Chapitre 12 – La rock star

spoilers: planet of fire

Pendant la tournée, ils étaient passés du statut de groupe local connu à celui de vedette. Pour le Maître, c'était dans l'ordre naturel des choses, mais le reste du groupe fut quelque peu dérouté. Dan et Charlie s'adaptèrent de leur mieux, mais Samuel en était incapable. Il se sentait persécuté et n'osait plus sortir. Lorsque des nuées de photographes et de journalistes leur tournaient autour, il se cachait le visage comme un criminel. Dan et Charlie étaient irrités, mais gardaient une certaine contenance. Jimmy restait indifférent. Le Maître adorait sa nouvelle célébrité. Il avait d'autres préoccupations que des journalistes envahissant sa vie privée. Il utilisait le manipulateur de vortex et le filtre de perception pour avoir la paix. Ce qui le troublait c'était cette haine envers le Docteur qu'il sentait grandir en lui. Plus il souffrait, plus il le haïssait.

Pour les membres du groupe, c'était la première fois qu'ils quittaient les États-Unis et Dan n'aimait pas l'avion. Samuel et Charlie étaient très enthousiastes. Malheureusement, ils n'avaient pas vraiment le temps de faire du tourisme. Le Maître, incapable de s'empêcher de se vanter, ne se gêna pas pour exposer publiquement son intelligence supérieure et sa grande culture. Il parlait parfaitement bien toutes les langues et ne s'en cachait pas. Jimmy et Robert l'avaient averti de ne pas trop en faire, mais c'était trop tard : certains prétendaient déjà que le Maître n'était pas humain.

Les médias étaient fascinés par lui et les plus prestigieux d'entre eux voulaient une interview avec lui. Certains journaux et revues avaient essayé de lancer des rumeurs peu flatteuses à son sujet pour nuire à sa réputation, sans succès. Il était trop intelligent pour se laisser prendre et arrivait toujours à retourner cela contre eux. De plus, ils ne pouvaient pas trouver de délits mineurs chez lui : pas de bagarre dans les bars, pas de conduite en état d'ébriété, aucune femme se plaignant de mauvais traitements de sa part, pas de journalistes ou de photographes frappés etc. Ils n'avaient tout simplement rien pour le rabaisser. Ils avaient essayé de créer un scandale sur le fait qu'il était bisexuel. Il s'était contenté de confirmer et ça s'était arrêté là.

Le pire pour Robert et Jimmy fut le jour où le groupe remporta de nombreux trophées lors d'un gala. Il avait dédié le dernier prix à Gallifrey, sa planète natale. Comme si ce n'était pas assez, il avait dit quelques phrases dans sa langue. Les linguistes du monde entier allaient essayer de décoder ce message.

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Lorsqu'ils revinrent aux États-Unis pour enregistrer leur album suivant, ce fut un soulagement pour eux de s'éloigner un peu des médias. Pour Samuel en particulier, qui était sur le point de faire une dépression. Seul le Maître continuait à faire des apparitions publiques régulièrement, car il adorait avoir toute cette attention.

Robert avait trouvé un dossier complet sur Le Maître dans la loge de Simon lors d'un concert. Simon savait donc qui il était, c'était troublant. Il ne lui en avait pas parlé, mais l'observait depuis. Il avait malheureusement constaté que la personnalité de Simon changeait graduellement pour s'approcher de plus en plus de ce qu'avait été Le Maître. Il ne savait pas si c'était conscient ou même volontaire, mais c'était inquiétant.

Ils avaient eu deux semaines de vacances après la tournée et tous étaient allés quelque part, sauf Simon. Il était resté là et avait composé des chansons. Il vivait des moments difficiles et intenses et le processus d'écriture semblait le libérer un peu de ses tourments. Il en avait également profité pour bricoler tous les appareils électroniques de la maison. Ils avaient un four qui allait jusqu'à mille degrés, une télévision captant cent vingt-deux chaînes et des toilettes auto-nettoyantes. Toutefois, le plus impressionnant était la toile en trois dimensions qu'il avait accrochée au mur du salon. Il s'agissait d'un paysage de science-fiction. Une sorte de citadelle en verre sous un ciel orangé dans lequel brillaient deux soleils.

« C'est fou. On a l'impression d'être dans la peinture, s'exclama Dan qui, normalement, était difficilement impressionnable.

- C'est vraiment beau, avoua Charlie, approuvée par Samuel.

- Je vous présente Gallifrey, leur dit-il.

- Simon, le prévient Robert.

- Quoi ? Tout le monde sait que je ne suis pas d'ici sauf Dan.

- Je sais que tu es fou, oui, répondit celui-ci.

- Il a vraiment des trucs technologiques sur lui que nous ne connaissons pas, lui rappela Charlie.

- Il possède quelques gadgets futuristes et alors ? Il n'est qu'un être humain comme nous »

En plus qu'il ait laissé voir sa console Nintendo DS, son téléphone portable avait eu la brillante idée de sonner en plein jour alors qu'ils étaient dans l'autocar. Ils avaient tous vu le gadget qui était à la fois un téléphone, un baladeur de musique, un appareil photo et même une console de jeu et un mini-ordinateur. Ils en étaient venus à la conclusion que Simon était un humain du futur, ce qui expliquait aussi son amnésie.

« Je suis un Seigneur du Temps, pas un humain et ça c'est Gallifrey, ma planète natale que le Docteur a détruit, » insista-t-il.

De la colère brillait dans ses yeux, mais il n'ajouta rien et se dirigea vers le studio. Comme d'habitude, Robert fut celui qui dut leur dire la vérité. Réalité que Dan refusa d'accepter. Ils le rejoignirent pour travailler sur le prochain album.

Une fois le choc passé, Samuel et Charlie s'intéressèrent à sa planète d'origine, à son peuple et à tout ce qu'il avait pu voir dans l'univers. Il pouvait leur en parler pendant des heures. Dan, orgueilleux, faisait semblant de ne pas l'écouter. Simon n'avait jamais parlé de lui-même, ou très peu. À présent, il n'arrêtait plus. Ce n'était rien de très personnel, mais c'était un début.

L'intérêt de ses collègues pour sa planète d'origine ne fit que nourrir davantage l'obsession qu'il avait pour Gallifrey. Il écrivit plusieurs chansons sur le sujet dont l'une fut choisie pour tourner un vidéoclip. Il adorait les vidéoclips. Depuis qu'il était avec le groupe, The Demons Hunters gagnaient des prix pour ses créations particulièrement originales et magnifiques. La chanson qu'ils avaient choisie parlait indirectement de son enfance sur Gallifrey. Les admiratrices allaient apprécier. Comme il avait trop de choses à exprimer pour un seul album, il travaillait en parallèle sur un album solo. Cela lui donnait le double de travail, mais cela ne le dérangeait pas.

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Ils avaient fait installer un foyer dans le séjour. Dan profitait d'une soirée de congé devant une partie de football et un bon feu. Le Maître s'était étendu sur le sofa et s'était endormi en fixant les flammes.

Il sentit une chaleur atroce le parcourir. Il vit le feu lécher son pantalon, puis sa chemise avant d'atteindre sa peau. Il hurla de terreur. À travers les flammes, il voyait le Docteur. Le Maître le suppliait de le secourir. Le Docteur entendait ses cris, mais resta de marbre. Il sentit sa peau et ses cheveux prendre feu, il supplia de nouveau le Docteur qui le regardait brûler sans réagir. Son regard n'exprimait qu'une froide indifférence.

Il se réveilla brutalement, harcelé par la douleur. Il regarda systématiquement ses mains et hurla. Elles n'étaient plus que des membres squelettiques d'où pendaient des lambeaux de chair calcinés. Il regarda son corps entier qui, visiblement, avait subit le même sort.

C'est à ce moment là qu'il se réveilla pour de bon. Il n'était pas dans sa chambre à coucher, mais dans le séjour et Dan, toujours devant le football, le regardait, perplexe. Il comprit que ce n'était pas réel, juste un autre de ses affreux souvenirs lointains. Il tenta de se calmer, mais ça lui était très difficile. Il n'avait pas beaucoup dormi et était encore troublé par son cauchemar de la veille. Il se leva pour partir, mais Dan le força à rester là.

« Qu'est-ce que tu as ?

- Il m'a regardé brûler vif ! s'exclama-t-il, avec hargne.

- Qui ?

- Le Docteur. »

Il n'avait pas voulu le dire, mais c'était sorti seul. Il se libéra et partit vers sa chambre insonorisée.

Dan resta hébété. Sa haine pour ce fameux Docteur n'était un secret pour personne. Des dizaines de chansons haineuses lui étaient dédiées. Ils en avaient retenu deux ou trois. Il ne lui avait jamais demandé ce que cet homme lui avait fait pour qu'il le déteste autant. Il jugeait que ça ne le regardait pas. Maintenant, il se sentait mal pour lui. Cet homme l'avait-il réellement regardé brûler sans rien faire ? Il ne réapparut pas de la soirée ni le lendemain. Il avait dû avoir une autre de ces crises de démence.

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Il était retourné en Angleterre au 21e siècle. Il se demandait toujours ce qu'il venait y chercher. Il avait suivi Harold Saxon de loin et même si le Docteur était là, il ne pouvait pas lui parler. Il ne devait pas être là et faire quoi que ce soit pourrait altérer cet espace-temps. Il observait, essayant de trouver quelque chose, mais quoi ? Il le suivi et observait, amusé, les pièges qu'il avait jadis posés pour le Docteur. Ce dernier était tombé dedans. Il savait que ça se terminait avec la mort du président américain et sa propre mort. Il avait beau chercher, il ne s'en souvenait pas. Cela lui causa une migraine atroce. Lorsqu'il s'en remit, il se rendit aux ruines où il avait été absorbé par la bulle temporelle avec les Seigneurs du Temps et Gallifrey. Il y demeura quelques jours jusqu'à ce qu'il s'écroule de fatigue. Il s'endormit dans les ruines.

Il sentit ses forces l'abandonner alors que Rassilon s'écroulait. Durant un bref moment il savoura sa victoire en dépit de la douleur. Tous les membres du haut conseil se ruèrent vers le président déchu à l'exception d'une femme. Il voyait le président se relever difficilement, aidé de ses collègues alors que lui tombait, le corps déchiré par la douleur. La femme le rattrapa avant qu'il n'atteigne le sol.

« Koschei » murmura-t-elle à son oreille.

Entendre ce nom après toutes ces années l'émut et il fondit en larmes dans ses bras.

« C'est fini, » ajouta-t-elle.

Il s'agrippa à elle, secoué de sanglots et elle resta un long moment immobile. Elle le rassurait et le consolait de son mieux, car elle le croyait condamné et refusait de le laisser mourir seul. À ses yeux, il était son troisième fils, malgré tout le mal qu'il avait fait. Des gardes sous les ordres de Rassilon les séparèrent. Il fut sauvé et en partie soigné puis enfermé dans le donjon le plus lugubre du Panopticon. Elle fut condamnée à le nourrir et le laver. Une tâche ingrate et humiliante pour une Prydonnienne de haut rang. Elle n'avait pas le droit de lui parler ni même de communiquer avec lui par télépathie. La femme ne voyait pas sa punition comme quelque chose de dégradant, mais plutôt comme une façon de lui apporter un peu de réconfort. Il se faisait torturer mentalement par Rassilon. Il lui faisait voir des choses horribles et qui étaient parfois fausses. Il saccageait tous ses beaux souvenirs ou les corrompait. Elle tentait de réparer les dommages de son mieux.

Un matin, elle était venue lui rendre visite en larmes et avait dit : « il sait ». Elle parlait de Rassilon. Elle avait posé les doigts contre ses tempes et était entrée dans son esprit.

« Je suis désolée pour ce que je vais te faire, mais je refuse de le voir gâcher tes plus belles années.»

En un instant il avait revécu tous ses souvenirs de jeunesse. De sa petite enfance à l'obtention de son diplôme à l'académie. Tous ces moments d'insouciance, passé à courir dans les champs avec Theta. Les peines et les joies. L'amitié et l'amour. Les premières expériences. Les essais et erreurs. Et elle, cette mère substitut qui l'avait toujours accueilli comme s'il faisait partie de la famille. Elle était là à son chevet, tentant de sauver ce qui restait de bon en lui. Il s'était endormi. À son réveil tous ses souvenirs de jeunesse avaient disparus et cette femme devant lui n'était rien d'autre qu'une subalterne condamnée à le laver et le nourrir.

Il se réveilla en pleurant. Il sentait ses muscles endoloris, la faim et le froid, mais il resta étendu sur le sol dur. Il y avait quelqu'un à ses côtés. Il ne regarda même pas, incapable de se contrôler. Il reconnaissait cette présence.

« Comprenez-vous maintenant la raison de votre amnésie ? lui demanda Jimmy.

- Elle a effacé ma mémoire consciente pour préserver mes plus beaux souvenirs, devina-t-il, se remettant de ses émotions.

- Elle avait beaucoup d'affection pour vous.

- Theta en était parfois jaloux, mais Braxiatel* comprenait.

- Vous étiez jeune et aviez besoin d'une mère. Vous l'aimiez beaucoup n'est-ce pas ?

- Mon père aussi et pourtant sa mort ne m'a rien fait.

- On vous a arraché une partie de vous-même.

- Pour faire de moi un monstre, dit-il en essuyant de nouvelles larmes.

- Oui.

- Pourquoi moi ?

- Je n'ai pas de réponse à cette question.

- Si ma mémoire revient je serais de nouveau ce monstre.

- Ce qui vous a été enlevé ne peut vous être restitué, mais vous pouvez compenser.

- Compenser ?

- Que vous ont-ils arraché ? »

Il ne sut quoi répondre.

« Trouvez ce qui vous a été enlevé et vous saurez où chercher.

- Aidez-moi !

- Je ne peux pas le faire pour vous, mais ce que vous cherchez n'est ni dans ces ruines ni dans votre passé. »

Jimmy lui toucha le front du bout des doigts et il perdit conscience. Il se réveilla sur un banc de parc. Il était seul et se demandait si Jimmy avait été réel ou juste une partie de son rêve.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » lui demanda une voix féminine.

Il s'assit. La tête lui tournait, mais il reconnu Donna Noble et le bébé.

« Je ne sais pas. Tu es resplendissante.

- Oui, on ne peut pas en dire autant de toi. Tu as bu ou quoi ?

- C'est ça. Comment va-t-elle ? demanda-t-il, désignant le bébé.

- Elle va très bien. Lève-toi et viens dîner ce soir. Tu pourras t'en occuper un peu.

- D'accord.

- Et tu penseras à te laver aussi. Tu as l'air d'un ivrogne. »

Il l'accompagna jusqu'à son ancienne chambre. Ses vêtements et ses accessoires y étaient toujours. Il se lava, se changea et la rejoignit dans la salle à manger.

« Pourrais-tu la changer pendant que je prépare son biberon ? lui demanda-t-elle.

- Quoi ?

- C'est ta fille, non ?

- Oui, mais…

- Ça fait partie des joies de la paternité.

- Tu n'as pas embauché une nounou pour ça ?

- C'est son jour de congé. »

Shawn arriva plus tard et il ne semblait pas incommodé par la présence du Maître. Ils mangèrent ensemble et le Seigneur du Temps s'occupa du bébé pendant presque toute la soirée. Shawn et Donna préparaient une fête pour des amis. Il ne s'ennuyait pas, occupé à envoyer des images télépathiques des quelques rares endroits magnifiques qu'il avait eu la chance de visiter. Il n'oublia évidemment pas Gallifrey.

Donna lui offrit même de venir à la fête s'il en avait envie. Il passa donc quelques jours chez elle et s'occupa de sa fille.

« Tu viens la voir quand tu veux, » lui dit-elle le jour de son départ.

Elle lui donna une accolade et il suivit Shawn qui avait accepté de le reconduire à l'aéroport.

« Vous ne m'en voulez plus d'avoir couché avec elle ? » lui demanda-t-il en chemin.

Il avait appris que cela n'était pas bien vu dans la société humaine du 21e siècle de coucher avec un autre que son conjoint. Ils avaient même un mot pour ça : l'adultère.

« Je vous ai détesté, mais lorsque j'y repense, c'est la meilleure chose qui soit arrivé à notre couple. J'étais sur le point de la perdre à cause du jeu. Cela m'a permis de m'en apercevoir. J'ai arrêté de jouer vous savez, même si parfois la tentation est toujours là. Vous nous avez permis également d'aimer un enfant. C'était le plus grand rêve de Donna et je ne pouvais pas le lui offrir.

- Vous m'avez pardonné ?

- Oui. Vous êtes vraiment le chanteur de The Demons Hunters ? C'était mon groupe préféré de l'époque. Je devrais même vous demander un autographe. Pourquoi avez-vous…

- Ne me dites rien. Il s'agit de mon futur. Je ne dois pas savoir ce qui arrive au groupe.

- D'accord. Je comprends. »

Ils demeurèrent silencieux ou bien parlèrent de banalités quotidiennes jusqu'à l'aéroport.

« Prenez soin de ma fille, insista le Maître avant de partir.

- Ne vous inquiétez pas pour ça. Nous l'aimons. Tenez. Nous avons fait faire des photos d'elle récemment. »

Il prit l'avion jusqu'aux États-Unis. Ce n'était pas nécessaire, mais le changement de temps et de lieu était plus exigeant pour le manipulateur de vortex qu'un simple changement dans le temps. Il voulait garder son manipulateur encore longtemps donc il en prenait soin.

Il apparut au milieu de la salle de séjour. Dan, Samuel et Robert sursautèrent.

« Où étais-tu ? lui demanda Robert.

- J'ai pris quelques jours de congés… à mes frais.

- Quelques jours ? On te cherche juste depuis hier, rectifia Dan.

- Ah. Je suis là maintenant, on peut se remettre au travail » conclut-il.

Robert avait remarqué ses yeux rougis et son air las, il lui fit signe de le suivre. Le Maître n'avait pas choisi d'en faire son confident. C'était arrivé, tout simplement, et maintenant Robert savait lorsque ça n'allait pas. Sans dire un mot, il s'approcha de lui et prit la photo qu'il serrait dans sa main.

« Ta fille ? » devina-t-il.

Le Maître acquiesça.

« Comment va-t-elle ?

- Bien.

- Pourquoi as-tu l'air si triste alors ?

- Je n'en ai aucune idée.

- Simon, dis-le moi.

- Shawn et Donna sont merveilleux comme parents, mais j'aurais aimé pouvoir l'éduquer moi-même.

- Qu'est-ce qui t'en empêche ?

- Tu le sais aussi bien que moi, Robert. Je suis un monstre.

- Un monstre je ne dirais pas, mais tu es effectivement instable et imprévisible.

- Et dangereux.

- Aussi. Que tu ais envie de l'avoir avec toi c'est tout à fait normal. Il s'agit de ton enfant.

- Ça prouve que je l'aime ?

- Non, c'est instinctif. Que tu la laisses avec cette bonne famille malgré ton désir de l'avoir avec toi, ça c'est une preuve d'amour.

- Vraiment ?

- Bien sûr. Tu le fais pour elle, pas pour toi. La bonté ne veut pas nécessairement dire sauver le monde ou donner de l'argent aux démunis. Ça peut prendre plusieurs formes comme ce que tu fais pour ta fille en ce moment.

- Ça ne me rend pas plus joyeux.

- Pas à court terme, mais un jour elle te remerciera. Tu n'aurais pas pu être là à 100% pour elle. Tu as trop de choses à régler avec toi-même. »

Il n'ajouta rien. Robert avait raison, une fois de plus.

*Irving Braxiatel est le frère du Docteur.