Chapitre 4 : La Tempête de Sable
Le lendemain matin Ayumu fut la première à se lever, chose assez rare vu que généralement elle traîne au lit jusqu'à la dernière minute, elle avait tellement hâte de se mettre au travail que ça l'avait réveillée de bonne heure. La jeune femme commença à préparer le petit-déjeuné et à mettre la table pendant que le reste de la famille se levait.
Quand ils furent tous dans le salon, ils prirent place autour de la table basse et commencèrent à manger. Ayumu, ne tenant plus en place demanda à Naozumi :
- Grand-père, en quoi consiste exactement la commande qu'a passée Kankurô-San .
L'intéressé prit son temps pour finir sa tasse de café en observant d'un œil rieur là plus âgé des filles trépigner d'impatience. Mettant fin à la torture il répondit :
- Comme tu le sais, il a pour habitude de construire ses marionnettes lui-même. Mais il a quelques soucis avec un des pantins qu'il est en train de construire. Il lui faudrait un mécanisme de dosage de poison, beaucoup plus fiable et performant que ceux qui existent déjà. Mais pour le moment ses expériences se sont soldés par des échecs, il a donc fait appel à nous.
À peine avait-il finit son explication qu'Ayumu avait déjà commencé à gribouiller quelques idées sur son carnet. Il soupira, et se mit à sourire devant l'entrain qu'elle mettait à sa tâche. Il la laissa donc travailler et partit ouvrir la boutique et s'occuper de ses autres commandes.
Une fois qu'elles eurent fini de manger, Kumiko et Michiko allèrent s'enfermer dans la chambre de la plus vieille pour travailler sur quelques techniques de manipulation du chakra.
La matinée de la famille Amami se passa donc dans le calme jusqu'au repas de midi.
Comme Kumiko est généralement absente pour ce repas, c'est elle qui fut de corvée pour le préparer, pas que ça dérange la jeune femme qui adore cuisiner. Lorsqu'elle eut fini, elle appela tout le monde, afin qu'ils mangent tant que c'était chaud. Ayumu, qui n'avait pas encore trouvé comment créer le mécanisme qu'on lui demandait, apporta avec elle son carnet et ne participa que très peu à la conversation familiale. Les autres ne lui en voulurent pas : de manière générale les membres de la famille Amami respectaient beaucoup les envies et les besoins des autres, ce qui faisait qu'il y avait rarement des grosses disputes entre eux. Ils la laissèrent donc travailler tranquille sur son projet, continuant de parler de tout et de rien sans l'obliger à répondre.
Alors que Naozumi et Michiko débarrassaient la table Ayumu, qui venait de passer cinq bonnes minutes les yeux dans le vague en tapotant son carnet avec un stylo à bille, se leva brusquement en criant :
- Voilà ! J'ai trouvé ! Je suis un pur génie !
Et sans se préoccuper de ses soeurs et de son grand-père qui la regardaient avec des yeux ronds, elle courut jusqu'à l'atelier, voulant essayer son idée au plus vite. Noazumi se prépara pour sortir faire quelques courses afin de s'aérer un peu, Michiko alla s'enfermer dans son laboratoire à poison pour compléter la commande d'Ayumu, et Kumiko s'éclipsa discrètement.
Elle se dirigea vers les remparts comme si elle allait rêvasser dans son coin encore une fois, mais au lieu de s'asseoir au bord du mur cette fois-ci elle se laissa tomber dans le désert, créant une petite bourrasque de vent pour amortir sa chute. Elle s'installa derrière une dune qui la cacha partiellement aux yeux de ceux qui pourraient l'observer du haut des remparts.
Bien qu'elle ait accepté la proposition de sa sœur aînée, de ne pas reprendre ses fonctions de ninja pour protéger leur grand-père, son ancien travail lui manquait. L'adrénaline, l'action, la peur de mourir, l'angoisse de ne pas réussir sa technique à temps, tout ça lui manquait atrocement. C'est pourquoi elle avait pris la décision de continuer à s'entraîner en secret, et le désert lui avait semblé être le meilleur terrain d'entrainement possible, étant à l'écart de tout.
Kumiko commença d'abord par s'échauffer avec quelques mouvements de Taijutsu(1), puis elle sortit de son sac un wakizashi de très belle facture. Ce sabre court lui avait été offert par son père l'année de ses neuf ans, quand elle avait émis le souhait de devenir manieuse de sabre. Au fil des ans elle avait donc mêlé Kenjustsu(2) et Ninjustsu(3), maîtrisant l'élément Fuuton(4), devenant plutôt douée, ce qui lui permit de survivre à la Quatrième guerre ninja. Une fois son arme sortie, elle s'entraîna à refaire toutes les techniques qu'elle avait apprises jusque-là, virevoltant avec grâce dans le sable.
Du haut des remparts, surélevé par une colonne de sable, Gaara l'observait avec curiosité. Il savait que ce n'était pas un ninja, elle n'avait pas de bandeau, mais il trouvait que son niveau était incroyablement haut pour une simple civile. Décidément, la jeune femme l'intriguait de plus en plus, c'était d'ailleurs dans l'espoir de la revoir qu'il était venu sur les remparts.
Soudain Kumiko arrêta sa danse si particulière, les grains de sable retombant paresseusement autour d'elle, et s'accroupit, tenant quelque chose dans sa main. Avant même qu'il eut réfléchi à ce qu'il faisait, le rouquin s'était approché de la jeune femme pour voir ce qu'elle avait trouvé.
C'était une petite rose des sables, roche rare du désert formé par cristallisation des grains de sable. Kumiko la tenait délicatement dans ses mains, un air émerveillé sur son visage. Elle posa doucement la rose sur le sable et sortit son carnet à dessin afin de réaliser un croquis de la petite pierre, et une fois celui-ci finit, ré-enterra la rose. Gaara le regard faire, intrigué, puis se rapprochant encore un peu demanda de sa voix calme :
- Pourquoi ne l'a tu pas gardée ? Tu l'as trouvé, elle t'appartenait donc.
Kumiko rangea ses affaires et se tourna vers le rouquin, absolument pas surprise par sa présence ,qu'elle avait senti depuis quelques minutes.
- Parce que c'est très rare d'en trouver, et que celle-ci venait tout juste de se former, répondit-elle. Je ne vais quand même pas gâcher une telle beauté en l'enfermant dans une vitrine. De plus, ça va permettre à une autre personne de profiter d'une belle découverte un jour ou l'autre.
La jeune femme lui adressa un petit sourire amical, et Gara se sentit touché par ses paroles. Il leva sa main lentement, le bras parallèle au sol et paume vers le ciel, et conjura son sable avec sa technique de manipulation. Sous les yeux émerveillés de la fille aux cheveux roses, le sable se cristallisa peu à peu dans sa main, formant une rose des sables deux fois plus grosse que celle que Kumiko avait découverte. Une fois que la pierre eut la taille voulue par le rouquin, il la tendit à la jeune femme.
- C'est pour toi, comme ça tu pourras la conserver sans te dire que tu prives quelqu'un d'une belle découverte.
Les joues de Kumiko prirent une jolie teinte rosée. La jeune femme était extrêmement touchée par l'attention du jeune homme. Elle prit délicatement la rose, ses doigts effleurant légèrement la main de Gaara, et la rangea précautionneusement dans son sac. Ceci fait, elle se tourna vers le jeune homme.
- Puisque tu m'as fait un cadeau, je vais t'en faire un aussi. Mais je vais avoir besoin de temps pour le préparer, donc en attendant je vais te donner mon nom. Je m'appelle Kumiko Amami.
Elle lui fit un sourire étincelant à la fin de cette tirade. Son nom expliquait bien des choses pour Gaara, comme son habileté au Ninjustsu par exemple, car il se souvenait de son entretien avec l'aînée de la famille Amami. Il ouvrit la bouche pour parler, mais fut coupé par une alarme.
-Une tempête de sable approche, on ferait mieux de rentrer, lança Kumiko.
Le rouquin acquiesça, et ils se séparèrent, chaque rentrant en vitesse se protéger de la tempête
Pendant ce temps-là, Ayumu finissait de mettre au point son système de dosage de poison. Ça lui avait pris tout l'après-midi pour faire le montage, en deux exemplaires, mais maintenant qu'elle observait le résultat elle se sentait très fière d'elle. Alors qu'elle jubilait toute seule dans l'arrière-boutique, la clochette de l'entrée se fit entendre, elle alla donc accueillir son nouveau client.
Elle se positionna derrière le comptoir, prête à lancer une formule de politesse lorsque les mots se coincèrent dans sa gorge : la personne qui se tenait en face d'elle était le jeune homme qui n'arrêtait pas de l'insulter. Celui-ci affichait son habituel sourire en coin.
- Tiens, tiens, tu travailles ici ? C'est étonnant que quelqu'un est accepté une chieuse dans ton genre !
- C'est la boutique de mon grand-père et je l'aide souvent à tenir le magasin, et je m'occupe aussi des commandes, rétorqua-t-elle. D'ailleurs, avant que tu ne viennes m'interrompre j'étais en train de m'occuper de la commande de quelqu'un de très important. Alors, si tu n'as rien d'autre à faire que de m'ennuyer, du vent ! Et je ne suis pas une chieuse !
Ayumu mit ses mains sur les hanches dans une posture qui montrait que c'était elle qui détenait l'autorité dans ce lieu. Le jeune homme leva donc ses deux mains en l'air, en signe de reddition, et lui répondit sans se départir de son sourire :
-Et bien il se trouve que oui j'ai autre chose à faire, madame la chieuse. Je viens chercher la commande que j'ai passée à ton grand-père.
La jeune femme soupira, et demanda d'un ton plus calme :
- D'accord. C'est quoi ton nom, que je te trouve dans le carnet des demandes.
- Sabaku no Kankurô.
Ayumu était en train d'ouvrir le carnet des commandes lorsqu'elle entendit la réponse du brun, et elle se figea soudainement, regardant son vis-à-vis avec un air ahurit. C'est ce moment que choisit Michiko pour entrer dans l'arrière-boutique, en criant à l'attention de sa sœur d'une voix moqueuse :
- Alors, heureuse de travailler pour ton idole ?! Ne t'inquiète pas, Kankurô-San ne devrait pas tarder à arriver !
Elle entra dans le magasin sous le regard amusé de Kankurô, et sous le regard meurtrier de sa sœur aînée. Michiko comprit de suite qu'elle avait fait une bourde et recula précipitamment.
- Hum, je te laisse les poisons sur la table là ... Euh, je vous laisse !
Sur ces paroles incertaines, la petite dernière partit en courant dans le jardin, laissant sa grande sœur se dépêtré de l'ambiance embarrassante qui enveloppait les deux jeunes gens.
Ayumu se retourna brusquement vers Kankurô avec un regard signifiant qu'il n'avait pas intérêt à la ramener sous peine de mort, idole ou pas. Il garda son sourire mais ne pipa mot, tandis que la jeune femme allait chercher le fruit de son travail, qu'elle posa sur le comptoir.
- Bon, le principe de ce système est simple : au bout il y a une aiguille très fin, donc très discrète, relié à un réservoir caché dans la marionnette. Entre les deux, j'y ai installé une petite bille de gomme qui va réagir à ton chakra. Si tu la laisses comme ça, elle bouche complètement le conduit de l'aiguille, mais en y insufflant du chakra tu peux réduire sa taille, permettant de dose le poison.Ça nécessite donc que tu t'entraînes à te familiariser avec ce système avant toute mission. Cela répond à tes attentes ?
- Oui, je pense, je te dirais si ça me convient une fois que je l'aurais essayé, répondit-il. Mais du coup ... Alors, comme ça je suis ton idole ?
Un sourire moqueur était apparu sur les lèvres de Kankurô, faisant se froncer les sourcils d'Ayumu. Celle-ci croisa les bras sur sa poitrine avant de répondre d'un ton agressif :
- Certes, oui. Mais ça c'était avant de voir quel parfait crétin tu es ! Si tu veux récupérer ce que tu as demandé, enlève tout de suite ce sourire de ton visage, ou je le ferais moi-même, et ça risque de ne pas te plaire !
Avant que le jeune homme ait pu répondre, une alarme sonna, annonçant une tempête de sable toute proche. Au même moment, Naozumi entra dans la boutique et se dirigea vers sa petite-fille et son client.
- Apparemment c'est une grosse qui nous arrive dessus, et rapide en plus, dit-il. Il faut vite monter nous mettre à l'abri. Kankurô-San, je crois qu'il serait dangereux pour vous de sortir alors que la tempête est si près, je vous offre donc l'hospitalité pour la nuit.
Le jeune homme, sachant parfaitement qu'une tempête de sable peut être très meurtrière, accepta l'offre de Naozumi sous le regard courroucé d'Ayumu. Ils montèrent donc à l'étage, rejoignant Michiko et Kumiko, qui venait tout juste de rentrer.
Le repas se passa dans le calme, la famille n'étant pas habituée à avoir un invité, encore moins le frère du Kazekage. Le souffle de la tempête était assez violente pour faire frémir les volets de protection, et Naozumi se demanda s'ils tiendraient le coup.
Comme l'appartement ne comportait pas de chambre d'amis,Naozumi proposa de laisser sa chambre au jeune, mais celui-ci refusa, argumentant que le canapé serait assez confortable pour lui. Michiko alla donc lui chercher des couvertures et ils allèrent tous se coucher.
Au milieu de la nuit, Ayumu se réveilla avec une forte soif, elle tendit donc la main pour attraper sa bouteille sur la table de chevet, mais celle-ci était vide. Avec un soupir la jeune femme se leva, et descendit à la cuisine en silence, prenant garde à ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller leur invité. Alors qu'elle finissait de remettre de l'eau dans sa bouteille, quelqu'un alluma la lumière du salon, l'éblouissant quelques secondes.
- Qu'est-ce que tu fais là, à trois heures du matin ? Tu viens m'assassiner pour m'être moqué de toi ?
Ayumu observa Kankurô à travers ses doigts qu'elle avait placés devant ses yeux pour les protéger.
- Je te signale que je suis chez moi, et j'ai tout à faire le droit de venir dans ma cuisine, à n'importe quelle heure, pour remplir ma bouteille. Même si l'idée de t'assassiner est assez attrayante, la nuit je préfère dormir.
Alors qu'elle s'apprêtait à partir, le jeune homme lui lança d'une voix étrangement rauque:
- Au fait, il te va très bien ton pyjama !
Elle se tourna vers lui sans comprendre, l'esprit embrumé par l'envie de dormir, puis apercevant une étrange lueur dans les yeux de Kankurô qui la déshabillait du regard, elle se mit à rougir, se souvenant des affaires de nuit qu'elle avait mis ce soir-là : un simple débardeur violet très moulant avec un léger décolleté, et le petit shorty assorti.
Elle retourna en vitesse dans sa chambre pour fuir le regard de braise du brun, une certaine chaleur se diffusant dans son ventre.
Réponse à Maxine3482:
Merci pour ta review ^^
Mais au risque de te décevoir, dans ma fiction les deux frères ne sont pas amoureux, mais vont rencontrer quelqu'un, chacun de leur côté.
En espérant que cela ne t'empêche pas de lire la suite:)
Réponse à Lone Wolf 3482:
Merci beaucoup pour ton commentaire, il me fait très plaisir :D
Voila l'instant que tu attendais tant : Ayumu connait enfin le nom du « crétin » x)
J'ai essayé de rendre ce moment le plus comique possible, et le plus intéressant, j'espère ne pas t'avoir déçue ^^
Et pour ce qui est de Gaara et Kumiko … La suite au prochain chapitre !
