Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, Hermione n'arrivait pas à croire ce qui s'était passer la veille. Comment cela avait pu-t-il arriver ? Elle était si sérieuse et professionnelle, elle l'avait pourtant embrassé. Mais le plus dérangeant était qu'elle n'avait pas embrasser son patron, non elle avait embrassé Malefoy. Le rappel de ce souvenir lui provoqua une douleur aiguë dans la poitrine. Se levant doucement, elle alla prendre une douche puis, toujours en peignoir, alla prendre un petit-déjeuner léger. En effet, elle se sentait toute nauséeuse mais était-ce du à la souffrance qui avait envahi son être ou à la pensée que dans quelques heures, elle le reverrait ? Se faisant un chignon rapidement, elle se maquilla puis enfila un tailleur noir. Une fois ses escarpins mis, elle alla embrasser son fils tendrement tout en faisant attention à ne pas le réveiller. Lorsque des coups furent donnés à la porte, elle se hâta d'aller ouvrir.
- Bonjour Madame.
- Bonjour Anne.
- Le petit dort encore ?
- Oui, j'ai fait attention à cela. Vous voulez un café ?
- Avec plaisir.
Anne était sa baby-sitter, elle travaillait pour elle depuis maintenant trois ans et était des plus adorable avec son « petit ange » comme elle aimait l'appeler.
- Alors il y a de l'agitation ce matin au ministère.
- Comment cela ? demanda Hermione en lui servant une tasse de café.
- C'est dans tous les journaux, le premier ministre annonce un remaniement de toutes les équipes.
- Voilà qui va m'occuper toute la journée…
- J'imagine, rentrez quand vous voulez, cela ne me dérange pas.
- Merci. Bon il faut que j'y aille, bonne journée.
- A vous aussi eut-elle à peine le temps de prononcer que déjà Hermione claquait la porte.
Anne ne s'était pas trompée. Lorsque Hermione arriva au ministère, des employés couraient partout à la hâte, bloquant les ascenseurs, se bousculant et surtout renversant quantités de papiers un peu partout. Et bien, cela promet pensa-t-elle avec humeur. Une fois à son bureau, elle prépara le thé, en déposa une tasse sur le bureau de son patron et alla trier les dossiers. Établissant le programme de la journée, elle vit qu'il était bien moins chargé que la veille.
- Hey Hermione.
Relevant la tête, elle croisa le regard de Neville.
- Bonjour Neville, excuse moi mais j'ai beaucoup à faire aujourd'hui.
- Tu m'étonnes…
- Qu'est ce qui se passe exactement ? Je n'ai pas tout compris.
- Juste quelques personnes licenciées, un ou deux bureaux qui déménagent et c'est la panique générale.
- Je vois.
- Et Monsieur Malefoy, il est la ?
Sentant une boule au fond de son ventre, elle déglutit avec difficulté avec d'hocher la tête négativement.
- Bon, je reviendrais un peu plus tard alors.
- Très bien.
- Mais, tu vas bien ? Tu sembles assez pâle.
- Tout va très bien, j'ai juste beaucoup de choses à faire.
- Très bien, bonne journée.
- Bonne journée, marmonna-t-elle en retour.
Au bout d'une demi-heure, Hermione avait tout classé et était fin prête. Alignant les papiers selon les priorités, elle releva les informations à transmettre à son supérieur avant de les ranger.
Soudain, la porte s'ouvrit et Malefoy entra.
- Quel bordel, l'entendit-il cracher.
Baissant la tête, elle se plongea dans son travail jusqu'à ce qu'elle l'entendît l'appeler. Marchant calmement, elle alla jusque devant son bureau et attendit.
- Vous allez devoir faire des heures supplémentaires.
- Bien.
- Vous allez rester ici jusqu'à ce que toute la situation soit réglée, ajouta-t-il avec un sourire mauvais.
- Soit.
- Et vous allez me faire la joie de remettre de l'ordre dans tous les dossiers.
- Tous les dossiers ?
- Oui, tous.
Avalant avec difficulté, elle hocha la tête.
- Vous avez planifié ma journée bien sur.
- En effet.
- Apportez-moi cela.
Obéissant, elle alla chercher l'agenda en cuir et lui donna. Attrapant une plume, il barra d'un large trait la page.
- Ce n'est pas du bon travail ! Cette journée ne rimerai à rien.
Ne sachant quoi répondre, elle détourna les yeux.
- Vous ne savez pas faire votre travail, tachez d'apprendre !
- Je…
- Assez ! Maintenant, laissez-moi et allez faire la secrétaire, lui lança-t-il avec un ton dédaigneux.
Retournant à sa place, elle sentit ses yeux brûler mais ravala bien vite ses larmes. Elle avait tant de choses à faire avant la fin de la journée.
Alors qu'elle travaillait avec acharnement depuis deux heures, la porte s'ouvrit et Monsieur Malefoy sortit de son bureau.
- Et puis, vous ne pourriez pas arriver plus tôt !? demanda-t-il avec hargne.
- Très bien.
- Je dirais que je vous veux ici de 6h30 à 23h désormais.
- Pardon ?
- Nous sommes en crise, va falloir s'y faire.
- Bien, répondit-elle en tremblant.
Ses pensées se tournèrent alors vers le petit homme endormi…Elle ne le verrai quasiment plus.
Voyant le regard noir que Malefoy lui lançait, elle baissa les yeux vers les feuilles qu'elle était en train de trier.
- Et cela, demanda-t-il en désignant le dossier qu'elle étudiait, vous estimez que c'est du bon travail ?!
- Et bien..
- Je n'attends pas de réponse, c'est atrocement mauvais cracha-t-il.
Sentant les larmes arriver, elle ferma les yeux et respira calmement.
- Maintenant occupez-vous des rendez-vous !
Hochant la tête, elle récupéra les lettres et établit une liste puis trouva un horaire pour chacun. Lorsqu'elle releva la tête, elle vit qu'il était déjà 14h10. Lançant un regard vers la porte, elle se dit que si elle osait se lever pour aller chercher à manger, elle serait virer sur le champ.
Lorsqu'à 17h30, elle vit une jolie bonde arriver dans son bureau elle se demanda quel rendez-vous cela devait bien être.
- Madame ?
- Je viens voir Monsieur Malefoy, à sa demande précisa-t-elle avec un sourire.
- Bien, puis-je avoir votre nom ?
- Mademoiselle Pottking.
Puis cette dernière ouvrit la porte et pénétra dans le bureau. Hermione, quant à elle, resta interdite. Elle avait déjà entendu ce nom quelque part mais elle ne savait plus où. Se préparant un thé, elle chercha encore activement quand la mémoire lui revint. Bien sûr, c'était une jeune journaliste qui travaillait pour le ministère, elle avait écrit un brillant article sur la discirmation encore ancrée dans la société. Se demandant pourquoi Malefoy, qui prônait toutes aversions envers les êtres inférieurs, l'avait fait venir elle se remit alors au travail.
A 19h, la jeune femme n'était toujours pas ressortie. Mais qu'est ce qu'elle peut bien lui faire ? se demanda Hermione en attrapant entre ses dents sa plume. Soudain ce geste évocateur la fit rougir, serait-il possible que… Non, il n'oserait pas. Quoique. Sa réponse vint à elle quelques minutes plus tard lorsqu'elle entendit des gémissements de l'autre côté de la porte. Une douleur la traversa au moment même où elle comprit ce qui se passait. Fermant les yeux, elle essaya de faire abstraction mais la blonde semblait vouloir avertir tout l'étage. Se plongeant dans son travail, elle ne releva la tête que lorsqu'elle vit la journaliste repartir, complètement débraillée.
- Alors mademoiselle, vous avez fini ce que je vous avais demandé ou bien avez-vous besoin d'aide ?
Avant qu'elle ait pu répondre, il se plaça derrière elle et s'abaissa jusqu'à sa nuque. Humant discrètement son parfum, il ferma les yeux d'extase avant de reprendre un air glacial.
- Je vois que non. Vous ne méritez pas votre poste.
Avalant avec difficulté, elle se retourna jusqu'à croiser ses prunelles de glace.
- Je crois que le problème vient de votre côté.
- Pardon ?
- Jusqu'à hier, je faisais un travail excellent et cela n'a pas changé.
- Vous oseriez me contredire.
- Oui, répondit-elle faiblement.
- Vous êtes simplement troublée par ce qui s'est passé alors, n'y accordé aucune importance.
- Je vous demande pardon ?
- Ce…baiser ne signifiait rien, vous le savez, n'est ce pas ?
Ne sachant quoi répondre, elle garda le silence mais la rage montait en elle petit à petit.
- Soyons sérieux, cette mademoiselle Pottking a su retenir mon attention.
Prenant son air favori, son air méprisant, il repartit vers son bureau mais Hermione s'était levée et se mit en travers de son passage. S'appuyant contre la porte, elle le fusilla du regard.
- Et est-ce parce que je ne porte plus mon écusson gryffondor ou bien ma petite jupe d'écolière ?
Observant sa réaction, elle su qu'elle avait heurté quelque chose et lui et continua.
- Vous ne vous souvenez plus ? Cette jolie petite jupe que vous aimiez tant…
- Je ne vois pas.
- Portant l'uniforme en soit vous provoquait…des émotions ? demanda-t-elle avec son air narquois qu'elle lui avait savamment emprunté.
- Vous divaguez.
- Je ne crois pas, j'ai bonne mémoire. Après tout, Miss-je-sais-tout sait tout.
- Alors tu accordes de l'importance à ca !
Surprise par ce changement de temps, elle constata que la relation patron employé n'était plus.
- Tu as su aimé ça Malefoy.
- Ce n'était rien.
- Une erreur ? demanda-t-elle faiblement.
- Exactement.
Une larme, unique, solitaire, glissa le long de sa joue alors qu'elle avançait vers son bureau. Récupérant son manteau, elle l'enfila lentement avant de partir sans un regard vers cet homme qui l'avait tant blessé et qui venait de la briser à nouveau.
Drago était toujours la, immobile, concentré sur cette image de jeune femme détruite en quelques mots. Une erreur… Il n'en avait jamais fait et pourtant Granger avait bien failli avoir raison de lui, il y a bien des années.
Une semaine passa ainsi entre coup bas, mesquineries et piques en tous genres. Hermione ne voyait plus son fils, travaillait dur et se sentait de plus en plus faible. Cet homme continuait à la tuer, tant d'années plus tard. C'est ainsi que le vendredi soir, elle craqua. Malefoy était partit depuis quarante minutes quand elle tomba en pleures en plein milieu de son bureau, sa tasse brisée à ses genoux. Tout ce mal, toute cette souffrance déchirèrent sa poitrine et elle ne put s'empêcher de pleurer à chaudes larmes. Essoufflée, elle ne parvenait plus à respirer tant cela lui était douloureux. Recroquevillée sur le sol, elle se laissa aller jusqu'à sentir ses joues entièrement mouillées, preuves de ses sanglots incontrôlés.
C'est ainsi que Pansy Parkinson la trouva lorsqu'elle vint en quête de trouver Drago. En apercevant le petit corps recroquevillé, elle ne put retenir un petit cri.
- Granger ?
Pour toute réponse, elle entendit quelques reniflements. Prenant soin de refermer la porte pour que personne ne puisse rentrer, elle déposa son sac sur un des fauteuils.
- Granger, qu'est ce qui t'arrive ?
- Rien, répondit-elle faiblement.
Elle tenta de se redresser mais la douleur vint lui rappeler dans quelle condition elle était. S'accroupissant près d'elle, Pansy chercha son regard jusqu'à lui attraper le menton pour la forcer à la regarder.
- Qu'est ce qu'il se passe ?
- C'est Malefoy.
- Il t'a touché ? demanda-t-elle sérieusement avec un ton grave.
- Non.
- Alors c'est pire que ce que je croyais.
Enlevant ses escarpins hors de prix, elle les posa près de son sac avant de revenir près de la jeune femme et de lui enlever les siens.
- Qu'est ce que tu fais ? demanada-t-elle en ravalant ses sanglots.
- Cela sera plus facile pour te relever.
- Pourquoi est-ce que tu fais cela ?
- Soyons honnêtes, je veux savoir ce qui s'est passé il y a six ans et puis, on va dire que je n'approuve pas son comportement.
L'attrapant par les épaules, Pansy la releva et veilla à ce qu'elle ne retombe pas en la callant contre le bureau.
- Tu ne bouges pas.
Obéissant, elle regarda la jeune femme remettre ses chaussures puis plonger la main dans son sac pour en sortir une petite paires de ballerines noires.
- Enfiles ça, lui dit-elle en lui tendant.
Suivant toujours ses instructions, elle les chaussa avant de regarder la pendule : 20h49.
- Il est tard, murmura-t-elle.
- Pourquoi, y a quelqu'un qui t'attend à la maison ? demanda-t-elle en rigolant doucement.
- Oui.
Lui lançant un coup d'œil interrogateur, elle attrapa la deuxième paires d'escarpins.
- Weasley ?
- Pardon ?
- Dans mon souvenir, vous étiez bien parti pour être ensemble, non ?
La regardant comme si elle venait d'une autre époque, Hermione laissa errer son regard jusqu'à la photo du trio qu'elle avait mis sur son bureau.
- Granger ?
- Hum.
- Ronald et toi ça n'a pas marché ?
- Mais où étais-tu après la guerre ? demanda-t-elle avec surprise et méfiance.
- En Irlande, chez de la famille. Pourquoi ?
- Ronald est mort, il y a cinq ans.
- Je…Je ne savais pas.
- À vrai dire, peu de gens sont au courant. Ils ne voulaient pas briser « l'enthousiasme général ».
- Quel enthousiasme pour Potter et toi…
- Et sa famille, ils furent dévastés.
- Mais, il a été tué ?
- Non, il a succombé des mois plus tard à ses blessures.
- Et bien, j'en suis désolée.
Rouvrant les yeux, Hermione se rendit compte qu'elles étaient dans le grand hall. Elle ne savait pas comment elle était arrivée ici, elle avait vraiment besoin de sommeil.
- Tu peux me laisser ici, je retrouverais mon chemin.
- Mais oui c'est cela.
- Tu n'as rien d'autre à faire ? demanda-t-elle sans méchanceté.
- Non, je dois aller boire un verre avec Blaise dans trois quarts d'heure, j'ai le temps.
- Vous êtes restés unis.
- En quelque sorte.
- Et toi, tu vois toujours Potter ?
- Oui, avec Ginny.
- Intéressant…Blaise me doit dix gallions, annonça-t-elle avec un air enthousiaste.
Laissant échapper un rire faible, Hermione releva la tête. Elles étaient à présent dans sa rue.
- Comment sais-tu où j'habite ?
- Je ne sais pas où tu habites, c'est toi qui fais le chemin pas moi.
Oubliant peu à peu cette craquelure en elle, elle chassa l'image du beau blond de son esprit pour un moment.
- Nous sommes arrivées, dit-elle en sortant ses clés.
- Bien.
- Veux-tu tes chaussures ?
- Non, viens me voir demain à cette adresse plutôt en lui tendant malicieusement une carte.
L'attrapant faiblement, elle ouvrit ensuite la porte pour gravir avec difficulté les escaliers.
- Je suis rentrée, fit-elle en ouvrant la seconde porte.
La baby-sitter lui sourit, la salua puis Hermione alla prendre son dîner dans le salon. Une fois qu'elle ait eu tout mangé, lavé et rangé, elle se dirigea vers la chambre du fond. Son petit garçon dormait profondément, son ange, sa vie, son erreur… Chassant cette idée en secouant la tête, elle se coucha près de lui et l'entoura de ses bras protecteurs.
Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin ,elle constata avec bonheur que c'était samedi. Pas de boulot pas de tyran pas aujourd'hui pensa-t-elle avec bonheur. Se redressant, elle embrassa son petit garçon avant de partir dans la salle de bain. Une fois la douche passée, elle alla dans la cuisine préparer leur petit-déjeuner quand elle entendit des petits pas.
- Maman ?
- Bonjour petit homme.
- J'ai faim.
- Ca arrive, va sur le canapé je t'apporte tes céréales.
- Merci maman.
Mangeant tous les deux en regardant la ville s'éveiller par la baie vitrée, elle finit par récuperer leus bols et les laver pendant que le petit allait dans sa chambre. Lui faisait prendre une petite douche, elle l'habilla ensuite avant de le prendre dans ses bras.
- Je t'aime mon petit cœur.
- Je t'aime maman.
- Je vais travailler dans le salon, tu viens avec tes jouets ?
- Oui, répondit-il en souriant.
Voyant ses prunelles grises s'illuminer, elle eut un pincement au cœur puis passa sa main dans les petites mèches. Il avait les mêmes cheveux qu'elle, mais plus fin. Comme lui.
Après quelques heures de travail, elle remarqua qu'il la regardait attentivement.
- Qu'y a-t-il mon ange ?
- On a toqué à la porte.
Fronçant les sourcils, elle se leva pour finalement aller ouvrir la porte.
- Et bien Mione tu en mets du temps ! s'exclama Harry.
- Harry ! Ginny ! J'avais oublié que vous deviez passer.
Les faisant entrer, elle alla alors préparer du café alors que le couple allait embrasser leur neveu et filleul.
- Tu travailles encore ? s'exclama Ginny en regardant la pile de papiers
- Malefoy veut me tuer à la tâche, j'y peux rien.
- Change de boulot…
- Non, j'aime bien ce que je fais.
- Alors change au moins de service.
- Il ne voudra jamais, il aime trop me torturer. Au fait hier, j'ai vu Pansy Parkinson.
- Je ne savais pas qu'elle était restée à Londres, intervint Harry tout en jouant avec le petit garçon.
- Et bien il semblerait que si.
- Qu'est ce qu'elle te voulait ?
- Juste voir Malefoy. Mon ange, ne tire pas les cheveux de tonton Harry.
Rigolant allégrement, le petit garçon se retrouva perché un peu plus haut et avait mis ses mains sur ses yeux.
- Comment vas-tu faire ? chuchota Ginny.
- Comment cela ?
- J'ai croisé Anne cette semaine, elle m'a dit que tu partais de plus en plus tôt et rentrais de plus en plus tard.
- Ca va, je gère.
- Ce n'est pas pour toi que je m'inquiète mais pour Ethan, répondit-elle en désignant le petit garçon du menton.
- Il me voit…Le week-end.
- C'est bien ce que je pensais. Tu sais Harry et moi, on peut le garder cela nous ne dérange pas.
- C'est gentil à voulez bien le garder cet après-midi ?
- Pas de problème, j'ai une commande à terminer mais Harry ne travaille pas.
Ginny avait ouvert, il y a deux ans, une petite boutique de couture et adorait ce qu'elle faisait.
- Merci.
- Qu'est ce que tu vas faire ?
- Des courses, je n'ai pas eu le temps de remplir les placards cette semaine et Ethan a besoin de vêtements. Il grandit si vite !
- Il est trop mignon.
- En tout cas c'est gentil de votre part, je file. Faites comme chez vous.
- Pas de problème, à tout à l'heure Mione.
Pendant ce temps, au Manoir Malefoy, Drago était avec ses amis.
- Alors toujours aussi satisfait de ton poste ? demanda Blaise en buvant sa tasse de thé.
- Cela peut aller.
- Et sinon à part de taper des journalistes, tu fais quelque chose de précis ? demanda alors distraitement Pansy.
Les deux garçons avalèrent de travers avant de tourner les yeux vers elle.
- Pardon ?
- Ne fais pas l'enfant Drago.
- Mais je…
- Tut tut… Je sais très bien que c'est vrai.
- Mais comment… ?
- J'ai entendu des filles parler.
- Sérieux Dray ? Tu gères !
Devant l'air soudain mécontent de Pansy, Blaise perdit son sourire et se plongea dans la contemplation de sa tasse vide.
- Ce ne sont que des filles, comme ça.
- Je le sais bien Drago mais évite de sauter tout ce qui bouge s'il te plait.
- Et ton assistante alors ? demanda soudain Blaise pour changer de sujet.
Regard mauvais de la part de Drago, mauvaise pioche.
- Ah oui, ma secrétaire…
- Faut savoir c'est ton assistante ou ta secrétaire ?
- Les deux.
- Et tu la traites bien ? demanda Pansy.
- Tu demandes si je couche avec ?
- Non, je sais bien que tu ne couches pas avec Granger.
Toussant tous deux, ils regardèrent de nouveau la jeune femme.
- C'est Granger ? s'exclama Blaise.
- Comment est-ce que tu sais ça toi ? s'énerva Drago.
- Oui, Blaise tu as toujours un balai de retard. Et bien un jour je suis passée et je l'ai reconnu c'est tout. Il faudrait vraiment être aveugle, ajouta-t-elle mesquine.
- Tout s'explique, éluda Blaise, c'est pour ça qu'elle m'a rembarré à la Granger.
Ne pouvant s'en empêcher, ils partirent tous dans un fou rire.
- Blaise tu es incorrigible.
- Mais c'est pour cela que tu m'aimes Pansy.
- Bon revenons-en au fait, Drago, ton assistante ?
- Ca va, elle travaille correctement.
- Et tu es agréable avec elle.
- Si on veut.
- Mais bien sur, prends moi pour une gryffondor pendant que tu y es.
Se levant du canapé où elle se trouvait alors vers la fenêtre et jeta un coup d'œil dans les jardins.
- Pansy ?
- Drago ?
- Qu'est ce que tu essayes de nous dire ?
- Tu lui fais du mal, et je ne suis pas fière de toi.
- C'est Granger après tout l'interrompit Blaise.
- Drago ?
- Oui ?
- Ce n'est pas une raison, c'est une jeune femme.
- Mais… Après tout ca ne vous regarde pas.
- Bien sur que si ! Enfin tu te rends compte dans quel état tu l'as mis ? finit-elle par exploser.
- Mais expliques toi par Merlin !
- Hier soir, je suis passée mais tu n'étais pas là alors je suis allée à ton bureau et elle était la, couchée par terre, sans force, en pleures ! Non mais tu te rends compte, j'ai cru qu'elle allait mourir dans mes bras ! Je ne sais pas ce que tu lui as fait mais je te somme d'arrêter sur le champ !
Restant sans voix, l'héritier contempla le feu dans la cheminée. Il ne pensait pas que Granger était aussi faible, fragile…Elle l'avait tant détruit, aujourd'hui c'était son tour.
- Je ne sais pas ce qui s'est passé mais…
- Rien, je ne lui ai rien fait dans ce bureau.
- Je ne parle pas de cela Drago et tu le sais.
- Alors de quoi…
S'interrompant, il la regarda dans les yeux.
- Il n'y a rien eu.
- Tant que tu te cacheras la vérité, tu seras mal et tu le sais.
Sortant, Pansy décida de rentrer chez elle, Hermione passerait sûrement de toute façon.
Marchant d'un pas léger, Hermione déambulait dans les rues du chemin de traverse. Chargée de sac de courses, elle fit quelques boutiques afin d'acheter des vêtements pour Ethan. Il était toute sa vie, et il était hors de question que Malefoy lui enlève ce bonheur. Alors qu'elle s'apprêtait à rentrer chez elle, un souvenir lui revint : Pansy. Il fallait qu'elle aille la retrouver mais pas ainsi, chargée de sacs. Passant rapidement chez elle, elle déposa et rangea les courses, embrassa son fils et repartit en le laissant à ses amis. Lorsqu'elle transplana à l'adresse indiquée, elle se retrouva devant une maison de ville charmante, toute en pierre blanche avec un porte en chêne noir, massive. Donnant des faibles coups à la porte, elle attendit qu'on veuille bien lui ouvrir. Au bout de quelques secondes, un homme agé vint lui ouvrir la porte.
- Bonjour Monsieur, je cherche mademoiselle Pansy Parkinson.
- Votre nom ?
- Mademoiselle Granger.
- Bien suivez-moi.
Entrant dans un hall décoré avec goût, elle gravit des escaliers avant de se faire introduire dans un grand salon aux teintes beiges.
- Granger te voilà enfin s'exclama Pansy.
Hermione la détailla du regard, elle portait un beau tailleur en soie rose alors qu'Hermione s'était accommodée de la tenue du dimanche.
- Bonjour Pansy, voici tes chaussures, merci.
- Ce n'est rien.
Les posant à terre, elle alla ensuite leur chercher deux tasses de thé.
- Alors comment te sens-tu aujourd'hui ?
- Bien merci, et toi ?
- Moi, je vais toujours bien lui répondit-elle en lui tendant une tasse.
- Merci. Harry et Ginny ne savait pas que tu étais à Londres.
- Je ne savais pas qu'ils y étaient non plus, bien des choses ont changé après la guerre.
- En effet.
- Alors que s'est-il passé avec Dray ? Vous semblez tous les deux peu réceptifs lorsque l'on évoque cette époque.
- Il n'y a rien eu.
- Pas à moi Granger, tes amis peut-être mais j'ai bien vu ton comportement il y a six ans et je sais qu'il s'est passé quelque chose.
- Tu te trompes.
- Non, je ne crois pas. J'ai parlé avec lui cet après-midi et vous avez exactement la même attitude.
- Nous avons juste eu….
- Oui ?
- Un égarement.
- Mais encore.
- Ron était parti voir ailleurs et il m'a réconforté.
- Attends deux secondes, tu sortais avec Weasley ?
- Oui. Pendant deux ans nous avons été ensemble et puis un jour je l'ai vu avec Daphnée Greengrass et nous avons rompu.
- Vu ?
- Ils couchaient ensemble.
- La garce ! Elle ne me l'a jamais dit ! s'exclama Pansy. Pardon.
- Alors j'étais triste et aussi étrange que cela puisse paraître Malefoy m'a réconforté.
- Rien de plus ?
- Nous approchions de la guerre, le combat n'était qu'à quelques jours.
- Cela ne répond pas à la question.
- Cela aurait été irrationnel.
- Mais tu ne réponds toujours pas.
- Nous…Nous avons juste passé du temps ensemble.
- Ok, je vais te simplifier les choses. As tu couché avec Drago ?
Détournant les yeux, Hermione sentit un sanglot qu'elle avait ravalé tant d'années auparavant revenir avec puissance dans sa gorge. Puis sentant les larmes couler le long de ses joues, elle hocha faiblement la tête.
- Je m'en doutais.
- …
- La façon dont tu le regardais, et lui alors ! Et puis pendant le combat, vous passiez votre temps à vous défendre l'un l'autre.
- …
- Tes amis sont au courant bien sur.
- Non.
- Pardon ?
- Non, ils ne savent rien. Bon excuse-moi Pansy mais il faut vraiment que je rentre chez moi.
- Bien.
Se relevant toutes deux, elles se dirigèrent vers les escaliers quand Pansy prit une moue septique.
- Qui t'attend chez toi ?
- Une erreur.
