A peine sortis, Pansy alla retrouver son mari et Hermione se retrouva seule près du buffet. Les regards étaient braqués sur elle, telle une étrangère, elle baissa les yeux, cherchant un réconfort quelconque dans la contemplation de ses escarpins.

- On relève la tête et on fait comme si cela ne nous atteignait pas, lui chuchota quelqu'un à l'oreille.

- Madame Malefoy ! Vous m'avez fait peur.

- J'ai bien vu que vous étiez préoccupée mais les gens sont de nature curieuse. Ils cherchent qui vous êtes, pourquoi vous êtes ici et ce que vous pourriez leur amener.

- Je suppose que c'est un trait commun aux serpentards.

- Et aux femmes jalouses, ajouta l'aristocrate en lui souriant.

Attrapant une coupe de champagne, Hermione en but une gorgée avant de regarder une fois encore l'assemblée. Drago était toujours entouré d'une dizaine de jeunes femmes, cherchant à lui parler, à se faire remarquer… Comment Drago avait-il pu la trouver elle parmi cette foule de beautés?

- Ne vous inquiétez pas pour cela, mon fils est un homme riche et un bon parti, chaque femme espère devenir la future madame Malefoy, mais certainement pas pour les mêmes motifs que vous.

- C'est une attitude déplacée.

- C'est la jungle des maris.

- C'est une façon de voir les choses.

Rigolant doucement, Narcissa regarda son fils et son sourire s'élargit.

- Où est mon petit ange ? demanda-t-elle au bout de quelques secondes.

- Chez mes amis, je ne pensais pas qu'il ne serait pas approprié de l'exposer ainsi à des gens que je ne connaissais pas moi même.

- Vous avez eu raison… Quand est-ce que je pourrais le voir ? demanda-t-elle alors avec une note d'espoir dans la voix.

- Bientôt madame Malefoy, enfin si votre fils veut que je vienne ici.

- Je ne me fais aucun soucis pour cela mademoiselle.

Alors que la soirée se terminait, Drago attrapa la main de sa douce et la guida dans un salon privé, accompagné de quelques uns de ses amis.

Dans les teintes bleu roi, la pièce avait une dimension acceptable pour que tout le monde puisse se parler sans que l'on soit coller les uns aux autres. Assise sur un petit fauteuil en cuir, Hermione chauffait ses mains près de la cheminée.

- As tu froid ? demanda le blond, inquiet.

- Non, mais j'aime la chaleur d'un feu de bois.

L'embrassant doucement sur la tempe, il but une gorgée de whisky et se tourna finalement vers le couple le plus proche.

- Alors Pansy, on est au jus d'orange ?

- Dray, je tuerai pour une vodka kiwi alors ne m'énerve pas, ok ?

- Ne t'inquiète pas, dans quelques mois je t'en offrirais une bouteille, plaisanta-t-il.

- Et je te la réclamerai. Dis moi Hermione, as-tu pris des cours d'accouchement ?

Se retournant, Hermione attrapa son verre et contempla le liquide rosé.

- Non, pourquoi ?

- Pour un accouchement sans douleur, reprit la future mère sérieusement.

Rigolant doucement, Hermione but à son tour.

- Crois moi ma chérie, un accouchement sans douleur cela n'existe pas.

- Mais si !

- Pansy, un bébé d'en moyenne trois kilos, et de cinquante centimètres doit passer par un orifice de la taille d'un gallion.

Devant la grimace des deux jeunes hommes et le visage en décomposition de son amie, Hermione ne put s'empêcher de rigoler un peu plus

- Et bien, c'est élastique non ?

- Pas à ce point, non.

- Blaise, je ne veux plus accoucher.

- Euh… Comment te dire, je crois que tu n'as pas trop le choix mon ange.

- Ah oui, et bien nous verrons cela.

Se levant elle se dirigea vers le fond de la pièce, bien déterminer à boire un autre verre de jus et se passer les nerfs sur les cacahuètes.

- Cela lui passera, elle est inquiète, c'est normal, tenta Hermione.

- Je l'aime bien comme ça.

Hermione et Drago se jetèrent un coup d'œil avant de rire à leur tour.

- Je ne vois pas où est le problème, reprit Blaise.

- Mon ami, ta fiancée est déjà complétement dingue au naturel, tu lui ajoutes une dose d'hormones…

- Et c'est la merde. Oui je sais Dray, reprit-il en riant .

- Vous avez commencé à acheter des choses ? demanda alors Hermione.

- Des choses… Va dire ça à Pans', elle a déjà choisi les couleurs de la chambre, les meubles, les draps, les rideaux, les lumières et on en est à six cartons de vêtements naissance.

- Mon pauvre, je compatis… Plaisanta Drago en lui tapant sur l'épaule.

- Surtout que, entre nous, un bébé ça grandit non ?

- Jusque là, je te suis.

- Alors allez lui expliquer qu'habiller un bébé avec un stock de dix mois de taille naissance cela ne sert à rien.

- Je crois que je préfère te laisser faire, elle peut faire peur parfois.

Rigolant ensemble, les hommes finirent par parler affaires et Hermione se retrouva avec un jeune homme.

- Hermione !

- Michael Corner ?

- Et oui, alors qu'est ce que tu deviens ?

- Et bien… Je travaille avec Drago, et puis je vis à Londres.

- Oui je vois ça, on dit partout que tu es sa fiancée, est-ce vrai ? demanda-t-il avec intérêt.

- Sa fiancée ? Non, nous sortons ensemble mais nous n'en sommes pas encore là tous les deux, lui confia-t-elle en souriant.

- Et bien je te souhaite beaucoup de bonheur avec lui, c'est un homme bien.

- Merci Michael, et toi ? Comment vas-tu ?

- Très bien, mes filles sont parties se coucher avec leurs nourrices et ma femme… A du aller tuer sa sœur.

- Pardon ?

- Daphné a quelques problèmes avec notre nymphomane nationale.

- Tu es mariée à Daphnée Greengrass ? demanda un peu brusquement la jeune femme.

- Oui, c'est une femme extraordinaire, lui répondit-il en souriant.

- Je ne savais pas que vous étiez ensemble, tous les deux, enfin mariés, tenta-t-elle de se rattraper.

- On s'est mariés deux ans après la fin de Poudlard, et nos filles sont arrivées un an après environ.

- Je suis heureuse pour toi alors, si elle te convient.

- Elle me l'a dit tu sais.

- Pardon ?

- Elle m'a confiée ce qu'elle avait fait, avec… Ron.

- Oh, je vois.

- Elle ne parle plus de cette période, elle a changé tu sais.

- Je ne la connais pas bien, mais sa sœur…

- Oui, elle rêve d'habiter ici.

- Et d'épouser Drago.

- C'est une trainée.

- Je vois que tu ne la portes pas dans ton cœur, rigola Hermione.

- Il n'y a pas pire que cette fille, à part peut être…non.

Rigolant tous les deux, elle but à nouveau et remarqua que Pansy était en train de se venger sur la nourriture.

- Excuse-moi, je vais aller voir une amie. A une prochaine fois.

Se dirigeant vers la table du fond, elle passa un bras autour de la taille de son amie.

- Ne t'inquiète pas Pansy, tout se passera bien.

- Mais… Et si il n'arrive pas à sortir ?

- Et bien on ira le chercher !

- Quoi !

- Mais non, je rigole.

Devant l'air dépité de l'aristocrate, elle sourit et se reçut une cacahuète.

- Ca ne va pas de me faire peur comme ça.

- Et encore, tu as Blaise, il sera formidable avec toi j'en suis sûre.

- Je serais là pour le prochain, la taquina Pansy, et Drago aussi.

- Comment te dire… Il n'y aura pas de prochain.

- Oh que si, tu cèderas.

- Pense à la taille d'un gallion.

- Tais-toi traitresse.

Alors que les deux jeunes femmes continuaient à se taquiner, Astoria débarqua dans sa petite robe bustier d'un jaune criard. Se rapprochant de Drago d'une démarche féline, elle poussa Blaise pour se retrouver face à l'héritier. Haussant les sourcils, il soupira un moment avant de prendre la parole.

- On parlait Astoria.

- Et alors ? Je peux faire des choses bien plus intéressantes avec ma langue.

- Je n'en doute pas une seconde, reprit-il visiblement lassé.

- Tu viens alors, j'ai envie de toi.

- Excuse-moi mais à ce niveau je suis rassasié.

- Je ne t'ai pas beaucoup vu pourtant.

- Mais qui a dit que je parlais de toi ? lui murmura-t-il, arborant son sourire malfoyen.

Se dirigeant vers le fond sous son regard de vipère, il passa un bras autour de la taille de sa petite amie et la rapprocha de lui. Le cri qu'elle voulut émettre resta bloqué mais sa bouche grande ouverte et son regard étaient plus qu'expressifs.

- Oh mon Dieu !

- Elle hallucine, elle voit Dieu maintenant, s'étonna Pansy.

- Mon cœur, ton humour est tombé dans le négatif.

- Blaise, mon humeur est six pieds sous terre.

Astoria se dirigea vers le petit groupe, arborant un air fier qui ne lui allait pas.

- Alors c'est avec toi qu'il baise ?

- Je doute que ce vocabulaire convienne à une jeune fille comme toi Astoria, répliqua froidement Hermione, et entre nous ce n'est pas que cela.

- Tu m'as volée mon mec !

- Il était étonnement seul lorsque je l'ai rencontré pourtant. L'aurais-tu mal attaché ?

- Comment oses-tu sang de bourbe !

Voyant que Drago réagissait, la jeune femme posa une main sur son torse pour l'arrêter.

- Dis ce que tu veux, mais en ce moment même et de part ton attitude, on sait qui est la plus noble de nous deux.

- Il finira par te quitter, tu n'es rien.

- Elle vaut bien plus que toi, intervint Drago.

- Oh je t'en prie, tes idéologies n'ont pas changé du jour au lendemain, on sait pourquoi tu es avec elle, répliqua-t-elle en la détaillant de la tête aux pieds.

- C'est la que tu fais erreur.

- Tu es ridicule.

- Ah oui ? Je dirais plutôt que c'est toi.

Le regard noir que lui lança la rousse était clair, elle ne l'aimait pas et elle allait clairement lui gâcher sa soirée.

- Drago reviendra vers moi, j'ai bien plus à lui offrir que toi ! lui cracha-t-elle alors.

- Ah oui ? Comme quoi ?

- J'ai un certain patrimoine, une dote parfaite et des origines.

- Si tu le connaissais, tu saurais que Drago n'a pas besoin de tout cela.

- Oh ma chérie… On sent que tu n'as pas passé tes années avec lui à Poudlard, tu serais étonnée. Je me souviens encore de ses propos sur toi, hein, « petite sang de bourbe mal baisée ».

Voyant qu'elle avait réussi à la blesser, elle sourit mais Hermione reprit vite pieds.

- C'était il y a des années Astoria, les gens évoluent. Grandis un peu.

Fronçant les sourcils, elle regarda Drago puis Hermione, et décida qu'elle n'avait plus rien à perdre.

- Moi au moins, je n'élève pas un batard.

Un silence de mort régna un instant et alors que tout le monde regardait Drago, attendant sa réaction en même temps que son regard s'obscurcissait, personne ne pensa à arrêter Hermione. Se fichant de sa robe, de sa coiffure, de sa dignité, elle se jeta sur Astoria, la plaquant au sol.

- Je t'interdis de parler de mon bébé, sale petite trainée !

N'écoutant que son courage de mère, elle la gifla et évita les coups de la jeune écervelée qui criait à présent dans les aigus.

- Tu ne sais pas ce qu'est d'être une mère, et je ne souhaite à aucun enfant de devenir le tien.

Hermione s'étonna elle-même, ne se savant pas capable d'exprimer une telle haine en quelques mots.

- Au moins les miens, ils seront fiers d'avoir un père.

Sentant la rage monter en elle, son regard s'emplit de fureur et elle continua à se battre contre cette femme qui ne souhaitait qu'une chose : lui prendre Drago et souiller son image.

Sentant les bras forts de Drago autour de sa taille, elle luta mais sentit qu'elle quittait le sol, rugissant toujours contre la Greengrass..

- Ose parler encore une fois de mon fils et tu le regretteras !

- Hermione, calme toi, l'apaisa Drago en la guidant vers la sortie.

La menant jusqu'à sa chambre, il claqua la porte derrière eux alors que Pansy s'occupait des invités restant.

- Daphné, emmène ta sœur, que je ne la revois pas avant que cela soit nécessaire.

- Cette trainé, elle me le paiera, hurla Astoria.

- Je ne crois pas non, lui répondit la femme enceinte en passant un bras autour de ses épaules pour la conduire à la sortie. Et soit gentille chérie…

- Quoi ?

- Brûle cette robe, j'en ai encore mal aux yeux.

Fulminant, la rousse partit en claquant la porte alors que Pansy attrapait le bras de son fiancé.

- Bon, rentrons, il y a eu assez d'action pour la soirée.

- Tu trouves ? Moi j'ai trouvé ça sympa, et puis voir Granger dans cet état.

- Oh oui… Rigola-t-elle en lui lançant un regard malicieux.

Dans une pièce sombre éclairée par seulement quelques bougies, des photos, de la lingerie et du maquillage étaient étalés par terre. Passant un doigt sur la photo, un homme grogna. « Si douce… pensa-t-il », il aurait tuer pour sentir la douceur de ses boucles, de sa peau, le goût de ses lèvres… Sa robe lui allait à la perfection ce soir, et ce chignon… Il avait eu envie d'enlever le peigne qui retenait sa chevelure toute la soirée.

Et puis il avait Malefoy, lui qui pouvait tout avoir pourquoi avait-il choisi sa Hermione ? Pourquoi mettait-il un obstacle en plus entre leur retrouvaille ? Il y avait le problème du gamin aussi pensa-t-il alors, elle ne pourrait jamais partir sans lui. Pourtant elle l'aimait, il était certain qu'Hermione était amoureuse de lui depuis plusieurs années, elle ne le savait juste pas… Il fallait qu'il se débarrasse du gosse. Un problème résolu.

Pleurant à chaudes larmes, Hermione s'écroula sur le lit de son amant, enfonçant sa tête dans un oreiller. Se callant contre elle, Drago ne savait quoi faire. Devait-il lui dire qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'avait Astoria ? Qu'Ethan n'était rien de tel à ses yeux ?

- Mon bébé n'est pas un bâtard… chuchota-t-elle après quelques minutes.

- Bien sur que non, Hermione.

- Mon bébé n'est pas…

La serrant plus fermement contre lui, il calla sa tête dans ses boucles et entreprit de la bercer.

- Oublie tout ce qui a été dit princesse, elle est simplement jalouse de ton bonheur.

- Elle te veut.

- Et elle ne m'aura plus, je suis à toi.

Reniflant, elle finit par de retourner et plongea dans ses iris grises. Il était en colère, assurément.

- Je suis désolée pour ta soirée.

- Ne t'inquiète pas pour cela.

- Ethan… Elle a raison.

- Non !

- Enfin je veux dire, sur le fait qu'il n'ait pas de père. Je suis une mauvaise personne Drago.

- Tu es une bonne mère Hermione, je le vois avec Ethan. N'écoute pas cette vipère, tu vaux bien mieux.

- C'est vrai ? demanda-t-elle faiblement.

- Evidement.

Passant une main dans sa chevelure, il lui retira le peigne et passa ses doigts dans ses boucles. Elles étaient si douces. Descendant, il chassa les larmes de ses joues avant de coller leurs lèvres. Le baiser était lent, doux mais il savait qu'elle était au plus mal.

- Elle t'a blessée, n'est ce pas ?

- Oui… Surtout lorsqu'elle a dit que…

- Oui ?

- Tu sais, à Poudlard.

- Je n'étais pas le même.

Semblant plonger dans ses réflexions, elle fronça les sourcils.

- Mais nous avions couchés ensemble à cette époque, et je savais qui tu étais.

- Regrettes-tu ?

- Pourquoi avons-nous couché ensemble Drago ?

- Je ne sais pas. Je ne sais plus.

- Alors c'est que peut-être …

- Oui ?

- C'était une erreur, nous savions qui nous étions et nous nous détestions.

Drago voyant la souffrance sur son visage mais il ne put résoudre à avouer ses sentiments. Certes il était fou d'elle à cette époque, il aurait tout donné pour elle, mais comment lui expliquer ? Comment communiquer sans lui dévoiler ses lourds secrets ?

Alors qu'il ne répondait pas, Hermione tenta une autre approche.

- Nous aurions moins souffert pendant toutes ses années, tu n'aurais pas…

- Je n'aurais pas ?

- Regretter, se rattrapa-t-elle faiblement.

- Je ne regrette pas ce que nous avons pu faire Hermione, je te l'ai déjà dit.

- N'en parlons plus dans ce cas.

Se redressant, elle chercha ses chaussures et entreprit d'aller chercher son manteau dans le hall.

- Où vas-tu ? lui demanda-t-il en allumant la lumière.

- Je rentre chez moi.

- Mais….Tu ne voulais pas rester ?

- Ce n'était pas dans mes plans, il faut que je parte tôt demain matin chercher Ethan avant d'aller travailler.

- Bien.

Elle s'attendait à ce qu'il lui demande de rester, elle voulait qu'il lui demande. Mais il n'en fit rien.

- A demain, lui murmura-t-elle en lui donnant un baiser rapide sur les lèvres.

Alors qu'elle fermait la porte, il souffla un grand coup. Comment un homme comme lui pouvait être aussi con parfois ?

Le reste de la semaine fut long, un froid s'était installé temporairement entre les deux et Hermione ne savait comment le briser. Devait-elle lui parler de son passé ? Ou bien devait-elle attendre qu'il vienne à elle ? Elle passait ses pauses déjeuner à parcourir les magasins de jouer en cette fin de mois de novembre alors qu'il avait de plus en plus de repas d'affaire. Ils savaient qu'il leur faudrait un jour en parler mais aucun jour ne semblait être le bon moment.

Désirant faire un pas vers elle, Drago se décida à lui proposer une promenade le samedi matin dans les jardins où la neige avait élu domicile, promettant une belle matinée pour Ethan. C'est ainsi qu'Hermione se retrouva samedi matin devant son armoire grande ouverte.

- Ethan ? appela-t-elle.

- Oui ?

- Tu as fini tes céréales mon ange ?

- Non.

- Dépêche toi ou on va être en retard.

Marmonnant, elle finit par enfiler un col roulé beige avec un jean et des bottes en cuir marron. Alors qu'elle faisait la vaisselle, elle vit arriver son petit bonhomme tout emmitouflé dans son nouveau manteau bien chaud.

- Déjà prêt ? s'étonna-t-elle en riant.

- Oui les canards vont nous attendre, et mamie aussi.

- Et Drago ?

- Oui.

Le sourire qu'il fit à ce moment réchauffa son cœur et elle alla lui nouer son écharpe. Une fois son manteau bien fermé, elle transplana jusqu'au manoir où Drago les attendait, accompagné de Pansy. Alors qu'elle déposait un baiser rapide sur ses lèvres, Drago caressa doucement le bas de son dos. Pendant ce temps, Pansy gazouillait avec le petit Ethan.

- Bonjour Pansy, je ne savais pas que tu serais là.

- Dray avait besoin de mes services, mais je file je dois aller faire des courses. A plus tard les amoureux, et au revoir ma petite citrouille d'amour, conclut-elle en embrassant Ethan et elle le reposant à terre.

Alors qu'elle leur faisait signe, Hermione se tourna vers Drago.

- Besoin de ses services ?

- Viens, tu vas voir.

- Ta mère n'est pas ici ? demanda Hermione en entrant et en se débarrassant de leurs manteaux.

- Elle n'arrive que dans vingt minutes, elle devait allez chercher un gâteau ou bien un livre, je ne sais plus exactement.

Attrapant le petit garçon, Hermione suivit Drago dans les couloirs jusqu'à ce qu'il s'arrête devant sa chambre.

- Ta chambre ? demanda-t-elle.

- Non.

Marchant deux pas de plus, il attrapa la poignet de la porte d'en face et ouvrit la porte. La chambre était spacieuse dans des tons bleu clair. Le sol avait été recouvert d'une moquette blanche avec un mince liseré argenté, et au fond, entre deux fenêtres se tenait un lit d'enfant.

- Qu'est ce que… Drago ?

La regardant il lui sourit faiblement avant de regarder les yeux du petit Ethan scintiller. Riant, le petit garçon alla sauter sur lit bien douillet avant de regarder le mur d'en fasse. Applaudissant, il indiqua à sa mère de regarder. Toutes ses peintures étaient présentes, ainsi qu'une multitude jouets.

- Drago, je ne comprends pas.

- Tu tiens à Ethan, et je ne veux pas que lorsque tu viennes ici tu doutes de quoi que ce soit alors… Ethan a sa chambre maintenant, comme ça vous pourrez venir ici autant que vous le voudrez.

Sentant les larmes couler sur ses joues, Hermione lui sourit et se glissa entre ses bras.

- Merci.

Ce simple mot déclencha en lui un bonheur infini, et il sentit son cœur battre plus fort.

- C'était important pour toi.

Ethan commençait déjà à admirer toutes les peluches et les légos entassés sur un côté. Hermione se rendit compte qu'il y avait bien plus dans cette pièce qu'elle ne pourrait jamais lui offrir.

- C'est trop Drago…

- Je…

- Oui ? demanda-t-elle en le voyant chercher ses mots.

- Il est encore trop tôt et je te consulterais avant toute chose mais je tiens à ce qu'Ethan, si notre relation continue, ait un père et je ferais tout pour qu'il ait un bon modèle paternel.

- Merci Drago, c'était important pour moi que tu acceptes… mon fils.

Se rhabillant pour sortir, elle ne pouvait s'empêcher de sourire. Cette journée démarrait à merveille et elle sentait presque le courage d'avouer à Drago sa paternité. Après une longue soirée, une coupe de champagne et un feu de cheminée, pourquoi pas ?

Alors qu'ils marchaient main dans la main, Ethan courrait autour d'eux, s'agenouillait dans la neige, touchait, explorait…

- Il faudra qu'on parle un peu ce soir.

- Bien sur princesse, de bonnes nouvelles ?

- Je-Je pense oui, lui répondit-elle en tentant de sourire.

Alors qu'ils arrivaient au bord de l'étang et que le ciel se couvrait, Hermione crut apercevoir quelque chose ou plutôt quelqu'un.

- Qu'y a t-il mon ange ? demanda Drago en la voyant s'arrêter.

- Il y a quelque chose de bizarre là bas.

- Un animal ?

- Je ne crois pas… Où est Ethan ?

Regardant autour d'elle, la panique la submergea lorsqu'elle vit qu'il avait disparu.

- Ethan ? appela-t-elle plus fort.

Son cœur s'accéléra en même temps que l'inquiétude se peignait sur son visage.

- Ethan ? appela alors Drago.

Se figeant, Hermione ne put sortir un mot en découvrant la scène sous ses yeux. Un homme en cape et masque de mangemort se tenait face à eux. Silencieux, il tenait le petit garçon contre lui, le bâillonnant d'une main. Serrant la main de son amant aussi fort qu'elle le pouvait, elle regardait, tétanisé son petit garçon.

L'homme avait son regard braqué sur eux, et au bout de quelques secondes, il partit dans un rire démoniaque telle une réincarnation du seigneur des Ténèbres.

- Pourquoi nous fais-tu ça Hermione ? demanda-t-il d'une voix roque.

- Qui êtes-vous ? demanda-t-elle faiblement, je vous en prie reposer le, ne lui faites pas de mal.

- Ma mignonne petite lionne… Pourquoi nous as tu fais ça ? Tout aurait été si simple.

- Je ne comprends pas, ne lui faites pas de mal je vous en supplie, répéta-t-elle un peu plus fort.

- Tu aurais du y penser ma douce, heureusement que je suis là pour réparer tes erreurs.

- Mais…

Avant qu'elle n'ait pu faire le moindre geste, l'homme projetait son garçon au milieu de l'étang avant de transplaner. Hurlant, elle vit le corps frêle de son fils atterrir rudement en brisant la glace. Tombée à genoux, elle ne voyait plus que l'eau glaciale éclabousser les débris sur le lac gelé.

Drago sentit son cœur se fracturer en même que la glace, et n'écoutant que la voix qui lui crier en lui de sauter, il se mit à courir tout en enlevant sa lourde cape et brisa à son tour la glace.

Hermione était complétement pétrifiée, ne pouvant plus bouger, sentant les larmes couler, en état de choc. Toujours dans cet état, elle entendit des gens hurler derrière elle mais son regard ne pouvait se détacher de cette couche fine rompue par deux endroits. Comment cet instant parfait avait-il pu se transformer en tel cauchemar ? Allait-elle se réveiller ? Elle pria pour ouvrir les yeux et se retrouver dans sa chambre, mais elle était toujours dans cette neige molle, le regard fixé à la glace.

Au bout d'un temps qui lui parut interminable, Drago remonta enfin à la surface, le corps pâle et inerte de leur fils dans les bras.