Salut tout le monde ^^ Voilà le chapitre 6. L'auteur a publié le septième samedi soir (j'ai presque fini la traduction) et a dit qu'elle posterait un nouveau chapitre tous les samedi soirs. Donc j'essaierai de poster les traductions le samedi qui suit.
Merci à ma bêta crazy-Alienor pour sa correction
Et merci à tous ceux qui ont laissé de reviews, suivent cette histoire, l'ont en favorite ou simplement ceux qui la lisent :D
Je vous retrouve à la fin du chapitre.
Disclamer : Les personnages et l'histoire de Game of Thrones appartiennent à G.R.R. Martin et à la chaine HBO. Et cette histoire appartient à SophStratt, je ne fais que la traduire.
« Parce que je ne pouvais m'arrêter pour la Mort
Elle s'arrêta gentiment pour moi
Il n'y avait que nous dans la calèche
Et l'immortalité »
- Emily Dickinson
Chapitre Six – Loups brisés :
Winterfell
Caryssa s'éveilla avec les rayons du soleil, les yeux ensommeillés et une sourde douleur dans le crâne due à l'alcool qu'elle avait consommé la veille. Se souvenant qu'elle devait parler avec son père de ses potentielles fiançailles, elle s'habilla rapidement, revêtant une robe de laine d'un bleu sombre et ses bottes. Elle s'assura de tresser ses cheveux afin qu'ils ne retombent pas sur son visage et quitta rapidement la pièce.
Comme il était encore assez tôt, elle supposa que ses parents seraient encore dans leur chambre, elle se dirigea donc vers celle-ci, souriant poliment à tous les domestiques qu'elle croisait et marmonant quelques bonjour. Après une longue succession de salutations polies et de courtes conversations, elle arriva devant la porte de la chambre de ses parents et un servant annonça sa présence. Elle attendit d'être introduite, les mains jointes et un air passif sur le visage.
« Faite la entrer, » dit la voix de son père, le servant lui ouvrit la porte et Caryssa la lui adressa un petit sourire qui s'évanouit dès que la porte fut fermée derrière elle. La pièce semblait plus sombre, plus petite que lorsqu'elle était juste une enfant, s'introduisant dans le lit de ses parents après qu'un cauchemar l'eut tirée du sommeil. « Dit ce que tu es venue dire Caryssa. Ne reste pas là en me laissant en suspense. »
« Pourquoi n'es tu pas venu me voir ? Si tu m'avais dit qu'il était temps de discuter de fiançailles, tu sais que j'aurais écouté, mais au lieu de cela tu as choisi d'en discuter avec le Roi dans mon dos, me traitant comme les autres hommes traiteraient leurs filles. »
« Ton père ne voulait pas te contrarier Caryssa. Il fait juste ce qu'il pense être bien, » dit sa mère, avant que son père n'ait pu dire un mot. « De plus, tu semblais assez bien t'entendre avec lui au festin hier soir. »
« Je m'entendais avec Théon Greyjoy hier soir, mais ça ne veut pas dire que j'ai envi de l'épouser ! » répliqua sèchement Caryssa avant de prendre une profonde respiration pour se calmer et de marmonner une excuse. « Pourquoi lui ? Pourquoi Jaime Lannister ? »
« Si nous allons à Port-Réal, je ne pourrais pas être tout le temps avec toi avec mes devoirs en tant que Main du Roi, mais sous la protection du Roi, de moi-même et de Ser Jaime, il ne t'arrivera aucun mal. » expliqua son père, et Caryssa fronça les sourcils à ses mots, le désaccord visible sur son visage.
« Je ne suis plus une enfant. Je n'ai plus besoin d'un homme rodant autour de moi pour me protéger. »
« Ça m'aiderait à mieux dormir, Caryssa, de savoir que tu as la protection pas seulement de notre maison, mais aussi celle des maisons Baratheon et Lannister. J'ai besoin que tu comprennes que le monde est bien plus dangereux que tu ne le penses. J'ai essayé de te protéger du mieux que je pouvais du monde… mais Port-Réal c'est politique, meurtres, mystères, mensonges et secrets rassemblés en un lieu. J'essaie simplement de faire ce qui est bien pour toi. » Caryssa sentit sa résolution vaciller aux mots de son père. Peut être avait-elle été trop dure avec lui. Elle était juste en colère de la trahison initiale et au sujet de Jaime Lannister. Elle pouvait apprendre à aimer ou à tolérer le lion Lannister pour la tranquillité d'esprit de son père, mais cela serait-il suffisant ? Elle l'ignorait.
Il y avait encore du temps pour que son père change d'avis et même si elle ne pouvait reposer tous ses espoirs là-dessus, elle pouvait toujours prier les Dieux pour que les choses tournent en sa faveur. S'il y avait un moyen pour elle de rester à Winterfell avec Robb, Bran, Rickon et leur mère, alors elle le saisirait.
Sinon, elle ferait tout pour rendre son mariage à Ser Jaime au moins tolérable si elle ne pouvait pas avoir de sentiments romantiques pour lui.
Elle trouverait un moyen de donner à sa vie une raison d'être vécue, tout en apaisant son père et en prenant un poids de plus sur ses épaules.
Elle trouverait un moyen pour que ça fonctionne.
Quelques jours après le festin et sa conversation avec son père, Caryssa était habillée avec l'une de ses robes d'équitation, ses longs et sombres cheveux rassemblés en une large tresse par-dessus son épaule, sa cape drapée sur ses épaules, ses bottes remontées jusqu'à ses genoux, et avançait vers son cheval sellé. Elle se joignait aux hommes pour la chasse. Caryssa adorait chasser, c'est pourquoi elle avait laissé Rhaenyra avec Arya et Nymeria et s'était rapidement préparée quand son père l'avait informée que le Roi avait demandé à ce qu'elle les accompagne, sachant qu'elle était une chasseuse compétente.
Les hommes du Sud la regardaient alors qu'elle vérifiait ses nouvelles flèches dans son carquois, les comptant pour être sûre qu'elle en avait une bonne quantité, et elle regarda son arme, essayant d'occulter leurs regards d'ignorants. Les femmes n'étaient pas supposées se joindre aux hommes pour la chasse mais Caryssa avait toujours insisté pour se joindre à ses frères quand ils avaient commencé à chasser avec son père. Elle avait déjà appris à se servir d'un arc à ce moment là et voulait rejoindre les hommes.
« La chasse n'est pas faite pour les femmes, ma Dame. » lui dit l'un des gardes du Sud, juste au moment où Robb et Oncle Benjen l'approchaient. Son père avait déjà monté son coursier, tout comme le Roi Robert, Ser Jaime et un mélange de gardes des maisons Baratheon, Stark et Lannister.
L'homme qui lui avait parlé lançait une pomme en l'air et Caryssa lui fit un sourire narquois avant de rapidement encocher une flèche à son arc et de la laisser filer dans sa direction. Le garde Lannister cria, pensant qu'elle avait tenté de le tuer, pour finalement s'apercevoir que sa pomme était empalée contre le mur des écuries par sa flèche.
« Joli coup ma Dame, mais la chasse est un sport souvent sanglant. Les femmes ne devraient pas voir une telle chose. » dit Ser Jaime alors qu'il faisait avancer son cheval dans sa direction.
Elle roula des yeux, une lueur sombre dans le regard alors qu'elle dévisageait son fiancé. Son père l'avait annoncé à sa famille au dîner de jour plus tôt, et Caryssa avait froncé les sourcils à son repas avant de quitter la salle avec Robb sur les talons. Elle n'avait pas pleuré, ni prononcé le moindre mot, mais son frère l'avait simplement prise dans ses bras. Elle savait que cela allait arriver mais elle avait espéré que son père change d'avis afin qu'elle n'ait pas à quitter le Nord et ses frères.
« Bien qu'il soit vrai que la plupart des femmes ne soient pas habituées à la vue de la mort, le sang est quelque chose que nous voyons régulièrement, Ser. De plus, je ne suis pas une femme ordinaire. Ici dans le Nord, nous sommes faites d'un bois plus dur que vos femmes du Sud, » Caryssa sourit narquoisement comme elle rangeait son arc et vérifiait que sa dague était bien rangée dans sa sacoche. Elle monta Snow et partagea un regard irrité avec son père qui était à côté du Roi, alors que les hommes commençaient à grommeler à propos de sa présence. « Est-ce que quelqu'un d'autre a un problème avec le fait que je vienne à la chasse ? Parce que je serais heureuse de vous laisser derrière et d'y aller seule. »
« Lady Caryssa se joindra à nous, c'est compris ? » tonna la voix du Roi, et les hommes redevinrent immédiatement silencieux de peur de mettre leur Roi en colère. Caryssa sourit et se dit que c'était, en cet instant, une chose très pratique que de ressembler autant à sa tante. Le Roi serait plus enclin à venir à son aide contre l'obstination de ses hommes. « Régicide ! Tu protègeras Lady Caryssa aujourd'hui. »
« Avec plaisir, Votre Altesse » répondit Jaime, souriant narquoisement à la jeune femme avec une étrange satisfaction.
Caryssa soupira mais ne contesta pas la décision du Roi comme elle l'aurait fait si elle avait été celle de son père. Elle n'avait besoin de la protection d'aucun homme, elle avait appris à se protéger elle-même. Mais ce que le Roi voulait, il l'avait. Le lion Lannister la suivrait comme un faucon maintenant et elle devrait faire avec ses attentions.
« Aller messieurs, madame, allons tuer quelques sangliers ! » dit le Roi alors qu'il tournait son cheval en direction des portes, mais il tourna la tête vers eux et fit un geste en direction de Caryssa. « Lady Caryssa, venez, chevauchez à côté de moi. »
Caryssa plaqua un sourire sur son visage mais ses yeux voletèrent vers son frère. Elle chevauchait toujours à côté de Robb, à moins qu'elle ne soit énervée, et son frère lui lançait le même regard triste. C'étaient dans ces moments que Ned réalisait à quel point ses deux aînés seraient perdus l'un sans l'autre. Ils étaient tous deux de jeunes adultes mais à certains moments ils semblaient comme des enfants. Ils avaient besoin l'un de l'autre et Ned savait qu'il allait se détester de les avoir séparés.
Il avait accepté l'offre du Roi de devenir sa Main et il emmenait ses trois filles avec lui à Port-Réal. Caryssa épouserait Jaime Lannister, Sansa épouserait le prince Joffrey et Arya apprendrait les manières de la cour dans l'espoir que cela la transformerait en lady. Cela signifiait séparer les loups avant l'hiver mais il devrait gérer ça au moment venu.
Caryssa détourna les yeux de son frère et pris place à côté du Roi, ignorant le regard que lui lança le prince, un regard à la fois appréciateur et concupiscant. Le prince était un idiot. Sa sœur était bien plus belle qu'elle, et pourtant il était là à la regarder avec une faim familière dans ses yeux, une qu'elle avait pris l'habitude de voir dans les yeux des hommes. Caryssa savait qu'elle était belle, mais elle n'avait jamais compris pourquoi c'était tout ce que les hommes voyaient. Il y avait bien plus de chose chez elle que sa beauté.
« Donc, ton père m'a dit qu'avant le Régicide tu avais refusé d'épouser de nombreux prétendants. Pourquoi cela, jeune fille ? » demanda le Roi Robert, et Caryssa sourit tout en gardant ses yeux fixés droit devant.
« La vérité, Votre Majesté, ou le mensonge que je raconte pour garder les gens contents ? » demanda Caryssa, et le Roi rit.
« La vérité, jeune fille. C'est un crime de mentir à ton Roi. »
« Très bien, mon Roi, » dit Caryssa, s'arrêtant pour réfléchir à comment formuler ses pensées. « Avant maintenant, je voyais le mariage comme une cage, me condamnant à une vie de misères. Je devrais quitter ma maison, tout ce que je connaissais et aimait, pour épouser un étranger qui ne pourrait pas m'aimer puisqu'il ne me connaitrait pas et qui me prendrait la liberté que mon père m'accordait. Je devrais abandonner mes propres hobbies, diriger une maison et porter des enfants. Quelle partie de cela vous semblerait attirant pour une jeune lady, Votre Majesté ? »
« C'est la manière dont fonctionne le monde, ma Dame. Ne voulez vous pas que l'on s'occupe de vous ? Ne voulez vous pas d'enfant ? » demanda le prince Joffrey, elle hocha la tête avant d'expliquer.
« Je veux des enfants, mon prince, comme n'importe quelle femme, mais quand j'étais plus jeune j'avais mes frères et sœurs à aider à élever. A mes yeux, j'ai déjà mes enfants et j'ai toujours utilisé l'excuse que ma famille avait besoin de moi et que c'était pour cela que je ne voulais pas partir, mais je suppose que c'est plutôt que j'avais besoin d'eux. Je ne voulais pas être le loup solitaire hors de sa meute quand l'hiver viendrait, » murmura Caryssa, son sourire devenant un peu mélancolique, avant qu'elle ne secoue sa tête pour chasser toutes pensées ou sentiments moroses. Elle se composa un nouveau sourire et regarda le prince. « Et vous mon prince, comment était-ce de grandir au Donjon Rouge ? »
Joffrey et le Roi la divertirent avec des histoires de Port-Réal et des histoires d'enfance, de batailles et de guerres. Le Roi la fit rire et Joffrey n'était que moyennement ennuyant ce matin. Il semblait être au meilleur de son comportement, ou aussi proche d'un bon comportement qu'il le pouvait, ce qui rendit plus facile pour elle la tâche d'écouter ses mensonges (les récits de ses victoires contre les autres jeunes hommes de la cour étaient clairement des mensonges car Caryssa l'avait vu se battre en duel avec Robb et il n'était pas très habile avec une épée).
Quand ils furent plus profondément enfoncés dans le Bois-aux-Loups, Caryssa s'excusa et laissa son cheval ralentir un peu, jusqu'à ce qu'elle fasse tourner Snow vers la gauche et galope loin d'eux dans la forêt. Elle connaissait la forêt comme sa poche, savait où étaient les sangliers et où broutaient les plus gros cerfs, et elle savait comment les rabattre vers là où les autres chasseurs étaient. Elle avait toujours fait ça lors des sorties de chasse avec son père, ses frères, Jory et Théon, chevaucher seule et rabattre leurs proies, mais cette fois elle s'aperçut qu'elle avait son propre poursuivant. Elle tira sur les rênes, faisant ralentir Snow jusqu'à s'arrêter.
« Y a-t-il une raison pour que vous ayez quitté le rang, Lady Caryssa ? »
Elle tourna la tête au son de la voix du lion qui avait été chargé de la 'protéger' et cligna innocemment des yeux dans sa direction, ce dont il ne fut pas dupe.
« Peut être que je voulais voir qui me poursuivrait. Quelle agréable surprise, » taquina Caryssa, avant de continuer sans lui laisser le temps d'ouvrir la bouche pour répliquer. « Je connais un point d'eau où les animaux se rendent pour boire, c'est là qu'ils sont à ce moment de la journée, et il s'avère que c'est légèrement plus au Nord que là où la caravane se dirige, donc j'allais… rabattre les animaux dans la bonne direction. »
« Et vous pensiez que vous accompliriez cela seule ? » demanda Jaime, et Caryssa arqua un sourcil alors que son cheval s'arrêtait juste à côté du sien.
« Je ne suis pas incapable, » déclara Caryssa avant de plisser les yeux en voyant la perplexité sur son visage. « J'espère que vous ne prévoyez pas d'essayer de me contrôler, Ser Jaime. Je vous épouse uniquement parce que je pense que cela permettra de protéger ma maison et parce que vous êtes la proposition la plus… attirante que j'ai reçue depuis que mon père à commencé à prendre les propositions de mariage sérieusement. »
« Donc vous avez seulement accepté grâce à ma belle apparence. Je suppose qu'elle devait bien me servir un jour, » Jaime lui sourit narquoisement et elle roula des yeux, exaspérée par son incapacité à prendre leur conversation au sérieux. « Et je ne prévoie pas de vous contrôler, Lady Stark. C'est plutôt attirant… ce feu en vous, ce défi. On ne fait pas de femme comme vous, ma Dame. »
Caryssa lui sourit, puis ce sourire devint narquois.
« Si c'était le cas, les hommes comme vous seraient très frustrés, » le taquina Caryssa avant de reconcentrer son esprit sur la chasse. « Maintenant, Jaime Lannister, à quel point votre cheval est-il rapide ? »
Sans attendre sa réponse, Caryssa claqua sa langue et Snow parti au galop, sa cavalière la manœuvrant de façon experte entre les arbres. Elle entendit le bruit de sabots derrière elle, indiquant que Jaime la suivait, obéissant aux ordres du Roi. Caryssa trouva rapidement le point d'eau que les animaux fréquentaient, et sorti son arc et une unique flèche.
Les cerfs attendaient déjà avec attention, ayant entendu son approche, mais alors qu'elle avait ralenti Snow à un trot, ils devaient encore s'enfuir. Elle encocha sa flèche à la corde de son arc et la tendit. Elle aimait tirer à l'arc simplement parce que quand elle était comme ça, la corde tendue et sa flèche semblant presque prendre vie sous ses doigts, elle avait l'impression d'être dans son propre monde et il n'y avait rien d'autre qu'elle, son arme et sa proie.
C'était délicieux de se sentir comme si elle avait un endroit où elle pouvait être seule. Elle aimait sa famille tendrement mais elle n'avait jamais de moment toute seule. Si elle n'était pas avec sa mère à apprendre comment diriger une maison, elle était avec son père à discuter de comment diriger le Nord et d'autres choses importantes, ou avec Robb, Jon, Théon, Rodrick et Jory à s'entrainer, ou avec Sansa et Arya à un cours de couture, ou avec Bran pendant ses leçons, ou encore en train de s'occuper de Rickon. Elle n'avait jamais de moments de paix mais la plupart du temps elle s'en moquait. Mais depuis l'annonce de son imminent mariage, elle avait commencé à avoir terriblement envi de son temps seule. Bien que ce moment ne comptait probablement pas comme du temps seule alors que son fiancé était juste derrière, la regardant intensément.
Elle tira, manquant les animaux pour les faire détaler dans la bonne direction puis commença sa poursuite, le Régicide juste derrière elle. De temps en temps Caryssa devait faire ralentir Snow afin de réorienter les animaux dans la bonne direction mais elle finit par entendre les acclamations des hommes comme les premiers cerfs étaient abattus. Caryssa et Snow, avec Jaime et son propre cheval les suivant, arrivèrent dans une petite clairière où le Roi, le prince, son père, son frère, son oncle, Lord Tyrion et les hommes des différentes maisons se tenaient autour des corps des cerfs.
Caryssa repéra un grand cerf qui ne s'était pas encore enfui mais se dirigeait vers le Roi qui était descendu de cheval pour inspecter ses prises. Elle encocha rapidement une flèche et la relâcha, regardant alors qu'elle s'enfonçait dans l'œil du cerf, le tuant instantanément.
Il tomba sur le sol juste aux pieds du Roi, ce dernier fixa l'animal avant de lever son regard vers la jeune femme toujours sur son cheval blanc, et il pensa immédiatement à sa Lyanna. Elle avait toujours voulu se joindre à lui et à ses frères lors de leur partie de chasse, mais ils ne le lui avaient jamais autorisé, c'était l'une des raisons pour lesquelles le Roi avait autant insisté sur la présence de la Dame.
Caryssa sourit devant sa prise, avant de ranger son arc. Son frère riait de la victoire dans ses yeux, tout comme Jory, son oncle et Théon, le Roi riait et son père rayonnait de fierté, Caryssa ne voyait pas comment ce moment aurait pu être mieux.
Elle ne le sut jamais.
Un cavalier surgit de la lisière des arbres, comme Caryssa un instant plus tôt, avec un air affolé sur le visage.
« Lord Stark ! Mon Seigneur ! J'apporte un message de Mestre Luwin, mon Seigneur ! C'est Lord Bran. Il est tombé d'une tour… » déclara le messager, mais le bruit d'un cheval au galop interrompit son discours.
Les hommes du Nord et du Sud regardèrent comme la seule femme de leur partie de chasse faisait demi-tour et galopait en direction de Winterfell, poussant son cheval blanc à aller aussi vite qu'il le pouvait. Les autres Stark suivirent rapidement derrière, avec le Roi et Jaime Lannister dans leur sillage. Ils poursuivirent la jeune femme qui avait clairement oublié l'existence de la raison et de la logique, et dont toute les pensée étaient focalisées sur son frère qui pouvait être ou ne pas être mort.
Caryssa ignora les cavaliers derrière elle, ayant de l'avance sur eux et aucune envie de ralentir, et se trouva à franchir les portes de Winterfell en un instant. Elle ne s'arrêta pas avant d'avoir atteint la cour du château, et descendit rapidement de son cheval, laissant la pauvre bête attendre qu'un garçon d'écurie s'occupe d'elle.
Elle couru à travers le château en direction des salles de soins, à l'extérieur desquelles le reste de sa famille attendait, visiblement non autorisé à entrer.
« Que s'est-il passé ? » demanda-t-elle, essoufflée, mais réussissant tout de même à garder un semblant d'autorité. Elle voulait des réponses et elle allait les avoir.
Sa mère la regarda avec des larmes dans les yeux, un air désespérer dans les habituellement calmes yeux bleus qui envoya une décharge de peur dans le cœur de sa fille. Elle n'avait vu cet air dans les yeux de sa mère qu'une seule fois auparavant. Le jour où son père avait ramené son fils de la guerre. Le jour où le cœur de sa mère avait été brisé.
« Il n'est pas mort, n'est-ce pas ? Il ne peut pas être mort. Que quelqu'un dise quelque chose ! » cria Caryssa, faisant sursauter ses jeunes frères et sœurs par la dureté de sa voix. La faible résolution de Sansa se brisa à la peur dans la voix de sa grande sœur, quelque chose qu'elle n'avait encore jamais entendu durant ses treize années de vie, et elle se remit à pleurer.
La colère de Caryssa s'éteignit rapidement et elle prit sa sœur dans ses bras, embrassant ses cheveux auburn, murmurant des mots de réconfort dont elle ignorait s'ils étaient vrais ou non. C'est à ce moment que les hommes arrivèrent, le Roi demanda à être tenu au courant de la santé de Bran avant de murmurer des excuses à son ami et de disparaitre, Robb prenant un Rickon sanglotant dans ses bras et Ned réconfortant sa femme et sa plus jeune fille. Caryssa prit Jon dans son étreinte avec Sansa et il les serra fort contre lui, leur donnant autant de réconfort qu'il en avait lui-même besoin.
C'est comme cela que Jaime trouva la famille Stark quelques instants plus tard, s'accrochant désespérément les uns aux autres, alors qu'ils priaient silencieusement les dieux d'épargner leur fils ou frère. Caryssa regarda par-dessus la tête de Sansa et le vit, se tenant presque maladroitement alors qu'il regardait sa famille. Ses yeux verts contenaient une lueur de sympathie et les siens des larmes non versées que sa famille ne verrait jamais.
A ce moment, Jaime vit une fissure dans la glace entourant le cœur de la jeune femme, une vulnérabilité qu'il n'avait encore jamais vue chez elle, et la il sut qu'ils se ressemblaient plus qu'il ne l'aurait cru.
Sa famille était sa vie, tout comme sa propre famille était la sienne.
Note de l'auteur :
Salut tout le monde !
Je suis désolée pour le retard dans la publication ! Mon ordinateur a planté et le contenu en a été effacé, y compris cette histoire, ce qui veut dire que je suis actuellement en train de tout réécrire, et en général avant de poster un chapitre je m'assure d'en avoir quelques uns d'avance pour ne pas avoir trop de pression.
Enfin bref, dans ce chapitre on a une conversation père/fille, un peu plus de Jaime/Caryssa et la chute de Bran ! J'espère que vous avez aimé. J'espère aussi qu'il y avait assez de joie dans ce chapitre pour compenser avec le suivant qui ne sera pas très joyeux (il sera centré sur les mécanismes de défense de Caryssa face au deuil). Du coup c'était un sneak peak pour le prochain chapitre là !
Un grand merci à tous ceux qui suivent cette histoire, l'ont mise en favori ou ont laissé des reviews.
Je voudrais aussi répondre à une remarque d'un invité qui trouve que Caryssa est une terrible Mary-Sue (je me suis renseigné sur ce qu'était une Mary-Sue, et j'ai trouvé cela plutôt ridicule) et je suis parvenue à la conclusion qu'une Mary-Sue est simplement un personnage féminin qui est jugé trop fort. Là par exemple, Caryssa est considérée comme une Mary-Sue parce qu'elle est belle, intelligente, qu'elle sait se battre (même si elle n'utilise qu'un arc et un couteau, elle ne sait pas vraiment manier une épée, elle en porte juste une comme avertissement), et étudie la guérison. Pourtant le personnage de Tolkien, Aragorn, de la trilogie Le Seigneur des Anneaux est un excellant épéiste, archer, soigneur, intéresse deux femmes de façon romantique, et est l'héritier du plus grand des royaumes des hommes dans la Terre du Milieu… et il n'est pas considéré comme une 'Mary-Sue'. On dirait que même dans l'écriture on créé une sorte de cage pour les personnages féminins. Je dis qu'on devrait écrire nos personnages féminins comme on en a envie ! Si on veut qu'elles aillent à la guerre, elles iront ! Si on veut qu'elles aient les hommes à leurs pieds, elles les auront ! Si on veut qu'elles soient à la fois belles et intelligentes, elles le seront !
Donc pour conclure ce pavé, je vais continuer à écrire Caryssa comme elle est. Elle va être capable de se défendre elle-même, elle va être plus belle que beaucoup de femmes de Westeros, elle va faire tomber Jaime follement amoureux d'elle et elle va être intelligente. Je suis désolée si ça la fait sembler trop « parfaite » ou quoi que ce soit. Caryssa a des faiblesses. Elle est froide avec à peu près tous ceux à qui elle ne fait pas confiance, elle est têtue et un peu autodestructrice et il y aura plus de faiblesse qui apparaitront dans les prochains chapitres, mais je ne veux pas qu'elle ait trop de faiblesse non plus.
Donc je suis désolée pour la grande note, et félicitations à tous ceux qui ont lu jusque là, vous êtes mon type de personne !
J'espère que vous avez aimé le chapitre et que vous lirez le prochain,
SophStratt
Note de la traductrice :
Voilà, j'espère que vous avez aimé ce chapitre ^^
Personnellement j'ai été très soulagée que Jaime soit aussi à la chasse et qu'il n'ait donc pas pu pousser Bran de la tour. Parce que c'est quelque chose que Caryssa n'aurait pas pu pardonner (déjà qu'elle va sûrement finir par découvrir qu'il a eu une liaison avec sa propre sœur !). Mais du coup je me demande si Bran est simplement tombé ou si quelqu'un l'a poussé. Et si oui, qui ? (Cersei peut être ?)
En tout cas n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez. Je rappelle que je traduis les reviews pour l'auteur. Et j'espère vous retrouver au prochain chapitre ^^
Liens vers les tenues de Caryssa :
Tenue pour aller confronter Ned (je l'adore) :
www ».polyvore. »com »/she_runs_with_wolves_lions/set?id=109733948
Tenue de chasse (et coiffure) :
www ».polyvore. »com »/she_runs_with_wolves_lions/set?id=109466712
