AUTEUR: criminalxxxmindsxxxfreak
TITRE ORIGINAL: A Place to Call Home
DISCLAIMER: Les personnages, le texte original et les idées ne sont pas de moi. Je n'ai fait que traduire le texte, avec la permission de l'auteur.
N/T: Voici donc la suite !

Merci à ceux qui me lisent encore et aussi aux nouveaux lecteurs, je suis vraiment contente que vous appréciez la traduction.

En ce moment, j'ai beaucoup de temps pour traduire parce que je viens de commencer l'université et que je n'ai pas encore de projets, mais j'ai énormément de temps libres. J'en profite pour essayer de finir l'histoire avant que ça ne devienne l'enfer. Je ne sais pas si j'y arriverai, mais on verra bien. :)

ATTENTION: abus physique, sexuel et psychologique d'enfants, comme toujours, mais il n'y a rien dans ce chapitre. (De toute manière, si vous avez lu jusqu'à ce chapitre, vous avez de toute évidence l'estomac assez solide pour lire jusqu'à la fin.)


Spencer avait toujours été divisé au sujet de l'école. Il était très heureux du temps qu'il passait loin de la maison d'enfer de Grant et Nat, mais l'école amenait ses propres défis. Les plus vieux enfants (et même parfois ceux de son âge) n'acceptaient pas vraiment le petit génie. En ajoutant le fait qu'il était en foyer d'accueil et que sa mère était schizophrène à sa surprenante intelligence, il devenait une cible ambulante pour les petits tyrans.

Habituellement, lors des jours d'école, Nat venait les conduire et les chercher. Honnêtement, Spencer n'était pas certain s'il préférait le bus plein de crétins qui n'arrêtaient pas de le provoquer ou la voiture conduite par sa mère adoptive et violente. Ce dont il était certain, c'est qu'il préférait de loin aller à l'école que passer la journée à la maison avec Grant.

En entrant dans la classe, il avait plusieurs nouvelles ecchymoses, la plupart camouflées soigneusement sous ses vêtements. Quelques-unes étaient sur ses tempes, cachées sous une mèche de cheveux, mais celles sur sa mâchoire – où Grand l'avait frappé – n'étaient pas aussi faciles à dissimuler. Son enseignant, M. Underwood, les remarqua. Quand il questionna Spencer, il répondit ce qu'il avait dit aux agents du FBI : il était tombé du lit.

Il remarqua l'air sceptique de M. Underwood, mais l'ignora et rejoignit son siège, tout au fond de la classe. Il n'aimait pas être là où tout le monde pouvait le voir. Quand il s'assit, le regard de M. Underwood était posé sur lui. Spencer se demandait à quoi l'enseignant pensait… Puis, il se leva quand la dernière cloche sonna et il ramena la classe à l'ordre.

« Nous allons encore travailler sur nos multiplications aujourd'hui, » expliqua-t-il. La moitié de la classe se mit à rouspéter. Ils avaient travaillé sur les multiplications toute la semaine d'avant et, jusqu'à maintenant, aucun des enfants n'avait dépassé la table de sept… sauf Spencer, qui savait déjà comment résoudre des équations mathématiques beaucoup plus compliquées.

Spencer prit la feuille de travail qu'on lui tendait et la termina en moins d'une minute. Il releva la tête une fois qu'il eut terminé pour se rendre compte que tout le monde travaillait encore. Il se mit à balancer ses jambes en dessous de la table et soupira, déjà en train de s'ennuyer. Pour se divertir, il se mit à réciter la trilogie du Seigneur des anneaux dans sa tête, les yeux fixés sur la fenêtre à côté de sa place.

Par l'heure du déjeuner, Spencer avait déjà été insulté plusieurs fois, poussé deux fois et frappé dans la tête par au moins vingt boules de papier. Il les ignora, s'assoyant tout seul à une petite table comme il le faisait toujours. C'était un mardi comme tous les autres, aussi ça ne le dérangeait pas. Il savait que les choses pouvaient être bien pires. Il soupira, jouant avec la nourriture dans son assiette. Il aurait voulu que Brad soit là, mais il ne pouvait plus venir à l'école élémentaire… Il était en huitième année maintenant, à l'école intermédiaire quelques rues plus loin.

Une petite tape sur son épaule lui fit relever la tête. M. Underwood était debout devant lui, les sourcils froncés. « Est-ce que je peux m'asseoir, Spencer ? » demanda-t-il en pointant la chaise vide en face de lui.

Curieux et confus, Spencer haussa les épaules, jouant toujours avec sa nourriture. En soupirant, M. Underwood s'assit et le regarda un moment, l'air inquiet. Spencer se tortilla sous son regard, rendu inconfortable par l'attention qu'on lui portait. « Spencer, » dit M. Underwood après un moment, « est-ce que… tout va bien à la maison ? »

Il cilla, regardant son enseignant une bonne minute avant de demander : « Qu'est-ce que vous voulez dire ? »

M. Underwood regarda la table pour une seconde. « Spencer, j'ai remarqué que tu viens à l'école avec un nombre anormal d'ecchymoses, » dit-il doucement. « Habituellement, elles n'ont pas l'air si terrible… quelques bosses sur ton bras ou le côté de ta tête… » Il s'arrêta, pinçant les lèvres un moment avant de continuer. « Mais aujourd'hui, elles sont pires. Spencer, tu ne t'es pas fait ça en tombant du lit. Je vais te le demander une autre fois : est-ce que tout va bien à la maison ? Y a-t-il quelque chose dont tu voudrais me parler ? »

Spencer baissa les yeux. « Non… Je vous l'ai dit, M. Undwerwood, je suis tombé de mon lit vendredi soir. Je faisais un cauchemar et j'ai roulé en bas. C'est plutôt haut du sol… »

M. Underwood soupira. « Spencer, tu sais que tu peux me faire confiance ? Et si tu ne veux pas m'en parler… le bureau de la conseillère scolaire est toujours ouvert. Je suis certain que ça ne dérangerait pas Mme Davies de t'écouter. »

Spencer repensa à ce que Brad lui avait dit à propos de parler aux agents du FBI s'ils revenaient… il était certain que le FBI pourrait aider, mais la conseillère de l'école ? Il en doutait… De toute façon, la dernière fois qu'il avait fait confiance à une conseillère à propos de l'abus, on l'avait retiré de la maison des Jameson et on l'avait mis sous les soins de Grant et Nat. Il ne pouvait pas risquer que quelque chose de semblable se reproduise.

Alors, il hocha la tête. « Je n'ai pas besoin de lui parler, M. Underwood, » dit-il doucement. « Tout va bien. »

M. Underwood soupira, décidé à appeler les services sociaux pour dénoncer la possibilité d'abus. Il voyait bien que quelque chose n'allait pas et il aurait voulu que Spencer se confie à lui. Il était un bon élève, qui ne mêlait pas aux autres. Il ne le blâmait pas : être la victime et être tourmenté par les autres étudiants empêchaient probablement Spencer de se faire des amis. « D'accord, Spencer, » dit-il en se levant. « Mais… si jamais il y a un problème, tu peux me parler, ok ? »

Spencer acquiesça lentement. « Oui, monsieur, » dit-il doucement. Il regarda M. Underwood s'éloigner et soupira, baissant le regard vers son assiette. Il espérait vraiment que les agents du FBI reviendraient bientôt à la maison… il voulait désespérément leur dire la vérité.


JJ sourit, pour ce qui était probablement la première fois en plusieurs jours. « Merci, Garcia, » dit-elle en fermant son téléphone. Elle était stationnée en avant d'une école primaire, étudiant le portail. C'était cette établissement que Spencer, Lizzie et Kayla fréquentaient. Elle avait appelé Garcia la veille pour obtenir le nom de l'école et aujourd'hui aussi pour savoir comment s'y rendre.

Elle débarqua du VUS en jetant un coup d'œil à sa montre. La dernière cloche de la journée était sur le point de sonner, plus que quelques minutes à attendre. Elle vérifia son téléphone une autre fois, s'assurant qu'elle n'avait pas manqué d'appels. Elle savait qu'elle aurait probablement dû être de retour à la station de police, fouillant parmi de possibles pistes sur les allées et venues d'Anthony Woods, mais elle ne s'en irait pas tant qu'elle n'aurait pas parlé à un de ces enfants. Elle devait faire quelque chose et, sachant qu'aller à la maison risquait de causer plus de torts que de bien, elle avait décidé que, faute de mieux, leur parler à l'école était la meilleure chose.

La cloche sonna, un son aigu et désagréable et une vague d'élèves jaillit des portes. Elle trouva rapidement Spencer, tourmenté par un petit groupe de plus vieux étudiants. Ses yeux bleus se plissèrent alors qu'elle se rapprochait. « Hé ! » dit-elle sèchement, attrapant un des garçons par le collet. « Laisse-le tranquille. »

Le garçon, qui ne devait pas avoir plus de onze ou douze ans, la fusilla du regard. « Pourquoi ? » marmonna-t-il. « Il est juste un taré sans vrais parents. »

JJ lui jeta un regard mauvais. Elle ressentait l'envie de frapper un enfant pour la première fois de sa vie. « C'est un petit garçon de neuf ans, » répondit-elle sèchement. « Et tu le harcèles parce qu'il est différent ? Quoi, tu ne peux pas t'attaquer à quelqu'un de ton âge ? »

Le garçon cilla, n'appréciant clairement pas de se faire reprendre en avant de ses amis. « Laisse-le tranquille, » ordonna de nouveau JJ. « Ou je peux te faire arrêter. » Elle sortit son badge et le planqua sous son nez. Il pâlit et acquiesça, puis s'enfuit, ses amis à sa suite.

Spencer la fixa un moment. « Merci, » murmura-t-il, un petit sourire illuminant son visage. Pour un moment, son sourire convainquit JJ que tout cela valait la peine. Puis elle remarqua les nouvelles ecchymoses sur sa mâchoire et elle fronça les sourcils.

« Spencer, te souviens-tu de moi ? » demanda-t-elle en s'agenouillant devant lui.

Il hocha la tête. « Tu travailles pour le FBI, » dit-il. « JJ… »

Elle sourit. « Oui… Je voulais juste arrêter à ton école… et voir si tu avais changé d'idée à propos des questions que Derek et moi t'avons posées. »

Il fronça les sourcils, se mordant la lèvre inférieure. Il semblait sur le point de dire quelque chose quand le klaxon d'une voiture attira son attention vers le stationnement quelques mètres plus loin. JJ se retourna pour voir une femme aux cheveux foncés assise dans une voiture, Lizzie et Kayla déjà installées sur le siège arrière. Ce doit être Natalie Pierce, pensa JJ en se renfrognant.

« Est-ce que c'est ta mère de famille d'accueil ? » demanda JJ. Spencer hocha la tête, l'air soudainement effrayé.

« Je dois y aller, » murmura-t-il.

« Attends une seconde, » dit JJ en l'arrêtant. « Tiens. » Elle se positionna pour que Natalie ne puisse pas voir de la voiture ce qu'elle faisait. Elle sortit une petite carte d'affaires blanche et la déposa dans sa poche. « Je veux que tu m'appelles, d'accord, Spencer ? Si quelque chose arrive, quoi que ce soit, je veux que tu m'appelles. Je vais être là pour aider, ok ? »

Spencer se mordit la lèvre et acquiesça. « Ok, » dit-il. « Merci, JJ. » Elle lui sourit. « De rien, trésor. Appelle-moi, s'il te plaît. »

Il hocha la tête avant de se détourner d'elle et de se diriger vers la voiture. Cela déchirait le cœur de JJ de le laisser embarquer dans ce véhicule en sachant où ça l'amènerait. Mais elle se sentait un peu mieux à l'idée que Spencer avait maintenant son numéro. Avec un peu de chance, il appellerait… avec un peu de chance, il serait capable d'appeler. Et, s'il n'avait pas appelé par le lendemain, elle n'attendrait pas plus longtemps pour des « preuves ». Elle entrerait dans cette maison et elle arrêterait Grant et Natalie Pierce.


Il était debout, appuyé contre la clôture de métal en face de l'école. Il regardait la voiture. Il vit le petit garçon maigrichon embarquer dans le véhicule avant qu'il ne l'éloigne, le chauffeur occupé à crier après lui. Il fronça les sourcils. Il se souvenait de ces cris… se souvenait de l'expression de son visage et des punitions qui venaient avec. Il se souvenait d'où venaient les blessures qu'il avait l'habitude de cacher. Il se souvenait s'être caché sous le lit, quelques fois, espérant pouvoir s'échapper.

Il savait dans quel enfer ces enfants vivaient et il décida qu'il était finalement temps d'y mette fin. Ils ne méritaient pas plus que lui de vivre ainsi. Sa main se serra autour du couteau qu'il avait dans sa poche pendant qu'il se mordillait inconsciemment sa lèvre inférieure. Ce soir était le bon moment. Ce soir, il obtiendrait finalement sa vengeance des gens qui la méritaient le plus.