Ouvrant péniblement les yeux, Drago Malefoy s'étira dans son lit king-size et regarda son réveil. 7H00. Granger devait sûrement être dans sa salle de bain, habillé ? Surpris par ses pensées, il secoua la tête avant de se redresser. Il avait eu du mal à dormir, les souvenirs enfouis avaient refait surface avec violence et lorsqu'il avait enfin pu s'endormir correctement, ses rêves avaient pris le relais. Habillé d'un costume élégant, il descendit tout de même prendre un thé au petit salon.
- Bonjour mère.
- Drago, mon chéri. Tu es rentré tard hier soir, des problèmes ?
- Aucun.
S'asseyant face à elle, il ne sut quoi lui dire et sirota sa tasse en silence. Soupirant, Narcissa Malefoy posa son journal et le regarda fixement, un regard interrogateur.
- Qu'y a-t-il mère?
- Ne me prends pas pour la dernière des trolls, veux-tu.
- Je ne me le permettrais pas.
- Que s'est-il passé ? demanda-t-elle explicitement en appuyant sur chaque mot.
Hésitant, il posa doucement sa tasse et croisa les doigts.
- Je suis allée la voir.
- Après le travail ?
- Oui. Elle n'était pas seule.
- Mon pauvre chéri….Je sais que ça doit être dur mais…
- Non mère, la coupa-t-il, pas dans ce sens.
- C'est-à-dire ?
- Elle a…un enfant.
- Oh. Et le père ?
- D'après ce qu'elle m'a dit, c'est Ronald Weasley qui serait le père de cet enfant.
- Et il est …?
- Mort.
- Voilà déjà un problème de résolu.
- Mère !
- Quoi ? Je reste optimiste pour toi mon chéri. Je sais que tu l'aimes encore, et que cela n'a jamais cessé depuis tes dix-sept ans.
- J'y ai repensé toute la nuit. Si j'avais su, à cette époque, j'aurais fait de notre seule nuit d'amour la plus merveilleuse de toutes.
- Ne vis pas dans le passé mon chéri, tu sais que ce n'est pas bien.
- Peut-être. Il faut que j'aille travailler, à plus tard mère.
- Bonne journée.
Lorsque Hermione arriva au travail ca matin-là, elle eut du mal à savoir à quel étage elle était censée s'arrêter. Elle avait affreusement mal dormi et elle allait avoir besoin de se motiver.
- Bonjour Hermione.
- Salut Cormac.
- Tu fais quelque chose ce soir ?
- Je dirais que oui.
- Ah bon ?
- Et bien, je n'ai pas vu Ethan depuis longtemps, j'espérais passer un peu de temps avec lui.
- Et tu ne peux pas décaler ?
Surprise, ele haussa les sourcils avant de sortir de l'ascenseur et de gagner rapidement son bureau.
Au bout de quelques minutes, alors qu'elle était confortablement installée à son bureau, elle remarqua que son patron était appuyé dans l'encadrement de la porte. Son cœur loupa un battement, mon dieu qu'il était beau. Surprise par ses propres pensées, elle murmura un vague bonjour avant de détourner les yeux. Constatant qu'il ne bougeait pas, elle releva de nouveau les yeux et croisa son regard gris. Magnifique.
- Mademoiselle.
- Monsieur.
- Laissez-moi vous dire que….
- Oui ?
- Vous êtes charmante d'arriver à une heure aussi…tôt.
Filant dans son bureau sous le regard étonné d'Hermione, il s'affala dans son fauteuil avant de se frapper la tête dans le creux de la main. « vous êtes charmante d'arriver à une heure aussi tôt ! » Qu'est ce qu'il était con oui ! Soupirant un grand coup, il se redressa et attrapa un dossier.
Quelques heures plus tard, alors qu'elle finissait de rédiger une explication complexe, Hermione entendit son patron l'appeler.
- Monsieur ?
- Oui, j'aimerais avoir une petite discussion avec vous ce soir.
- Quelque chose dans mon travail vous déplait-il ?
- Oui, enfin non, j'aimerais juste parler avec vous. Simplement.
Hochant timidement la tête, elle se demanda alors s'il commençait à ressentir la passion qu'elle avait senti la veille. Peut-être qu'il souhaitait juste parler du travail. Ressortant en silence, elle alla s'asseoir à son bureau avant de se rappeler qu'elle avait une course à faire pour Pansy.
- Monsieur ?
- Avez-vous besoin de moi ce midi ?
- Non, je ne pense pas pourquoi ?
- Je dois aller…faire une course pour une amie. J'en profiterais pour commander les fleurs pour la soirée.
- La soirée ?
- Oui dans deux semaines monsieur, la soirée de fiançailles.
- Bien, vous pourrez y aller.
- Merci.
Travaillant jusqu'à 12H40, Hermione finit par se lever et se dirigea avec enthousiasme vers la porte en attrapant son manteau. Puis, se ravisant, elle alla à la porte ouverte de son patron.
- Je reviendrai d'ici 20 minutes monsieur.
- Prenez votre temps, rien ne presse.
- Merci, lui répondit-elle avec un faible sourire.
Marchant d'un pas rapide jusqu'à la sortie du ministère, elle transplana directement dans un quartier tranquille de Londres moldu. Passant par la pharmacie, elle acheta quelques tests de grossesse et en profita pour prendre quelques sucettes sucrés pour Ethan. Alors qu'elle sortait, un homme sur le trottoir d'en face la regardait fixement. Fronçant les sourcils, elle allait le héler lorsqu'un enfant, sans parent apparent, s'engagea sur la voie rapide. Lâchant tout ce qu'elle avait dans les mains, elle se précipita pour le récupérer in extremis avant qu'une voiture ne les frôle tous deux à grande vitesse.
- Mon Dieu, murmura-t-elle.
Alors qu'elle cherchait l'homme mystérieux du regard, une femme pleine d'inquiétude se dirigeait vers elle.
- Oh merci Mademoiselle, merci mille fois.
Toujours absorbée par sa recherche, elle ne lui répondit pas tout de suite, puis voyant que l'homme avait visiblement disparu elle se résigna à se tourner vers la femme.
- Ce n'est rien madame, mais pensez à surveiller vos enfants.
- Oui, bien sur, je n'ai détourné les yeux qu'un instant et…
- Heureusement, rien ne lui ai arrivé mais faites attention, répondit-elle en ébouriffant les cheveux blond du petit garçon.
Ramassant ses achats, elle se dirigea alors vers une petite épicerie fine et y acheta de quoi déjeuner. Bon pensa-t-elle, les tests c'est fait, manger, c'est fait il ne reste plus que les fleurs. Tout en transplanant, Hermione pensa à ce qu'elle devait faire aujourd'hui puis passa dans les rues parallèles au chemin de Traverse, il y aurait sûrement un bon fleuriste dans le coin, se dit-elle en marchant doucement. Au fond d'elle, Hermione se demandait ce que Pansy devait ressentir en ce moment même, de la peur ? de l'envie ? Elle ne saurait quoi dire, elle-même avait eu peur mais cela ne s'était pas du tout passé dans le même contexte, elle était jeune et surtout seule.
Pendant ce temps, Drago passait en revue les dossiers de la journée, au moins il serait occupé pensa-t-il. Son obsession avait lentement repris et il ne savait comment réagir. Lui en voulait-elle toujours ? Il était jeune à l'époque, et il pensait que tout lui était du mais aujourd'hui les choses avaient changé. Il se souvenait de la discussion qu'il avait eu avec toutes ces petites pimbêches comme si c'était hier, si seulement il avait su qu'elle l'écoutait.
- Allez Drago, dis nous !
- On a bien vu qu'elle te regardait au dîner.
- Non, mais franchement vous m'imaginez, moi, avec Granger ? Mais vous êtes folles avait-il répondu en faisant une grimace.
- On sait très bien qu'il s'est passé quelque chose après qu'elle ait vu son copain avec Daphnée.
- Oui vous avez raison, elle m'a supplié leur avait-il répondu avec un sourire Malefoyien. Mais on va dire qu'elle n'était pas très…Dynamique.
Les rires s'étaient accentués alors qu'il continuait sa tirade.
- Presque aussi bien qu'avec McGo à mon avis, c'est fou comme on s'ennuie avec les gryffondors alors vous imaginez au lit ?!
Il n'avait jamais voulu la blesser, jamais. La situation les avait dépassés, ils avaient commis une erreur. Et pourtant quelle délicieuse et douce erreur….
Lorsqu'elle était revenu au travail, un employé lui avait dit que Monsieur Malefoy avait eu une affaire en ville et qu'il ne rentrerait pas. Pas de Malefoy, pas de discussion pensa-t-elle. Travaillant le reste de la journée, elle finit tout le travail en retard jusqu'à finalement attraper son manteau et rentrer chez contre elle son petit garçon, elle l'embrassa tendrement sur le front avant de le reposer à terre.
- A-t-il été sage aujourd'hui Anne ?
- Oui, très lui répondit-elle alors que Ethan hochait la tête avec un sourire angélique.
- Alors je suppose que je peux te donner cela mon ange ? lui demanda-t-elle avec malice en sortant les sucettes de son sac.
Le sourire qu'elle reçut en retour était inestimable et elle lui donna ses friandises.
- Pas avant manger mon chéri, promis ?
- Oui , maman.
- Bien, Anne je vous raccompagne ?
- Merci Madame.
Refermant la porte derrière la nourrice, elle se dirigea à la cuisine pour préparer leur repas.
- Alors Ethan, qu'as-tu fait à l'école aujourd'hui ?
- De la peinture magique.
- Ah oui, et qu'est ce que tu as peint ?
- Papa.
S'arrêtant net d'éplucher les pommes de terre, elle se tourna vers lui. S'accroupissant, elle passa une main dans ses cheveux.
- Papa ?
- Oui, papa.
- Et comment est-il papa ?
- Il est grand, pour nous protéger.
- Je suis d'accord.
- Il est fort.
- Et ?
- Il nous aime.
- Tu en as fait une définition parfaite mon chéri.
- Oui….On mange quand maman ?
- Dans 20 minutes. Devines ce que maman a acheté.
- Une citrouille ? demanda-t-il plein d'espoir.
- Euh…Non, mais promis cette semaine j'irai en acheter une.
- Une petite citrouille ?
- Non plus, aller devines. C'est sucré.
- Des éclairs au chocolat ? murmura-t-il alors, un sourire aux lèvres révélant toutes ses petites dents.
- Gagné mon chou.
Alors qu'il était parti jouer dans sa chambre, elle avait mis la table, préparer la soupe et s'apprêter à se verser une tasse de thé lorsque quelqu'un tapa énergiquement à la porte.
- J'arrive.
Ouvrant la porte, elle se retrouva face à une Pansy qui faisait la grimace en tapant du pied.
- Pansy ? Quelque chose ne va pas ?
- Est ce que quelque chose ne va pas ? Non mais tu te fiches de moi !
- Rentre je t'en pris réussit-elle à placer alors que la jeune femme rentrait d'un pas énergique dans l'appartement.
- J'ai vu Drago aujourd'hui.
- Oui, et ?
- Il est complètement amorphe oui !
- Je n'y suis pour rien.
- Ah oui ? Pourtant il m'a semblé entendre que vous aviez eu une petite discussion tous les deux.
- Mais, tu voulais qu'on ait cette conversation !
- Oui, je voulais que vous vous expliquiez, pas que tu lui brises le cœur !
- Quoi ?! Mais je n'ai jamais fait ça.
- Je n'en suis pas convaincue.
- Mais je te jures, on a juste parlé de…
- De ?
- De cette nuit.
- Oh je vois.
- Et de Ron.
- Tu vois, qu'est ce que je disais !
- Mais, le sujet est venu tout seul.
- Ouais, assez seul pour que tu lui lâches que tu étais sa fiançée.
- Mais c'était la stricte vérité.
Se plongeant toutes les deux dans un silence lourd, elles s'assirent chacune dans un fauteuil.
- Il y a quelque chose qui l'a blessé, bien plus que cela.
Restant silencieuse, Hermione poussa un soupir avant de se redresser.
- Je…
Mais elle fut couper par l'arrivé d'Ethan en courant dans le salon.
- Maman, mon ours a perdu un œil articula-t-il entre deux sanglots.
Voyant Pansy ouvrir grand la bouche jusqu'en s'en décrocher la machoire, elle attrapa son petit garçon dans les bras avant de sécher ses larmes d'une main.
- Ne t'inquiète pas mon ange, maman va réparer ça.
Saisissant sa baguette, elle lança un simple reparo et le petit garçon sourit à pleines dents.
- Maintenant va te laver les mains, nous allons passer à table.
Reposant Ethan, elle se dirigea à reculons vers le salon, s'attendant à trouver Pansy plus furieuse qu'avant.
- Tout s'explique maintenant.
- Plus ou moins.
- Alors c'est ça ton erreur….Ou plutôt, votre erreur.
- Pansy, parle moins fort s'il te plait, je ne tiens pas à ce qu'Ethan s'imagine qu'il est un enfant non désiré.
- Mais…Je ne comprends pas.
- Quoi donc ?
- Quand ? Tu n'étais pas enceinte à Poudlard et il a quoi, quatre ans ?
- Quatre et demie.
- Alors ?
- Cela ne se voyait pas tant que ça, je faisais attention. Et puis il a été conçu au mois d'avril…
- Exactement quand toi et Drago avaient couchés ensemble la coupa-t-elle.
- J'étais aussi avec Ron je te rappelle.
- Drago est au courant ?
- Oui, il l'a vu hier.
- Et ?
- Et quoi ?
- Il n'a pas posé de question ?
- Non, je lui ai dit la stricte vérité. C'est Ron le père.
Feignant de rire, Pansy posa sa hanche contre une des chaises.
- Laisse moi rire, avec cette peau pale et ses yeux gris, ce n'est sûrement pas le rejeton de Weasley.
Ne répondant rien, Hermione coupa le gaz sous la marmite et la posa sur la table.
- Attend, ne me dit pas qu'il a gobé ça quand même.
- Si. Il n'a pas eu le temps de l'examiner en détail.
- J'y crois pas, quel idiot !
- Tu restes manger avec nous ?
- Moi ? Tu veux dire que tu m'invites ?
- Oui répondit Hermione avec un léger sourire, mais on parlera de ça après manger.
- Bien.
S'asseyant toutes deux, elles attendirent qu'Ethan grimpe sur sa chaise pour commencer à manger. Le repas se déroula en silence, et Hermione se demanda si Pansy allait tout raconter à Malefoy, non pas Malefoy Hermione, c'est Drago…
Après le repas et alors qu'Hermione permettait à son fils de veiller un peu plus tard en allant jouer dans sa chambre, Pansy s'assit sur le canapé et attendit qu'elle revienne pour la bombarder de questions.
- Tu ne nies donc pas que c'est Drago le père.
- Je sais que c'est…Drago. Mais à l'époque, il m'avait quitté et j'étais seule, terriblement seule. Alors quand Ron a proposé qu'on se marrie et qu'il m'a promis qu'il s'occuperait de l'enfant que je portais comme du sien…
- Weasley savait que l'enfant était un Malefoy ?
- Oui, je lui avais dit.
- Et bien, il devait sacrément être amoureux de toi.
- Oui… Mais avant qu'Ethan arrive, Ronald était déjà parti, répondit-elle en chassant une larme de sa joue.
- Je suis vraiment désolée Hermione.
- Ce n'est rien, c'est du passé maintenant.
- Et tes parents ?
- Je ne préfère pas en parler.
- C'est-à-dire ?
- Qu'ils sont croyants et que chez nous, une jeune fille enceinte et non marriée n'a pas sa place dans la maison familiale.
- Je connais un peu ça, oui. Cela a du être dur.
- Un peu, j'avais toujours cet appartement.
- Mais dis moi, tes amis savent que cet enfant est de Drago ?
- Non.
- Ils pensent vraiment qu'il est de Weasley ?
- Non plus, ils ne posent pas de questions, on va dire.
- Oh. Et est-ce pour cela que tu as été hospitalisé ?
- En parti.
- Veux-tu en parler ?
- J'ai peur de te faire peur Pansy.
Ne comprenant pas, Pansy fronça les sourcils alors qu'Hermione lui tendait un sac.
- Tes tests.
- Mon dieu, j'avais complètement oublié ! Merci beaucoup Hermione.
- Ce n'est rien.
Les posant dans son sac, elle se replaça en face d'Hermione et lui prit la main.
- Non, tu ne m'effrayeras pas, allez dis moi.
- Tu l'auras voulu. Alors voilà, j'étais pratiquement arrivée à terme, et j'étais seule.
- Et Potter ?
- En voyage avec Ginny. J'ai commencé à avoir des contractions en pleine nuit, mais je n'arrivais pas à me lever, j'avais si mal…
Fermant les yeux, Hermione se remémora lentement cette nuit de cauchemar qu'elle avait vécu.
- J'ai commencé à paniquer. Je ne savais pas quoi faire et j'avais si peur pour le bébé… J'y avais longuement réfléchi, je voulais ce bébé parce qu'il était une part de moi, une part de lui…Cela serait mon bonheur et je refusais de le perdre. Cependant les heures passaient et je craignais de devoir accouché seule. Heureusement la concierge du bas, ne m'ayant pas entendu descendre à 7h du matin, l'heure à laquelle j'allais chercher le journal, est venue me voir. Elle a appelé Sainte-Mangouste et j'ai pu accouché la-bas.
- Tu as accouché toute seule ?
- Tu veux dire sans personne pour me soutenir ? Sans personne pour me tenir la main ? demanda-t-il en réprimant un sanglot. Oui.
Se levant, Pansy alla la prendre dans ses bras et commença à la bercer lentement.
- C'est pour ça que je le deteste autant Pansy, il aurait du être la ! C'était aussi son fils ! Je voulais qu'il soit juste avec moi…C'est tout ce que je voulais.
Séchant ses larmes, Hermione alla coucher son fils sans un bruit puis revint dans le salon. Pansy avait son sac à la main, son manteau sur le dos.
- Je repasserais demain.
- D'accord.
- Bonne nuit Hermione.
- Bonne nuit Pansy.
