Épilogue
Note de l'auteure: Merci à Ahaimebété pour son excellent travail de beta. Encore merci Loupdu77 et Slave in Mind pour vos reviews encourageantes. Merci également à tous ceux qui se sont rendus jusqu'ici. Voilà, c'est la fin. J'ai eu beaucoup de plaisir à écrire cette fic, j'espère que vous en avez eu autant à la lire.
Le Docteur observait les travailleurs aller et venir sous la surveillance étroite de leurs supérieurs. Les conditions étaient difficiles, mais, malheureusement acceptables selon La Proclamation de l'ombre. Cela lui rappelait les pays du tiers-monde de la Terre du 21e siècle. Il détestait visiter ces endroits parce que ça l'indignait et il ne pouvait rien y faire. Les employés sur cet astéroïde c'était la même chose. Leur grand patron était le Maître. Il avait acheté une centaine d'astéroïdes et quelques planètes inhabitables pour en exploiter les richesses. La principale richesse était des combustibles rares pour alimenter les vaisseaux spatiaux d'un grand nombre de peuple. Le Maître avait finalement réussi à dominer l'univers... financièrement. Il offrait la meilleure qualité-prix. Tout cela n'avait qu'un seul but : financer ses propres recherches sur les trous noirs, l'antimatière et la biologie moléculaire. Il avait également investi une somme faramineuse en projets militaires.
Lorsque le Maître ne pouvait obtenir quelque chose avec de l'argent, il le faisait avec les armes. Ce n'était pas fréquent heureusement, mais pour le Docteur c'était déjà trop. Seul, il ne pouvait pas intervenir et quelle armée voudrait bien le suivre pour contrer celles du Maître ? Son ancien ami ne possédait pas une armée pour conquérir l'univers, seulement pour s'approprier quelques astéroïdes insignifiants aux yeux de la plupart des civilisations. Également, pour protéger ce qu'il avait acquis. Il avait détruit des peuples pour ses projets. Personne ne s'en préoccupait, pas même La Proclamation de l'ombre puisqu'il s'agissait de peuples primitifs. Le Docteur était horrifié et se sentait plutôt seul de son côté. C'était ainsi que fonctionnait le monde. Si le Maître n'avait pas détruit ces civilisations, d'autres l'auraient fait. Ces pauvres gens étaient condamnés à disparaître sur toutes les lignes de temps. Le Maître ne faisait qu'usurper les conquêtes des autres. Le Docteur ne désirait pas s'en mêler.
Le Docteur avait dit au Maître qu'il le laisserait tranquille s'il restait loin de la Terre et il avait tenu sa promesse. L'empire du Maître était très loin de la Terre. Il n'y avait peut-être même pas remis les pieds depuis qu'il était parti avec Charlie dans son propre TARDIS. Parfois, lorsqu'il y avait quelques anomalies sur Terre, le Docteur se surprenait à espérer que le Maître soit derrière cela, comme avant. Ce n'était jamais le cas. Le Maître avait définitivement abandonné la Terre à son sort.
Le Docteur se dirigea vers cette planète nommée Nouvelle Gallifrey. C'était le grand projet du Maître et il n'avait pas pu l'arrêter. Maintenant qu'il était débarrassé des tambours qui le poussaient à faire la guerre et à tout détruire, le Maître pouvait prendre son temps. Il avait monté son grand projet sans faire de vagues et sans alerter qui que ce soit, en particulier lui. Il était encore plus dangereux puisque les tambours jadis le poussaient tellement qu'ils lui faisaient faire des erreurs qui le trahissaient. Ce n'était plus le cas à présent.
La nouvelle Gallifrey était plus petite que l'originale et son ciel était d'un étrange orangé-rosâtre plutôt que orange brûlé. Il n'y avait qu'un seul soleil, mais trois lunes. L'herbe était rouge sombre et le Maître avait réussi à y faire pousser des arbres aux feuilles argentés comme sur leur planète d'origine. Les habitants étaient des hybrides mi-humains, mi-Seigneur du Temps. Pour les créer, il avait sûrement dû retourner sur Terre afin de les exposer au vortex sur plusieurs générations. Le Maître avait injecté de l'ADN Seigneurs du Temps dans un vaccin contre la méningite destiné à des adolescents. Il avait ensuite exposé ces jeunes gens au vortex durant ses concerts grâce aux écrans géants et à des messages subliminaux dans ses chansons. Il avait suivi la progression de leur descendants, les exposant davantage au vortex et modifiant encore leur ADN. Qu'avait-il fait d'autre pour arriver à ses fins ? Combien d'humains avait-il sacrifiés pour ce projet ? Il avait été très discret, trop discret. Le Docteur pourrait retourner dans le passé et l'arrêter au début de ses expériences. Toutefois, lorsqu'il regardait cette nouvelle civilisation brillante, il se demandait si ça valait la peine de les détruire pour sauver quelques humains. Il ne s'était jamais posé cette question auparavant.
Le Docteur regagna son TARDIS, désert. Il avait toujours souhaité que Koschei lui revienne. Que le Maître devienne une meilleure personne. Qu'il apprenne à aimer et cesse de tout vouloir détruire. Cela s'était réalisé. Il avait refait sa vie, recollé les morceaux de sa personnalité brisée et avait finalement réussi à être heureux. Il devrait s'en réjouir. Il était fier de lui. C'était le mieux qu'il pouvait devenir et l'univers entier ne s'en portait que mieux. Toutefois, le prix était élevé, mais juste pour lui. Il avait perdu un ami, un frère. Il regretta même ces moments où le Maître faisait tout en son pouvoir pour le détruire. Maintenant, lorsqu'il arrivait à lui parler, il ne voyait qu'une froide indifférence dans son regard.
Le Docteur s'empara du disque A timelord's tale et le réécouta. Il avait cessé de compter toutes les fois où il l'avait fait jouer. Pour les humains du 20e et 21e siècle, ce n'était qu'un bon album rock, sans plus. Pour l'univers et les humains du 40e siècle et plus, c'était une pièce de collection. Le seul album de musique crée par un Seigneur du Temps, peuple légendaire disparu. Même les hybrides du Maître n'avaient pas le prestige de son peuple d'origine. Ils n'étaient qu'une pâle copie, mais c'était mieux que rien. Ce n'était pas pour sa valeur historique ni pour sa musique qu'il ne cessait d'écouter ce disque. Pour lui, c'était un journal intime. Celui du Maître. C'était à travers ces quelques chansons qu'il avait appris à réellement connaître son ami Koschei.
Le Docteur s'arrêta sur Terre en 1937. Il sortit de son TARDIS et vit son ancien ami. Seul dans le froid, amnésique, malade et désespéré. Le Maître tentait de le rattraper après l'avoir pourchasser pendant des heures. Il n'aurait qu'à lui tendre la main, le serrer contre lui et l'amener dans le TARDIS. Il aurait pu le guérir dès ce moment, mais il n'aurait jamais rencontré The Demons Hunters. Charlie n'aurait jamais vu le jour et ce merveilleux peuple hybride n'aurait jamais existé. Il l'aurait guéri, mais ne l'aurait pas sauvé. Avec regrets, il referma les portes du TARDIS et se dématérialisa.
FIN
