Je t'avais toujours observé Kou.

Du haut du ciel, de ce que tu peux appeler le paradis, de là où vont les âmes, je te regardais grandir jour après jour, mois après mois, année après année, rencontre après rencontre. Je t'ai vu sous tes plus mauvais jour ainsi que sous les plus beaux. Je t'observais tout simplement évoluer.

Et te voilà maintenant.

Tu as beau avoir eu peur de ton passé, mais te voilà maintenant, affrontant les réminiscences d'un passé lourd, douloureux, poignant et même tragique.

Tu pardonnes à la vie.

Tu te pardonnes.

Tu te remets à t'attacher aux choses, aux autres.

Tu te fais de nouveaux vrais amis.

Tu reprends goût à la vie.

Tu aimes à nouveau.

Tu avances peu à peu.

Alors, petit à petit, tu deviens l'homme auquel j'ai toujours vu en toi. Tu deviens l'homme que j'aurai aimé voir et connaître.

Et, en même temps, j'aperçois en toi le côté adorable et enfantin que tu avais lorsque tu souris.

Ça m'avait manqué de te voir épanoui.

.

.

.

D'ailleurs... tu me manques toujours, Kou.

Et je regrette tellement de plus être là.

Je suis même désolée d'être partie si tôt.

Mais, je ne t'ai jamais quittée, pas une journée, pas une seconde.

J'ai toujours, toujours, répondu à tes prières, à tes confessions, à tes peines.

J'ai tellement pleuré lorsque je répondais à tes larmes. J'ai tellement souffert lorsque je te voyais perdu et solitaire. J'étais si impuissante devant ta douleur. Combien de fois avais-je voulu te dire que j'étais là ? Combien de fois avais-je voulu m'excuser, auprès de toi, de ne pas être là ? Combien de fois avais-je voulu te répéter que tu n'y étais pour rien ? Combien de fois avais-je voulu te serrer dans mes bras ? Combien de fois avais-je voulu essuyer tes larmes ?

Connais-tu à quel point j'avais envie de te dire que je t'aimais toujours ? Que malgré tout je serai là ? Que je serais à moins d'un mètre de toi ? Qu'importe ce qu'il arrive je veillerai sur toi et te supporterai ?

J'avais tellement de regrets et de peines. J'aurai du te le dire bien avant :« Tu n'y es strictement pour rien... Kou... j'ai toujours été heureuse de t'avoir »

Cependant maintenant, c'est différent.

Tu as de nouveau quelqu'un avec toi. Quelqu'un qui je sais t'accompagneras toute ta vie, qui te soutiendra, qui te protégera, qui te répondra, qui t'aimera autant que moi.

Ah... cette fille. Elle est comme un ange tombé du ciel n'est-ce pas, Kou ?

Je ne la remercierais jamais autant. Elle t'a tant donnée. C'est grâce à elle que la vie t'as de nouveau souris. Elle est bien plus qu'une roue de secours ou qu'une béquille, elle bien loin de ses choses inanimées.

Tu peux enlever ton masque avec elle. Tu peux pleurer pour elle. Tu peux te battre pour elle. Tu peux exprimer tous ces sentiments que tu gardais en toi. Tu peux ressentir bien plus qu'avant. Tu peux enfin te dire que c'est le passé.

Elle te protège ? Elle te soutient ? Elle t'a sauvée ?

Oui, oui, et oui.

Mais elle fait même mieux que ça. Elle t'aime, toi tout entier. Le toi avec ses qualités et ses défauts.

Et tu l'aimes en retour, Kou.

Je le sais bien. Ces petits signes, tu me les montres de plus en plus fréquemment. Ton sourire, ton rire, tes rougissements, tes yeux étincelants, ton visage illuminé, ton regard timide et adorable... tout ça je le connais.

Après tout, je suis ta mère.

Je t'ai mise au monde, je t'ai élevée, je t'ai câlinée, je t'ai donnée tout mon affection.

Et cette fille continue ce que je n'ai pas pu faire, et panse tes blessures.

Vraiment, je suis heureuse pour toi. Pour vous. En y réfléchissant, on pourrait peut-être dire que je vous donne mon consentement. Ah ah !

Enfin, c'est juste que je sens que je peux te laisser entre les mains de cette fille... Celle qui a su réchauffer ce cœur peiné, glacé, presque insaisissable, habité par la crainte de perdre de nouveau quelque chose. Celle qui t'as, malgré tout, rattaché au monde vivant. Celle qui a réussi à allèger ton poids.

Futaba.

Cette fille, tu dois prendre soin d'elle Kou.