Note : Et voilààààà je suis de retour finalement ! Désolé pour tout ce retard ! Là encore, vous pouvez me lancer des tomates. Et même des bananes. Et même des abricots. Mais n'oubliez pas que la paix est de mise O:-) Alors la raison de ce retard énorme c'est mes TPE, que je passais. J'ai dû me préparer pour mon oral, et j'étais hyper stressée. Ensuite, mon bac blanc ORAL encore une fois de français arrive, et je suis en pleine révision du coup. Haha, je stress à mort là aussi ! Donc voilà, en gros j'ai eu pas mal de boulot à faire ces derniers temps donc désolé ! J'ai profité des vacances pour boucler ce chapitre qui était en commencement depuis un moment !
Bref, j'espère que vous ne me détestez pas trop !
Réponses :
Zouzou : Merci à toi pour ta review, et voici la suite ;)
lulu: Merci x)
leia 26 : Je ne sais pas si tu es toujours là vu le temps mis à publier, mais merci de ta review :D
Morganemimi : Eh bien, non vous n'avez pas attendu aussi longtemps pour ce chapitre.. vous avez attendu plus longtemps x) ce pour quoi je suis vraiment désolée.. Mais voici enfin le chapitre ! Haha, on dirait que je t'ai inquiété x) merci pour tes encouragements en tout cas^^ Tu es un peu le petit électrochoc pour avoir continué le chapitre même si je l'aurais écrit je pense pendant les vacances^^
CHAPITRE 12 :
Guenièvre avait décidé d'agir.
Depuis des jours, Arthur était d'une humeur de chien, sans doute à cause de la nouvelle qu'elle lui avait annoncé plus tôt.
Hunith restait au château, désireuse d'espérer que Merlin se rétablirait, par un quelconque miracle. Mais le Roi, depuis quelque temps, les évitait elle et son fils. Il reportait sa frustration dans le travail, et sans le vouloir sur elle-même, par l'absence de conversation. Oh, il faisait des efforts en sa présence, mais elle voyait bien que c'était dur. Il lui parlait beaucoup moins que d'habitude, et se contentait de lui lancer machinalement des mots doux de temps à autre.
Et Guenièvre en avait assez. Elle ne voulait pas que Merlin parte. Et elle voyait bien qu'Arthur non plus ne le voulait pas, malgré tous ses efforts pour ne plus le voir et s'habituer dès maintenant à son absence.
D'ailleurs, plusieurs fois Merlin lui avait demandé pourquoi le Roi ne venait plus les visiter lui et sa mère . Ne savant pas trop quoi lui dire à ce propos, elle lui avait assuré qu'il avait beaucoup de travail, mais qu'il reviendrait. Il n'avait pas semblé convaincu, et avait commencé à avoir l'air malheureux. Avec des yeux de chien battu. C'était ces yeux qui avaient achevé Gwen de faire quelque chose.
Arthur agissait comme un imbécile, mais il était bouleversé. Elle ne pouvait pas non plus vraiment lui en vouloir, quand elle surprenait son regard triste alors qu'il observait son repas bien garni, d'ordinaire diminué de moitié.
Un jour donc, elle sortit à son mari qu'elle désirait prendre l'air, et qu'elle irait faire une promenade à cheval. Etonnament, il avait accepté cette excuse. Elle en concluait qu'il devait donc vraiment être malheureux. Mais cela ne durerait pas. Il réaliserait sans doute très vite où elle allait réellement.
Elle prit avec elle une petite statue faite d'argile, représentant un hiboux. Elle n'était pas parfaite, mais elle tenait cet objet de son père, et le considérait cher à son cœur.
Elle prit un cheval, et n'eut aucun mal à se hisser sur celui-ci. Elle était en effet habillée d'une petite armure, d'un pantalon beige et d'une veste en fourrure d'animal. Plus pratique que les robes.
Pendant plusieurs heures, elle galopa sans relâche jusqu'à ce qu'elle trouve sa destination. Elle descendit de son cheval, et s'avança lentement vers le lac. Il semblait paisible, calme.
Pendant un instant, elle écouta simplement le bruit de l'eau. Puis elle tint dans ses mains une dernière fois la petite statue, avant de la lancer dans l'eau, en souhaitant une solution pour le petit problème auquel ils étaient confrontés.
A sa grande surprise, sa statue ne toucha pas l'eau. Une main, au loin, la rattrapa doucement. Elle observa le corps se hisser lentement de l'eau, pour s'approcher d'elle. Ce fut comme un rêve. Ou un cauchemar peut-être... elle ne savait plus quoi penser depuis ce terrible moment.
Lancelot se tenait devant elle, nullement mouillé, vêtu d'une chemise grise, plus foncée qu'à son arrivée à Camelot, et de meilleure qualité.
Avec un sourire un peu gêné, il lui tendit la statue.
- Je sais que... tu y tiens...
Avec hésitation, elle prit délicatement l'objet des mains de Lancelot.
- Pourquoi... pourquoi est-ce toi que je vois ici ? lui demanda-t-elle avec un air d'incompréhension.
- Parce que... je repose dans ce lac. Et... je voulais te voir.
- Mais.. tu n'as pas de pouvoirs magiques ?
- Non, lui répondit-il avec un petit sourire.
Elle ne put empêcher un air déçu de prendre place sur son visage, alors qu'elle aurait dû se sentir soulagé de le savoir.
- Comment vas-tu ? lui demanda-t-elle, gênée.
Elle se réprimanda intérieurement. Il était mort. Pourtant, il lui répondit :
- Bien. Evidemment, ça n'équivaut pas les chevaliers de Camelot mais.. il y a certains avantages à être ici.
Il lui fit un sourire mystérieux. Intriguée, elle sut qu'il ne lui en dirait pas plus, et elle demanda :
- Merlin s'est occupé de toi à ta mort n'est-ce pas ?
Lancelot hocha la tête.
- Cela explique sa réaction. Arthur m'a racontée qu'il avait été bizarre la première fois qu'il était venu. La seconde également mais..
- Il y a encore beaucoup de choses à expliquer quant à ses réactions, lui répondit Lancelot, il a vécu des choses dont tu n'as pas idée.
Guenièvre haussa un sourcil.
- Tu.. sais des choses que je ne sais pas ?
- Oui. Je peux simplement te dire qu'il a subi plusieurs pertes.
Il y eut un silence. Guenièvre ne savait pas quoi dire. La dernière fois qu'elle l'avait vu, cela s'était mal terminé... et ça avait été un coup de folie. Comme s'il avait lu dans ses pensées, il lui dit :
- Ce jour-là...tout ce qui s'est passé était l'oeuvre de Morgane. Cela ne me fait pas sentir beaucoup mieux quant à ce qu'on a fait mais... nous avons été manipulés par Morgane. Elle m'avait ramené des morts. Mais je n'étais plus que l'ombre de moi-même, destiné à lui obéir. Je t'ai remis un bracelet enchanté pour raviver des vieux sentiments... et.. tu connais la suite.
Guenièvre ne put retenir une expression choquée et surprise. Elle venait d'apprendre des choses dont elle n'aurait rien soupçonné et qui auraient peut-être pu l'innocenter à l'époque. Cela lui apporta du soulagement. Elle savait que Lancelot n'était pas ce genre d'homme. Et elle savait qu'elle aimait Arthur.
- A présent je suis en paix. Et je sais que tu es heureuse, ce qui suffit à me satisfaire entièrement. Mais... me pardonneras-tu pour m'être interposé à ton mariage ? lui demanda-t-il.
Guenièvre l'observa, surprise.
- Tu as dis toi-même que nous avions été manipulés ! Ce n'était pas ta faute... il n'y a rien à pardonner. Tu n'as rien fait de mal... au contraire... tu as tout fait pour Camelot.
Elle se mordit la lèvre.
- Pour moi, ajouta-t-elle avec douceur.
Elle ne savait pas combien de fois elle s'en était voulue pour lui avoir demandé de tout faire pour veiller sur Arthur. Lancelot l'avait payé de sa propre vie. Si lorsqu'il avait resurgit elle avait cru qu'il n'était pas mort et avait été un peu soulagée, à présent elle savait que sa véritable mort restait à cause d'elle.
- J'avais pris ma décision. Et puis... je sais qu'Arthur est un homme bien. Camelot avait besoin de son Roi. J'ai fait mon devoir de chevalier. Moi seul ait pris cette décision, tu n'as pas à t'en vouloir, répondit-il avec douceur.
Tripotant la statue, Guenièvre le regarda avec affection.
- Je suis content de t'avoir revu. Sois heureuse avec Arthur. Il est temps pour moi de m'en aller.
- Mais...
- La véritable personne pour qui tu es venue va se montrer, l'interrompit-il doucement, ne t'en fait pas.
Il hésita avant d'ajouter :
- Au revoir Guenièvre.
Les larmes aux yeux, elle sourit.
- Au revoir Lancelot.
Il lui renvoya son sourire, puis s'enfonça lentement dans les profondeurs du lac.
- Il a un cœur pur, n'est-ce pas ? fit une voix juste à côté d'elle .
Guenièvre sursauta. Elle n'avait pas vu ni entendu cette femme arriver. Vêtue d'une robe bleue, elle la regardait calmement.
- Je suis Freya.
- Vous êtes celle qui a parlé à Arthur, constata-t-elle.
- En effet.
- J'ai.. besoin de votre aide.
- Je sais pourquoi vous êtes ici, déclara Freya, mais j'ai bien peur de ne pouvoir vous aider.
- Non ! s'exclama Guenivre, nous avons besoin que Merlin redevienne celui qu'il était auparavant ! Ou sinon Hunith l'emmènera avec elle à Ealdor !
- Je ne suis pas l'investigatrice de tout cela. Seule Amnilla peut défaire ce qu'elle a fait.
- Amnilla ? répéta Guenièvre intriguée.
- L'esprit de la vérité, précisa Freya, elle a lancé ce sort à Merlin, mais est la seule à pouvoir décider quand le lever.
- Y'a-t-il un moyen de la rencontrer ?
- Non, c'est elle qui se manifeste.
Guenièvre prit un air embêté .
- Mais comment peut-elle décider d'apparaître ? Qu'est-ce qu'on doit faire pour qu'elle lève le sort ?
- Rien. Elle apparaîtra quand elle estimera que toute la vérité a été dite.
- Mais quelle vérité ? Merlin n'a aucun secrets !
Freya fit un petit sourire triste, comme si elle avait tort et qu'elle savait quelque chose qu'elle ignorait, ce qui eut le don de l'agacer.
- Quand bien même ce ne sont pas forcément des secrets. Ce sont tout simplement des petits mots, des petits gestes qui révèlent un peu plus la vraie personnalité de Merlin qu'il ne montrerait pas étant adulte, comme ses doutes, ses peurs...
Même si elle répugnait à être d'accord, elle ne pouvait que l'être. Merlin cachait souvent ses sentiments et ne voulait pas qu'ils découvrent ses peurs et incertitudes en faisant son possible pour agir avec sûreté. Mais le petit Merlin, lui, avait déjà montré des aspects vulnérables que le Grand Merlin n'avait pas montré. Elle comprenait donc parfaitement ce que Freya voulait dire.
- Mais s'il part, il ne pourra pas nous montrer ses faiblesses ou ses qualités !
- Je peux peut-être faire quelque chose à propos de ce départ, proposa-t-elle.
-Vraiment ?
- Oui. Laissez-moi faire.
- Vous n'allez pas ensorceler sa mère ou quelque chose comme ça ? s'inquiéta Guenièvre.
- Non, rigola-t-elle doucement, jamais je ne ferais ça. Disons simplement qu'elle sera convaincue de sa propre volonté.
Et elle disparut en s'enfonçant dans l'eau, si vite qu'elle laissa la Grande Reine de Camelot surprise. Puis un mince sourire apparut sur ses lèvres. Les choses s'arrangeraient.
Cette nuit-là, Hunith fit un rêve, dont elle savait n'en était pas vraiment un. Il était réel. Une belle jeune femme l'accueillait devant un magnifique lac avec le sourire, si pur, si doux qu'elle sut qu'elle pouvait lui faire confiance.
- Hunith, la salua-t-elle.
Et elle sut qu'elle ne serait porteuse que de bonnes nouvelles.
Ce fut le soleil qui réveilla Merlin. Il sentit les rayons lui chatouiller le visage, et se leva. Sa mère était dans les appartements de Gaïus, sans doute elle aussi réveillée. Il s'habilla, car même si George se proposait de l'aider pour cela, il savait parfaitement le faire, et envoya un regard hésitant à la porte. Devait-il sortir ? Devait-il rejoindre et aller réveiller Arthur ?
Depuis un moment, il semblait lui faire la tête, et Merlin était inquiet. Il n'avait pas envie de perdre l'amitié d'Arthur, surtout s'il ne savait même pas la raison !
Il sortit de sa chambre, et s'approcha de la porte du couple royal. Il leva une main, dans l'intention de frapper, mais hésita encore. Il ne venait même pas les réveiller si tôt d'habitude ! Mais il avait besoin de savoir. Pourtant, il s'apprêta à descendre sa main et repartir, découragé. Cependant, avant qu'il ne puisse le faire, la porte s'ouvrit d'elle-même, révélant la tête mal réveillée d'Arthur. Il le regarda avec surprise.
- … bonjour, le salua Merlin timidement.
Arthur poussa une sorte de grognement en se passant la main sur le visage.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J'allais.. j'allais.. partir, bredouilla Merlin.
Le blond ne releva pas.
- J'avais cru entendre du bruit, expliqua-t-il néanmoins, bon.. je vais... me préparer.
- Comme si tu pouvais le faire tout seul ! répliqua Merlin, dis plutôt que tu vas aller dormir !
Arthur leva les yeux au ciel et rétorqua :
- Quand bien même qu'est-ce que ça peux te faire ?
- Je veux être avec toi !
Les yeux du Roi s'agrandirent légèrement de surprise, et mal à l'aise, il répondit :
- Eh bien attends encore une heure ou deux pour ça !
- Mais après tu vas dire que tu as des choses à faire ! insista le petit brun.
- Mais non.
- Si !
- Non !
- Si ! dit Merlin un peu plus fort en s'énervant.
Arthur lui lança un regard d'avertissement, et vérifia rapidement que Guenièvre n'était pas réveillée.
- On en reparlera plus tard, d'accord ?
Merlin regarda distraitement les jambes du plus âgé, se demandant s'il pouvait lui filer un coup de pied. Il jugea plus sauf de ne pas le faire, et se contenta d'envoyer son pire regard noir au Roi, puis de s'en aller non sans lui avoir tirer férocement la langue.
Arthur le regarda s'en aller, quelque peu étonné,avant de refermer doucement la porte.
- Maaaaamaaaaaaaan !
La douce voix de Merlin raisonna dans tous les appartements de Gaïus, faisant descendre Hunith de la petite chambre où elle logeait.
- Merlin ! On ne crie pas comme ça aussi tôt ! Tu vas réveiller tout le château ! le rouspéta-t-elle.
L'enfant ne rougit pas et répliqua :
- Quand est-ce qu'on part ?
La question déstabilisa Hunith.
- Pourquoi ?
- Parce que ! Quand on part ?
Hunith s'apprêta à répondre qu'elle avait changé d'avis, quand Merlin poursuivit rageusement :
- Parce que Arthur il est méchant ! Il ne me parle même plus, et il m'ignore ! C'est pas juste !
Elle regarda pendant un instant son fils, qui se tenait les bras croisés, une moue mécontente et attendant visiblement une réponse. Elle ne put empêcher un petit sourire de franchir ses lèvres.
- On ne part plus, répondit-elle, tu peux aller le dire à Arthur. Il sera content.
- Ah mais non ! Moi je veux partir ! Je veux voir Will ! En plus Arthur, eh bas, il s'en fiche de moi !
- Va le voir et dis-lui la nouvelle, lui reconseilla-t-elle.
- Mais je suis déjà allé le voir, et il m'a ignoré !
- Mais cette fois tu as une bonne nouvelle !
- Non, il va pas être content, il veut me voir partir !
- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Bin que depuis que t'as dit qu'on allait partir, il m'ignore, alors c'est qu'il a hâte qu'on parte ! s'exclama-t-il sur un ton d'évidence.
- Tu dois bien être le seul de tout Camelot à penser ce genre de choses, rigola-t-elle doucement.
Merlin prit une mine renfrognée, vexé. Hunith se retint de rire de nouveau, et lui dit :
- Va lui annoncer la bonne nouvelle, tu verras.
Peu enthousiaste à le faire, il obéit néanmoins à sa mère, et fit demi-tour, dans la direction des appartements royaux. Il s'arrêta devant la porte, et hésita à frapper. Il s'apprêtait finalement à le faire lorsqu'il entendit : « Ils veulent partir, qu'ils le fassent ! Je m'en fiche, ils font ce qu'ils veulent !
- Arthur ! Tu es vraiment incorrigible.
- Hunith a raison, c'est mieux que Merlin soit loin d'ici, il sera mieux là où il appartient, dans sa terre natale ! »
Ce fut assez pour Merlin, qui retira son oreille de la porte. Il en avait assez entendu, et courut aussitôt vers les appartements de Gaïus pour annoncer la nouvelle à sa mère... puis il s'arrêta. Elle ne comprendrait pas, et insisterait encore une fois pour qu'il aille le dire à Arthur. Non. Mieux valait partir loin de lui.. il n'allait bien-sûr pas refaire cette stupide erreur de disparaître, mais se contenterait d'éviter le Roi. Celui-ci ne voulait plus le voir ? Parfait ! Son souhait serait facilement exaucé ! Merlin ravala donc ses larmes, et décida de se promener dans le château, en attendant qu'il puisse être sûr de ne pas croiser le blond.
Arthur était de mauvaise humeur. Il s'était réveillé tôt, et avait eu la malchance de tomber sur Merlin, qu'il évitait furieusement depuis un moment. Ce n'était pas contre lui bien-sûr.. mais il fallait qu'il s'habitue à ne plus le voir, et vivre sans lui. Hunith comptait l'emmener à Ealdor, et si les visites étaient possibles, rien ne serait plus comme avant bien-sûr.
Bien qu'il la refoulait furieusement, une certaine tristesse ne cessait de l'accabler. Son serviteur lui manquait. Jamais il n'aurait cru penser ça un jour !
Lorsqu'il fut prêt, il se dirigea vers le terrain d'entraînement. Voir les chevaliers lui feraient certainement du bien. Ou peut-être pas. Il n'était pas sûr de pouvoir supporter les moqueries de Gwaine...
Pourtant quand il arriva, tous les chevaliers avaient un air sombre sur le visage.
- C'est vrai ? lui demanda abruptement Gwaine, que Merlin va partir ?
- Oui, répondit-il d'un ton tranchant.
- Qu.. quoi ?! Et c'est tout ? Il va partir ? Comme ça ? Après tout ce qu'on...
- Et que veux-tu que je fasse ? rétorqua-t-il d'un ton froid, que je l'enlève à sa mère ?
Cela eut le pouvoir de calmer tout de suite le chevalier, qui baissa légèrement la tête et marmonna :
- Non. Non, bien-sûr que non.
Arthur toisa ses chevaliers d'un regard froid, puis demanda :
- Maintenant que tout est clair, nous pouvons commencer l'entraînement ?
Il eut un faible « oui » unanime. Rectification : Les plaisanteries de Gwaine auraient pu passer si elles avaient eu lieu. En revanche la mine abattue de tous ses chevaliers l'énerva davantage.
Deux heures plus tard, Arthur revint de l'entraînement, l'épaule blessée par Perceval, qui avait eu la main lourde avec l'épée . Elle saignait un peu, ce n'était pas trop grave, mais il fallait tout de même qu'il rende une visite à Gaïus. Priant pour que Merlin ne soit pas là, il entra et découvrit le médecin en train de discuter avec son amie de toujours, Hunith.
- Arthur ? fit-il d'un ton surpris, qu'est-ce qui vous arrive ?
Il l'invita d'un geste à s'asseoir pour qu'il puisse examiner son épaule. Il s'exécuta, et se laissa faire. Visiblement, il avait interrompu une discussion.
- Alors ? Êtes-vous heureux de la nouvelle ? lui demanda Hunith avec un sourire.
- De quelle nouvelle ?
La mère de Merlin fronça des sourcils.
- Merlin ne vous a pas dit ?
- Hum.. non. Je ne l'ai pas vu depuis ce matin, au lever du soleil.
Hunith poussa un soupir.
- Alors il ne l'a pas fait.
- Fait quoi ?
- Merlin et moi ne partons plus. Nous restons ici.
- Quoi ?
Il ne put cacher la surprise qui le prit. N'étaient-ils pas censé rentrer, à cause des choses qui ne s'arrangeaient pas ?
- Je suis convaincue que Merlin va bientôt guérir, ce n'est qu'une question de temps.
- Ah oui ? Et s'il s'avérait que vous aviez tort ? Le plus longtemps vous restez ici, le plus dur ce sera de partir.
- Je le sais. C'est pourquoi je ne resterais pas ici si je n'en étais pas convaincue.
Le regard sérieux et sûr d'Hunith lui cloua les lèvres. Elle paraissait sincèrement être sûre que tout s'arrangerait. Il ne savait pas ce qui s'était passé, mais il avait dû louper quelque chose !
- Très bien, déclara-t-il.
Il ne pouvait que répondre ça face à sa déclaration. C'était la vérité. Le ton d'Hunith était tellement sans appel qu'il ne pouvait qu'y croire. Après tout, c'était une mère, et peut-être avait-elle un instinct pour ce genre de choses...
Arthur ressentit peu à peu une immense joie en réalisant ce que cela impliquait. Il y avait toujours une chance de guérir Merlin. Merlin allait rester ici, avec eux. Un sourire s'étira sur ses lèvres, et il dût se retenir de pousser un gémissement de douleur et de surprise lorsque Gaïus malmena brièvement son épaule.
- En revanche, Merlin a l'air de croire qu'il n'est plus le bienvenu ici. Il pense que vous voulez qu'il parte de Camelot.
- Quoi ? Comment ça, c'est ridicule !
- C'est ce qu'il m'a dit ce matin. Il a dit que vous l'évitiez...
Le léger rougissement sur les joues d'Hunith attesta de sa gêne à « accuser » le célèbre Roi Arthur.
- Oh... je vois.
C'était vrai. Il avait évité Merlin pendant plusieurs jours, et ce dernier n'avait eu droit à aucune explication. Il avait été stupide. Et idiot. Et un crétin royal. Comme toujours. Seulement ce Merlin-là était beaucoup plus sensible et susceptible que l'autre.
- J'irai le trouver, promit-il, et je lui parlerai.
Cependant, cette promesse, si sur le coup lui parut la bonne chose à faire en voyant le sourire de Hunith fut motivée, il réalisa bien vite qu'elle ne serait pas facile à tenir. En effet, il avait beau avoir cherché partout, il ne trouvait pas Merlin. Où était-il donc parti ? S'il n'avait pas croisé une servante qui l'avait renseigné sur le petit, il se serait inquiété et aurait cru qu'il aurait fait une nouvelle fugue. Mais il était dans le château.
Ainsi, au bout d'un après-midi passé entièrement à le chercher, et à négliger ses devoirs royaux pour cet idiot, il décida de l'attendre dans sa chambre. Il l'évitait quand il le voulait drôlement bien ! Même adulte, il avait cette « qualité ».
Il s'assit sur son lit, et attendit tant bien que mal. Arthur n'avait pas pour habitude d'être patient. Aussi, ce fut très dur pour lui de ne pas partir au bout de cinq minutes pour continuer d'aller le chercher. Mais ça ne marcherait pas, car le petit savait très bien jouer à cache-cache.
Enfin, au bout de ce qui sembla être une heure, la porte s'ouvrit délicatement, révélant un petit brun qui se figea en l'apercevant. En voyant la lueur de douleur dans son regard, Arthur se demanda ce qui l'avait causé.
- Merlin !
- Pourquoi t'es là ? le questionna-t-il agressivement, c'est ma chambre !
- Et c'est mon château, répliqua-t-il un sourcil levé.
Merlin baissa la tête et, toujours sur le seuil de la porte, resta figé.
- Mais comme tu l'as dit, c'est ta chambre, alors tu peux entrer, fit-il ironiquement remarquer.
Il vit les yeux de Merlin, toujours en train de regarder le sol se voiler légèrement d'une lueur agacée. Il entra et, prenant grand soin d'être éloigné d'Arthur, s'assit sur un fauteuil.
- Pourquoi vous êtes là ? redemanda-t-il.
Surpris du vouvoiement, le blond ne sut quoi répondre. Lorsque le petit cependant tourna son regard vers lui, interrogatif, il répondit :
- Je venais prendre de tes nouvelles. Je ne t'ai pas vu de la journée.
- Je ne voulais pas déranger, répondit-il amèrement.
- Déranger ? Où as-tu eu cette drôle d'idée ? l'interrogea Arhur mal à l'aise.
Cette fois, Merlin le regarda droit dans les yeux.
- Vous l'avez dit vous-même. Ce matin.
- Je n'ai jamais dit une telle chose ! s'exclama-t-il.
- Vous avez dit que ce serait mieux pour maman et moi de partir ! l'accusa-t-il en le pointant du doigt.
Se remémorant la matinée, il se souvint de la discussion qu'il avait eu avec Guenièvre, qui tentait de le convaincre que tout allait s'arranger, et de ses réponses fermées.
- Tu étais là ?
- J'étais derrière la porte !
- Ah. Mais je disais ça pour toi ! Je pensais qu'Ealdor te manquait.
- Oui, marmonna-t-il, mais.. je veux rester.
- Tu peux rester, répondit Arthur, ta mère m'a dit en plus qu'elle était d'accord...
- Mais, toi, tu ne veux pas de moi !
Le ton rempli de trahison et de souffrance du petit toucha Arthur, qui eut envie de le réconforter tout de suite. Problème : il ne savait pas comment.
- Jamais je ne voudrais pas de toi !
Puis il se rendit compte que la double-négation, pour un enfant de l'âge de Merlin, pouvait prêter à confusion. Il s'accroupit, afin d'être à la même hauteur que lui.
- Je veux dire... reprit-il maladroitement, que je veux de toi, évidemment.
Il se rendit cette fois compte de la phrase, plutôt bizarre.
- Enfin.. oh et puis tu sais ce que je veux dire ! Je veux que tu restes à Camelot, et je ne veux pas que tu partes ! Il en est hors de question ! Tu es mon...
Il se retint juste à temps de sortir « serviteur », et compléta par :
- ..ami, et je n'accepterait pas de te perdre.
- Mais.. mais tu m'évitais ! balbutia Merlin, perdu .
Arthur se passa une main sur le visage.
- Je ne voulais pas rendre ça encore plus difficile. Je voulais.. m'habituer à ton absence.
Merlin le regarda fixement, puis répondit :
- Je comprends pas.
Le ton était si enfantin qu'il aurait presque fait rire Arthur de trop de mignonitude.
- Ce n'est pas grave, lâcha-t-il, tout ce que je veux dire, c'est que je suis un idiot, et que j'ai eu tort de t'éviter, c'était hautement stupide et..
- digne d'un crétin royal, compléta Merlin.
Arthur lui sourit et acquiesça :
- C'est ça.
Le petit brun le regardait timidement, n'osant pas s'approcher.
- Alors on sera toujours amis ? Pour toujours ?
- Oui, jura-t-il, pour toujours.
- Et on sera toujours ensemble alors ?
La question encore une fois toucha Arthur plus qu'elle n'était supposée le faire. Néanmoins, tenant à rassurer l'enfant qui se trouvait en face de lui et qui n'avait pas encore le sens de la dure réalité dans laquelle ils vivaient, il répondit :
- Toujours.
Merlin lui fit un sourire éclatant, et se précipita vers lui, dans l'intention visible de lui faire un câlin. Ainsi, il lui sauta au cou, et le déséquilibra à cause de sa position accroupie. Emu par l'émotion, Arthur ne dit rien, et se contenta de serrer le petit corps contre lui. Il n'avait jamais réalisé combien Merlin s'inquiétait de ce genre de choses. Car il comprenait à présent que tout ce qui disait l'enfant, bien que différent de l'adulte, reflétait les pensées de son serviteur. Il réalisait à présent combien il s'inquiétait chaque jours pour lui, et combien il avait peur d'être séparé de lui. Durant toutes les fois où le petit Merlin lui avait posé des questions, et avait eu besoin d'être rassuré, notamment sur sa présence avec lui « pour toujours », il s'était dit que c'était juste l'enfance. Pourtant, le fait qu'il lui redemande ça confirmait ses doutes. Le Grand Merlin devait probablement ressentir ça aussi. La seule différence était qu'il se laissait moins facilement blessé peut-être que le petit Merlin, et encore.. il devait cacher toutes sortes d'émotions derrière son masque. Car oui, visiblement, il ne lui confiait pas tout, et cachait soigneusement ses inquiétudes à son vis-à-vis. Il réalisait maintenant combien il avait besoin de lui. Bien-sûr, même avant l'événement de Merlin-enfant, il savait qu'il tenait à lui, mais il avait ignoré combien. Lui-même aussi d'ailleurs, avait sous-estimé son propre attachement à son serviteur.
Une lueur aveuglante apparut soudain dans la chambre, ce qui contribua à l'inquiéter. Arthur, instinctivement, se releva d'un bond et se plaça devant Merlin, de façon à le protéger. Il sortit son épée, méfiant. Une femme blonde au corps opaque, avec des yeux verts, tel un fantôme en train de les observer.
Arthur Pendragon... je vous salue.
Déstabilisé par son sourire incroyablement doux, il répondit :
- Hum... bonjour ?
.. Avant de se rendre compte qu'elle était potentiellement une ennemie de Camelot.
- Qu'est-ce que vous faites ici ?
Je suis Amnilla, l'esprit de la vérité. Je suis ici pour libérer Merlin.
Le garçon en question observa, nullement effrayé Amnilla.
- Je vous connais ? demanda-t-il.
Elle sourit, puis d'un geste gracieux et souple, endormit Merlin. Par magie. Le sang d'Arthur ne fit qu'un tour.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait ?
Je le libère. Quand il se réveillera, il sera à nouveau lui-même.
Arthur ne dit rien pendant un moment, ne savant pas trop s'il pouvait lui faire confiance. Finalement, il demanda :
- Pourquoi avoir lancé ce... ce sort sur lui en premier lieu ?
Amnilla lui fit un sourire énigmatique, puis commença à se dissiper.
- Non, attendez !
Arthur voulut la retenir, mais elle était déjà partie, ou plutôt elle avait déjà disparu. Poussant un grognement, il se retourna pour voir le petit Merlin, paisiblement endormi, non plus sur le sol, mais sur le lit. Et il n'était toujours pas adulte. Il alla ouvrir la porte, et appela ses gardes avant de leur donner l'ordre d'aller quérir Gaïus, la mère de Merlin et la Reine.
Se sentant légèrement embarrassé de se servir de ses gardes comme intermédiaire, il fut cependant heureux de les voir obéir directement, nullement gênés. D'un autre côté, ils n'avaient rien à faire alors...
Il se retourna pour voir Merlin, toujours allongé sur le lit. Mais quelque chose fit que son cœur s'arrêta pendant quelques secondes au moins. Ce n'était plus la petite taille d'un enfant qu'il avait, mais bel et bien sa taille d'adulte originelle. Ce n'était plus des traits juvéniles qui dominaient son visage, mais des traits matures. Ce n'était plus une petite respiration qu'il avait, mais une respiration lente et profonde.
Il se précipita vers lui, mourant d'envie de le réveiller. Il n'y avait presque plus de doutes possibles. Cette femme lui avait bel et bien rendu sa forme.
La porte s'ouvrit soudain, pour laisser entrer Guenièvre, Hunith, ainsi que Gaïus. Les trois, en constatant le nouvel aspect du brun laissèrent échapper un gémissement de surprise et de soulagement. Le médecin se pressa d'aller l'examiner.
- Comment est-il redevenu lui ? demanda Guenièvre.
- Par.. une femme.. ou.. un fantôme.. je ne sais pas trop. Elle s'appelait Amnilla . C'est elle qui lui a lancé et défait le sort. Sans rien demander .
Hunith rejoignit Gaïus, et caressa les cheveux de son fils.
- Il va bien ?
- Oui, il ne présente aucun signe de traumatisme ou de maladie éventuelle. Il a seulement besoin de se reposer.
Arthur, qui jusqu'ici n'avait pas eu conscience d'avoir retenu sa respiration, souffla bruyamment.
Tout était comme avant.
Note : Et voilàààààààààààà ! Plus qu'un chapitre je pense et ce sera la fin :) alors, qu'avez-vous pensé de celui-ci ? Vous avez aimé ? Ou pas ? Pourquoi ? Je veux tout savoir, comme toujours ;) en échange, Gauvain vous donne un bisou^^ ça vaut le coup non ?
