Parcourant les nombreux couloirs, il ne parvenait à la retrouver. Se pouvait-il qu'elle soit partie ? Son cœur se serra à cette pensée et il posa le front contre un carreau gelé d'une des fenêtres. Entendant un rire cristallin lointain, il se redressa et aperçut, courant dans les jardins, le petit Ethan accompagné de sa maman. Descendant à toute allure les escaliers, il croisa sa mère qui se mit à rire doucement alors qu'elle voyait son fils osciller doucement en enjambant les marches quatre à quatre.
- Ils viennent à peine de sortir, le rassura-t-elle en riant.
Marchant à grands pas, il enfila sa cape rapidement et arriva à leurs côtés quelques minutes plus tard. Se demandant comment elle allait réagir, il prit son courage à deux mains et attrapa ses hanches pour la coller contre lui. Passant ses bras protecteurs sur son ventre, il glissa sa tête sur son épaule.
Retenant son souffle à son tour, Hermione ne savait comment réagir à ce rapprochement. Devait-elle lui parler du dossier finalement ? Non, elle décida qu'elle ferait mieux de profiter du moment qu'elle passait avec lui.
- Je n'aurais pas du réagir aussi violemment, je te demande pardon, lui glissa-t-il à l'oreille.
- Je te pardonne…
- C'est gentil, je t'en remercie.
- Puis-je avoir quelque chose en retour ?
- Tu n'as qu'à demander.
Se retournant pour lui faire face, elle glissa sa main sur sa joue et se colla plus étroitement à lui.
- Embrasse-moi.
Comme hypnotisé par ses lèvres, Drago les pressa contre les siennes, passa ses mains dans son dos pour arriver jusqu'à ses fesses, et la colla contre lui. L'embrassant tendrement, il sentit ses mains sur ses pectoraux, remontant doucement jusqu'à son cou. Ses doigts étaient gelés mais il n'aurait interrompu ce moment pour rien au monde. Hermione remarqua alors le manque qu'il avait crée en elle en s'éloignant ne serait ce que quelques heures.
- Tu as froid, lui murmura-t-il lorsqu'elle rompit le baiser pour reprendre son souffle.
- J'ai plutôt chaud en ce moment.
- Bizarrement moi aussi, reprit-il en riant.
- Je ne veux plus qu'on se dispute, cela me rappelle ces années à Poudlard, la guerre, …
- Je…
- Non Drago, je ne veux plus me séparer de toi.
- Moi non plus je ne veux plus me séparer de toi, de vous.
Sentant son cœur se serrer, elle le vit sourire sincèrement et en aurait presque eu les larmes aux yeux. Posant sa tête contre son torse, elle vit qu'il avait repris son rôle et surveillait Ethan qui était parti gambader près des grands arbres.
- Voudrais-tu que l'on passe la soirée de mardi seulement tous les trois, ou tous les deux ? demanda-t-il au bout d'une dizaine de minutes.
- Quoi ? Tu veux dire que tu ne voudrais pas y aller ?
- Je peux très bien annuler ou bien de pas y aller et laisser à Pansy la présidence de cette soirée.
- Pour moi ?
- Il n'y a rien que je ne ferais pas pour toi.
Emue par cette révélation, elle posa alors ses mains sur son torse puissant et plongea son regard dans ses yeux de glace.
- Non.
- Non ?
- Je n'ai pas à te demander pareil sacrifice, je n'aurais pas du réagir ainsi. Il est très bien que tu fasses cette soirée.
- Tu le penses vraiment ? demanda-t-il surpris.
- Oui, et je passerais une bonne soirée avec mon petit nounours.
- Que comptes-tu faire ?
- Je pense que je vais lui faire plaisir, j'irai chercher Bado et après j'irai louer un film ou plutôt un dessin animé.
Devant les yeux écarquillés de son amant, Hermione ne comprit pas tout de suite.
- Ben quoi ?
- Bado ? Dessin animé ?
- Ah oui pardon. C'est moldu.
- Je m'en doutais oui.
Puis au bout de quelques minutes à marcher côte à côte, il se stoppa.
- Explique-moi.
- Pardon ? demanda-t-elle, incrédule.
- Explique-moi.
- Cela t'intéresse vraiment ?
- Oui, et si cela fait parti de ta …Culture, et bien je veux apprendre.
- Bien, alors… Badonalds est une chaîne de fast-food.
- Fast-food ?
- Et bien les moldus aiment, enfin la majorité, les frites et les hamburgers, les nuggets de poulet, le poulet frit etc. On appelle cela de la « mal bouffe » parce que c'est très gras et hyper calorique mais avouons-le, c'est tellement bon ! Il y a donc des chaînes de fast-food qui ne prépare que ça.
- Tu me ferras goûter ?
- Si tu veux, lui répondit-elle toujours plus étonnée, mais ce n'est pas de la haute gastronomie. Le principe est simple, tu passes commande et en moins de dix minutes tu as ton repas.
- D'où « fast-food ».
- Tu suis à ce que je vois, rigola-t-elle.
- Et oui.
- Cependant il ne faut pas que cela deviennent une habitude, je ne le fais que très rarement et parce que je sais que cela lui fera plaisir. En plus dans son menu, il a souvent un jouet.
- Bien pensé.
- Exact.
- Et alors c'est quoi un dessin animé ?
- As-tu suivi les cours d'études de moldus ?
- Rapidement, cela intéressé Blaise alors j'ai suivi.
- Tu sais donc ce qu'est une télé.
- Une télé ?
- Un téléviseur, une télévision.
- Ah oui, la boite à image.
Eclatant cette fois de rire, Hermione reprit sous son regard contrarié.
- Excuse-moi, réussit-elle à dire entre deux fous rire, mais celle-ci je ne l'avais jamais entendu.
- Ok, je suis vexé maintenant.
- Mais non allez, c'est trop drôle. Promis j'arrête.
- Si on veut.
- Donc, reprit-elle calmement, tu sais ce qu'est une télévision.
- Oui.
- Et bien on peut passer des films, des histoires, en plus des informations ou des documentaires.
- Il faudra que j'étudie cela en détails, reprit-il sérieusement.
- Avec plaisir. Et donc un dessin animée est une histoire, généralement pour les enfants.
- Que vas-tu lui prendre ?
- Le succès de cette année, le triomphe de 2002 des dessins animés, la planète au trésor.
- Quelle en est l'histoire ?
- Un jeune garçon qui cherche une planète avec un trésor, c'est complexe.
- Je vois cela. Il commence à faire vraiment froid, nous ferions mieux de rentrer.
- Tu as raison, lu répondit-elle en déposant un baiser sur ses lèvres.
Après être rentré, la famille passa le reste du week-end entre ballade et repas bien chaud. L'hiver s'annonçait froid et rude, et le couple profita d'un dimanche matin sous la couette, confortablement installés. L'appartement avait été nettoyé et tout avait été remis en ordre lorsqu'Hermione et Ethan y retournèrent le dimanche soir, toujours accompagné de Drago. Ainsi, c'est heureuse et fraiche que la jeune femme arriva le lundi matin au Ministère.
- Bonjour Hermione, je suis content de te revoir, lui lança Neville alors qu'elle sortait d'un des ascenseurs.
- Bonjour, je suis heureuse de te revoir également.
- Je t'accompagne si tu veux.
- C'est gentil à toi, lui répondit-elle en souriant.
- Veux-tu que l'on mange ensemble ce midi ? Histoire de ne pas te laisser seule avec Monsieur Malefoy.
- Oh merci Neville, mais j'ai reçu un message ce matin de Ginny et Pansy me demandant de déjeuner en leur compagnie. Une autre fois.
- Oui, lui répondit-il en souriant, mais je ne savais pas que tu étais amie avec Mademoiselle Parkinson.
- Bientôt Madame Zabini d'ailleurs.
- Tu lui transmettras mes félicitations.
- Avec plaisir Neville.
En arrivant dans son bureau, Hermione fut agréablement surprise de constater que tout était en ordre. Drago y avait veillé. Elle offrit alors un thé à son ami, en prépara un pour Drago et un pour elle puis finit par regarder distraitement les dossiers empiler.
- J'imagine que tu cherches des idées de cadeau pour Ethan, nous approchons de noël.
- C'est vrai, admit-elle avec un sourire, mais à son âge c'est plutôt simple. Et pour revenir à ta remarque de tout à l'heure, Drago n'est pas un problème.
Etonné par cette réponse, Neville vit alors le patron arriver avec un grand sourire aux lèvres. Serrant d'abord la main du jeune homme, il se dirigea ensuite vers Hermione et l'embrassa délicatement sur les lèvres.
- Avions-nous dit que nous nous montrerions ensemble ? demanda Hermione amusée.
- Monsieur Londubat est ton ami, ce n'est donc pas un problème.
- Je vois cela.
Prouvant ses dires, et après avoir déposer un dossier sur son bureau, il attrapa sa tasse fumante et caressa la joue de la jeune avant de glisser sa langue entre ses lèvres entrouvertes. L'embrassant comme si sa vie en dépendait, il descendit sa main libre vers sa hanche et la rapprocha de lui.
- Avec un peu de chance, une des commères va passer par là, et tout le ministère saura que tu es à moi, lui glissa-t-il amusé.
- Très drôle en effet.
- Il faut que je me dépêche tout de même, j'ai une réunion à dix heures.
- Et moi j'ai une tonne de choses à faire avant de déjeuner avec les filles.
- Bonne chance, répliqua l'héritier en passant la porte de son bureau.
Après quelques heures de travail, Hermione embrassa une dernière fois son petit-ami et rejoignit ses amies dans un restaurant branché que Pansy affectionnait.
- J'y crois pas, et tu les as surpris comme ça ! éclata de rire la rousse entre deux bouchées de tartares de thon, après que la serpentarde lui ait raconté les événements du week-end.
- Tu l'aurais vu renchérit-elle, elle était toute rouge !
- Et je suis là je vous signale, leur rappela Hermione en secouant sa fourchette.
- Mais c'était tellement drôle, renchérit Pansy.
- Tu ne rigolais pas sur le coup.
- Et pour cause, vous me l'aviez caché.
- Et on s'est bien engueulé après.
- Mais ce n'est pas vrai ! On ne peut pas vous laissez cinq minutes.
- J'ai découvert un truc à ce sujet Pansy.
- Quel genre de truc ? reprit-elle sous le regard captivé de Ginny.
- Genre psychanalyse.
- Je vois, il t'en a parlé ?
- Non, et peu importe comment je l'ai découvert mais c'était vraiment grave ?
- Pire que tout ce que tu pourrais imaginer.
- Je suis un peu perdue les filles, rappela Ginny en agitant les mains.
- Lorsque Drago et elle se sont séparés, il est tombé bas, très bas. Déprimé, il ne dormait plus et ne s'alimentait plus. Il a fini par se trancher les veines.
- Mon dieu, souffla Ginny alors qu'Hermione baissait les yeux.
- Tu n'as pas à te sentir coupable, la rassura Pansy en lui posa une main sur son poignet. Toi aussi tu as souffert.
- Je confirme, ajouta Ginny, elle a pleuré tout l'été et ce n'était pas qu'à cause de la mort de… Ronald.
- Mais aujourd'hui nous nous somme retrouvés, reprit Hermione avec un sourire.
- J'aime cet état d'esprit, alors il paraît que vous avez baisé toute la matinée ? demanda naturellement Pansy en piquant un bout de tomate et de mozzarella.
- Pansy ! s'exclama Hermione sous les éclats de rire de Ginny.
- D'après Blaise, c'était dynamique.
Rouge tomate, Hermione s'enfonça dans la contemplation de son poisson aux petits légumes en énumérant les couleurs sous les rires de ses amies.
- Je suis contente pour toi, lui sourit Ginny.
- Tu t'enfonces, lui fit remarquer Hermione.
Parlant de tout et de rien, les jeunes femmes passèrent un bon moment. Lorsqu'on leur apporta les desserts, Hermione s'adressa à Ginny.
- J'ai besoin d'une robe Gin'.
- Robe, genre robe ?
- Oui…
- Es-tu malade ? la taquina-t-elle.
- Non, mais il y a une soirée mardi et je me dois d'être présentable.
- Tu y vas ? demanda alors Pansy, des étoiles dans les yeux.
- Cela lui fera plaisir, je le sais.
- Tu es un amour Hermione.
- Alors une robe, reprit Ginny, je crois que je pourrais avoir quelque chose de classe pour toi.
- Merci Gin', je passerai la chercher ce soir.
- Ne t'embête pas, j'enverrai Harry te la déposer.
- C'est gentil, je remettrai l'argent à Harry.
- A ce propos, commença Pansy, est-ce que tu fais des grands modèles ?
- Genre femme enceinte ? lui demanda-t-elle avec un sourire.
- Non plutôt genre robe de mariée, lui répondit-elle, fière d'elle.
- Tu es un train de me dire que tu voudrais que je te fasse ta robe de mariée ?
- Oui.
- Mais ce n'est pas possible, je veux dire je n'ai pas le talent pour…
- Je ne crois pas non, l'interrompit Pansy, tu as un talent immense.
- Mais je ne pourrais jamais toute seule.
- Et bien, je t'engagerais des assistantes.
Réfléchissant, Ginny fronçait les sourcils. Puis, face à ses amies, un sourire se peignit sur son visage.
- J'aurais carte blanche ?
- Je veux juste le contrôle de la matière.
- Matière ?
- Je veux de la soie, blanche, et un beau voile…Très long, et brodé aussi.
- Accordé ! C'est génial ! Je n'arrive pas à y croire, tu te rends compte Hermione.
- Je suis contente pour toi, lui sourit la jeune femme en lui prenant la main.
- Et j'aimerai aussi que tu fasses les robes de mes demoiselles d'honneur.
- Pas de problème, je vais commencer les croquis, faire des cahiers pour les matières et les couleurs et puis je vais appeler quelqu'un pour les thèmes et…
- Mais ma parole, c'est que tu deviens pire qu'elle ! plaisanta Hermione.
- Et pourtant il y a du niveau, renchérit Pansy.
Rigolant toutes les trois, elles finirent de déjeuner tranquillement et Hermione retourna travailler non sans avoir réussi à faire garder Ethan par Harry le mardi. La jeune femme travailla le reste de la journée, heureuse de partager des moments avec son amoureux, satisfaite d'avoir été occupée pour la journée. Après avoir déposé un baiser tendre sur la bouche de l'héritier, elle rentra chez elle et se détendit un petit moment. Puis elle s'attaqua au ménage de l'appartement ; passant l'aspirateur et la serpillère elle sentit alors une douce odeur de lavande, elle s'attaqua par la suite aux poussières et à la crasse sur les carreaux. Alors qu'elle retirait son tablier, Harry pénétrait dans l'appartement en portant une grande housse blanche.
- Harry ! Comment vas-tu ? s'exclama-t-elle en l'enlaçant.
- Très bien, et toi ?
- Parfaitement bien. Tiens, lui dit-elle en lui tendant l'enveloppe pour payer la robe.
- Merci Hermione, tu es un ange.
- Ginny, t'as dit que vous gardiez Ethan demain ?
- Oui, j'en suis ravi ! J'ai prévu pleins de choses, glace, DVD, pop-corn, cookies, chocolat chaud…
- Harry, il est temps que tu ais des enfants.
- Je sais mais …
- Oui ?
- Je ne crois pas que Ginny soit prête.
- Oh que si.
- Tu le crois vraiment ?
- Oui Harry, elle n'attend que cela, le rassura-t-elle en lui souriant et en lui passant une main dans le dos.
- Tu sais, j'ai vraiment envie de la demander en mariage.
- Alors pourquoi diable ne le fais-tu pas ?
- Molly est très proche de sa fille, et après la guerre et tout ce qu'elle a enduré... Je ne veux pas lui voler sa fille.
- Tu la consoleras en lui donner des petits-enfants !
- Tu sais qu'elle considère Ethan comme son petit-fils…
Hermione était sur un terrain glissant, et elle le savait. Ses amis ne lui avaient jamais fait remarqué qu'Ethan n'était ni roux ni n'avait les yeux bleus… Non, tous restaient dans l'interrogation de ses iris de glace. Ou bien se voilaient-ils tous la face ? Cette option était nettement plus probable. Hermione avait tenté un jour d'en parler avec Molly, mais cette dernière avait pris la fuite prétextant un besoin urgent de confiture à faire.
- Je le sais oui, finit-elle par lui répondre. Tout comme tu le considères comme ton neveu.
- Oui, enfin ce n'est pas la même chose.
- Si Harry, c'est la même chose.
Comprenant la réponse de la jeune femme, le brun parut soumis à un véritable dilemme.
- Je vais essayer la robe, remercie encore une fois Ginny.
Alors qu'elle ouvrait la housse, la porte claqua.
Le mardi arriva rapidement, et lorsque l'héritier Malefoy descendit dans la salle de bal à 19h, celle-ci était pleine à craquer. Les murs blancs ornés de dorures, les grandes fenêtres et les lustres en or donnaient à la pièce un certain chic. Cette salle lui faisait souvent penser à ces châteaux qu'il avait pu visiter en France avec ses parents. On avait installé de grandes tables, drapées de nappes blanches, et recouvertes de petits fours. Les serveurs faisaient le service, tous habillés en vert et argent. Alors qu'un jeune homme s'approchait rapidement de lui en lui apportant une coupe, il parcourut la salle d'un regard.
Sa mère, toute de diamants parée et portant une grande robe noire, lui sourit et il se demanda quelle en était la raison. Sa mère avait toujours détesté ces soirées.
- Drago, te voilà enfin ! s'exclama Pansy en traînant Blaise derrière elle.
En voyant la tête de son ami, Drago eut un sourire moqueur. Blaise n'aimait sous aucun prétexte mettre un smoking.
- Tu es très belle ce soir Pansy.
- Quel gentleman monsieur Malefoy, mais je ne suis pas la plus belle de la soirée.
- Serais-tu malade ? la taquina-t-il.
- Tu verras. Bon je dois aller boire un jus ou de l'eau, j'ai soif. Tu viens Blaise ? demanda-t-elle en tirant déjà son fiancé par la manche.
- A tout à l'heure.
Alors qu'il envoyait un sourire désolé à Blaise, il suivit des yeux la petite traîne de tulle parme de la future madame Zabini. Pansy aimait attirer les regards et elle n'avait à présent plus besoin de couleurs osées au regard du diamant qu'elle avait au doigt. Poursuivant son chemin, il salua Millicent, ancienne camarade fortement masculine. Remarquant une personne cachée derrière cette dernière, il sourit et pencha la tête.
- Bonsoir Millicent.
- Drago.
- Es-tu accompagnée?
Souriant à son tour, Millicent passa son bras musclé autour d'une taille frêle qu'elle ramena devant elle.
- Luna Lovegood ! s'exclama amicalement le blond. Et bien, bienvenue à notre assemblée.
- Merci Ange Blond à l'âme pur.
- Ange Blond… répéta l'ex-serpentarde perplexe.
- N'hésitez pas à redemander du champagne, à plus tard.
Se disant que Luna n'avait pas changé, Drago réfréna son fou rire et se promit de tout répéter mot pour mot à Hermione. A coup sur, il passerait un bon moment. Se concentrant, il passa en revue les absents et présents avant de repérer dans le coin, une jeune femme de dos, admirant les tapisseries murales entre deux fenêtres. Elle arborait un chignon tressé orné d'un peigne en argent, ce dernier s'accordant à la robe bordeaux. Alors qu'il se dirigeait vers cet invité surpris, une jeune femme vint se placer devant lui.
- Drago chéri, te voilà enfin !
- Drago chéri ? Non mais vous avez quoi avec les surnoms ce soir ?
- Je te taquine mon ange.
Astoria Greengrass lui sourit de toutes ses dents et il poussa un soupir discret. Elle avait mis quantité de rubis et sa robe en soie jaune allait faire criser Pansy devant ce flagrant délit de mauvais goût. Assurément.
- Tu es venue avec Théo j'imagine.
- Oui, mais j'aurais pu venir seule.
- Pas vraiment, étant donné qu'il faut être ex-mangemort ou avoir un lien avec un de ces derniers pour être admis.
- Si tu le dis.
- Je le dis.
- Alors il paraît que tu as un nouveau bureau !
- Depuis un certain temps.
- Il faudra que tu me le fasses visiter un jour, lui susurra-t-elle alors, caressant sa main sensuellement en se collant à lui.
- Ca ne se visite pas.
- Tu sais que je suis très souple, imagine tout ce que l'on pourrait y faire, continua-t-elle en se frottant à lui.
- Je ne préfère pas, je n'ai pas encore mangé.
Ne lui laissant pas le temps de comprendre, il la planta là, retournant vers un autre couple près du bar.
- Monsieur Malefoy.
Tournant la tête vers le jeune homme qui lui tendait la main, il la saisit et échangea une poignée de mains tout en cogitant sur son identité.
- Monsieur Corner.
Ouf, sa mémoire était toujours d'actualité. Puis, se tournant vers la jeune femme à la robe bustier à rayure or et rose, il attrapa sa main et l'embrassa.
- Daphnée, ou madame Corner.
- Dray… Tu es vraiment un parfait gentleman.
- Content que vous ayez pu venir. Où sont vos enfants ?
- Les filles sont en train de boire du jus d'orange avec Pansy, lui répondit-elle en désignant les deux petites têtes rousses près de son amie.
- Bien. J'ai vu ta sœur.
- J'ai vu cela en effet, désolée. Il faudrait que je trouve un moyen de la faire interner celle-ci.
- Nymphomanie ? suggéra son mari avec un sourire non dissimulé.
- Bonne idée.
- En tout cas, reprit l'héritier, je ne t'en débarrasserai pas en l'épousant.
- Tu vaux beaucoup mieux, je ne sais plus quoi faire.
- Elle n'est pas avec Théo ?
- Tu les connais…
Théodore et Astoria étaient connus pour leur instabilité émotionnelle et il était courant qu'ils soient vus avec plusieurs personnes le même soir. Théo avait été affecté par la guerre, Astoria…Disons qu'elle avait toujours été comme ça.
- Michael, j'ai cru entendre que tu avais des problèmes à la bourse.
Rougissant le jeune homme hocha la tête et attrapa la main pâle de sa femme.
- Tu devrais venir me voir dans les prochains jours, on cherche un bon financier.
- Ah oui ? demanda-t-il avec espoir. D'ailleurs mes félicitations, on dit partout que tu serais bon candidat pour le poste de ministre.
- Oh ne nous emballons pas, répondit-il avec modestie, mais bon pour en revenir à notre histoire j'ai du virer McLaggens, et maintenant…
- Cormac ? intervint Daphnée.
- Lui-même.
- Alors tu as du y trouver une certaine joie, tu n'avais jamais pu le voir ce garçon.
- Et j'espère qu'il se souviendra de ce qu'il en coûte de défier un Malefoy.
- Que s'est-il passé ?
Leur racontant rapidement l'affaire avec Hermione, il vit lentement un sourire se dessiner sur le visage de la rousse alors que son mari secouer la tête. Après avoir parler de son offre d'emploi, Drago repartit, se souvenant qu'il avait aperçu une personne ne devant pas se trouver là.
Repérant la jeune femme, il attrapa une autre coupe de champagne et s'approcha. Mais plus il marchait, plus ce corps lui semblait familier. En particulier ce cou gracile, cette chevelure, ces jambes…
- Mademoiselle.
- Bonsoir Monsieur Malefoy, lui répondit Hermione en se retournant.
Restant bouche-bée, il lui tendit la coupe et se perdit en la contemplant. Sa robe était de coupe simple, un col rond assez bas, de fines bretelles, et le tissu épousait ses formes jusqu'aux genoux. La trouvant plus grande, il remarqua les escarpins noirs.
- Hermione, tu es… Magnifique.
- Merci, tu n'es pas mal non plus.
- Que fais-tu ici ? Où est Ethan ?
- Ethan est chez Harry et Ginny. Et moi, je me suis dit que cela te tiendrait à cœur.
S'approchant, il déposa un tendre baiser sur ses lèvres et passa un bras autour de sa taille, d'un air possessif. Il était important que les mâles de cette assemblée comprennent qu'elle n'était qu'à lui.
- Qui sont tous ces couples près de la cheminée ?
- Joueurs de quidditch, lui répondit-il en buvant une gorgée.
- Est-ce normal qu'il y ait Padma Parvati ?
- Elle a épousé Adrian Pucey, et ils ont… Trois enfants.
- Déjà ?
- Des triplets.
- Ah, ça explique beaucoup de choses. Je n'arrive pas à croire qu'i peine cinq ans, nous étions tous dans la grande salle.
- Le temps passe Hermione. Es-tu allée voir Neville et Cho ?
- Que font-ils ici ? demanda la jeune femme visiblement étonnée.
- Cho Chang a été une espionne de Lord Voldemort pendant plusieurs années, et comme Neville est son mari…
- J'aurais du m'en douter.
- Tu n'aimes pas Chang, n'est ce pas ?
- Je ne l'ai pas vraiment porté dans mon cœur, après tout ce qu'elle a fait à Harry… Mais elle est mariée à présent.
- Et enceinte.
- C'est à croire que cela devient contagieux.
- Cela ne me poserait pas de problème, répliqua Drago, un sourire aux lèvres.
Rougissant, Hermione détourna les yeux et croisa le regard de Neville qui lui sourit. Lui souriant à son tour, elle remarqua alors que Drago et elle étaient devenus le centre de l'attention. Gênée, Hermione chercha son regard mais il fixait un point au loin et hocha la tête. C'est alors que Super Parkinson rentra en action.
- Bien, s'il vous plait, appela-t-elle en montant sur une estrade. Bienvenue à la soirée annuelle organisée par la famille Malefoy afin de récolter des fonds pour la reconstruction et les aménagements post-guerre.
- Cette année, reprit-elle au bout de quelques secondes, les fonds seront reversés aux orphelinats en reconstruction dans le vieux Londres. Souvenez-vous, ne donner pas pour avoir conscience tranquille mais en pensant au futur et aux générations qui vont nous succéder. L'urne sera déposée dans quelques minutes près de la grande porte, et vous pourrez ainsi y mettre vos dons. N'oubliez pas de remplir le registre à sa droite. Merci beaucoup.
Concluant avec un grand sourire, elle descendit fière d'elle et accueillant les compliments qui fusaient autour d'elle. Poursuivant son trajet jusqu'au petit couple, elle prit Hermione dans ses bras.
- Je suis si heureuse que tu sois là.
- Tu as fait un très beau discours, et tu es vraiment très belle ce soir, lui retourna Hermione.
- Merci. Bon alors Dray, combien as-tu donné ?
- On a fait un chèque ne t'inquiète pas.
- Mais je ne m'inquiète jamais lorsqu'il y a la famille Malefoy dans le coin, lui répondit-elle en portant son regard sur Hermione alors que cette dernière rougissait.
- Bon je vous laisse discuter entre filles, il faut que j'aille voir Théo.
Toutes deux épiées par les regards, Pansy prit son air suffisant et Hermione pouffa.
- Ils doivent tous se demander ce que je fais ici.
- Ne t'inquiète pas quelqu'un a diffusé la rumeur selon laquelle tu étais la nouvelle petite amie de Dray.
- Quelqu'un ? lui demanda-t-elle en lui lançant un regard soupçonneux.
- Oui et quelqu'un qui a des doses inhabituellement hautes d'hormones, alors ne la vexe pas.
- Ils pensent que je ne suis qu'une croqueuse de diamants, lui fit remarquer la lionne au bout de quelques minutes.
- Crois-moi, il était important que quelqu'un leur dise que Drago avait quelqu'un.
- Mais pourquoi donc ?
- Pour ça, lui désigna-t-elle du doigt.
Hermione voyait clairement quelques femmes, toutes de diamants parées, tourner autour de Drago mais elle lui faisait confiance.
- Et le pire arrive, commenta Pansy en voyant s'avancer dangereusement Astoria.
- Je hais les Greengrass, lâcha alors Hermione.
- Ca vient du cœur ça, pourquoi ? Ah oui pardon, j'avais oublié.
- Peu importe, je ne tiens pas à leur parler.
- D'ailleurs à ce propos, moi j'ai à te parler.
- Ah oui ?
- Oui quand vas-tu dire à Drago ce que nous savons toutes les deux ?
- De quoi parles-tu ?
- Papa, Drago, Ethan, ça te dit quelque chose ?
- J'ai peur Pansy, lui souffla alors la jeune femme.
L'attrapant par la main, Hermione se laissa tirer jusqu'à un petit boudoir retiré. Les murs étaient blancs mais cette fois ornés d'arabesque mauves et de tableaux anciennes.
- Où sommes-nous ?
- Salle VIP pour parler affaires.
- Je vois.
- Allez, raconte-moi, commença Pansy en tapotant la place libre à côté d'elle sur le grand canapé.
Se laissant tomber, Hermione se tordit les doigts et se concentra sur ses chaussures.
- On s'est disputé comme tu le sais, le week-end dernier.
- Oui, tu m'as racontée.
- Je me suis alors rendue compte que Drago comptait énormément pour moi. De plus, je pense sérieusement à notre relation, je ne veux pas qu'on se quitte.
- Mais ?
- Mais j'ai peur qu'il réagisse très mal à l'annonce de cette paternité alors que j'aurais pu lui dire dès le début. Et il est en droit de me le reprocher.
- Je ne sais quoi te dire Hermione.
- Vraiment ?
- Je n'ose imaginer ce que je ferais à une personne qui me cacherait un secret aussi énorme… Mais Drago t'aime, et il ne tient pas non plus à te perdre. Quand à Ethan il est temps qu'il se construise de véritables souvenirs avec son père.
- Tu as raison. Je vais lui dire, mais pas ce soir.
- Qu'est ce qui t'embête encore ? fit Pansy, remarquant son froncement de sourcils.
Lui résumant le comportement d'Harry, la jeune femme put remarquer le sanglot qui montait dans la gorge d'Hermione.
- Tout va bien se passer, ne t'en fais pas.
- C'est gentil.
- Bon, retournons-y avant que Drago fasse fouiller tout le manoir à ta recherche, reprit Pansy en lui attrapant la main et en commençant à rire.
