Le lendemain matin, Vicky se leva plus heureuse qu'à son habitude, car elle savait qu'elle allait retrouver ses amies Jenny et Karine, ainsi que son amour de toujours Mégane, qu'elle espèrait retrouver dans sa classe en ce jour de rentrée.
Après s'être préparée et avoir mis son traditionnel foulard, elle prit sur le chemin du lycée quand soudain son portable se mit à sonner:
- Allo?
- Vicky, c'est Jenny, je suis devant le lycée...
- Je suis en train d'arriver...
- C'est pas ça, c'est qu'il y a trois personnes qui piquent de l'argent...
Vicky ne répondit pas, car elle pensait savoir parfaitement de qui il s'agissait.
- Laisse moi deviner: une écolière rock, un tatoué et le dernier avec un chapeau.
- Comment tu sais?
- Je les connaît. On se retrouve au lycée.
- A plus!
Tout d'un coup quelqu'un derrière elle mit ses mains sur yeux.
- C'est qui? demanda la personne.
- Je sais pas... Még?
- Gagné! cria Mégane qui l'avait rejointe entre-temps. Houla! ça n'a pas l'air de te plaisir, quelque chose va pas?
- Les trois idiots sont au lycée maintenant, j'ai l'impression que le sort s'acharne sur nous.
- Merde, je parie que tu ne veux pas les croiser?
- Exact, mais on avisera une fois là-bas.
Quand elles arrivèrent au lycée Jenny était déjà entrée à l'intérieur. Elles virent la bande à Joy qui étaient devant Murphy surnommé " le tableau de bord" par Joy et semblaient le menacer à son tour pour le racketter. Vicky et Mégane balayaient des yeux la zone pour trouver un moyen d'entrer sans se faire voir:
- On peut pas se faufiler dans la foule, il n'y a pas assez de monde. Dit Vicky.
Mégane vit alors une poubelle adossée au mur, derrière lequel se trouvait un arbre:
- Tu aimes l'arccrobranche?
Mégane aida Vicky à monter sur la poubelle, puis sur le mur. Jusqu'ici tout se passait bien mais sa jupes'accrocha lors de sa descente:
- Je ferais mieux d'avoir un pantalon, grogna Mégane.
Vicky décrocha la jupe de Mégane des branches et arriva la première en bas, elle tenta d'aider Mégane à descendre, mais cette dernière se fit une belle griffure au poignet en tentant de décrocher sa jupe qui s'accrochait partout. Enfin elle atteignit le plancher des vaches. En voyant Mégane blessée, Vicky enleva son foulard pour l'utiliser comme pansement sur la blessure de Mégane.
- T'es plus jolie cheveux au vent, remarqua Mégane.
- Merci, dit Vicky.
Pendant qu'elle pansait Mégane, leurs visages se rapprochaient, et finirent par se toucher et faire ce qu'elles attendaient depuis si longtemps... puis entendirent les voix de Joy... et d'Albin venu se jour-là proposer ses services comme prof de musique accompagné de son instrument favori:
- T'es pas le chanteur du groupe "Les Blancos" ? interrogeait méchamment Joy.
- "Les Albinos" , répondit Albin.
- Tu me prêtes ta guitare? demanda Jeffrey.
Il n'attendit pas la réponse d'Albin pour lui prendre la guitare des mains et s'improvisant rock-star, se mit à jouer quelques notes au hasard avant de continuer avec les dents, se qui fit partir deux cordes.
Stoïque comme à son habitude, Albin n'eut que ce commentaire:
- Mal partis pour faire un groupe.
- Attends, je relève le niveau! déclara Joy en arrachant la guitare à Jeffrey.
Elle joua à son tour quelques notes qu'elle accompagna d'une chansonette de sa création:
" T'as beau être tout blanc,
Fais-moi chier,
Casses-moi les pieds,
Je te péterai quand même les dents."
Elle finit en hurlant " Rock n Roll!" et fracassa la guitare par terre qui explosa en morceaux. Elle tendit les restes de la guitare à Albin:
- Merci pour ta charmante coopération, remercia-t-elle d'une voix mielleuse.
Albin qui ne s'attendait surement pas à ce qu'ils aillent aussi loin, resta sans voix.
De leur côté, Vicky et Mégane en profitèrent pour entrer dans le bâtiment subrepticement, mais elles se heurtèrent à Jack qui quittait le bâtiment où il avait suivi Mélanie dans une tentative de séduction avortée. En croisant Vicky et Mégane, il hurla:
- JOY! LES FILLES DU PARC SONT LA!
Alertée, Joy se tourna vers Jack et en voyant Vicky, fit signe à Jeffrey de la suivre. Elle se dirigeait maintenant vers elles à grands pas. Vicky bouscula alors Jack et entra rapidement dans le bâtiment. Mégane, quant à elle, eut moins de chance et se fit rattraper par Jack.
Joy les rejoint et mena la suite des opérations:
- Jeffrey, entre et va chercher l'autre.
- Je vais me perdre la dedans! répondit Jeffrey.
Joy rumina, et chercha une solution à son problème, elle regarda Mégane et ses yeux trouvèrent le foulard de Vicky:
- T'es sa p'tite copine? Demanda-t-elle.
Mégane ne répondit pas.
- C'est toi la Mégane de son journal?
Comme elle ne répondait toujours pas, les garçons l'entraînèrent plus loin dans la cour où Joy put crier ses revendications, la tête tournée vers le bâtiment:
- GOUINETTE ! SORS DE TON TROU OU J'OUVRE TA COPINE EN DEUX !
Plusieurs personnes, dont Karine et Jenny se postèrent aux fenêtres pour savoir ce qui se passait. Vicky, quant à elle, s'était agenouillée contre un mur et paniquait.
Durant plusieurs minutes il ne se passa rien. Les élèves, toujours plus nombreux s'agglutinaient aux fenêtres. Vicky qui ne savait pas quoi faire se rappela alors ce qu'elle avait dit à Karine et Jenny sur la plage plus tôt dans l'année: "Si tu l'aimes encore, dis-lui. N'attends pas d'être attaquée par un psychopathe".
- T'ATTENDS QUOI? QUE PAPA ET MAMAN VIENNENT T'AIDER?
Cette phrase donna à Vicky le courage d'aller affronter Joy, car elle savait que cette affaire ne dépendait que d'elle. D'un pas décidé, elle sortit du bâtiment et se dirigea vers Joy. En la voyant sortir tous les témoins se mirent à chuchoter... Elle se trouvait désormais face à Joy:
- Tu faisais quoi? Tes prières? Lança Joy.
- Je rédigeais les tiennes, rétorqua Vicky.
La réponse de Vicky ébranla la confiance de Joy.
- Je te propose un deal, j'te plante toi au lieu de ta copine, comme ça on sera quitte. Ceci est non-négociable. N'intervenez pas les mecs.
Elle se jeta sur Vicky, et la plaqua par terre de tout son poids, son avant-bras sur sa gorge cherchant son canif de l'autre main au fond de sa poche:
- T'as détruis mon amour propre, je vais détruire le tien.
Contre toute attente, Vicky se mit à mordre l'avant-bras de Joy, se qui relâcha son etreinte, et en profita pour lancer Joy violamment à terre de tout son poids. Elle se releva et saisit Joy par le col la redressant brusquement et collant son visage au sien lui cracha au visage:
- Personne ne me dit ce que je dois faire! Occupe toi de tes fesses et pas de celles des autres!
Comme Joy ne réagissait plus, Vicky la lâcha et vint vers Jack et Jeffrey:
- On veut pas se battre, on se rend! cria Jeffrey.
- Idem! cria Jack.
Ils libérèrent brusquement Mégane et entraînèrent avec eux Joy toujours abasourdie. Vicky et Mégane se serrèrent l'une contre l'autre et s'embrassèrent sous les applaudissements de tout les élèves, pendant que d'autres huaient et lançaient des boulettes de papiers sur Joy et sa clique, qui commençaient à s'enfuir car la police, alertée par un prof, arrivait sur les lieux. Karine et Jenny vinrent féliciter Vicky, et Jenny saisit l'occasion pour aller embrasser Hugo. La principale sorti à ce moment du bâtiment pour accueillir les agents qui descendaient de leur véhicule, réclamant le calme à tous.
Après une course écheveulée les trois J s'arrêtèrent, à bout de souffle au fond du ruelle:
- HUMILIEE ! HUMILIEE PAR DES LYCEENS !hurlait Joy.
Puis, en se tournant vers ses compères:
- Vous auriez pu m'aider à lutter contre cette sauvage!
- Tu nous as dit de ne pas intervenir, répliqua Jeffrey.
- Si tout allait bien, mais à cause de vous, ça n'a pas été le cas!
- Toujours notre faute, même quand c'est la tienne. C'est toi qui a déclenché tout ça, c'est toi qui a voulu qu'on la pourrise la première fois j'te rappelle!
- Qu'est ce tu racontes?
- Jack et moi, on se prend toujours les coups, celle qui fiche rien et récupère les butins, c'est toi! continua Jeffrey.
- Tu penses qu'à ta pomme! se contenta Jack.
- Je... euh... tenta de se justifier Joy.
Jeffrey lui mit alors un bon coup de boule:
- Chacun son tour.
Il s'éloigna, entraînant Jack dans son sillage:
- Tu nous aimes pas et personne t'aimeras, et moi je t'aime pas. Justifia Jack.
Il conclu, regardant Joy en face qui se tenait la tête à deux mains:
- "Occupe toi de tes fesses et pas de celles des autres" comme elle disait la fille.
Ils disparurent tous les deux, poursuivi par les hurlements de Joy:
- DE TOUTE FACONS, JE N'AI JAMAIS EU BESOIN DE DEMEURES COMME VOUS !
Elle s'assit sur un vieux carton, ouvrit son miroir de poche et estimant les dégats déclara à son reflet:
- "Occupe toi de tes fesses et pas de celles des autres" je vais le faire, t'inquiètes pas, mais d'abord je vais te régler ton compte, ma cocotte.
