Quand Futaba y repensait, depuis qu'elle avait rencontré Kou, elle n'avait jamais autant pleuré.

« 7 heures au parc de Sankaku » lui avait déclaré le jeune Kou énigmatiquement.

Pour cette fameuse nuit au parc de Sankaku, lorsqu'il lui avait posée un lapin, elle avait connu son premier chagrin d'amour.

''Il s'est mis à pleuvoir tout d'un coup hein... '' Pas juste « oui », je viendrai avec quelque chose de meilleur la prochaine fois, avait-elle pensé.

Pour les jours pluvieux qui avaient suivi, au souvenir de leur rapprochement au temple, ces larmes avaient un goût inédit de nostalgie agrémenté de regret.

Il était parti. Le plus triste était que rien n'avait encore commencé entre eux. Elle avait perdu son premier amour sans explication, sans histoire. L'excitation d'un amour de jeunesse avait chuté avant même son apogée, à trente mètres de profondeurs.

« Cela n'a rien avoir avec toi […] Lâche moi dans ce cas. »

Pour un Kou retrouvé après tant d'années, et ses mots horribles et froids, elle avait cru l'avoir perdu à nouveau. Bien qu'elle le voyait de ses yeux embrumés par les larmes, son regard était vitreux, ses émotions et son cœur absent, la carapace épineuse de son âme dévoilé.

« Ma mère... »

Pour le passé de Kou, elle avait pleuré par compassion. Qui aurait cru que la douleur de l'être aimé ferait autant souffrir ?

« Autant pour moi, j'ai été pris par l'atmosphère » lui avait-il faussement avoué dans un sourire triste et solitaire.

Pour ce seul jour durant lequel, il l'avait embrassée et par la suite mentie, pour enfin la rejeter pour une autre. Son cœur, dans l'incompréhension, s'était fissuré.

« Puisque Kou m'a choisi, tu es déçues, cherchant à me blâmer, et tu viens râler auprès de moi, n'est-ce pas ? » s'était exclamée Narumi.

Pour ce moment où elle avait pris conscience que Kou ne la choisirait pas. Qu'importe si elle détestait l'idée qu'il aide cette fille, qu'importe si elle se battait de toute force, qu'importe si elle avouait ses sentiments, qu'importe si elle savait qu'il n'était pas indifférent, il avait ses raisons. Des raisons bien plus importantes qu'elle probablement.

Au final, elle, qui avait cru défoncer la porte de son cœur, en grande partie, pour son bien à lui, retrouvait son propre cœur brisé et ses sentiments ignorés.

Elle avait définitivement perdu.

En conclusion, il y avait tant de mots blessants et déchirants, tant de blessures rouvertes ou nouvelles, tant de regrets, tant d'espoirs anéantis, tant de tristesse profonde, tant de souffrance incurable, tant de jalousie, tant de choses incompréhensibles, tant de questions à ses actions laissés sans réponse.

Et toute cette démesure malsaine finissait toujours par être évacuée par les larmes, sans effacer et émousser les cicatrices des blessures causées.

Elle n'aurait alors jamais imaginé qu'une seule personne pourrait finir par autant la blesser.

Si l'amour n'avait que pour conséquences cet amas de négativité, Futaba aurait fini par préférer rester seule toute sa vie, terrée dans un coin, loin de la douleur morale.

Mais voilà, il y avait aussi tant à découvrir derrière ce mot « amour ». Tant à aimer. Tant à se réjouir. Tant à raconter. Tant à ressentir. Tant à expérimenter.

C'est pourquoi, quand Futaba y repensait, elle n'avait aucun remord quand à son choix d'aimer Kou. Certes, elle avait été blessée comme jamais, mais elle avait ressenti ce que celui qui n'avait jamais aimé ne connaissait que par les mots.

Désoléee pour ce chapitre en retard !

Mais j'étais pas mal occupée ces jours-ci avec les examens qui approchent.. et malheureusement, je n'ai pas pu écrire pour les prochains chapitres prévus... C'est triste, mais j'espère tout de même que vous avez apprécié la lecture !

Dîtes moi quel est votre chapitre préféré? :)