Chapitre 7 - La musique
Le Maître atterrit douloureusement au milieu d'herbes et de boue. Il entendait de la musique en sourdine et de multiples voix. Il était étourdi par la téléportation.
« Au moins, je suis encore vivant, songea-t-il. C'est déjà ça ! »
Il se sentait pousser de tous les côtés et il finit par comprendre qu'il était au milieu d'une foule déchaînée qui le bousculait et le piétinait. Il tenta à plusieurs reprises de se relever, pour être de nouveau bousculé et piétiné. Il sentait la panique le gagner. Il était habituellement plus fort qu'un être humain, mais pas plus que des centaines d'entre eux. De plus, les effets de la téléportation ne s'étaient pas encore atténués.
La chaleur et la moiteur de tous ces corps, les odeurs de sueur humaine et de fumée de chanvre lui donnèrent la nausée. Il ne rejeta que de la bile, mais ce fut suffisant pour dégoûter les gens trop près de lui. Pendant au moins quelques secondes, il y eut un peu d'espace autour de lui. Jusqu'à ce que la foule l'enveloppe à nouveau, refermant la brèche.
Un jeune homme, à ses côtés, avait profité de cet instant pour lui tendre une main et l'aider à se relever. Geste qu'il ne comprit pas, mais dont il profita. Il repoussa sans ménagement tous ceux qui étaient entre lui et la sortie de ce bain de foule. Certains ripostaient, mais il les écartait tout aussi rapidement. Une fois hors de l'amas de corps, il s'aperçut qu'il avait le souffle court. Il prit de grandes bouffées d'air frais. L'air était chaud et humide, mais très agréable comparé à celui à l'intérieur de la foule.
Il était dans un festival de musique où plusieurs groupes se succédaient devant un public en délire.
« Être acclamé par autant de gens comme ce doit être agréable ! » songea-t-il.
Il reconnaissait quelques chansons pour les avoir entendues sur une chaîne musicale dans sa cellule. La seule qu'il écoutait en plus de celle destinée aux enfants. Il aimait les émissions pour enfants. Elles étaient empreintes d'une telle innocence, mais de tellement d'imagination. Quant à la musique, il adorait jouer ce qu'il entendait. Il aimait aussi les vidéoclips. Ils exprimaient tant de choses en si peu de temps.
Une fois en dehors de la foule, le Maître put enfin profiter des concerts. Il était loin de la scène principale, mais pouvait ajuster sa vue, contrairement aux humains. De toute façon, il n'avait pas besoin de voir les artistes de près pour profiter de leur musique.
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Au bout d'un moment, un groupe de jeunes gens le rejoignit pour discuter avec lui du concert qui venait de se terminer sur la scène principale. Lui parlait peu, mais il les écoutait. Il apprit beaucoup de choses intéressantes sur le groupe, en particulier sur le chanteur. Toutes les filles de la bande étaient folles de lui.
« Je veux être une rock star, leur avoua-t-il, subitement.
- Ça ! Tout le monde en rêve, mais peu y arrive, lui répondit un des adolescents.
- Mais moi je vais réussir ! » affirma-t-il.
Il s'exprimait sans prétention et sans que perce le moindre doute dans sa voix.
« Et bien, je te le souhaite.
- Tu joues d'un instrument ? demanda son ami.
- Je joue de la guitare et j'apprends très vite.
- Tu penseras à nous si ça arrive.
- Non, je vous aurais sûrement oublié. »
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En attendant les prochaines têtes d'affiches, d'autres concerts se déroulaient sur la scène secondaire. Pour le Maître, la célébrité du groupe n'avait aucune importance dans ses choix musicaux. Il s'avança donc plus près de la scène pour regarder ce nouveau concert, en évitant toutefois d'être coincé au milieu de la foule. Le groupe se nommait The Demons Hunters. Ce n'était pas très recherché comme nom, mais peu l'était dans la vague rock alternatif.
The Demons Hunters n'était pas pire que les autres. Dès l'arrivée des artistes, il fut captivé. Le batteur n'était pas un être humain ! Il n'était donc pas seul. Combien étaient-ils sur Terre ? Est-ce que tous les extra-terrestres arrivaient à se reconnaître les uns les autres ? Il l'ignorait. Il reconnaissait cet individu comme non-humain, mais ne pouvait pas dire ce qu'il était. Il s'approcha de la scène et su que le non-humain l'avait repéré dès que leurs consciences psychiques se touchèrent. Il s'agissait d'une créature extrêmement puissante. Bien plus que lui. Il n'avait aucun souvenir d'avoir déjà vu un tel être.
Il ne put s'empêcher de sourire. La présence mentale de cet étranger était comme un oasis dans le désert intellectuel qu'était la planète Terre. La forme la plus évoluée de cette planète : les humains, ne l'était pas assez pour avoir une signature psychique importante. Il se souvenait vaguement d'autres êtres beaucoup plus évolués. Il se rappelait d'une émission qu'il avait vue à la télévision. Il s'agissait d'un homme perdu, seul en forêt, depuis des mois, qui croisait finalement un autre être humain. Il ressentait exactement la même chose.
The Demons Hunters étaient appréciés, même s'ils n'étaient pas sur la scène principale. La foule commençait à s'exciter, mais cela ne l'empêchait pas de s'approcher davantage de la scène pour mieux observer l'être étrange. Il observa également les autres membres du groupe, ainsi que leur ligne de temps respective. Le chanteur n'en avait plus pour très longtemps. Il était intoxiqué par la drogue et l'alcool. Presque toutes ses lignes de temps convergeaient vers sa mort prochaine par overdose. Les deux guitaristes étaient ordinaires, mais la bassiste avait une ligne de temps superposée. Comme si elle vivait deux existences parallèles qui s'emboîtaient d'une étrange façon.
À force de les fixer, il eut un vertige et compris. Elle n'était pas à la bonne époque ! Il avait remarqué le même phénomène chez Jack, la première fois. Ce type de ligne de temps ne pouvait appartenir qu'à une seule sorte d'individus : les voyageurs du temps. Un extra-terrestre et un voyageur du temps. Merveilleux ! Ce groupe était maintenant son préféré.
Il devait trouver un moyen de s'approcher d'eux et la solution était simple. Le chanteur n'avait tout au plus que 10 mois à vivre. Ce qui lui donnait amplement le temps de se préparer à une éventuelle audition pour un nouveau chanteur. Il devait se procurer une nouvelle guitare. Il n'avait pas eu le temps d'apporter la sienne. Il devait aussi pratiquer le chant. Il lui fallait également se fabriquer une nouvelle identité. Il n'aurait aucun problème à faire tout ça. La prestation s'acheva sans qu'il ait perdu une seule parole de leurs chansons, tout en ébauchant son plan mentalement. Un message télépathique le sortit de ses réflexions:
« À bientôt, Seigneur du Temps. »
L'étrange individu savait ! Comment était-ce possible ? Il n'avait jamais programmé le manipulateur de vortex pour se rendre dans les années 90. Quelqu'un ou quelque chose avait détourné ses coordonnés. Était-ce cette créature ? C'était quelque peu inquiétant.
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Le groupe était parti. Le Maître se dirigea vers les stands de nourriture, persuadant le vendeur par télépathie qu'il avait payé son repas. Il engouffra hotdogs, burger et frites sans retenue, indifférent aux regards dégoûtés de ses voisins. Il s'éloigna de la foule pour observer un homme qui vendait de la drogue. Il l'hypnotisa pour lui voler sa marchandise et son argent. Il continua le travail à sa place. Il empocha tout l'argent, ne devant rien au fournisseur. Il s'emparait des assiettes dès qu'elles étaient sans surveillance. Finalement, il vola un autre vendeur de drogue et écoula sa marchandise aussi. Ensuite, sous le couvert de la nuit, il se faufila vers les roulottes des artistes. Il persuada le cuisinier qu'il était un des artistes. La nourriture était sublime. Il vola de la même façon deux autres repas.
Pendant qu'il mangeait, un groupe discutait à quelques pas. Le chanteur était devant sa cachette et il voyait clairement le renflement que faisait son porte-monnaie dans la poche arrière de son jeans.
« Intéressant ! » pensa le Maître.
Il était très bon pickpocket, mais l'homme s'en aperçut. Il appela les gardes qui se lancèrent à ses trousses. Il comprit qu'il ne pourrait leur échapper indéfiniment.
« Et mon manipulateur de vortex qui ne marche plus ! »
Il lui fallait réfléchir à toute vitesse.
« Pas question que j'utilise ma force vitale ! » pensa-t-il.
Finalement, il arriva à se cacher, jusqu'à ce qu'on l'oublie.
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Il s'était camouflé entre les arbres qui entouraient le site du festival. Il était épuisé et chaque pas était une épreuve. Il se mit à pleuvoir des cordes. Le Maître rabattit la capuche de son sweater et continua à avancer, mais finit par s'effondrer. Dans la pénombre, personne n'aperçut la silhouette vêtue de noir, recroquevillée contre un arbre. Sauf une autre silhouette vêtue de noir.
Une aube humide et collante se leva. L'orage n'avait en rien fait tomber la chaleur accablante. Le Maître se réveilla, trempé. Il retira son sweater pour le tordre et fit de même avec son t-shirt rouge. Puis il remarqua un sac à dos noir à ses côtés. Il ne se souvenait pas de l'avoir vu la veille. Une clé attachée à une chaînette enroulée autour de la fermeture du sac, attira son attention. Il la prit et la contempla. Ce n'était pas une simple clé, ce n'était même pas terrien. Qu'est-ce que c'était ? Il eut un flashback : il était devant le Docteur, Jack et Martha, entouré de gardes du corps. Il tendait son tournevis laser vers le trio. Il tuait Jack et ordonnait aux gardes de s'emparer de Martha et du Docteur.
« Tu croyais vraiment me leurrer avec un filtre de perception ? » disait-il à ce dernier.
Le flashback se termina, lui donnant une affreuse migraine. C'était toujours douloureux lorsque des souvenirs lui revenaient. La clé était un filtre de perception qui lui permettrait de passer inaperçu. Quelqu'un l'avait visiblement mis là à son intention. Mais qui ? Il ouvrit le sac et éclata de rire. C'était plus grand à l'intérieur ! Dans un compartiment, il y trouva des biscuits qu'il dévora aussitôt. Il s'aperçut ainsi qu'un seul de ces biscuits était plus nourrissant qu'un poulet entier.
« Plus grand à l'intérieur! » répéta-t-il, tout haut, pour lui-même.
Des passants, qui se dirigeaient vers la foire juste à côté, le dévisageaient. Ça lui était égal. Ces biscuits pourraient devenir une arme. Modifiés, une bouchée pourrait faire exploser l'estomac de quiconque l'avalerait. C'était à explorer, mais pas pour le moment. Ils lui étaient trop précieux. Il les surnomma Limbas en l'honneur du pain elfique dans le film Le Seigneur des Anneaux, qu'il avait regardé dans sa cellule. Il fouilla dans le sac et trouva des vêtements secs, semblables à ceux qu'il portait. Cependant, la poche avant du sweater et les poches du jeans étaient plus grandes à l'intérieur. Il éclata d'un rire bruyant, incontrôlable. Il venait de découvrir qui était son mystérieux bienfaiteur. Il sauta un moment sur place, puis regarda les gens qui le dévisageaient.
« Il n'y a que moi-même d'assez brillant pour m'offrir des objets aussi indispensables. Ça vient de moi. C'est génial ! »
La plupart des gens reculaient ou passaient leur chemin, mais certains continuaient à l'observer. Il retira ses vêtements trempés. Sans aucune gêne, pour enfiler ceux qui étaient secs. Deux agents de sécurité approchèrent. Quelqu'un avait dû les prévenir. Il mit la chaînette avec la clé autour de son cou. Ainsi, même s'il était à moins de deux mètres d'eux, les gardiens ne le voyaient pas ! Il s'éloigna subrepticement et en riant.
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Il se rendit au centre-ville pour se procurer rapidement tous les objets dont il avait besoin avant que le célèbre propriétaire des cartes de crédit ne bloque ses comptes. Le sac plus grand à l'intérieur était vraiment utile. Il acquit une magnifique guitare électrique rouge. Il acheta aussi d'autres vêtements, des couvertures, une chaise pliante et toutes sortes de matériaux pour réparer son manipulateur de vortex. Certaines cartes étaient déjà inutilisables. Il se hâta d'utiliser celles encore valides pour payer des objets qu'il allait pouvoir revendre. En soirée, plus aucune n'était valide.
« Tant pis, songea-t-il. J'en ai bien profité ! »
Il s'était également procuré tout ce qu'il avait pu trouver sur le groupe The Demons Hunters. Dans l'est de la ville, il trouva un entrepôt désaffecté dans lequel il pouvait travailler en toute quiétude. Il passa une partie de la nuit à rétablir le courant électrique. Il travailla d'abord sur son manipulateur de vortex. Son flashback lui avait montré avec quoi il avait tué Jack. Ce fut le deuxième objet sur lequel il travailla. Il fit une crise la troisième journée. Cela lui fit perdre une douzaine d'heures. Il dû dormir et perdre encore de précieuses heures de travail.
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Dormir signifiait aussi avoir des cauchemars. Il repoussait donc ce moment le plus possible. Parfois, il rêvait de sa terre natale : les champs d'herbe rouge, les soleils dans le ciel orangé et surtout lui, cet ami perdu qui le réconfortait tant. Il en rêva ce soir-là :
Ils étaient enfants et partageaient le même dortoir à l'académie. Il se souvenait assez précisément de ce qu'il avait ressenti, ce jour-là, lorsque Theta était monté sur son lit pour prendre sa main. Il l'avait rejeté. Il ne voulait voir personne. Il les détestait tous et n'avait qu'une envie : leur faire ravaler leurs paroles de la manière la plus cruelle qui soit. Bien sûr, il n'en montrait rien. Il jouait les indifférents.
Theta connaissait la vérité, il n'avait même pas besoin de le lui dire. Theta était l'unique témoin de ses tourments intérieurs. Les Seigneurs du Temps, particulièrement les Prydoniens, méprisaient la faiblesse. Si ses camarades de classe et ses enseignants avaient le malheur de voir ne serait-ce qu'une parcelle de chagrin ou de colère en lui, il n'aurait droit qu'à du mépris de leur part. Sa dignité et sa fierté durement acquises pouvaient tomber d'un seul coup. Il ne devait rien montrer. Il ne pouvait pleurer qu'en cachette. C'était impossible dans un dortoir de six. Ce fut plus facile lorsqu'ils furent transférés dans une chambre à deux. Pourtant, c'est à ce moment là qu'il fut découvert par Theta.
Sur le coup, il avait été prêt à le tuer juste pour ne pas qu'il en parle. Heureusement, Theta n'en avait jamais parlé. Il comprenait. Leur amitié avait franchi une nouvelle étape à ce moment là. Theta n'était plus un banal camarade de jeux ou un simple compagnon de dortoir, il était devenu un ami. Consoler et aider les autres était une seconde nature chez lui. Il consolait et rassurait tous ceux qui craquaient. Toutefois, il ne s'attachait pas à eux. Avec lui, ça avait été différent. Theta avait une compréhension d'autrui qui dépassait largement la norme chez les Seigneurs du Temps. Il ne fut même pas surpris de le voir pleurer, ce jour-là. Comme s'il s'y attendait depuis longtemps.
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En deux semaines, il s'était fabriqué des objets essentiels à ses yeux : un tournevis laser, un capteur de réseau internet portatif, un lecteur de musique informatisé, et un téléphone cellulaire qui allait pouvoir se connecter à un réseau du futur. Il avait également réparé et amélioré le manipulateur de vortex de Jack. Il ne lui restait plus qu'à se créer une nouvelle identité. Il s'inventa une histoire personnelle, une famille, des diplômes, une expérience professionnelle, un ancien groupe de musique... il n'avait plus qu'à suivre la progression du groupe et attendre la mort du chanteur. Pour cela, il n'avait même pas besoin d'intervenir.
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Entre temps, il avait loué un petit appartement. Il gagnait sa vie en volant ou en vendant de la drogue. Il étudiait avec intérêt les créatures légendaires dont parlaient les paroles des chansons du groupe. Il pratiquait la guitare et le chant et laissait ses cheveux pousser.
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Durant ces quelques mois d'attente, il ne vit aucun signe du Docteur. Cela n'avait rien d'étonnant : il venait rarement en Amérique. Il avait repéré la division américaine de UNIT à deux reprises, mais eux ne l'avaient pas reconnu. Donc, il n'était pas activement recherché. C'était une bonne nouvelle. Pourquoi le rechercheraient-ils, de toute façon ? Il était dans les années 90 et ce n'était probablement pas une époque très importante du point de vue du Docteur. Il y avait eu une petite attaque de Cybermen, mais UNIT s'en était chargé.
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Ce soir-là, en revenant de son travail. Il avait pris un raccourci et marchait rapidement dans une ruelle sombre et déserte. Il avait hâte de rentrer. Il était frigorifié. Il connaissait bien tous les endroits perdus de ce quartier. C'était là que résidaient la plupart de ses clients. Il aurait pu facilement monter dans la hiérarchie des vendeurs de drogues. Cependant, ce n'était pas son but. Ce travail n'était que temporaire. Il aurait eu autant d'argent qu'en étant vedette. Toutefois, il voulait aussi la gloire qui accompagnait la vie de rock star. Même s'il ne s'en souvenait pas, il avait été mieux que ça : il avait été premier ministre de Grande-Bretagne. De toute façon, il pouvait difficilement faire deux fois la même chose. Être rock star avait l'avantage de lui procurer gloire et richesse rapidement, sans avoir le Docteur en travers de son chemin. Pourquoi le Docteur s'intéresserait-il à une vedette des années 90, de toute façon ? Maintenant qu'il se portait mieux grâce à Jack, il n'avait plus besoin de lui. Il n'était pas complètement guéri et c'était temporaire, mais il aurait le temps de trouver une solution permanente.
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Une autre personne marchait dans la ruelle, en sens inverse. Il ressentit un étrange malaise, sans trop savoir pourquoi. L'homme portait des lunettes de soleil, même si c'était la nuit. Le Maître choisi de l'ignorer et poursuivit son chemin. L'autre ralentit à son approche. Une fois à ses côtés, il s'arrêta et retira ses lunettes. Ses yeux n'avaient rien d'humain, mais ce n'était pas ce qui le troublait.
« Par Rassilon ! Je suis tombé bien bas, » s'exclama l'homme aux yeux de serpents*.
Il le dévisagea, puis s'approcha davantage. Il crut un moment qu'il allait oser le toucher, mais il ne le fit pas. Il poursuivit :
« Ce n'est pas un corps humain que tu as emprunté. C'est le tien. Comment as-tu fait ? Nous avons dépassé la limite des 13 régénérations ? »
Comme il ne répondit pas, il poursuivit :
« En plus d'être devenu clochard, je suis également devenu muet. Réponds ! » s'impatienta-t-il.
Le Maître aurait bien aimé le tuer, mais il ne pouvait pas. Il s'agissait de lui-même. Il n'avait aucun souvenir de cette époque, mais il savait. Il choisit de fuir.
Rentré chez lui, il chercha le dossier de UNIT à son sujet. Il avait lu quelque part qu'il avait dû s'approprier de nombreux corps humains pour survivre. Ceux-ci se détérioraient très rapidement, en une vingtaine d'années environ. Les mains tremblantes, il relut tout le dossier. Il passa la nuit à essayer de se souvenir de ce moment, mais n'y parvint pas.
*= Dans cette scène le Maître croise une version passée de lui-même. L'homme aux yeux de serpent est le Maître du film de 1996 (qui se déroule au États-Unis dans les années 90). Dans les classiques, le Maître a perdu toutes ses régénérations et doit voler des corps pour vivre. Après avoir été tué pour la dernière fois par des Daleks, sa conscience a survécu sous une forme visqueuse qu'on appelle un deathworm morphan et il s'est caché dans le TARDIS du Docteur. Dans le film il possède le corps d'un ambulancier, mais ses yeux restent ceux du deathworm morphan.
