Chapitre 1 : Le Retour à Suna

Il y a un mois de cela un mois Naozumi(1) Amami(2) avait envoyé un message au Kazekage, demandant la permission de revenir s'installer dans son village natal avec ses trois petites filles qu'il avait à charge, et il avait reçu une réponse positive. S'en était alors suivi moult préparatifs de départ, choisir les meubles et les affaires qu'il fallait garder ou jeter entre autre, et beaucoup de chamailleries entre les trois sœurs pour savoir qui méritait plus de place dans le chariot ou autre. Ils avaient quand même fini par s'entendre et quittèrent le village d'Ame trois semaines après la réception de la réponse.

Après une semaine d'un long et lent voyage le village de Suna était enfin en vue, à quelques mètres seulement, une silhouette solitaire se tenant à l'entrée du village. Autour d'eux du sable, rien que du sable. Une plaine de dunes s'étendait dans toutes les directions jusqu'à l'horizon. Et en face d'eux, crevant la monotonie du désert, se dressait un immense mur en escalier, protégeant ainsi le village du sable des attaques importunes. La personne qui les attendait était Sabaku no Temari, la sœur aînée du Kazegake, qui venait les accueillir car son frère ne pouvait se déplacer à cause d'une réunion. La kunoichi s'approcha du chariot un sourire aux lèvres.

- Vous voilà enfin ! Nous avions cru pendant un moment qu'il vous était arrivé quelque chose sur la route, une tempête de sable, des brigands, que sais-je. Mais vous êtes enfin là, saufs et en un seul morceau, je suis Temari et c'est moi qui vais vous accompagner jusqu'à votre nouveau logement, mon frère étant trop occupé avec ses responsabilités de Kazegakage.

- Je vous remercie de votre hospitalité Temari-san, je me doutais bien que le Kage en personne ne viendrait pas accueillir une simple famille en délaissant son travail. Mais laisser moi donc me présenter, je suis Amami Naozumi, et voici mes petites-filles Ayumu(3), Kumiko(4) et Michiko(5).

La plus âgée des trois sœurs, Ayumu, s'avança vers Temari pour la saluer d'un signe de tête et d'un sourire. La jeune femme de vingt et un ans était un peu plus grande que la kunoichi, ses cheveux courts d'un rose très pâle, avec une petite mèche plus foncée devant, encadraient un visage fin aux traits sérieux. Ses yeux étaient d'un bleu très pur, caractéristique des Amami, qui leur avait valu leur nom.

La seconde, Kumiko, s'avança elle aussi en se contentant d'une légère inclinaison de la tête et gardant sa moue ennuyée. Plus petite que son aînée, la jeune femme de dix-huit printemps avait cependant les mêmes cheveux roses, mais portés très long et coiffés en une petite couette sur le côté, et les mêmes yeux. Ses traits étaient cependant plus doux, plus rêveurs.

Ce fût enfin au tour de la petite dernière, Michiko, de saluer Temari avec un petit sourire timide. Âgée de tout juste quinze ans, elle avait les mêmes yeux bleus que ses sœurs et la même teinte de cheveux, qu'elle portait très longs avec deux petites tresses qui encadrent son visage aux traits doux et distant.

Avant un grand sourire le vieillard fit signe à leur guide qu'elle pouvait avancer, et les trois jeunes filles suivirent avec le chariot tout en restant silencieuses. Ce n'était pas parce qu'elle n'était pas heureuse de s'installer au village du sable, non. C'est juste que le chariot était plutôt lourd et elles avaient espéré qu'en arrivant au village elles auraient un peu d'aide. Elles tirèrent donc leur lourde carriole dans les rues du village en suivant leur grand-père qui lui était tranquillement en train de discuter avec leur guide.

Ce qui se remarquait le plus à Suna c'est l'architecture, qui était quelque peu originale : les bâtiments étaient tout en courbe et de la même couleur que le sable qui balayait les rues, pourvus de toutes petites fenêtres aux volets pouvant résister aux fréquente tempête de sable.

Temari s'arrêta enfin devant une petite bâtisse à deux étages, qui avait l'air ancienne mais sans être vétuste. Elle avait la même couleur que les autres bâtiments, les mêmes fenêtres, les mêmes volets, mais avec une petite vitrine et une jolie enseigne colorée avec le nom de la boutique « La Danse de la Marionnette » rédigée avec une belle calligraphie. On pouvait même deviner, au fond de la ruelle, une entrée pour un petit jardin personnel.

La kunoichi fouilla quelques secondes dans ses poches avant de brandir un gros trousseau de clefs de manière triomphante. Elle se tourna vers les Amami avec un grand sourire aux lèvres.

- Voici donc le logement que le Kazekage vous a attribué suite à votre demande. Au Rez-de-Chaussé se trouve la boutique où vous pourrait exercer votre art de marionnettiste, qui est pourvu d'un petit atelier dans l'arrière boutique. Au premier il y a un salon, une cuisine et un cellier. Et nous y avons aussi aménagé une grande chambre avec sa propre salle de bain et un balcon pour vous Naozumi, afin que vous ne soyez pas obligé de monter au second vu l'état de votre jambe. De ce fait, le second sera exclusivement réservé aux trois filles. Il y a deux petites chambres avec une salle d'eau commune, et une grande chambre pourvue d'une salle de bain attenante et d'une pièce qui peut faire office de bureau, et elle donne sur un petit balcon. Je vais donc vous laisser vous installer, et n'oubliez pas de passer au bureau du Kazekage quand vous aurez fini pour que vous puissiez voir avec lui les emplois que les filles pourront occuper.

Sur ces bonnes paroles Temari donna les clefs à Naozumi, et retourna vaquer à ses occupations. Le chef de famille se tourna vers ses petites filles.

- Alors les filles, vous êtes prête à découvrir votre nouvelle maison ?

Les trois jeunes fille sourire à leur grand-père et celui-ci ouvrit la porte de la boutique. Ils pouvaient enfin s'installer.

Quelqu'un était certainement venu nettoyer et aérer le magasin avant leur arrivée car c'est une odeur douce qui leur chatouilla les narines, et non une atmosphère lourde et renfermée. Il n'y avait nulle trace de poussière sur les étagères, lesquelles étaient déjà fournies en accessoires et pièces détachées pour marionnettes. Une petite attention que Naozumi, créateur de marionnette ninja de son état, apprécia ainsi que la plus âgée des filles Ayumu, créatrice à ses heures perdues et qui fut chef d'une escouade de marionnettistes lors de la quatrième Grande guerre ninja.

La famille Amami se dirigea vers le comptoir, pourvu d'une caisse enregistreuse et d'un gros carnet de compte vierge, pour aller jeter un coup d'œil dans l'arrière-boutique. Celle-ci était scindée en deux parties : le côté gauche, en face de l'ouverture donnant sur le magasin, était le coin atelier avec un large établi et une chaise roulante à l'air confortable, et le côté droit était la partie réserve avec plusieurs étagères et meubles de rangements divers.

Au fond du coin réservé, dissimulé par les étagères, se trouvait une porte qui donnait sur un petit jardin et sur un escalier extérieur qui menait à la partie habitable de la boutique.

Ils sortirent dans le jardin, qui se résumait à quelques cactus en pot, deux trois fleurs du désert et une petite cabane de rangement. Il était aussi assez spacieux, assez pour qu'une personne puisse faire un entraînement léger. Avisant une large ouverture qui donnait sur une ruelle, Ayumu proposa à ses sœurs de pousser le chariot dans le jardin afin de ne gêner personne dans la rue. Les trois filles allèrent donc chercher la carriole pendant que leur grand-père attaquait là laborieuse monté des escaliers. Lors de la dernière guerre, Naozumi était allé sur le front afin de servir d'aide aux marionnettistes qui combattaient, mais ils subirent plusieurs attaques et c'est lors de l'une d'elles qu'il se retrouva sous les décombres de leur camp, la rotule gauche irrémédiablement écrasée. Il était donc obligé de marcher lentement en ménageant sa jambe et en s'aidant d'une canne.

Une fois le chariot correctement garé dans le jardin, les trois jeunes filles montèrent les marches quatre à quatre, se bousculant en riant, pour rattraper leur grand-père qui était déjà en train de tourner la clef dans la serrure, un large sourire aux lèvres. Il ouvrit en grand la porte d'entrée en déclarant avec enthousiasme :

- Voilà notre nouveau chez-nous ! Ne mettez pas le bazar tout de suite hein !?

Ils entrèrent dans un petit hall qui donnait sur trois portes : celle de la chambre de Naozumi à gauche, celle du salon en face, et celle du cellier à droite sous l'escalier qui menait à l'étage. Le tout était décoré avec sobriété : des couleurs claires, des meubles de même tons, cela donnait un rendu assez classe et très zen.

Les trois filles se séparèrent pour ouvrir les fenêtres, Ayumu s'occupa de la baie vitrée de la chambre de son grand-père, Kumiko ouvrit celle du salon et Michiko celle de la cuisine. Un grand courant d'air frais traversa l'étage, et les trois filles grimpèrent à l'étage qui leur était réservé en laissant Naozumi se reposer sur le canapé.

L'escalier donnait sur un long couloir avec quatre portes, les trois du côté gauche donnaient sur deux chambres de taille moyenne et sur une salle de bain assez spacieuse, la porte à droite était la plus grande chambre, celle avec la salle de bain attenante et la pièce en plus. Les trois sœurs se firent face pour décider qui aurait quelle chambre. Michiko, la plus jeune prit la parole :

- Je pense que tu devrais t'installer dans la plus grande Ayumu, c'est toi la plus âgée de nous trois.

- C'est vrai, ça me plaît pas, mais comme t'es la plus grande c'est toi qui y as droit, renchérit Kumiko.

Ayumu regarda ses deux sœurs, en particulier Kumiko, puis soupira en déclarant :

- Oui c'est moi la plus âgée. Mais de nous trois, c'est toi Kumiko qui es la plus solitaire. Je pense que tu devrais prendre la grande chambre, comme ça tu aurais vraiment ton espace à toi pour être tranquille. Qu'en penses-tu Michiko ?

- C'est vrai qu'Ayumu et moi on n'a pas trop de problèmes pour partager notre espace vital comparé à toi, sans vouloir te vexer, répondit l'intéressée. Je suis donc d'accord avec elle.

Kumiko se mit à rougir en marmonnant un mélange d'excuse et de remerciement, un léger sourire commençant à fleurir sur ses lèvres.

Maintenant qu'elles avaient découvert leur étage, il était temps de s'occuper du rangement de leurs affaires. Les trois sœurs montèrent les cartons de leur grand-père, qui s'isola donc dans sa chambre pour ranger ses effets, ensuite Michiko s'occupa des cartons du salon et Kumiko de ceux de la cuisine pendant que Ayumu allait faire quelques courses pour le repas du soir et pour le petit déjeuné du lendemain.

Une fois ceci fait, les trois jeunes filles s'occupèrent de leurs paquets respectifs et aménagèrent leur chambre selon leur goût. Pendant ce temps-là, Naozumi était descendu ranger les derniers cartons dans la boutique, et il fut vite rejoint par Ayumu et Michiko qui l'aidèrent à mettre de l'ordre dans les différentes étagères pendant que Kumiko préparait le repas.

Il était tout juste vingt heures quand tout fut en ordre et que le repas fut prêt. Ils s'attablèrent tous les quatre autour de la table basse et mangèrent calmement leurs nouilles sautées au poulet, parfumées au gingembre.

Après avoir pris chacun une grande tasse d'infusion pomme-cannelle, ils discutèrent un peu de leur projet du lendemain : Ayumu irait voir le Kazekage, Kumiko s'occuperait des courses, tandis que Michiko resterait avec Naozumi pour l'aider à installer son atelier de créateur de marionnettes.

Ils se souhaitèrent ensuite bonne nuit, et allèrent se coucher, le lendemain risquait d'être riche en émotions.


(1) Lucidité Honnête

(2) Océan Céleste

(3) Celle qui Marche Selon son Rêve

(4) Bel Enfant Éternel

(5) Bel Enfant Sage