Salut les croquantes et les croquants.
La dernière fois que j'ai posté une bouse c'était y'a pas si longtemps au final.
Mais on va faire genre ça fait longtemps qu'on s'est quittés.
Vous m'avez manqué !Wow vous avez même vieilli pour certains, rajeuni pour d'autres, et toi que je pointe du doigt t'as vraiment une sale gueule. Franchement l'acné te réussis pas (mais réussit elle à quiconque ?).
J'étais pas censé avoir le temps d'écrire ce bidule, mais par le biais d'une superbe bourde administrative je n'ai reçu mon contrat qu'aujourd'hui et donc... on se tape des détails en fait.
L'important (ou le truc qui vous intéresse peut être si vous lisez ça) c'est que j'ai eu le temps d'écrire un petit quelque chose pour Miserere mei, Deus.
Il s'agiiiit d'une préquelle (yeh) ! Savamment intitulée « Mais comment qui c'est-il qu'ils se sont mis dans la panade les deux couillons ? », qui vise à expliquer (ou presque) comment qui c'est-il qu'ils se sont mis dans la merde Antoine et Mathieu.
C'est vraiment.. étrange ? Je sais pas, je l'ai pas relue. J'ai écrit un petit bout chaque soir en rentrant du boulot, pas optimal. Vous êtes mon crash test.
Si vous êtes revenus lire ce machin, vous êtes officiellement un peu des gens bizarres aussi. Alors ça devrait passer.
J'espère que ça vous plaira, et si ça vous plait pas... ce sera pas la mort du ptit cheval.
Des bisous. (tout partout)
(partout.)
Miserere mei, Deus
Partie 8 ? Ou partie 0 ?
Préquelle
« Mais comment qui c'est-il qu'ils se sont mis dans la panade les deux couillons ? »
L'action se déroule pas du tout en 1999, mais un peu avant. Genre 1998. Ou alors si, en 1999 mais avant le 1999 du début. Ok ?
Et pas dans le Périgord.
« … Tu crois que c'est là ? »
« Yep, je crois bien que c'est là. »
« Qu'est ce qu'on fait, on toque ? »
« Bah non, on entre. »
« Ah ouais, comme ça ? »
« C'est un supermarché connard. »
« Oh. »
Les portes coulissent à l'approche des deux débiles.
Wow.
« Wow. »
This Corrosion par The Sisters of Mercy retentit alors qu'Antoine découvre pour la première fois ce qu'est un supermarché.
« C'est... »
« ...des rayons ! » reprends Mathieu
« … MAGNIFIQUE ! »
« Je reste sur le fait que ce soit des rayons. »
Traversant les... rayons oui merci Mathieu , Antoine a les putain de yeux super brillants genre les étoiles plein les mirettes il pleure presque en voyant des paquets de pâtes en tout genre, du papier toilette avec plusieurs épaisseurs et des coussins confort pour femmes enceintes.
Il finit son trajet digne des plus grands pèlerins de Leclerc ou Shoppy en arrivant devant un pot de Nutella géant, un objet promotionnel de plusieurs kilogrammes rempli de pâte à tartiner goût choco noisette qui saura épanouir et ravir vos plus jeunes et leur donner l'énergie dont ils ont besoin pour bien commencer leur journée.
Il se retourne vers Mathieu alors que la musique démarre réellement (fini la chorale place à la musique badass) et lui dit « On fait le plein mon con. »
Mathieu le regarde avec un regard tout à fait approbateur, hoche la tête et lui dit avec un accent anglais pathétique « Let's roll baby ».
S'en suit une foultitude de scènes pendant lesquelles les deux abrutis remplissent des caddies et des caddies de choses en tout genre. Bouteilles, gâteaux, jeux de cartes, jambon, pain de mie, et même... et même on s'en branle putain.
Ils arrivent à la caisse avec 9 caddies remplis à ras bord qu'ils poussent les uns contre les autres avec beaucoup de précaution. Une fois les multiples piles précaires arrivées au niveau du tapis la caissière les regarde interloquée et demande : « Vous voulez un sac ? ».
Antoine et Mathieu se regardent et explosent de rire.
Les gens autour se demandent ce qu'il se passe et un type passe avec un bandana rouge autour du cou près du rayon produits du terroir.
La caissière réitère sa question avec un peu plus de force dans la voix, comme pour parler plus fort.
« Désirez vous un sac messieurs ? ».
C'est alors que les deux cons se rendent compte que la question est pas du tout drôle alors ils arrêtent de rire. « Oui s'il vous plaît, autant de sac qu'il faut ! » réponds donc Mathieu avec de l'entrain, et les orteils qui dansent.
Après avoir scanné les centaines d'articles la caissière leur annonce le prix.
On va censurer parce que ça fait mal rien que d'y penser.
Merde quoi ça se voit que les grandes surfaces elles se foutent un peu de la gueule des gens parce que même au marché de Montluçon je me rappelle que les produits bios ils avaient à peu près le même prix et c'était du coup pas bourré de pesticides. Je suis sûr qu'Antoine et Mathieu s'en rappellent aussi.
« Si peu ? Cool ! On paye en carte bleue ET liquide s'il vous plaît » s'exclame Antoine.
…
En essayant de sortir son porte feuille de sa poche Antoine se rend compte qu'il n'y a qu'un porte clé Panda et un ticket de métro parisien vieux de 8 mois.
Mathieu entreprends de faire la même chose mais n'y trouve que des clés de scooter, une bouteille d'eau gazeuse d'un litre et demi, un poster de Shakaponk et une plancha à gaz.
Posant sa plancha sur le côté il finit par dire à la caissière « Je crois qu'on a oublié nos portefeuilles. »
La caissière les regarde avec un air qui dit tout. Enfin non qui dit rien parce que c'est un air mais genre elle est pas contente quoi. Elle souffle. D'exaspération. Et en profite pour éteindre les bougies sur son gâteau d'anniversaire. « Joyeux anniversaire ! » s'écrit Antoine avant de se rendre compte qu'il ferait mieux de fermer sa gueule.
« Vous allez tout remettre en rayon s'il vous plaît ? » demande la caissière venant tout juste d'avoir 28 ans (bravoooooooo et plein d'autres!) aux deux cons qui ont mal au bide rien que de penser au temps qu'ils vont perdre à faire ça.
Ils finissent par croiser leurs regards au détour d'un rayon fruits et légumes.
« Tu penses à ce que je pense ? » demande Mathieu en poussant 5 caddies.
« Euh... »
« Bah oui ou non ? »
« Je sais pas, moi je pense à acheter un Picsou mag. »
« Ah pas con. »
« Ouais j'ai envie de voir ce que c'est le gadget ce mois ci. »
« Non mais chut, ça te dit on prends le maximum de caddies et on se tire sans payer ? »
« Comme la fois ou... »
« Oui comme la fois ou. »
« ...ou on a volé la tondeuse du vieux Peabody et qu'on est devenus les plus grands braqueurs de l'ouest Américain ? »
« … »
« Non putain on a jamais fait ça. »
« Ah, merde. C'était dans un film alors. »
« Non, non plus. »
« Oh. »
« Non je parle de la fois ou on était au bureau de tabac et que sans faire exprès on avait pris des chewing gum mais on les avait mis dans nos poches et du coup on les a pas payés. Tu te rappelles le rush d'adrénaline de taré qu'on s'était tapé ? »
« Ouais mais attends on était trop dans l'illégalité aussi. »
« Bah imagine ce que ça donnerait avec plusieurs kilos de marchandise volée. »
« Bah encore plus d'illégalité. »
« On est déjà trempés au max. Si jamais ils découvrent qu'on a volé ces chewing gums on part en taule, autant y aller à fond... »
« T'as raison. C'est quoi le plan ? »
« Hmm... »
« Hmmm ? »
« Bah je regarde. »
« Tu regardes quoi ? »
« Bah le plan. »
« Y'a déjà un plan ? »
« Vous êtes ici »
«Mais c'est le plan du magasin on en à rien à taper ! »
« Ah oui. »
« Alors ? »
« Alooooooors... je propose qu'on lance un premier caddie plein de bouffe, mais celle dont on se fout le plus genre le caddie ou y'a aucun pot de nutella. »
« Ils ont tous au moins un pot de nutella. »
« Alors on en remplis un autre d'endives et de betteraves et on lance sur la caisse. Dans la panique, la caissière sort son flingue et commence à tirer, une balle perdue blesse le vigile à la jambe pendant qu'on est couchés sur le sol pour éviter les balles. Une fois qu'elle se met à recharger, on fonce avec les caddies. La vitesse procurée par le poids des produits nous permet ensuite de juste monter sur un caddie, et rouler jusqu'au parking et ensuite on se tire. »
« C'est... »
« … génial ? »
« Oui. Et après on fera la fête. »
« Yeah ! »
Antoine se place derrière le caddie qu'il s'apprête à lancer dans une course folle. Il pousse et accélère et finit par lâcher le caddie pour mettre le plan à exécution. Le caddie part à fond les bananes, et part s'écraser dans un des rayons, faisant s'écrouler un gros paquet de bouteilles de vin sur le sol, bouteilles qui s'éclatent toutes dans un fracas assourdissant, couvrant l'allée d'une vague d'alcool bordeaux.
« Oups. »
Ouais tu peux dire Oups ouais.
Mathieu regarde la scène et s'écrie « PLAN B ! »
« C'EST QUOI LE PLAN B ? »
« LA MEME CHOSE ! ON CONTINUE LE PLAN, CA VA MARCHEEEeeeeerr » dit Mathieu en partant avec vitesse sur un des caddies (c'est pour ça que sa voix s'affaiblit, on le voit avec cet effet saisissant de majuscule/minuscule).
Antoine fait donc de même et pousse les caddies avant de monter sur celui du milieu en tenant les deux autres avec les bras tendus.
Tous les autres clients regardent la scène, interloqués.
La caissière, voyant l'armada de caddie pilotée par les deux abrutis arrivée à toute berzingue, décide non pas de sortir un flingue et tirer dans tout les sens, mais bien de se cacher derrière sa caisse avec effroi.
Le vigile étant aux chiottes, y'a pas de lézard.
Les caddies continuent de foncer et se rapprochent des portes du magasin telle une armada légendaire, un corps d'infanterie chargeant pour la défense de sa patrie (ou juste casser des gueules).
Les portes n'ayant pas le temps de s'ouvrir les caddies se fracassent sur le plexiglas et les deux abrutis se ramassent la gueule sur le sol.
« Meeeeeerde. »
« CHOPPE LE NUTELLA ON SE TIRE ! » gueule Antoine en se munissant de plusieurs pots avant de partir en courant vers le parking.
Mathieu fait de même en emportant tout de même un pot de terrine de biche, faut pas déconner.
Arrivés sur le parking, les pots dans les bras, ils se retrouvent confrontés à un petit problème.
Y'a les flics.
Bah oui le supermarché est à deux pas d'une caserne et la caissière possède un téléphone. La salooope elle les a vendu ! Alors qu'elle était leur meilleure amie et qu'ils avaient fait tant de choses ensemble, comme de la couture et... ah non en fait elle les connaissait pas et c'était deux débiles vaguement dangereux. Ok elle a bien fait.
Les flics regardent les deux trous du cul avec leurs pots de nutella. Antoine s'arrête, Mathieu fait la même chose, un des policiers annonce : « Posez votre Nutella, et rendez vous, parce que ça devient débile. »
Hm. Il nous faut une musique pour une scène d'action.
Allez, OST de Naruto – Turn Over.
La musique commence, et Antoine et Mathieu ajustent leurs vestes, et placent un bandeau autour de leur tête. Ils se mettent en position de combat et se mettent à parler en japonais.
« Wareware wa kesshite yaru! Bando wa nomi inu. » s'écrie Mathieu.
« Wareware wa, Nuterra no subete no tsuyo-sa de anata o uchi makasu ni wa, hyōji sa remasu. »
« Watashitachi wa anata no o shiri o kikku shimasu. »
« Hm comment on dit un truc du genre à l'attaque ou à l'assaut ? »
« J'en sais rien. »
« ATTAKU ! »
« Ah oui je crois que c'est ça. Toppuōbā! »
« O tearai wa dokodesu ka? »
« Les toilettes sont au fond du parking, sur la gauche » réponds le policier
« Merci. »
« Bisous ! »
ARRIVANT TEL UN DEUS EX MACHINA, JE VOUS LE DONNE EN MILLE, SUR LE SCOOTER DE MATHIEU AVEC UN FLAMBOYANT CASQUE ROSE ET UNE TASSE DE CAFE : CHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARLES.
Ce bon vieux Charles.
« Des soucis les enfants ? » Demande Charles avec sa classe légendaire, sa voix sexy et sa barbe mal taillée qui lui donne un petit côté Keanu Reeves du dimanche qui saura charmer les ladies.
« CHARLES ! » s'écrient à l'unisson les deux tarlouzes a bandeau fan de Nutella. « OUI ON A BESOIN DE TOI, EMMENE NOUS LOIN ! »
« Je peux pas j'ai envie de pisser »
Charles va pisser.
Il ressort des chiottes en remontant sa braguette et lève la tête pour voir qu'Antoine et Mathieu se barrent sur le scooter.
« HEY ILS ME VOLENT MON SCOOTER »
Mais non c'est celui de Mathieu.
« HEY IL RECUPERE SON SCOOTER »
Voilà.
« Mais comment je vais rentrer chez moi maintenant ? »
Fuh, je vais te téléporter mon bon Charles.
« Tu peux faire ça ? »
Je suis le narrateur, je peux tout faire.
« Merci Narrateur ! »
Chut, prononce pas mon nom personne ne sait que c'est moi.
Bref, désolé Charles j'ai une épopée fantastique à narrer.
« Pas de problème vieux, je t'aime. »
Moi aussi mon vieux Charles, moi aussi.
Les deux partent donc sur le scooter, avec une vitesse telle que les flics n'arriveront jamais à les rattraper. Bon ok ils arrivent péniblement à 80 et les flics les choppent en quelques minutes.
Ils sont foutus au poste.
« Vous pouvez nous expliquer ce que c'était ce délire au supermarché ? »
« ON VOUS DIRA RIEN ON EST LIBRE »
« LIBRE COMME L'OISEAU »
« ON VOUS KICKE »
« Calmez vous les gars, on veut juste comprendre ce que vous foutiez, et ensuite vous faire payer des dommages et intérêts pour pas avoir à vous balancer en taule. »
« ON VOUS PRENDS TOUS A DEUX »
« ON VOUS PINE VOS ZIZIS »
« Je crois qu'il va falloir calmer les deux zigotos. »
« D'accord. Faites entrer l'accusé. »
« Quoi ? »
« Ah merde l'émission est pas encore sortie. Faites entrer le poulet sadique bouffeur de boules. »
« Ah oui ok. »
Deux flics entrent avec une cage blindée qu'ils posent sur la table devant les tronches trop vener de Mathieu et son compagnon à la tchouffe toujours aussi peu entretenue.
« Vous voyez ça ? C'est l'arme fatale. »
« Avec Gary Busey et Danny Glover ? » demande Antoine
« T'oublies Mel Gibson » ajoute Mathieu
« Fermez vos bouches à bites. »
« Et vous comptez faire quoi avec votre poulet en cage ? Une soupe ? »
« EH BIEN ce poulet va vous bouffer les couilles. »
« C'est pas un peu extrême pour quelques caddies lancés sur une porte ? »
« A VOUS DE ME LE DIRE »
Antoine et Mathieu répondent en même temps : « Oui, c'est extrême »
« Vous trouvez ? »
« Oui »
« Rien à foutre, ouvrez la cage. »
Les deux flics qui ont apporté le conteneur sécurisé utilisent deux clés pour défaire les verrous, comptent jusqu'à 6 parce que 3 ou 5 c'est trop mainstream, et finissent par tirer les loquets parce que sinon la cage s'ouvre pas non plus. Dedans on peut apercevoir deux yeux rouges et un bec... de poulet. Parce que c'est un poulet. Qui fait cot cot.
Le poulet sort doucement en grognant/cot cotant avec force et rage.
« Grot grot grot grot gros deck » dit le Poulet qui est un fan de trading card games.
Les flics se frottent les mains genre comme si y'avait plus de radiateur, et Antoine et Mathieu flippent leur race parce que bordel ce poulet à les yeux rouges. Et il joue à Magic. On voit pas ça tous les jours (et puis en plus il est censé leur bouffer les couilles, j'vois pas si vous avez une idée du niveau de douleur mais merde, les couilles quoi).
Le poulet s'arrête sur la table et se retourne vers les flics qui arrêtent direct de se frotter les mains comme s'ils venaient de se rappeler qu'il fait pas froid.
« Sergent ? »
« Oui le bleu ? »
« C'est normal que le poulet nous regarde en frottant la patte sur la table ? »
« Non le bleu. »
Antoine et Mathieu ne bougent pas d'un pouce pendant que le poulet rue sur les... poulets. Haha.
Ironique.
Dans une mêlée bruyante et agitée, la volaille leur picore leur tronche de façon barbare et la flicaille crie et tente de se débattre sans succès. Sortant leurs armes, ils commencent à tirer sur la créature qui évite les tirs et finit par commencer à dévorer les yeux du sergent qui gueule de plus belle.
Les deux interrogés se lèvent lentement et contournent la bataille pour sortir du commissariat.
« C'était zarbi tout ça. » commente Antoine.
« Yup. Il est où mon scooter ? »
Derrière eux se fait entendre une voix vraiment toute pourrie qui se charge de répondre à la question.
« Ne te demandes pas où est ton scooter, mais plutôt où tu es toi... »
« Je suis devant le commissariat. »
« Ah oui. Le scooter est dans le parking. »
« Merci ! »
« De rien. Je m'appelle Eustache. Je peux venir avec vous ? »
Mathieu regarde Antoine comme pour lui demander conseil. Antoine joue avec un fil dépassant de sa veste et en a donc rien à foutre.
« Ouais allez. Qu'est ce que tu glandes ici Eustache ? »
« J'essaye d'amener un peu de mystère en étant bizarre et plein de tocs à la con. » réponds Eustache en clignant de l'œil et en faisant craquer ses doigts. Parce qu'il est plein de tocs. Trop mystérieux.
« D'accord, arrête ça sert à rien. Y'a quelque chose à faire dans cette ville ? »
« Y'a bien le marché, ça vous dit d'aller acheter des légumes ou des vieux bouquins ? »
Mathieu se tourne vers Antoine et finit par l'interpeller pour avoir son attention.
« Antoine t'en dis quoi ? »
« Dans le frigo dans le bac du fond, mais je pense pas qu'elle soit encore bonne. » répond le couillon sans détacher les yeux du fil de sa veste.
« D'accord. Et si j'en veux quand même ? »
« De quoi tu parles ? »
« On va au marché ou pas bon sang de bois ? »
« Si tu veux. J'ai faim. On peux prendre des Nachos ? »
« On est dans un petit village dans le sud de la France, tu penses vraiment qu'on va trouver des Nachos au marché ? »
« Oui. »
« T'es complètement con. »
Eustache finit par les guider jusqu'au petit marché du village, accroché à Antoine pour tenir sur le scooter de Mathieu qui avance péniblement. Après être passés au stand de nachos pour combler le besoin sud-américain d'Antoine, ils finissent par se diriger vers un stand de fruits et légumes.
Toujours sur le scooter merdique, ils crachent de la fumée partout sur les produits d'artisanat, mettant sur les nerfs les exposants. Ils s'approchent d'un type avec des palettes de légumes en tout genre, et s'attardent sur les oignons.
« Bonjour messieurs » dit le vendeur en tentant d'être poli, « je peux vous aider peut être ? »
« C'est normal que vos oignons soient hyper moches ? » demande Antoine avec un air innocent.
« J'vous demande pardon ? »
« Bah j'sais pas, ils sont... violets, rose, rouge, c'bizarre. C'est plein de pesticides non ? »
« C'est des oignons rouges monsieur. »
« Ils ont leurs règles ? »
« Je comprends pas ce que vous désirez monsieur, voulez vous des oignons rouges ? »
Le scooter continue de faire pout-pout, parce que couper le contact ce serait trop d'effort, le pot d'échappement fumant et réchauffant la récolte du bon artisan.
« Non merci. Ils ont vraiment une sale tronche. Et vous aussi, vous devriez faire gaffe à votre peau c'est pas beau à voir ! »
« Je travaille sous le soleil ma peau en prends effectivement un coup. »
« Ah bah travaillez à l'ombre alors ! Z'êtes con »
« Monsieur vous pourriez couper le contact de votre scooter s'il vous plaît ? » demande l'agriculteur à Mathieu
« Pardon ? »
« Vous pourriez couper le contact s'il vous plaît ? Vous mettez en danger mes légumes. »
« Oh l'autre avec ses légumes, t'as vu la tronche de tes oignons ? Ils étaient comme ça avant mon scooter... »
« Mais c'est pas possible ça, c'est des oignons rouges, c'est normal qu'ils soient pas blancs ! »
« Jamais vu. C'normal aussi les tomates minuscules ? C'est quoi cette récolte de pédé ? »
« C'est des tomates cerises monsieur. Pourriez vous couper le contact ? »
« Naaaaan, des tomates cerises ? Ça pousse sur quel arbre ? »
« ça pousse pas sur un arbre, c'est des tomates. Le contact s'il vous plaît. »
« Je vais pas vous toucher j'vous connait même pas ! »
« Non mais le contact de votre véhicule, pas me toucher. »
« Je vous entends pas bien au dessus de mon moteur, comment ça je compacte ma pellicule ? »
« Vous cherchez la bagarre c'est ça ? »
C'est à ce moment qu'Antoine et Mathieu se rendent compte que les gens du marché semblent vraiment pas jouasse.
« Mais pas du tout, c'est vous qui cassez les couilles ! »
« J'appelle les gendarmes. »
« Ah vous faites pas trop chier avec ça ils se battent avec un poulet. »
L'agriculteur appelle donc la gendarmerie qui semble avoir réglé le problème de Ricky le poulet mutant (possiblement possédé par le démon). En entendant la déscription d'Antoine et Mathieu, les gendarmes décident de venir les cueillir parce qu'ils sont partis sans faire de bisous. La flicaille ne se fait pas attendre, à croire que le deuil de leur sergent s'est fait rapido. En même temps vu sa gueule j'aurais pas trop pleuré sa mort non plus.
On dirait bien que c'est une nouvelle scène de baston qui se profile ?
Comment qu'on va s'articuler ça ?
Mais bien sûr les enfants, en musique !
Mais comme c'est trop cliché de mettre un truc badass et les faire trop badass et leur faire tabasser des tronches en mode badass eh bien on va faire un truc un peu plus original.
Une baston en chanson ?
Allez.
L'air c'est : Brassens – L'hécatombe. (Encore du Brassens, oui, et je vous emmerde)
Au marché d'une p'tite ville dans l'Var,
Voulant acheter quelques oignons,
Poirotaient donc deux connards
Qu'étaient v'nus chercher la baston.
A pied, à vélo, en voiture,
Les gendarmes, mal inspirés,
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée'.
Or, sous tous les cieux sans vergogne,
C'est un usag' bien établi,
Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes
Même les cons deviennent nos amis.
Ces deux cons, perdant tout' mesure,
Se ruèrent sur les guignols,
Et donnèrent, je vous l'assure,
Une raclée à ces branquignoles.
En voyant ces deux êtres idiots
Etre à deux doigts de s'faire quicher,
J'ai décidé d'leur faire cadeau
De deux pelles faites d'acier
Avec mon clavier je décide,
D'leur donner plus farouches bras
Car en plus d'être stupides,
Niveau physique c'est vraiment pas ça
Dans la panique le ptit à moustache
Mords Mathieu qui pousse donc un cri,
« Il m'a mordu ce trouduc d'Eustache !
Au milieu du bras, mais quel abruti ! »
Tandis qu'Antoine tout en finesse
Explose le crâne d'un des lourdauds
Les autres flics claquent des fesses
Emplis de peur comme pour dire « Bravo ».
Le temps passe dans la ruelle,
Mais la baston doit continuer,
Et les deux cons frappent de leur pelle
Ceux qui passent à leur portée.
Ils tombent, tombent, tombent, tombent,
Et, s'lon l'témoignage des gens,
Il paraît que cett' hécatombe
Fut la plus bell' de tous les temps.
Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons,
Les deux débiles s'veulent magnanimes,
En retournant à leurs oignons,
Mais les flics, à peine si j'ose
Le dire, tellement c'est bas,
Ont fini par mettre la dose:
En leur tapant les parties du bas,
Ont fini par mettre la dose:
En leur tapant, les parties du bas!
Après s'être pris des coups de tatannes dans les roustons, les deux cons se retrouvent encore une fois au poste.
« Alors alors alors. Alors comme ça on essaye encore de foutre le bordel hein ? » balance le Capitaine de gendarmerie en tournant autour de son collègue.
« Capitaine, vous devriez pas tourner autour des suspects plutôt que moi ? Ça me file la gerbe... »
« Merci le bleu. Je me perds. Dans tes yeux... Si tu savais combien de fois j'ai voulu me pencher vers tes douces lèvres et y déposer le plus romantique des baisers et ensuite... »
« Euh excusez moi, vous devriez pas vous occuper de nous ? » demande Antoine, interrompant le début d'intrigue romantique entre deux flics inconnus.
« Hm. Ah oui. Alors vous... vous étiez bien à deux doigts de tout faire capoter hein... Mais vous pensiez vraiment qu'on va vous laisser nous arrêter alors que notre plan se déroule si bien ? Je me demande bien comment vous avez fait pour découvrir tout ça... »
Les deux se regardent bizarrement, ne bitant pas un mot de ce qu'il bave.
« …c'était parti à l'initiative du président René Coty, le plus grand président de France. Le projet Ouroboros a été lancé pour tenter de prendre le contrôle total de la France puis de l'Europe pour faire face au quatrième Reich qui se préparait secrètement dans les souterrains de ce qui était l'Allemagne Nazie. »
Toujours rien bité. C'est quoi ces conneries. Ils ont tabassé des gens sur un marché.
« Mais bien évidemment, vous deux étiez toujours dans nos pâtes... d'abord à Saint Etienne, on a cru à une coïncidence... Mais là il n'y a aucun doute. Vous avez été envoyés pour nous détruire. »
« En fait, si je peux en placer une- » tente d'interrompre Mathieu mais sans succès
« Ce qui est dommage c'est que vous n'avez aucune idée de la sortie secrète se trouvant dans la cellule que je vous réserve. Elle a été construite par Christophe Collomb et Ray Charles au 15ème siècle pour faire passer de l'alcool en douce chez Marie Madeleine. Pendant la guerre de Sécession. Si seulement vous saviez qu'en tapant simplement trois fois la pierre blanche le souterrain s'ouvrira et que vous pourrez donc vous enfuir. Mais non ! Hahahahaha. Dans votre baba. Vous croupirez dans ce donjon toute votre vie et je ne vous laisserai sortir que pour aller faire pipi. »
« Mais en fait nous on a rien fait »
« Johnson, emmenez ces deux fouteurs de merde dans la cellule B. Comme bite. »
« Bien monsieur. »
« Et préparez moi une communication téléphonique avec monsieur Coty. Dites lui que je dois lui annoncer une excellente nouvelle. Dites lui... que Castor et Pollux ont été sortis du carroussel. »
« Quoi ? »
« Dites lui que j'ai choppé les deux connards. »
« Ah bien monsieur. »
Du coup emportés délicatement (parce que c'est des méchants mais ils sont quand même gentils les méchants, enfin relativement, en gros ils frappent pas pour faire avancer et proposent même de la salade de fruit. Antoine en prends un bol mais elle est pas très bonne, les fruits sont pas ultra juteux, dommage) vers leur cellule, les deux cons attendent 30 secondes que le type s'en aille et tapotent la pierre blanche. Le souterrain s'ouvre et ils l'emprunte pour sortir dans un champ un peu plus loin, à la sortie de la ville.
« Bon on fait quoi maintenant ? »
« On retourne récupérer mon scooter. »
« Oh merde Eustache ! »
« Eustache ? »
« On l'a oublié ! »
« Tant pis, il m'a mordu, je l'emmerde. »
« Ouais en fait je sais même pas qui c'est et je m'en tape. »
« Oui. »
« Bon faut retrouver la route. »
« La route ? Là où on va, on a pas besoin de route. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu'on y va à pieds. »
« Oh. Mais faut quand même se repérer »
« Ah oui. Bah là ou on va on a besoin d'une route mais on peut marcher à côté quoi, ça va ? »
« Yep ! »
C'est la fin d'après midi, et le soleil est en train de se coucher. Ils marchent dans un champ, côte à côte. The Power of Love de Huey Lewis démarre alors qu'ils marchent en rythme. Même si bon, ils ont pas la musique en tête quoi. Juste le hasard. C'est un peu classe quand même.
Ah non Antoine trébuche et marche dans la merde.
Bon voilà. La musique continue quand même jusqu'à leur arrivée au parking.
« Allez, on enfourche ce bad boy et on se tire. »
« On se tire où ? »
« Hm, où est ce qu'on est jamais allés ? »
« Le Périgord, Clermont-Ferrand. Et la banlieue de paris. »
« Ouais mais on ira jamais dans le Périgord ou Clermont-Ferrand rassure moi. »
« Jamais, c'trop pourri là bas. Et je ne veux plus que tu prononces Clermont ou Ferrand»
Le scooter démarre, et ils partent en trombe avec l'accélération puissante qui les poussent à 20km/h en 12 secondes. Speed.
Ils se tirent dans la nuit, direction Paname.
Qui sait ce qui va leur arriver ?
Moi.
Et vous.
