Chapitre 3 : Une Commande Spéciale

Cela faisait une semaine que la famille Amami avait emménagé à Suna, une certaine routine s'était donc installée entre eux, comme le rituel du petit-déjeuné et du repas du soir, qu'ils prenaient ensemble. Ce jour-là le premier repas de la journée se passa donc comme tous les autres : dans un calme relatif, Ayumu et Kumiko ne perdant jamais une occasion de se chamailler, pendant que Michiko les observait avec attention en ricanant dans ses mains et que Naozumi essayait en vain de les calmer.

Après ce moment familial, la cadette et son grand-père allèrent s'occuper du magasin, l'un allant ouvrir la boutique et l'autre s'occupant de ses poisons, tandis que Kumiko s'en allait faire sa journée de travail à l'hôpital et qu'Ayumu prenait ses affaires pour aller apprendre aux gennins de Suna l'art de manipuler une marionnette.

La jeune femme se dirigea donc vers le terrain d'entrainement où elle avait l'habitude d'enseigner. Il était assez spacieux et en retrait des autres, assurant une assez grande liberté de mouvement pour ses élèves et un peu de tranquillité. Il était aussi pourvu de plusieurs cibles d'entrainement, et d'un banc pour le sensei.

La jeune femme fut assez satisfaite de voir que ses élèves étaient tous arrivés à l'heure, elle était assez pointilleuse sur ce sujet comme sur tant d'autres, et décida qu'elle essayerait de ne pas être trop sévère avec eux aujourd'hui. Les dix gennins la saluèrent poliment quand elle arriva et attendirent ses instructions. Ayumu sortit donc un rouleau de parchemin assez volumineux de son sac et le déroula par terre. En activant les sceaux dessinés dessus, elle invoqua dix marionnettes toutes simples de forme humanoïde et aux articulations grossières. Les élèves en prirent une chacun et suivirent les instructions de leur sensei.

Il se trouva, malgré la très forte attention qu'elle avait porté à l'explication des bases de la manipulation des fils de chakra, que ses élèves n'étaient pas vraiment douée, sachant à peine faire faire quelques pas à leur marionnette. Elle leur ré-expliqua donc la manière de faire, appuyant son discours par une démonstration qui déclencha des applaudissements polis mais sincères. La patience d'Ayumu fut néanmoins mise à rude épreuve, et lorsque l'entrainement toucha à sa fin, elle réprimanda fortement ses élèves en leur disant qu'elle avait deux ans de moins qu'eux lorsqu'elle avait su manipuler ce genre de marionnette. Sur ces reproches, elle leur demanda de mettre leur marionnette devant les sceaux afin qu'elle puisse les sceller de nouveau, et les laissa rentrer chez eux en leur demandant de s'entraîner plus durement à manipuler les fils de chakra, en essayant de faire bouger des objets à distance par exemple.

Alors qu'elle les regardait partir, les mains sur les hanches, une voix moqueuse se fit entendre dans son dos :

- Toujours aussi aimable à ce que je vois la grosse, hein ?!

Elle se retourna pour voir qui osait lui parler sur ce ton. Un jeune homme qui devait avoir son âge lui faisait face : il était à peine plus grand qu'elle et portait une tenue de ninja entièrement noire. Il avait des cheveux bruns clair coiffés en épis, des yeux si foncés qu'on ne distinguait pas l'iris de la pupille et d'étranges peintures de guerre sur le visage. De prime abord elle ne le reconnut pas, mais sa voix ... Cette voix elle l'aurait reconnue entre mille. La lumière se fit soudainement dans son esprit : c'était le jeune homme qu'elle avait malencontreusement écrasé le lendemain de son arrivée à Suna et qu'elle avait traité de crétin parce que lui avait osé l'appeler « la grosse ». Ayumu croisa les bras sur sa poitrine et rétorqua sur le même ton :

- Tiens, tiens, mais c'est le crétin de l'autre fois ! J'ai failli pas te reconnaître avec toute cette peinture sur la tronche. C'est parce que tu es trop moche que tu caches ton visage comme ça ?

Un sourire goguenard fleurit sur les lèvres de la jeune femme. Sous la peinture violette le visage de Kankurô prit une teinte cramoisie et une expression menaçante se dessina sur son visage quand il répondit d'une voix grave :

- Tu ferais mieux de ne pas me chercher fillette, tu risquerais de le regretter amèrement.

- Ah ouais ? Ça m'étonnerait pourtant, et je ne suis plus une fillette, je suis majeure ! Rétorqua la jeune femme, qui devenait aussi rouge que son vis-à-vis sous l'effet de la colère.

- Tu ne peux pas imaginer de quoi je suis capable morveuse, je suis un ninja réputé à Suna alors prend garde à toi ! lâcha Kankurô avec un petit sourire arrogant.

- Oh, j'ai super peur, répondit Ayumu sur un ton ironique. Figure-toi que, même si je ne le suis plus, j'ai été ninja moi aussi, et je suis sûre que la morveuse que je suis peut te faire mordre la poussière quand elle veut !

La jeune femme regarda la position du soleil, il était l'heure pour elle de rentrer car elle était de corvée de cuisine avec Kumiko, et connaissant celle-ci, elle serait forcément en retard. Elle saisit la lanière de son sac à bandoulière et lança à Kankurô d'une voix espiègle :

- Mais pas aujourd'hui, j'ai quelque chose de plus intéressant à faire ! Tu devras attendre un peu pour recevoir ta correction ! Bye bye crétin !

Et elle s'élança dans les rues du village, laissant un Kankurô perplexe, mais amusé par ce petit bout de femme, sur le terrain d'entrainement.

Pendant ce temps-là, Kumiko, ayant fini sa journée de travail, venait tout juste de sortir de l'hôpital. Observant le ciel, elle décida qu'il était trop tôt pour rentrer, elle se dirigea donc vers les remparts, cherchant un petit coin tranquille pour s'installer. Au bout de quelques minutes de vagabondage elle se décida à s'asseoir, ses jambes se balançant dans le vide. Elle s'allongea à demi sur ses coudes et ferma ses yeux pour mieux apprécier les rayons du soleil couchant.

Gaara faisait sa ronde habituelle sur les remparts lorsqu'il l'aperçut, assise sur le bort du mur. Depuis leur première rencontre, la jeune femme avait plusieurs fois occupé les pensées du rouquin, qui se demandait qui elle pouvait bien être.

Il s'approcha doucement d'elle, sans chercher à dissimuler sa présence. Kumiko entendit donc des pas qui se rapprochaient. Elle ouvrit un œil et fit un petit sourire en coin en reconnaissant le jeune homme qu'elle avait rencontré sur le toit la dernière fois.

- Salut l'espion ! Alors, je t'intrigue toujours autant ?!

Cette phrase, prononcée avec un ton légèrement moqueur, fit rougir le Kazekage, qui répondit calmement :

- Oui, c'est vrai tu m'intrigues. Mais je le répète, je ne t'espionnait pas, et je ne le fait toujours pas.

- Je plaisantais tu sais, ne te vexe pas. Kumiko prononça cette phrase avec une voix plus douce. Donc, si tu ne m'espionne pas, qu'est-ce qui t'amène ici ?

- Je fais ma ronde, comme d'habitude, mais je te retourne la question, rétorqua Gaara, curieux.

- Bah, je n'avais pas envie de rentrer chez moi directement après le boulot, donc je suis venue m'installer ici pour profiter des derniers rayons de soleil, répondit la jeune femme. D'ailleurs, pourquoi ne tu ne t'assiérais pas avec moi cinq minutes pour apprécier le spectacle ?

Elle lui adressa un sourire tellement lumineux qu'il se sentit obligé de rester. Il s'installa donc à ses côtés, passant ses jambes par-dessus le mur. Kumiko s'étira avec un grognement sonore et soupira d'aise.

- J'adore venir ici. C'est si tranquille, dit elle d'une voix calme. On voit du sable, rien que du sable jusqu'à l'horizon, je trouve cela assez reposant, non ?

- Oui, je vois ce que tu veux dire, répondit le jeune homme après quelques secondes. Il se dégage du désert une espèce de sérénité apaisante. J'aime beaucoup venir ici aussi, quand j'ai besoin d'être seul.

Kumiko acquiesça en silence et ferma de nouveau les yeux, appréciant la compagnie tranquille du rouquin. Plusieurs minutes passèrent ainsi, les jeunes gens laissant un silence calme se poser entre eux, et les derniers rayons du soleil s'éteignirent. La jeune femme se releva donc brusquement et lança :

- Bon, ce n'est pas tout, mais on m'attend pour préparer le repas. À plus l'espion !

Kumiko lui fit un dernier sourire espiègle en lui tirant la lange et s'élança sur le bâtiment le plus proche, bondissant de toit en toit en direction de chez elle, et abandonnant un Gaara surpris par tant de dynamisme, mais heureux et serein, sur les remparts.

Ayumu et Kumiko arrivèrent en même temps à la boutique, et elles se bousculèrent joyeusement dans l'escalier menant à leur appartement. C'est dans cette même ambiance bon enfant qu'elles préparèrent le repas ensemble. Naozumi et Michiko rentrèrent à ce moment-là, ayant fermé le magasin pour la journée, et s'étonnèrent de leur entente si incongrue. Naozumi leur demanda donc :

- Et bien, c'est assez rare de vous voir comme ça toutes les deux. Qu'est-ce qui vous met donc de si bonne humeur ?

Ayumu et Kumiko rougirent en pensant respectivement au garçon qu'elles avaient croisé aujourd'hui.

- On n'a pas besoin de raison pour être heureuse ! Répondirent-elles brusquement, et simultanément.

Michiko se mit à ricaner dans son coin en murmurant, assez fort pour que tout le monde l'entende cependant, qu'il y avait certainement une histoire de garçons derrière tout ça.

Il s'ensuivit donc une petite dispute entre la cadette et les deux grandes sœurs, pendant que Naozumi s'occuper de mettre la table. Les chamailleries continuèrent pendant tout le repas sous le regard rieur du grand-père, tout simplement content que ses petites filles soient heureuses.

À la fin du repas, pendant qu'ils buvaient leur habituelle tasse d'infusion, au gingembre cette fois-ci, Naozumi s'adressa à l'ainée :

- Ayumu, comme demain tu n'as pas d'entrainement de prévu j'aimerais que tu viennes m'aider à la boutique.

- Oui, bien sur, répondit l'intéressée. Mais puis-je savoir pourquoi tu as besoin de moi ?

- Eh bien, un client important est venue aujourd'hui, et il a passé une commande assez spéciale. Même si tu es une débutante dans la création de marionnette comparée à moi, tu as l'avantage d'avoir plus de créativité. J'aimerais donc que tu essayes de t'occuper de cette commande.

Un grand sourire apparut sur le visage d'Ayumu, c'était la première fois que son grand-père lui faisait confiance pour assumer seule une commande, pour un client important en plus. Elle contint son sourire et prit un air digne et sérieux :

- Je serai à la hauteur grand-père, ne t'inquiète pas. Et qui est ce client important ?

Naozumi eut un petit sourire en coin, certain que sa réponse causerait une réaction impressionnante. Il répondit d'une voix calme :

- Celui qui a passé commande est le frère du Kazekage, Kakurô-san. Tu sais, le marionnettiste que tu aimerais tant rencontrer car « il est tellement trop doué » et que « sa façon de manipuler ses marionnettes est juste sublime ».

La première réaction d'Ayumu fut de prendre une jolie teinte rouge brique, puis laissant tomber son apparence de grande sœur calme et réfléchie, elle se leva brusquement et entama une petite danse de la joie dans le salon. Elle était toute excitée à l'idée de préparer une commande pour le marionnettiste qu'elle admirait le plus. Ses sœurs, après s'être vaguement moquées d'elle pour la forme, allèrent se joindre à elle pour manifester leur bonheur de voir leur sœur si contente. Les trois jeunes filles dansèrent donc au milieu du salon pendant que Naozumi riait aux éclats.


Réponse à Karasu999 :

Tout d'abord je te remercie d'avoir posté ma toute première review, j'en suis tout heureuse: D

Donc oui c'est vrai que mon scénario est assez bateau, mais pour une première fic je ne me sentais pas de faire quelque chose de plus original. Il n'empêche que oui je m'éclate comme une folle à écrire cette histoire, cela faisait un moment que je voulais me lancer ^^

Je te remercie aussi pour tes gentils compliments qui me font chaud au cœur, et si tu à des remarques ou des critiques à faire, n'hésite pas, je prends tout ce qui me permet de m'améliorer:)

En espérant que la suite te plaise !