Note : Bonjour tout le monde ! Ou dans ce cas là, bonsoir.

Si je suis que je suis désolée, vous ne mettrez pas au pilori ?

AAAAAH NON ARRETEZ ! PAS LES PECHES POURRIIIIIES AAAAAAH !

..

* Voix robotique* L'auteur de cette fanfiction, est momentanément indisponible, car en train de fuir des gens qui suivent cette fic, en courant autour de Pierrefonds. Veuillez lire vos réponses de reviews, et lire le chapitre. L'auteur vous remercie chaleureusement de votre attention à la fic.

Morganemimi : Haha, j'aime bien les deux autres reviews en plus de celle du chapitre, à moitié pour me dire implicitement de me grouiller ;) ( je connais cette stratégie pour aussi l'utiliser^^) désolé encore du temps, et j'aurais aimé te répondre en direct, mais vu que tu es en Guest, il aurait fallu que je fasse un chapitre pour te répondre y tout y tout.. donc bon, voilà ( enfin^^) le chapitre, que j'espère tu aimeras ;) excuse-moi surtout, pour avoir été un peu froide peut-être dans ma précédente réponse, je ne voulais pas paraître comme ça :s

Pour les chevaliers... eh bien dans ce chapitre, tu ne verras pas beaucoup tout le monde, mais bon, tu en verras un au moins :) Merci de tes (trois^^) reviews :)

CHAPITRE 10 :

Merlin courait. Il courait le plus vite qu'il le pouvait, fuyant le château, fuyant Arthur. Il en avait marre. La magie était mauvaise ? Alors cela voulait logiquement dire qu'il l'était aussi, ou qu'il le deviendrait. S'il devait écouter Arthur, dans une quinzaine d'années il essaierait peut-être de le tuer afin de régner lui même sur Camelot. Ridicule. Mais cela venait de lui prouver au moins une chose : Arthur n'était pas différent des autres. Il avait pensé qu'il s'était trouvé un ami en lui, mais il avait eu tort. Il le prenait pour un monstre, comme les autres. En quoi faire de la magie était un crime ? Il ne faisait rien de mal...

Il courait donc, s'enfonçant de plus en plus dans la forêt. Il ne savait même pas comment il était passé du couloir à dehors. Il avait juste pensé qu'Arthur allait le retrouver, ce qu'il ne voulait surtout pas, et pouf ! Il était dehors !

Quand enfin il jugea être assez loin du château, il s'autorisa à s'arrêter. Il ne savait pas du tout où il était, mais un tronc d'arbre était tombé, et il pourrait s'asseoir dessus. Il s'amusa pendant quelque temps à faire des dessins dans les airs avec des étincelles.

Au bout de quelques heures, la forêt s'était considérablement assombrie. La nuit tombait, lentement, mais sûrement. Il se mordit la lèvre, et commença à se demander s'il ne faisait pas un bêtise. Il pensa à sa mère. Celle-ci devait être morte d'inquiétude. Et elle devait bien être la seule à éprouver autre chose que de l'horreur à son existence. Même Gwen ne devait pas aimer la magie. Après tout, elle était la femme d'Arthur. Elle devait partager son avis.

Il se redressa, déterminé à ne pas se laisse submerger par les regrets. Il était grand ! Il pouvait se débrouiller tout seul ! Et sa mère n'avait pas besoin de lui ! Tout ce qu'il faisait était lui attirer des problèmes avec les autres. Elle serait mieux sans lui.

Pas très rassuré néanmoins, il alluma un feu avec sa magie, puis se tortilla les mains. Il était tout seul. Et la forêt commençait à lui faire peur. De rassurante comme quand il était avec Arthur, elle devint menaçante.

Un craquement de branche le fit soudain sursauter. Il se retourna vivement, cherchant l'origine du bruit. Une silhouette apparut, sombre. Il se releva en un bond et frissonna de peur. Puis la silhouette se précisa : C'était une femme, habillée de noir, avec des cheveux bruns et des yeux verts.

- Tiens tiens, qu'avons-nous donc ici ? susurra-t-elle.

Il recula à cause du ton, et s'exclama :

- N'a.. n'approchez pas !

- Ne me dis pas que sous prétexte que tu es d'une plus petite taille, tu as peur de moi ! se moqua-t-elle.

Merlin se força à rester sur place, et demanda :

- Qui êtes-vous ?

Elle arrêta de rire, et le regarda, surprise.

- Tu ne sais pas ?

Il fit « non » de la tête. Elle sembla pensive pendant un moment, avant de s'approcher de lui. Sans réfléchir plus, il employa la magie et les flammes de son feu le séparèrent de la femme. Elle leva un regard perçant vers lui, très surpris. Il se mit à paniquer.

- Tu possèdes des pouvoirs ?

- Non ! Non je n'en ai aucun, je.. c'est.. c'est pas moi ! Juste.. laissez-moi partir ! Je vous jure que je ne vous reverrai jamais !

Son regard s'adoucit, et elle fixa le feu. Ses yeux virèrent à l'or, et les flammes s'évanouirent doucement. Merlin la regarda avec des yeux choqués.

- Tu n'as rien à craindre... j'en ai aussi.

Incertain, il ne bougea cependant pas tandis qu'elle s'approchait doucement de lui.

- Qui êtes-vous ? redemanda-t-il.

- Morgane, répondit-elle, et toi ?

- Merlin... mais vous sembliez me connaître tout à l'heure !

- Je t'ai pris pour quelqu'un d'autre, marmonna-t-elle, mais si j'avais su qui tu étais réellement avant, crois-moi... ça aurait été différent.

Merlin crut déceler de l'amertume dans ses propos.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

Morgane prit un air de nouveau songeur, comme si elle ne savait pas la réponse à sa question.

- Parler, répondit-elle finalement, que dirais-tu de venir avec moi ? Nous serons mieux à l'intérieur, avec des couvertures, tu ne crois pas ?

Elle lui tendit la main. Merlin la regarda, méfiant. Sa mère lui avait toujours dit de se méfier des inconnus.. mais en ce moment, cette règle semblait se modifier. C'était comme si.. comme si pour lui, les autres étaient inconnus, mais que ceux-ci le connaissaient déjà. Il prit finalement sa main, toujours méfiant. Elle lui sourit, et l'emmena avec elle.

- Il ne peut quand même pas être bien loin ! grogna Gauvain.

Arthur aurait voulu approuver. Après tout, Merlin pouvait très bien être caché quelque part dans le château. Mais d'après la façon dont il avait couru pour être le plus loin possible de lui, il dirait plutôt qu'il était déjà loin. Il soupira. Parfois, l'enfant était si différent de l'adulte ! Jamais son Merlin à lui n'aurait réagi comme ça ! En faite... il ne s'était jamais vraiment énervé contre lui, sauf peut-être dans les premières années de leur rencontre... Généralement, s'il n'était pas d'accord avec lui, il se contentait d'argumenter calmement, de lui expliquer patiemment son point de vue.

Mais maintenant qu'il y réfléchissait, jamais il n'avait réellement eu son point de vue sur la magie. Cela lui paraissait évident. Il l'accompagnait toujours, même pour attraper des sorciers. C'était même lui qui l'avait dissuadé de mettre fin aux jours de son père sur les paroles de Morgause.

Merlin était une véritable énigme, et ce depuis leur rencontre. Il avait toujours senti qu'il y avait quelque chose à propos de lui, mais ne pouvait pas mettre son doigt dessus. Même quand il était un gosse !

- Nous devons fouiller la forêt, ordonna Arthur.

Les autres chevaliers parurent perplexe.

- Sire... commença prudemment Léon, peut-être serait-il plus sage d'attendre au château . Merlin doit s'être caché quelque part. De plus, la nuit tombe et..

- Si vous ne voulez pas m'accompagner, c'est votre choix, fit froidement Arthur, mais je ne resterai pas ici à me tourner les pouces alors que je suis certain que Merlin est quelque part dans la forêt. Il était sous ma responsabilité, il est hors de question de le laisser ! Il a quitté le château, je suis sûr de cela.

Léon n'osa rien ajouter, mais échangea un regard avec Elyan et Perceval. Celui-ci semblait aussi hésitant. Gauvain s'exclama :

- Léon, Elyan et Perceval n'ont qu'à fouiller le château, et nous, nous allons voir dans la forêt ! Comme ça, nous aurons peut-être plus de chance de le retrouver, et nous ne laisserons aucune piste de côté !

Arthur lança un regard étonné à Gauvain. C'était une... bonne idée.

- Nous ferons comme ça, décréta-t-il.

Elyan, Léon et Perceval furent d'accord, et ils se séparèrent. Mordred n'était pas avec eux. En effet, le jeune chevalier était ami avec eux, mais ne faisait pas encore parti des chevaliers avec qui il avait l'habitude de se battre, comme Gauvain, Léon, Elyan ou Perceval. Sans compter qu'il devait avoir quelque chose de mieux à faire que de rechercher Merlin.

Lui et Gauvain prirent des chevaux, et partirent au galop vers la forêt.

L'endroit où Morgane l'avait emmené était sombre. Et froid. Et triste. Il frissonna. Comment quelqu'un pouvait-il supporter d'être ici ?

- Vous vivez ici ? demanda-t-il.

- Je vivais ici, répondit-elle en faisant démarrer un feu avec la magie, à présent, je vis autre part, mais exceptionnellement, je suis revenue, car c'est plus proche de Camelot.

- Pourquoi voulez-vous être proche de Camelot ? demanda-t-il d'une petite voix .

Arthur lui avait dit que les sorciers qu'il avait en tout cas rencontré essayaient tous de régner sur son Royaume. Peut-être.. peut-être en faisait-elle partie ?

- Alors comme ça, tu as des pouvoirs ? demanda-t-elle d'un ton intéressé ignorant sa question.

Merlin n'aima pas trop ce ton, mais hocha la tête.

- Depuis que je suis né...

Morgane parut impressionnée.

- Mais que fais-tu donc à Camelot ? Tu sais que tu pourrais être exécuté.

- Arthur ne ferait pas ça ! s'exclama-t-il, il est trop gent...

- Gentil ? l'interrompit Morgane l'air en colère, tu crois ça ? Alors comment expliques-tu que tant de sorciers soient mort dans Camelot ? Et même s'il ne les tuait pas, tu crois que c'est juste qu'ils soient jugés pour avoir de la magie ?

Merlin ne répondit rien. Non, ce n'était pas juste . Mais c'était juste que Arthur ne comprenait pas. Il comprendrait, un jour, comme pour Will. Will avait eu du mal à être ami avec lui à cause de sa magie mais avait finit par comprendre et l'accepter. A son souvenir, la gorge de Merlin se serra. Pourquoi Arthur avait-il parlé au passé ? Il n'était plus ami avec lui ?

- Que penses-tu qu'il te ferait à toi s'il découvrait que tu avais de la magie ? demanda Morgane.

Merlin réfléchit à la réponse. Il ne savait pas grand chose, mais il était sûr qu'Arthur ne chercherait jamais à lui faire de mal intentionnellement.

- Je ne sais pas, admit-il, il me bannirait probablement.

- S'il n'essaie pas avant de te tuer, commenta Morgane, je ne comprends pas comment tu peux lui être loyal à ce point, même .. à ton âge ! Tu ne le connais presque pas, et tu lui fais quand même confiance !

- Je ne comprends pas pourquoi vous ne lui faites pas confiance, dit Merlin, n'importe qui verrait que son but n'est pas de tuer les gens, et qu'il est un bon Roi.

- Tu crois ça ? Si j'étais Reine, je...

- Vous voulez devenir Reine ? s'horrifia Merlin, Arthur m'avait dit que des gens voulaient régner sur Camelot mais je ne comprends pas comment vous pouvez en avoir envie ! C'est horrible, il ne faut que signer des choses, et rendre un jugement et...

- S'assurer du bien-être de ton peuple, compléta Morgane, c'est ce que j'essaie de faire. Je crois que c'est normal de vouloir sauver les gens qu'on aime.

- Oui... mais il n'y a pas besoin de remplacer Arthur pour faire ça. Il protège déjà son peuple..

- Mais pas le nôtre ! Il le décime, même ! répliqua hargneusement Morgane.

- Il ne le décime pas. Ce matin un homme a été surpris en train de faire de la magie. Il a été banni et c'est tout.

- Et tu trouves ça juste ? demanda-t-elle, tu n'en as pas marre de cacher ta magie ? Tu n'en as pas marre d'être.. pris pour un monstre simplement parce que tu as de la magie en toi ?

Merlin baissa la tête. Oui, bien-sûr qu'il en avait marre. Il sentit Morgane l'observer.

- Qui êtes-vous ? demanda-t-il de nouveau.

- Je suis sa sœur, répondit-elle finalement, la sœur d'Arthur. J'habitais à Camelot, avant. J'avais des amis. Mais ils m'ont tous trahi, tout ça pour mon frère.

- Comment ça trahi ?

- Un de mes amis les plus.. proches, m'a empoisonné. Il a essayé de me tuer, pour sauver Arthur. Ce sera toujours Arthur, murmura-t-elle.

Merlin ne trouva rien à répondre à cela. S'il avait été plus âgé, il aurait répondu que ce n'était pas seulement la vie d'Arthur qui était en jeu, mais tout un Royaume. Il y eut un silence, et Merlin se dit qu'il aimerait bien rentrer, finalement. Il aimait bien Arthur, même s'il était un crétin parfois...

- Je crois que je devrais y aller... dit-il d'une petite voix en gigotant, mal à l'aise.

Morgane lui envoya de nouveau un regard perçant.

- Tu ne veux pas rester encore un peu ? Je n'ai pas l'occasion de recevoir souvent des invités.

- Non... c'est bon... j'ai ma mère au château. Je dois la retrouver ou elle va s'inquiéter...

- Elle ne sera pas la seule, fit-elle observer, Arthur va te chercher.

- Peut-être, admit-il, mais... autant rentrer avant qu'il ne se mette à me chercher.

Mais la sorcière secoua doucement la tête.

- Il fait sombre... il vaut mieux l'attendre dans un endroit où il pourra te retrouver.

Merlin lui envoya un regard incertain.

- Mais vous n'aimez pas Arthur.

Elle ne répondit pas, et regarda autre part. En un clin d'oeil, il comprit ce qu'elle prévoyait de faire.

- Vous voulez le piéger !

Morgane tiqua légèrement face au ton accusateur de l'enfant.

- Juste lui parler, lui assura-t-elle.

- Non vous mentez ! s'exclama Merlin.

Morgane esquissa un sourire.

- Tellement protecteur, murmura-t-elle, je peux t'assurer que je lui parlerai en tout cas.

- Et qu'est-ce que vous allez lui dire ? demanda-t-il suspicieux.

- Tu verras, répondit-elle, tu devrais en profiter pour lui avouer ce que tu es.

- Vous ne lui direz rien hein ? s'alarma Merlin.

Morgane ne répondit pas.

- S'il vous plaît ! Il ne doit pas savoir ! Pas.. pas maintenant ! Il...

- Je verrai ce que je lui dirai, répéta-t-elle d'un ton ferme, que dirais-tu de marcher un peu maintenant ?

Et Merlin se sentit piégé.

Arthur ne pouvait enlever le pressentiment de danger qui le tiraillait. Il ne savait pas comment, mais il était sûr que Merlin avait encore trouvé le moyen de s'attirer des ennuis. Gauvain, derrière le suivait à allure régulière.

Plusieurs fois son cheval hennit, comme pas très rassuré. Et cela n'était pas pour le réconforter dans son sentiment de danger.

Il n'osait pas penser à la possibilité de perdre Merlin, son valet depuis des années maintenant. Ce serviteur bien spécial, qui ne lui envoyait que des taquineries à la figure, et n'hésitait pas à le défier quand il le fallait. Notamment pour Guenièvre, trois ans plus tôt. Il venait d'annoncer son mariage avec la princesse Mithian, mais évidemment, il n'avait pas été d'accord du tout, et l'avait bien montré. Il se rappela la menace qu'il lui avait dit ce jour-là. Mais Merlin n'avait pas baissé les yeux, continuant à le défier du regard. Il pouvait être vraiment têtu. Tout comme lui d'ailleurs.

Alors oui, Arthur avait peur. Car Merlin n'était certainement pas qu'un serviteur. Il était bien plus que ça. Et il ne pouvait s'imaginer une journée à Camelot sans les habituels réveils « violents » et toujours en retard.

- Arthur, fit la voix de Gauvain derrière lui.

Au ton de sa voix, il sut qu'il avait repéré quelque chose. Il s'arrêta, et regarda autours de lui . Il alors un amas de bois, ayant servi sans aucun doute à allumer un feu. Il descendit de sa monture et s'approcha du tas de brindilles à moitié brûlées.

- Il s'est éteint il n'y a pas longtemps, déclara-t-il, ce doit être Merlin.

- Sans doute... nous ne sommes sûrement pas loin ! renchérit Gauvain.

Ils poursuivirent leur chemin, plus attentifs . Au moindre bruit, les deux hommes se figeaient et parcouraient la forêt du regard, avant de continuer en voyant que leur petit protégé n'était pas là.

Arthur commençait à désespérer et se dire qu'ils s'étaient trompés, quand une voix ironique raisonna :

- Bonjour mon cher frère.

Immédiatement, il tourna son regard vers l'endroit d'où venait le bruit, et découvrit Morgane, dans une robe sombre, qui avait la main sur les épaules de Merlin. Un geste qui aurait pu passer pour amical, mais qui effraya le Roi.

- Morgane, la salua-t-il tendu.

Gauvain avait déjà tiré son épée. Il l'arrêta d'un geste.

- Mais elle a Merlin !

- Je sais, répliqua-t-il d'un ton ferme.

- J'ai trouvé Merlin dans la forêt, tout seul. Et j'ai eu l'impression que... quelque chose n'allait pas.

- Ne joue pas la comédie ! s'exclama Gauvain, il n'y a que toi pour avoir fait un coup pareil !

- Gauvain !

- Tu ferais bien de contrôler ton chevalier un minimum, lâcha-t-elle d'un ton moqueur.

- Alors ? l'interrogea Arthur, tu es responsable de.. ça ?

Il parlait bien évidemment du mystérieux rajeunissement de son valet. Tout le monde le comprit. Ou du moins.. tout le monde sauf un.

- De quoi ? demanda Merlin l'air intrigué.

- Non, répondit-elle d'un ton calme en l'ignorant, je ne l'ai pas fait. Je ne vois pas pourquoi j'aurais fait ça.

- Elle ment c'est évident ! rugit Gauvain.

- Je ne mens pas, rétorqua Morgane d'un ton froid , il ne m'aurait été d'aucune utilité de le faire.

- Faire quoi ? insista Merlin.

- Rien, répondirent en choeur les trois adultes d'un ton ferme.

Cela eut le mérite de le faire taire, et il baissa la tête, de honte ou vexé.

- Laisse-le partir, dit Arthur, c'est moi que tu veux.

- Oh mais tu ne sais pas ce qu'il peut faire, siffla Morgane.

Merlin releva tout de suite la tête, un regard de terreur dans ses yeux. Sans se préoccuper des deux chevaliers de Camelot, il s'exclama :

- Morgane !

- Je sais qu'il a beaucoup de talent, fit Arthur avec un sourire, il m'a accompagné dans beaucoup de quêtes, et il m'a même sauvé la mise dans quelques unes. Et... il sait jongler.

Cela sembla déstabiliser Morgane, qui le regarda étrangement. Mais ce fut Merlin qui s'exclama :

- Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne sais pas jongler, et tu ne m'as pas laissé t 'accompagner dans des quêtes !

- Pour des amis, vous avez beaucoup de secrets, fit la voix de Morgane.

- Ecoute... on sait toi et moi que si tu ne lui a pas fait du mal, c'est qu'il t'était utile. Alors laisse-le partir à présent. C'est moi que tu veux, répéta-t-il.

Le visage de Morgane se tordit dans un air de fureur.

- Tu crois que si je ne lui ai rien fait c'était pour t'attirer ici ? Certes, il m'a servi à ça, mais me crois-tu vraiment capable de tuer ou torturer un enfant de sang froid, quand bien même ce soit lui ? Tu ne me connais pas !

- Non, tu as raison. Je ne te connais pas, déclara Arthur d'un ton qui cachait une colère froide, je connaissais la Morgane du passé, gentille, avec de la compassion, généreuse, mon amie ! Mais toi, je ne te connais pas du tout ! Je ne connais pas cette traîtresse qui a abandonné ses amis, sous prétexte qu'elle avait peur qu'on la chasse à cause de sa magie ! Si tu me l'avais dit, j'aurais pu t'aider ! Mais tu as gardé tout ça pour toi, et au final, tu as choisi la facilité !

- La facilité ? répéta-t-elle, la facilité ? Tu te moques de moi ? Tu crois que vivre dans la solitude pour se battre pour une cause juste est facile ?! La magie est toujours interdite à Camelot ! Tu es comme Uther !

- Je ne suis pas comme notre père. La magie est toujours interdite car tu ne fais rien pour changer la situation ! Chaque jour tu provoques le mal partout autour de toi ! Tu as déjà oublié toutes ces morts dont tu es la responsable ? Tu ne fais que prouver que la magie est mauvaise !

- Tu ne connais pas un quart de vérité ! Tu ne peux pas te permettre de porter un jugement sur la magie !

- En tout cas, je peux porter un jugement sur tes actes, répliqua Arthur d'un ton froid, et...

- Vous êtes vraiment frères et sœurs tous les deux ! s'exclama Merlin.

Il s'attira deux regards tout d'abord éberlués, puis haineux.

- Arthur n'a jamais été mon frère ! cracha Morgane, ni Uther mon père. Mon véritable père est Gorlois !

- Et pourtant tu te dis capable de porter la couronne, répliqua Arthur avec calme, tu es autant la sœur de Morgause que la mienne.

Morgane ne répondit rien, lui jeta un regard noir, et resserra sa prise sur Merlin.

- Nous nous sommes éloignées un peu du sujet principal, je crois, dit-elle avec un sourire étrange, je ne suis pas sûre que tu comprennes à quel point Merlin peut te surprendre. Tu ne sais pas tout de lui, visiblement, alors que lui saurais réciter toutes tes habitudes !

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Il n'a rien à cacher !

Arthur jeta un regard à son jeune valet, qui avait l'air terrifié. Il regardait Morgane avec des yeux suppliants, pleins de larmes. Intrigué, il se força à se concentrer sur sa sœur, qui avait l'air de savourer le moment, comme consciente que la vérité le ferait souffrir.

- Il m'a moi aussi dupée, je dois l'admettre. Qui aurait cru ça ? Lui ?

- Morgane ! s'écria Merlin d'une voix tremblante, comme contenue de sanglots, s'il-te-plaît !

Pour la première fois, elle tourna son regard vers le petit garçon qu'elle tenait fermement. Il tremblait, et semblait à deux doigts d'exploser en sanglots. Il avait peur, à un point qu'il pouvait faire une crise d'angoisse à tout moment. Ses yeux bleus innocents étaient humides, vides de la haine habituelle ressentie envers elle. Bouleversé, elle le fixa pendant quelques secondes, avec un air troublé. Merlin avait des pouvoirs magiques, et comme elle à l'époque, était mort de peur à l'idée de les révéler, surtout à Arthur. Elle savait ce que cela faisait, cette peur constante qu'il découvre sa magie. Elle la connaissait très bien. Et alors qu'il était plus vulnérable qu'adulte, elle savait que même à son âge réel, il ressentait tous les jours la peur d'être séparé d'une personne qu'il aimait à cause de sa magie.

Il était dans le camps de son frère. Et même si il était banni, elle était sûre que sa loyauté ne changerait pas d'un pouce. S'il avait été adulte, peut-être n'aurait-elle eu aucun scrupule à gâcher sa vie, bien que son principal objectif soit de faire souffrir son frère. Mais alors qu'il n'était qu'un enfant, elle ne pouvait se résoudre à lui faire ça. C'était sans doute la dernière fois qu'elle ferait preuve de compassion envers Merlin. Mais à partir de ce moment, peu importe comment la situation serait critique, elle ne le dirait pas à Arthur. En souvenir de ce petit garçon terrifié. Elle voulait changer le Royaume en un Royaume plus juste, qui féliciterait même la magie. Mais malgré ses projets, jamais Merlin ne se joindrait à elle, ça, elle l'avait compris.

- Tu peux partir, déclara-t-elle après un long silence, mais je ne serai pas la prochaine fois aussi clémente.

Arthur du cligner des yeux plusieurs fois avant de balbutier :

- Sans.. sans même nous attaquer ? Tu as fait tout ça pour... me parler ?

- Ce sont mes affaires, dit-elle froidement en lâchant le jeune garçon.

A son grand étonnement, il ne bougea pas, et lui lança un regard reconnaissant qui la surprit. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas reçu un tel regard. Il lui fit signe de se baisser, et lui souffla « Merci » avant de lui plaquer un bisou sur la joue. Le geste était si enfantin, mais surtout si inhabituel, qu'elle resta figée pendant quelque temps, les yeux un peu humides. Puis Merlin courut rejoindre son frère.

Merlin et elle étaient tellement semblables. La seule différence qui les opposait était leur camps. Merlin appartenait au camp d'Arthur. Au camp de la lumière de Camelot. Et elle dans les profondeurs des forêts, au cœur des ténèbres. Peut-être bien était-il sa lumière.

Elle le regarda courir vers Arthur et Gauvain, qui le mirent immédiatement derrière eux. Puis elle incanta une formule :

- Fuibru !

Aussitôt, un brouillard intense se mit en place, aveuglant momentanément les arrivants de Camelot. Quand il se dissipa enfin au bout de quelques minutes, Morgane était partie. Ils regardèrent autour d'eux, méfiants, puis, voyant qu'elle était réellement partie, s'occupèrent de l'enfant derrière eux.

- Tu n'es pas blessé ? s'alarma Arthur, ça va ?

- Aucun bobo ! annonça-t-il en souriant.

Puis, en voyant le regard du blond, il comprit qu'un simple sourire n'allait pas l'aider à s'en sortir. Il essaya de chercher du secours du côté de Gauvain, mais celui-ci avait un regard aussi sombre que son ami. Il déglutit péniblement, voyant les problèmes arriver.

- Qu'est-ce qui t'a pris de t'enfuir comme ça, alors que la nuit tombait ? s'exclama Arthur, tu aurais pu être blessée ou pire ! Tu ne sais pas combien c'est dangereux d'être ici tout seul, sans personne !?

- Mais je vais bien ! protesta-t-il, je n'ai rien !

- Mais tu aurais pu, insista-t-il, et est-ce que tu as pensé ne serait-ce qu'une seconde à ta mère ? Elle doit être morte d'inquiétude !

- Vous.. vous lui avez dit ? demanda-t-il d'une voix blanche.

- Evidemment que nous lui avons dit ! Tu croyais peut-être que ta petite disparition allait passer inaperçue ? T'être enfui de cette manière est très irresponsable ! Quand donc apprendras-tu à être prudent et ne pas chercher les problèmes ?! Combien de fois as-tu pris des décisions idiotes sans même réfléchir et manquer de te faire tuer !?

- Arthur, intervint Gauvain.

Il sembla reprendre quelque peu ses esprits. Il s'était égaré en pensant au nombre de fois où son ami s'était jeté dans la gueule du loup sans réfléchir. Aussi bien contre le Dorocha que contre un dragon, et tout seul !

- Viens. Rentrons à Camelot , déclara-t-il, tu montes avec Gauvain.

Il enfourcha sa monture sans un regard pour le jeune garçon, qui ressentait déjà la culpabilité de s'être échappé comme ça.

Le chevalier lui fit signe de venir, et l'aida à monter sur son propre cheval, avant de venir le rejoindre. Et ils galopèrent jusqu'au château.

Note : Et voilàààààà ! Alors, est-ce que j'ai mérité quelques reviews ? LA question qui me tracasse : La confrontation avec Morgane était-elle à votre goût ? Vous semblait-elle crédible ?

Bref, merci beaucoup d'avoir lu, à bientôt ;)