Chapitre 4 - Donna Noble
Warning: het, soft lemon
Spoilers: The dark path (livre) mais il n'est pas nécessaire de connaitre ce livre pour comprendre l'histoire.
Note de l'auteure: ce chapitre se déroule après The end of time, mais avant le prologue(Wilfred n'a pas encore libérer le Maître)
Il somnola durant le trajet et remarqua à peine la richesse de la demeure vers laquelle ils se dirigeaient. Il ne se rappelait pas trop du trajet qu'il avait parcouru de la voiture jusqu'à la chambre d'invités. Il s'écroula sur le lit.
Il se réveilla affamé et encore épuisé. Il sortit de la chambre, cherchant de la nourriture quelque part. Une femme de ménage le vit et l'aida à se rendre à la cuisine. Elle lui servi à manger et appela son employeur. Donna arriva peu après.
« Bonjour. J'ai laissé des vêtements propres près de votre lit. Si vous voulez prendre une douche, » lui dit-elle.
Il acquiesça, mais revenu à sa chambre, il s'endormit à nouveau.
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Il était dans un trou noir et s'agrippait à la console de son TARDIS. Il sentait la pression l'écraser, l'étirer et le déchiqueter. La douleur était atroce. À travers sa peau déchirée, il voyait l'énergie Artron briller et éclater autour de lui. Elle forma un nouveau corps, intact. Toutefois, il poursuivait sa chute dans le trou noir et ce nouveau corps se déchira à son tour. Il tenta de reprendre le contrôle du TARDIS avant de mourir de nouveau et répéta l'opération. Il ignorait combien de fois au total il était mort et revenu. Chaque fois, c'était dans d'atroces souffrances.
Un froid intense le submergea. Hurlant, il se réveilla en sursaut. Il était en sous-vêtements, dans une baignoire d'eau froide et de glace. Par réflexe, il chercha à agresser la personne qui le tenait pour s'enfuir.
« Du calme, » lui dit un homme qu'il n'avait pas remarqué auparavant. Il le connaissait, il en était certain. Un infirmier mit un peu d'eau chaude, mais il ne cessait de grelotter durant tout le temps qu'on le lava et l'habilla. Il détestait être manipulé de la sorte, mais il n'avait pas la force de se débattre.
« Comment as-tu fait pour savoir qu'il avait beaucoup trop de fièvre ? sa température est plus basse que la normale, demanda l'homme à Donna.
- Je ne sais pas, Shawn. Ça m'a semblé évident. C'est tout.
- Comment va-t-il ? demanda un vieil homme en entrant dans la chambre.
- Il est conscient. Il va survivre, Grand-père.
- On ne l'aurait pas dit voilà quelques heures. Tu l'as sauvé. »
Le Maître ne pouvait s'empêcher d'observer le plus âgé des deux hommes. Même s'il était principalement occupé à manger et à grelotter.
« Je vous connais, finit-il par dire.
Oui, moi aussi » répondit celui-ci, d'un air peu amical.
Il aurait eu envie de lui poser des questions, mais les mots ne semblaient pas vouloir se former et il se sentait terriblement épuisé. Le vieil homme quitta la pièce avant qu'il ait pu réagir. Le Maître retourna se reposer.
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Lorsqu'il se réveilla, il ignorait combien de temps il avait dormi. Il était affamé.
Il se dirigea vers la cuisine, étonné de connaître le chemin. Il n'y avait que les deux hommes qui buvaient une tasse de thé. Le plus jeune le vit le premier, mais le Maître regardait l'homme âgé. Il se souvenait de lui.
« Wilfred, » tenta-t-il, incertain.
Sa voix était enrouée à cause du virus.
« Oui. C'est bien mon nom, affirma-t-il.
- Moi c'est Shawn, et vous ? demanda le plus jeune.
- Koschei.
- C'est russe ?
- Je ne sais pas.
- C'est vrai. Donna m'a dit que vous aviez perdu la mémoire, se rappela Shawn.
- Où est-elle ?
- Elle fait des courses. Vous voulez du thé ou du café ?
- J'ai faim.»
Shawn lui fit réchauffer des restes et lui offrit du café. Pendant qu'il mangeait, Wilfred le toisa du regard. Le Maître savait que cet homme se méfiait de lui, mais il ignorait pourquoi. Lorsqu'il eut terminé, Shawn lui proposa de visiter la maison. Il accepta.
La salle de jeux lui semblait particulièrement intéressante. Il y avait une table de billard, divers jeux vidéo, un jeu de fléchettes etc. Shawn l'invita à faire une partie de billard. Il accepta et gagna. Ils furent rejoints par Wilfred.
Ensuite, il visita une salle de musique. Il y avait une batterie, des guitares, un clavier et un micro. Cette pièce était pour Shawn et ses amis. Il y avait des musiciens parmi son groupe d'amis et ils adoraient jouer ensemble. Le Maître fixa les instruments, particulièrement la batterie et il eut un vertige. Wilfred s'en aperçu :
« Ça va ? s'inquiéta-t-il.
- J'ai joué de la batterie à l'académie, durant ma jeunesse. J'avais monté un petit groupe avec quelques amis du Déca*. Je ne me rappelle plus trop. Theta* était là, mais je ne me souviens plus de ce qu'il faisait, » s'exclama-t-il, enthousiaste.
Même si le souvenir était banal, pour lui, c'était important. Ça signifiait que sa mémoire revenait.
- Qui est Theta ? demanda Wilfred, intrigué.
- Mon meilleur ami.
- Vous ressemblez à un chanteur d'un groupe que j'écoutais durant les années 90. Je ne me rappelle plus du nom. Vous voulez essayer ? » lui offrit Shawn, en montrant la batterie.
Le Maître essaya, mais il avait perdu ce talent depuis longtemps.
« Vous pouvez me montrer comment jouer ? demanda-t-il.
- Je peux vous enseigner la guitare, mais pas la batterie, avoua Shawn.
- J'aimerai bien. »
Shawn passa une partie de l'après-midi à lui montrer comment jouer et il y prit goût. Il s'aperçut qu'il aimait beaucoup la musique. Wilfred était déjà remonté. En entendant les voix, ils devinèrent que Donna était revenue. Ils remontèrent. Shawn lui permis d'amener la guitare avec lui.
Elle fut ravie de voir qu'il se portait beaucoup mieux. Il sentit fortement l'appel. Quelque chose en elle voulait communiquer avec lui. Il trouvait cela de plus en plus étrange. Elle ne semblait pas du tout consciente qu'elle l'appelait par télépathie.
Shawn disparut après le souper et il regagna sa chambre, épuisé. Wilfred resta avec Donna.
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Pendant environ une semaine, son quotidien se résumait à manger et à essayer de dormir. Entre cela, il arrivait à lire un peu, pratiquer la guitare, regarder la télé ou jouer au Nintendo DS. Il sortait peu de sa chambre, n'ayant pas beaucoup d'énergie. Par contre, il savait ce qui se passait à l'extérieur.
Les disputes entre Shawn et Donna étaient quotidiennes et c'était toujours pour la même raison : Shawn avait un sérieux problème de dépendance au jeu. Donna avait beaucoup d'argent, mais le fait qu'il le dépensait à ce rythme-là ne lui plaisait pas du tout. Il avait joué l'argent mis de côté pour l'adoption en Chine. En les écoutant, il comprit que c'était Shawn qui ne pouvait pas avoir d'enfants.
Il savait également que Sylvia et Wilfred, la mère et le grand-père de Donna, venaient régulièrement lui rendre visite et la prévenir du danger qu'elle courait à l'héberger, lui. Donna ne les écoutait pas. Premièrement, aucun des deux n'arrivaient à lui donner une raison claire. Elle ne comprenait pas pourquoi sa famille le détestait. Lui non plus ne le savait pas.
Parfois, Donna venait le chercher pour qu'il regarde un film avec elle. Elle voulait discuter avec lui. C'était difficile alors qu'il ne se connaissait pas lui-même. De plus, cet appel télépathique lui faisait perdre toute concentration.
Ce soir-là, elle le rejoignit dans sa chambre alors qu'il pratiquait la guitare.
« Vous avez progressé énormément depuis une semaine, lui fit-elle remarquer.
- Vous trouvez ?
- Peut-être que vous ne faites pas que ressembler à ce chanteur des années 90. C'est peut-être vous.
- Shawn vous a parlé de notre visite dans la salle de musique ? comprit le Maître.
- Oui. J'aimerai pouvoir vous aider à vous souvenir.
- Vous m'aider à survivre. C'est déjà pas mal. De plus, vu l'opinion que votre famille a de moi, je ne suis pas certain de vouloir me souvenir.
- Ils sont juste trop protecteurs. Je ne vous crois pas lorsque vous dites ne pas vouloir vous souvenir.
- Vous avez raison. Votre mère trouve que je ressemble à ce premier ministre devenu fou. Votre mari, à un chanteur. Et vous ?
- Je ne sais pas. Vous savez, parfois j'ai aussi l'impression d'avoir oublié une grande partie de ma vie. Tous me disent que je me fais des idées, mais je crois qu'ils me mentent. Peu importe. C'est ridicule et on ne se connaît pas vraiment, conclut-elle, mal à l'aise.
- Mais vous me faites confiance.
- Je ne sais pas pourquoi. Vous me rappeler quelqu'un. Une personne chère dont je n'arrive pas à me rappeler et qui, selon ma mère, n'a jamais existé.
- Je vous crois.
- Vraiment ? s'étonna-t-elle.
- Je suis télépathe, Donna. Je peux essayer de vous aider.
- En entrant dans ma tête ?
- Oui. Si vous voulez.
- D'accord, mais doucement. »
Il posa le bout de ses doigts sur ses tempes et se concentra. Il n'eut pas à chercher très longtemps. Elle se rappelait exactement le même geste, mais fait par un autre : le Docteur. Il ne pouvait mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Il n'était même pas en mesure de savoir si c'était bon ou mauvais comme sensation. Il était tout simplement choqué. Il la lâcha aussitôt.
« Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta-t-elle.
- Le Docteur, répondit-il, bouleversé.
- Le Docteur ?
- Votre ami oublié est le Docteur.
- Le Docteur. Comment ai-je pu oublier le Docteur et le TARDIS ? Avec tous ce que nous avons fais. Les endroits que nous avons visités. Les... oh mon Dieu, ma tête. »
Il ne s'était pas encore remis du choc lorsqu'il réalisa qu'il devait faire quelque chose pour aider Donna et rapidement. Elle hurlait de douleur et allait mourir s'il ne faisait rien. Il entra dans sa tête et imagina un mur qu'il construisit autour de ses souvenirs du Docteur. Elle cessa de crier et il dût la retenir pour ne pas qu'elle tombe. Elle reprit ses esprits.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle, perplexe.
- Vous avez eu un malaise.
- Pourquoi suis-je dans votre chambre ?
- Vous me disiez que j'avais bien progressé à la guitare.
- Oh oui. C'est vrai. Je suis venue pour autre chose aussi. »
Elle chercha dans ses poches et y retira un diamant. Son diamant.
« Je l'ai trouvé dans le fond de la machine à laver après y avoir mit vos vêtements. J'ai supposé que c'était à vous.
- Oui, c'est à moi. Merci, confirma-t-il.
- Si Shawn le voit, il va le vendre pour pouvoir jouer davantage. Alors, gardez-le hors de sa vue.
- Promis.
- Pourquoi ne l'avez-vous pas vendu ? Pour manger, vous loger etc.
- Je ne peux pas.
- Il a une valeur sentimentale, devina-t-elle.
- Oui. »
Il lui dit qu'il voulait dormir pour qu'elle le laisse seul. En réalité, il se sentait très frustré. Elle connaissait le Docteur qu'il cherchait tant et il ne pouvait pas lui en parler. Il pourrait, en lui extorquant des informations jusqu'à ce qu'elle meure. Mais quelle quantité en obtiendrait-il avant qu'elle ne rende l'âme ? Ce n'était pas une bonne option. Le Docteur avait laissé une partie de lui-même en elle. Cela l'intriguait beaucoup.
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Le jour suivant, elle n'avait qu'une légère migraine et ne se rappelait pas de cet incident. Par contre, lui n'avait pas pu dormir. Il avait passé la nuit à fouiller dans sa propre tête pour réveiller quelques souvenirs. Maintenant qu'il avait vu précisément le visage du Docteur, il avait pu se concentrer sur cette image. Il n'obtient rien, sauf un cauchemar : il avait vu le Docteur pointer une arme vers lui. La scène coupait et il voyait cet homme avec la tunique rouge et or. Il souriait et l'attirait vers le trou noir dans lequel il mourait encore et encore.
Il y avait également ces horribles tambours. Ils étaient partout autour de lui et le rendait fou. Il s'était réveillé en hurlant. Même éveillé, il entendait toujours les tambours. Ses cœurs battaient à tout rompre et sa respiration était difficile, particulièrement avec cette infection pulmonaire. Il était en crise.
La seule chose qu'il trouva à faire, fut de s'enfermer dans la salle de bains jouxtant à sa chambre et d'attendre que ça passe. Ensuite, il resta couché toute la journée, épuisé, mais sans parvenir à s'endormir. Il sortit de sa chambre en fin d'après-midi après s'être douché et changé.
Donna était là et préparait un souper romantique pour Shawn et elle. Même si ça n'allait pas très bien entre eux, c'était tout de même leur anniversaire de mariage ce jour-là. Il choisit de l'aider après avoir mangé quelques restes. Cela lui faisait oublier ses cauchemars et les tambours. Shawn avait promis d'être là, mais plus les heures s'écoulaient, plus l'enthousiasme de Donna diminuait.
Il avait déjà regagné sa chambre depuis environ une heure lorsqu'elle vint le chercher.
« Il ne viendra pas. Vous voulez bien partager ce repas avec moi ?
- Bien sûr. »
Elle l'escorta jusqu'à la salle à manger et éteignit les bougies, les jugeant superflues. Dommage, il aimait bien cela. Elle servit l'entrée d'abord. C'était un potage qu'il trouva délicieux. Elle avait préparé un repas avec plusieurs services et beaucoup de nourriture, mais elle mangea peu. Pour lui, c'était une bonne chose. Ça lui en faisait plus. Elle n'avait pas envie de parler non plus. Ça lui était égal. Le silence ne le mettait pas mal à l'aise.
Après le repas, ils passèrent au séjour et elle sortit le vin et le champagne. Elle avait la ferme intention de s'enivrer. Il but avec elle. Une fois réchauffée, elle ne faisait que parler en mal de Shawn, se promettant de lui faire regretter cet oubli. Ou bien elle pleurait, râlant sur tout le mal qu'il lui faisait.
Le Maître ne l'écoutait pas réellement, captivé par l'appel télépathique. Plus Donna était ivre, plus la présence psychique en elle était forte et plus elle l'attirait. Voyant que ses lamentations n'avaient pas vraiment d'emprise sur lui, Donna changea de tactile. Elle tenta de le séduire. Elle semblait croire que tromper Shawn serait une bonne revanche, mais quelque chose d'autre la poussait. Tout comme lui. Il ne connaissait pas grand chose aux relations amoureuses. S'il en avait eu une il ne s'en souvenait pas. Il ne savait pas trop quoi penser de cette infidélité.
Lorsqu'elle l'embrassa, il ne la repoussa pas. Il s'aperçut qu'il en avait très envie lui aussi. C'était étrange. Il ne se sentait pas bien du tout. Il était épuisé, malade, un peu ivre et il venait de faire une crise. Avoir une relation sexuelle ne lui disait rien, mais la présence l'appelait.D'instinct, il chercha à entrer en contact télépathique avec elle. Contrairement à Jack Harkness, Donna ne lui imposait aucune limite, bien au contraire. La présence cherchait à l'attirer de plus en plus. Alors que leurs corps commençaient à se caresser, son esprit toucha celui de Donna. Il ressentit l'équivalent mental d'une petite décharge électrique.
Un humain normal aurait dû le repousser. Il était déjà allé plus loin qu'avec Jack, mais Donna avait la psyché d'un être de sa propre espèce. Plutôt que de le repousser, elle l'invita à fusionner mentalement avec elle. Il sentit son propre désir s'embraser. Il ne se souvenait plus de la dernière fois où il avait eu une relation complète. Ce qui signifiait une relation à la fois télépathique et physique.
L'entité psychique avait même une identité propre : Docteur Donna. Il y reconnaissait Donna, mais étrangement, le Docteur. La fusion télépathique permettait de voir ce qu'était vraiment les gens. Impossible de mentir à travers ce type de contact. Il vit son courage, sa passion, son dévouement, sa bonté, sa force, mais également sa fragilité et son incertitude, ses doutes et ses peurs. Donna avait de belles qualités. Des qualités que Theta possédait et que lui n'aurait jamais. C'était sûrement pour cette raison qu'elles lui plaisaient autant. Le désir les consuma tout les deux.
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Après leur étreinte, elle s'effondra sur le canapé, exténuée et s'y endormit aussitôt. Bien qu'épuisé lui aussi, il ne pouvait pas rester sur le canapé. Il n'y avait pas de place. Il trouva une couverture et la couvrit. Puis il ramassa les vêtements sur le sol et gagna son propre lit. Il dormit d'un sommeil profond et sans rêve. Aucun des deux n'avait entendu Shawn rentrer.
Le lendemain, il se réveilla avec un bon mal de tête. Il était un peu confus. Il ne comprenait toujours pas pourquoi ils en étaient arrivés là. Pour Donna, ça pouvait s'expliquer par sa frustration accumulée suite à l'absence de son mari. Mêlée à la déception et à l'alcool. Pour lui, l'alcool n'était pas un argument valable et il ne l'avait jamais désirée avant ce soir.
Il prit une douche avant de sortir de sa chambre. Il alla à la cuisine pour manger quelque chose. Il se retrouva devant Shawn qui buvait son café. Le Maître s'en servi un.
« Que s'est-il passé ici ? demanda Shawn en regardant les bouteilles d'alcool vides et les assiettes sales.
- C'était votre anniversaire de mariage. Elle avait préparé un repas spécial. Elle vous a attendu, mais vous n'êtes jamais venu. Alors, elle s'est enivrée et j'ai profité du repas à votre place.
- Et d'elle, par l'effet même ? devina-t-il.
- Que voulez-vous dire par profiter d'elle ?
- Que tu l'as sautée, s'exclama-t-il, avec colère.
- Oui, » répondit-il, tout simplement.
Shawn laissa éclater sa colère en bousculant les objets encombrant les comptoirs. Il l'engueulait et il l'injuriait. Le Maître l'observait, stoïque. Quand sa colère s'apaisa un peu, il lui ordonna de disparaître dans les vingt-quatre heures et de ne jamais revenir. Alors qu'il lui tournait le dos, le Maître sourit et nota mentalement l'heure exacte. Il avait dit vingt-quatre heures. Il allait rester vingt-quatre heures, pas une minute de moins. Il ne comprenait pas pourquoi, mais voir Shawn hors de lui, par sa faute, lui procura une étrange satisfaction.
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Plus tard, quand Donna fut réveillée, il eut droit à une nouvelle scène de ménage. Il les observait de loin, amusé. Shawn finit par partir en claquant la porte. Il eut droit à des reproches de la part de Donna. Elle le blâmait d'avoir profité du fait qu'elle était ivre, plutôt que d'avoir essayé de l'arrêter. Il la laissa se défouler sans dire un mot. Elle s'arrêta, s'apercevant que c'était inutile.
« Tu es comme tous les autres hommes. Tu ne penses qu'au sexe, conclut-elle.
- Le tutoiement, c'est nouveau ? remarqua-t-il, indifférent à ce qu'elle avait dit précédemment.
- On a couché ensemble. Je pense qu'on est suffisamment intimes pour se tutoyer. Mon Dieu ! Mais qu'est-ce qu'on a fait ? » soupira-t-elle.
Il ne répondit pas.
« Pourquoi tu ne dis rien ?
- Que devrais-je dire ?
- Je ne sais pas. Tu pourrais défendre ton point de vue. Essayer de te justifier ou t'excuser.
- Tu veux mon point de vue ?
- Ce serait un début.
- J'ai aimé notre soirée.
- Cela fait au moins un heureux, » conclut-elle, au bord des larmes.
Il se fit un autre café et lui en offrit un. Il essayait de capter l'appel télépathique de Docteur Donna, mais il n'y avait plus rien. La présence s'était tût. Cela lui semblait un peu étrange.
« Après avoir joué les sans cœurs, tu as un élan de sympathie pour la pauvre idiote que je suis ? lui reprocha-t-elle.
- Tu n'es pas idiote et ce n'est pas de la sympathie. Je veux te poser des questions.
- Vas-y.
- Est-ce que tu t'en souviens ?
- C'est un peu dur à oublier.
- Non. Beaucoup de gens oublient ce qu'ils font quand ils sont ivres, incluant le sexe. Nous, hier, c'était différent, » affirma-t-il.
Elle le regarda, soudainement intéressée. Peut-être avait-elle saisi quelque chose qui lui échappait. Vu son regard, ça semblait être le cas.
« C'était étrange. Unique. Merveilleux, avoua-t-elle, contre son gré.
- Je suis d'accord. N'as-tu pas eu l'impression que quelque chose te contrôlait ?
- Un peu. Toi aussi ?
- Oui.
- J'ai eu l'impression que... oh, laisses tomber. C'est idiot.
- Je veux savoir, insista le Maître.
- On ne se connaît pas toi et moi. Pourtant, hier pendant... enfin. J'avais l'impression de te connaître réellement. Comme si nous étions très proches. Je sais, c'est idiot et c'est parti maintenant, mais sur le moment…
- C'est normal. C'est toujours comme ça lorsqu'on fait du sexe télépathique.
- Du quoi ? s'étonna-t-elle.
- Tu as très bien compris, Donna. Tu as raison. Hier on se connaissait très intimement et pas juste physiquement. Rassures-toi. Cela a tendance à se dissiper très rapidement, mais c'est une expérience agréable.
- Oui, mais il y a des choses qui sont restées.
- Ça va disparaître. Qu'as-tu retenu de moi ? lui demanda-t-il, intrigué.
- Que tu es un être malveillant. Je m'excuse, mais c'est ce que j'ai ressenti.
- J'apprécie ton honnêteté.
- Je ne regrette pas de t'avoir aidé, malgré tout, affirma-t-elle.
- Pourquoi ?
- Parce que tu veux devenir quelqu'un de meilleur. Bref, c'est juste une première impression. Peut-être que ça ne veut rien dire, conclut-elle, en terminant son café.
- Peut-être. »
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Quand Shawn revint, il semblait moins fâché. Il avait parlé à Donna. Elle lui avait expliqué qu'il était aussi soûl qu'elle donc, pas nécessairement le seul responsable. Il lui demanda tout de même de partir immédiatement. Dans sa colère, il avait téléphoné au numéro donné dans les médias, concernant l'étrange homme à deux cœurs.
Il remit ses vêtements noirs, propres à présent. Donna lui donna de l'argent et Shawn lui laissa la guitare. Il lui dit qu'il était assez doué pour s'en servir et gagner un peu d'argent en jouant dans les rues et les stations de métro. Donna lui laissa également la DS, car personne ne s'en servait.
Il n'avait pas l'intention de quitter Chiswick maintenant. Il n'en dit rien et se dirigea vers la petite demeure chaleureuse de Wilfred. Le vieil homme fut surpris de le voir.
« Que faites-vous ici ?
- Je pars, mais je voulais vous parler avant. Je peux entrer ? »
Wilfred accepta, tout en restant méfiant. Il lui offrit tout de même du thé.
« Alors ? demanda le vieil homme.
- Parlez-moi du Docteur. Donna ne peut en parler, mais vous, oui. Je sais que vous l'avez rencontré.
- Je ne l'ai pas vu depuis le mariage de Donna. Je ne sais pas où il est. Désolé.
- Racontez-moi.
- Il est juste passé pour donner ce billet de loterie gagnant.
- Je veux vous donner ça, dit le Maître en lui remettant le diamant.
- Quoi ! Mais pourquoi ?
- C'est une étoile à pointes blanches. Ça vient de ma planète. Gardez-la précieusement.
- Pourquoi ? reprit Wilfred.
- Vous l'avez déjà vu. N'est-ce pas ?
- Oui. C'est le jour où vous avez transformé l'humanité en une copie de vous-même. »
Le Maître ne pu s'empêcher de rire.
« J'ai fais ça, moi ?
- Oui, et ça n'a rien de drôle, lui reprocha le vieil homme.
- L'humanité ne semble pas avoir gardé de séquelles. Racontez-moi tout dans les détails. Je dois savoir. »
Wilfred s'exécuta. Le Maître l'écouta attentivement sans l'interrompre.
« Le Docteur croyait que j'allais le tuer, pourquoi ? demanda le Maître à la fin du récit.
- Vous ne vous rappelez pas du tout ?
- Non.
- Le bruit dans votre tête. Ces tambours, sont-ils toujours là ? s'informa Wilfred.
- Comment savez-vous pour les tambours ?
- Vous en avez parlé. C'est arrivé quand vous étiez enfant.
- Et vous êtes certain qu'on ne se connaît pas vraiment, s'étonna le Maître.
- Oui.
- Pourquoi ai-je l'impression de vous connaître beaucoup plus ? Donna et vous.
- Je n'en sais rien.
- Ce sont mes souvenirs d'elle qui m'ont mené jusqu'ici.
- Vraiment ?
- Par contre, dans mes souvenirs elle était enceinte.
- Je ne sais pas quoi vous répondre.
- Poursuivez alors. Vous en étiez à l'arrivée des Seigneurs du Temps. »
Il poursuivit et le Maître commença à se sentir nerveux. Il reconnaissait Rassilon dans le récit du vieil homme. Lorsque Wilfred termina de raconter les événements, le Maître commença à paniquer. La dernière partie du récit le hantait : Il a mit ce bruit dans votre tête lorsque vous étiez enfant. Vous vous êtes vengé et avez été absorbé par la boucle temporelle à la place du Docteur.
Wilfred lui demanda alors comment il s'en était sorti, mais il était incapable de répondre. La suite des événements lui revenait en tête. La prison, la torture.
Il hurla et s'enfuit. Wilfred essaya de le retenir, mais il le repoussa.
Il courut sans but dans les rues durant un long moment. Il n'arrivait plus à se contrôler. Il avait été manipulé par Rassilon. Il lui avait servi de cobaye et personne ne s'était soucié de l'effet que cela aurait sur sa vie. Une vie entière gâchée et détruite. Il fut retrouvé par des soldats de UNIT partis à sa recherche.
*Déca: groupe d'élèves privilégiés à l'académie.
*Theta: Theta Sigma était le nom du Docteur à l'académie.
