Note : Bonjour tout le monde ! Voici le chapitre 2, qui j'espère vous plaira ! Merci à tous de vos reviews :D
Sinon, en personnages, j'ai mis Merlin et Arthur parce que ce seront les principaux, mais bon comme dans la vraie série il y aura Gwen et les autres :)
CHAPITRE 2 :
Arthur était perplexe. Il ne comprenait pas pourquoi Merlin ne l'aimait pas. Ils étaient pourtant amis quand il était adulte ! Alors pourquoi donc ici ne semblait-il pas lui faire confiance ? Il tenta de se reconcentrer sur ses papiers mais n'y parvint pas. Son idiot de serviteur l'en empêchait. Décidément, si ce n'était pas quand il jacassait, c'était quand il redevenait enfant !
Il avait peut-être un peu taquiné Merlin, mais il n'était pas censé se vexer pour ce genre de choses ! Il fallait croire qu'étant enfant, il était beaucoup plus susceptible. Mais ce n'était pas seulement ça. Depuis le début, il préférait rester avec Gwen plutôt qu'avec lui. Il voulait bien croire qu'elle était sans doute plus rassurante que lui mais tout de même !
Il jeta un coup d'oeil à l'heure, et constata qu'il fallait qu'il rejoigne Guenièvre dans la salle à manger pour dîner. Il quitta son bureau, pour sortir. Il ressentit un petit pincement au cœur. D'habitude, Merlin étant son serviteur, il venait toujours avec lui. En chemin, ils se lançaient donc souvent des piques. Le trajet cette fois, ne fut donc pas aussi distrayant. Les couloirs semblaient froids, silencieux.
Il pénétra dans la salle à manger, où Guenièvre l'attendait avec... Merlin ?
- Rebonjour, dit-il d'un ton interrogateur.
- Merlin mange avec nous ! répondit Guenièvre, on ne peut pas le laisser manger tout seul, et Gaïus ne peut pas le garder avec lui.
Arthr hocha la tête. Evidemment, il aurait dû y penser. Il s'assit à sa place habituelle. A côté de lui étaient Guenièvre d'un côté, et Merlin de l'autre, qui le regardait. Il essaya d'ignorer ce détail, et se concentra pour sourire.
- La visite du château s'est bien passée ?
- Oui, répondit-elle, on a fait le tour je pense, et Merlin s'est bien amusé je crois, n'est-ce pas ?
Le concerné acquiesça, étrangement silencieux. Il sembla réaliser qu'il n'était pas convainquant, car il se mit à sourire.
- Bien. J'imagine que maintenant que tu connais le château, tu peux travailler ? plaisanta Arthur.
Merlin l'observa avec de grands yeux étonnés.
- Et qu'est-ce que je dois faire ? demanda-t-il.
Arthur cligna des yeux.
- C'était une blague Merlin, ne t'inquiète pas, répondit Guenièvre en jetant un regard sévère à Arthur, évidemment que tu ne vas pas travailler, tu es ici pour t'amuser.
Merlin hocha la tête, incertain. Arthur, lui jeta un regard à sa femme. Elle était bien... maternelle, et se comportait comme si Merlin était... eh bien n'était pas le Merlin qu'ils connaissaient, mais juste un enfant. C'était le cas, mais lui n'arrivait pas à penser vraiment comme ça. Il ne put s'empêcher de penser qu'elle ferait une merveilleuse mère.
- Si tu veux, demain tu pourras regarder Arthur s'entraîner à l'épée. C'est le meilleur, confia Guenièvre à Merlin sur le ton de la confidence.
Arthur haussa un sourcil. N'avait-il pas son avis à donner dans cette affaire ? En voyant le sourire rassurant qu'elle faisait à Merlin, il comprit que c'était pour l'inciter à passer du temps avec lui, et se rapprocher de lui. Il ne l'avouerait jamais, mais il espérait que le petit Merlin accepterait. Car enfant ou pas, il ne pensait pas qu'il pourrait supporter d'avantage cette distance avec lui, ce qui était d'ailleurs très bizarre. Depuis quand avait-il autant besoin de son serviteur ?
- Je n'aime pas beaucoup les combats d'épée, répondit-il en faisant la moue.
Il ressentit sans le comprendre une vague de déception à sa réponse. Mais Guenièvre ne se laissa pas démonter.
- Mais si, insista-t-elle, ça va être bien tu vas voir ! Tu n'as jamais vu Arthur se battre ça se voit ! Tu n'auras qu'à l'observer demain.
- Et tu viendras ? demanda-t-il.
- Non, j'ai des affaires à régler, répondit-elle sur un ton d'excuse, mais Arthur va être aussi gentil que moi pas vrai ?
- Oui, bien-sûr, évidemment, répondit-il avec enthousiasme, ça va être génial!
Merlin lui lança un coup d'oeil pas convaincu, mais accepta :
- D'accord.
Le blond ne manqua pas le ton déçu du jeune garçon. Il se promit de faire en sorte que Merlin l'apprécie le lendemain .
Le dîner se termina. Guenièvre, Arthur et Merlin montèrent jusqu'à leur chambre. Gwen accompagna son ancien serviteur jusqu'à ce qu'il soit couché dans son lit, tandis qu'il alla directement dans sa chambre. C'était vide sans son serviteur pour le préparer pour la nuit !
Guenièvre vint le rejoindre quelques minutes plus tard. Elle sourit en voyant qu'il essayait maladroitement d'enfiler sa chemise pour la nuit. Elle s'approcha et l'aida.
- Merlin est au lit, annonça-t-elle en se dirigeant vers le lit.
- Ah oui ? fit Arthur d'un ton dégagé en la rejoignant.
- Oui. Il était très fatigué de la journée !
Arthur observa Guenièvre. Elle semblait attendrie.
- Ne va pas oublier que Merlin reviendra adulte bientôt, et je ne suis pas sûr qu'il appréciera de savoir que tu l'ai bordé, plaisanta-t-il.
Gwen fronça des sourcils :
- Evidemment que je le sais. Mais tu ne le trouves pas adorable à cet âge-là ?
- Il est toujours aussi maladroit que d'habitude !
- Arthur, je ne penses pas que tu réalises que Merlin n'a pas la moindre idée de qui tu es, et que tu lui fais peur.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Je ne peux pas lui faire peur ! protesta Arthur, surpris.
Guenièvre soupira :
- Tu as un comportement étrange pour lui, et même si ce n'était que des petites plaisanteries qui sont sans importance pour toi, Merlin a bien retenu les remarques que tu lui as faites. Pour Merlin, il s'est réveillé dans un endroit complètement inconnu, avec seulement des étrangers, et sans sa mère ! Il doit être terrifié !
Arthur fronça des sourcils. Il n'avait pas vraiment vu les choses sous cet angle.
- Eh bien demain sera l'occasion de le faire changer d'avis, déclara-t-il, décidé.
- Oui, j'espère bien ! sourit Guenièvre.
Le lendemain, malgré l'insistance d'Arthur pour envoyer un serviteur réveiller Merlin, ce fut Guenièvre qui s'occupa d'aller le préparer pour la journée. Maintenant, son serviteur lui volait sa femme ! songea-t-il plus amusé qu'énervé.
Mais Arthur, lui, n'eut pas le droit à être chouchouter par Guenièvre, comme son cher serviteur. Lui, il eut le droit à... Georges. Il dut se retenir de gémir de frustration mais laissa le parfait serviteur s'occuper de lui, n'ayant pas vraiment le choix. Rien que ça lui donnait la furieuse envie que Merlin soit de nouveau comme avant ! Car pendant tout le temps où Georges l'habilla, il dut supporter ses horribles blagues sur les brosses, et le nettoyage du sol.
Enfin, ils furent prêts. Guenièvre les quitta tous deux avec un sourire rassurant pour Merlin, et un simple regard d'avertissement pour lui. Lorsqu'ils ne furent plus que tous les deux, le plus jeune regarda Arthur d'un air méfiant, et il remarqua bien qu'il s'était éloigné discrètement d'un pas. Il se retint de pousser un soupir. Ce n'était pas gagné !
Ils descendirent au terrain d'entraînement dans un silence gênant. Arthur avait bien tenté de faire la conversation, mais Merlin se contentait de répondre par un « oui » ou « non » poli, ce qui l'énervait.
Il vit alors les chevaliers, qui étaient prêts, et l'attendaient. Le regard de Gauvain se posa sur la petite silhouette qu'il l'accompagnait, et il fronça des sourcils. Arthur et Merlin s'approchèrent d'eux. La confrontation était inévitable.
- Est-ce que c'est bien Merlin ? demanda immédiatement Gauvain.
Le petit le regarda d'un air intéressé.
- Oui c'est moi, répondit-il, comment vous me connaissez ?
Devant les yeux stupéfaits de Gauvain, Perceval, Elyan et Léon, Arthur toussa pour reprendre contenance.
- Heu.. eh bien... bafouilla Gauvain, déstabilisé, on... enfin...
- Je leur ai parlé de toi, répondit Arthur pour lui, et si tu allais voir les armes ? Tu ne les touches pas par contre !
Merlin parut déçu de ne pas pouvoir poser plus de questions aux chevaliers, mais hocha la tête et s'éloigna. Arthur expliqua alors :
- Comme vous pouvez le constater, il y a un petit changement avec Merlin. Il... il a été la victime d'un sortilège, qui est redevenu un enfant, sans ses souvenirs d'adulte. Je compte sur vous pour bien agir avec lui. Gaïus est en train de chercher une solution à ça.
- Oui Sire, répondirent-ils en choeur.
Arthur faillit éclater de rire quand il vit le regard attendri de Perceval sur Merlin. Les enfants et Perceval ! Une grande histoire !
Il fit signe à Merlin de revenir vers eux, ce que le petit s'empressa de faire tout de suite. Il n'osait rien dire aux chevaliers, mais Gauvain parla pour lui :
- Je suis Gauvain, et le Mr Muscle que tu vois là est Perceval ! Le chevalier à l'air sérieux c'est Léon, et...
- Je suis Elyan, compléta Elyan qui préférait se présenter lui-même.
Merlin l'observa, intrigué.
- Tu... vous... se reprit-il, vous ressemblez à Gwen.
- Tu peux nous tutoyer, sourit Elyan, et Gwen est ma sœur.
Merlin ouvrit de grands yeux, et fit son plus beau sourire à Elyan, sous les yeux jaloux de Gauvain, Arthur et Perceval et le sourire amusé de Léon.
- Tu es le frère de Gwen ! s'exclama-t-il comme impressionné.
Elyan rigola et Perceval prit la relève :
- C'est son frère, mais nous nous sommes les amis d'Elyan et de Gwen !
Merlin fit un sourire timide à Perceval, qui eut les yeux remplis de joie. Arthur, lui, n'en revenait pas. Des hommes, qui étaient censés être chevaliers, étaient en train de fondre devant Merlin, et essayer de se faire apprécier de lui. Pour Perceval, passe encore, il adorait les enfants, mais pour Gauvain, c'était bien inhabituel. En effet, le chevalier le regardait avec tendresse.
- Tu vas voir, Perceval est plus un gros nounours qu'autre chose !
- Hey ! protesta celui-ci.
- Bin quoi ? C'est vrai ? Dès qu'il y a un gosse dans les parages soudain tu ne sembles plus si menaçant que ça !
Perceval répliqua, et une petite dispute amicale éclata entre eux. Merlin éclata de rire face à leurs idioties, les faisant s'arrêter nettes. Leurs visages étaient épiques à ce moment là. Gauvain comme Perceval, avait l'air fier d'avoir réussi à faire rire le jeune garçon.
Une voix retentit soudain derrière Arthur :
- Veuillez m'excuser Sire, j'ai du retard.
- Ah. Mordred, ça ne fait rien, nous allions juste commencer de toute façon, répondit Arthur.
Le regard de Mordred se fit interrogateur, et il lui expliqua discrètement la situation, tandis que les chevaliers étaient toujours en train de parler avec Merlin.
- Oh. Je vois, répondit-il.
Arthur s'exclama :
- Bien ! Je pense qu'à présent que tout le monde est là, il est temps de commencer l'entraînement.
Les chevaliers et Merlin se retournèrent, et virent Mordred, à côté d'Arthur. Si les chevaliers le saluèrent chaleureusement, Merlin, lui, resta figé.
- Voici Mordred, dit Arthur, pensant qu'il était simplement timide.
Il n'obtint aucune réaction de la part de Merlin, qui regardait Mordred avec... un visage de peur ?
- Bonjour Merlin, dit Mordred.
Le brun ne répondit même pas. Il se contentait de le regarder, complètement figé. Arthur toussa, pour dissiper le malaise qui s'installait lentement.
- Commençons ! Merlin, éloigne-toi, tu n'as qu'à regarder.
Le concerné ne lui donna même pas un regard, et s'éloigna comme un automate. L'entraînement put enfin commencer.
Ils firent l'échauffement habituel, en commençant par des coups simples à droite, à gauche, puis enchaînèrent avec les esquives des attaques. Arthur para un coup d'Elyan et jeta un coup d'oeil à Merlin. Celui-ci était un peu pâle, et regardait sans avoir l'air plus intéressé que ça par l'entraînement. Il observait en faite surtout Mordred.
Ils passèrent aux attaques plus sérieuses, en faisant des combats. Ce fur d'abord Elyan contre Perceval. Comme d'habitude, le défaut d'Elyan était de laisser son bras à la portée de son adversaire quand il s'appuyait sur sa jambe droite, pendant quelques secondes. Cependant, il se reprit rapidement et enchaîna coups sur coups. Perceval les évita néanmoins facilement et ce fut lui qui gagna le combat.
Le second combat fut avec Gauvain et Mordred. Arthur savait que Gauvain avait beau être très doué avec son épée, il ne pourrait pas battre Mordred. Pour une raison qui échappait à Arthur, Modred savait très bien manier son arme, et ne cessait de s'améliorer. Il trouva rapidement la faiblesse de Gauvain, et en profita. La seconde d'après, son épée était dans sa main.
Le troisième combat fut avec lui et Mordred. Arthur avait plus de difficultés à parer ses coups que les coups de ses autres chevaliers, mais il y arriva néanmoins. Il mit son épée de façon à bloquer la sienne, et l'attaqua directement. Cependant, le jeune chevalier ne se laissa pas faire, et mit directement son épée en défense, avant de faire mine d'attaquer sur la droite vers son épaule. Arthur connaissait cette petite astuce de Mordred, et dévia facilement le coup avant de porter le coup de grâce. Mordred fut désarmé, mais il n'aurait pas pu ignorer comment il avait progressé.
Les chevaliers applaudirent en rigolant et en chariant Mordred.
- J'ai eu raison de parier sur Arthur ! fit Gauvain d'un ton victorieux.
Arthur ne fit pas attention et tourna son regard vers Merlin. Il semblait pâle comme la mort, et c'était tout juste si il ne tremblait pas. Fronçant des sourcils, il s'approcha du petit garçon.
- Merlin ? Tu te sens bien ?
Il hocha la tête, et pour la première fois, le regarda droit dans les yeux sans aucune froideur ou agacement. Il semblait simplement un peu bouleversé. Mais ça ne pouvait quand même pas être à cause des combats à l'épée ! Bien qu'il fut adulte, il en avait déjà vu ! Arthur décida de mettre cette réaction sur le compte des réactions étranges de Merlin, comme lors de la mort de Balinor ou de la découverte du cadavre dans cette grotte quand ils étaient à la recherche des chevaliers.
- Nous allons rentrer au château, lui annonça-t-il, un peu déçu de ne pas avoir réussi à obtenir un sourire de sa part.
Encore une fois, il acquiesça silencieusement, sans prononcer aucun mots. Arthur en aurait crié de frustration. Ce fut le moment que choisit Gauvain pour venir vers Merlin aussi.
- Alors ça va comme tu veux champion ? Tu as apprécié le spectacle ?
Merlin essaya de faire un sourire, mais il ne réussit qu'à faire une petite grimace, provoquant le rire de Gauvain et des autres chevaliers qui s'approchaient, avec Mordred. Merlin fit alors une chose qui surprit profondément Arthur. Il se rapprocha, même si c'était très discrètement, vers lui, presque.. instinctivement. Ce petit geste, bien que loin de l'affection qu'il espérait de sa part, lui réchauffa le cœur, même s'il ne comprit pas trop pourquoi il avait peur.
- Tu viens Merlin ? lança Arthur, je pense que Gwen peut te voir maintenant.
Il était sûr que ça leur ferait plaisir à tous les deux, et effectivement, le petit Merlin fit cette fois un vrai sourire.
- Devons-nous comprendre que nous en a déjà marre de nous ? s'indigna Gauvain.
- Non, non, mais c'est mieux avec Gwen ! répondit Merlin.
Arthur haussa un sourcil. Donc Gauvain avait raison. Il se retint de lui faire la remarque que ce qu'il venait de dire équivalait à un peu à ce que le chevalier venait de dire, et se contenta de se diriger vers le château, suivi par Merlin et les chevaliers.
Il passa par la Salle du Conseil, là où Guenièvre se trouvait, pour déposer Merlin.
- Je te le dépose, il me reste encore des choses à faire !
Merlin ne fit pas attention et s'assit naturellement à côté de Gwen qui lui sourit.
- D'accord ! Tu viendras manger avec nous ? demanda-t-elle.
- Je ne crois pas non, il me reste encore pas mal de choses à faire ! Je demanderai à un serviteur de m'apporter le repas dans ma chambre, répondit-il embêté.
- Ne t'inquiète pas, répondit Guenièvre, mais cette après-midi, je suis censée recevoir les doléances du peuple, je ne suis pas sûre que Merlin puisse venir...
- Tu trouveras bien une solution, répondit Arthur avec un sourire d'ange.
Gwen dut se retenir de rouler des yeux. Les hommes ! Elle regarda son mari s'en aller, et refermer les portes, et s'intéressa à Merlin, qui était sagement assis sur une chaise. Elle fronça légèrement des sourcils. Un petit garçon ne devrait-il pas courir partout, et être excité sans arrêt ?
- Alors, tu as bien aimé regarder l'entraînement ?
- Bof, répondit Merlin en grimaçant, c'était un peu ennuyant, ils faisaient toujours la même chose, ils se battaient à l'épée.
Elle sourit. Si Arthur entendait ça, il serait sans doute très indigné ! Pour lui, ces combats n'étaient certainement pas tous les mêmes ! Il repérait tous les progrès, toutes les bottes que chaque chevaliers faisaient, ce qui rendaient ces combats différents.
- Je ne vois pas ce qu'il y a d'intéressant à se taper dessus avec une épée, poursuivit-il.
Cette fois, elle rigola. Cette réplique était tellement Merlinesque !
- Ils ne font pas que se taper dessus avec une épée tu sais, expliqua-t-elle, ce genre d'entraînement leur sert à se défendre, et à défendre les autres. Si toi ou moi étions en danger, ils viendraient et nous protégerait par exemple. Manier l'épée est... ce n'est pas qu'une activité, c'est presque comme si ça faisait parti d'eux. Tu ne peux pas comprendre maintenant, mais quand tu seras plus grand...
- Je peux comprendre ! L'épée est une partie d'eux. Ce n'est pas qu'ils veulent l'utiliser, c'est qu'ils en ont besoin. Sans ça, ils ne seraient rien, car ils n'auraient aucun talent. Ils ne pourraient pas défendre les gens qu'ils aiment en danger. Ou alors peut-être avec une autre arme, comme... une lance... sans doute...ajouta-t-il l'air songeur, mais... mais utiliser autre chose ne serait pas pareil.
Guenièvre haussa des sourcils. Merlin était si jeune et pourtant, il venait de lui décrire exactement ce que ça faisait de manier l'épée pour Arthur et les chevaliers.
- Tu as l'air de t'y connaître, nota-t-elle.
- Non, répondit tout de suite Merlin, et... je ne sais même pas utiliser une épée!
Gwen se contenta de sourire.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Merlin en montrant les papiers sur la table.
- Des feuilles qui m'indiquent l'état du Royaume, si nous avons assez de vivres, si le Royaume continue de fonctionner correctement... expliqua-t-elle.
Merlin eut une moue perplexe peu intéressée.
- J'ai bientôt fini, lui confia-t-elle, en attendant, tu peux me raconter si tu as aimé rencontrer les chevaliers ! Comment ils étaient ?
Elle vit des étoiles de bonheur dans les yeux de Merlin qui lui réchauffèrent le cœur.
- Ils sont très gentils ! Il y a Gauvain, Perceval, Léon et... il y a ton frère Gwen ! Il y a ton frère ! Elyan !
Elle eut un sourire amusé.
- Et tu l'as trouvé comment ? Gentil ?
- Oui, très ! répondit-il joyeusement, et Gauvain et Perceval aussi ! Ils sont rigolos ! Ils se sont disputés pour rien et ont rigolé après ! Et aussi... Léon à l'air sérieux, mais il est gentil, on dirait... on dirait un peu le grand frère de tout le monde !
Elle était bien d'accord. Léon, un des chevaliers les plus responsables et posés, toujours prêt pour rendre service à Camelot !
- Et est-ce que tu as vu un autre chevalier ? Mordred était là ?
A sa grande surprise, la mine de Merlin se rembrunit, et ses yeux devinrent sombres.
- Oui, répondit-il brièvement.
Il n'ajouta rien d'autre, la mettant mal à l'aise. Que ce soit à cet âge-là ou à l'autre, Merlin n'appréciait vraiment pas Mordred . Elle se demandait pourquoi. Le jeune chevalier, qui certes parfois avait une mine très froide, était pourtant très doué et prometteur, et la plupart du temps aussi gentil que les autres !
- Est-ce que tu as faim ? lui demanda-t-elle pour changer de sujet.
- Je suis affamé ! répondit-il.
Elle rit, et appela un serviteur pour aller préparer de la nourriture. Elle termina pendant ce temps-là rapidement les papiers concernant l'administration, avant de les laisser de côté pour s'intéresser au repas qui était à présent devant eux. Merlin regardait la nourriture avec des yeux étonnés.
- Il y a beaucoup de choses à manger ! s'exclama-t-il.
- Oui, les cuisiniers et cuisinières sont très efficaces ici !
- Pourquoi tu ne prépares pas toi-même le repas ? demanda Merlin l'air étonné.
- Eh bien, en tant que Reine de Camelot, je n'ai pas vraiment le temps de me consacrer à la cuisine. Alors ce sont d'autres gens qui le font pour nous, et qui en échange sont payés pour nourrir à leur tour leur familles. Nous donnons aussi de la nourriture au gens qui en ont besoin, répondit-elle.
Merlin rougit. Evidemment ! Elle était Reine de Camelot, elle ne pouvait pas se permettre de faire la cuisine !
- Alors, qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle avec un sourire en prenant son assiette.
- Heu.. je ne sais pas... on a pas tant à Ealdor d'habitude ! On se contente d'un bol de riz, ou de bouillie des choses que l'on récolte. Et on mange de la viande pour des occasions spéciales seulement !
- Eh bien, puisque tu es notre invité, on peut dire que c'est une occasion spéciale, répliqua Gwen sans cesser de sourire, tu n'as qu'à prendre un peu de rôtie, avec quelques légumes ? Ou de la purée ?
- Des légumes c'est très bien, répondit-il.
Elle le servit, et lui déposa son assiette sur la table.
- Et toi quand tu avais mon âge, tu mangeais quoi ?
Gwen le regarda, surprise. Elle ne s'était pas attendue à cette question.
- Je mangeais de la soupe, et de la viande plus souvent que toi je pense... sinon je mangeais à peu près comme toi, avec peut-être plus de légumes.
Elle savait très bien que si Merlin et elle étaient issus du même milieu, sa famille avait été un peu plus riche que la sienne, et vivait dans un endroit où l'on pouvait avoir accès à plus de nourriture que dans Ealdor. Il hocha la tête et commença à manger.
Ils discutèrent de plusieurs choses, comme de la vie au château. Elle lui décrivit alors l'activité de l'après-midi :
- Puisque cet après-midi, Arthur ne peut pas te prendre avec lui, ou Gaïus, tu vas venir avec moi ! Nous allons recevoir ce que l'on appelle les doléances du peuple. C'est lorsque...
- Lorsque les gens viennent se plaindre, demander quelque chose, compléta-t-il, maman a déjà fait ça une fois, pour une demande de plus de nourriture, un hiver assez dur, mais elle a été refusée. Alors du coup elle ne mangeait plus qu'un petit bol de bouillie par jour, voire rien du tout, pour me laisser pouvoir manger.
Le souvenir semblait tellement pénible pour Merlin, que Gwen se sentit désolée pour lui et sa mère. Fort heureusement pour elle, elle avait eu la chance d'avoir un père forgeron, et qui gagnait assez d'argent pour ne pas jeûner.
- Eh bien, nous essayons de faire en sorte que ce genre de choses n'arrive plus, dit-elle en lui pressant gentiment l'épaule.
Merlin lui sourit en retour, et ils finirent le repas préparé par les cuisiniers du château.
Note : Et voilà ! Alors qu'en avez-vous pensé ? N'hésitez surtout pas à me le dire :D Merci beaucoup d'avoir lu !
