Note : Bonjour tout le monde ! Merci beaucoup à tous pour vos reviews, j'espère que vous apprécierez aussi ce chapitre ! Sinon je le rappelle : Ceci est centrée assez sur une relation entre l'amitié et la famille ;) Bonne lecture !
CHAPITRE 3 :
- Tu veux dire que tu as écouté un enfant de cinq ans pour te décider à trancher entre donner de la nourriture à une femme ou un vieil homme ? récapitula Arthur d'un ton stupéfait.
Guenièvre le regarda dans les yeux, avec un petit sourire gêné.
- Eh bien... tous deux avaient besoin de la même chose, mais aucun des deux ne pouvait donner un minimum pour l'avoir, et tu sais bien qu'on ne peut que réduire le prix, on ne peut pas la donner gratuitement, alors le partage m'a semblé être la bonne solution. Ainsi, leur quantité est peut-être réduite, mais au moins, ils en ont !
- Ils auraient tout aussi bien pu rembourser plus tard, répondit-il.
- Oui mais... ils sont déjà endettés, je ne pouvais donc pas leur donner cette nourriture en espérant être remboursé plus tard, ça n'aurait fait qu'augmenter leurs problèmes. Mais je ne me voyais pas non plus leur refuser leur requête. La proposition de Merlin m'a semblé adaptée.
- Et comment a-t-il trouvé le moyen de te dire cette idée sans que personne ne s'en aperçoive ?
- Il a fait un dessin, où quelque chose, un animal je crois, était coupé en deux, et tout le monde a cru que c'était un simple cadeau d'un enfant, personne n'a deviné qu'il me suggérait quelque chose.
- Un dessin?répéta Arthur moqueur, et d'après ta description, ça n'a pas l'air d'être le meilleur...
- Comme tous les enfants ! répliqua-t-elle, mais ne va pas me dire que c'était une mauvaise idée de l'écouter, son idée était brillante, et lorsqu'il a notre âge, tu l'écoutes aussi !
Arthur prit aussi un air scandalisé :
- Je n'écoute jamais cet idiot ! Si je l'écoutais, cela ferait longtemps que Camelot serait tombé !
Guenièvre sourit devant sa mauvaise foie. Elle savait que ce qu'Arthur voulait dire était exactement l'inverse de ce qu'il venait de déclarer.
- Bien-sûr, répondit-elle, tu comptes rester derrière ce paravent combien de temps ?
- Le temps qu'il faudra pour enfiler cette chemise !
Elle se retint de rigoler, et demanda :
- Tu veux de l'aide ?
- Non, je sais encore m'habiller seul ! répondit-il d'un ton digne.
Effectivement, après cinq minutes, il se montra enfin avec... la chemise à l'envers. Esquissant un sourire, elle vint aider son mari qui avait un air résigné et boudeur à la fois. Elle sourit. Elle ne devait pas s'occuper d'un enfant mais de deux !
Quand Merlin se réveilla, il sut tout de suite qu'il était encore tôt. On était le matin, mais pas encore assez visiblement pour Arthur et Gwen, qui la veille s'étaient levés une heure ou deux après lui.
Il soupira. Gwen lui avait dit qu'il ne pouvait pas sortir de la chambre tout seul le matin, sans au moins avertir quelqu'un, mais il était sûr que personne ne traînait dans le couloir. Il devait donc rester dans sa chambre.
Pour s'occuper, il décida de faire un peu de magie. Après tout, il était seul, et personne ne devrait entrer dans sa chambre avant un petit moment !
Il exécuta son tour préféré : celui où une petite flamme apparaissait dans sa paume, et qui diffusait une agréable chaleur. Il contempla un instant la petite flammèche, comme hypnotisé, puis la changea en quelques braises qui se formèrent en un dessin. Il s'amusa à changer la forme pendant quelques minutes, quand soudain, sa porte s'ouvrit, le faisant sursauter.
C'était Gaïus, heureusement pour lui... ou pas ? Il venait de fermer la porte le regardait d'un air sévère...
- Merlin ! Tu faisais de la magie !
- Non ! tenta-t-il de nier.
Le regard qu'il lui lança le fit rougir et il admit :
- Peut-être.
- Je croyais t'avoir dit que personne ne doit savoir à propos de cela ! Tu imagines si quelqu'un d'autre que moi était entré ?
- Mais si vous n'y étiez pas entré, personne ne serait entré avant au moins une heure, fit remarquer Merlin.
- Tu ne peux pas le savoir ! répliqua Gaïus.
- Pourquoi vous êtes ici ? demanda-t-il curieux de changer de sujet, vous avez des nouvelles de maman ?
L'expression du médecin s'adoucit et il s'avança vers son lit en répondant :
- Non, mais je suis sûr que tu en auras bientôt ! Je suis venu pour m'assurer que tu as tout ce dont tu as besoin. Et je me doutais que tu devais être réveillé.
- Oui, tout se passe très bien ! J'ai rencontré les chevaliers ! s'exclama-t-il, ils sont tous très gentils, sauf Mordred, mais...
A son grand regret, Gaïus l'arrêta dans sa lancée :
- Sauf Mordred ?
Le visage de Merlin se rembrunit. La remarque sur Mordred était sorti presque naturellement, mais il n'avait pas souhaité s'y attarder. Il ne l'aimait et puis voilà. Il lui faisait peur .
- Je ne l'aime pas, dit-il en haussant les épaules.
- Et pourquoi donc ? demanda Gaïus.
- Je ne sais pas, répondit-il mal à l'aise, c'est comme ça...
Le médecin sembla songeur et marmonna :
- Une chose qui ne change pas...
Merlin haussa les sourcils, mais ne préféra rien relever. Il se mit à lui raconter les événements des dernières journées avec entrain jusqu'à ce que la porte s'ouvrit de nouveau, cette fois pour révéler un serviteur.
- Bonjour Georges, le salua Gaïus.
- Bonjour, répondit-il d'un ton poli, je suis envoyé par le Roi pour... préparer Merlin pour la journée.
- Gwen ne vient pas cette fois ? fit Merlin déçu.
- Non, la Reine a des affaires de la plus haute importance à régler.
- Ah bon ? Et c'est quoi ?
- Des affaires concernant le Royaume, répondit-il.
- Comme hier ? Mais je peux l'aider ! s'exclama-t-il.
- Non, le Roi m'a communiqué votre programme de la journée, et il a dit que vous alliez comme hier passer la matinée en compagnie des chevaliers, pour ensuite l'accompagner dans la forêt, chasser.
Merlin haussa les sourcils.
- Chasser ? Pourquoi chasser ? Je suis nul à la chasse, je n'ai jamais réussi à attraper même un lapin avec les pièges que j'ai appris ! Et je n'aime pas ça !
- Dans ce cas, je vous invite à en parler avec le Roi, dit Georges d'un ton légèrement agacé.
Gaïus se retenait de rire, devant la conversation Merlin-Georges. Georges était l'opposé de Merlin, et n'était pas un méchant garçon, mais était respectueux du protocole. Très différent du brun donc. Il quitta la chambre de Merlin un sourire en coin.
Arthur attendait Merlin sur le terrain d'entraînement des chevaliers depuis une quinzaine de minutes. Heureusement qu'il avait pensé à leur donner rendez-vous avant que les chevaliers n'arrivent sinon...
Il vit enfin Georges et Merlin arriver, Merlin étant en train de discuter joyeusement avec Georges, qui ne semblait pas du tout dans son élément. Arthur avait pensé qu'en l'envoyant à Merlin, cela l'aurait peut-être aidé à être moins... parfait, mais au vu de la manière dont le serviteur regardait l'enfant comme si c'était une sorte d'animal bizarre et étrange venu d'ailleurs, il doutait que ça ait marché.
- Je suis désolé Sire, dit-il quand il fut près de lui avec Merlin, mais il a été quelque peu... difficile d'habiller Merlin.
Arthur haussa des sourcils, étonné.
- Il voulait m'habiller ! s'exclama Merlin scandalisé, je suis capable de le faire tout seul, je n'ai pas trois ans !
- Non, seulement quatre de plus, marmonna d'un ton bas Georges.
Arthur sourit d'amusement.
- C'est bon Georges, je te remercie, je sais combien il peut être dur de s'occuper de Merlin, dit-il, tu peux retourner à tes occupations habituelles.
Le serviteur s'inclina et partit, tandis que Merlin s'indignait.
- Ce n'est pas dur de s'occuper de moi !
- Bien-sûr, répondit-il.
- Toujours moins que vous en tout cas ! rétorqua Merlin.
Arthur voulut répliquer, mais les chevaliers arrivèrent, et il jugea sage de laisser cette conversation pour plus tard.
- Bonjour Merlin ! s'exclamèrent en même temps Gauvain et Perceval.
Arthur songea que la présence de Merlin semblait faire oublier à ses chevaliers le supposé respect qu'ils devaient au Roi. Perceval, lui, au moins, le remarqua car il le salua :
- Bonjour Sire.
- Heureux de vous voir aussi Perceval, ironisa-t-il.
- Elyan ! s'exclama Merlin avec un grand sourire.
La manifeste joie de Merlin envers Elyan sembla démotiver Gauvain et Perceval, qui ne recevaient pas tant d'affection de Merlin. Tout le monde n'avait pas la chance d'être le frère de Gwen !
- Bonjour Merlin ! sourit Elyan, comment ça va aujourd'hui ?
- Bien ! J'ai aidé Gwen hier ! lui confia-t-il.
Arthur faillit s'étrangler avec sa salive. Personne, pas même ses chevaliers, ne devait savoir que la Reine avait écouté le conseil d'un enfant de cinq ans !
- C'est très bien Merlin, et je suis sûr que tu pourras discuter de ça plus tard, l'interrompit Arthur, l'entraînement doit commencer !
Léon et Mordred, qui jusque là avaient été un peu en retrait s'avancèrent. La vue de Mordred sembla assombrir Merlin, mais cette fois ne le rendit pas malade. L'enfant se mit à l'écart, tandis que l'entraînement commençait.
Les combats à l'épée, comme la veille se passèrent bien, et ils purent quitter le terrain plus tôt que prévu à cause de la chasse. Bien-sûr, les chevaliers venaient avec eux ! Ainsi, une heure et demie plus tard, ils partirent. Merlin fut un peu déçu de ne pas avoir ne serait-ce qu'aperçu Gwen depuis le début de la journée, mais Gauvain et Perceval lui firent bien vite oublié ça. Les deux chevaliers s'amusaient à le faire rire en lui faisant des blagues. Au fil du temps qui passait, Merlin alternait entre le cheval de Perceval et celui de Gauvain. Arthur était catégorique là-dessus. Hors de question de le laisser tout seul sur un cheval ! « Cet idiot, doué comme il était, pourrait tomber et se faire mal » disait-il.
Au bout d'une heure, ils arrivèrent enfin à trouver un animal. Pas que Merlin était spécialement pour chasser cette pauvre bête, mais il s'ennuyait tellement que plus vite ils chasseraient quelque chose, et plus vite ils rentreraient. Même si les chevaliers tentaient de le faire rire, ils durent finir par le laisser pour se concentrer sur la traque.
Tout le monde se figea soudain, tandis qu'Arthur montrait une biche d'un geste discret. Ce fut le moment où le traître de nez de Merlin manifesta son mécontentement. Il éternua, et fit par la même occasion, fuir l'animal. Arthur se retourna, l'air très agacé vers lui :
- Tu n'as donc aucun talent pour pour n'importe quoi ? Même dans une simple chasse à laquelle tu ne participes pas, tu trouves le moyen de nous faire échouer !
Merlin lui lança un regard noir.
- Je n'ai jamais demandé à vous accompagner ! Si j'étais resté avec Gwen comme hier je...
- Gwen était occupée aujourd'hui ! répliqua Arthur, tu peux bien faire l'effort de ne pas être maladroit une journée !
- Mais je ne vois aucun intérêt à chasser, ce n'est pas comme si vous alliez nourrir le château avec une ou deux prises ! s'écria Merlin, des chasseurs s'occupent de faire ça pour vous, alors laissez ces pauvres animaux en paix !
- Nous ne chassons pas que pour se nourrir, ça peut être un loisir ! rétorqua Arthur.
- Un drôle de loisir alors, marmonna Merlin.
Arthur ne releva pas, et se détourna de lui, énervé. Merlin, lui se contenta de prendre un air boudeur, et de regarder le dos d'Arthur noirement. Perceval, qui était sur le même cheval que lui, sembla mal à l'aise, et le reste de la chasse se passa dans le silence.
Lorsqu'ils retournèrent au château, ils avaient réussi à attraper quelques lapins, mais l'occasion d'attraper une biche ne se manifesta pas de nouveau. Arthur fut donc assez de mauvaise humeur sur le trajet du retour, tandis que Merlin, n'ayant pas tout le courage de quand il était plus âgé, tachait de faire profil bas.
Dès qu'il le put, le petit courut jusqu'à la salle du Conseil, où se trouvait Gwen. Quand elle le vit, elle parut surprise.
- Merlin ! Tu es tout seul ? s'inquiéta-t-elle.
- Arthur m'a dit que je pouvais aller à la salle du conseil seul ! répondit-il sur un ton de défense.
Elle fronça des sourcils.
- Il te laisse gambader dans le château tout seul à ta guise ? siffla-t-elle.
Merlin haussa les sourcils. Elle semblait agacé. Pourtant, il pouvait très bien se débrouiller seul, pour une raison inconnue, il arrivait très bien à se repérer dans le château !
- Je ne suis pas un bébé ! protesta-t-il.
- Bien-sûr que non, mais tu pourrais te perdre ou...
- Je ne me perdrai pas, je sais où aller pour aller à tel endroit, répondit-il, et je ne vois pas ce qu'il pourrait m'arriver. Cet endroit est censé être sauf non ?
- Oui mais on ne sait jamais ! rétorqua-t-elle, et donc... la chasse s'est bien passée ?
Merlin grimaça.
- C'était nul ! Je ne vois vraiment pas pourquoi je ne pouvais pas rester avec toi cet après-midi ! dit-il sur un ton de reproche.
- Je travaillais, tu te serais ennuyé, sourit-elle, je croyais que tu aimais bien les chevaliers !
- Oui, mais ce n'était pas à cause d'eux, c'est juste Arthur, parce que j'ai éternué, il s'est énervé et...
- Ralentis ! l'interrompit Gwen, raconte-moi ce qu'il s'est passé avec Arthur lentement.
- En faite j'ai juste eu envie d'éternuer, et je n'ai pas pu me retenir. Sauf qu'à ce moment-là, il y avait une biche qu'Arthur essayait de chasser. Je l'ai faite fuir. Il s'est énervé et est resté de mauvais humeur toute la chasse. Tout ça parce que j'ai sauvé une pauvre petite biche innocente ! s'indigna-t-il.
Gwen ne put s'empêcher de sourire. Elle savait très bien ce que les « pauvre petites biches innocentes » pouvaient ressentir lorsqu'elles étaient traquées.
- Eh bien... tu te doutes qu'Arthur n'aime pas beaucoup perdre. Hors, ici il a perdu sa proie.
- Oui mais on a rapporté des lapins ! dit Merlin.
Elle s'apprêta à dire que ce n'était pas pareil, quand les portes s'ouvrirent, révélant Elyan. Merlin parut impressionné et regarda successivement le frère et la sœur.
- Bonjour Elyan, le salua-t-elle.
- Bonjour Gwen. Je vois que Merlin ne s'est pas retenu pour te rejoindre, sourit-il.
- Eh bien, j'ai cru entendre que la chasse ne s'est pas très bien passée.
- Oh, Arthur s'en remettra, assura-t-il, ce n'est pas la première fois que Merlin lui fait perdre une proie !
En voyant les yeux curieux du concerné, Elyan se rendit compte de sa bourde. Merlin ne se souvenait pas de sa vie adulte ici. Il ne pouvait pas savoir de quoi il parlait.
- Comment ça ? C'est la première fois que j'ai fais ça !
- Euh... tu as raison, j'ai mal compté ! J'ai cru que tu avais aussi sauvé en douce un lapin en faite.
Merlin haussa des sourcils, suspect, mais accepta l'excuse d'Elyan, car il ne releva pas. Gwen, elle, lançait un regard sévère à son frère.
- Et qu'est-ce qu'Arthur a dit exactement ? demanda-t-elle.
- Il m'a juste demandé si je savais faire quelque chose de bien, que j'étais maladroit même dans les choses les plus simples, répondit Merlin en haussant des épaules, enfin il était énervé...
Gwen parut furieuse l'espace d'un instant, mais se reprit et sourit à Merlin.
- Eh bien maintenant tu es de retour au château ! Est-ce que tu veux aller voir Gaïus travailler un peu ? J'ai quelque chose à faire, mais je serai de retour bientôt.
Merlin eut l'air un peu déçu, mais hocha la tête.
- Moi, je dois aller chercher Gauvain pour un tour de garde dans la Citadelle, dit Elyan, au plaisir de te revoir Merl' !
Merlin parut enchanté de ce nouveau surnom, et répondit avec un grand sourire. Ils allèrent avec Gwen au cabinet de Gaïus. Quand celui-ci les vit, il prit l'air inquiet :
- Ma Dame ? Il y a un problème avec Merlin ?
- Non, j'ai pensé que vous aimeriez passer un peu de temps avec Merlin, répondit-elle.
- Je suis désolé, mais j'ai du travail et...
- Gaïus s'il-vous-plaît ! J'ai... j'ai une chose à faire et je ne peux pas le laisser tout seul ! Je ferai vite, promit-elle.
- Très bien, accepta-t-il, mais je suis médecin, pas une gouvernante !
Elle lui fit un sourire d'excuse, et laissa le jeune sorcier entre les mains de Gaïus. Elle se dirigea d'un pas résolu vers ses appartements à elle et Arthur, décidée. Quand il la vit entrer, il eut l'air surpris. Installé à son bureau, en train d'écrire sans doute un énième discours, il semblait presque innocent.
- La chasse s'est-elle bien passée ? demanda-t-elle d'un ton ironique.
La mine d'Arthur se rembrunit. Il mit son papier de côté, et la regarda dans les yeux :
- Que t'a-t-il dit ?
- Il m'en a dit suffisamment pour savoir que tu n'es pas innocent dans cette histoire, répondit-elle sévèrement.
Il poussa un long soupir.
- Ce n'est quand même pas ma faute s'il ne sait pas être discret alors qu'on est à la chasse ! dit-il d'un ton agacé.
- Arthur, dit-elle fermement, tu sais bien que ce n'est qu'un enfant, c'est normal qu'il fasse des fautes de temps en temps ! Et en colère ou pas, tu ne devrais pas le laisser dans le château tout seul !
- Il connaît le château Guenièvre, répondit-il d'un ton las, il ne va pas se perdre, rien ne va lui arriver...
- Il a sept ans ! s'exclama-t-elle.
- Et alors ? Moi à cet âge-là on me laissait me promener dans le château, et je suis toujours en vie !
- Eh bien moi à cet âge-là, je restais sagement avec mon père ! répliqua-t-elle.
- Dans tous les cas, il est arrivé jusqu'à toi non ? Il va bien, conclut-il.
Guenièvre prit un air agacé, et s'exclama :
- Et de plus, j'ai entendu dire que tu l'avais accusé de ne rien pouvoir faire correctement ! Tu l'as accablé de reproches le pauvre !
- Il ne les a pas prises sérieusement, se défendit-il mal à l'aise.
- On parle du petit Merlin de sept ans qui s'offusque alors tu l'imites en répétant « Gigantesque ». Bien-sûr qu'il les a prises sérieusement !
- Comme si ça allait changer quelque chose ! De toute façon, il ne m'aime pas !
- Une attitude comme celle-ci n'arrangera rien !
Arthur fonça des sourcils. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas fait rabroué par sa femme comme ça. Encore moins à cause de Merlin ! La dernière fois qu'il avait vu Guenièvre comme ça, c'était quand il avait été plus qu'impoli alors qu'elle l'avait invité chez elle. Sauf que maintenant, elle avait encore plus d'assurance, et qu'il s'agissait de Merlin, son meilleur ami.
- Très bien, j'essaierai d'être plus gentil à l'avenir avec lui, concéda-t-il.
- Et si tu le prouvais en le faisant maintenant ? Tu n'as qu'à aller chercher Merlin ! Il est avec Gaïus ! Tu peux essayer de discuter avec lui...
- Hors de question ! s'exclama-t-il, je ne vais certainement pas aller m'excuser !
- Je n'ai jamais parlé d'excuses, rétorqua-t-elle avec un sourire malicieux, mais si tu penses que tu dois aller lui en faire alors...
Arthur ouvrit la bouche puis la referma, vaincu.
- Très bien, marmonna-t-il, tu peux me croire quand il sera de nouveau lui-même...
Il laissa sa phrase en suspend et Guenièvre ne répondit rien,, le regardant partir avec un petit sourire amusé, fière d'elle.
Arthur était nerveux. Jamais il ne l'avouerait devant personne, mais il était nerveux. Présenter des excuses à Merlin ? C'était assez nouveau. Surtout à un mini Merlin en faite. Il ne connaissait pas ce mini Merlin. Son Merlin à lui se contentait de répliquer quelque chose ou bien de sourire quand il le traitait d'idiot. Celui-ci allait bouder et le fusillait du regard. Il n'était pas sûr de savoir comment une telle différence était possible.
Il entra dans les appartements de Gaïus, et fut vite accueilli par le médecin.
- Sire, le salua-t-il.
Derrière lui était Merlin qui le regardait la tête haute, et le défiait du regard, toujours vexé par ce qu'il s'était passé l'après-midi. Si ce Merlin-là le défiait du regard, alors peut-être n'était-il pas si différent que ça après tout...
- Je suis venu pour chercher Merlin.
Gaïus se retourna vers l'enfant de sept ans, qui s'avança, toujours l'air boudeur.
- Bon, eh bien... au revoir Merlin, dit Gaïus.
Ils partirent des appartements de Gaïus en silence. Merlin lui lançait de temps en temps des regards en coin, tandis qu'Arthur s'efforçait d'éviter le sien.
- Vous ne savez même pas vous habiller seul, dit alors Merlin.
Arthur le regarda, surpris par cette déclaration soudaine. Sur tout ce que Merlin aurait pu lui dire, cette phrase n'était pas en haut de sa liste. Il aurait pensé à un silence de sa part, et non à ce qu'il fasse le premier pas, bien qu'étant adulte, il le faisait souvent.
- Et toi tu ne sais pas chasser, répondit-il d'un ton qu'il s'efforça léger, personne n'est parfait.
- Oui, répondit-il, je sais faire d'autres choses que de chasser.
- Je sais.
Merlin lui lança un regard surpris, puis sceptique.
- Non, vous ne savez pas, répondit-il.
- Si je le sais, répliqua-t-il, tu sais donner le sourire aux gens, comme... Gwen par exemple. S'ils sont tristes ou incertains, tu sais leur redonner le sourire. Tu peux aussi les empêcher de commettre des erreurs.
Arthur s'arrêta, hésitant. Jamais il n'avait parlé des qualités de Merlin ouvertement. C'était très bizarre. Mais en voyant le regard adouci du jeune garçon, il poursuivit :
- Et tu es très courageux et loyal.
- Will dit qu'il n'aime pas les nobles, et que jamais il ne travaillerait pour un noble, dit Merlin, mais vous... vous, je pense qu'il pourrait vous aimer.
Arthur le regarda, étonné et mal à l'aise. Will était mort pour lui,et il ne valait mieux pas que le jeune Merlin l'apprenne. Le sujet n'avait jamais été réabordé après Ealdor. Arthur préférait ne pas en parler, car le fait que Will était un sorcier le gênait beaucoup, et il était sûr que Merlin lui-même ne voulait pas en réenparler. Il comprit que ce qu'il venait de dire s'appliquait peut-être pour son ami d'Ealdor, mais surtout pour lui-même. Et à cette constatation, il ne put empêcher un sourire de se former sur son visage.
- Bien que vous soyez une tête de cuillère parfois, ajouta Merlin d'un ton léger.
Arthur ne put retenir un rire et regarda son cadet, qui avait une étincelle de malice à laquelle il n'avait pas eu le droit depuis longtemps... Même adulte, ces derniers temps, Merlin avait toujours un air sérieux et à la fois grave... il se demandait bien pourquoi d'ailleurs. Le Royaume connaissait en ce moment même une période de paix, malgré les tentatives de Morgane. Bien-sûr qu'il savait que ça n'allait pas durer. Bien sûr qu'il savait que ce n'était que le calme avant la tempête. Il n'était pas idiot. Mais cela lui donnait une raison de plus pour profiter de la vie, pour en savourer chaque instants.
- Tu sais, demain tu pourrais m'accompagner toute la journée, proposa-t-il, et promis, nous n'irons pas à la chasse.
- Euh... d'accord... hésita Merlin, mais pour faire quoi ?
- Une promenade dans les bois, aller te faire visiter Camelot ! s'exclama-t-il joyeusement, si tu ne connais rien ici, comment pourrais-tu t'amuser ?
- Je connais déjà pleins d'endroits, répondit-il, et je connais déjà le château très bien. En faite, c'est comme si je le connaissais avant même d'y pénétrer. C'est assez étrange, jamais ça ne m'était arrivé, fit-il songeur.
Arthur le regarda, mal à l'aise. Ce devait être dû au fait que le grand Merlin connaissait le château comme sa poche. Quelque part, il devait sans doute encore avoir ses souvenirs. Il s'éclaircit la gorge, et continua d'avancer vers ses appartements.
- J'imagine que tu veux voir Gwen, dit-il.
- Oh oui ! s'exclama-t-il avec un grand sourire.
Il l'invita d'un geste à ouvrir la porte de ses appartements. Il remarqua qu'il y avait une chose qui ne changeait, et ne changerait sans doute jamais : ne pas frapper à la porte, et entrer directement. Hélas pour eux, Guenièvre était occupée. En effet, elle parlait à Elyan, et cela ne semblait pas être une discussion entre Reine et Chevalier, mais une dispute en frères et sœurs.
- Je te le répète pour la centième fois Gwen, je ne vois personne ! Et quand bien même ce serait le cas, tu serais la dernière à l'apprendre, lui assura-t-il avec un sourire narguant.
- Pardon ? dit-elle, indignée, je suis ta sœur !
- Exactement, et c'est très déloyal de me faire venir ici sous prétexte d'une convocation royale ! Je suis censé faire un tour de garde avec Gauvain !
- Oh ne t'inquiète pas j'ai pris la mesure de déplacer ton tour de garde. Tu le feras de nuit, et Perceval te remplace pour le moment.
- Tu n'as pas le droit ! s'exclama-t-il indigné, tu es la Reine mais il n'y a que Arthur qui puisse déplacer nos tours de gardes !
Le dénommé décida de se racler la gorge, pour signifier sa présence. Trop pris dans leur.. conversation, le frère et la sœur ne les avaient même pas remarqués. Merlin était resté sagement près de la porte, à les regarder avec encore cette fascination bizarre qu'il avait pour eux seuls.
Guenièvre sursauta et se tourna vers eux en même temps qu'Elyan. Elle rougit un peu en se rendant compte qu'ils avaient surpris la conversation.
- Sire, le salua Elyan.
- Messire Elyan, je peux peut-être repasser plus tard... vous me semblez très occupés, ironisa-t-il.
A son tour Elyan rougit.
- Je suis désolé, mais c'est Guenièvre, elle m'a demandé de venir dans ces appartements et...
- Et la conversation, au départ centré sur les rapports de chevalier a dérivé un peu, compléta Guenièvre.
Arthur se retint de lever les yeux au ciel. Ils faisaient bien la paire tiens ! Parfois il se demandait si sa Reine Guenièvre était la même personne que la sœur d'Elyan. Elle était généralement responsable, bonne conseillère, aimante, et posée, mais quand elle était avec son frère, sa nature calme s'envolait naturellement, et elle redevenait vite aussi mature qu'une enfant. Il supposait que c'était l'effet frères et sœurs. Cependant, il ne pouvait pas confirmer cette hypothèse, pour la simple raison qu'il n'avait jamais eu de sœurs, et n'en aurait jamais puisque la seule qu'il avait s'était retournée contre lui. Il chassa ces sombres pensées, et se reconcentra sur la situation. Lorsque Guenièvre se comportait de cette manière, elle était toujours mignonne et il ne pouvait jamais s'empêcher de sourire tendrement.
Cette fois là donc n'échappa pas à la règle, et dit à Elyan qu'il était libre de partir. Il sembla soulagé et le remercia d'un regard. Il se retint de rigoler. Malgré toute son application à essayer d'éviter sa sœur, il n'échapperait certainement pas à cette conversation à propos d'une potentielle amoureuse. Et Arthur savait que lui aussi allait passer à l'interrogatoire, puisqu'il côtoyait Elyan tous les jours.
Dès qu'il fut parti, Merlin s'exclama :
- Elyan est amoureux ?
Elle ouvrit la bouche, et adressa un petit sourire à Arthur avant de répondre :
- C'est possible oui. Pour le savoir, il va falloir que tu le surveilles bien d'accord ? Si tu vois n'importe quoi de suspect, tu me le dis tout de suite !
Tandis que Merlin lui promettait de le lui dire, Arthur ne put s'empêcher de penser que quand il s'agissait de son frère, Guenièvre ne lésinait sur aucun moyen pour avoir ce qu'elle voulait, quitte à se servir parfois aussi bien de son serviteur, que ses privilèges royaux. Il lui avait déjà fait plusieurs fois fait la remarque, mais avait vite abandonné. Après tout, elle « n'abusait » de ses privilèges qu'envers on frère. Tant que ce n'était pas envers les autres...
- Alors, tu t'es.. bien amusé avec Gaïus ?
- Oui... répondit-il ne nez froncé en essayant de se rappeler, il m'a parlé de... de de la recette d'une potion pour soigner des boutons...c'était bizarre. Je n'ai rien compris !
Arthur ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire. Le petit Merlin se retourna contre lui et se défendit :
- Même vous n'auriez rien compris ! Il n'arrêtait pas de parler d'ingrédients bizarre, de comment les mélanger et quel effet ça créerait au corps pour que les boutons s'en aillent... ou je ne sais plus quoi !
- Je veux bien le croire, admit-il avec un léger sourire, il n'y a que Gaïus pour comprendre ce qu'il dit.
Encore que son serviteur s'était beaucoup amélioré en médecine depuis son arrivée. Il avait pu le constater quand Gaïus l'avait même envoyé dans un village en tant que son remplaçant. Il était sûr que si Merlin avait réellement son âge, il aurait compris de quoi parlait son tuteur.
Le reste de l'heure se passa avec Merlin, leur racontant pleins de choses... d'enfant de sept ans. Arthur manqua d'ailleurs de désespérer en voyant sa femme aussi patiente à ses dires ô combien passionnants. Lui, s'était réfugié dans les papiers d'administration du Royame depuis longtemps, bien qu'il écoutait Merlin parler en même temps.
Note : Merci beaucoup d'avoir lu, et n'hésitez pas à laisser une review pour me dire votre avis ;D
