Orgueil et déductions

Bonjour !

Tout d'abord, merci beaucoup pour les reviews, c'est très motivant. Comme vous avez été super sympas, voilà le deuxième :-D

Frog38 et Valérie L, j'espère que la suite vous plaira ;-) et le troisième chapitre ne devrait pas traîner !

SherlockSteph, merci pour les encouragements :-) Je vais essayer de respecter au mieux l'univers de Jane Austen même si celui de Sherlock finira sans aucun doute par prendre le dessus, avec un peu d'action quand Moriarty pointera le bout de son nez. Au niveau du style, ohlà, je suis bien loin de maîtriser finement comme elle l'ironie mais j'espère qu'elle ne m'en tiendra pas rigueur et qu'elle jugera au moins mon style acceptable ^^ Sherlock fera bientôt son entrée, c'est promis !

Voici le deuxième chapitre, pas très long non plus mais c'est une petite mise en bouche avant le prochain qui sera plus long et où on fera enfin la connaissance de ces fameux nouveaux voisins. Ici, petit portrait de notre chère Molly, je vous laisse découvrir, bonne lecture !

Disclaimer : Je ne possède ni les personnages de Sherlock, ni l'univers d'Orgueil et Préjugés et j'espère les mêler à bon escient. Enjoy !

Chapitre 2 :

Mr Hooper alla rencontrer son nouveau voisin dès le lendemain. Il attendit néanmoins quelques jours avant d'annoncer la nouvelle à sa famille. Ce fut ainsi qu'il le fit, en observant sa deuxième fille essayer un nouveau ruban :

- J'espère, dit-il soudainement à Molly, qu'il plaira à Mr Watson.

- Comment pourrons-nous le savoir alors que nous ne l'avons même pas rencontré, répliqua sèchement Mrs Hooper.

- N'oubliez pas maman que Mrs Donovan a promis de nous le présenter lors du prochain bal, lorsqu'elle l'aura elle-même rencontré. Essaya de la rassurer Mary.

- N'y pensez même pas mon enfant. Mrs Donovan a deux filles à marier. Elle est égoïste et ne se risquera pas à présenter à Mr Watson d'autres jolies jeunes filles susceptibles de lui plaire, réussit à lui répondre sa mère.

- Et bien, vous pourrez sûrement vous passer de ses services et même le lui présenter à la place si vous le voulez, reprit Mr Hooper.

- Impossible mon ami. Je ne le pourrais pas, vous savez très bien pourquoi, s'énerva sa femme.

- Et bien je m'en chargerais moi-même.

- Sottises que tout cela, d'ailleurs je ne veux plus du tout entendre parler de ce Watson. Puisque nous ne pourrons jamais faire sa connaissance...

- Quel dommage. Vous auriez du me prévenir plus tôt. Je me serais épargné la peine d'aller le voir en personne mardi dernier pour lui présenter mes hommages.

Toute sa famille se tut devant l'annonce. Mr Hooper avait bien caché son intention de rencontrer son nouveau voisin. Mais la stupéfaction laissa rapidement place à l'excitation chez sa femme :

- Oh mon ami, que je suis heureuse ! Vous avez fait le bon choix pour vos enfants ! Rendez-vous compte, mes filles, de ce qu'a fait pour vous votre père ? Remerciez le pour ce geste ! Un jour, il pourrait bien apporter la fortune à l'une d'entre vous ! S'écria-telle

Molly échangea un regard complice avec son père. Mrs Hooper avait l'habitude de passer du coq à l'âne, de la colère à l'euphorie. Elle commença à se lancer dans un long monologue sur ce que devraient porter ses filles au prochain bal pour faire bonne impression :

- Janine, vous devriez mettre une robe rose, cela vous irait parfaitement au teint. Tenez, celle avec les fleurs brodées serait parfaite !

- Mais, maman, c'est la mienne ! Objecta Kitty.

- Enfin ma fille, vous savez très bien qu'elle ne vous va plus. Vous avez grandi ! Et un peu forci aussi, dit-elle en la toisant. Vous devriez faire plus attention à ce que vous mangez !

Molly quitta la pièce, les balbutiements de Kitty et les rires de Janine, préférant se replier dans la bibliothèque pour y trouver du calme tandis que son père allait régler quelques affaires urgentes.

Arrivée dans la pièce sombre, la jolie brune écarta les rideaux et fit glisser ses doigts lentement sur les reliures pour essayer de trouver son bonheur.

Comme son père, elle aimait les livres et s'intéressait plus particulièrement à la médecine et la biologie, une passion qui n'était pas très bien vu chez une femme. Et pourtant, cela n'empêchait pas Molly de se plonger des heures dans les livres que son père lui achetait pour épancher sa soif de savoir.

Qu'importe les mauvaises langues, l'avenir de l'humanité résiderait dans les sciences, Molly en était persuadée.

Elle dévorait les livres d'anatomie et se tenait au courant des récentes découvertes. Elle exerçait un regard critique sur les erreurs des ouvrages de l'Antiquité, pourtant encore étudiés dans les universités. Elle connaissait par cœur la circulation sanguine de William Harvey ou encore les théories de Lavoisier, ce pauvre physicien français qui avait fini par perdre la tête lors de la Révolution, qu'elle admirait beaucoup, non seulement pour ses travaux mais aussi parce qu'il avait collaboré avec sa propre femme dans ses recherches et que tous deux avaient consacrés leur vie à la science.

Dans ses rêves les plus fous, Molly se voyait elle aussi chercheuse ou même médecin. La jeune femme regrettait souvent de ne pas être né garçon, pour assurer l'avenir de sa famille et également pour avoir le droit d'étudier et de mener ses propres recherches.

Tout ceci n'était qu'une utopie et elle s'estimait déjà heureuse de pouvoir cultiver jour après jour sa passion. Un mari ne lui aurait jamais autorisé ce penchant et elle était soulagée de ne pas avoir de bague au doigt.

Malheureusement, sa mère avait d'autres projets pour elle. Elle espérait cependant avoir son mot à dire et refuserait tout homme dont elle ne serait pas amoureuse, quitte à finir vieille fille. Quand elle avait fait part de ce choix à son aînée, Mary avait ouvert de grands yeux et avait tenté de la raisonner. Au fond d'elle, la blonde aurait bien aimé penser comme sa cadette mais elle ne pouvait pas se le permettre. En tant qu'aînée, elle se devait d'assurer l'avenir de sa famille et de faire un bon mariage. Elle s'autorisait juste l'espoir de pouvoir respecter son époux et d'éprouver au moins de l'affection pour lui. Elle ne pouvait se résoudre à avouer à Molly son envie d'aventures et d'amour passionné et cachait ces rêves derrière ses doux airs.

Les deux jeunes femmes aspiraient toutes deux à la liberté mais prises au piège par la société, elles ne pourraient jamais qu'espérer avoir le choix de la couleur de leur toilette. Encore fallait-il que cette couleur fusse à la mode...

Molly s'échappa de sa rêverie en choisissant un lourd recueil de botanique. Elle soupira tout en s'installant dans un fauteuil. L'arrivée de ce nouveau voisin allait être source de grands projets et de fantasmes pour sa mère. La jeune fille espérait que celle-ci resterait modérée et qu'elle ne provoquerait pas d'accident. Mais Molly ne pouvait pas savoir à quel point les prochains événements allaient bouleverser sa vie et celle de sa famille...

A suivre !