Assise sur une chaise à côté du large lit où on l'avait installé, Hermione ne pouvait quitter du regard son fils. Il était si pâle, si fragile… Toute sa joie avait déserté son petit visage.
Les larmes ne cessaient de couler, ses mains tremblaient mais la jeune femme ne pouvait bouger, ne pouvait lâcher sa petite main gelée. La scène se répétait sans cesse dans sa tête, comment cela avait-il pu arriver ? Elle s'était promise de la protéger quoi qu'il puisse arriver.
Drago était aussi à ses côtés, recouvert d'une large couverture et assis près de la cheminée où il tentait de se réchauffer. Narcissa, les larmes aux yeux, s'activer pour son fils : lui apportant des boissons chaudes, une bouilloire, une couverture sèche…
Ouvrant la bouche, Hermione tenta d'émettre un son, une parole, n'importe quoi mais tout resta bloqué au plus profond de sa gorge.
- Ma chérie ? lui demanda Narcissa d'une voix faible.
Se tournant vers l'aristocrate, elle la regarda de ses yeux rougis, sentant les larmes glisser contre ses joues mais ne put répondre.
Comprenant, Madame Malefoy lui glissa une petite couverture sur les épaules et s'assis de l'autre côté du lit. L'attente allait être longue…
Lorsque le célèbre Harry Potter arriva aux bureaux des aurors, une agitation sans nom régnait. Il remarqua au loin Neville qui parlait activement aux employés, comme lui ils avaient du recevoir le message de ministère les sommant de venir d'urgence, en plein week-end.
- Neville !
- Harry te voilà enfin, c'est horrible ! Tu tiens le coup ?
- Mais qu'est ce qu'il se passe ? C'est quoi toute cette pagaille ?
- Tu n'es pas au courant ?
- Non, explique moi.
- Viens t'asseoir par là.
Alors qu'il le menait vers un bureau vide, Harry s'inquiéta soudain. Un attentat, un meurtre d'un politicien ? Ou alors le retour du mal… ? Depuis la fin de la guerre, ça plus grande peur avait été un retour en force de la magie noire guidé par un fou furieux, pas étonnant quand on connaissait son histoire.
Assis dans un petit fauteuil en cuir, Neville s'appuya contre le bureau et prit sa respiration.
- Ce matin, il y a une agression dans le parc Malefoy.
- Malefoy est blessé ?
- Pas grand chose mais Ethan oui.
Les yeux écarquillaient, Harry resta muet un instant.
- Ethan comme Ethan Granger ?
- Tu en connais beaucoup d'autres ?
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? Et qu'est ce que le petit faisait là-bas ? Et Hermione comment va-t-elle ? Et elle, qu'est ce qu'elle faisait au manoir Malefoy ? Je savais que j'aurais du l'envoyer à Azkaban cet enfoiré !
- Harry calme toi et laisse moi le temps de te parler.
Mais déjà il s'était levé et chercher à sortir du bureau.
- Harry, il faut que tu comprennes la situation ! s'emporta Neville.
- Alors explique et vite !
- D'après ce qu'on nous a dit, ils se promenaient quand un homme habillé en mangemort a attrapé Ethan, les a menacé et…
- Oui ?
- A jeté Ethan au milieu du lac gelé.
Devant son air horrifié, Neville compatit.
- Malefoy a sauté pour aller le chercher.
- Ethan est vivant ?
Cette question lui brulait les lèvres et il redoutait tant la réponse qu'il eut du mal à l'entendre.
- Il est stable mais le choc l'a plongé dans le coma. Malefoy est juste un peu sonné et en hypothermie.
- Et Hermione ?
- État de choc total.
- Mais qu'est ce qu'ils foutaient là-bas ?! s'emporta-t-il soudain.
Mal à l'aise, Neville se tordit les doigts un moment avant de répondre.
- Et bien… Hermione et Drago… Ils sont ensemble.
- Quoi ? Mais depuis quand ?
- Ca remonte maintenant, elle ne t'en a jamais parlé ?
- Bien sur que non, je m'en serais souvenu tout de même !
- Et bien, après tout quand tu vois Ethan ça me semble logique…
- Mais de quoi est-ce que tu parles enfin ?!
Prenant un air sérieux, Neville regarda Harry comme si il débarquait d'une autre planète.
- As-tu déjà regardé attentivement Ethan auparavant ?
- Ben oui, je le garde tout le temps.
- Il est roux ?
- Mais non !
- Il a les yeux bleus ?
- Non plus.
- De quelle couleur sont ses yeux ?
Voulant répondre, Harry s'arrêta net. Il savait où il voulait en venir mais la porte qu'il avait maintenue en lui depuis tant d'années refusa de céder.
- Ce n'est pas son père.
- Bien sur que si, j'ai gardé le secret depuis Poudlard mais en vue des circonstances je peux t'assurer que Drago est le paternel d'Ethan.
- Mais comment ?
- Tu veux peut-être un dessin ?
- Comment peux-tu être au courant et moi non ?
- J'ai su l'écouter, Hermione avait besoin de se confier à une époque où la guerre vous préoccupée plus que tout, et sérieusement Harry ne me dit pas que tu ne t'en es jamais douté.
- J'ai jamais… Un bout de moi se posait la question mais l'autre bout me hurlait toujours que des choses ne doivent pas être su, c'est mieux ainsi.
- Oui, mais aujourd'hui tu ne peux plus ignorer.
- Qu'est ce que je dois faire Neville ?
Pour le coup le jeune homme parut réellement étonné, Harry Potter demandait à lui Neville Londubat ce qu'il devait faire, c'était le monde à l'envers.
- Les aurors s'occupent de l'affaire, tout le Ministère est dessus. On s'est attaqué à une héroïne de guerre tout de même ! Et toi Harry, tu vas au manoir Malefoy.
- Déposition des Malefoy ?
- Non, des aurors sont déjà sur place pour ça. Tu y vas en tant qu'ami et parrain, va veiller sur eux.
- Ok mais tu me tiens au courant, et envoie un message à Ginny s'il te plait.
Partant en courant, il se dirigea le plus vite possible vers la sortie. Il était temps d'affronter le passé.
Lorsqu'il arriva enfin au manoir, une ambiance de mort régnait. Les elfes de maisons et le personnel courbaient l'échine, les yeux baissés, un monde s'était arrêté.
- Bonjour, je suis…
Mais personne ne lui répondit, trop préoccupés par la tragédie tous semblaient dans un état second.
- Monsieur Potter ?
- Monsieur Crivey ! Vous avez les dépositions des Malefoy ? se hâta-t-il de lui demander avant même de lui serrer la main.
- Oui, c'est assez étrange cette histoire de mangemort.
- Mais c'est réel ?
- Sans l'ombre d'un doute. J'ai vu votre filleul et Mademoiselle Granger, vous devriez aller les voir ils sont à l'étage à droite.
- Merci, on se retrouve au bureau.
Lorsqu'il trouva enfin la bonne chambre, Harry se figea face à la scène qu'il avait sous les yeux. Couché, pâle, son petit filleul était immobile, les yeux clos. Si Neville ne l'avait pas rassuré, il aurait surement cru qu'il était parti pour un autre monde. Assise à côté, se trouvait Hermione, en pleures comme accablé par toute la souffrance qu'un être peut supporter. Et enfin il y a avait les Malefoy.
- Potter, le salua Drago alors qu'il passait le pas de la porte.
- Monsieur Potter, le salua à son tour Narcissa.
Hermione n'avait pas levé la tête, toujours absorbée par son fils.
- Hermione… l'appela-t-il faiblement.
Relevant les yeux, elle croisa le regard de son meilleur ami et demeura muette. Elle renifla, puis se tourna de nouveau vers son petit homme. Si Ethan ne se réveille pas, elle ne s'en remettra jamais, pensa-t-il. D'ailleurs, comment se faisait-il que Malefoy ne soit pas dans le même état qu'elle ? C'est tout de même son fils ! A moins qu'Hermione ne lui ait encore rien dit…
- Si je peux faire quoi que ce soit…
- Retrouve l'ordure qui a osé les toucher, siffla l'héritier Malefoy.
Si un jour quelqu'un avait douté de la dangerosité de Drago Malefoy, à cet instant précis personne ne pouvait l'ignorer. Les yeux sombres, le regard tueur, il tournait autour du lit tel un mâle alpha protégeant les siens.
- Nous allons faire tous ce que nous pouvons.
- Si cela n'est pas suffisant…
- Nous le trouverons.
Parlait-il de lui et les aurors ou bien d'eux deux ? Se demanda Drago. Une chose était sure, si les aurors étaient incapables de retrouver leur homme, eux deux le pourraient. S'en suivrait alors une chasse à l'homme jusqu'à ce qu'ils atteignent leur cible, mais serait-il encore capable de tuer ? En jetant un coup d'œil à Hermione, il chassa ce doute ; pour elle, pour eux, il pourrait tuer de nouveau.
- Ginny va lui ramener des affaires, elle arrive dès qu'elle peut.
- Bien, le remercia Madame Malefoy.
- Je ne sais pas quoi faire…
- Tu veux rester ici ? lui proposa le jeune Malefoy.
Etonné, il déclina cependant : du travail l'attendait au Ministère.
Les amis avaient défilés, les jours étaient passés lentement mais Hermione ne pouvait bouger. Elle se souvint avoir pris une douche, pris une bouchée de pain, de tarte, Drago l'avait presque nourrie. Sentant sa main sur son épaule, elle releva la tête et croisa ses deux perles grises. Frissonnant, elle pensa à ces deux mêmes perles sous les paupières closes d'Ethan.
- Je veille sur lui, va prendre une douche ma douce.
Hochant la tête, elle se releva avec difficulté et déposa un baiser sur sa joue. Arrivant dans la salle de bains, elle se dévêtit et passa sous le jet d'eau. Se savonnant lentement, elle se rinça et enfila des vêtements propres et chauds. Retournant dans la chambre, Hermione s'arrêta pour contempler Drago, tel un père, veiller sur leur fils. Caressant les boucles d'Ethan, il lui attrapa ensuite la main et passa son pouce sur le dos de sa main. Elle pouvait apercevoir des larmes dans les yeux de son amant et elle se maudit intérieurement, il retenait tout, il était fort pour eux deux…Heureusement.
- Pansy et Blaise ont envoyés un message, ils pensent à nous et prient pour Ethan.
- C'est gentil, parvint-elle à articuler.
- Ils comprennent que nous avons un peu besoin de rester seul. Veux-tu un peu d'espace ?
- C'est-à-dire ?
- Veux-tu que je te laisse seule avec Ethan, tu n'as pas eu beaucoup de temps seule avec lui.
- Non.
- Sure ?
- Oui.
Regardant Narcissa qui les observait d'un fauteuil près de la cheminée, elle vit cette dernière hocher doucement la tête.
- As-tu faim ? lui demanda-t-il en lui attrapant délicatement la main.
- Non merci, mais si toi…
- Non, c'est bon ne t'en fais pas pour moi.
- Et le Ministère ?
- Ils poursuivent leur enquête.
- Comment font-ils pour notre bureau ?
- Des remplaçants temporairement, ils comprennent que nous avons besoin tous deux d'être présents ici.
- Bien.
Alors qu'ils s'asseyaient tous les deux sur le lit, Narcissa venait à leur rencontre. Cette épreuve de plus l'avait marquée elle aussi : des cernes se creusaient sous ses yeux, sa chevelure était brossée au stricte minimum, ses robes étaient simples, en coton noir.
- Le médecin passera de nouveau demain matin.
- Vous me direz combien je vous dois, intervint Hermione.
- Pas besoin, c'est le moins que je puisse faire.
- Vous nous prêtez déjà votre demeure.
- Vous et moi savons que vous êtes la bienvenue et je suis sûre que vous comprenez que cela ne me dérange pas de payer les frais médicaux.
Hermione comprit que la grand-mère prenait son rôle très à cœur et elle se tut. Les coups d'œil insistants signifiaient-ils qu'il fallait qu'elle parle à Drago de ce qu'elle savait toutes deux ? Se mordant la lèvre, elle regarda Drago et vu qu'il était absorbé par la respiration régulière d'Ethan.
- Vous devriez marcher un peu tous les deux, vous êtes bien pâles et de l'exercice vous ferait le plus grand bien.
- Et si Ethan… demanda inquiète Hermione.
- Je vous appelle, ne vous inquiétez pas.
Le couple se leva alors lentement, se tenant la main et se dirigea vers la porte avec un dernier regard pour le petit être étendu dans ce grand lit blanc.
Marchant côte à côté dans le grand salon, il se dirigèrent vers la grande véranda à l'arrière de la maison.
- Je… commença Hermione.
- Oui ?
- Je te remercie pour tout de ce que tu fais et, que tu as fait pour Ethan.
- C'est normal, je t'aime et je ferais tout pour aimer ton fils également.
- C'est gentil… Tu viens vraiment de dire que tu m'aimes ?
- Oui et j'assume entièrement, lui répondit-il en lui embrassant la tempe.
Avançant lentement, Hermione s'était callée contre lui et il sourit faiblement devant ce rapprochement affectif depuis l'incident.
- Ma mère vit cette épreuve très mal, elle montre qu'elle est forte mais je la connais.
- Ce n'est pas la première fois qu'elle doit affronter ça…
Se taisant, elle comprit qu'elle en avait trop dit. Levant les yeux vers son amant, elle vit qu'il était aussi troublé qu'elle.
- Comment es-tu au courant ?
- Je te demande pardon mais… Je sais tout.
- Mais comment ?
- On m'en a parlé, avoua-t-elle en baissant les yeux. Je ne t'ai rien dit parce que j'attendais que tu m'en parles, c'est personnel et je voulais que ce soit toi qui veuilles…
- D'accord. Depuis quand ?
- Le week-end que j'ai passé ici, ta mère a voulu voir si je t'aimais vraiment et aussi… Notre histoire, notre passé tous ce qui avait pu t'affecter à l'époque.
- Tu sais pour la tentative alors.
- Oui.
Repenser à ces quelques lignes qu'elle avait lu lui serra le cœur et elle le prit dans se bras en enfouissant son visage dans son torse. Sentant les larmes revenir sur ses joues, elle les chassa d'une main.
- Mais tu es là, et tu es vivant.
- Et avec toi.
- Si cela peut te rassurer, j'ai été très mal quand nous nous sommes quittés.
S'asseyant sur un banc en bois, elle lui raconta ses soirées à pleurer, ses inquiétudes et pour finir sa soirée de fiançailles tout en omettant volontairement certains détails.
- Avec son bandage ? reprit-il en souriant.
- Oui, lui répondit-elle en souriant, si insouciant, si heureux… C'était un moment magique.
- Il…Enfin vous êtes restés longtemps fiancés ?
- Trois mois, mais à la fin les médicomages avaient été obligés de le plonger dans un coma pour qu'il souffre moins.
- Et toi, enceinte, tu as du subir tout ça.
- J'avais Harry et Ginny, Molly était plus un poids qu'un support à cette époque.
- Je n'ose imaginer ce que tu as vécu, voir le père de ton enfant mourir lentement. Je suis désolé.
Sentant un poids en elle, Hermione su qu'elle ne pourrait plus jouer longtemps la comédie car premièrement elle estimait qu'il avait le droit de savoir : ces derniers jours il avait prouvé qu'il ferait un père attentionné et aimant, et deuxièmement Ethan aurait besoin d'un modèle fort pour se remettre de cette épreuve.
- Ce n'était pas exactement ça.
Se levant, elle le laissa perplexe et fit quelques pas.
- J'aimerai qu'on retourne dans la chambre s'il te plait.
De retour, ils trouvèrent Pansy et Blaise assis aux côtés de Madame Malefoy. Alors que Blaise serrait l'épaule de son meilleur ami, Pansy enlaça Hermione, comme si elle lui transmettait toute sa force.
- Que dit le médecin ? lui demanda-t-elle lentement, comme si elle avait peur de poser une question délicate.
- Rien, il ne dit rien. Il regarde mais rien de concret.
- Tout va s'arranger, je te le promets.
Souriant à son amie, Hermione se dit qu'elle avait de la chance d'avoir Pansy.
- Ne t'épuise pas, tu veux t'asseoir ?
- Ne t'en fais pas pour moi, le mien est encore au chaud là dedans et c'est sur notre petit ange que nous devons nous concentrer.
Passant sa main dans les petites boucles d'Ethan, elle lui sourit faiblement.
- Je ne t'ai jamais demandé mais qui sont ses parrain et marraine ?
- Harry est son parrain, c'est mon meilleur ami et il avait été là pendant une grande partie de ma grossesse. Mais il n'a pas de marraine, nous n'avons jamais eu le temps de le faire correctement.
- Avec Blaise, on a bien réfléchis et on s'est dit qu'en plus de Drago, on voudrait que tu sois la marraine de notre enfant.
Surprise, Hermione les regarda à tour de rôle.
- Mais nous nous connaissons à peine.
- Mais tu es sérieuse, lui répondit Blaise.
- Et aimante, douce, sensible, renchérit Pansy.
- Et surtout tu es une maman, conclut Drago.
- C'est gentil à vous d'y avoir penser mais… J'ai l'impression d'avoir faillit à mon rôle.
Sentant les bras de Drago autour d'elle, Hermione se laissa aller et pleura contre lui.
- Tu n'as pas faillit à ton rôle, tu as fait tout ce que tu as pu.
- Mais c'est toi qui a sauté dans l'eau, c'est toi qui a réagit, articula-t-elle.
- Ce n'est pas la même chose, toi tu as veillé sur lui pendant des années, renchérit-il en la regardant dans les yeux, tu lui as donné la vie, l'as nourri et aimé.
- Je l'aime tellement.
Se retirant, Blaise et Pansy leur laissèrent un peu d'intimité et repartirent chez eux en se promettant de revenir le lendemain avec un nouvel espoir.
La nuit était déjà bien avancé, encadrant le petit garçon Drago regardait avec tendresse sa douce qui veillait sur Ethan. Narcissa, extenuée, était enfin partie se coucher après que son fils ait longuement insisté.
- Il est si beau.
- Tu l'as bien réussi, lui confirma-t-il.
Lui souriant, Hermione se dit qu'elle avait surtout eu de la chance qu'Ethan ait un père si parfait. Il avait hérité de sa peau pâle, de ses traits fins d'aristocrate et surtout de ses yeux gris étincelants.
- Tu crois qu'il nous entend ?
- Je ne sais pas… Ethan, c'est Drago, tu m'as dit un jour que tu voulais devenir un grand garçon alors viens manger de la soupe petit homme.
- Il n'est pas très fan de la soupe, mais il aime la citrouille.
- Alors j'en ferai planter dans les jardins, comme ça il en aura quand il voudra.
- Merci Drago.
Souriant à la jeune femme, il lui caressa la joue.
- Dis moi si je vais trop loin.
- Comment cela ?
- Je vais essayer d'être un bon modèle, un support voire un bon papa mais je ne suis pas son père, il faudra fixer des limites… Je ne veux pas empiéter sur tes plates bandes.
Se levant doucement, Hermione alla regarder par la fenêtre. La neige recouvrait toutes végétations, le lac avait retrouvé une belle couche de glace,… Elle sentit Drago arriver derrière elle, et si forte avait été la gryffondor, la lionne, l'héroïne de guerre, elle su qu'elle allait enfin craquer. D'énièmes larmes coulèrent sur ses joues, alors qu'elle se tournait vers son amant de toujours.
- J'ai toujours pensé que cela me trahirait un jour, c'est vrai c'est si particulier…
- Hermione ?
- Chut, laisse moi parler s'il te plait.
Hochant la tête, il la regarda avec anxiété. Allait-elle lui dire qu'elle avait besoin d'air, que toute cette pression l'oppressait et qu'il fallait qu'il fasse une pause ?
- Au départ, personne ne l'a remarqué… Tout le monde aime les bébés, ils sont mignons, tout doux, l'innocence même. Et bien il y a eu les premières réflexions.
Impatient, Drago la laissa tout de même poursuivre sans émettre un son.
- C'est vrai qu'Ethan a eu mes boucles, si douces, si folles… Tout ce qui fait un Granger. Et puis les bébés provoquent un émerveillement constant, ils ne forcent pas à la remarque.
Un petit rire lui échappa, et elle reprit.
- Et puis un beau matin, j'ai vu… Ce que je craignais et ce que je voulais, une part de son père.
La regardant attentivement, Drago ne comprit pas où elle voulait en venir.
- Dès que je l'ai vu, j'ai su qu'on saurait, j'ai su que cela serait La preuve. Mais il était si beau ainsi, il lui ressemblait tant.
- Quoi donc ?
- Ses yeux, deux beaux grands yeux avec une couleur si pure, si belle. Deux beaux diamants gris. Ethan a tes yeux Drago.
- Que…
L'héritier s'interrompit soudainement, écarquilla les yeux et comprit enfin ce qu'elle essayait de lui dire.
