ai appelés… mais ils ont dit que ça prendrait deux semaines avant qu'ils n'aillent enquêter. »

« Quoi ? » JJ semblait furieuse. « Et qu'est-ce qui arrive si ces enfants n'ont pas deux semaines ? Leur as-tu dit que c'est sérieux ? »

« Oui, JJ, je l'ai fait. J'ai souligné l'importance de les sortir de cette maison, mais ils ne peuvent pas les retirer sans les évidences nécessaires et sans enquête. Ça me déplaît autant qu'à toi, mais on ne peut pas juste entrer et les sortir de là. »

JJ se renfrogna. « C'est quoi la logique avec toutes ces règles et régulations ? » demanda-t-elle à personne en particulier. « On parle de quatre enfants innocents ! Les régulations et les lois ne devraient pas compter ! » Des larmes de rage lui brûlaient les yeux. Le reste de l'équipe la fixait, aussi en colère qu'elle. Ils étaient surpris de la voir réagir aussi vivement une deuxième fois.

« Ça ne devrait pas, » approuva Hotch. « Mais c'est le cas. JJ, nous voulons que les enfants sortent de là autant que toi, mais maintenant nous avons fait tout ce que nous pouvions faire. Nous les retirerons de là et nous nous assurerons que personne ne leur fera du mal à nouveau, » l'assura-t-il

JJ hocha la tête. « Ce n'est quand même pas bien, » dit-elle avec rage. Elle ne s'était pas sentie aussi en colère depuis des années. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, le regard plein de larmes et de peur de Spencer lui sautait à l'esprit. Elle ne pouvait tout simplement pas les laisser à leur sort. C'était complètement injuste.


Ce soir-là, au dîner, la table fut extrêmement silencieuse. Lizzie et Kayla fixaient le vide devant elles. Spencer changea de position à quelques reprises. Il était encore endolori. Il picora dans son assiette et cacha ce qu'il put dans sa poche quand Grant et Nat ne regardaient pas. Il remarqua que Brad faisait la même chose et eut un petit sourire; au moins, les filles auraient quelque chose à manger.

« Pourquoi êtes-vous si calmes ? » demanda Nat après quelques minutes en regardant les enfants, les sourcils levés. « D'habitude, vous êtes beaucoup plus énervants que ça. »

Brad jeta un coup d'œil à Spencer et remarqua qu'il changeait encore une fois de position dans sa chaise. Grant fronça les sourcils. « Nat vous a posé une question, les enfants, » dit-il en plissant les yeux.

« Rien à dire, » marmonna à moitié Brad en regardant les deux adultes. Il espérait ne pas les avoir mis en colère. Heureusement, Grant accepta la réponse avec un hochement de tête sec et ne leur dit plus rien.

« Et puis, » commença Nat en se tournant vers son mari, « qu'est-ce que le FBI voulait ? » Grant lui avait mentionné que les agents étaient venus, mais il n'avait pas été dans les détails.

« Les meurtres dont ils parlent à la télé. Ils pensent que le meurtrier a peut-être été un des morveux que nous avons pris, » dit-il. « Tu te souviens de Tony ? »

Brad leva les yeux un court instant, surpris d'entendre le nom de Tony. Il avait connu Tony… pas pendant qu'il était dans la maison, évidemment – Tony était beaucoup plus vieux que lui –, mais il l'avait rencontré quelques fois il y a quelques années. Il aimait se tenir au vieux terrain de jeu près de l'école. Enfin, si c'était le même Tony, ce dont il était presque sûr puisque Tony lui avait dit avoir vécu dans cette maison aussi. Techniquement, parler aux étrangers était une mauvaise idée, Brad le savait, mais Tony ne lui avait pas semblé dangereux. Et puis, de toute façon, qu'est-ce qui pouvait possiblement être plus dangereux que de vivre dans cette maison ? Tony ne pouvait pas être un meurtrier… pas vrai ?

Nat grimaça. « Je me souviens, » répondit-elle. « Un petit emmerdeur qui ne pouvait pas se taire. » Brad se renfrogna. Il baissa le regard lorsque celui de Nat se tourna vers lui. « Un peu comme lui, » marmonna-t-elle en lui lançant un regard furieux.

Grant acquiesça. « Il est moins pire que Tony était; il ne se débat pas si tu menaces celui-là. » Il fit un signe de tête en direction de Spencer, qui se tortilla de nouveau sur son siège; cette fois, ça n'avait rien à voir avec le fait qu'il était endolori. « Le FBI pense que Tony est peut-être le tueur et ils ont dit qu'on est possiblement en danger. »

Nat eut un petit sourire satisfait et hocha la tête. « Tu as encore ce fusil en haut, » dit-elle. « On n'a pas besoin de s'inquiéter du danger. »

Grant acquiesça. « Je sais, mais ils ont parlé aux enfants aussi… Je ne sais pas ce qu'ils leur ont demandé, mais je suppose que si les morveux avaient dit quelque chose, on ne serait déjà plus ici. »

Elle fronça les sourcils, méfiante, et regarda les enfants. « Peut-être… est-ce que l'un d'entre vous leur a dit quelque chose ? »

Immédiatement, Lizzie, Spencer et Kayla se mirent à secouer la tête, effrayés. S'il y avait bien une chose qu'ils savaient, c'était qu'ignorer Nat mettait presque autant Grant en colère que lui mentir. Brad attendit un moment avant de répondre. Il hocha aussi la tête. « Non, on ne leur a rien dit. Ils ont tellement peur de vous qu'ils n'ont même pas pensé à le faire. »

Grant plissa les yeux puis le gifla durement au visage, envoyant valser sa tête sur le côté par le fait même. « Elle a demandé si vous leur avez dit quelque chose; personne ne t'as demandé de donner ton opinion. »

Brad se renfrogna et baissa le regard sur son assiette. Il était en colère, mais endolori et il lui semblait que tout élançait douloureusement; il n'était pas vraiment d'humeur à discuter avec l'homme. Grant, satisfait, sourit et se tourna de nouveau vers sa femme. Ils discutèrent pour le reste du dîner de Tony et du FBI. Les enfants écoutèrent en silence en essayant d'attirer le moins d'attention possible sur eux-mêmes. Ils avaient vécu assez de choses pour aujourd'hui.


JJ soupira. « Mais, madame, vous ne comprenez pas, » dit-elle de nouveau. « Ces enfants sont abusés et je crois que c'est grave. Si vous ne les sortez pas de là bientôt, quelqu'un pourrait mourir. »

« Agent Jareau, je comprends honnêtement votre impatience, » répondit la travailleuse sociale à l'autre bout de la ligne. « Mais sans les évidences requises, il n'y a rien que nous puissions faire, je suis désolée. Nous enverrons quelqu'un enquêter dans quelques semaines. C'est le mieux que nous puissions faire. »

« S'il vous plaît, il doit y avoir quelque chose d'autre. J'ai parlé à ces enfants et- »

« Oui, je sais, » l'interrompit la travailleuse sociale. « J'ai déjà parlé avec votre collègue, l'agent Morgan. Il m'a dit la même chose. Vous leur avez parlé et vous êtes certains qu'ils sont abusés. Mais vous avez demandé à ces enfants s'ils ont été blessés et ils ont dit que non. »

« Parce qu'ils sont terrifiés de ce qui va arriver s'ils parlent ! » répondit sèchement JJ, de nouveau en colère. « Je vous dis, quelque chose d'horrible se passe dans cette maison et vous devez faire quelque chose avant que quelque chose d'encore plus grave ne leur arrive. »

« Écoutez, Agent Jareau, c'est le mieux que je puisse faire. Nous enverrons quelqu'un faire une enquête, et si quelque chose en ressort, nous retirerons les enfants de la maison. Nous devons suivre certains protocoles - » La femme cilla et regarda le téléphone. L'agent Jareau venait de lui raccrocher au nez. Elle soupira et retourna à son travail. Elle aurait voulu pouvoir faire quelque chose de plus pour ces enfants, mais rien ne pouvait être fait.


JJ regardait d'un air renfrogné le téléphone qu'elle tenait à la main. « Ne t'inquiète pas, JJ, nous sortirons ces enfants de là, » dit Prentiss en regardant prudemment son amie. Elle n'avait jamais vu JJ se prendre la tête à ce point-là pour quelque chose… évidemment, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la colère elle aussi. Des enfants innocents étaient victimes d'abus et il n'y avait rien qu'ils pouvaient faire sans « preuves ».

JJ soupira. « Tout le monde répète ça, » dit-elle en fronçant les sourcils. « Mais, et si ce n'est assez vite, Prentiss ? »

« Nous n'abandonnerons pas, JJ. Je te le promets. »

JJ regarda ailleurs; elle savait qu'Emily et le reste de l'équipe avait raison et elle détestait cela. Ces enfants étaient complètement innocents et ne méritaient pas la douleur qu'on leur infligeait. Elle aurait voulu que, d'une manière ou d'une autre, ils s'ouvrent à elle. Il devait y avoir quelque chose d'autre à faire.


Heureusement, Spencer eut le droit de dormir dans son propre lit ce soir-là et il en remercia le ciel tout en étreignant l'oreiller sous lui. Il détestait sentir les bras de Grant autour de lui, ses mains qui le touchaient… c'était déjà assez horrible dans ses cauchemars.

Il ferma les yeux, mais les rouvrit immédiatement. Il ne réussissait pas à sortir les images de ce qui était arrivé aujourd'hui de sa tête. « Brad ? », murmura-t-il en regardant son frère d'accueil de l'autre côté de la pièce.

« Qu'est-ce qu'il y a, Spence ? » murmura à son tour Brad en se redressant un peu dans son lit.

Spencer prit une grande inspiration. « Est-ce que ça t'arrive… de penser à tes parents ? » demanda-t-il doucement.

Brad cilla, surpris par la question. « Oui, » répondit-il finalement, « tout le temps ».

« Comment… comment est-ce que tu fais pour penser à eux sans pleurer ? » demanda Spencer en mordillant sa lèvre. Il pensait souvent à sa mère ces derniers temps et, à chaque fois, il se mettait à pleurer parce qu'elle lui manquait. Et quand il pensait à son père… Spencer pleurait parce qu'il ne le voulait pas.

Brad soupira. « En fait, » répondit-il, « je pleure dès que je pense à eux… je m'ennuie d'eux. Mais… quand j'étais triste parce que mon grand-père, qui est mort quand j'étais petit, me manquait trop, maman avait l'habitude de me lire un poème… »

« Quel poème ? » demanda Spencer, les sourcils froncés.

Brad sourit et se mit à réciter : « If tears could build a stairway,

And memories a lane,

I'd walk right up to heaven,

And bring you home again.*

Tu as le droit de pleurer, Spence, » ajouta-t-il. « C'est correct de t'ennuyer de ta maman… Essaie juste de… essaie de penser aux moments plus heureux que tu as passés avec elle. Ça rend les choses un peu plus faciles parfois. »

Spencer hocha lentement la tête, répétant doucement le poème dans sa tête. « Ok… et Brad ? »

« Oui, Spence ? »

« Merci. Merci de… me protéger. »

Brad cilla, surpris, et sourit de nouveau. « Tu n'as pas à me remercier, Spencer, » dit-il. « Quelle genre de personne est-ce que je serais si je ne te protégeais pas ? »


*Si les larmes pouvaient construire un escalier,

Et les larmes, un chemin,

Je marcherais jusqu'au Paradis

Et te ramènerais à la maison.