Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis le départ mouvementé de Trunks.
Videl n'arrivait pas à se remettre de ce qu'il lui avait dit juste avant de s'envoler.
Ses jambes tremblaient de peur en pensant qu'il pourrait tout raconter à son beau frère.
Il était évident que Sangoten ne garderai jamais ça pour lui, il irait directement prévenir son frère.
Elle-même, dans son enfance, était la première à aller prévenir son père dès qu'elle apprenait qu'une de ses conquêtes était avec lui uniquement pour sa gloire et sa popularité.
Elle se doutait bien qu'un frère aurait le même instinct de protection.
Elle imaginait la tête qu'aurait Sangoten en apprenant qu'elle avait embrassée Trunks. Elle en rougissait de honte maintenant, cette situation était vraiment malsaine.
Trunks avait huit ans de moins qu'elle, en plus c'était un ami proche de Sangohan … Jamais Sangoten ne cautionnerait une chose pareille.

Cependant, la jeune femme n'en revenait pas de l'attitude de Trunks. Elle le trouvait très culotté d'être venu jusqu'à chez elle.
Qu'est ce qu'il espérait au juste? Qu'elle lui ouvre sa porte bien aimablement et qu'elle trompe son mari une bonne fois pour toute ?
Ce garçon devenait fou. Cette histoire devenait très inquiétante vu l'importance qu'elle semblait avoir pour Trunks.
Videl était dans l'impasse. Elle ne savait pas comment s'en sortir car le jeune homme devenait très insistant. Visiblement il avait prit ce baiser très à cœur et en voulait plus maintenant …
Videl s'en voulait tellement de s'être laissée entrainer dans cette histoire !
Comment avait-elle pu être aussi naïve … Ce genre de chose finit toujours par se savoir un jour ou l'autre.

Elle savait bien que la meilleure chose à faire serait de tout avouer à son mari mais elle avait tellement peur de sa réaction. Des cris, des pleures, elle pourrait encore le supporter …
Ce qui l'anéantirait serait qu'il décide de la quitter et de prendre leur fille avec lui. Videl ne pouvait pas s'imaginer une chose pareille.
Pas pour un stupide baiser égaré. Pas pour ça …
Les larmes commençaient à lui monter aux yeux tellement elle se sentait dépassée par les événements.

Cependant, un bruit provenant du couloir d'entrée la ramena à l'instant présent lorsqu'elle constata que son mari avait du rentrer de sa balade en famille.
Elle essuya hâtivement les larmes qui avaient commencés à couler et se dirigea vers la porte d'entrée.

- Maman !

La petite Pan, qui était déjà entrée dans la maison, sauta dans les bras de sa mère et la serra fort contre elle. Videl l'enlaça en retour et lui fit un bisou sur la tête. La petite, ravie, couru vers le salon pour allumer la télévision.
Videl la regarda courir en souriant puis sentit des bras se positionner autours de sa taille. Elle se retourna et se retrouva face à Sangohan, plus sexy que jamais.
Visiblement cette sortie l'avait éprouvé car le pauvre homme était débraillé à souhait. Sa chemise était froissée sur certains côté, son pantalon avait des traces de boue sur les genoux et ses cheveux, déjà indisciplinés de base, avaient une forme indescriptible tellement ils étaient emmêlés.
Légèrement perturbée par cette vision de son mari, Videl s'écarta de lui et lui adressa un sourire.

- Quelle journée ! Ma mère et Pan ont voulu me faire essayer des tonnes de vêtements, j'ai pas pu dire non, elles sont terribles !

Sangohan se mit à rire. Videl le suivit en imaginant tout ce que les deux femmes avaient bien pu lui faire essayer. Elle savait que les deux étaient vraiment très déterminées et qu'au contraire, Sangohan était trop gentil. Il avait dû passer la journée à faire tout ce qu'elles voulaient.

- Bon aller je vais ranger tout ça, tout est près pour le repas de ce soir ?

- Oui évidemment mon cœur.

Videl sourit à son mari tandis qu'il s'affairait à ranger toutes les affaires que sa mère et sa fille l'avaient incité à acheter contre son gré.
Elle se dirigea vers la cuisine pour mettre la table lorsqu'elle aperçue son téléphone sur le plan de travail. Elle l'avait posé là ce matin après avoir préparé son café et avait oublié de le ranger. En le prenant, elle constata qu'elle avait reçu un sms de Trunks.
Son estomac se contracta. Inconsciemment elle tourna la tête pour voir si Sangohan ne l'observait pas.
Tu agis comme si c'était ton amant ma pauvre fille, calme toi c'était qu'un baiser sans importance.

Elle prit le téléphone dans sa main et ouvrit le message du jeune homme.

« Salut Videl,
excuse moi pour tout à l'heure, j'étais vexé que tu veuilles pas que je rentre. Je me suis comporté comme un gamin, j'ai même pas réfléchis. Tu avais peur que Sangohan rentre pendant ma visite. J'ai été égoïste, la prochaine fois on ira dans un endroit plus isolé.
Désolé pour tout, t'inquiète je dirai rien à Sangoten !
Je t'embrasse. »

Videl n'en revenait pas.
Décidément Trunks ne comprenait rien. Il se berçait d'illusion en croyant qu'elle voulait poursuivre une relation avec lui. La situation lui échappait. Le sol se dérobait complètement sous ses pieds, elle ne savait plus comment réagir.
Elle se maudit en se disant qu'elle aurait peut être dû laisser entrer Trunks et lui expliquer une bonne fois pour toute qu'elle n'avait pas de sentiments pour lui. Le pauvre était en train de se faire un film dans lequel il se considérait comme étant son amant alors qu'il n'en était rien pour Videl.
La jeune femme se sentait dépassée par les événements. Elle avait désespérément besoin de quelqu'un qui l'écoute et qui la conseille. Malheureusement, personne dans son entourage ne lui assurerait cette écoute bienveillante étant donné leur proximité avec Sangohan.

A ce moment là, Videl entendit quelqu'un frapper à sa porte. Ce devaient être Sangoku et Sangoten qui les rejoignaient pour le repas.
Effectivement, quand Videl vint ouvrir la porte, elle tomba sur les deux hommes. Sangoten lui adressa un sourire radieux.

- Salut Videl ! Comment tu vas ? Je suis revenu exprès de mon rendez vous avec ma copine pour manger tes sushis ! C'est pour dire que je les apprécie !

Sangoten se mit à rire, suivi par Videl, enchantée par le compliment sur ses talents culinaires.
Cependant, son rire se calma instantanément lorsqu'elle croisa le regard de Sangoku. En temps normal, ce dernier la regardait avec sympathie et naïveté. Là en revanche il la sondait du regard comme s'il la passait sous rayons x.

- Bonjour Videl comment vas-tu ? Tu ne t'es pas trop ennuyée toute la journée toute seule ?

Videl déglutit difficilement. Son beau père avait volontaire accentué les mots « toute seule ».
Elle essaya de se persuadé que le ton de Sangoku n'avait aucun rapport avec la visite de Trunks mais n'y parvenait pas, d'autant plus que le père de famille ne la lâchait pas des yeux. Il y avait une lueur de défi dans son regard que Videl ne lui connaissait pas.

- Non ça a été, merci Sangoku. Les autres sont dans le salon, si vous voulez les rejoindre.

Sangoten ne se fit pas prier et se précipita vers le salon en criant « C'est qui ma nièce préférée ! » suivit du rire cristallin de sa fille.
Sangoku quand à lui n'avait pas bougé. Videl recula légèrement, elle le trouva menaçant à cet instant.
Son attitude lui rappela celle qu'il avait lorsque Babidi et Boubou avaient menacés de détruire toutes les villes tant qu'on ne lui livrait pas Sangoten, Trunks et Petit cœur bien des années en arrière.
Il s'approcha d'elle sans la lâcher du regard. Videl ne respirait plus, tous ses muscles étaient en alerte.

Il savait, c'était persuadé maintenant. Il savait et il allait lui faire payer d'avoir trahi son fils.
Sans la lâcher du regard il approcha son visage vers son oreille.

- Tu ferais mieux d'arranger toute cette histoire très rapidement si tu ne veux pas que je m'en mêle.

Après cela il était parti dans le salon sans rien ajouté d'autre.
Videl ne savait plus que penser. Il savait tout mais il n'allait rien dire. Pour l'instant du moins.
Néanmoins, il avait raison, il fallait à tout prix qu'elle règle cette histoire avec Trunks le plus rapidement possible.
Premièrement parce que si elle ne le faisait pas, elle allait finir avec une migraine carabinée et deuxièmement parce que la situation commençait très légèrement à déraper et qu'il fallait qu'elle soit réglée au plus vite.

- Maman tu fais quoi ?!

L'appel de Pan fit réaliser à Videl qu'elle était restée sur le pas de la porte depuis l'arrivé des deux hommes.
Pour ne pas éveiller les soupçons sur son trouble elle se hâta d'aller vers le salon pour rejoindre toute la petite famille qui discutait joyeusement.

La soirée se passa calmement et dans la bonne humeur. Globalement, à part les regards soutenus de Sangoku par moment, Videl su gérer la situation et tous les convives passèrent une excellente soirée.
Sangoten d'autant plus étant donné qu'il avait englouti une bonne centaine de sushis à lui tout seul, ponctué à chaque bouché d'un « Hum vraiment excellents ! ».

Les discussions se portèrent rapidement sur les promenades qu'ils pourraient bien faire étant donné que le temps devenait de plus en plus agréable. Sangoten proposa avec enthousiasme une virée à la pèche avec son père et son grand frère.
Les deux furent très enthousiasmés par cette idée et décrétèrent qu'ils partiraient dès le week-end prochain.
Pan insista pour les accompagner et Sangoku concéda une fois de plus le caprice à sa petite fille qui pouvait lui faire accepter tout ce qu'elle voulait.

Après cet excellent repas, la petite famille entreprit de rentrer chez elle après avoir planifié leur week-end de pèche.
Avant de partir, Sangoku, qui était le dernier à quitter la maison, lui lança un regard lourd de sens et ferma la porte derrière lui.

Videl était de plus en plus mal à l'aise. Elle ne pourrait supporter les regards insistants de Sangoku à chaque repas c'était impossible.
Puis, Sangohan était intelligent, il finirait forcément par se douter qu'il se tramait quelque chose dans son dos si son père continuait d'agir comme il le faisait.

- Aller, au lit ma chérie, je vais ranger.

Sangohan posa sa main sur l'épaule de sa femme et l'observa avec tendresse. Il ne pouvait que constater qu'elle avait l'air exténuée et soucieuse.

- T'en fais pas chéri, je m'en occupe, tu peux aller coucher Pan si tu veux.

- Très bien …. Dis-moi, ça va en ce moment ?

Videl se retourna vers son mari avec intérêt. Il avait remarqué qu'elle n'était pas dans son état normal. Il fallait qu'elle se montre plus attentive à l'avenir. Dans le cas contraire il finirait par rapidement faire les liens entre tout ce qu'il se passait.

- Je suis juste un peu fatiguée ne t'en fais pas.

- N'hésite pas à te reposer, je vais coucher la puce, on se retrouve en haut.

Il l'embrassa tendrement et appela sa fille pour l'emmener au lit.
Videl se mit à réfléchir à tout allure. A ce rythme, elle ne tiendrait pas longtemps et Sangohan allait finir par tout découvrir soit par lui-même, soit parce que son père le lui dirait.
Sangoku avait raison, il fallait que cette situation cesse. Elle devait régler cette histoire avec Trunks le plus rapidement possible.

Après tout … Trunks n'avait peut être pas tord. Peut être qu'il fallait qu'ils se voient seul à seul pour discuter clairement et qu'il comprenne enfin ses véritables intensions.
Videl se persuada que c'était la meilleure chose à faire. Elle entreprit donc de répondre au message du jeune Saiyen. Elle reprit son portable qui était resté sur le plan de travail de la cuisine et ouvrit la conversation déjà entamée par Trunks.

« Il faut qu'on parle Trunks. Ce week-end Sangohan part à la pêche avec son père, Sangoten et Pan. Tu pourras passer à la maison samedi vers 15h.
Bonne journée à Samedi. »

La jeune femme appuya sur le bouton « envoyer » puis mit son téléphone dans sa poche. Cette fois ci, elle ne voulait plus qu'il traine dans la cuisine. Il fallait qu'elle l'ait près d'elle et surtout, que son mari ne tombe pas sur ses messages.
Elle se désespéra en réalisant qu'elle agissait une fois de plus comme si Trunks était son amant.

Soupirant de désespoir pour la dernière fois de la soirée, elle rejoignit son mari dans leur chambre et s'endormit presque aussitôt sans avoir entendu que Trunks lui avait répondu.