Nom de la fanfiction :

La mort amoureuse

Chapitre :

Les plus sensibles à la beauté des roses

Couples :

DM/Aphrodite

Dsiclamer :

Tous les personnages appartiennent à Masami Kurumada

Notes de l'auteur :

Joyeux noël ma Darkie !! c'est ton cadeau que je t'avais promis pour ton noël bah il a plusieurs chapitres

Chapitre II: Les plus sensibles à la beauté des roses …

La tête entre deux tempes grises

Et deux mâchoires bien serrées

Quand même élégant dans sa chemise

Un tantinet mal repassée

Il faisait déjà nuit et Aphrodite était toujours debout face à une petite tombe dont la terre venait d'être apposée. Il faisait froid mais le jeune homme s'en moquait parfaitement. Tout ce qu'il voulait c'était rester près de l'homme qu'il aimait et qui l'avait quitté. Les autres étaient partis en posant leur main de façon amicale sur son épaule et il avait été assailli par les « sois fort, pour lui comme pour toi » quand l'enterrement avait finalement terminé son cours. Il n'arrivait pas à réaliser qu'il était parti pour de bon et qu'il ne le reverrait jamais. La déesse avait refusé de le ressusciter évidemment. Il ne lui restait plus personne pour prendre soin de lui sur cette terre et le chevalier des poissons pensait de plus en plus à rejoindre son amant six pieds sous terre. Il lisait et relisait l'épitaphe gravée par Shura à l'aide d'Excalibur. « Il aima, fut aimé et mourut .» « Fut aimé »... Aphrodite se disait que pour l'aimer pour de vrai il aurait dû rester près de lui plus longtemps. Il se laissa tomber à genoux et ses larmes qu'il croyait taries recommencèrent à rouler sur ses joues.

Parce que le pauvre n'a plus personne

Ni en grenier ni en cuisine

Pour jouer l'amante et la bonne

D'une main douce et féminine

Jamais de sa vie Aphrodite des poissons ne s'était habillé en noir, jugeant cette couleur trop sinistre et n'allant pas avec son teint clair naturel. Aujourd'hui, il portait un pantalon de toile noire avec une chemise à falbalas très élégante. Ses cheveux étaient relevés en une multitude de tresses remontés en chignon d'où s'échappait des rubans de satin noir et qui retenait en arrière un voile léger, orné de roses piranhas toutes plus belles les unes que les autres, qui tombait devant ses yeux remplis de gouttes d'eau salée. Finalement, ça lui allait bien, ou plutôt, ça allait bien avec son état d'esprit. Le poids qui l'avait quitté le matin même c'était abattu sur sa poitrine d'un seul coup comme pour mieux lui rappeller sa présence. Sa grande cape noire simplement posée sur ses épaules ne suffisait pas à le réchauffer mais il s'en moquait, il voulait juste rester là, à contempler la seule chose qu'il n'aurait jamais voulu voir. Décidément, les dieux leur en voulaient pour leur infliger de telles souffrances. Athéna apparut derrière lui, suivit de Shura.

Il promène sa juste vingtaine

Avec l'honneur de n'être encore

Qu'un rescapé de cette peine

Que ne peut causer que la mort

- « J'ai parlé à Hadès, Aphrodite, Masque de mort est à Elysion. Il ne souffrira plus et tu pourras le retrouver lorsque l'heure sera venue. En attendant, ne te fais pas de soucis, Thanatos veille sur lui. »

Il promène son impuissance

De mari et justement libre

Obligé purger comme sentence

Une perpétuelle absence horrible

Le poisson murmura un remerciement qu'il ne pensait pas. Il continua de pleurer sur la tombe de Masque de mort. La déesse s'en alla en les laissant tous les deux, le capricorne et le poisson. Le silence était lourd sur les deux hommes mais ni l'un ni l'autre ne trouvait la force de dire quoi que ce soit. Shura se sentait coupable d'infliger une telle douleur à Aphrodite mais c'était nécessaire s'il voulait l'avoir comme amant par la suite. Il ramasserait les morceaux de son cœur blessé et il les recollerait en le manipulant pour que ses sentiments se détournent de l'Italien et lui revienne. Le capricorne s'approcha doucement du poisson, toujours assis par terre, les bras croisés sur la tombe, le visage caché entre eux, il posa doucement ces mains sur ses épaules. Aphrodite eut un mouvement brusque pour lui faire lâcher prise, il se redressa en le regardant continuer de sangloter sur les restes du corps de son amant.

Il s'en va la joue presque humide

Et joliment presque rasée

D'un pas apparement solide

Mais qu'on suppose ébranlé

- « Aphrodite, il faut rentrer, tu vas attraper froid. Tu crois qu'il voudrait que tu tombes malade? Tu reviendras demain si tu veux. »

Au petit café du village

Où se pressent à le consoler

Des tas d'agréable visages

Au large sourire dévoué

A l'évocation de la volonté d'Angelo, le Suédois sembla réfléchir un peu. Il se redressa et leva la main au-dessus de la tombe. Des roses rouges, inoffensives, poussèrent sur la sépulture du cancer, formant les mots « ti amo » sur la terre trop noire qui recouvrait le cercueil en bois de chêne.

Plus il déballe son histoire

Plus les demoiselles charmées

S'agglutinent, viennent s'asseoir

Au pied du grand déraciné

Il jeta un dernier regard à son oeuvre mais il n'avait toujours pas l'intention de partir. Shura tenta une nouvelle fois de s'approcher de lui, il lui prit doucement la main. Une fois de plus Aphrodite eut un mouvement pour se défaire de lui. Il semblait en colère maintenant. Il pensait à l'homme qui avait bien pu commettre un acte aussi horrible, car il était sûr et certain à présent qu'il s'agissait d'un meurtre. Les suicidés n'avaient pas le droit à Elysion, ils n'avaient pas le droit au repos éternel du paradis, ils n'avaient pas le droit au bonheur de l'autre monde. C'est pour cette raison qu'en acceptant de mourir pour leur déesse, se jetant dans la mort, les chevaliers du zodiaque finissent toujours en enfer. Et si on trahit la déesse et qu'on ne se bat pas, c'est le même tarif.

Qui comme généalogie

Ne semble compter qu'une branche

C'est le tombé de sa chérie

De sa défunte, de son ange.

Les chevaliers étaient de toute façon condamnés à l'enfer pour se dresser contre les dieux, quelle que soit leur allégeance. Ils n'avaient pas le droit au bonheur sur terre, il ne l'aurait pas dans l'autre vie. La vie était vraiment injuste, on lui retirait son amour, on lui arrachait le cœur, on lui broyait son bonheur simplement parce qu'il était chevalier. Shura regardait Aphrodite qui semblait sur le point de pleurer à nouveau. Il n'aurait jamais pensé piétiner son cœur à ce point, mais maintenant que le mal était fait, il n'y avait plus de façon de revenir en arrière, la seule chose qu'il avait à faire pour que son meurtre ne soit pas vain s'était de conquérir Aphrodite.

Quoi de plus attrayant qu'un bon veuf

Pour qui une nouvelle vie commence?

Qui faute d'avoir un cœur neuf

A le cœur lavé par le silence

Aphrodite aurait voulu revoir ne serait-ce qu'une fois le sourire bienveillant du cancer, et ses yeux pétillant de vivacité et de ce qu'on pouvait appeler de la vie. Il regardait ses roses qui continuaient de recouvrir la terre noire. Il aurait voulu une tombe de marbre, magnifique, comme son contenu, il aurait voulu que les autres chevaliers ne simulent pas leur peine pour faire semblant de comprendre sa douleur. Il n'avait rien eu de tout ce qu'il avait souhaité mis à part un cercueil en bonne et due forme. Masque de mort serait désormais le seul chevalier enterré autrement que les autres, jetés dans leur trou sans enveloppe de bois ni de pierre. Il y avait eu une cérémonie à peu près officielle, pas juste deux trois amis regroupés quelques minutes au bord d'un vide formé dans leur cœur.

De celle qui dort la bouche close

Avec des secrets plein le cercueil

Et une douzaine de rouges roses

Qu'il lui a piqué dans l'orgueil

Le poisson avait envie de mettre son poing dans la figure de Milo qui avait fait semblant de pleurer pour se moquer de lui, dans une imitation plus que lamentable de ses sanglots. Il avait envie de remercier Camus, qui lui avait envoyé le sien tellement fort qu'il en avait envoyé par terre le scorpion. Il avait envie de trucider Aiolia qui avait dit tout haut que Masque de mort ne méritait même pas d'être enterré. Il remercierait Shaka d'avoir déclaré retenir cette phrase pour la prononcer le jour de l'enterrement du Lion. Il voulait envoyer Kanon rejoindre Angelo pour avoir osé vouloir faire un discours récapitulant tous les méfaits du cancer et d'avoir intitulé ça « mille et une raisons d'être envoyé aux enfers ». Il avait remercié Saga d'avoir fait taire Kanon au moment même où il avait prononcé le titre de son discours, et d'avoir promis de rédiger la même chose pour le réciter lorsqu'il l'enverrait lui même nourrir les vers.

Avant de fermer le couvercle

Devant la foule désolée

Qui semblait s'étouffer avec

Une sympathie démesurée

La cérémonie avait été presque officielle. Mü s'était chargé de convaincre tout le monde de venir, Aldébaran de porter le corps du défunt à son cercueil, puis, le réceptacle de bois jusqu'à l'endroit où il reposerait pour toujours. Aiolia, Milo et Kanon s'étaient refusés à faire quoi que ce soit tandis que Shaka, Camus et Saga s'étaient occupés de préparer une soirée à la mémoire de leur compagnon d'armes. Dohko et Shion avaient cédé à la demande d'Aphrodite qui voulait absolument que l'enterrement soit fait dans les règles. Aphrodite avait préparé avec Shura le corps de leur ami pour son dernier repos. Il avait été difficile de trouver des habits convenables pour l'habiller, mais heureusement, le cancer avait conservé un costume très élégant, blanc cassé, qu'il avait caché dans une malle fermée d'un cadenas. Après l'avoir lavé, Aphrodite l'en avait revêtu, avait coiffé ses cheveux et l'avait maquillé pour que son teint cadavérique se voit moins.

Quoi de plus attrayant qu'un beau mec

Soudain blanchi de tout soupçon

Les ex-époux on les respecte

Surtout en deuil et en veston.

Personne ne pouvait comprendre ce que (ressentait ?) Aphrodite et Aphrodite ne demandait pas à ce qu'on le comprenne. Il n'était pas allé à la soirée où les autres avaient levé leurs verres en souhaitant au poisson de se remettre vite. Il n'avait pas voulu voir certains lever leur verre en pensant un peu trop fort que le départ de son aimé n'était pas une grosse perte, ou du moins, pas pour tous. Il était plutôt content, s'il pouvait réellement l'être, de voir que personne n'avait eu le manque de tact de venir le chercher. Seul Shura, son ami, était revenu voir comment il allait.

Et c'est la tête entre deux planches

Et deux mâchoires bien cimentées

Que la petite dame toute blanche

Que l'on a tout endimanchée

Il détestait ce monde comme il détestait l'enfer. Sa seule consolation était que son amour n'y retournerait pas. Elysion, il l'attendrait là bas. Mais l'attendrait il longtemps? N'allait il pas trouver quelqu'un d'autre en attendant? Aphrodite chassa cette idée de sa tête, Angelo l'aimait, lui et personne d'autre. Il l'attendrait jusqu'à la fin des temps s'il le fallait, et tout ça en restant aussi fidèle qu'un St Bernard. Et lui, il mourrait vierge, il serait aussi fidèle qu'on pouvait l'être.

Avant de la mettre dans son trou

Et de l'ensevelir de cette terre

Dont elle doit la qualité première

A son irréprochable époux

- « Et maintenant, Shura? Qu'est ce que je dois faire? Je suis vraiment obligé de continuer... tout seul. »

Et c'est la tête sous une pierre

Et le dos rongé jusqu'à l'os

Qu'elle laisse son bon mari faire

l'éloge de leurs si justes noces

- « Si tu te suicides tu ne le rejoindras pas, Aphrodite, le mieux c'est de continuer en se disant que tu finiras par le retrouver, et que tu as le temps pour ça. »

Et de leur inachevé mariage

Pour lequel maintes villageoises

Postulent le feu au corsage

Et le beau Minos en extase

- « Je meurs déjà de chagrin, à quoi bon prolonger cette « non-vie », Shura? Si je ne peux pas me tuer... personne ne voudra le faire à ma place... »

Bien entendu il la louange

Sa belle morte bien aimé

Depuis qu'elle s'est changée en ange

Et en vitesse, et en fumée

- « Tu trouveras le bonheur avec quelqu'un d'autre, Aphrodite, et puis tu n'es pas seul, je suis là, je t'aiderai. »

Jamais personne ne saura

Que leur amour battait de l'aile

La morte est sauvée par le ciel

Le veuf est sauvé par le glas.

Il posa pour la troisième fois la main sur l'épaule d'Aphrodite qui ne se déroba pas cette fois. Le poisson se contenta de renifler discrètement puis essuyer ses yeux douloureux avec la manche ornée de dentelles et de froufrous de son chemisier d'ébène, avant de suivre son ami en direction des temples du zodiaque. Arrivés au premier temple Aphrodite se retourna vers le cimetière pour le regarder une dernière fois avant qu'il ne disparaisse de sa vue dans le tournant des maisons. Shura le reprit par la main et ils montèrent les marches en silence. Aphrodite s'arrêta de nouveau, devant le temple du cancer cette fois, et Shura tenta de nouveau de le faire reprendre sa route. Mais loin d'être assez abattu pour se laisser dicter sa conduite, il entra dans le quatrième temple, se dirigea jusqu'à la chambre et s'allongea sur le lit dont les draps avaient été changés plutôt.. Shura s'approcha doucement de lui avec l'intention de venir se coucher à ses côtés.

- « Rentre chez toi Shura, j'ai envie de rester ici... peut être que demain je me rendrai compte que tout ça n'est qu'un rêve, peut être qu'il sera toujours là... »

- « Tu ne veux pas que je reste un peu avec toi? Histoire de te sentir moins seul? »

- « Je suis seul Shura... Laisse moi, s'il te plait... »

Shura quitta le temple du cancer, se disant qu'il lui faudrait être patient s'il voulait qu'un jour Aphrodite oublie son Angelo, qu'il avait tant aimé.