CHAPITRE 7 :

Après être rentré de leur « quête » pour trouver un remède, Arthur et Merlin se rendirent tout de suite chez Gaïus. Ils avaient besoin d'un sorcier, et seul le médecin pourrait les aider.

- Bien que cela ne me plaise pas plus que ça, expliqua Arthur, nous avons besoin de magie. On a seulement pu obtenir une formule de la part de...

- la Dame du Lac ! compléta Merlin.

Arthur lui passa le parchemin, que le médecin lut.

- Je comprends, répondit Gaïus, je connais en effet quelques sorciers Sire.

- Tant mieux ! Assurez-vous cependant cette fois, que ce sorcier ne soit pas comme celui qui a tué mon père ! Nous ne pouvons pas nous permettre de refaire cette erreur.

Merlin lui jeta un regard surpris, étonné qu'un sorcier ait tué Uther. Il n'avait jamais demandé à Arthur des renseignements sur sa famille, parce que selon sa mère, ça ne se faisait pas, encore moins à un Roi, mais il aurait pensé que l'ancien Roi serait mort d'une autre manière.

- Cette fois ça n'arrivera pas. Mais je ne crois pas que le sorcier auquel je pense voudra réciter cette formule devant vous. Les années de la Grande Purge l'ont... marqué, et s'il veut bien nous aider, je doute qu'il voudra vous voir. Cela vous embêterait-il donc que cela soit privé ?

Arthur parut hésitant, puis répondit, résigné :

- S'il le faut. Du moment qu'il nous guérisse de cette maladie, c'est tout ce que je demande ! S'il refuse, dîtes-lui qu'il aura une récompense ! N'importe quoi, sauf le retour de la magie !

Gaïus s'inclina, et Arthur s'apprêta à partir, avant de remarquer que Merlin le suivait. Il lança derrière son épaule :

- Vous devriez regarder le genoux de Merlin ! Il est un peu écorché, mais on ne sait jamais. Je vais rejoindre Guenièvre, l'avertir que nous avons trouvé une solution à ce fléau !

Le concerné grogna :

- J'ai même plus mal, c'est injuste !

- Je sais ! répondit Arthur en sortant.

Gaïus le fit s'asseoir et remonter son pantalon jusqu'aux genoux. D'un œil expert, il examina l'égratignure.

- Elle a été bien désinfectée, nota-t-il, il n'y a rien de plus qu'il soit nécessiteux de faire.

Merlin voulut sauter sur ses jambes et s'exclama :

- Alors je peux encore rattraper Gwen et Arthur !

- Pas si vite ! le stoppa le médecin, laisse-les un peu seuls veux-tu ? De plus, il y a quelque chose dont j'aimerais discuter avec toi.

Merlin se rassit, une air d'appréhension sur le visage.

- C'est à propos du sortilège. J'aimerais savoir s'il te serait possible de l'exécuter.

Le plus jeune lui jeta un regard étonné. Il voulait qu'il se serve de la magie ?

- Je ne comprends pas... vous m'avez dit de ne pas utiliser la magie... et maman aussi d'ailleurs !

- Je sais ce que j'ai dit ! Mais cette fois, c'est une affaire d'urgence. Penses-tu que tu le pourrais ? Ce sort m'a l'air difficile à être lancé.

- Il faudrait que je l'apprenne, je... je ne sais pas lire, je suis en train d'apprendre seulement, admit-il en rougissant, et.. je ne sais pas. Je n'ai jamais lancé de sortilèges comme ça avant. C'est... instinctif.

- Je sais, le rassura Gaïus, mais tu peux peut-être réussir. Avec un peu d'entraînement. Bien que si tu n'y arrives pas, cela ne serait pas très grave. J'ai quelqu'un d'autre en tête.

Le médecin savait que c'était beaucoup à demander à l'enfant. Adulte, Merlin savait lire, mais ici, non. Ce qui était déjà une petite difficulté en soit. Et surtout, il n'avait pas autant d'expérience en magie qu'adulte.

- Je peux essayer. Vous pouvez me le réciter plusieurs fois afin que je le mémorise ?

Gaïus s'exécuta, et fit comme avait demandé Merlin. Au bout de cinq fois, l'enfant l'arrêta :

- Je.. je crois que je l'ai en tête maintenant. Ibe ni sick san stomisick gorgia nova bistilla la !

- Il manque quelque chose, signala Gaïus.

- Ah ! Oui ! C'est sticky tricky pizi cure !

- Voilà ! Nous n'allons pas réciter ça maintenant, mais tu peux t'entraîner.

Ainsi, pendant une heure, Merlin récita plusieurs fois le sortilège, sans pour autant arriver à y mettre toute sa magie dedans. A la fin, il fut épuisé d'essayer. Gaïus, le voyant bien, le libéra et lui dit :

- Ne t'inquiète pas. Peut-être que cela viendra plus tard. A présent, que dirais-tu d'un bon repas chaud ?

Un sourire qui disait tout lui répondit.

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Arthur arriva dans ses appartements dans l'espoir d'y trouver sa Reine. Heureusement pour lui, elle y était bel et bien, en train de discuter avec George. Et quand il pensait parler... c'était vraiment parler ! Elle ne lui donnait pas d'ordre ou de tâches à faire ! Elle discutait simplement. Etonné, il resta silencieux et écouta en prenant soin de ne pas se faire remarquer.

- … doit être éprouvant pour toi d'être le remplaçant de Merlin. C'est vrai qu'on avait une petite routine, et toi tu dois t'insérer dans tout ça. Ce n'est pas trop dur ? l'interrogea-t-elle.

- Non ma Dame, répondit-il humblement, je ne fais que vous servir.

- Je t'en prie pas de cela avec moi George, répliqua-t-elle, je suis certaine que tu dois penser que tu te dois d'être irréprochable parce que nous sommes les Roi et Reine mais... Merlin était loin d'être parfait tu sais. Tu n'as nul besoin de rester.. comme ça toujours !

- Comme ça ? répéta-t-il sans comprendre.

- Oui ! Je sais bien que tu ne.. dois pas avoir en grande estime Merlin au niveau serviteur mais... tu peux te permettre d'être un peu comme lui.

- Oui, répondit-il avec l'air de ne rien y comprendre, mais...

Arthur décida qu'il était temps de signifier sa présence. Il se racla la gorge, les faisant sursauter.

- Majesté ! s'exclama immédiatement Georges en s'inclinant, je vous prie de m'excuser de cette pause, je retourne à mon travail tout de suite.

Arthur n'eut le temps de rien dire que le serviteur était déjà dehors, armé de leur linge sale. Il haussa un sourcil envers sa femme, intrigué. Elle rigola :

- J'essayais simplement d'en savoir un peu plus sur le mystère « George ».

- Ah oui ? Et qu'as-tu découvert ? lui demanda-t-il en mettant ses bras autour de sa taille.

- Eh bien, je pensais qu'il jouait un rôle, se sentait mal... mais il semblerait que j'ai eu tort. Il n'a même pas compris de quoi je lui parlais. Je crois qu'il n'y a aucun espoir de le faire... se détendre un peu.

Arthur sourit, amusé.

- Ainsi c'est à ça que tu occupes tes heures de libre ? Je savais que tu mijotais quelque chose de pas très nette.

Il se rapprocha de son visage et l'embrassa. La veille avait été éprouvante, et tout ce à quoi il pouvait penser pour le moment était sa femme. Il lui semblait que ça faisait une éternité qu'ils n'avaient pas eu un moment pour eux. Ce qui était sans doute vrai. Depuis l'arrivée du « petit » Merlin, il restait avec eux assez souvent, et si ce n'était pas lui, c'était les Conseillers ou même George ! Elle lui rendit son baiser en souriant, et ils se séparèrent.

- Je t'aime, tu le sais ça ? dit-il avec un sourire heureux.

Elle rigola, et répondit :

- Je t'aime aussi Arthur.

Ils se réembrassèrent, et savourèrent ce petit moment d'intimité. Pourtant, il fallut revenir à la réalité vite. Il était venu pour lui parler à l'origine après tout. Ils se séparèrent donc, et s'assirent sur le lit.

- J'en conclus que votre quête s'est bien passée ?

- Oui, nous avons réussi à obtenir une solution. Une formule magique. Gaïus s'occupe nous trouver un sorcier qui acceptera de nous aider. La maladie devrait bientôt disparaître du Royaume.

Il s'arrêta, et Guenièvre l'observa, soucieuse.

- Mais ? Tu as l'air inquiet.

Il sourit faiblement. Elle le connaissait trop bien.

- Je crois que quelque chose de bizarre se passe avec Merlin.

Il entreprit alors de lui raconter comment il avait réagi quand il avait passé son épée à Mordred, alors qu'ils s'entendaient quelques minutes plus tôt très bien, ainsi que cette histoire de destinée de la Dame Du Lac.

Durant tout ce temps, Guenièvre ne dit rien, et l'écouta sérieusement. Lorsqu'il eut finit, elle déclara :

- Concernant Mordred et Merlin, d'aussi loin que je me souvienne, Merlin n'a jamais réellement beaucoup apprécié Mordred, et il ne lui fait clairement pas confiance. Même enfant il était méfiant ! Ensuite.. je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais Mordred a du faire quelque chose pour gagner un minimum de sa confiance, parce que leur relation a changé à vue d'oeil ! Mais il ne devait sans doute pas lui faire assez confiance pour voir ton épée lui être transmise comme ça. Je crois... mais je ne suis pas sûre, qu'il.. t'a vu sans défense. Et il a commencé à voir Mordred comme un ennemi potentiel qui pouvait te blesser facilement.

- Tu veux dire qu'il était inquiet pour moi ? fit Arthur d'un ton stupéfait.

- Merlin est toujours inquiet à propos de toi, répliqua-t-elle, comme moi. Mais ici, il a perdu tous ses moyens, et c'est un enfant alors... le résultat n'était pas très joli.

Arthur plissa des yeux, pensant à tout ce que sa femme venait de lui soumettre. Elle n'avait pas tort. Tout était cohérent bien que l'idée qu'il soit en faite à l'origine de la réaction excessive de son ancien serviteur ne le réjouissait pas beaucoup...

- Et que penses-tu de cette histoire de destinée ?

- Je pense... commença-t-elle lentement, qu'il se peut qu'elle ait raison. C'est la Dame du Lac, elle m'a l'air d'être quelqu'un de sage Arthur et... Merlin lui faisait confiance, je ne vois pas pourquoi elle nous mentirait. De plus, ce n'est pas totalement illogique. Morgane et toi êtes liés par Uther. Merlin et toi... c'est évident. Vous êtes amis. Mordred et toi êtes liés par le lien sacré qui unit un chevalier à son Roi. Mordred et Merlin sont liés par quelque chose que nous ne savons pas, mais il est évident que quelque chose se passe entre ces deux-là.

- Tu as peut-être raison... mais je continue à penser que c'est absurde !

Elle mit sa main sur son épaule, dans le but de le réconforter.

- Arrête de t'inquiéter à propos de ça. Si c'est vrai, ça se passera dans un futur, proche ou lointain. Ne laisse pas ces découvertes t'influencer. Laisse suivre le cours des choses.

Il y eut un silence, durant lequel ils restèrent côte à côte, en train de réfléchir. Au bout d'un moment, Arthur le brisa en murmurant :

- J'ai de la chance d'avoir pour femme quelqu'un d'aussi sage que toi.

Elle sourit, et répondit :

- Et j'ai de la chance d'avoir un mari qui se soucie du bien-être de tout le monde.

Ils échangèrent un regard complice et affectueux.

Ce ne fut que plus tard dans la journée que Merlin put retrouver Arthur. Il avait passé beaucoup de temps à essayer de faire ce fichu sort, en vain. Gaïus avait beau dire que ce n'était pas grave, que ça viendrait tout seul, il n'en était pas convaincu. Il était donc sorti dans l'espoir de trouver ou le Roi, ou la Reine. Il avait fini par le croiser dans un couloir.

- Merlin ! s'exclama-t-il, Gaïus t'a examiné la jambe ?

- Oui, répondit-il, comme vous le lui aviez demandé ! Vous avez pu parler à Gwen ?

- Oui. Elle est au courant. La situation va s'améliorer.

Il y eut un silence, vaguement gêné. Tous deux se souvenaient très bien de sa réaction avec l'épée. Arthur savait qu'il devait aborder le sujet avec Merlin, bien que celui-ci souhaitait oublier ce moment.. Pourtant, il fallait qu'il se jette à l'eau :

- Merlin... et si on allait dans ta chambre ?

Le petit haussa les sourcils de surprise. Il répondit néanmoins :

- Oui...

Il ne posa aucune question à voix haute, bien qu'il se demandait pourquoi Arthur voulait ça...

Ils se rendirent donc dans sa chambre. Arthur ferma la porte et alla prendre comme la fois où il était malade une chaise, tandis qu'il s'installa sur le lit.

- Qu'est-ce qu'il y a ? le questionna Merlin.

Il prit une grande inspiration, comme pour se donner du courage, puis répondit :

- Tu te souviens de la dernière fois ? Quand... j'ai passé l'épée à Mordred ?

Merlin se mordit la lèvre. Il aurait voulu ne pas en parler, et rayer cet épisode de sa mémoire à jamais. Il ne pouvait lui-même pas comprendre sa réaction. Sur le coup, ça lui avait apparu comme la seule chose à faire. Pour une raison ou une autre, Mordred ne devait surtout pas avoir l'épée. Leur rapports s'étaient pourtant améliorés... mais sa réaction avait été purement instinctive... comme si sa magie elle-même ne pouvait pas supporter ça, toutes les fibres de son être n'avaient plus eu qu'une obsession : L'épée ne devait pas aller à Mordred.

- Merlin ? fit Arthur incertain, ça va ?

Il revint brutalement à la réalité. Il réalisa que ses mains tremblaient légèrement au souvenir de ce moment.

- Oui, répondit-il d'une voix mal assurée, oui.

Arthur lui jeta un regard mi-suspicieux, mi-inquiet, puis poursuivit :

- Pourquoi tu ne voulais pas que je donne l'épée à Mordred ? Je pensais que vous vous entendiez bien. Tu sais qu'il est digne de confiance,n'est-ce pas ? C'est un chevalier.

Non. Non il ne pouvait pas lui faire confiance pour ce genre de choses. Curieusement, parler avec lui de magie l'apaisait, et ça ne le dérangeait pas du tout. Il voyait en le jeune druide presque un ami. Mais dès que ça concernait Arthur, il ne pouvait pas le supporter.

- Oui, se força-t-il à dire, je sais.

Il ne trouva rien d'autre à dire et se tut, attendant qu'Arthur réagisse. Celui-ci, en voyant qu'il n'obtiendrait pas une réponse davantage développée poussa un soupir.

- Si tu le sais, pourquoi n'as-tu pas voulu que je lui passe mon épée ?

Merlin ne put répondre. Il ne comprendrait pas.

- Merlin ? demanda-t-il d'une voix douce.

- Parce que. C'était stupide, je ne le referai plus, promit-il d'une voix pleine d'espoir de laisser tomber le sujet.

- Tu peux me le dire tu sais, lança Arthur d'un ton légèrement... blessé ? Je suis capable de comprendre.

- Moi-même je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça ! s'exclama-t-il, peut-être.. peut-être que c'était à cause du lac ! Les ondes magiques et tout ça...

C'était une excuse pathétique il le savait. De plus, dire du mal de la magie lui coûtait. Mais il ne voulait pas s'attarder sur ce sujet .

- Très bien, soupira Arthur, c'était tout ce que je voulais savoir.

Merlin se sentit un peu mal en voyant l'air de chien battu qu'avait Arthur. Il savait très bien qu'il mentait, mais pour autant, n'insistait pas, ayant compris qu'il ne pourrait rien tirer de plus.

- On va voir Guenièvre ? proposa Merlin d'une voix qu'il s'efforça d'être enjouée.

- Vas-y si tu veux, je l'ai déjà vue tout à l'heure. Elle doit être à côté, dans mes appartements.

- Vous ne venez pas ?

- Non... j'ai... du travail à faire.

Merlin fut certain qu'Arthur se servait de ça comme un prétexte pour ne pas être avec lui. Blessé à son tour, il se leva, le cœur lourd. Il lui en voulait. Il ouvrit la porte, pour aller dans la chambre voisine. Il prit la peine de frapper, et entendit un « Entrez ! ». Il ouvrit la porte et pénétra dans la chambre d'Arthur et Gwen.

Gwen était justement assise devant sa coiffeuse, en train de se brosser les cheveux.

- Bonjour, fit-il.

Elle sourit d'une manière bienveillante, et en lui faisant signe de venir à côté d'elle, elle répondit :

- Bonjour. Alors, votre quête a été une réussite à ce qu'il paraît ?

Curieusement, au lieu de le réconforter, cette phrase provoqua un nouveau sentiment de malaise. Sans doute à cause de ce qu'il s'y était passé.

- Oui. J'ai juste accompagné Arthur, je n'ai rien fait, répondit-il.

- Ne sois pas si modeste ! Je suis sûre que tu as bien aidé Arthur.

- Non, répondit-il, c'est pas important.

Elle parut étonnée.

- Pourquoi ? Tu ne veux pas te donner un peu de crédit pour ce que tu as fait ?

- Je l'ai déjà dit, je n'ai rien fait, répliqua-t-il un peu agacé.

Elle se tourna vers lui, et chercha son regard.

- Que s'est-il passé ?

Réticent, Merlin se mit néanmoins à lui raconter la même chose qu'Arthur plus tôt, avec ses propres mots. Il conclut en lui décrivant la scène qui s'était passé juste avant qu'il ne vienne la voir. Il leva les yeux vers elle. Gwen avait l'air si calme que ça l'en apaisa un peu.

- Ce n'est pas si grave. Tu as eu une réaction... excessive, mais ça peut arriver à tout le monde !

- Mais j'avais l'air d'un idiot !

- Ne t'inquiète pas, Arthur a l'habitude, plaisanta-t-elle, et je suis sûre qu'il n'est pas fâché ! Il avait juste un peu peur pour toi c'est tout.

- Peur pour moi ? répéta Merlin.

- Oui, peur pour toi, répondit-elle avec un petit sourire, comme toi tu as eu peur pour lui.

Merlin hocha la tête, perplexe. Ainsi c'était ça le monde normal ? Avoir peur sans aucune raison particulière ? Car il n'y avait aucune raison qu'Arthur ait peur pour lui après tout. Il poussa un soupir.

- Tu es sûre hein ?

- Oui, tu n'as pas à t'inquiéter à propos de ça, promit-elle.

Merlin hocha la tête, rassuré. Si elle le disait, c'était que c'était vrai !

- Je dois aller voir Gaïus ! déclara-t-il soudain.

- Oui, bien-sûr, répondit-elle avec un sourire, tu lui diras bonjour de ma part ?

Merlin lui lança un regard étrange.

- Euh... oui.

Lui passer le bonjour de sa part ? C'était idiot ! Autant venir directement le voir, ou ne rien dire du tout.

Il parcourut les couloirs, jusqu'à tomber enfin aux appartements du médecin. Il toqua deux fois avant d'entrer. Il s'apprêta à parler, mais s'arrêta tout de suite en voyant que Gaïus n'était pas seul. Il y avait Mordred, qui se faisait examiner la main. Son sang se glaça. C'était bien la dernière personne qu'il souhaitait voir aujourd'hui ! Il hésita entre faire demi-tour ou les rejoindre, mais l'exclamation de Gaïus ne lui laissa pas trop le choix :

- Merlin ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu as trouvé le moyen de...

Il s'interrompit, sans doute à cause de Mordred. Merlin dit pourtant en toute confiance :

- Il sait. Et non, je n'arrive toujours pas à faire ce sortilège. Il est trop dur ! Je n'y arriverai pas ! Vous devriez demander à Mordred de le faire !

Le druide eut un regard très surpris, semblable à celui de Gaïus.

- Il sait ? répétèrent-ils tous deux en même temps.

Mordred toussa, afin de se redonner contenance.

- Il sait à propos de... moi ? demanda-t-il.

- Oui, répondit Merlin, il le sait maintenant. Et il peut aussi garder ce secret. Pas vrai Gaïus ?

Le médecin, toujours surpris, répondit néanmoins :

- Oui...

Certes, il savait que Mordred savait pour Merlin, mais Merlin enfant, lui, n'était pas supposé le savoir.

- Mais concernant votre sortilège, poursuivit Mordred, je suis désolé, mais j'essaie de me servir le moins possible de magie. Je suis un chevalier de Camelot maintenant, je ne peux plus me le permettre.

- Mais c'est pour sauver le Royaume ! s'écria Merlin.

- Si toi tu n'y arrives pas, je doute fortement que je le puisse.

- Vous vous sous-estimer Sir Mordred, intervint Gaïus, je suis sûr que vous êtes apte à l'exécuter ! Vous êtes plus expérimenté que Merlin dans.. le cas présent.

Mordred sembla hésitant.

- Essayez au moins ! l'encouragea Merlin la formule c'est : Ibe ni sick san stomisick gorgia nova bistilla la !sticky tricky pizi cure !

Gaïus eut un sourire en coin. Si parfois son jeune protégé avait du mal à retenir la composition d'une potion, il parvenait remarquablement à retenir les formules magiques ! Il donna le morceau de parchemin à Mordred, afin qu'il puisse la lire.

Celui-ci regarda la formule pendant un moment, en conflit avec lui-même, puis se lança :

- Ibe ni sick san stomisick gorgia nova bistilla la !sticky tricky pizi cure !

Rien ne se produisit. Les yeux du chevalier avaient certes virés à l'or, mais aucun signe n'indiquait que ça avait marché.

- Peut-être que c'est normal ? suggéra Merlin.

Ils s'adressèrent tous un regard blanc.

- Je ne crois pas, fit finalement Mordred, je n'ai pas senti la magie opérer. Je vous l'avais dit. Je ne le peux pas.

- Mais tu ne t'es même pas entraîné aussi ! Quand tu veux faire quelque chose, tu dois dois le refaire jusqu'à ce que tu y arrives ! insista Merlin.

Curieusement, la situation précédente avec Arthur avait quitté son esprit. Ce qu'il voyait en Mordred, là, tout de suite, ce n'était pas une dangereuse personne du tout. C'était un sorcier, à qui il pouvait se confier. Il poussa un soupir et renouvela la tentative. Rien ne se produisit.

- Non, je n'y arrive pas, souffla-t-il découragé, je suis désolé.

- Peut-être, intervint le médecin, peut-être devriez-vous joindre vos forces ? Vous auriez plus de chances d'y arriver.

Les deux sorciers se regardèrent, l'air étonné. Puis Merlin haussa des épaules, et s'approcha du chevalier.

- Tenez-vous les mains, leur ordonna Gaïus, et récitez tous les deux la formule en même temps.

Ils obéirent, et d'une même voix, récitèrent :

- Ibe ni sick san stomisick gorgia nova bistilla la !sticky tricky pizi cure !

Merlin sentit le pouvoir de Mordred. Sa magie était forte, mais pas aussi forte que la sienne. Cependant, il fut convaincu que ça suffirait largement. Il sentit Mordred « tirer » sa magie, comme pour l'aider à sortir. De cette manière, il la contrôla mieux. Ils ouvrirent alors tous deux les yeux qu'ils n'avaient pas eu conscience d'avoir fermé , qui brillèrent d'or. Deux bougies allumées s'éteignirent alors.

Ils s'observèrent, un peu essoufflés. Mordred le regardait, comme surpris de sa puissance. Ils sourirent alors tous deux, convaincus, certains d'avoir réussi.

- Je pense que ça fonctionné, conclut Gaïus avec un sourire bienveillant.

- C'était trop bien ! s'exclama Merlin, on recommence quand ?

Devant l'excitation du jeune homme, le druide ne put s'empêcher de pousser un petit rire.

- Pas maintenant en tout cas ! dit fermement Gaïus, tu as l'air d'être mort de fatigue !

- Non ! protesta-t-il, je suis en pleine forme ! Je ne me suis jamais senti aussi en pleine fo.. oooooooorme.

Il rougit. Il venait de pousser un bâillement, prouvant le contraire. En faite, il se sentait très éveillé, mais malgré tout, une envie de s'affaler dans un lit le tiraillait mystérieusement.

- Une union de magie requiert de l'énergie ! fit Gaïus, je suis sûr que Sir Mordred ressent la même chose.

Celui-ci sourit, et acquiesça.

- Effectivement. Mais c'était merveilleux. Jamais je n'aurais pensé ressentir... ça un jour.

Merlin fit un sourire éclatant. Toutes les gênes qu'il avait pu ressentir avant à son vis-à-vis étaient définitivement disparus.

- Je vous prescrit à vous deux un repos complet, et cela dès maintenant ! Vous avez fait du très bon travail, mais à présent, vous avez vraiment besoin de récupérer. Sir Mordred, vous voulez bien emmener Merlin à sa chambre ? demanda Gaïus.

- Bien-sûr.

- Et ensuite aller à la vôtre, naturellement, fit Gaïus d'un ton sévère.

Il reçut pour réponse un simple sourire, et regarda les deux magiciens s'en aller, aussi joyeux l'un que l'autre.

Note : Bonjour ! Désolé du temps mis à poster, mais j'ai fait pire u_u donc j'espère que vous avez aimé, que à vos yeux je mérite encore une pitite review, et que vous continuerez de suivre cette fic ! N'hésitez pas à me donner votre avis ! ..hum... un petit câlin d'Arthur en échange :D

Merci d'avoir lu !