Marchant côte à côté dans la nuit, ni l'un ni l'autre n'osait parler. De son côté, Hermione ne savait que faire. En effet lorsqu'elle était entrée dans le salon, elle l'avait vu, lui qui avait tant hanté ses rêves et puis elle avait aperçu son fils jouant sur la canapé. Aucun doute à ce sujet, Malefoy l'avait bel et bien vu, et vu sa tête ça lui avait fait un choc.
Drago, quant à lui, ne cessait de revoir cette image ce petit garçon aux boucles brunes… Tout se bousculé dans sa tête. Granger avait un fils ? Mais qui était le père et surtout où était-il ? Se pourrait-il… ? Chassant cet espoir, cette idée de sa tête, il se concentra sur la situation actuelle.
- Pourquoi…commença-t-il.
- Oui ? demanda timidement la jeune femme.
- Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit ? je vous aurais laissé partir plus tôt.
Etonnée par cette réponse, Hermione s'arrêta net et se tourna vers lui.
- Pardon, monsieur mais enfant ou pas vous ne m'auriez jamais laissé partir plus tôt. Vous me détestez parce que…
- Je le sais, j'ai été un vrai salop avec vous ces derniers temps. Je…Je m'en excuse.
Hochant la tête, elle se plongea dans son regard de glace. Que pouvait-il bien se passer dans sa tête à ce moment précis ? Peu importe, son regard lui suffisait, quelques pas de plus et elle pourrait être plus près encore.
- Ce n'est pas grave, parvint-elle à articuler en se ressaisissant.
Continuant leur bout de chemin, ils se retrouvèrent dans un petit parc, désert à cette heure-ci.
- Je ne comprends pas…
- Pardon ?
- Pourquoi ne vous me l'avez-vous pas simplement dit ?
- Parce que c'était d'ordre strictement personnel et qu'il n'y a pas si longtemps, vous m'auriez renvoyé pour moins que cela.
- Ce n'est pas faux.
S'asseyant tous deux sur un banc, un silence s'installa entre eux pendant un moment.
- C'est tout ce que vous aviez à me dire ? demanda la jeune femme.
- Oui, enfin non, c'était tout ce que le patron avait à dire. En fait, si je suis venu ce soir chez vous, c'était pour m'excuser mais pas que.
Fronçant les sourcils, elle referma correctement son gilet avant de lui faire face.
- Je ne vois pas ce que tu pourrais me dire Malefoy.
- Bien au contraire, je crois que tu as beaucoup de choses à me dire.
- A oui, et pourquoi donc ? s'énerva-t-elle.
- Parce que tu t'es barrée sans laissé aucune nouvelle et ça je ne le te pardonnerais jamais !
Surprise par ce language qui ne lui ressemblait pas, elle décida de ne pas se laisser faire.
- Tu as fait tes choix et j'ai fait les miens, tu dois l'accepter.
- Donc en résumé, c'est ma faute.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit, tu interprètes toujours tous.
- Tu ne te rends pas compte dans l'état dans lequel tu m'as mis…
- Et toi alors ?
Se taisant tous les deux, aussi buté l'un que l'autre, ils restèrent assis en silence jusqu'à ce qu'Hermione se tourne vers lui de nouveau.
- Tu l'as dit toi-même c'était une erreur, j'ai bien compris que c'était déjà ce que tu pensais à l'époque.
- …
- Alors j'ai fait comme si jamais rien ne s'était passé. La guerre approchait, tu avais les tiens et ta famille, moi j'avais Ron et Harry.
- …
- Et quand la guerre fut fini, je ne comptais pas te revoir un jour, seigneur non, alors j'ai simplement disparu.
- Tu es parti avec Weasley.
- Lui m'aimait.
- Oui, c'est pour ça qu'il avait couché avec Daphnée répondit-il avec ironie.
- Tout le monde fait des erreurs, dit-elle acerbe.
- Mais bien sur.
- Nous nous aimions et tu n'as rien à dire la dessus, tu n'as pas le droit de me juger alors que tu m'as simplement…
- Oui ?
- Tu m'as abandonnée, tu es parti.
- Mais toi aussi.
- Tu es parti le premier.
- C'est une blague ?
- Qu'aurais-je pu faire ? Moi la sang de bourbe courir après le sang pur, non merci.
- Nous n'avions jamais parlé de ça ensemble, comment pouvais-tu savoir ce que je ressentais et ce que j'envisageais ?
- …
- Tu as agi seule, alors ne me reproche pas d'être parti, tu es parti bien avant moi.
- …
- Alors c'est ça ton explication ? Fort interessant, mais tu comprendras que tu n'as aucune excuse et…
- Malefoy je t'en pris tais-toi ! le coupa-t-elle.
Remarquant les larmes sur ses joues, il voulut l'approcher mais elle le repoussa violemment.
- Je t'ai entendu ! Tu n'as jamais été sincère avec moi, mais est-ce que je pouvais réellement attendre autre chose de toi ?!
- Comment ça ? Explique toi !
- Quelques jours après… Je te cherchais, je voulais savoir. Et toi, toi le prince des serpentards, tu étais encore avec toute ta ribambelle de garces qui aurait tué mère et père pour un de tes regards ! Et tu leur as dit !
Ecarquillant les yeux, replongeant dans ses souvenirs, Drago comprit alors.
- Ne fais pas cette tête Malefoy, tu sais parfaitement ce que tu as dit.
- Je ne pensais pas que quelqu'un pouvait nous entendre.
- Ah oui, et bien nous étions là.
- Nous ?
- Neville et moi.
- Je ne pensais pas ce que j'ai dit, c'était juste pour qu'elles me lâchent avec ça.
- Peut-être, peut-être pas mais dans tous les cas, tu ne peux que t'en prendre à toi-même ! finit-elle par crier.
Se levant d'un bond, elle repartit vers chez elle à pas vif mais Malefoy parvint à la rattraper.
- Que s'est-il passé ensuite ?
- Pardon ?
- Après la guerre.
- Ron et moi nous sommes fiancés.
S'arrêtant, Malefoy crut sentit son cœur se fendre en deux.
- Et puis, il est mort.
- Je ne l'ai appris que récemment.
- Quelques temps après j'apprenais que j'étais enceinte.
- De lui ?
- Oui, de Ronald Weasley cracha-t-elle avec hargne. Ensuite j'accouchais de mon petit garçon, arrêtais mes études et entrais au ministère grâce à ma réussite scolaire à Poudlard. Fin de l'histoire.
Le laissant en plan, elle rentra précipitamment chez elle alors qu'il transplanait au manoir.
Alors que la lune atteignait son apothéose, ni Drago Malefoy ni Hermione Granger n'arrivaient à dormir. Les souvenirs refaisaient surface lentement, tout doucement comme si un volcan éteint depuis des siècles reprenait son activité. Un volcan puissant, dont la passion était dévastatrice. Le problème était que chacun ignorait ce que ressentait l'autre, chacun ne savait peut-être pas non plus ce qu'il ressentait vraiment. Alors que le sommeil refusait de les atteindre, que leurs draps étaient froissés pour preuve de leur mécontentement, ils se replongèrent dans la nuit qui fit basculer leur existence.
Hermione se souvenait très bien comment cela avait commencé. Elle, travaillant à la bibliothèque comme tous les soirs et soudain une envie d'aller câliner Ron. Elle savait qu'il était encore au stade, à s'entraîner pour leur prochain match contre les serpentards. Marchant dans la nuit glaciale avec pour seule idée de se réchauffer dans ses bras forts, elle était arrivée assez vite à la tente des griffondors. Cherchant le jeune homme, elle avait regardé dans le bureau qui lui était réservé, les vestiaires puis elle avait entendu du bruit dans les douches. Ouvrant la porte, elle s'apprêtait à se déshabiller à son tour mais ce qu'elle vit la stoppa net.
- Ron, avait-elle murmurer.
Mais celui-ci ne l'avait pas entendu, trop absorbé par le corps de la jeune Greengrass autour de ses hanches. Alors que cette dernière soufflait bruyamment son désir pendant qu'il rentrait en elle, elle l'avait vu. Le cri qu'elle avait émis alerta Ronald mais il était trop tard.
Drago se souvenait très bien comment cela avait commencé. Il déambulait dans les couloirs, pensant à cette petite Granger qui l'avait ridiculisée en le battant en potions. Cette jeune fille impure et insolente si…attirante. Alors qu'il pestait contre cet idiot de gryffondor qu'elle avait choisi pour petit ami, il l'avait vu errer et se diriger vers les toilettes de Mimi Geignarde.
Alors qu'elle se passait de l'eau sur le visage, elle avait essayé de ne plus penser à ce qu'elle avait vu. Comment Ron avait-il pu lui faire ça ? Ils étaient censés s'aimer, se respecter et ne pas coucher avec cette garce de serpentard ! Depuis combien de temps cela durait-il, et les autres étaient-ils au courant ? Au fond était-elle vu comme la pauvre petite fille abandonnée par ceux qu'elle aime ?
- Tiens, tiens Granger.
- Malefoy…
Ravalant ses larmes, elle était restée tétanisée, face au lavabo auquel elle s'était accroché.
- Ton Weasley n'est pas avec toi.
Hochant négativement la tête, elle avait senti ses sanglots revenir. Se passant une main sur la joue, elle s'était retourné lentement jusqu'à se plonger dans ses yeux glacés.
- Granger ? avait-il dit en s'approchant d'elle.
- Je sais, je suis pitoyable c'est cela ? Tu peux le dire, pour une fois tes propos seront fondés.
Elle s'était attendue à une attaque de sa part, une réplique acerbe, une pique bien placée, mais au lieu de cela il avait attrapé ses hanches pour venir la bloquer contre lui.
- Mais que fais-tu ?
- J'essaie d'être gentil Granger.
Plaçant ses petites mains sur son torse musclé, elle l'avait regardé dans les yeux et avait paru étonnée devant ce regard dénué de chaleur.
- Je crois que j'ai besoin de m'asseoir.
Il l'avait alors amenée sur le rebord d'une des grandes fenêtres et avait chassé les larmes de son visage.
- Que s'est-il passé ?
- Cela…
- Ne me regarde pas ? avait-il répondu mauvais.
- Non, ne t'intéresse sûrement pas.
- Si je te pose la question, c'est peut-être parce que cela m'intéresse non ?
- Je voulais voir Ron.
Serrant les dents, il n'avait rien dit mais elle avait senti qu'il n'appréciait pas cela.
- Il s'entraîne depuis des semaines dans l'espoir de te battre, de vous battre.
- L'espoir fait vivre, avait-il répondu avec ce petit sourire malfoyien qui avait toujours plu à la jeune gryffondor.
- Et ce soir, il devait s'entraîner.
- Et ensuite ?
- Lorsque je suis venue le chercher, il était dans les douches…Avec une autre.
Sentant les larmes glisser de nouveau sur ses joues, elle s'était recroquevillée en espérant disparaître. Paraissant si faible, innocente, Malefoy avait passé ses bras puissants et réconfortants autour du petit corps.
- Ce mec ne te mérite pas lui avait-il soufflé à l'oreille.
Ne répondant pas, elle avait laissé les larmes couler avant de céder à l'envie de se coller à lui. Sa joue sur son torse ferme, les effluves masculines l'envahissant, elle s'était laissé doucement aller contre son ennemi.
- Greengrass le voulait depuis longtemps, et ce que cette fille veut, elle l'a.
- Tu savais ce qui allait se passer ?
- Elle m'en parle régulièrement.
- Mais pourquoi lui, pourquoi Ron ?
- Ami de Potter, et ton…ex ?
- Et toi alors ?
- Moi ?
- Oui, elle a tout ce qu'elle désire non ?
- Elle m'a eu, une nuit seulement.
Contemplant tout deux la lune qui leur faisait face, elle avait senti que ses bras se resserraient un peu plus autour d'elle.
Alors que leur étreinte s'était poursuivie avec tendresse des voix s'étaient fait entendre dans le couloir.
- Ron doit me chercher.
- Si tu veux, je peux t'emmener avec moi.
- Où ça ?
- La Salle sur Demande.
- Et Ron…
- Il ne te trouvera pas, je te le promets.
Elle avait alors hoché la tête et le cœur de l'aristocrate avait définitivement chaviré. L'entraînant dans les couloirs comme deux amoureux transits, ils étaient finalement arrivés dans la salle sur demande au 7ème étage. Aucun doute que Malefoy avait du goût. La salle avait prit l'apparence d'une chambre ancienne, avant des murs en pierre brutes, des meubles en bois massif et un lit couvert de peaux.
- Cela te plait, lui avait-il murmurer en posant ses mains sur ses hanches.
- Oui.
- Cet idiot ne sait pas ce qu'il a laissé filer.
- Il ne faut pas être méchant.
- Parce qu'il a été gentil ?
- Ce n'est pas ça.
S'asseyant sur le lit, elle contempla la salle encore une fois avant de lui faire signe de venir à ses côtés.
- Pourquoi as-tu décider d'être gentil ?
- Je ne sais pas, avait-il menti.
- Est-ce que je peux être gentille à mon tour ?
Amusé, il n'avait pas compris ce qu'elle entendait par la jusqu'à ce qu'elle rapproche son visage à quelques centimètre du sien.
- Si tu ne veux pas, je comprendrais.
Au lieu de lui répondre, il avait caressé délicatement sa joue et posé ses lèvres sur les siennes. Passant ses mains dans ses boucles qu'il aimait tant, il avait approfondi le baiser jusqu'à ce qu'il sente la jeune fille defaillir.
Se détachement lentement de lui, elle avait gardé les yeux fermés et passé une langue gourmande sur ses lèvres pulpeuses.
- Personne ne m'a jamais embrassé comme ça, lui avait-elle soufflé.
Son orgueil regonflé, il l'avait couchée sur le lit avant de l'embrasser fougueusement. Passant son corps entre ses cuisses, il avait senti alors les mains de la jeune fille sur sa nuque.
- Malefoy…
- Non ma petite princesse, appelle-moi Drago.
Appréciant le contact de sa peau nu sur ses doigts, il avait monté ses mains sur ses cuisses jusqu'à les glisser sous sa jupe.
- Je peux ?
Hochant de nouveau la tête, elle en avait profité pour capturer ses lèvres et l'embrasser avec tendresse. Se redressant, il avait enlevé sa chemise, exposant alors son corps musclé à la vue de la jeune avait alors caressé ses musles fermes et parfaits puis, enlevant sa chemise à son tour, elle l'avait alors mis au défit en lui affichant son corps.
- Drago…
L'entendre gémir ainsi avait provoqué chez le jeune homme une tension sexuelle qu'il ne pouvait plus réprimer. Il l'avait alors plaqué contre le lit et l'avait entièrement déshabillée. Afin d'équilibré les choses, elle avait libéré ses mains pour avoir à son tour le loisir de profiter du corps de son amant.
- Petite Hermione… Je crois que nous nous engageons dans un chemin sans retour.
- Drago, tu sais que…
- Oui ?
- Cette conversation n'est peut-être pas très bien placée.
- Non, vas-y. S'il te plait.
- J'ai toujours fantasmé sur un moment comme celui-ci, même si on se détestait tu restais un homme…
- Et toi une femme…
- J'ai toujours trouvé tes yeux magnifiques, lui avait-elle avoué alors que leurs corps collés l'un à l'autre bougeaient avec harmonie.
- J'aime tes boucles.
Se collant plus étroitement à lui, elle l'avait embrassé avant de glisser ses jambes jusqu'aux hanches du serpentard.
- Je te veux Hermione, maintenant.
- Drago, j'en ai aussi envi si tu savais.
Embrassant son cou, sa clavicule, il avait alors introduit deux doigts en elle. Gémissant, elle s'était accroché à lui et avait voulu l'embrasser mais il avait été plus rapide et glissé sa langue entre ses lèvres. Caressant ses hanches, il lui avait écarté un peu plus les cuisses et s'était placé correctement au dessus d'elle.
- Laisse moi faire ma chérie.
Poussant en elle, il avait gémi de plaisir avant d'entamer un lent va et vient. A son tour, la jeune fille avait bougé son corps avec le sien puis s'était laissé faire. Pour Drago Maleofy cela avait été l'expérience la plus orgasmique qu'il ait connu mais il n'avait été pas satisfait tout de suite. Il avait toujours été un dominant et cette jeune princesse le contrôlait par ses regards, ses sourires, son corps.
Il l'avait alors attrapé plus fermement par les hanches et avait accéléré ses coups de reins jusqu'à ce qu'ils puissent entendre le lit grincé sous les coups du blond. Sentant la chaleur de cette femme, il avait cru défaillir plus d'une fois.
- Hermione…
- Oh, Drago…
Allant toujours de plus en plus vite, il avait senti la jeune fille se resserrait autour de lui jusqu'à ce qu'elle accroche de ses petits poings les draps de soie et jouisse alors violemment en elle, il jouit à son tour en s'étalant de tout son long contre son petit corps.
Couchés côte à côte, reprenant leur souffle, ils n'avaient pas osé avouer ce qu'il ressentait. Elle avait tenté de lui ouvrir son cœur mais les mots étaient restés bloqués, comme si ce n'était pas normal. Il l'avait regardé, attendant un signe, mais elle n'avait rien fait.
- C'était…
- Oui, avait-il demandé.
- Nouveau.
- Comment cela ?
- Je n'avais jamais fait l'amour comme ça.
- Content que cela t'ait plu.
Puis ils avaient remarqué l'heure tardive, ils s'étaient rhabillés et c'était promis d'en reparler. Cela n'arriva jamais.
En effet, il avait fallu qu'il vienne jusqu'à elle près de cinq ans plus tard pensa Hermione en se retournant une fois encore dans son lit. Drago et elle n'avaient jamais oublié cette nuit, et même si leurs amis n'avaient jamais été au courant, tous savaient qu'elle les avait changé à jamais.
Hermione avait aimé cet homme, elle le savait. Mais aimait-elle toujours l'homme qu'était devenu Drago Malefoy ? Aimait-elle toujours l'homme qui l'avait tant blessé ? En sortant de cette chambre cette nuit-là, elle avait pensé pouvoir l'oublier. Hermione rigola toute dans sa chambre, si seulement elle avait su que 9 mois plus tard elle accoucherait de l'héritier Malefoy.
