Chapitre 6 - La fuite

Note de l'auteure: Un gros merci à Loupdu77 pour cette review motivante. Je suis contente que l'histoire te plaise et rassure-toi, je n'aime pas la guimauve moi non plus.

Jack et Martha lui avait raconté l'histoire de Harold Saxon en détail. Il avait beau repasser leurs paroles dans sa tête, la mémoire ne lui revenait pas. S'il cherchait à la forcer, il était parcouru de migraines atroces. Il n'était ni surpris ni choqué par ses actes, seulement confus et frustré de ne pouvoir s'en souvenir. Il savait lorsqu'on lui mentait et ce n'était pas le cas ici. Toutefois, les mots ne signifiaient rien pour lui. Il allait lui falloir lire dans leur tête pour espérer que quelque chose lui revienne sur son identité. Impossible d'approcher Jack sans ressentir une profonde répugnance. Ce n'était pas là lorsqu'ils avaient couché ensemble. Que s'était-il passé au juste ? Jack refusait de lui en parler.

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Il était assit sur son lit. Il se concentrait pour projeter ses sens au delà de sa prison, dans tous les recoins du complexe. Il n'avait pas l'intention de rester enfermé ici, même s'il n'était pas maltraité et mangeait presque à sa faim. Son mal l'empêchait de se sentir repu, mais au moins, ça n'était plus douloureux. Sa chambre à coucher était sa cellule et il y était enfermé jour et nuit.

Il savait comment se libérer. Il ne le faisait pas, pour ne pas éveiller de soupçons. Il avait toujours l'espoir que ses geôliers réussiraient à joindre le Docteur. Ils le lui avaient promis. Le Docteur avait refusé de l'aider, mais peut-être parviendraient-ils à le convaincre. Il l'espérait. Personne ne venait plus le voir, sauf Martha pour les examens médicaux quotidiens et elle ne lui parlait guère. Même Gwen avait cessé ses visites, puisqu'il ne parlait plus. Il faisait de plus en plus de cauchemars, lorsqu'il finissait par dormir. De plus en plus de crises aussi. Il se demandait si cela avait un lien avec son isolement. Il devait sortir.

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Lorsque l'alarme retentit, tout le monde s'affola. Martha et Gwen suivaient sa progression sur les écrans et transmettaient sa position à Jack et Kate, puis il réussit à les semer, malgré les caméras. Les sorties extérieures étant étroitement surveillées, ils savaient qu'il était toujours dans le complexe, mais où était-il ? Ils mirent près de six heures à le localiser. Il était dans un secteur complètement indépendant. Personne ne comprit comment il s'était rendu là. Kate supposa qu'il avait utilisé son pouvoir hypnotique. Heureusement pour elle et son équipe, il était amnésique et malade. Sinon, il aurait réussi à s'enfuir. Ils le trouvèrent dans une des salles de détente. Il s'était installé sur le canapé usé et regardait la télévision. Il semblait attendre quelqu'un ou quelque chose, et n'avait allumé le téléviseur que pour briser le silence. Jack et Kate furent surpris lorsque Gwen leur transmis cette information.

« Tu es sûre qu'il n'essaie pas de fuir ou de fabriquer une bombe ? demanda Jack.

- J'en suis sûre.

- Allons voir quand même.

- Jack, ne le tue pas. Il ne fait rien de mal, lui dit Gwen.

- Il prépare sûrement un plan machiavélique.

- Ou peut-être qu'il s'ennuie, tout simplement !

- Il a un téléviseur dans sa chambre et des livres ! Pourquoi aurait-il besoin de venir ici ?

- Peut-être dans l'espoir de croiser quelqu'un, supposa Gwen.

- Il voulait qu'on le trouve. Quant à savoir pourquoi, ça reste un mystère, les interrompit Kate.

- C'est vous la spécialiste, affirma Jack.

- Oui, mais il n'est pas exactement lui-même. Ramenons-le d'abord. Ensuite, nous en discuterons. »

Jack entra le premier parce qu'il était le plus près. Le Maître ne broncha pas et le regarda droit dans les yeux.

« Ne m'obligez pas à utiliser mon arme paralysante, lui dit le capitaine.

- Ça vous a prit du temps pour me trouver, s'amusa-t-il.

- Vous êtes doué, dût admettre Jack.

- Lorsque nous faisions une partie de cache-cache Theta, Ushas, Magnus et moi, j'étais toujours le mieux caché. Chaque fois, c'était Theta qui me trouvait.

- Vous vous rappelez de ça ?

- Je ne suis pas amnésique à 100%. Je me rappelle mon enfance. Enfin, des petits bouts. C'est le reste que j'ai oublié.

- Vous vous rappelez les parties de cache-cache avec vos amis, mais pas d'avoir massacré des millions de personnes innocentes à l'aide des Toclafanes ? s'étonna le capitaine.

- C'est exact.

- Qui est le Docteur parmi ces trois là ?

- Comment savez-vous que le Docteur faisait partie de ces gens-là ?

- Il a déjà mentionné que vous étiez amis durant votre jeunesse.

- Je pourrais vous en parler, vous savez, de l'enfance du Docteur.

- Nous verrons plus tard, venez. » conclut Jack.

La tentative de manipulation était à peine voilée, mais Jack ne pouvait nier que ça l'intéressait beaucoup.

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Jack suggéra à Gwen d'orienter ses séances psychologiques vers l'enfance du Maître. Il semblait avoir envie d'en discuter. Elle accepta d'essayer. Elle décida donc de lui rendre visite régulièrement pour lui poser des questions sur ce dont il se souvenait. Cela pourrait lui permettre de mesurer la gravité de son amnésie. Elle fut étonnée. Il parlait beaucoup lorsqu'on lui posait les bonnes questions. Il avait plusieurs souvenirs intactes mais tous liés à sa planète natale et à sa jeunesse.

Le capitaine était celui qui écoutait le plus leurs discussions. Il en apprenait beaucoup sur le passé du Docteur. Le Maître ne mentionnait jamais le Docteur mais souvent deux de ses amis nommés Theta et Ushas. Comme Ushas était une fille, Jack soupçonnait Theta d'être le Docteur. Gwen préférait ne pas trop poser de questions et le laisser parler à son rythme. Tranquillement, un lien de confiance s'était établi entre eux. Elle était consciente de qui il était et de ce qu'il avait fait. Cependant, après l'avoir écouté parler de sa vie, elle avait beaucoup de difficulté à le considérer comme un monstre. Elle espérait que ses discussions avec lui l'aideraient à comprendre ce qui l'avait fait basculer du côté du mal. Visiblement, il n'était pas mauvais de naissance.

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Même s'il semblait plus ouvert, Kate ne leur permettait toujours pas de lui parler plus de dix minutes d'affilées à part Gwen. Le Maître pouvait parfaitement bien se donner un air misérable et pleurer des larmes de crocodile pour s'attirer leur compassion et endormir leur méfiante. Ce n'était certainement pas sa stratégie favorite, mais comme il n'avait pas d'autres options à ce moment-là, il n'hésiterait pas.

Les tests de Martha montraient que sa santé se dégradait rapidement. Ils avaient fait des examens plus poussés pour comprendre et tenter de stabiliser sa force vitale, sans succès. Ils avaient même pu analyser une de ses crises dans le détail et à l'aide de tout la technologie disponible. Ils avaient appris beaucoup, mais pas suffisamment pour le sauver. Il était condamné. À moins de trouver rapidement une solution. Le Maître en trouva une lui-même. Simplement en suivant son instinct de survie.

On avait d'abord découvert un corps momifié dans le complexe. Après autopsie, ils avaient constaté qu'il s'agissait d'un jeune soldat de UNIT. Il avait été drainé de toute son énergie vitale. Il ne restait plus de lui qu'une coquille vide.

Ils le soupçonnèrent à la troisième victime. Martha avait remarqué chez le Maître un regain d'énergie après chaque crime. Ce n'était pas une preuve formelle, mais c'était une piste. Comment s'y prenait-il ? Ils le surveillaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils avaient analysé les caméras, rien de ce côté là non plus. Martha surveillait étroitement sa force vitale et lorsqu'elle remarquait une baisse, ça pouvait signifier deux choses: une crise ou une nouvelle victime. Tout le monde était donc sur ses gardes, mais cela n'empêcha pas un quatrième soldat de mourir. Personne et aucune caméra ne l'avait vu sortir.

Jack fut le premier à avoir un indice. En observant de plus près les enregistrements, il avait remarqué que le Maître était dans une forme de transe ou de méditation profonde. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait de la méditation, mais personne ne s'en était inquiété. Jack passa les images à l'infrarouge et remarqua une importante source de chaleur qui émanait de lui. Du moins, plus que d'habitude. Il les passa ensuite à l'ultra violet et eut droit à tout un spectacle. Son corps entier irradiait, comme lors d'une régénération. Lorsqu'il compara ses résultats aux fluctuations d'énergie dans cette partie du complexe, une hypothèse commença à prendre forme dans son esprit. Il n'était sûr de rien, mais il se dit qu'il lui fallait essayer.

Il prit note du moment exact, à la nanoseconde près, où l'énergie infrarouge et ultra violette semblait à son maximum. Il y ajouta les coordonnées des divers appareils qui avaient enregistré la fluctuation. Il programma son manipulateur de vortex. Il devait être extrêmement précis n'ayant pas une grande marge de manœuvre.

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Il se retrouva dans le passé, la veille, à exactement vingt-deux heures trente-quatre minutes deux secondes et cinq cents six nanosecondes. Il sut qu'il avait réussi lorsqu'il remarqua l'immobilité parfaite de ses collègues. Le Maître avait crée une micro-bulle temporelle et avait suspendu l'écoulement du temps. Le Docteur lui avait jadis révélé que les Seigneurs du Temps pouvaient le faire, mais lui-même ne l'avait fait qu'une seule fois. Jack devait arrêter le Maître avant qu'il fasse une cinquième victime. Il le vit quitter sa cellule. Il sait comment l'ouvrir, pensa-t-il.

« Koschei, arrêtez-vous, » lui ordonna Jack.

Le Maître se retourna, surpris.

« Je suis un agent du temps. J'ai compris l'astuce, mais vous êtes rusé je dois l'admettre. Particulièrement pour un malade amnésique.

- Laissez-moi tranquille, » répondit-il, avec difficulté.

Toute sa concentration devait être occupée à maintenir la bulle temporelle.

« Je ne vous laisserai pas faire une victime innocente de plus.

- Ce n'est pas un innocent. C'est un soldat et je n'ai pas le choix. »

Il s'enfuit, mais Jack le rattrapa sans trop de difficulté. Il était affaibli par ses efforts psychiques.

« Ça fait mal. Si vous saviez comme ça fait mal, Jack. Aidez-moi ! » lui dit-il, en s'accrochant à lui.

Jack comprit trop tard qu'il n'aurait jamais dû le laisser le toucher. Le corps du Maître brillait d'une lueur bleutée inquiétante. Sa peau avait disparue, exposant son squelette et ses organes internes. Le capitaine senti sa propre force vitale le quitter. Exactement comme ce jour où il avait combattu Abandon. Sauf qu'il ne contrôlait rien, cette fois-ci. Ce n'était pas douloureux. C'était même presque agréable. Un peu comme s'il sombrait dans le sommeil, mais très lentement. Cela s'apparentait beaucoup à une lente hypothermie. Sa conscience vacilla et il tomba dans un gouffre sans fond.

Dès que Jack tomba, le Maître relâcha son emprise sur le temps. Il s'empara du manipulateur de vortex et s'enfuit aussitôt que les gens autour de lui se remirent à bouger.

Gwen accourut vers Jack et tenta de le ranimer. Il ne réagissait pas. Martha la rejoignit et commença les manœuvres de réanimation. La peau glacée et les lèvres bleutées du capitaine ne lui disaient rien de bon.

« Il va revenir Martha. Il revient toujours. Parfois c'est long. Ça lui a déjà prit plusieurs jours, mais il va revenir, dit Gwen, tentant de se rassurer elle-même.

- Nous allons l'installer confortablement et veiller sur lui. En attendant, on a un fugitif à retrouver, intervint Kate.

- Il peut être n'importe où. Il lui a volé son manipulateur de vortex, » lui fit remarquer Gwen.

Au même moment, le bruit caractéristique de la matérialisation d'un TARDIS se fit entendre.

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« Ponds, aujourd'hui vous rencontrerez quelques-uns de mes anciens compagnons, leur annonça fièrement le Docteur.

- Il est temps ! » s'exclama Amy, enthousiaste.

Le Docteur semblait très heureux à cette idée. Du moins, c'était l'impression qu'il voulait leur donner. Au fond, ça ne lui faisait pas tellement plaisir. Il se sentait toujours coupable d'avoir abandonné tous ses amis et encore plus de ne pas leur donner de nouvelles. Il était aussi inquiet pour le Maître. Il n'avait certainement pas été bien accueillit par cette nouvelle alliance Torchwood/UNIT. Il avait sûrement fait du mal entre-temps. Le message datait de plusieurs semaines. Kate fut la première à l'accueillir. Elle avait le visage grave.

« Docteur.

- Kate Steward. Bonjour !

- Bonjour. Cela fait longtemps que nous vous attendons.

- Je suis désolé, je suis toujours en retard. Voici Amy et Rory Pond, mes compagnons de voyage, Rory, Amy voici Kate Steward, la fille de mon bon ami le brigadier Lethbridge-Steward.

- Nous nous sommes déjà rencontré, lui rappela Kate.

- Ah oui, quand ça ?

- Les petits cubes noirs, répondit Rory.

- Mais bien sûr ! Ce que je peux être distrait parfois. Alors, des nouvelles de Martha ? De Jack ? Et le Maître ?

- Venez à l'intérieur, Docteur, » insista Kate.

Il la suivit, de plus en plus inquiet, mais il n'en montra rien à ses amis. La première qu'il croisa fut Martha. Il la reconnu, mais pas elle.

« Martha Jones ! s'exclama-t-il.

- Docteur ? Vous vous êtes régénéré ?

- Oui, » confirma-t-il.

Elle le serra dans ses bras, puis remarqua Amy et Rory.

« De nouveaux compagnons ?

- Amy et Rory Pond, répondit-il.

- Williams, rectifia Rory, mais, comme d'habitude, le Docteur l'ignora.

- Voici le docteur Jones. Médecin spécialisé dans la biologie Seigneur du Temps.

- Docteur, je ne suis pas spécialisée dans la biologie...

- Bien sûr que vous l'êtes, Martha Jones. Alors, et le Maître ?

- Il s'est enfuit, avoua-t-elle se sentant en partie responsable.

- Ça n'a rien d'étonnant. Depuis quand ?

- Une heure peut-être.

- Une heure ! Je viens juste de le manquer, murmura-t-il, découragé.

- Désolée, Docteur.

- Ce n'est pas de votre faute, Martha. Il est extrêmement rusé. Et Jack ?

- Mort. Le Maître l'a tué et s'est enfuit avec son manipulateur de vortex, reprit Kate.

- Ah, tout à fait lui ! Jack devrait être revenu à la vie.

- Pas encore. Il est sous surveillance. On va me prévenir dès qu'il reprend connaissance. Je dois vous parler, poursuivit Kate.

- J'écoute.

- Dans mon bureau et seul, de préférence.

- Votre père ne m'a jamais demandé de me séparer de mes compagnons.

- C'est comme vous voulez. Je disais ça pour vous.

- Pour moi ?

- Le Maître ne va pas très bien, Docteur. Il est amnésique et malade. Nous avons fait de notre mieux pour l'aider, malgré les circonstances.

- C'est déjà courageux de votre part, vu ce qu'il a fait. Donnez-moi plus de détails, s'il vous plaît.

- Nous l'avons filmé. Venez, je vais vous montrer et ce n'est vraiment pas nécessaire que vos amis voient cela. Croyez-moi. »

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Le Docteur finit par accepter de les laisser pour un moment. Gwen les escorta à la salle de détente. Ce qu'il vit le troubla profondément. Elle lui montra les crises. Kate lui parla des symptômes qu'ils avaient détectés. Des injections de nutriments qui le soulageaient. De sa panique au début. De son histoire en tant que Koschei qu'il avait raconté à Gwen. Il ne l'écoutait pas réellement et Kate s'en aperçu.

« Docteur ?

- Trop tard. Je suis encore arrivé trop tard. Il a raison de me haïr. Si j'avais fait plus attention à lui, il ne serait pas ce qu'il est.

- Docteur, je doute que ce soit de votre faute s'il est ainsi, » tenta-t-elle.

Ses paroles n'eurent aucun effet.

« Vous ne savez pas. Votre père ne savait pas. Seul le Maître et moi le savons, Kate.

- Ne soyez pas trop sévère envers vous-même.

- Il n'est pas simplement malade, il est en train de mourir, lui rappela-t-il.

- Je sais.

- J'aurais pu lui épargner la souffrance, mais je ne suis jamais là pour les gens que j'aime. À chaque fois j'arrive trop tard ! »

Il bouscula quelques objets dans sa fureur, et ce débordement émotif était quelque chose à laquelle elle n'était pas préparée. Heureusement, il se ressaisit.

« Laissez-moi un moment s'il vous plaît.

- Bien sûr Docteur, » dit-elle.

Elle quitta la pièce.

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Il regarda à nouveau les enregistrements. Même si ça risquait de profondément le bouleverser. Il mit même le son. Comme si l'entendre hurler d'agonie n'était pas suffisant, il fallait en plus qu'il crie son nom. Parfois c'était Docteur, mais la plupart du temps c'était Theta. Il était horrifié et pourtant incapable de détourner les yeux. Sur l'écran, ce n'était pas le Maître qu'il voyait, mais Koschei. Son ami qu'il avait abandonné et trahi. Il sortit lorsqu'il se fut calmé. Puis il rendit visite à Jack, toujours sans vie.

Il prit la main glacée du capitaine entre les siennes et se pencha vers son oreille.

« Jack. Je voudrais que vous soyez ici, avec moi. J'ai besoin de vous. »

Il sentit des larmes couler sur ses joues. Il les essuya du revers de la main.

« Pourquoi seriez-vous là pour moi, de toute façon. Je n'ai même pas été là, lors de ce jour affreux où vous avez tout perdu. »*

Il sentit une présence derrière lui. C'était Martha. Voyant son air atterré, elle le serra longuement contre elle. La merveilleuse Martha. Elle aussi, il l'avait négligée et pourtant elle était là, à le consoler. Il se dit qu'il ne méritait pas son amitié.

Lorsqu'il sortit de la chambre de Jack, Kate le rejoignit.

« Vous pouvez rester aussi longtemps que vous en aurez besoin, Docteur. Sans compter que votre aide nous serait précieuse pour le retrouver.

- Merci, mais je dois reconduire mes amis à Leadworth.

- Je me doutais que vous ne resteriez pas. Tenez. Le Maître a écrit dans ces cahiers, mais nous ne pouvons pas les lire, c'est du Gallifreyen.

- Merci. Dites à Martha de me téléphoner dès que Jack revient à lui. Elle connaît le numéro.

- Je le lui dirais.

- Au revoir Brigadier Steward.

- Au revoir Docteur. Prenez soin de vous. »

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Lorsqu'il rejoignit les Ponds, il trouva une excuse plausible pour les ramener à Leadworth. Il désirait être seul. Son enthousiasme n'était qu'un leurre. Il ne voulait pas les inquiéter. Une fois qu'ils furent en sécurité, il put laisser son chagrin et sa frustration s'exprimer sans retenue.

Il chercha ardemment un signe du Maître. Chaque seconde amenuisait ses chances de le retrouver vivant. Ses recherches acharnées n'eurent pour effet que de le rendre malade et trop épuisé pour poursuivre.

Il faisait de nombreuses transes méditatives pour entrer en contact avec le Maître. Parfois, il arrivait à capter un signal, mais trop faible pour qu'il puisse savoir à quelle époque il se trouvait.

Il traversa la ligne de temps de son vieil ami/ennemi et l'observait de loin. Il savait qu'il ne pouvait pas intervenir, mais le regarder lui apportait un certain réconfort. Il arrivait à voir certaines caractéristiques en lui qui lui avaient échappées à l'époque. Sa solitude notamment. Un certain besoin de partager ses exploits avec des versions passées de lui-même. Et surtout, une discrète petite étincelle de joie dans ses yeux lorsqu'il lui rendait visite dans la prison de UNIT. Lorsqu'il arriva à la version Harold Saxon, avant l'année qui n'a jamais existé, il décida de ramasser des traces d'ADN. Il se dit que ça pourrait aider le Maître mal ressuscité. Ce n'était pas facile. À part quelques cheveux et des gobelets de café, il n'obtint pas grand chose. Cela lui parut tout de même suffire pour produire quelques cellules souches et les congeler.

*après le 456 dans Torchwood saison 3