Orgueil et déductions
Coucou ! J'espère que vous ne m'aviez pas oublié ! Voilà la suite, elle a mis du temps à germer mais la voilà et le prochain ne tardera pas, promis !
Petit résumé pour vous remettre dans le bain : Jane et Molly sont rentrées chez elles après leur séjour "forcé" chez Mr Watson et viennent d'apprendre la visite prochaine de leur cousin Mr Anderson !
Réponse aux reviews :
Whoovian : Je suis ravie que tu sois d'accord avec moi sur la relation Molly/Sherlock que je développe ici. C'est vrai qu'on peut interpréter la série de multiples manières différentes donc forcément, il y sans doute pas mal d'interprétations fantasmées par les Sherlollians mais bon... Si on peut pas rêver tranquillement... ;-)
Cannelle-Black et Valérie L : J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant, encore désolée d'avoir tardé !
BlueAlice9 et Huntress-dark : Ah, vous avez toutes les deux cédées au syndrome "un dernier chapitre pour la fin !" ;-) Désolée d'avoir un rythme aussi lent (surtout depuis le dernier chapitre :/) Merci pour toutes vos reviews !
BlueAlice9 : Oui, il y aura un Georges Wickham, d'ailleurs tu peux d'ores et déjà conjecturer quel personnage de Sherlock prendra sa place. Il devait intervenir dès maintenant mais comme le chapitre que j'écrivais s'étirait en longueur, j'ai décidé de le couper pour vous livrer celui-ci rapidement et l'autre un peu plus tard. Donc ce sera pour le septième chapitre ! ;-)
Huntress-dark : Je suis tout à fait d'accord avec toi : Un Sherlock déstabilisé face à une Molly Hooper en colère vaut vraiment tout l'or du monde, d'ailleurs une prochaine dispute ne saurait tarder, hélas pas aujourd'hui ^^ Oui, mettre plus de dialogues est une bonne suggestion que je me suis d'ailleurs posée. Comme ça me demande plus de temps pour les écrire, c'est vrai que je n'en mets sûrement pas assez mais j'essaye d'en écrire quand je sens qu'il y a matière ^^ Mais je vais essayer d'y remédier dans les prochains ;-)
Encore un gros merci à vous toutes et aussi aux followers !
Disclaimer : Sherlock et Orgueil et Préjugés ne m'appartiennent pas !
Bonne lecture !
Chapitre 6 : A la recherche d'une fiancée...
Pendant les quelques jours qui précédèrent l'arrivée de Mr Anderson, St Bart fut pris d'une crise d'hystérie générale.
Partout, on s'affairait à rendre la demeure la plus présentable possible, Mrs Hooper et ses pauvres nerfs se donnaient régulièrement en spectacle et les jeunes filles ne cessaient de faire des conjectures sur les motivations de leur cousin. Elles ne l'avaient jamais rencontré et Mr Hooper, lui, seulement à de rares occasions puisque le père de Mr Anderson avait toujours eu un différend avec la famille Hooper.
En bon homme d'Église, le jeune homme avait décidé de tendre « le rameau de l'amitié » à ses cousins et de faire table rase sur les querelles de famille. En effet, Mr Hooper leur avait expliqué que Mr Anderson, approchant la trentaine, venait d'être nommé pasteur.
Il s'était installé dans la paroisse de Hunsford, non loin de Rosings, la demeure de Lady Smallwood, une dame d'une grande fortune et d'une réputation toute aussi démesurée. C'était d'ailleurs celle-ci qui lui avait fait don de sa cure. Il lui en était éternellement reconnaissant et vouait à sa sainte patronne une admiration sans borne comme le prouvaient les mots qu'il utilisait pour la nommer dans sa lettre.
Ce que les jeunes filles et leur père ne savaient pas, c'était que Mr Anderson, outre l'intention de renouer avec les Hooper, songeait aussi à se marier.
Et puisqu'il devait hériter de tout ce que possédaient les Hooper, pourquoi ne pas se racheter auprès de la famille en épousant une de leurs filles ? Il espérait que son intention serait bien accueillie, Lady Smallwood l'avait elle-même enjoint à prendre épouse et si l'une de ses cousines lui convenait, elle se disait prête à l'accueillir comme il convenait.
Lorsqu'il arriva, Mr Anderson était donc plein d'espoirs quand à son séjour chez les Hooper.
Malheureusement pour lui, Mrs Hooper avait déjà décidé qu'elle le détesterait. S'inviter chez eux était selon elle un comportement indigne d'un gentleman. A ses yeux, il n'avait aucune intention de se réconcilier avec eux et ne cherchait qu'à admirer les biens qui incessamment sous peu, deviendraient les siens.
En effet, Mrs Hooper criait toujours haut et fort que les jours de son époux étaient comptés et que le malheur s'abattrait bientôt sur elle et ses filles. Mr Hooper, lui, se contentait de hocher la tête d'un petit sourire moqueur et se plaisait toujours à déclarer à sa femme après les visites de Mr Stamford, le médecin du village, que sa santé était rayonnante. D'un air navré, Mr Hooper soupirait faussement pour lui dire qu'elle devrait encore le supporter pour un bon moment... Et lui de même. Ce qui faisait rougir d'indignation sa femme.
Comme elle l'avait convenu, Mrs Hooper accueillit froidement son invité. Jusqu'au dîner, elle ne cessa de le regarder avec des yeux hautains et elle ne rata aucune occasion de contrer ses remarques.
Mais lorsqu'il lui fit part, le soir même, de sa délicate intention, celle-ci sentit son sang ne faire qu'un tour. Son faible esprit se mit alors à se manifester :
Si l'une de ses filles venait à épouser Mr Anderson, toute la famille serait, quoiqu'il arrive, à l'abri du besoin. Mr Anderson ne les chasserait pas de chez elles à la mort de Mr Hooper et son épouse veillerait avec bienveillance à entretenir ses sœurs.
Elle lui demanda fébrilement laquelle de ses filles avait retenu son attention.
Il lui confia que l'aînée avait vraiment toutes les qualités qu'il recherchait chez une femme.
Le cœur de Mrs Hooper fit un bref arrêt. Elle lui expliqua doucement que Mary avait déjà un prétendant en qui la famille plaçait beaucoup d'espoirs. Voyant la déception dans le regard de Mr Anderson, elle se rattrapa et scella le destin de sa fille :
- Mais ma Molly ferait, elle aussi, une charmante épouse.
Mr Anderson jeta un œil à Molly. Et il se résolut aussitôt à oublier Mary. Il était vrai que la petite brune n'était peut-être pas aussi rayonnante que son aînée mais elle possédait une certaine douceur à la fois dans son regard et dans son comportement. Elle ne paraissait pas très docile, de part les traits de caractères qu'elle avait en commun avec son père et de part aussi ses nombreuses lectures qui lui avaient forgé une solide opinion des choses qu'elle donnait assez librement.
Cependant, la jeune fille était jolie et saurait parfaitement tenir sa maison avec sagesse. C'était tout ce qui importait à Mr Anderson et cela lui suffit pour se décider à tomber sous le charme de sa jeune cousine.
Au même moment, à Bakerfield, se tenait aussi une conversation sur les affaires de cœur :
Tous les habitants étaient installés dans le grand salon. Mr Hurst ronflait comme à son habitude et sa femme allait sûrement bientôt le rejoindre car ses yeux papillonnaient de fatigue devant la lecture d'un ouvrage de poésie.
John et Sherlock étaient installés devant une grande table qui leur servait de bureau.
Irène, quand à elle, déambulait dans la pièce pour que le détective puisse admirer ses formes voluptueuses, ce qu'il ne faisait manifestement pas, à son grand dam car il avait les yeux fermés. Calé dans son fauteuil, il était retourné dans son palais mental après avoir terminé la lettre qu'il avait adressée à sa sœur.
Dépitée, Irène se tourna vers son cadet qui ne cessait de noircir des dizaines et des dizaines de feuilles dans le but de raconter ses péripéties au côté du grand Sherlock Holmes, comme le lui avait suggéré Mrs Hooper.
- John, comment se porte votre ouvrage ? S'enquit Irène.
- Fort bien, merci, j'avance beaucoup !
- Surtout depuis que Miss Hooper est partie... grommela Sherlock, toujours perdu quelque part dans sa tête.
- Holmes ! S'exclama John, outré, s'arrêtant d'écrire et ouvrant de grands yeux.
Mais son ami, lui, resta insensible et n'entrouvrit pas les siens. D'ailleurs, il ne bougea pas d'un pouce.
- Les yeux de Miss Hooper vous manqueraient-ils donc mon cher frère ? Demanda sournoisement Miss Watson.
Celui-ci balbutia :
- Comment... Non...Enfin... peut-être. C'est vrai mais...
- Ah les hommes, ils ne tarissent jamais d'éloge sur les yeux des femmes. Vous Mr Holmes, cependant, vous semblez avare de compliments, remarqua la jeune femme.
- C'est possible... Marmonna celui-ci, mécontent d'être dérangé dans le cheminement de ses pensées.
- Vous êtes d'ailleurs très critique, poursuivit Irène. Je me rappelle que, lorsque vous avez rencontrez Miss Molly Hooper, vous l'aviez jugez quelconque. Quel avis franc et direct !
Il vint à l'esprit du détective qu'Irène manquait cruellement de ce que les femmes appelaient « solidarité féminine ». Comme à son habitude, elle se plaît à rabaisser les autres pour se valoriser elle-même et je ne sais pas pourquoi, la pauvre Molly Hooper en fait très souvent les frais. Il est faux de dire que la jeune fille est laide.
- Au contraire, elle a un très joli visage. Et des yeux bruns magnifiques.
- Pardonnez-moi, qu'avez-vous dit ?
Le visage d'Irène se tordit de jalousie et ses yeux semblèrent lancer des éclairs. Mais ce qui était clairement lisible dans ses traits, c'était surtout de la surprise. Elle ne s'attendait pas du tout à cela.
Sherlock non plus. Il afficha lui aussi un visage surpris, les yeux et la bouche grands ouverts, presque tétanisé, ce qui fit rire John Watson qui nota quelque part dans sa tête la réaction qu'avait suscitée le nom de Molly Hooper chez son meilleur ami. Il ne laisserait sûrement pas passer une occasion de se venger des moqueries de celui-ci en les retournant à l'envoyeur.
Sherlock, de son côté, essayait de rassembler ses esprits pour se sortir de cette situation... quelque peu gênante.
Avait-il vraiment pensé tout fort ? Il pensait pourtant avoir refréné ses pensées mais parfois, perdu entre le monde réel et son palais mental, il avait toujours du mal à prendre conscience de ce qui l'entourait et à faire la part entre les deux mondes différents.
Il déglutit et se décida à assumer ses propos.
- En effet, je disais que j'avais changé d'avis. Miss Molly Hooper a, comme sa sœur, de très jolis yeux qui sont d'ailleurs ceux de leur père. Elle a en outre une bonne répartie malgré quelques signes de timidité lorsqu'elle prend la parole : elle a les mains qui tremblent et sa voix n'est pas toujours calmement posée. Cependant elle y travaille. Son esprit libre est assez déplacé mais il est éclairé et en avance sur son temps.
Sherlock s'arrêta là, il était déjà allé trop loin dans l'éloge de Molly Hooper, très inhabituel de sa part.
Irène Watson, un peu suspicieuse, se décida à approuver les mots du détective, en espérant se rattraper et se faire bien voir.
- Vous avez sans doute raison, Mr Holmes.
Vexée, elle quitta la pièce, invoquant l'heure plutôt tardive pour se retirer.
Sherlock Holmes, trop content de s'être débarrassé de la tentatrice qui jouait beaucoup avec ses nerfs, à la fois en exposant sciemment sa beauté insolente mais surtout en faisant dériver ses pensées vers une certaine Miss Hooper...
Sherlock savait qu'il avait déclenché la jalousie de Miss Irène Watson. Mais il n'avait aucune idée de jusqu'où celle-ci irait...
Le détective n'avait jamais été porté sur les femmes. Et n'allez pas croire non plus qu'il avait une préférence pour les hommes (quoiqu'en disaient ses détracteurs et sa gouvernante, Mrs Hudson...)
Non, Mr Holmes se considérait comme marier à son « travail » qui lui importait plus que tout au monde et qui gardait occupé son esprit sans cesse en ébullition. Il jugeait ses semblables trop faibles, trop lents et se complaisait dans sa solitude, quoique sa sœur pouvait en dire.
Jamais il n'avait songé à prendre épouse, même si maintenant, les convenances l'exigeaient et qu'il était de son « devoir » de donner un héritier mâle à la longue lignée des Holmes.
Il y a quelques mois, je n'aurai jamais eu à faire face à ce satané problème.
Il fallait croire que certaines circonstances avaient rendu cette obligation encore plus nécessaire et Mr Holmes avait du se résigné à ne plus mener une vie entière de solitude...
Il avait toujours été contre toutes les conventions sociales. Mais on ne peut décemment pas passer sa vie à les fuir quand on a une famille qui a besoin de vous.
Si Mycroft n'avait pas...
La perspective de trouver une épouse le mettait à la fois hors de lui et l'accablait. Quelle femme serait à la hauteur de ses attentes et surtout voudrait passer le reste de sa vie à ses côtés ?
Sa tante, Lady Smallwood, espérait fortement qu'il épouse sa cousine, Anthéa comme elle et la propre mère de Sherlock l'avait envisagé.
Comment pourrais-je faire une telle chose ? Je ne suis pas aussi ignoble que ça... Elle ne le voudrait pas elle non plus. Après ce qui est arrivé, ce serait tout à fait compréhensif...
Miss Irène Watson semblait être une « candidate » sérieuse, à la fois fortunée et élégante mais sa réputation de croqueuse d'homme ne ferait que ternir la réputation des Holmes.
Comme si on en avait encore une !
Non, aucune femme ne trouvait grâce aux yeux de Sherlock Holmes. Pas une seule...
A moins que ses yeux ne refusaient l'évidence...
A suivre !
Comme d'habitude, laissez votre avis si vous le souhaitez, prenez soin de vous et je vous fait de gros bisous à tous !
