Chapitre 2 : Première Journée et Premières Rencontres
Le soleil était levé depuis plusieurs heures déjà lorsque la famille Amami s'éveilla. Naozumi fut le premier à sortir de son lit, il s'occupa donc de préparer le petit-déjeuner en attendant que les trois sœurs se décident à se lever. Michiko fut la première à sortir de son lit, et elle se rendit dans la cuisine pour se servir un verre de lait et un bol de céréales qu'elle mangea en silence, une moue ensommeillée sur le visage. Ses deux sœurs arrivèrent en même temps, se bousculant et se chamaillant déjà car la cuisine étant assez petite elles se gênaient mutuellement. Elles finirent par s'asseoir avec leur grand-père et leur jeune sœur en se grommelant des insultes, puis dès qu'elles attaquèrent leur repas le silence se fit, brisé seulement par le bruit des couverts.
Une fois leur ventre rempli, les trois sœurs montèrent dans leur chambre afin de se préparer pour la journée, tandis que Naozumi se retirait dans sa chambre. Une fois habillées et lavées, les jeunes filles se séparèrent pour vaquer à leurs occupations.
Ayumu sortit donc de la maison et se dirigea vers le palais du Kazekage car s'était elle qu'on avait désigné pour aller régler les affaires administratives de la famille. Les deux gardes à l'entrée de l'imposant bâtiment lui demandèrent la raison pour laquelle elle venait, et l'un des deux l'escorta jusqu'à la porte du Kage et frappa quelques coups avant d'ouvrir et d'annoncer Ayumu. Celle-ci rentra dans le bureau et se mit en face du Kazekage, le saluant d'un signe de tête et prit la parole :
- Bonjour Kazekage-sama, je suis Amami Ayumu. Je viens à la place de mon grand-père Amami Naozumi, car depuis la guerre il a du mal à se déplacer à cause de sa blessure.
- Oui bien sûr, je comprends tout à fait, répondit calmement Gaara. Dans sa lettre Naozumi a spécifié que vous habiteriez, vous et vos deux sœurs, avec lui. Mais il n'a pas indiqué si vous reprendriez vos postes ninja respectif pour le compte du village du sable, j'aimerais donc que vous me fassiez part de vos projets professionnels ainsi que ceux de vos sœurs.
Ayumu hésita un peu avant de parler car il touchait un point assez sensible de la famille Amami. En effet, le père des trois sœurs, sur son lit de mort, avait demandé à Naozumi de tout faire pour que les filles vivent le plus longtemps possible. Ils pensaient garder ça secret mais Ayumu avait entendu la conversation par hasard. Elle en avait donc discuté avec ses deux cadettes et elles avaient pris une décision unanime : celle d'abandonner leurs activités de ninja pour que la tâche de leur grand-père soit allégé et pour qu'il ne risque pas sa vie pour elles. Il était le dernier membre de leur famille encore en vie, elles ne voulaient pas le perdre. Ayumu soupira discrètement et répondit en se tortillant les mains :
- Et bien c'est un peu compliqué ... Ça ne nous posera aucun problème de devenir des ninjas de Suna, mais notre grand-père a promis à son fils, notre père, qu'il veillerait à ce qu'il ne nous arrive rien. Or si nous sommes ninja, il voudra reprendre aussi, mais avec sa jambe et son âge il ne tiendrait pas longtemps, et nous ne voulons pas qu'il meure, il est tout ce qu'il nous reste ...
Ce fut autour du Kazekage de soupirer. Certes il comprenait, mais il était de son devoir de faire en sorte que son village et ses habitants soient protégés correctement. Il prit le temps de réfléchir quelques minutes, laissant un silence pesant s'installer, avant de demander :
- Je comprends votre position, mais avez-vous une solution à me proposer ?
-Oui tout à fait ! Répondit vivement Ayumu, le sourire lui revenant. On y a beaucoup réfléchi avec mes sœurs : Michiko se propose de créer des poisons pour les ninjas du village à la boutique de grand-père, Kumiko a les qualifications pour être une bonne infirmière à l'hôpital, et moi je pourrais apprendre aux gennins qui le souhaitent l'art des marionnettistes, tout en aidant mon grand-père au magasin.
Un nouveau silence se fit pendant que Gaara réfléchissait à la proposition, plus que correct, de la jeune femme. Il écrivit quelques notes sur un carnet en disant :
- J'accepterais cela à la condition qu'en cas d'attaque directe sur le village vous repreniez les postes que vous occupiez à Âme.
- Oui, bien sûr Kazekage-sama, cela va de soi, répondit Ayumu avec un sourire.
- Vous devez donc apporter ce papier à l'hôpital afin de les informer qu'ils ont une nouvelle infirmière à ajouter à leur planning, Gaara tendit le papier en question. Vous pouvez disposer.
-Merci Kazekage-sama. Au revoir.
Ayumu sortit de la pièce en soupirant, heureuse que l'entretien se soit aussi bien passé, et se laissa guider vers la sortie par le garde qui l'avait escorté à l'aller. Elle se dirigea ensuite vers l'hôpital pour donner le papier que le Kazekage lui avait donné à la secrétaire, qui en échange lui remit un planning de travail pour Kumiko. Les affaires administratives lui avaient pris la matinée, mais c'était réglé et elle pouvait donc rentrer chez elle.
Pendant ce temps, Naozumi et Michiko s'occupaient d'installer l'atelier de Naozumi dans l'arrière-boutique. Ça ne prit pas beaucoup de temps, l'établi étant déjà présent ils n'avaient plus qu'à ranger les outils et les accessoires, ainsi que quelques rangements en plus. Profitant qu'ils aient fini en avance, Naozumi proposa à Michiko de construire un petit laboratoire dans la cabane de jardin pour qu'elle puisse y créer ses poisons. Celle-ci se mit donc à la tâche avec un enthousiasme rare, en attendant que ses deux sœurs rentrent.
Ayumu arriva juste à l'heure pour le déjeuner, et trouva Naozumi et Michiko dans le jardin, en train de finir d'aménager le laboratoire. Ils arrêtèrent donc leur activité pour monter à la cuisine afin de préparer le repas, s'étonnant que Kumiko ne soit pas déjà rentrée des courses.
Ils trouvèrent celles-ci posées sur le comptoir, avec un petit mot de leur sœur disant qu'elle était sortie et qu'elle rentrerait pour le repas du soir. Ayumu froissa le petit papier en râlant allègrement sur sa sœur aux activités trop frivoles, tandis que Michiko la regardait d'un air blasé, ayant l'habitude de ce genre de scène. Naozumi ordonna donc de préparer le repas sans compter Kumiko.
Celle-ci était, au même moment, tranquillement installée sur les remparts pour avoir une vue d'ensemble du village, qu'elle était en train de dessiner. Elle était directement venue ici après s'être acquitté de la tâche que sa grande sœur lui avait donnée, et personne ne l'avait dérangée, à part un garde qui faisait sa ronde et qui lui avait jeté un bref coup d'oeil avant de continuer son chemin.
Kumiko avait décidée qu'elle passerait l'après-midi à dessiner Suna sous tous les angles possibles.
La journée touchait à sa fin pendant qu'Ayumu s'occupait de nettoyer la vitrine du magasin, elle s'était donc habillée en conséquence : un vieux t-shirt noir, suffisamment court pour dévoiler le ventre de la jeune femme quand elle s'étirait pour atteindre le haut de la vitre, et un pantalon de toile large qui lui tombait bas sur les hanche. Ils allaient ouvrir le lendemain et elle voulait que tout soit parfait quand les clients arriveront. Elle s'attaquait maintenant à astiquer l'enseigne de la boutique, qui n'en avait vraiment pas besoin, mais Ayumu était assez pointilleuse, elle s'échina donc à frotter une tache imaginaire. Elle y mettait tellement de véhémence que l'échelle sur laquelle elle était juchée commença à tanguer. La jeune femme, l'esprit totalement occupé par sa tâche ne le remarqua pas, jusqu'au moment où elle bascula en arrière avec un petit cri de surprise.
Elle se raidit, s'attendant à un choc violent, mais sa chute fut amortie par quelque chose de mou. Elle soupira de soulagement, heureuse de ne s'être rien cassé, et en échos à son soupir, la chose molle en dessous d'elle poussa un grognement de douleur.
- Mais elle va se lever la grosse, oui !?
Ayumu se leva sans noter l'insulte qu'elle avait subie, trop surprise de voir que ce qui avait amorti sa chute était un jeune homme. Un jeune homme de très mauvaise humeur a en jugé par l'expression mauvaise qui tordait son visage carré aux traits durs. L'étonnement passé, la jeune femme tilta enfin sur l'insulte et se renfrogna, prenant son air des mauvais jours .
- Mais tu te prends pour qui toi pour me traiter de grosse, hein ?! Si t'es pas content t'avais qu'à pas te retrouver sur mon chemin crétin ! Non mais vraiment !
Sans laisser au jeune homme le temps de rétorquer quelque chose, Ayumu prit ses produits de nettoyage, son échelle et rentra dans la boutique en claquant violemment la porte. Le jeune homme se retrouva donc tout seul dans la rue, un air d'incompréhension totale sur le visage. Il soupira.
- Ah les femmes ... Toujours complètement incompréhensibles !
Kankuro jeta un dernier coup d'oeil par la vitrine, essayant d'apercevoir la jeune femme une dernière fois, puis reprit son chemin.
Kumiko, quant à elle, avait changé de perchoir. En effet, alors qu'elle continuait ses dessins du village, le temps passa et un magnifique coucher de soleil se profila. Elle décida que ça méritait bien d'interrompre sa série de croquis actuel pour se déplacer et avoir une meilleure vue de ce joli phénomène. Elle sauta de toit en toit, et finit par choisir de s'installer sur le plus haut qu'elle trouva, en face du palais du Kazekage. Kumiko se trouva une position confortable, étala sa jupe blanche sur ses jambes, réajusta sa couette sur le côté et commença à dessiner la vue qu'elle avait.
Quelques minutes étaient passées lorsqu'un jeune homme aux cheveux rouges, surement intrigué par silhouette solitaire en haut d'un toit qu'était Kumiko, sauta sur le bâtiment. Tellement concentrée sur son ouvrage, elle ne le sentit pas s'approcher doucement, sans faire aucun bruit, pour regarder par-dessus son épaule. Mais au bout de quelques minutes, alors qu'elle finissait son dessin, la jeune femme entendit un deuxième souffle, en plus du sien, juste derrière elle. D'un mouvement brusque elle pencha la tête en arrière en lançant d'une voix joyeuse :
- Salut toi ! C'est malpoli d'espionner quelqu'un comme ça tu sais.
Le jeune homme, surpris par le mouvement énergique, recula d'un pas. Il croisa ses bras et dit d'une voix calme :
- je n'espionnais pas. Je voulais juste savoir pourquoi quelqu'un s'était installé tout seul sur ce toit.
- La curiosité est un vilain défaut aussi, se moqua gentiment Kumiko. Mais pour satisfaire ta curiosité, voici ce qui m'intéressait tant en haut de ce toit, dit elle en lui tendant son carnet à dessin.
Le rouquin pris délicatement le carnet et observa le croquis. Il n'y connaissait pas grand-chose à l'art, mais il trouvait que le dessin était très bien réussi.
- C'est très beau, vraiment, dit-il en lui rendant son carnet. Je ne t'ai jamais vu ici, qui es-tu ?
- Je suis arrivée hier avec ma famille, répondit-elle en regard le coucher de soleil. Par contre, je suis en retard, je dois y aller !
Elle s'élança sur le toit voisin, une bourrasque de vent l'emportant. Elle lui fit un petit signe de la main, accompagné d'un sourire, et continua de sauter de toit en toit pour rentrer chez elle.
Lorsque Kumiko rentra, elle se fit copieusement réprimander par Ayumu : son comportement était inadmissible, elle ne pensait qu'à elle, qu'elle avait laissé tout le boulot aux autres. Pendant qu'elles se disputaient, Naozumi et Michiko s'occuper de dresser la table et d'apporter le repas.
Celui-ci se passa calmement, la cadette et son grand-père discutant marionnettes et poisons, tandis que les deux grandes songeaient aux personnes qu'elles avaient rencontrées.
