Jalousie : Sentiment fondé sur le désir de posséder la personne aimée et sur la crainte de la perdre au profit d'un rival.
Pendant un court moment, tous mes muscles s'étaient contractés jusqu'à ce que l'imminent besoin de serrer des poings m'eut pris, mon cœur avait commencé à perdre sa cadence normale, et j'avais senti les traits de mon visage se durcir.
Pendant un instant, j'avais aperçu l'ombre d'une tempête irrationnelle qui explosait en mon âme. De plus, des pensées qui tourbillonnaient dans une cacophonie eurent traversées ma conscience qui n'en saisit que des bribes de haine mêlées à des parcelles de déchirants regrets et de profonde tristesse.
Pendant une seconde terrifiante et presque irréelle, j'eus cru perdre le contrôle.
Pendant un temps si brève que j'en croyais même l'illusion, je fus différent.
Puis, soudain, le calme fut revenu : ma raison avait fini par reprendre le dessus.
Les cellules musculaires de mon corps s'étaient relâchées après que j'eus fermé les yeux pendant une particule de seconde. Juste le temps d'apaiser mon esprit.
Ensuite, j'avais rouvert les paupières pour voir de nouveau la scène. Cette vision presque fatale ne déclencha plus l'alerte en un corps détraqué.
Plutôt, après cela, mon cœur avait repris une course normale pour battre douloureusement contre ma poitrine, et la simple tristesse que provoquaient la retenue, l'impuissance, et la soumission, subsistait.
De plus, des seuls pensées sensées qui me traversaient l'esprit, rien ne m'eut paru être une bonne nouvelle.
Il est trop tard pour toi, tu l'as laissée partir. Laisse la maintenant. Accepte cela comme une punition à sa douleur.
Je veux bien la laisser, eus-je pensé. Mais mes yeux la trouvent au milieu d'une foule et la suivent, l'envie de la toucher et de la prendre dans mes bras ne veulent pas me quitter, et le désir de l'avoir près de moi à jamais n'est plus supprimable.
Oui, car malgré tout, le stupide espoir de me faire pardonner, de la retrouver, de continuer ce que j'avais commencé avec elle, persistait.
Mais, regarde, sans toi, elle est heureuse. Ne vois-tu pas son sourire ?
Bien sûr que je vois son sourire. Il est éclatant, éblouissant, adorable, magnifique. Il est le signe de son bonheur.
Le problème était qu'elle ne me souriait pas à moi, mais à lui.
Le problème était que le savoir collé à elle me répugnait.
Le problème était que l'imaginer sentir son shampoing et la complimenter me dégoûtait.
Le problème était qu'il ne s'agissait plus de moi mais de lui.
Le problème était de comprendre qu'elle n'avait plus besoin de moi.
Le problème était de conclure que j'avais perdu mais que je ne voulais l'admettre.
Le problème était que la décision de me battre de toutes mes forces était comme une évidence.
Bien sûr, je suis égoïste, je le sais bien. C'est horrible, c'est laid, mais je ne pouvais m'en empêcher.
Plus que l'aversion de moi-même, l'envie de la savoir mienne primait.
En relisant cette idiote définition dans le dictionnaire après avoir repensé à tout ça, je ris nerveusement.
Jalousie : Sentiment fondé sur le désir de posséder la personne aimée et sur la crainte de la perdre au profit d'un rival.
De la jalousie ?
Je ressens bien plus que ça en les voyant ensemble.
Ce n'est pas un désir, c'est un besoin.
Ce n'est pas une crainte, c'est une panique sans merci qui résonne au fin fond de mon âme.
Tu as d'abord été mon héroïne, ayant trouvé et sauvé mon âme des limbes, mais tu es maintenant mon héroïne, celle qui m'a drogué au bonheur, Futaba.
Je te récupérerai coûte que coûte.
