"Une seconde loin de ton bien ,une vie à tenter de le récupérer"

Posté le 18/04

NB J'ai décidé de placer la fête du Vieux O-Bon (une fête des morts au Japon) au 10 septembre pour des raisons de cohérence temporelle. Et aussi parce que ça m'arrangeait bien.

"Aïe!" Je tombai hors de mon lit, m'enmêlant dans les couvertures. Bon sang,j'étais bien emberlificotée ,là. Vais-je réussir à me lever sans aide extérieure? Suspense ...

Après un quart d'heure passé à livrer bataille contre ses traitresses de couettes,je réussi à me lever.

Coup d´oeil au Calendrier épinglé sur le mur de ma chambre. Ah aujourd'hui c'est le Vieux O-Bon. Fête des morts. Elle durera trois jours. Déjà je n'ai pas cours et je vais pouvoir accomplir mes devoirs envers les morts. Pas que ça m'enchante particulièrement ,mais je me dois de les respecter. Et c'est une bouffée de liberté.

Bon,quand faut y aller ,faut y'aller. Je descendis dans la salle à manger numéro 70 .(oui ce manoir est Gigantesque au point que j'ai dû numéroter leurs pièces sur un plan perso pour me retrouver dans ce dédale. Comprenez bien la veille je créchais à la belle étoile à Inuzuri avec notre bande -non ne pense pas à eux-,aujourd'hui j´habite au manoir Kuchiki avec Byakuya Nee-Sama. Et demain? Dormirai-je dans un placard disons dans le monde humain avec un Hollow? Décidément je dis des choses absurdes cette matinée .Ceci ne m'arrivera jamais ,voyons)

J'entrai. Une table basse et Byakuya-Nee-Sama assis devant. Il a quasiment terminé. Bien sûr ses keisenkans sont de sortie.A se demander s'il ne dort pas avec,tiens. Par contre sa fameuse écharpe coûtant une fesse n'est pas de la partie . Peut -être que Nee-Sama l'a oubliée ? Ou qu'il trouve qu'il fait trop chaud - il faisait un temps radieux (probablement même un peu trop) pour une aube d'automne?

Bref de toute façons ce ne sont pas mes oignons. Nee-Sama s'habille comme il veut,il est grand.

Apres avoir salué respectueusement Nee-Sama ,je m´asseois et commence à manger. Vu de l'extérieur , je semble avoir un appêtit d'oiseau et il est vrai que la maigreur de mon corps pourrait confirmer cette hypothèse . Mais non. En réalité je m'empiffre comme quatre et c'est jusque que mon métabolisme fait passer tout ça ...et bien je ne sais pas ou tout ça passe. En tout cas ce n'est ni dans la poitrine ni dans les fesses. Et encore moins dans la force physique .Je suis une planche de fer à repasser,trépasser ? Raah j'ai oublié le nom. Mais comme cet objet je suis maigre et filiforme.

J'aimerai bien avoir un peu plus de formes . Je ne demande pas des pastèques à la place des seins comme la vice-capitaine de la Dixième mais quand même . Autre chose que mes quignons de pain ,quoi. Et puis avec mes petites formes je fais tâche au milieu de tous ces nobles grands et bien faits de leur personne ,moi la petite souris qui a atterrit ici à cause d'un jeu du sort. Et puis Hinamori l'amie de Renji a des vrais seins elle.

Bon sang Rukia ,redresse-toi et pense à autre chose que tes seins ! Ça va pas bien dans ta tête! Aïe Rukia là tu viens de prendre la cuillère à glace ,alors que tu devais prendre celle pour la salade de fruits. Qu'en va en penser Nee-Sama,imbécile?

-Aujourd'hui nous suivrons le programme habituel.

-D'accord Nee-Sama."

Le programme habituel consiste à ce qu'on aille ensemble se promener jusqu'au cimetière . Enfin cimetière ... Il y'a juste des stèles étant donne que les âmes s'évaporent . En fait c'est comme le cycle de l'eau. Quand on est humain on est l'etat solide. Statiques. Quand on est une âme nous sommes si nous n'avons pas de corps nous avons quand même une existence . Et le reiatsu coule dans nos veines. Et entre les deux nous sommes le gaz. Insaisissable et se mettant là ou l'espace est libre...

Je pris mon sac et suivis docilement Nee-Sama qui n'avait toujours pas mis son écharpe blanche. Nous allâmes au cimetière. Le soleil dardait ses feux sans aucun obstacle les arbres ressemblaient à des incendies. Si chatoyants ,si vifs...

La stèle à laquelle nous allions chaque année était un mausolée de granit. Le tout était lisse et de très belle facture. Le monolithe détonait parmi des sépultures de facture beaucoup plus modestes. Peut-être y serais-je enterrée un jour . Mon frère y entra. Tacitement je ne le suivais jamais.

Sur la porte du cénotaphe de marbre blanc neige était gravé en lettres de feu- que mon frère raminait chaque année à l'aide du Kidō- ceci.

J´ai eu trop de bonheur

Pour mon infâme crime

A chaque sombre heure

Je gîs sous la guillotine

Ô A tous mes remords

Mes excuses dans la mort.

Je touchai les lettres . Comme à chaque fois que je venais ici,une nostalgie inconnue battait sa cadence dans mon âme. Qui es-tu ,illustre inconnu? Et pourquoi ai-je l'impression que te connaître est une évidence .

Je partis du cimetière. Mon frère en rentrera silencieux comme à l'accoutumée et plongé dans des pensées qui n'appartiennent qu'à lui.

Comme à chaque année mon frère passera le plus clair des trois jours de l'O-Bon devant cette tombe jusqu'au crépuscule où je viendrai le chercher et nous rentrerons ensemble au manoir (Jamais je ne considérerai cette maison remplie d'hostilité et de reproches silencieux à mon égard comme un foyer. Mais en ai-je jamais eu un seul ,un jour?)

Pendant que Byakuya-Sama prie moi aussi je prierai. Mais certainement pas de la même manière.

Je sortis un long manteau ivoire type pelerine un peu dechiré avec des tâches de boues. Je le cala sous mon bras et me dirigea en courant vers la porte Sud en faisant bien attention à ne pas être vue.

Dix minutes plus tard j´étais devant la porte gigantesque et je me vétîs de ma pélerine. J'entendais la grosse voix de la gardienne parler à un papillon de l'Enfer. Je collai mon oreille contre la porte ,curieuse.

«Ça fait 21 ans que je vous dis que Je n'ai pas vu ce groupe-là de fugitifs . Et pourtant ils seraient reperables très facilement avec tous leurs arrêtez de m'embêter avec ça Ichimaru-sama!"

Ah visiblement La Gardienne était très agacée. Mince. Je me fis toute petite et tachai de dissimuler mon reiatsu.

- Et en plus vous faites cette blague pourrie à nous tous les gardiens des portes! Je vous suis peut-être inférieure en grade mais je ne dépends pas de vos ordres d'abruti! Foutez-moi la paix! »

Bien la Gardienne était en plein combat verbal avec Gin-fukutaicho. Je m'approchai de la gigantesque était haute de 70 mètres environ et était en bois massif de mérisier blanc cassé patiné par le temps. Là-haut ,hors de ma portée se trouvait la poignée qui était plus grande et plus grosse que moi. Sur celle-ci était sculptée des masques des visages grimaçant,une farandole d'êtres qui ressemblaient soit à rien de descriptible soit à des animaux . Ceux -ci étaient pour certain pourchassés par des hommes et femmes en noir et en armes. Dans un coin il y'avait même un Quincy tout en blanc en train de tirer une flèche lumineuse sans s'apercevoir du Menos Grande qui allait fondre sur lui. Au milieu de ce chaos ,un être de taille humaine était en train de cracher un Cero. Sur sa tête on pouvait voir une couronne ;le "roi" du Hueco Mundo.

Cette poignée était à 20 mètres de hauteur. Elle était autrefois à hauteur humaine aux débuts de la Soul Society . Mais plus les Shinigamis du Sereitei devenaient plus puissants ,plus nombreux plus les Murailles s'etiraient ,grandissaient pour devenir ces remparts aux dimensions gargantuesque que l'on connaît aujourd'hui . Les portes ont quant à elles ,naturellement suivi l´agrandissement des murailles. Ce qui expliquait le fait que maintenant les Gardiens des portes étaient des géants ,là ou autrefois n'importe quel Shinigami pouvait garder une porte. La poignée était devenue inutile;en effet ces géants se contentaient de soulever le portail. Un objet ancien et de surcroît magnifique mais inutile.

Je m'approchai ,donc,et soulevai donc une des nombreuse lattes de cette frontière entre deux mondes ;

Present et Passé.

Richesse et Pauvreté.

Solitude et Amitié.

Frère et libertés .

Routine et imprévu.

Sereitei contre Rukongai.

Byakuya VS Renji.

Si les Shinigamis pouvaient entrer et sortir du Sereitei presque à leur guise ,les étudiants de l'Académie eux n'avaient pas le droit de sortir de l'enceinte sauf autorisation spéciale. Je ne pouvais pas demander l'autorisation ;ceci aurait fait jaser et le Shinigami-tout-venant et les familles nobles et donc ces rumeurs une fois n'est pas coutume fondées auraient rendu furieux les Anciens qui se seraient sans doute déchaînés sur moi (même si je m'en fous un peu) et Byakuya-Nee-Sama. En effet Rukongai était un vilain gros mot,un tabou,une honte dans la bouche d'un noble.

Je me faufilai. La Gardienne était encore aux prises avec le vice-capitaine Ichimaru via Papillons de l'Enfer interposés. Tant mieux ,comme ça elle ne prêtera pas attention à une ombre comme moi.

Je commençai à courir. L'adrenaline qui naguère au Rukongai était ma plus fidèle compagne revint en force ,puissance 10 000. Je sentai mon coeur battre plus fort que le glas ou un tambour rituel de guerre. Mes jambes avançaient rapidement ,heureuses de pouvoir s'avaler les kilomètres restant jusqu'à Inuzuri. Mes mains se mirent sur le qui-vive ,sur la garde du Zampaktō . Alors qu'au manoir Kuchiki,j´ai parfois du mal à ne serait-ce que respirer ,ici le rythme de ma respiration s'accélérait par anticipation de mon long et rapide trajet.

Je cours,je cours,je cours...

Au fur et à mesure de ma route, la route de venait de plus en plus mal entretenue. Elle passait de régulièrement pavée et propre dans les Trois premiers districts à un chemin boueux de terre battue régulièrement couvert d'arbre. Le sentier était sinuant et il fallait bien connaître les lieux pour savoir et même distinguer son existence.

Les oiseaux s'enfuyaient ,pépiant de peur. Les animaux avec une faible charge spirituelle évitaient le Sereitei qui avec sa trop forte concentration de reiatsus leur faisait multiplier la pression sur leurs os. A part quelques animaux accoutumes à la pression des Shinigamis (comme les carpes koï de la mare du manoir ou les Papillons de L'enfer), il n'y avait pas d'animaux au Sereitei . A la perception de faibles niveaux de pression spirituelle-comme celui que j'avais quand j'étais au Rukongai-,ils prenaient la fuite instinctivement.

A Inuzuri votre vie était cinq fois plus difficile quand vous aviez du reiatsu; en effet même mort vous devez encore vous sustenter pour ne pas (re)mourir, vous faisiez fuir d'éventuelles proies-repas, vous attiriez les Hollows en quête d'âmes fraîches comme les loups pourchassant les agneaux. De plus les trafiquants étaient toujours à la recherche d'âmes avec du reiatsu (à moins de bien savoir tirer son épingle du jeu). Et enfin vous étiez le bouc émissaire de tout le district qui vous mettait tous les malheurs calamités déveines et malchances du monde sur votre dos bien surchargé par la misère . Gigantesques tempêtes? C'était de notre faute. Épidémies ? Encore de notre faute. Sauf si encore une fois vous arriviez à faire de votre reiatsu un atout.

A l'horizon qui s'étalait devant moi,je voyais les misérables cabanes de terre battue à moitié détruites par les éléments. Devant une de ces cabanes des fils étaient tendus mais aucun linge n'y pendait. Sans doute déjà volé. Un proverbe du coin disait à juste titre "Une seconde loin de ton bien,une vie à tenter de le récupérer " .

Je resserai encore ma main sur mon pommeau et me dissimula derrière un bosquet d'arbres.

Le bosquet formait une barrière naturelle et opaque .Il était constitué de buissons avec des baies brun-rouges . Il ne fallait pas les manger,c'étaient des baies de sureau, belles mais si toxiques. Au centre se trouvait une flaque avec une eau douteuse à la limite de la boue.

J´enlevai mon uniforme de l'Académie et le lança négligemment par terre. A part une tunique dechirée arrivant à peine à mi-cuisse et avec beaucoup de tissu manquant au niveau de ma poitrine formant du coup un très large decolleté et la ceinture avec le fourreau de mon épée ,je n'avais rien d'autre sur moi.

En gros j'étais à moitié nue en plein milieu d'Inuzuri l'un des pires districts du Rukongai rempli de voyous en tous genres. Normal,quoi.

Par-dessus ma vieille tunique j'enfilai une espèce de robe grise. Couleur idéale pour se fondre dans le paysage et c'était encore la seule robe de ma garde-robe qui avait une étoffe de qualité moyenne pouvant convenir au personnage que j'étais censée être ; une âme pauvre d'Inuzuri.

Tout à coup j'entendis un craquement dans les branchages. Une touffe de cheveux s'enfuit au loin quand il remarqua que je l'avais repéré.

«Renji!» m'exclamai-je.

Note Reiatsu=pression spirituelle

Merci d'avoir lu ce chapitre . J'aimerai avoir vos réactions .

C'est le chapitre en prose le plus long que j'ai jamais écrit pour l'instant (et encore initialement il y'aurait dû y'avoir plus d'éléments mais j'avais peur de vous soûler avec un trop gros chapitre)Je suis trop fière de moi:). Désolée pour avoir été longue à poster mais ;

- Problèmes de connexion.

-Pas mal de gens de mon entourage sont nés en avril . Donc les weeks-ends j'étais pas chez moi.

Merci encore de votre attention. Reviews?

Je ne tarderai pas â être en vacances donc le prochain chapitre arrivera un peu plus rapidement:)

Prochain chapitre ;Memento Mori (le vrai )