Le matin suivant, Hermione était de nouveau prête. Assise à son bureau, elle prévoyait la journée fort chargée de son patron tout en buvant un thé. Enfin, à 8h40, Drago Malefoy passait le pas de la porte et la salua.

- Mademoiselle, nous avons une journée chargée.

- Oui.

- Le programme s'il vous plait.

- A 9h réunion avec Monsieur Londubat en salle de conférence principale, commença-t-elle en lui servant un thé.

- Bien.

- 10h10 interview pour la gazette sur votre poste avec Miss Steek dans votre bureau, 11h bilan des finances dans la salle de conférence, 11h30 rapport sur l'incident d'hier dans le bureau des aurors, poursuivit-elle en lui tendant sa tasse fumante.

- Soit.

- À 12h vous avez un déjeuner avec N.M, je ne sais pas qui c'est mais la personne faisait partie des courriers prioritaires.

- C'est ma mère, Narcissa Malefoy, répondit-il en souriant.

- Oh, très bien, vous avez rendrez-vous à la flûte d'or.

- Comme d'habitude.

- 14h interview au bureau avec l'Ecogallion, 14h20 bilan des sondages toujours dans votre bureau avec .

- Cormac ?

- Oui monsieur, un problème ?

Fronçant les sourcils, il répondit négativement de la tête avant de boire une gorgée de thé.

- 15h30 réunion avec le magenmagot, 17h rendez-vous avec Monsieur Zabini, 17h30 réunion du personnel et enfin 19h discours au Park central.

- Comment avez-vous réussi à mettre autant de chose en une journée ?

- Je me suis organisée.

- Bien, vous êtes prête ?

- Prête pour ?

- Vous serez avec moi toute la journée.

Décontenancée, elle hocha lentement la tête avant de récupérer son manteau et de suivre son patron vers les ascenseurs. Elle allait passer toute la journée avec Drago Malefoy, à la moindre gaffe il la virerait, d'autant plus si il découvrait son identité au cours de la journée. C'était tout de même étrange qu'il ne l'ait toujours pas reconnu mais elle se doutait bien que cela ne tarderait pas. Une fois arrivée dans la salle de conférence, la jeune femme montra à son patron le siège qui lui était réservé et lui dit qu'elle l'attendrait devant la salle.

- Mais non, vous allez rester ici.

- Si vous voulez.

- J'aurais de nombreux avis à vous demander.

- À moi ?

- Bien sûr, selon mon prédécesseur vous êtes douée, intelligente et vous avez permis un travail remarquable. J'estime qu'avec de telles qualités, vous avez non seulement votre mot à dire mais aussi un rôle à jouer.

- Et bien merci, monsieur.

Ne sachant plus où se mettre, Hermione esquissa un petit sourire qui n'échappa pas à Monsieur Malefoy. Il avait embelli sa journée et en était satisfait, si avec ça elle ne lui tombait pas dans les bras… Non pas qu'elle n'avait pas ces précieuses qualités mais il était plutôt rare pour un homme d'avouer qu'une femme était aussi indispensable.

- Bonjour Monsieur Malefoy, s'exclama Monsieur Londubat, je suis heureux de vous voir enfin.

Face au visage pâle qu'il affichait, Hermione se dit que Neville devait faire un réel effort pour ne pas s'évanouir.

- Commençons notre conférence.

Au bout de d'une heure, Hermione avait des calepins entiers de notes et s'avança vers son patron.

- Monsieur Malefoy, il est temps de rentrer dans votre bureau.

- Bien, dites à monsieur Londubat que je lui enverrais un rapport. Je suis fière de vous.

- Pardon ?

- La plupart des assistantes que j'ai eu se serrais endormi mais vous vous avez été attentive et pris des notes.

- Et bien, merci monsieur.

- Vous pouvez aller prendre un thé pendant mon interview.

- Merci monsieur.

Alors qu'Hermione en profitait pour envoyer un billet à sa nourrice, Drago était dans son bureau en compagnie d'une charmante journaliste.

- Alors monsieur Malefoy, êtes-vous satisfait de votre nouvelle situation ?

- Et bien oui, mademoiselle.

Rougissante, elle décroisa les jambes et déboutonna le premier bouton de son chemisier.

- Vous qui appartenais à une famille particulièrement riche, l'argent a-t-il été votre motivation ?

- Non mademoiselle, j'ai suffisamment d'argent comme ça. En fait, je suis plus motivé par le…pouvoir, lui susurra-t-il à l'oreille en se rapprochant d'elle.

- Vraiment ? Monsieur…

- Et, glissant sa main sur sa cuisse, vous mademoiselle, qu'aimez-vous ?

- J'aime les hommes de pouvoir.

- Très bien.

- Et vous…

- Je suis un homme de pouvoir.

La faisant se coucher sur le canapé, il s'allongea sur elle en commençant à l'embrasser langoureusement. Glissant ses mains sur sa poitrine, il arracha les boutons et se glissa plus entre ses cuisses.

- Monsieur Malefoy !

- Chut…

Relevant sa jupe jusqu'en haut de ses cuisses, il fit balader ses mains sur son corps avant d'entreprendre de détacher sa ceinture. Alors qu'il parvenait enfin à baisser son pantalon à un niveau convenable, la porte s'ouvrit sur sa jeune assistante.

- Monsieur Malefoy, le bilan….Euh, vous voulez peut-être que je revienne plus tard.

- Mademoiselle !

Se relevant en remettant son pantalon, il croisa son regard et crut percevoir…De la colère ? Pendant ce temps, la journaliste se rhabillait comme elle le pouvait.

- Monsieur Malefoy… osa la jeune femme.

- C'est fini, et que l'article soit correct.

D'un regard glacial, il la toisa et reporta son attention sur Hermione.

- Le bilan des finances ?

- En effet, dans cinq minutes en salle de conférence. Je vais rester finir le rapport de ce matin, ensuite vous devrez aller au bureau de aurors.

- Bien.

Alors qu'il repartait dans les dédales de couloirs, Hermione toisait la journaliste à moitié dénudée.

- Vous ferriez mieux de vous rhabiller et de partir d'ici.

- Et qui êtes-vous ? demanda-t-il d'un ton méprisant.

- Son assistante, la personne qui vous a permis de le rencontrer et croyez-moi que vos supérieurs seront au courant !

- Ah oui ? Mais vous faites cela parce que vous êtes jalouse, n'est ce pas ?

- Pardon mais je suis une professionnelle, je ne couche pas avec mon patron. Maintenant, sortez !

Attrapant son sac, elle sortit telle une furie du bureau alors qu'Hermione reprenait ses esprits. Malefoy n'avait pas changé, tout juste bon à sauter tout ce qui bouge…

Se remettant au travail, elle s'occupa l'esprit à travailler et boucla tous les dossiers. Préparant le reste de la journée, elle alla ensuite apporter le rapport à Neville.

- Bonjour Neville.

- Hermione, tu vas bien ?

- Oui et toi ?

- Oui, j'ai le rapport de ce matin.

- Merci. Malefoy n'est pas trop dur avec toi ?

- Non, il ne sait pas qui je suis.

- Ca j'avais remarqué, il a changé.

- Non, je ne pense pas.

- Comment cela ?

- Oh rien, je l'ai croisé entre les cuisses d'une journaliste.

- Il reste un homme.

- Parce que tu couches souvent avec ce qui arrive dans ton bureau Neville, attention ou bien je vais le dire à Cho.

- Hermione, tu me connais.

- Oh que oui, bon il faut que j'y retourne. Bonne journée.

Se dirigeant vers les ascenseurs, elle croisa plusieurs de ses collègues dont Cormac.

- Hermione…

- Qu'y a-t-il Cormac ?

- Est ce que Malefoy a parlé de moi ?

- Pas vraiment.

- C'est à dire ?

- Je crois qu'il n'a pas gardé un bon souvenir de toi.

Le laissant ainsi, Hermione retourna à son bureau. S'asseyant confortablement, elle repensa à la jeune journaliste et à son patron. Pourquoi s'était-elle sentie aussi mal ? Ses grandes mains blanches et douces sur une autre peau, son regard d'acier aveuglé par le désir, ses mèches blondes éparpillées sur son front. Soudain, elle sentit une larme couler sur sa joue.

- Mademoiselle ?

- Madame, puis-je vous aider ?

Essuyant la larme qui coulait, elle afficha alors son plus beau sourire.

- Je cherche Drago Malefoy.

- Je suis désolée, il est actuellement au bureau des aurors, répondit-elle en regardant sa -je vous aider ?

- Oh non, je voulais juste le voir.

- Un message à laisser ?

- Non, ça va aller.

Regardant alors la jeune femme qui lui faisait face, Hermione la détailla de la tête au pieds. Elle était grande, mince avec une peau assez claire. Ses cheveux noirs étaient attachés en un chignon haut, un maquillage naturel sur un visage fin, elle portait un tailleur en soie ivoire très chic.

- Voulez-vous…Une tasse de thé ?

- Avec plaisir.

- Une préférence ?

- Thé vert, sans calorie.

- Je vois.

Se levant, elle lui proposa un fauteuil et alla préparer le thé. A son tour, la jeune femme la détailla et eu une mince sourire.

- Vous êtes son assistante ?

- En effet.

- Il ne m'a pas encore parlé de vous.

- A vrai dire, nous n'avons pas encore eu le temps de faire connaissance.

- Ah oui ?

- Oui, madame.

- Vous êtes très professionnelle.

- Merci.

- Pleine de connaissances, de culture, de respect…

- Pardon ?

- Et cette chevelure…domptée.

- Pardon ?

- Bonjour Granger.

- Bonjour Parkinson

Lui déposant son thé devant elle, elle s'éloigna pour se remettre à son bureau.

- Tu as bien changé Granger.

- Mais toi aussi.

- Tu es devenue…une femme.

- Excuse-moi, mais je ne savais pas que j'étais un homme.

- Non, je veux dire avant tu étais Granger quoi. Maintenant, tu es une femme.

- Qu'est ce que tu veux ?

- Comment a réagi Dray ?

- Il ne sait rien.

- Pardon ?

- Il ne m'a pas reconnue…

- Mais toi si.

- C'est possible, Malefoy est très reconnaissable quand on le connaît.

- Surtout quand tu le connais.

- Je ne comprends pas.

- Pas à moi, tu crois que je n'avais pas remarqué ton manège en dernière année.

- Je ne vois pas de quoi tu veux parler.

- Tu es mignonne, mais j'ai vu tes regards pour lui. Oui, ces petits regards emplis de désir.

- Cela remonte à des années.

- Je me demande ce qu'il s'est passé.

- Pardon ? Il ne s'est rien passé, strictement rien passé.

- Je connais Drago, il n'a plus jamais été le même après cette année.

- Et bien, pose lui la question. Je suis sure qu'il sera ravi de te répondre.

- Je ne crois pas.

Un petit sourire apparut de nouveau sur son visage et elle se leva.

- Voilà, c'est tout ce que je voulais savoir. Au revoir Granger.

- Comment cela ?

- Quand Blaise m'a raconté comment était la nouvelle assistante de Drago, je t'ai tout de suite reconnue et je voulais juste vérifier si c'était vrai.

- Mais…

- J'ai à faire.

D'une démarche élégante, elle sortit du bureau et bientôt le bruit de ses talons s'éloigna.

Déjeunant avec sa mère, Drago Malefoy était confortablement installé alors que les plats raffinés défilés.

- Alors comment se passe ta journée ?

- J'ai une journée très chargée aujourd'hui.

- C'est cela d'avoir des responsabilités.

- Oui…

- Ton père serait fier de toi.

- J'en doute.

- Ne sois pas aussi sévère envers toi-même. Tu travailles dur, je le vois.

- Merci mère.

- As-tu rencontrer une jeune fille ?

- Des tas, lui répondit-il un petit sourire en coin.

- Non, je veux dire une bonne jeune fille.

- Je ne sais pas vraiment.

- Elle est jolie ?

- Très, mais je ne veux pas retomber dans une histoire dévastatrice.

- Et je ne te le souhaite pas non plus.

Plongeant son regard dans celui de son fils, elle se remémora les événements passés qui avaient failli le perdre.

- Tu sais ce qu'elle est devenue ?

- Non.

- Vraiment pas ?

- Elle a comme disparu et après son hospitalisation mystérieuse, on a plus entendu parler d'elle.

- Une héroïne de guerre qui disparaît, ce n'est pas commun.

- En effet, mais je doute que la revoir serait très bon pour moi.

- Cela est certain.

Continuant le repas, ils parlèrent ensemble jusqu'à ce que Drago doive repartir travailler. L'interview se passa cette fois-ci sans problème et il n'eut aucun mal à parler de la situation actuelle du pays et du monde magique. Le bilan des sondages se passa sans embûches malgré son dégoût pour le jeune Cormac Mclaggens. Il ne l'avait jamais apprécié et il lui fit clairement sentir au cours de leur entretien.

A 15h15, il croisa son assistante au détour d'un couloir.

- Mademoiselle.

- Monsieur ?

- Puis-je savoir où vous étiez ?

- Je terminais les rapports que vous m'aviez demandés.

- Bien, avez-vous ceux du magenmagot ?

- Oui, ils sont sur votre bureau.

- Très bien, vous me rejoindrez au parc à 19h.

- D'accord, monsieur.

Poursuivant son chemin, elle alla vaquer à ses occupations jusqu'à finalement terminer tout son travail de la journée. Il n'était que 18h, et elle se dit alors q'elle pourrait aisément sortir et aller au parc directement après un petit tour au salon de thé.

Se dirigeant vers son salon de thé préféré en face du ministère, elle réfléchit alors à la façon d'annoncer à Malefoy qui elle était vraiment. Buvant son thé tranquillement, elle réunit ensuite quelques notes et se dirigea vers le parc où devait avoir lui le discours.

Comme toujours Malefoy fut charismatique et d'une classe incroyable. Comment parvenait-il à faire cela ? Son ton à la fois dur et ferme mais tout aussi charmeur. Il est clair qu'il savait parlé, et manipulé…

A sa descente de l'estrade, il fut grandement applaudi et salua la foule. Puis il se dirigea vers Hermione et l'écarta.

- Je pense que nous avons fini notre journée.

- Je pense aussi.

- Vous habitez loin d'ici ?

- A dix minutes à pied.

- Je vais vous raccompagner alors.

- Oh, ce n'est pas la peine monsieur.

- J'insiste.

- Bien.

Marchant cote à cote, ils prirent alors une petite ruelle et furent surpris par le froid environnant.

- Nous sommes arrivés, finit-elle par dire au bout de la ruelle.

- Bien, nous nous voyons demain alors.

- En effet.

Se rapprochant, il lui fit alors un sourire charmeur.

- Vous ne voulez pas prendre un café ?

- Je crains que cela ne soit pas possible.

Levant un sourcil interrogateur, il se rapprocha encore plus et elle se retrouva contre les pierres froides du mur se trouvant derrière elle.

- Vous n'avez pas semblé apprécier ce que…

- Non, coupa-t-elle, cela n'était pas du tout professionnel.

- Et cela est tout ? J'ai cru voir plus de colère que d'indignation.

- Vous ne comprenez pas.

- Bien au contraire, je sais ce que vous voulez.

Se collant contre elle, il passa une main derrière sa nuque et posa délicatement ses lèvres contres les siennes. Caressant la peau fine qu'il avait sous les doigts, il approfondit le baiser en mordillant sa lèvre inférieure, puis en glissant sa langue avec la sienne. Soudain, les pensées d'Hermione se bousculèrent, les souvenirs revinrent et elle se sentit comme cette jeune fille innocente de 18 ans qu'elle avait été.

- Malefoy, non ! lui dit-elle fermement en le repoussant.

- Malefoy ?

- Oui, Malefoy. Comment peux-tu faire cela ?

- Je ne compr…

Soudain la lumière se fit dans son esprit, ce visage fin, ces yeux noisette, cette bouche pulpeuse.

- Granger murmura-t-il, comme si cela le détruisait de prononcer ce nom.

- …

- Comment ? Pourquoi ?

- Tu ne m'as juste pas reconnue.

- C'est impossible. Ca ne peut pas être toi, je suis en plein cauchemar !

- Non…

Lui lançant un dernier regard, elle ouvrit la porte de son immeuble et gravit les escaliers jusqu'à la porte de son appartement. Les larmes coulèrent alors librement jusqu'à devenir un flot incessant. Alors que la nourrice partait, elle sécha ses larmes et alla prendre son fils dans ses bras. Elle le serra contre elle aussi fort qu'elle le pouvait, et se mit à caresser machinalement les mèches blondes sur son front.

- Je t'aime.

- Moi aussi maman. Tu pleures ?

- Non, je suis juste un peu fatiguée. Tu as mangé ?

- Oui.

- Alors allons se coucher.

Se couchant avec lui dans le petit lit, elle le borda et le serra contre elle jusqu'à ce qu'ils s'endorment paisiblement tous deux.